Formation
ŒUVRES
DE
ET
DOCTEUR DE L' EGLISE
ÉDITION COMPLÈTE (Edition d'Annecy)D'APRÈS LES AUTOGRAPHES ET LES ÉDITIONS ORIGINALES
ENRICHIE DE NOMBREUSES PIÈCES INÉDITES
HONORÉE DE DEUX BREFS PONTIFICAUX
ET COURONNÉE PAR L'ACADÉMIE FRANÇAISE
PUBLIÉE SUR L'INVITATION DE Mgr ISOARD, ÉVÊQUE D'ANNECY
PAR LES SOINS DES RELIGIEUSES DE LA VISITATION
DU 1er MONASTÈRE D'ANNECY
ANNECY
MONASTERE DE LA VISITATION
ANNECY, IMPRIMERIE J. ABRY & Cie
MCMXXIX
Table des matières 289 Glossaire 271 Index historique 279 Fac-similé 109
PREFACE
Les documents relatifs à l'Administration épiscopale et les groupes de la Série suivante se partagent ce nouveau volume. Les pièces inédites y sont nombreuses [1] : toutes auront un intérêt spécial pour ceux qui veulent étudier saint François de Sales comme Chef très aimé d'un vaste diocèse.
Nous disons " très aimé " : combien toutefois eut-il à soutenir d'oppositions, à lutter pied à pied jusqu'à la victoire définitive, sur certains points qu'on lui contestait âprement ! Tels, par exemple, les droits de préséance du Chapitre cathédral sur celui de Notre-Dame de Liesse à la procession de la Fête-Dieu. Dur et douloureux épisode de la vie de notre Saint ! A peine a-t-il pris sur ses épaules la charge épiscopale, qu'il rencontre les contradictions les plus tenaces là où il devait moins en trouver. La force de son esprit, une douceur à toute épreuve gagnèrent enfin les récalcitrants, et il triompha.
Par les pièces qui vont suivre on peut se faire une faible idée de ce que fut l'administration de saint François de Sales : de tous les côtés de son diocèse on recourt à ses lumières, on réclame une décision, on implore sa bienveillance. Tantôt c'est une chapelle récemment érigée qu'il faut bénir, tantôt ce sont les syndics et les habitants d'une localité qui demandent la Visite de leur Evêque; aujourd'hui, c'est un différend à régler entre Curé et paroissiens, demain ce sera un autre différend à terminer entre deux prêtres ; ici, il faut faire cesser des abus, là ce sont des autels à consacrer ou des réparations à faire. Confréries, processions, pieuses coutumes, fêtes de dévotion sollicitent tour à tour l'approbation du saint Prélat; il la donne, en y apportant parfois certaines modifications que son bon sens pratique et l'intérêt de ses diocésains lui suggèrent. Un pauvre pécheur vient un jour se prosterner à ses pieds, il le supplie " de le vouloir absoudre par son accoustumé (sic) doulceur et benignité et equitable justice [2]. " Dans la sentence du bon Pasteur, cette " benignité " surtout se fait jour ; elle contraste avec la rigoureuse " justice " de celle qu'avait prononcée avant lui son Procureur fiscal.
Peut-on lire le Témoignage sur les vertus de Monseigneur Ancina, qui clôt notre quatrième Série, sans penser que François de Sales, faisant le portrait d'un Saint, a fait son propre portrait ? Il " n'était ni à Paul, ni à Pierre, ni à à Apollon, mais à Jésus-Christ ; il ne se souciait, ni dans les affaires temporelles ni dans les spirituelles, de ces mots si froids de mien et de tien, mais pesait sincèrement toutes choses dans le Christ et pour le Christ (id). " Qui donc, mieux que notre Saint, chercha plus uniquement la souveraine gloire de Dieu et le salut des âmes ? Oui vraiment, comme il l'écrit encore, " par une très noble affabilité et une très suave bienveillance envers tous, il fixait les yeux et les cœurs de tous, et, comme un Pasteur excellent et bienfaisant, il appelait par leur nom ses brebis et les attirait, ou mieux, les entraînait après lui (id). "
Grouper dans un ordre logique les documents de la quatrième Série n'a pas été chose facile. Fallait-il les mélanger et suivre leur chronologie, ou bien les répartir en plusieurs classes d'après le caractère des pièces mêmes ? La seconde manière nous a semblé préférable. A la fin de l'Edition on, pourra dresser une Table chronologique de toutes les pièces comprises dans les Opuscules et satisfaire ainsi les exigences de la critique.
Une autre difficulté s'est présentée, notamment à l'égard des deux premiers groupes. Pour connaître l'objet de tel décret, de telle ordonnance du saint Evêque, il était nécessaire ou d'en résumer la demande en des notes plus ou moins fastidieuses, ou de publier les requêtes mêmes des suppliants. Nous nous en sommes tenus à ce dernier parti, tout en supprimant les passages inutiles ou contenant des longueurs. Ces requêtes sont d'ailleurs imprimées en caractères moins gros, pour les distinguer du texte épiscopal. Mœurs du temps, coutumes locales, parfum du terroir, ces pages les rappellent ; les lecteurs curieux de ces choses et les esprits avertis nous en sauront gré.
La cinquième Série, Fondations et Réformes, nous ramène à l'année 1593, alors que saint François de Sales, n'étant encore que sous-diacre, fonde avec ses confrères les chanoines de Saint-Pierre de Genève, la Confrérie de la Sainte Croix. Les pièces qui la concernent forment le groupe (A) de cette Série. Nombre de passages du numéro I sont inédits ; le soin que mettait le jeune Prévôt à préciser toutes choses perce dans cet écrit, et déjà on y découvre le zèle ardent qui dès lors l'embrasait pour attirer les âmes à Dieu.
Dans le groupe (B) figurent les documents relatifs à la Sainte-Maison de Thonon. Soins, labeurs, angoisses, le Saint donna tout cela pour la faire réussir et prospérer, sans en recueillir pourtant les fruits attendus.
Et d'abord, lors des premiers projets de cette Institution, quelle fut sa pensée, quels furent ses désirs ? Voulut-il fonder une " Université " dans cette petite ville de deux mille âmes ? Quelques-uns l'ont dit, mais les documents que nous possédons ne permettent pas de croire qu'il ait rêvé un dessein d'une telle ampleur : la justesse de son jugement ne le lui permettait guère. Ce qu'il voulait, c'était une Congrégation de prêtres pour le service de la paroisse, un Collège tenu par les Pères Jésuites, un Séminaire, des missions, un refuge pour les nouveaux convertis avec une école d'apprentissage dans les métiers, qui les aideraient à gagner leur vie.
Les ambitions de ce vaillant Capucin que fut le P. Chérubin de Maurienne ne s'arrêtaient pas à ce plan. Dans un Mémoire d'avril 1599, il parle longuement du projet de cet " hospice de vertu " : on le propose, dit-il, " pro omni genere scientiarum et artium ", pour attirer aussi les érudits et artistes des villes proches de Genève. " Des hommes de lettres et des ouvriers sont déjà venus se dédier à cette Maison pour y donner gratis leurs leçons aux pauvres. " Le duc de Savoie vient d'attribuer à cette œuvre " une grande maison pour ceux qui voudront vivre ensemble, afin de s'y exercer aux sciences et aux arts. " Les prêtres de la Congrégation instruiront et formeront les enfants : ainsi on aura un Séminaire. " Il faut remarquer, " ajoute le P. Chérubin, " que le nombre de ceux qui, au commencement, entreront en cette congrégation universelle, pourra atteindre les six mille (!)... Pour gouverner cette multitude, on trouvera quelques ecclésiastiques dévoués et instruits qui mèneront une vie commune, telle que celle de la Congrégation de l'Oratoire Hiéronymien. " Et le Père demande des secours pour aider tout ce monde, pour pourvoir aux " cours de théologie, de controverse, à l'exposition de la Sainte Ecriture, pour l'entretien d'un Séminaire plus nombreux et de quelques hommes savants [3]... "
Tout cela était beau, merveilleux en projet: mais comment le réaliser ? Le zèle impétueux du P. Chérubin l'emporte, il ne doute de rien, il surmonte les obstacles avant de les prévoir : il faut, dit-il, assigner des pensions à la Sainte-Maison. sur les plus riches bénéfices de la Savoie, faire une quête dans tous les pays catholiques, accompagnée d'une pressante recommandation du Pape, etc., etc.
Mgr Riccardi, Nonce à la cour de Turin, n'était pas sûr du succès. Il écrit au cardinal Aldobrandini le 22 avril 1599 : " Le dessein serait très utile, mais il me semble malaisé à réaliser. Le fonds le plus considérable est de 10.000 écus promis par Son Altesse ; la somme, cependant, n'est pas entre nos mains, il faut réclamer auprès des propriétaires qui détiennent certains bénéfices... Je ne vois pas qu'on puisse y compter beaucoup, vu l'éloignement du duc et le peu d'attrait que plusieurs de ses ministres ont pour œtte œuvre... ils trouveront toujours mille prétextes (id.,fol. 123.). " Et quelques mois plus tard (3 août) : " Je ne sais où en est ni sur quel fondement repose l'établissement de Thonon. A cet égard, on ne peut prêter une foi entière au P. Chérubin, parce que, plein de zèle comme il l'est et très affectionné à cette œuvre, il considère comme déjà fait ce qui est encore in fieri, et estime faciles beaucoup de choses qui seront très difficiles à exécuter [4]. " Enfin, le 9 du même mois il dit au Cardinal que la Congrégation de Thonon n'a d'autre commencement que " beauté de projets et discours dressés dans un but excellent : sptciosità di disegni et discorsi drizzati ad ottimo fine (id., fol. 272.). " Le Nonce était dans le vrai, il voyait clair.
Pendant ces pourparlers saint François de Sales se trouvait à Rome ; parti dans les premiers jours de novembre 1598, il ne fut de retour qu'au mois de juin 1599, et jusqu'au mois de septembre de cette même année il ne put revenir à Thonon, où, d'après ses lettres, toutes choses restaient à faire. Le P. Chérubin, malade et absent, reprend ses poursuites dans les premiers mois de 1600 ; mais bientôt, la guerre l'arrête de nouveau. Le 21 décembre 1601, le Saint écrit que la Maison de Thonon, " sortie depuis peu d'entre les mains des soldats et des hérétiques, est ruinée et semblable à une cabane destinée à retirer les fruits. "Il faut, ajoute-t-il, mettre " réellement et sérieusement la main à l'œuvre, car les bonnes intentions servent de peu, " et commencer " par les parties les plus nécessaires, telles que le Collège, le Séminaire, et ainsi successivement [5]. "
Ce fut le 25 mai 1602 que Mgr de Granier procéda à l'exécution de la Bulle du 13 septembre 1599 pour l'érection de la Sainte-Maison de Thonon; le P. Chérubin, délégué et commissaire du Saint-Siège, publia ensuite le Jubilé au nom de l'Evêque. Les mois qui suivirent furent riches en conversions et en fruits merveilleux, dont saint François de Sales ne put être témoin. Il était retenu à Paris ; quand il revint en Savoie, Mgr de Granier venait de mourir.
Malgré les magnifiques espérances conçues, l'avenir ne les justifia pas. Vers la fin de cette année 1602, le P. Chérubin lui-même écrit que " tout s'en va en ruine, " et que la Congrégation de prêtres " ne peut plus aller en avant [6]. " Quelques années après (1610), il meurt.
Le temps donna raison à notre Saint. S'il avait pu suivre ses vues moins grandioses, mais plus pratiques, l'œuvre aurait prospéré ; tandis que, pris d'ailleurs par les travaux absorbants de sa charge pastorale, il ne put que lui imprimer de loin en loin une impulsion intermittente, jamais aussi efficace qu'il l'aurait voulu.
En 1616, n'ayant pu obtenir le retour des Jésuites à Thonon, il confie aux Barnabites la direction du Collège ; l'année suivante, il songe à remplacer par huit Oratoriens les prêtres de la Congrégation [7], et cette pensée le poursuivra jusqu'à la mort, sans toutefois qu'il pût la voir aboutir. La " desolation " est " extreme " à la Sainte-Maison, écrit-il, la " pauvreté, demesuree, et les enfans du Seminaire tout fins nuds, deschaux et transis de misere ; les prestres et les Peres Barnabites n'ont justement que pour manger et habiter, et non pour se vestir ; le reste va tres mal en point. Mays ce qui est le pis, c'est que cette calamité y fait naistre une lamentable desunion, tandis que chacun s'essaye de tirer a soy le peu... d'argent qu'on y porte [8]. " Et il ajoute non sans tristesse : " Le projet de cette Mayson a esté fait fort grand et ample, et failloit quatre mille escus pour le soustenir annuellement. Despuys, on a de beaucoup amoindris les moyens qui y devoyent estre employés (id.)..." Dans ses lettres au prince de Piémont, le saint Evêque supplie, insiste : " En la Sainte Mayson il ny a point de refuge pour les convertis, " dit-il, " qui neanmoins y doit estre selon la premiere intention pour laquelle fut erigee cett' œuvre (L10, note 189)."
Il n'entre pas dans notre cadre de suivre la marche de cette Institution. Au milieu de mille difficultés, elle commença à devenir florissante sous la préfecture de Rd Pierre Gillette (1636-1674), ce converti de 1608 [9], qui non seulement eut le bonheur de persévérer, mais fut aussi pour saint François de Sales un secours dans les affaires si compliquées de Thonon. Disons néanmoins que jusqu'à la Révolution française, les prêtres de la Congrégation y demeurèrent ; les Pères Barnabites dirigèrent le Collège jusqu'en 1729 : à cette époque, il fut cédé à des ecclésiastiques séculiers, tandis que les Religieux desservaient l'église. Des protestants très nombreux vinrent abjurer l'hérésie dans la première moitié du XVIIe siècle; le Collège fut pour la ville une précieuse ressource ; les Pères Capucins, en vrais fils de saint François d'Assise, donnèrent toujours de beaux exemples de pauvreté et d'infatigable dévouement; mais le Séminaire, faute de direction et d'autres moyens, dut être supprimé, et l'Ecole des arts ne fit que végéter, quoique son institution fût celle sur laquelle on fondait les plus belles espérances [10].
Bref, saint François de Sales avait vu juste: nul ne comprit mieux que lui, avec cette intelligente perspicacité et cette rectitude de jugement qu'il portait en tout, les nécessités du Chablais et de ses environs ; nul ne fut aussi habile à deviner les aspirations de ses contemporains. Nous voyons cependant de si beaux projets, de si riches espoirs se heurter à un début laborieux, puis à des rivalités intestines. Cette Institution qui devait être une arme de combat puissante contre le calvinisme, tourne contre elle-même ses efforts; et, tout le long de son existence, nous assistons, attristés, à des procès nombreux, à de funestes discordes, à des luttes sans fin. Telle n'avait pas été la pensée des fondateurs : le P. Chérubin rêvait d'éclatants succès, un rayonnement très étendu, un nouveau lustre pour son Ordre ; saint François de Sales, dans la paix sereine de son génie, envisageait avant tout les besoins de ses ouailles et des secours pour les convertis. Si on l'eût mieux écouté, s'il eût pu lui-même se consacrer tout entier à cette œuvre, nul doute qu'elle n'eût mieux réussi, qu'elle ne fût devenue très florissante, car elle répondait à un besoin profond.
Dans les quatre groupes suivants, le Réformateur apparaît. Les Ordres religieux de Savoie furent toujours l'objet des sollicitudes de notre Saint ; il voyait ce qu'il y avait à faire pour rétablir la discipline et la vie régulière ; plus d'une fois il s'en était ouvert au Nonce et aux autorités compétentes, et il attendait, tout en multipliant de son côté les efforts pour parvenir au but si ardemment désiré. Quelques pièces nous restent : elles sont rares, mais éloquentes. Les abbayes de Sixt et d'Abondance, l'ermitage du Mont-Voiron, les monastères du Puits-d'Orbe et de Remiremont et quelques documents d'un ordre plus général complètent la cinquième Série qu'on souhaiterait plus riche.
La méthode de saint François de Sales est toujours la même : tact, patience, " longueur de tems (L2, note 393) ", persévérance inlassable : tels sont les moyens qu'il embrasse pour réussir, et, le plus souvent, ce n'est qu'après sa mort qu'on recueille le fruit de ses labeurs. Sixt nous en fournit un exemple. En 1603 a lieu la première visite de l'Evêque, il indique les règlements à observer : mais à la fin de 1617 seulement les Chanoines réguliers de l'abbaye lui envoient un acte solennel contenant leur promesse de suivre ses ordonnances [11] ; la victoire, cependant, ne fut complète que lorsque le Saint fut entré dans la gloire. Il avait fallu vingt ans pour ramener le Monastère à sa ferveur primitive !
Fondateur, Réformateur : ce sont les derniers aspects sous lesquels nous avons considéré saint François de Sales. Il faudra revenir sur le premier dans le volume suivant, où il nous sera donné d'étudier à loisir l'œuvre par excellence, celle qui fut la préoccupation dominante de son cœur d'Evêque et de Père les quinze dernières années de sa vie : La Visitation.
Comme pour le tome précédent, nous devons les traductions des textes latins aux RR. PP. Bénédictins de l'abbaye d'Hautecombe ; ce précieux concours mérite toute notre reconnaissance que nous sommes heureux de: leur exprimer ici.
LES EDITEURS.
Annecy,
en la Fête de l'Assomption de la Sainte Vierge,
15 août 1929.
Des pièces publiées dans ce volume, le plus grand nombre a été revu sur les originaux ; la provenance est indiquée à la fin de chacune.
Les documents qui ne sont suivis d'aucune indication sont ceux dont, à défaut d'Autographes ou de copies, on a dû emprunter le texte à quelque publication antérieure. Voir à la lin de ce volume la Table de correspondance.
Les Editeurs sont seuls responsables des titres et dates qui précèdent chaque pièce, sauf indication contraire. Quand la date attribuée à un document n'est pas absolument sûre, elle est insérée entre []. Ces signes sont également employés pour les mots qu'il a fallu suppléer.
Les divergences qui existent entre les différentes leçons d'une même pièce sont données au bas des pages. Le commencement de la variante est indiqué par la répétition, en italiques, des mots qui la précèdent immédiatement au texte ; la fin est régulièrement marquée par la lettre de renvoi. Les mots biffés sur les Autographes sont enchâssés entre [].
Des points placés à la fin d'un document indiquent qu'il est incomplet.
A la suite du Glossaire se trouve un Index, dans lequel il a été jugé à propos de fondre les noms des destinataires avec les titres des notes historiques et biographiques.
Plusieurs notes concernant des membres du clergé de l'ancien diocèse de Genève sont tirées des Registres de l'époque et désignées par les initiales R. E.
Sauf indication contraire, les renseignements relatifs à divers nobles savoisiens sont empruntés au monumental ouvrage du Comte Amédée de Foras : Armorial et Nobiliaire de l'ancien Duché de Savoie, si dignement continué par le Comte deMareschal de Luciane et, aujourd'hui, par le Comte Pierre de Viry.
VOLUME III
QUATRIÈME SÉRIE
ADMINISTRATION ÉPISCOPALE
(SUITE)
B - CHAPITRE DE SAINT-PIERRE DE GENÈVE ET COLLÉGIALES
I
ORDONNANCE POUR LA PROCESSION DU SAINT-SACREMENT
LE JOUR DE LA FÊTE-DIEU
Vers le 13 juin 1604 [12]
(MINUTE – EN LATIN)
(a) A l'approche, presque à la veille de ce jour de fête périodique où l'Eglise catholique notre Mère a ordonné que le grand et vénérable Sacrement de l'Eucharistie soit honoré d'un culte spécial et solennel, et porté en procession en grande pompe et magnificence sur les chemins et places publiques, pour montrer à ses ennemis, par tout ce joyeux apparat, la vérité victorieuse du mensonge et triomphante de l'hérésie : le Saint-Esprit Nous ayant établi, par la volonté du Siège Apostolique, pour gouverner cette Eglise de Dieu (Ac 20,28)où Nous sommes placé, le soin primordial Nous incombe de tout ordonner, afin qu'il n'y ait rien que de convenable et de beau dans cette solennité.
[13] C'est pourquoi, avant tout, Nous exhortons vivement tous les fidèles des deux sexes, les membres du clergé tant séculier que régulier, de tout Ordre et dignité, d'assister à la procession générale dans laquelle est porté ce Corps redoutable ; et même, autant que Nous le pouvons dans le Seigneur, en vertu de la sainte obéissance et sous peine d'excommunication latœ sententiœ (à moins d'empêchement légitime), Nous prescrivons à tous de participer à cette procession solennelle avec les ornements sacrés et la pompe conve nable. Il ne convient pas, en effet, que quelqu'un se tienne à l'écart d'une aussi grandiose procession de la religion catholique, pour célébrer en particulier cette fête où l'on honore ce Sacrement que Notre-Seigneur a laissé à son Eglise comme un symbole de l'unité qu'il veut voir régner parmi tous les chrétiens.
Cependant, quoique tout ce qui vient de Dieu (Rm 13,1) soit bien ordonné et doive être fait avec bienséance et avec ordre, (1 Co 14,40) il importe que cela soit surtout observé dans la sainte Eglise de Dieu, qui doit toujours paraître comme une armée rangée en bataille (Ct 6,9). Pour établir cet ordre il ne faut pas néanmoins s'en rapporter à chacun, mais à cet Esprit qui est répandu dans tout le corps de l'Eglise (Rm 15,5) et qui manifeste ses volontés par les Conciles, surtout par les Conciles généraux, et par les Souverains Pontifes du Siège Apostolique, vicaires de Jésus-Christ.
C'est pourquoi Nous, par le présent édit, Nous ordonnons et décrétons ce qui suit : Parmi les ecclésiastiques, viendront en premier lieu les Frères de Saint-François, de l'Ordre des Capucins, puis les Révérends Frères de Saint-François de l'Observance et les Révérends Frères de l'Ordre de Saint-Dominique. Ensuite, les Frères duSaint-Sépulcre, suivis de l'église collégiale de Notre-Dame de Liesse ; celui qui y remplit l'office de curé [14], mais lui seulement, ajoutera l'étole aux autres ornements sacrés. En dernier lieu viendra Notre Eglise cathédrale, au milieu de laquelle Nous-même, Dieu aidant, porterons le très auguste et redoutable Sacrement dans le plus grand apparat et la plus grande magnificence qu'il sera possible [15]. Après le Saint-Sacrement prendront place les fidèles des deux sexes dans l'ordre et la pompe que, selon leur dévotion à ce grand mystère, ils ont eu jusqu'ici la coutume d'apporter à cette procession.
L'ordre ci-dessus indiqué étant conforme au Cérémonial Romain, au droit commun et aux décrets pontificaux, Nous ordonnons, en vertu de la sainte obéissance, qu'il soit observé par tous les ecclésiastiques, tant réguliers que séculiers, sans aucune contestation. Celui qui s'en écarterait encourrait ipso facto, la peine d'excommunication latœ sententiœ [16], en dépit de tout et tout pourvoi écarté ; sans préjudice, néanmoins, des droits, s'il en existe, et des prétentions de l'église collégiale de Notre-Dame de Liesse. Dans Notre volonté absolue de les sauvegarder, Nous sommes prêt, chaque fois que ces droits seront reconnus, à déclarer cette ordonnance, en tant qu'elle s'y opposerait, nulle et sans aucun effet.
D'ailleurs, pour favoriser le peuple, et exciter sa dévotion envers l'église paroissiale de Saint-Maurice [17] autant qu'il est en Notre pouvoir, Nous avons décidé de célébrer dans cette église l'office solennel de la Messe, à laquelle répondront alternativement les membres du clergé de la Cathédrale et de la Collégiale, de telle sorte que là même tous puissent commencer la procession et la finir.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
II
PROCÈS-VERBAL ET ORDONNANCES
CONCERNANT LE DIFFÉREND ENTRE LE CHAPITRE CATHÉDRAL.
ET LA COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME D'ANNECY
PAR RAPPORT
A LA PRÉSÉANCE EN LA PROCESSION DE LA FÊTE-DIEU [18]
6 et 7 juin 1605
(INÉDIT)
TENEUR D'ASSIGNATION
L'an mille six centz et cinq, je, greffier en l'Evesché de Geneve soubsigné, suivant le commandement verbal a moy.faict par l'Illm. et Rme Seigneur FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, ay baillé assignation a noble et Rd seigneur Loys de Sales, Prevost en l'eglise de Sainct Pierre de Geneve [19], ensemble aux Rdz seigneurs Chanoennes et Chappitre dudict Geneve, parlant a sa personne trouvé au devant le palais et maison de mondict Seigneur le Rm. de Geneve [20], a comparoir a demain, septiesme dudict mois de juing, heure de midy, en la maison de mondict Seigneur le Rm. de Geneve. Lequel noble Loys de ,Sales s'est offert d'obeir, et requis copie pour le faire sçavoir a ses confreres, et le tout faict suivant ledict commandement : delaquelle assignation luy ay donné copie en presence de Noel Rogex [21] et François Favre [22], tesmoins. Et ainsy avoir faict atteste.
DECOMBA [23], greffier.
[24] Nous, FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, ayant deuement faict citer les sieurs Prevost et Chanoennes de Sainct Pierre de Geneve d'une part, et les Rdz sieurs Doien [25] et Chanoennes de Nostre Dame de ceste ville d'Annissy, a comparoir par devant Nous a ce jourdhuy, septiesme dudict mois de juin, a l'heure de midy, pour recepvoir l'ordre auquel ilz doibvent respectivement marcher en la future procession du Tressainct Sacrement de l'hostel (sic), et iceulx ayant comparus d'une part et d'autre a l'heure assigné, Nous avons premierement faict ouverture d'une lettre venant de la part de Monseigneur le Rme Archevesque de Vienne, nostre Metropolitain [26]. de la teneur que s'ensuit :
Monsieur,
Voyant que la feste du (sic) auguste Sacrement de l'hostel est proche, et ayant esté adverty de ce qui est arrivé l'annee passée, que les sieurs Doien et Chanoennes de Nostre Dame furent contrainctz se tenir hors leur cueur en une chappelle, estant leur cueur occupé par vous, Monsieur, et les sieurs Prevost et Chanoennes de vostre Eglise de Sainct Pierre, chose qui pouvoit appourter quelque occasion de plainte et de scandale : cela m'a occasionné de vous fere la presente (puis que l'affaire est sur le poinct d'estre jugé) pour vous prier de leur donner au cueur de leur eglise le cousté gauche, et que, a la Grande Messe, ilz offrent conjoinctement avec les sieurs de vostre Eglise; que marchant processionnellement ledict jour ils ayent pour ce coupt, et sans le tirer en consequence, ilz soient mis a vostre main gauche. Cela ne sera pas sans exemple, puisque feu vostre predecesseur (cujus memoria in benedictione est, Eccli 45,1)l'avoit ainsi faict et practiqué anterieurement [27]. Si avant le jugement l'on en usoit d'autre façon, lesdictz seigneurs se donneroient guaing de cause devant le proces jugé, et ilz ont consideré que leurs voisins font trouphees de leurs despoullies et n'ont autre contentement que d'avoir occasion de treuver a redire a leurs actions.
Je m'asseure que, par vostre prudence, il sera prouveu a mon contentement et des sieurs desdictz Chappitres. A quoy me remettant, je vous prie de croire que je suis
Vostre affectionné serviteur et confrere,
MONSIEUR DE VIENNE.
Ce premier juin mil six centz cinq.
A Monsieur le Rme Evesque et Prince de Geneve.
Et avons demandé audict sieur Doien de Nostre Dame sil ne la Nous avait pas appourté et rendue de main en main de la part de Monseigneur l'Archevesque; lequel l'ayant veue, a faict response l'avoir appourté en la presence et assistence de Rd. sieurs Barthollamé Floccard (L1, note 267) et Jacquiert [28], Chanoennes de ladicte eglise de Nostre Dame, Dimenche dernier, cinquiesme de ce mois; lequel dict quil a un commandement particulier, non par lettre mais verbalement, de donner la main droicte a messieurs de Sainct Pierre et d'officier ensemblement.et marcher en cest ordre de procession.
Rd messire Loys de Sales, Prevost de Sainct Pierre [de] Geneve, remonstre, parlant au nom de tout le Chappitre de Sainct Pierre, quil n'estoit possible de mettre de chasque cousté gauche ung chanoenne de l'eglise Collegiale de Nostre Dame, attendu la disparité du nombre des uns et des autres ; et partant, il requiert que le sieur Doien de Nostre Dame deubt esclaircir l'intention de mondict Seigneur de Vienne, laquelle il a receu verbalement, outre la lettre quil Nous a appourté. Lequel sieur Doien a dict quil n'avoit poinct plus particuliere instruction de mondict Seigneur de Vienne que ce quil a dict, remettant le surplus a la lettre.
Et apres ce, a demandé ledict sieur Prevost de Sainct Pierre de Geneve leur estre communiqué la lettre de mondict Sieur de Vienne, pour icelle voir et deuement considerer encore sa part, pour, ce faict, se reigler entierement a la volonté de mondict Sieur de Vienne. Ce qu'estant faict, et icelle missive remise, s'est retiré ledict sieur Prevost, avec les Chanoennes cy apres nommés, en une sale a part, pour remarquer le contenu d'icelle de poinct en poinct, sçavoir : Rdz messires Amblard Guilliet, François de Chissé, Estienne de la Combe, Jaques Brunet, Theodore Verhouff, Jaques d'Usillion et Jehan François de Sales de Boysye [29]. Et estant revenus avec ladicte lettre en main et icelle Nous ayant remise, a faict response :
" Nous voyons par ceste lettre et le discour d'icelle, que mondict Sieur de Vienne, a l'occasion d'un advertissement quil a heu de plusieurs chiefz et cas advenus narrés en icelle, que ledict Doien et Chanoennes de Nostre Dame furent contrainctz se tenir hors leur cueur, estant ledict cueur occupé par mondict Seigneur le Rme, lesdictz Prevost et Chanoennes de son Eglise; et que l'on collige probablement d'icelle que plainte a esté faicte de la part des sieurs Doien et Chanoennes, lesdictz Prevost et Chanoennes de Geneve leur avoir denyé et donné empechement formel de ne louer Dieu et chanter en ladicte eglise et procession les uns avec les autres. Et partant, vous supplie, Monseigneur, commander audict sieur Doien et Chanoennes declerer silz ont faict telle plainte et ont informé mondict Seigneur Archevesque de Vienne des cas cy dessus. contenus. "
En suite de quoy, Nous avons interrogé ledict sieur Doien sil avoit donné tel advertissement ; lequel a demandé se retirer a part avec ses Chanoennes pour fere response. Lequel sieur Doien avec ses Chanoennes revenu, a faict response n'avoir donné aucun advertissement particulier ; ains, interrogé par ledict Sieur Archevesque de Vienne comme le tout se passa, luy respondit que certain billiet avoit esté apposé aux portes de leur eglise, contenant l'ordre a debvoir tenir et observer en la procession de l'annee derniere, signé : DECOMBA [30], qui estoit que tous ecclesiasticques se deussent treuver a Sainct Mauris pour, en fin de la Messe, marcher en procession suivant le contenu dudict billiet ; et quils se retirarent en une chappelle. Sur quoy mondict Seigneur de Vienne dict quil en auroit desja esté adverty asses.
A quoy replicquant, ledict sieur Prevost a dict [à] mondict Seignieur : " Il ne conste de la volonté pretendue de mondict Seigneur de Vienne que par une lettre, laquelle ne faict aucune mention des jugemens rendus sur ce faict par sa justice, mesme de la sentence provisionelle rendue l'annee passee en jugement contradictoire a l'encontre desdictz sieurs de Nostre Dame ; par vertu de laquelle, vous, Monseigneur, commandates l'ordre qui fust tenu l'annee passee, laquelle sentence, comme dict est, n'a esté infirmee ny revocquee par jugement definitif. Et partant, nous persistons aux fins que ladicte sentence desja executee demeure en sa force et vigueur; vous suppliant, Monseigneur, prendre en la bonne part la remonstrance que vous est faicte, que feu d'heureuse memoire Monseigneur Justiniani, pour avoir commandé semblable meslange que pretendent se debvoir fere lesdictz sieur et Chanoennes avec vostre Eglise et Chappitre, se y pourtant lors pour appellantz, par sentence du Metropolitan [31] telle procedure fust recogneue et decleree nulle et mal faicte, avec despens. Et de vostre Eglise faisant aller leur plainte jusques au Pape Gregoire treiziesme (Op1, note 278) ; il commanda au sieur Cardinal de…[32] de fere une lettre au Sieur Justinian, tesmogniant le degoust qu'avoit heu Sa Saincteté de telle procedure, avec inhibition de plus y revenir et commandement de maintenir son Eglise en son autorité et preeminence : chose qui ne peut estre ignoré par lesdictz seignieurs Doien et Chanoennes, veu que le tout leur a esté communiqué au proces. "
Et a esté respondu par ledict sieur Doien que mondict Seigneur Archevesque de Vienne a esté informé de la sentence provisionelle et veu icelle. Et requiert tres humblement quil vous plaise, mondict Seigneur, donner l'ordre a debvoir tenir en ladicte procession future, de poinct en poinct, sellon le contenu de ladicte missive de mondict Seigneur Archevesque de Vienne, attendu qu'elle ne deroge poinct a la sentence provisionelle.
Sur quoy Nous avons summé les deux parties d'acquiescer a l'ordre, par la mesme missive de mondict Seigneur l'Archevesque de Vienne, sellon sa forme et teneur. A quoy lesdictz sieurs Doien et Chanoennes de Nostre Dame ont acquiescé.
Lors, ledict sieur de Sainct Pierre de Geneve replicquant, a dict : " Nous protestons en tout et partout vouloir obeir aux commendementz de Monseigneur l'Archevesque, soit par sentence, lettre, voire mesme si nous pouvions apprendre sa volonté par signes nous aurions autant de promptitude a nous y submettre que nous ferions a une sentence definitive; mais nous soustenons la lettre estre subreptice et obreptice, obtenue sus ung faulx donné entendre : ce que se verifie par la lecture de la lettre.
" Premierément, il est dict que lesdictz Chanoennes et Doien ont esté contrainctz se tenir hors de leur cueur en une chapelle, estant le cueur occupé par vous, Monseigneur, et les Chanoennes de vostre Eglise. Apparoissant du faulx donné entendre a correction, comme peuvent tesmogner les seigneurs Doien et Chanoennes, dautant que, tant s'en faut que lesdictz seigneurs Doien et Chanoennes ayent esté contrainctz ; que vous, Monseigneur, les voyant en ladicte chappelle, me commandates d'aller a eulx pour leur dire de vostre part quils montassent en haut pour se joindre a vostre Eglise. Ce que je fis, les priant mesme de la part de vostre Eglise quilz eussent a fere ce qu'estoit par vous commandé ; ce quilz ne volurent fere.
" De plus, ilz sçavent tropt mieulz que vostre Eglise n'occupoit poinct le cueur, s'estant reduictz les Chanoennes d'icelle en une chappelle a cousté dudict cueur, ny ayant occupé que le sancta sanctorum par vous, Monseigneur, et ceulx qui vous servoient a l'autel. En quoy se void l'impudence a correction de celuy qui a informé mondict Seigneur de Vienne.
" Et, beaucoupt plus en ce quil a dict que vostre Eglise faisoit difficulté de chanter avec eulx ; par ce que vous sçaves, Monseigneur, que tant s'en faut que l'on leur fasse telles difficultés es eglises quilz servent, que mesme, quand ilz sont convocqués en vostre Eglise, vousdictz Chanoennes les prient ordinairement de chanter avec eulx : notamment aux Synodes, ou vostre Eglise doibt paroir, et son autorité, plus qu'en poinct d'autre acte, elle permet ausdictz sieurs Chanoennes, voire les en prie, de chanter avec eulx et psalmodier alternativement. Et mesme il ny a pas long temps qu'a l'action de grace que fust faicte en vostre Eglise pour la naissance du Prince d'Hespagne [33], que on logea leurs chantres au pres des nostres et chanterent le Te Deum laudamus alternativement, protestant neantmoins que telle permission ne deroge a leur droict, estant faicte comme courtoysye.
Et quant a l'exemple de vostre predecesseur susmentionné, si celuy qui a informé n'eut pas teuct le vray et parlé contre verité a dessaing (parlant civilement), ains eut dict que Monseigneur vostre predecesseur eut esté condamné de telle procedure et le degout que le Pape [en] avoit receu, nous tenons pour bien asseuré que Monseigneur l'Archevesque ne vous eut faict telle priere, comme se void par ces motz de la lettre : " Ayant esté adverty " et : " m'a occasionné, " etc. Par ou l'on void que l'advertissement estant faulx, il n'a heu volonté de fere telle pretendue priere.
Partant requierons Vostre Rme Seigneurie n'avoir esgard a ladicte lettre, ains maintenir ledict jugé sellon sa force et vigueur, comme l'annee passee. Et la ou il plairoit, au prejudice dudict jugé et execution d'icelluy, nous commander quelque chose, nous vous prions ne treuver mauvais que nous nous opposions, comme nous faisons des a present. Et a faute d'estre receu opposantz, nous nous en pourtons pour appellantz, et protestons formellement de tous attentatz a l'encontre desdictz seigneurs Doien et Chanoennes, dommages et interestz. Et de plus requerons que lesdictz sieurs Doien et Chanoennes et Chappitre ayent a declerer s'ilz ont demandé la declaration pourté par ladicte lettre, et faict instruire au pres de mondict Seigneur l'Archevesque de Vienne aux fins quil commanda telle (sic) meslange de corps en ladicte procession. "
Et par [ce que] lesdictz sieurs Doyen et Chanoennes et Chappitre de Nostre Dame en persistant estre dudict ordre ordonné jouxte et a forme de ladicte missive de mondict Seigneur le Rme de Vienne, et respondu ne l'avoir pas poursuivi, mais seulement demandé l'ordre a debvoir tenir en la procession future, et son intention, puis que le proces est pendant par devant luy :
Nous, FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, ayapt ouy les requisitions, responses et repliques des parties sus mentionnees, et principalement ayant consideré que la lettre de Monseigneur le Rme Archevesque de Vienne, nostre Metropolitain, ne Nous donne aucun nouveau pou voir pour contraindre par voye de justice les parties respectivement, pour tenir l'ordre quil desire, et beaucoup moins d'executer nonobstant opposition et appellation; et ayant, entant qu'en Nous est, procuré par voye d'exhortation et de sommation que laditte lettre fust reduitte a son plein et entier effect, ce que n'avons obtenu : apres avoir invoqué l'ayde du Saint Esprit, avons receu et recevons les oppositions et appellations des sieurs Prevost et Chanoynes de Nostre Eglise entant que de droit et de rayson. Et, en suitte de cela, Nous avons ordonné et ordonnons, tant comme commis par le Siege Metropolitain a l'execution de la sentence provisionelle donnee l'annee passee, que comme deputé par le sacré Concile de. Trente:
Que l'ordre observé l'annee passee s'observera la presente annee, sauf au sieur Doyen et Chanoynes de Nostre Dame de pouvoir se trouver dans le chœur de Saint Maurice, et a la main gauche des sieurs Prevost et Chanoynes de Nostre Eglise pour, avec eux ensemblement, respondre a la Messe que Nous ou Nostre Vicayre general [34] celebreront. Et a la procession, de pouvoir faire un chœur pour chanter alternativement les hymnes et cantiques sacrés, et en telle sorte que le commencement desditz hymnes et cantiques soit fait par le clergé de Nostre Eglise; et ce, selon les offres et declarations desditz sieurs Prevost et Chanoynes de Nostre Eglise.
Si commandons et enjoignons tres expressement, en vertu de la sainte obedience, et ce, sous peyne aux contrevenans, silz sont particuliers, d'excommunication ipso facto incurrendœ, et si c'est un des Cors, d'interdit, d'observer cette presente Nostre ordonnance, laquelle Nous avons dec1airee executoire, nonobstant opposition et appellation que1comque.
Fait et prononcé a Nessy, en la mayson de Monseigneur le Rme Evesque de Geneve, tant aux Rd. seigneurs Prevost et Chanoynes de l'Eglise de Geneve, que aux Rdz Doyen et Chanoynes de Nostre Dame, presens.
Lesquelz sieurs Doien et Chanoennes de Nostre Dame, par l'organe dudict sieur Doien, ont dict quilz s'opposent, et ou ilz ne seront receu opposantz, quilz en appellent par devant Monseigneur l'Archevesque de Vienne.
Les an et jour susdictz.
FRANÇs, E. de Geneve [35].
Quoy ouy par Nous, Nous avons declairé Nostre sentence executoire, nonobstant opposition et appellation quelcomque, et sans procedeure, attendu l'exigence du cas et la briefveté du tems dans lequel il faudra comparoir a laditte procession [36]. Et avons derechef et de nouveau commandé auxditz sieurs Doyen et Chanoynes de Nostre Dame d'obeyr a Nostre sentence et ordonnance, sous la peyne y contenue et autre arbitraire.
A Nessy, les an et jour susditz.
FRANÇs, E. de Geneve.
Ce qu'estant notifié ausdictz sieurs Doien et Chanoennes de Nostre Dame d'Annissy, ont remonstré a mondict Seigneur de Geneve, qu'attendu quil ne vouloit suivre l'ordre de mondict Seigneur de Vienne, quilz se pourtoient pour appellantz comme d'abus et quilz protestoient de tous attentatz.
Annissy, les an et jour susdictz.
Et Nous, dit FRANÇOIS DE SALES, Evesque de Geneve, Commissajre, avons de nouveau commandé et enjoint auxditz sieurs Doyen et Chanoynes de Nostre Dame, nonobstant laditte appellation d'abus, attendu laditte briefveté de tems, de comparoir a laditte procession, d'obeyr a Nostre ditte ordonnance, aux peynes y contenues.
A Nessy, les an et jour susditz.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1602-1607, de l'ancien Evêché de Genève.
III
SENTENCE ARBITRALE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
ET DU PRÉSIDENT ANTOINE FAVRE
AU SUJET D'UN DIFFÉREND ENTRE LA COLLÉGIALE DE SAMOÊNS
ET LES CHARTREUSINES DE MÉLAN [37]
29 avril 1610
Sur le different et proces meu et pendant indecis par devant le Conseil. de Genevois entre les venerables Dames Prieure [38] et Religieuses de la Chartreuse de Melan demanderesses, en possession et jouissance, seu quasi, de prendre et percevoir de tout temps certain disme et nouveletz (novales) riere la paroisse de Samoen, comme plus ample ment est contenu en leur requeste fondamentale et lettres dudict Conseil, du 23 juin 1606 ; comparant pour icelles venerable Pere Anthoine Curtet, .Chartreux et procureur de ladicte Maison de Melan [39], assisté de Me Jean Greyffié, procureur audict Conseil et leur procureur (L7, note 814), et les Rds sieurs Doyen, Chanoines, Chapitre et Curé de Samoen [40], defendeurs, comparant pour eux Mre François Cornu, Doyen de Samoen.:
Apres avoir ouy bien au long les parties et veu les titres et contractz par elles respectivement produitz, notamment de la part des dictes demanderesses, ausquelz sont les confins et limites specifiez ou lesdictes Dames doivent prendre et percevoir leurs dismes et nouveletz….Nous, arbitres arbitrateurs et amiables compositeurs soubsignez, verbalement nommez et convenus par les parties, avons esté et sommes d'advis :
Que les Dames demanderesses, en ladicte qualité doibvent estre maintenues en la possession et jouissance (seu quasi) en laquelle ont esté leurs predecesseurs, de prendre et percevoir tous les nouveletz qui ont esté faictz riere la dismerie mentionnee ausdicts contractz respectivement produitz ; et ce, en payant annuellement au sieur Curé de Samoen les douze octanes d'avoine, lesquelles ledict venerable Procureur a confessé et soustenu avoir esté payees annuellement audict sieur Curé et a ses predecesseurs.....
Et neanmoins, ayant aucunement esgard que les nouveletz pour lesquelz le present proces a esté intenté sont de fort peu de revenu, et [que] pour regard d'iceux ne pourroit estre deub que quatre ou cinq quartz au plus d'avoine : nous trouverions bon et raisonnable que lesdictes Dames demanderesses s'emploiassent envers le R. P. General des Chartreux [41] pour obtenir de luy declaration en bonne forme que lesdictz nouveletz contentieux demeurassent acquis audict sieur Curé et a ses successeurs, affin de donner tesmoignage du desir quil a de contribuer quelque chose a l'erection et amplification de l'eglise collegiale de Samoen ; a la charge neanmoins que la dicte liberalité ne puisse par cy apres estre tiree a aucune consequence au prejudice de ladicte Maison de Melan, et sans que ledict sieur Curé ny ses successeurs puissent pretendre aucun droict ny disme aux nouveletz qui se feront cy apres riere toute ladicte dismerie (quand elle viendroit a tomber en friche en tout ou en partie, et a estre par apres defrichee et renouvelee), sinon dans les confins dudict quartier auquel lesdictes Dames ne sont costumieres que de prendre les deux tiers du disme Le tout sans despens ny restitution des choses perceues d'une part et d'autre, et sans prejudice de plus amples droictz aux parties, si aucuns elles en ont au petitoire.
Si avons commis et commettons Me Jean Dupont, scribe du sieur President (L4 note 606), pour expedier aux parties des extraitz, affin de s'en servir et valoir ainsy que de raison.
Faict et arresté a Necy, en la maison dudict sieur President soubzsigné, le vingt neufviesme d'apvril mil six cens et dix.
FRANÇs, E. de Geneve.
FAVRE.
La susdite sentence arbitrale a esté leue, prononcee et signifiee par moy, scribe soubzsigné dudict President, au V. P. Dom Anthoine Curtet, Chartreux, Procureur en ladicte Maison de Melan, qui y a acquiescé et s'est soubsigné, a Necy, ce dernier jour d'apvril 1610 ; et le mesme jour a Rd messire François Cornu, Doyen de l'eglise collegiale de Samoen, qui a dict quil en vouloit communiquer a son Conseil pour y respondre, et n'a voulu signer [42].
Faict les an et jour cy dessus dict.
Frere A. CURTET, Procureur du dict Melan.
DU PONT, scribe.
IV
NOTES
RELATIVES A LA JURIDICTION DU DOYEN
D'UNE COLLÉGIALE
[1608-1612 ? [43]]
(INÉDIT- EN LATIN)
La juridiction appartient au Doyen.
Le Doyen pourra, à lui tout seul, user de la juridiction au for extérieur quant aux choses spirituelles, employant la suspense de l'Office, l'interdit a Divinis, et l'excommunication mineure.
Il aura aussi le droit, au cas où le conseil du Chapitre pourrait difficilement être attendu, d'infliger des peines, et de condamner soit à la privation des distributions, soit même à la prison. Ensuite cependant, une fois réuni le Chapitre, il faudra procéder suivant l'avis de ce dernier.
Lorsqu'on pourra convoquer le Chapitre, le Doyen ne procèdera que sur son avis. Cet avis du Chapitre doit s'entendre de celui de la majorité du Chapitre.
Dans les provisions et autres actes publics et sentences, il faudra signer d'après l'usage : Le Doyen et le Chapitre.
On ne réunira pas de Chapitre extraordinaire, le Doyen étant dans la ville ou les faubourgs, sans le consentement de ce Doyen, à moins qu'il ne fallût traiter une question regardant le Doyen lui-même, et qu'il ne dût pas assister aux débats.
[44] De même, le Doyen doit avoir la charge des âmes de tous les chanoines, des prêtres et des autres serviteurs de ladite église, et aussi de la correction, de la punition et du transfert. En l'absence du Doyen, le Chapitre s'occupera des fautes commises ou des omissions imputables aux personnes susdites, au sujet de l'Office divin ou de toute autre chose, pourvu qu'il ne s'agisse de crimes graves, car alors Nous laissons le soin de les punir à l'Ordinaire du lieu. Ceux qui, pour des fautes ou excès légers, auront été punis ou corrigés, ne pourront plus être molestés, en quelle manière que ce soit, par l'Ordinaire du lieu ou tout autre.
Que les chanoines susdits et autres serviteurs de l'église soient tenus de rendre respect et honneur au Doyen, comme à leur chef.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
V
DECLARATION SUR LE PRIVILEGE DE L'ALTERNATIVE
OU DROIT D'ÉLECTION DE L'ÉVÊQUE
AUX CANONICATS DE L'ÉGLISE CATHÉDRALE [45]
7 janvier 1615
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve.
Reverend sieur messire Philippe de Quoex, prestre, né en loyal mariage et noble, tant de la part de son pere que de sa mere [46], ayant presenté des lettres d'institution et provision obtenues de Nous le 6 janvier 1615, pour le canonicat lhors vacant en Nostre Eglise par le deces de feu R. Sr Claude Estienne Nouvelet, decedé en l'an 1613, au mois d'octobre [47], au venerable Chapitre de Nostre ditte Eglise : les RR. SSrs Louis de Sales, Prevost, Jean-François de Sales, chantre, Estioenne de la Combe, sacristain, Jean Favre [48], Marc Antoine de Valence [49] et Janus des Oches [50], deputés par iceluy Chapitre de Nostre Eglise, se sont presentés devant Nous et, avec les termes et reverence convenables, Nous ont fait plusieurs remontrances, requisitions et protestations, tant pour la conservation du droit qu'ils ont d'eslire, nommer et instituer es canonicatz et praebendes de Nostre ditte Eglise es mois de mars, juin, septembre et decembre, comm'aussi pour l'observation des autres privileges et prerogatives desquelles Nostre ditte Eglise et le Chapitre ont accoustumé de jouir [51] … Toutes lesquelles remonstrances, requisitions et protestations Nous avons declairé et declairons, tant pour Nous que pour Nos successeurs quelconques :
Premierement, que Nous avons esleu et institué le susnommé Mre Philippe de Quoex du canonicat et praebende vacans, en vertu de l'alternative [accordée] par nos Saintz Peres aux Evesques et autres Ordinaires residens actuellement en leurs eglises ; comme d'ores en avant Nous voulons, en acceptant laditte alternative, jouir du benefice d'icelle, sauf neanmoins es mois de juin et de decembre, esquelz Nostre alternative auroit lieu si le droit d'eslire et instituer esditz mois n'appartenoit a Nostre dit Chapitre: esquelz mois de juin et de decembre Nous ne pretendons de prouvoir, non plus qu'es autres deux mois de mars et de septembre : advouant, reconnoissant et declairant par ces presentes que ledit droit d'eslire, nommer et instituer es canonicatz et praebendes de Nostre ditte Eglise, qui sont venus, viennent ou viendront a vacquer esditz quatre mois de mars, juin, septembre et decembre, appartient purement et solidairement au Chapitre d'icelle Nostre Eglise. Lequel Chapitre en est en paysible et non jamais alteree ni interrompue jouissance, possession et coustume des un tems immemorial, ainsy qu'il conste et appert par plusieurs bons tiltres et documens, et par la continuation de l'usage dudit droit ; lequel, comme bon, legitime et solide, et tel reconneu par Nous, non seulement Nous ne voulons en sorte quelconque violer ni contredire, mais plustost, entant qu'en Nous seroit, Nous voudrions maintenir, confirmer et entretenir, selon le devoir que Nous avons a la conservation des droitz, privileges et biens de Nos ditz Eglise et Chapitre.
Secondement, Nous declairons ne devoir ni pouvoir prouvoir desditz canonicatz et praebendes que personnes bien et deuement qualifiees, selon les decretz du saint Concile de Trente.(Sess 24, de Reform. ch 12), et specialement selon les privileges et concessions des Papes faitz en faveur de Nostre ditte Eglise et les Statutz de Nostre dit Chapitre (Op1, note 274)...
Tiercement, Nous declairons que l'eslection et nomina tion aux canonicatz et praebendes desquelz la provision dependra de Nostre authorité ne pourront en aucun cas estre faittes que par Nostre propre personne et par celle de Nos successeurs, sans que laditte election et nomination puisse jamais estre faitte par Nos Vicayres generaux, officiaux ou substitués de nos successeurs…
Et en fin, Nous declairons que toutes les provisions par Nous ou Nos successeurs, Nos Vicayres ou les leurs, devront estre commises et addressees a Nostre dit Chapitre ; a faute dequoy elles seront tenues pour nulles, comme obtenues subrepticement et contre Nostre intention.
Toutes lesquelles declarations, comme convenables au bien de Nostre Eglise et a la conservation de la splendeur, bon ordre et sainte discipline d'icelle, Nous avons promis et promettons, par Nostre foy et serment, pour Nous et Nos successeurs, d'inviolablement vouloir observer et tenir. Et a ces fins, Nous avons commandé Nostre ditte declaration estre enregistree en Nos greffes, et avons signé les presentes et corroboré par l'impression du grand seel de Nostre Evesché, et contresigné par Nostre greffier, et expedié a la faveur de Nostre ditte Eglise et Chapitre.
Donné Annessi, en la mayson de Nostre habitation [52], le septiesme janvier mil six cent et quinze.
FRANÇS, E. de Geneve.
DECOMBA.
VI
REQUÊTE DES CHANOINES DE LA COLLÉGIALE DE SAMOËNS
AU SUJET D'UNE DÉVOTION EN L'HONNEUR DES SAINTS FABIEN ET SÉBASTIEN
ET ORDONNANCE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
15 septembre 1618
(INÉDIT)
A Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve
Supplient avec toutte humilité les messires Michel Pithonis, archiprestre, Jean Musy, sacrestain, Michiel Deffoug, Jean Jay, Claude Deffoug et Claude Cornut, Channoines en l'eglise collegiale de Nostre Dame de Samoen [53] :
Comme en l'annee derniere 1613 [54], et le mercredy, troisiesme jour de julliet, les scindicz de la ville dudict Samoen, tant a leurs noms que des aultres procureurs et tout le peuple de ladicte ville et parroisse dudict Samoen, assemblé en la sacristie de l'eglise dudict lieu, en presence des conseilliers et partie des apparentz de ladicte ville, auroient prié et requis les suppliantz de celebrer tous les mercredys, durant une annee entiere, une Grande Messe a l'honneur de Dieu et des glorieux saintz Fabien et Sebastiain, et, a l'issue d'icelle, fere la procession a l'entour de ladicte eglise, avec le cantique ou prose de Sebastiain, ainsy qu'appert par la memoire de la devotion prinse et prieres sur ce faictes, signee par lesdictz sieur Chastelain de Cornut, de Lestelley [55] et aultres des illec assistantz ; avec promesse lhors verbalement faicte.… [56] de reconnoistre et recompenser honnestement le sallaire desdictz suppliantz, obligeantz par ce moyen tout le Chappitre, assisté de deux clercz de chœur, et de la peyne du maniglier occasion de ladicte procession.
Laquelle devotion estant benignement receuë... lesdictz suppliantz auroient poursuivy, puis accomply, par la grace de Dieu, leur debvoir si bien qui leur a esté possible desja des le mois de julliet escheu, sans quilz ayent perceu aucune chose pour leurdict sallaire, des clercz de chœur et maniglier. Or, creignant fere naistre quelque. estonnement ou scandale lhors quilz viendroient a demander, selon leur advis, ce que leur pourroit competer pour raison dudict service, ou quand ilz refuseroient la recompense desmesurement petite qui leur seroit offerte par ledict sieur Chastelain et aultre peuple :
A ceste cause, lesdictz suppliantz recourent tres humblement a Vostre Reverendissime Seigneurie, quil luy plaise les regler en leurs demandes et ordonner ce que raisonnablement leur est deubt ausdictz clercs et maniglier, a cause dudict service ; car ilz desirent en tout et par tout de se ranger par la mesure de voz commandementz, ainsy quilz sont voz serviteurs et creatures tres humbles, et .tres affectionnez a prier Dieu pour la prosperité de Vostre dicte Reverendissime Seigneurie, de laquelle ilz attendent devotement un tres charitable et equitable office.
[57] Attendu que les parties suppliees ont desiré que la devotion mentionnee se fit a leur intention particuliere, elles sont exhortees de donner aux parties suppliantes, par maniere de subside convenable, dix ducatons.
A Samoen, le xv septembre 1618.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
C - PAROISSES ET CHAPELLES
I
PATENTES D'ÉRECTION D'UNE CHAPELLE
CONTIGUË A L'ÉGLISE DE NOTRE-DAME DE COMPASSION DE THONON
FONDÉE PAR LE MARQUIS DE LULLIN
16 septembre 1603
(INÉDIT - EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux à qui parviendront les présentes, salut.
Nous faisons savoir que le très illustre et très magnifique seigneur Gaspard de Genève, marquis de Lullin, chevalier portant le collier de l'ordre suprême du Sérénissime Duc de Savoie (L1, note 255), Nous a exposé ce qui suit. Comme la meilleure chose qui puisse arriver à l'homme est de chercher, pendant cette vie et pour les nombreux siècles à venir, les moyens les plus propres à s'assurer la vie éternelle : pour cette raison, et aussi poussé par le souvenir affectueux et reconnaissant de ses parents qui lui donnèrent la vie temporelle, la noblesse de la race et une éducation distinguée, il a résolu (l'aidede Dieu venant appuyer ses saints efforts) de construire, moyennant Notre bon plaisir, en l'honneur de Dieu, de la Bienheureuse Marie et de tous les Saints, surtout en mémoire du très saint Nom de Jésus, une chapelle contiguë à l'église de Notre-Dame de Compassion dans la ville de Thonon [58]. Cette chapelle sera du côté droit, ou de l'Evangile, du cheeur de l'église, et sous le toit de la maison du prieuré autrefois appelé de Saint-Hippolyte (L8, note 160), en sorte que ce toit serve pleinement à l'usage de la chapelle pour la partie nécessaire à celle-ci qui aura une longueur et une largeur de vingt pieds, formant un carré de côtés égaux. La voûte et les murs seront bien crépis et blanchis ; les fenêtres, les arcs et les portes seront de pierres de taille dures. Et pour que de la chapelle on puisse voir commodément le maître-autel, le fondateur demande d'ouvrir deux des arcs fermés du côté droit, et de les munir de plaques et comme de grilles de fer, en sorte que l'accès ne soit pas libre ni d'un côté ni de l'autre. Quant à la porte, il la construira du côté de la chapelle qu'il aura choisi à sa commodité.
Une fois achevé soigneusement tout cela, il munira la chapelle des ornements, du calice et de tout le nécessaire au Saint Sacrifice, et la dotera d'une redevance de cent cinquante florins en monnaie de Savoie pour l'usage de son recteur. De ce recteur il s'est réservé à perpétuité la nomination, la présentation (c'est-à-dire le droit patronal de le présenter), pour lui-même et ses légitimes successeurs, hommes et femmes, aussi bien pour l'élection du premier titulaire comme pour celle des autres à venir, que la vacance se produise par voie de mort, de renonciation, de permutation, ou par toute autre cause. Le recteur sera tenu de célébrer trois Messes chaque semaine, à savoir: le dimanche, le mercredi et le vendredi. Pour assurer le paiement des cent cinquante florins ci-dessus au recteur en fonction et légitimement pourvu, le fondateur hypothèque et engage tous les biens, existant aujourd'hui et futurs, appartenant à lui et à ses légitimes successeurs dans le duché du Chablais ; en sorte, cependant, qu'il soit permis à lui-même et à ses successeurs de racheter la susdite redevance de cent cinquante florins quand ils le voudront, moyennant toutefois le paiement de deux mille florins de même monnaie, à appliquer à perpétuité à l'usage de la chapelle et du recteur. En outre, il construira dans cette même chapelle un tombeau pour son inhumation et celle de ses successeurs.
Pour faciliter l'exécution de tout ce qui précède, le très illustre et très magnifique marquis Nous a demandé avec l'insistance requise de lui accorder, au sujet de tout ce qui est contenu dans cet acte, Notre consentement, approbation et libre faculté. Nous donc, FRANÇOIS DE SALES, Evêque et Prince de Genève, approuvant avec bienveillance de si pieux désirs qui tendent à l'augmentation du culte divin, à l'édification de tout le peuple et à l'honneur même de l'église de la Compassion de la Bienheureuse Marie, Nous concédons par les présentes, de Notre autorité ordinaire, au très illustre et très magnifique marquis de construire la chapelle en question, sous le vocable du très saint Nom de Jésus, au lieu indiqué et en la .forme marquée, avec ornements et dotation de cent cinquante florins payables annuellement. Pouvoir au marquis de se faire enterrer dans la chapelle, lui et les siens, de nommer et présenter le recteur, c'est-à-dire de posséder à perpétuité le droit de patronage. Nous défendons au recteur de l'église paroissiale de la Compassion de la Bienheureuse Marie, et à tous autres clercs de cette église, ainsi qu'aux syndics de la ville de Thonon, à tous et à chacun des paroissiens, d'empêcher en quelque façon que ce soit la construction de cette chapelle, sa dotation, l'usage du droit de patronage et de sépulture, pour le marquis et tous ses successeurs. Nous ordonnons donc à Notre très cher dans le Christ, Vicaire général de Notre Evêché pour le spirituel et le temporel [59], de faire en sorte que le très illustre et très magnifique marquis et ses successeurs, hommes et femmes, jouissent pleinement des droits ci-dessus, tout empêchement étant écarté [60].
En foi de quoi Nous avons signé ces lettres d'approbation et les avons fait contresigner et munir de Notre sceau par Notre secrétaire.
Donné à Thonon, en la maison de Notre résidence habituelle [61], le 16 septembre 1603.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
ROLLAND [62].
Revu sur l'original inséré dans le Registre ci-dessous indiqué.
II
PATENTES D'ÉRECTION
D'UNE CHAPELLE EN L'ÉGLISE PAROISSIALE D'ALLINGES (Op1, note 196)
RÉÉDIFIÉE PAR M. JEAN-LOUIS DE BONIVARD ET SA FEMME
21 septembre 1603
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, faisons savoir à tous :
Que noble et puissant Jean-Louis de Bonivard, chef de la garnison du Sérénissime Duc de Savoie au lieu appelé des Allinges, et sa très chère épouse Anne de Mareschal, dite de Duyn [63], Nous ont exposé que dans l'église paroissiale des Allinges il y avait jadis une chapelle érigée sous le vocable de la Bienheureuse Vierge Marie et de Saint-Claude, laquelle fut entièrement détruite et rasée par les Bernois et les Genevois, méchants hérétiques, qui envahirent le pays il y a soixante ans ou environ [64] ; tellement que l'on ne rencontre plus trace ni de la chapelle, ni de quelques revenus en dépendant, ni du possesseur du droit de patronage, bien que le recteur de l'église paroissiale ait fait les recherches suffisantes en lançant une monition trois dimanches de suite.
C'est pourquoi, pour l'honneur de Dieu, de la Bienheureuse Marie et de tous les Saints, et surtout au nom de la Vierge Mère de Dieu et du Bienheureux Claude, se sont-ils proposé de réédifier la chapelle susdite dans la même église et au même endroit, si toutefois cela Nous semble convenable ; et aussi de lui fournir les ornements, le calice et autres choses nécessaires à la célébration de la sainte Messe. Ils paieront en outre, chaque année, vingt-cinq florins à attribuer au curé de l'église paroissiale des Allinges en fonction. A ces fins, ils Nous nomment et présentent M. Pierre Mojonier. actuellement recteur de l'église des Allinges (L8, note 400), et pour la suite ses légitimes successeurs dûment pourvus, en sorte que leur mense soit augmentée de ce revenu de vingt-cinq florins, sous la charge néanmoins d'une Messe basse le lundi de chaque semaine à l'intention des défunts, à moins que cette Messe ne doive être transférée à un autre jour pour une cause légitime. Toutefois, si le curé actuel ou un autre de ses successeurs omettait trois semaines de suite de célébrer ces Messes dans la chapelle en question, les fondateurs demandent instamment que le revenu soit, de Notre autorité ordinaire, changé en aumônes à distribuer aux pauvres. En corroboration de cette dotation de vingt-cinq florins, ils engagent et hypothèquent tous leurs biens et ceux des leurs jusqu'à ce que satisfaction légitime soit donnée au recteur au moyen de prés, champs ou vignes achetés par les fondateurs susnommés ou leurs légitimes successeurs, et rendant chaque année la somme de vingt-cinq florins. Ils veulent aussi être inhumés et ensevelis, eux et leurs légitimes successeurs, des deux sexes, dans la même chapelle. Ils sont disposés à faire tout cela pour le repos de l'âme de tous leurs aïeux, pour leur propre salut et celui des leurs, si toutefois Nous y consentons.
Nous donc, Evêque et Prince de Genève, accueillant favorablement la demande si raisonnable du noble couple de Bonivard, lui accordons licence et faculté d'édifier dans l'église des Allinges et à l'endroit indiqué la susdite chapelle en l'honneur de la Bienheureuse Marie et de saint Claude. Nous approuvons aussi et confirmons la nomination. faite en la personne du recteur actuel Mojonier [65]. pourvu toutefois que vous versiez à son profit chaque année la somme de vingt-cinq florins et que vous fournissiez les ornements et autres choses nécessaires à la célébration de la sainte Messe. Ces conditions remplies, il sera tenu de célébrer une Messe basse pour les défunts le lundi de chaque semaine, en sorte cependant que s'il omettait ou permettait d'omettre cette Messe trois semaines de suite, Nous donnions aux pauvres la redevance sus mentionnée. Nous défendons à tous paroissiens et autres d'oser s'opposer à l'érection de la chapelle en question, mais qu'ils laissent le présent indult recevoir pleine exécution.
En foi de quoi, Nous avons concédé les présentes lettres d'approbation, signées de Notre main, et avons ordonné qu'elles soient contresignées par Notre secrétaire et munies de Notre sceau.
Donné à Thonon, en la maison de Notre résidence habituelle, le 21 septembre 1603.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
DECOMBA [66]
.
Revu sur l'original conservé au presbytère d'Allinges (Haute-Savoie).
III
NOMINATION D'UN COADJUTEUR EN FAVEUR DU CURÉ DES CLEFS
12 novembre 1603
(INÉDIT- EN LATIN)
COADJUTORERIE DE L'ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-NICOLAS DES CLEFS
EN FAVEUR DE M. JACQUES RUPHY, PRÊTRE [67]
FRANÇOIS DE SALES, etc. [68]
A Notre très cher dans le Christ, Jacques Ruphy, prêtre de Notre diocèse, salut dans le Seigneur.
Sachant pertinemment que le vénérable M. Humbert Bochet, prêtre de Notre diocèse de Genève, [recteur] moderne de l'église paroissiale de Saint-Nicolas des Clefs, a atteint la quatre-vingtième année de son âge, ou à peu près, en sorte que, par suite de cet âge avancé et de ses infirmités physiques, il ne peut plus faire les fonctions sacrées, administrer les Sacrements de l'Eglise et accomplir les autres devoirs d'un vrai pasteur [69] ; sachant, en outre, que vous Nous êtes présenté, pour les causes susdïtes, comme coadjuteur dans l'administration et le gouvernement de ladite église, par le Révérend Etienne de la Combe, chanoine de l'Eglise de Genève (Op1, note 181), procureur de M. Bechet, en vertu de la procuration reçue par François Galmeris (?), notaire, le 3 de ce mois de novembre :
Nous, poussé par les raisons susdites, et dûment informé de votre honnêteté de vie et de mœurs, ainsi que de vos aptitudes et capacité suffisantes, vous décrétons, constituons et députons comme coadjuteur, pour diriger l'église paroissiale de Saint-Nicolas des Clefs, pour y distribuer les Sacrements de l'Eglise et en administrer les revenus. Avec cette clause cependant, que vous soyez tenu, sur les apports et revenus de cette église, de payer au susnommé Humbert Bochet, octogénaire et malade, la somme annuelle de deux cent vingt florins.
Nous défendons en outre, à tous les prêtres de ce diocèse de Genève, aux syndics et paroissiens de l'église susdite et à tous autres, sous peine d'excommunication et d'une amende de cinq cent livres genevoises, d'oser en quelle façon que ce soit vous empêcher de gouverner cette église, d'y distribuer les Sacrements et d'en administrer les revenus. Bien plus, ils doivent vous recevoir et admettre comme coadjuteur, ainsi établi et député par Nous, toute opposition et appellation cessant et ne pouvant porter préjudice.
En foi de quoi, etc.
Donné à Annecy, le 12 novembre 1603.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1602-1607, de l'ancien Evêché de Genève.
IV
CONCESSION D'INDULGENCE
POUR CHAQUE VISITE A UN ORATOIRE ÉRIGÉ
A CHATELARD-EN-BAUGES
16 août 1604
(INÉDIT-EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui verront les présentes lettres, salut abondant dans le Christ.
Le cher et vénérable M. Jacques Albéron, curé du Châtelard-en-Bauges [70], Nous a exposé qu'il avait construit, de ses deniers, dans sa paroisse, un oratoire le long de la voie publique, et avec la permission du Révérendissime Père dans le Christ, Notre prédécesseur [71]. Son but était d'exciter les passants, par cette sorte d'invitation, à s'écarter un peu de leur route terrestre pour se souvenir de la Patrie céleste, et à adorer le Dieu tout-puissant par quelques pieuses prières. Il estime devoir obtenir ce résultat plus facilement et plus heureusement, si l'esprit des fidèles est alléché par des Indulgences.
Aussi Nous, qui approuvons ce pieux dessein et qui devons avoir à cœur le profit spirituel des voyageurs, avons accordé quarante jours d'Indulgence, en la forme habituelle de l'Eglise, à gagner toties quoties, à tous ceux qui visiteront dévotement ledit oratoire et y réciteront une fois l'Oraison Dominicale et la Salutation Angélique pour la conversion de ceux qui errent dans la foi, s'ils sont confessés ou tout au moins contrits.
Afin qu'à tous cela soit notoire, Nous avons fait cet écrit, y avons apposé Notre signature et fait mettre le sceau de Notre Evêché.
Annecy, 16 août 1604.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
ROLLAND.
Revu sur l'Autographe conservé au Musée d'Annecy (Salle de la Savoie historique, n° 15134).
V
REQUÊTE DES SYNDICS ET PAROISSIENS DE VEYRIER
DEMANDANT LA VISITE DE LEUR ÉVÊQUE
ET DÉCRET DE CELUI-CI
6 novembre 1604
(INÉDIT)
A Illustrissime et Reverendissime Seigneur,Monseigneur Françoys de Sales, Evesque et Prince de Geneve.
Supplient tres humblement les scindicqz et parrochiens de Veyrier pres Annessy [72], disantz que pour l'entretien de leur esglise et service divin deubt fere en icelle, ilz desireroient que visitation feust faicte par Vostre Reverendissime Seigneurie, a tel jour qu'il vous plaira; appeller a ces fins le Doyen et Chappitre de Nostre Dame de ceste ville, qui ont interestz [73], et aultres chappelliers et altariens de leurdicte esglise.
A raison dequoy, vous supplient en toutte humilité qu'il vous plaise proceder au faict de ladicte visite en leurdicte esg1ise [74]...
Soit adverti au prosne et affigé a la porte de la parroisse, et convoqués tant messieurs les curés que recteurs des chappelles contenues en laditte eglise [75], et tous autres quil appartiendra [76].
A Neci, VIe novembre 1604.
FRANÇs, E. de Geneve [77].
Revu sur l'original inséré dans le Registre des Visites pastorales de 1604-1605, de l'ancien Evêché de Genève.
VI
REQUÊTE DES PAROISSIENS DE DOMANCY
SOLLICITANT LA CONFIRMATION DU VŒU FAIT EN 1596 DE CHOMER PLUSIEURS FÊTES
ET APPROBATION DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
18 décembre 1604
(INÉDIT)
L'an mil cinq centz nonante six, et le seiziesme d'aoust, jour de Dimenche, estant au cimistiere de Domansier, a l'issue de la Grande Messe, estant le peuple illec congregé, ont comparuet pardevant moy, notaire soubsigné, et les tesmoingtz soubnommés :
Honnorable Mermet Humbert, moderne scindique de ladicte parroesse,... [78] tous parrochiens de Domansier, lesquelz ont dictz et declairé que, suyvant la devotion prinse pa.r leurs predecesseurs de tenir et solemnizer apperpetuité les festes suyvantes :
Premierement, la solemnité et feste de sainct Bastian, sainct Anthoenne, le Vendredy Sainct, la Saincte Croix, troysiesme may, sainct Theodollouz (Théodule) , sainct Roch et sainct Gras ; et parce que la Saincte Croix, quattorziesme septembre, est jour de foere Sainct Gerveys, laquelle ilz ne peuvent solemnizer a cause de ladicte foere, ilz ont transmué ladicte feste au jour et feste de Nostre Dame d'aoust. Et lesquelles festes, tous les susnommés et leurs successeurs en ladicte parroesse et parochiens, serment faict main levee, ont promis et par ces presentes promectent a Dieu leur Createur et nostre Mere saincte Eglise, icelles solemnizer et tenir aperpetuité, eulx abstenir de faire aulcune œuvre mecanicque, tant riere ladicte parroesse que dehors, ny moins permettre estre faict par aulcuns habitantz ou censiers estant dans ladicte parroesse ; et c'est a peyne aux contrevenantz, par chescune fois, de cinq florins applicables a la reparation de l'eglise de ladicte parroesse, et en oultre, porter la Dimenche secutive, au devant de la croix, en la procession, une chandoille en signe d'amende honnorable a Dieu.
Priant, avec tous les susnommés, Monsr le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve touttes lesdictes festes les leur volloir reconfirmer, et leur donner plain pouvoir de faire chastier. tous les contrevenantz par tous voies de justice dheues et raisonnables [79].
Des quelles choses sus escriptes, ledict Mauris Humbert, scindic moderne, au nom de toutte la comunaulté a demandé a moy, notaire soubsigné, leur en conceder un acte pour eulx en servir en temps et lieux requis: ce que leur ay accordé.
Faict et passé a Domansier, au cimistiere dudict lieu.
Signé : GEORGE GERDIL, notaire.
APPROBATION DU VŒU (EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux à qui parviendront les présentes, salut dans le Seigneur.
Nous faisons savoir qu'après avoir vu l'acte écrit ci-dessus, reçu et signé le 16 août 1596 par l'honorable notaire du Gerdil, et après avoir examiné avec grand soin tout ce qui y est contenu, Nous l'avons confirmé, approuvé et ratifié et tout ce qu'il renferme, comme Nous le confirmons et approuvons par la teneur des présentes. Nous conferons à cet acte toute inviolabilité et force nécessaires, Nous suppléons à tous défauts de droit et de fait qui s'y seraient glissés, et déclarons qu'il faudra célébrer les fêtes indiquées aux jours assignés. Bien plus, Nous avons remis et transporté la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix de septembre, à la fête de la [Nativité [80]] de la Bienheureuse Marie, fixée au 8 septembre de
toute année, et Nous déclarons que les paroissiens de Saint-André de [Domancy [81]], mandement de Sallanches, devront la célébrer ce jour-là, s'ils veulent éviter la peine contenue dans l'acte écrit ci-dessus.
En foi de quoi Nous avons signé de Notre main et avons fait signer Notre secrétaire [82], et apposer le sceau ordinaire de Notre Evêché.
Donné à Annecy, le 18 décembre 1604.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1602-1607, de l'ancien Evêché de Genève.
VII
INDULGENCES ACCORDEES AUX MEMBRES DE L'ARCHICONFRERIE
DU CORDON DE SAINT-FRANÇOIS
[1605 [83] ?]
(INÉDIT)
Les confreres prestres, portans le cordon sur eux, celebrans la Messe de l'Immaculee Conception qui se commence Egredimini, et les autres confreres en l'oyant, gaignent Indulgence pleniere.
Item, disans l'Office de la Conception qui se commence : Sicut lilium, ou bien y assistans, Indulgence pleniere.
Visitans es jours de saint François et des Saintz de son Ordre les eglises des Religieux d'iceluy, Indulgence pleniere.
Recitans 15 Pater et 15 Ave pour ceux qui sont en peché, Indulgence de la troisiesme partie de leurs pechés, et la peuvent gaigner pour les defunctz.
Accompagnans le Saint Sacrement lhors quil est porté aux malades, Indulgence de 100 jours.
Pacifians les inimitiés ou accompagnans les cors des confreres decedés a la sepulture, 100 jours d'Indulgence.
Se treuvans a la procession du Cordon le 3. Dimanche du mors : pour les confreres, Indulgence pleniere; pour les autres, 100 ans d'Indulgence.
Disans un Pater noster et par apres invoquant le nom de JESUS, trois mille ans d'Indulgence.
En fin, visitans l'autel Saint François et disant devant iceluy six Pater et six Ave Maria en la façon portee au 2e article, gaignent autant Indulgences que silz visitoyent personnellement l'eglise Sainte Marie des Anges en Assise, les eglises de Rome, de Hierusalem et de saint Jaques de Galices, et tout le long du Caresme les Indulgences et stations de Rome.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
VIII
APPROBATION DE L'ETABLISSEMENT DE LA CONFRERIE
DU SAINT ROSAIRE AU PETIT-BORNAND
14 juin 1606
Nous, FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve :
Attendu que l'institution de la Confrairie du saint Rosaire tourne a la plus grande gloire de Dieu et porte de grans fruitz de pieté au milieu du peuple qui Nous est confié [84], appreuvons de Nostre authorité celle qui a esté establie dans l'eglise de Sainte Marie du Petit Bornand par le R. P. François Sebastien de Maurienne, de l'Ordre de Saint François, des Capucins (L3, note 105).
Annessi, le 14 juin 1606.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé en l'église du Petit-Bornand (Haute-Savoie).
IX
REQUÊTE DE M. AUBERT DARAND
AU SUJET D'UNE CHAPELLE DE L'ÉGLISE PAROISSIALE DE SAINT-FÉLIX
ET DÉCRET DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
2 juillet 1606
(INÉDIT)
A Monseigneur l'Illustre et Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplie humblement Me Aubert Darand, de la parroisse de S.Felix, disant que par ses predecesseurs, desquelz il a droict, auroit esté fondee une chappelle en ladicte parroisse, souz le vocable de Nostre Dame de Consolation [et] de S. Anthoine ; pour le service de laquelle ledict suppliant auroit presenté pour recteur, dernierement, Mre Pierre Gros, de Rumilly, lors vicaire dudict St Felix, et a present curé de Lullin en Chablais [85], lequel Gros, pour son absence, ne faict ny faict faire aucun service en ladicte chappelle, et, par ce moien, l'intention et subside desdictz feu fondateurs et suppliant se treuve defraudee.
Qui a causé ledict suppliant comparoir par devant vous, en ce lieu de La Biolle, ce jourdhuy, 2 du present mois de julliet, vous remonstrant le deffaut dudict service et vous requerant que ladicte chappelle soit perpetuellement servie par le sieur curé dudict St Felix [86] ou son vicaire, sans que jamais autre recteur y puisse ny doibje estre que ledict curé ou sondict vicaire….Sauf que ledict suppliant se reserve le droict fondataire, c'est a dire, estre procedé ladicte chappelle de leur maison ; voulant et requerant que la fondation, tiltres et documents, rentes foncieres et autres dependantz de ladicte chappelle soient et appartiennent audict curé, pour le service quil [y] fera, selon que par vous, sur ce, sera ordonné. Et par ce que ladicte chappelle est sans ornements .et mal propre, tant la voute que murallie, et encores le toict mal couvert, supplie de plus ledict Me Aubert Darand vous plaise, mondict Seigneur, luy decerner lettres pour saizir tous les revenus et arrerages dependants de ladicte chappelle, pour iceux estre appliquez tant au divin service que reparation decente, et, pour cest effect, commettre tel quil vous plaira pour iceux estre emploié selon quil est requis et supplié; et autrement, luy prouvoir comme de raison. Et ferez bien.
DARAND, suppliant.
[87] Nous avons accordé et accordons la requeste selon la forme et teneur quant a son premier chef, sauf les droitz et usufruitz du recteur moderne [88], lequel soit appellé pour respondre au second chef ; luy enjoignans neanmoins de rendre les devoirs qu'il est obligé rendre au service de ladite chapelle, a peyne de privation si dans six semaines il ne fait apparoistre de sa diligence pour ce regard.
A La Biolle, le 2 julliet 1606, en la Visitation generale de Nostre diocaese.
FRANÇS, E. de Geneve.
[89] FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, a tous prebstres, clercz, tonsurés, sergent (sic) et officiers de Nostre diocese, salut.
Nous vous mandons et commandons par ces presentes, que suyvant Nostre decret mis au bas de la requeste cy joincte, a Nous presentee ce jourdhuy par Me Aubert Daran, et, a sa requeste, adjournons en personne a domicile venerable messire Gros, partie supplié, a comparoir Annessy par devant nostre Official, a jour certain et competent, dont requis seres, duquel Nous certifions, pour respondre et defendre au second chiefz de ladite requeste. Et ce pendant, faictes injonction audict Gros de fere les debvoirs deubtz a ladicte chappelle, a peyne de privation; le tout a forme de Nostre decret.
Donnee a La Biolle, visitant ladicte panoche, ce second julliet mil six centz et six.
DECOMBA.
Revu sur l'Autographe conservé au presbytère de Saint-Félix (Savoie).
X
REQUÊTE DE M. NICOLAS CLERC, CURÉ DE SAINT-FÉLIX
AU SUJET DE DIFFÉRENDS SURVENUS AVEC SES PAROISSIENS
POUR LES SÉPULTURES ET L'ENTRETIEN DES CORDES DES CLOCHES
ET DÉCRET DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
2 juillet 1606
(INÉDIT)
Monseigneur Illustrissime et Reverendissime Evesque et Prince de Geneve,
Expose en toute humilité R. Mre Nicolas Clerc, prestre, Protonotaire apostolique et Curé de St Felix [90] : comme le 21 du passé, a vostre visite faite de la paroisse de St Felix [91], il vous auroit remonstré comme plusieurs, sans droict ni authorité, se sont fait enterrer, sepulturer dans l'eglise dudit St Felix sans vouloir contribuer pour la reparation de l'eglise ; ce qui cause souvent des querelles. Laquelle remonstrance, par la multiplicité d'autres affaires, demeura irresolue; pour a quoy remedier, vous plaise ordonner comme l'on se devra regler, tant des sepultures desja cy devant sans droict faites, comme celles du temps a advenir.
Expose encores le Rev. Curé: comme par cy devant les paroissiens et luy ont esté en conteste de faire des cordes aux cloches, disant lesdits paroissiens n'y estre tenus, et au contraire le Curé remonstroit que les cloches ne sont faites pour luy, mais pour appeller les paroissiens a leur devoir ; et que mesme ils ont fait et sont tenus maintenir non seulement les cloches, mais le clocher: qui fait paroistre y avoir lieu a la fourniture et maintenance des cordes, comme dependances du clocher. A quoy ledit exposant requiert ordonnance et reglement pour bien de paix.
[92]Les parroissiens assemblés en leur Conseil conviendront et exhiberont un roolle au sieur Curé de ceux qui ont leur place d'ensevelissement dans l'eglise, lesquelz seront tenus et obligés maintenir l'endroit de leur ensevelissement [et] plancher ; et diront les susditz parroissiens, si bon leur semble, la somme d'argent a quoy devront estre cotisés ceux qui voudront avoir l'ensevelissement dans l'eglise et qu'ilz seront tenus payer pour l'entretien d'icelle.
Et pour le regard des cordes des cloches, est enjoint aux parroissiens de les maintenir et entretenir. Autre chose n'apparoist, sauf a eux de faire appeller les particuliers qui pourroyent estre redevables de ce faire, si aucun y en a.
A La Biolle, le 2 juillet 1606.
FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur une copie conservée au presbytère de Saint-Félix (Savoie).
XI
CONFIRMATION DE LA FONDATION DUNE PLEBANIE A FLUMET
23 juillet 1606
(INÉDIT – EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
Nous avons vu l'acte écrit ci-dessus de la fondation, donation et augmentation faite par noble Guillaume de Riddes, seigneur des Jalliets, principal auteur de cette fondation, et les nobles François et Jean-François de Riddes [93], frères du dit Guillaume. Et comme cette fondation, dotation, donation et augmentation [94] tend à un grand accroissement de la gloire de Dieu et du salut du peuple, Nous l'avons jugée digne, non seulement d'approbation, mais, autant que Nous le pouvions, de louange, de félicitation et de confirmation. Par le présent décret, Nous la confirmons et l'homologuons, sur la demande des nobles frères fondateurs et augmenta teurs, à cause d'un don aussi remarquable, qui est un témoignage de leur piété et de leur dévoûment envers la religion catholique et le culte divin, souhaitant et demandant pour eux, selon les promesses du Christ, le centuple en ce monde et la vie éternelle dans 1'autre (Mt 19,29 ; Mc 10,30).
En foi de quoi Nous avons signé les présentes, et avons ordonné qu'elles fussent munies du sceau de NotreEvêché et du Nôtre.
Donné à Flumet, le 23e jour du mois de juillet, l'an du Seigneur 1606, pendant la Visite générale de Notre diocèse.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur une copie conservée à la Visitation d'Annecy.
XII
PROCÈS-VERBAL DE LA CONSÉCRATION D'UN AUTEL DE L'ÉGLISE D'ALLINGES
ET INDULGENCES ACCORDÉES A CETTE OCCASION
15 septembre 1606 [95]
(INÉDIT – EN LATIN)
L'an 1606, le 15 septembre, je, FRANÇOIS DE SALES, Evêque de Genève, ai consacré cet autel en l'honneur de la Bienheureuse Vierge Marie et de saint Claude, et j'y ai renfermé des reliques des quarante mille Martyrs [96]. A tous les chrétiens qui l'ont visité, j'ai accordé aujourd'hui un an de vraie Indulgence, et quarante jours à ceux qui le visiteront le jour anniversaire de sa consécration.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe conservé au presbytère d'Allinges (Haute-Savoie).
XIII
REQUÊTE DE M. PIERRE VALLET, CURÉ DE VACHERESSE TOUCHANT UNE QUÊTE
ET DÉCRET DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
20 septembre 1606
Monseigneur l'Evesque et Prince de Geneve,
Expose a Vostre Illustre et Reverendissime Seigneurie messire Pierre Vallet, curé de Vacheresse [97], disant que toutes les annees, le jour de Dimanche des Rameaux, les parroissiens dudict Vacheresse ont devotion faire offrande de formage a Dieu et a sainct Anthoine en l'eglise parroissiale dudict Vaeheresse, a heure de Vespres; la ou se trouve un prebstre, de la part de sainct Anthoine, pour retirer la part de l'offrande, apres que le curé a prins et levé une grande pieee de formage pour soy et une pour le recteur de la chapelle Nostre Dame fondee en ladicte esglise [98], et une que le maniglier tire pour sa part, a forme des coustumes anciennement observees. Dequoy le messager et questant faict quelque peu de difficulté, sur l'opinion de certains offrantz ordinaires et quelques particulliers, lesquels, plustost pour envie qu'aultre devotion, ne voudroyent observer lesdictes coustumes, nonobstant que la pluspart des bons parroissiens le veulent ; qu'est cause d'un grand bruict et clameur dans ladicte esglise (chose malsonnante au peuple), voulant distribuer l'offrande a leur playsir, sans avoir esgard auxdictes coustumes que ledict questant voudroit plus particullierement observer qu'iceulx ….Et a cause dudict bruict et clameur du peuple, iceulx suppliant et questant sont aucunes foys contrainctz leur quicter l'esglise et oblation... L'annee passee ledict questant, nonobstant leur cri, fut d'accord qu'a forme des coustumes, ledict suppliant prist et levast comme dessus, et du reste la troysiesme partye, comme se verra par une quictance qu'il en fit, signee Pasqual.
Ce consideré, playse a Vostre Reverendissime Seigneurie ordonner qu'appres l'oblation faicte, lesdicts offrantz ordinaires ny aultres parroissiens n'ayent nullement a s'en mesler la voulloir distribuer, sur telle peyne qu'il playra a Vostre Seigneurie leur imposer; et que lesdicts suppliant et questant soyent tenus tirer paysiblement chascun sa rate, ensuyvant la quictance susmentionnee... et sur ce, luy impartir de vos faveurs. Et il priera Dieu pour la longue et heureuse vie et felicité de Vostre Reverendissime Seigneurie, que Dieu preserve.
Nous avons inhibé et inhibons aux laïcz n'entreprendre sur le despartement et distribution des offrandes lesquelles auront esté offertes et dediees a Dieu, et ordonnons aux sieurs Curé et commis de saint Anthoine de continuer en leurs coustumes anciennes pour ce regard.
Fait en Abondance, le XX septembre 1606.
FRANçs, E. de Geneve.
XIV
REQUÊTE DE M. PIERRE GROS, CURÉ DE LULLIN
TOUCHANT L'EXACTION DE DÉCIMES ET DÉCRET ÉPISCOPAL
27 octobre 1607
(INÉDIT)
A Monseigneur.
Supplie humblement vostre devot orateur Mre Pierre Gros, prebstre, curé de Lullin [99], disant que les exacteurs des decimes ecclesiasticques de vostre Eveché l'auroyent interpellé pour le payement de quattre vingtz florins esquelz se treuve estre tiré sadicte cure. Mais parce qu'ell'est despendante du prieuré de Bellevaux (L2, note 301), qui appertient aux Religieux d'Esnay, de Lyon [100] , et son revenu comprins a celluy du prieuré qu'est desja cottizé es dictes decimes, n'ayant le suppliant aultre sinon une simple pension de vicayre perpetuel, qui n'arrive encor a sa congrue portion deüe de droict, laquelle, ores qu'elle doive être intacte, sans charge, encor le suppliant la dispute et est en proces, tant avec le sieur Rme Abbé d'Aulx [101], que lesdicts Religieulx d'Esnay. Tellement que ledict suppliant demeurerayt surchargé, sans moyen pour deservir a ladicte cure ; et de mesme l'on percevroit la decime de ladicte cure, laquelle est comprinse dans le revenu dudict prieuré de Bellevaux, sil se treuvoit subject au payement de ladicte decime contre la disposition du droict. . .
Ce consideré, Monseigneur, et que ladicte cure est despendante dudict prieuré de Bellevaux, vous playse declayrer que ledict suppliant sera distraict et rayé des cottizés pour lesdictes decimes, et qu'inhibitions soyent faictes aux exacteurs de proceder a aulcune. execution en son prejudice, saltem (au moins) par provision, jusqu'autrement soyt cogneu. Si feres bien. Imp. humb. v. off. [102]
[103] Sera sursoyé a l'exaction dont est question, jusques a ce que Nous ayons conferé avec Nos deputés sur les raysons du suppliant.
A Villy, le XXVII octobre 1607.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. le comte de Reiset, à Breuil-Benoit (Eure).
XV
ORDONNANCE ACCORDANT UN SUPPLÉMENT A LA PORTION CONGRUE
DU CURÉ DE VERSONNEX
22 janvier 1608
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve.
A tous qu'appartiendra, sçavoir faisons, qu'en suite de la visite par Nous faitte de la parrochiale de Versonnex du vingt sixiesme novembre mil six cens et cinq, sur la remonstrance que Nous auroit esté faitte pour lhors par Mre Jean Delavenay, moderne Curé dudit Versonnex [104], du peu de revenu qu'il y a en laditte cure, requerant avec toute humilité luy vouloir assigner portion congrue aux fins d'avoir moyen de s'entretenir honnestement et de faire ce qui est de sa charge :
Apres Nous estre informé diligemment de tout ce qui en pourroit estre, tant des parroissiens dudit lieu qu'autres qui en pouvoyent sçavoir quelque chose, ayant treuvé le revenu de laditte cure ne pouvoir valoir par communes annees, pour consister en terrage, plus de dix huit couppes de blé, moytié froment, moytié seigle, mesure de Rumilly, et d'une sommee de vin, tous les dismes de laditte parrochialle tant du blé que du vin estans possedés et perceus par le sieur Prieur de Bonneguette [105] : Le tout meurement consideré, avons ordonné et ordonnons, qu'outre ce qui est du terrage de laditte cure, le sieur Curé present et ses successeurs en laditte cure prendront et percevront annuellement, sur les dismes de laditte parroisse appartenant audit seigneur Prieur de Bonneguette, la quantité de vingt cinq couppes de blé, moytié froment, moytié seigle, mesure de Rumilly, et quattre sommees de vin, mesme mesure ; et c'est pour complement de la portion congrue demandee par ledit sieur Curé, et pour laquelle avoir il auroit tiré en instance ledit seigneur Prieur de Bonneguette.
Et attendu que par le saint Concile de Trente (Sess 24, de Reform. ch 13) il est ordonné et establi que telles portions congrues s'assigneront en fons, avons ordonné et ordonnons que tant lesditz seigneur Prieur que Curé modernes conviendront de prudhommes et d'expertz dans six moys, pour prendre desditz dismes, tant en blé qu'en vin, qui puisse rendre par communes annees vingt cinq couppes de blé, moytié froment, moytié seigle, mesure que dessus, et quattre sommees de vin ; qui seront desunis dudit prieuré et unis a la parrochiale de Versonnex pour le supplement de la portion congrue par Nous sus adjugé ; condamnant en outre ledit seigneur Prieur de delivrer pour l'entretien du sieur Curé, pour la presente annee, a commencer des le jour et feste de saint Jean Baptiste mil six cens et sept, laditte quantité de vingt cinq couppes de blé, moytié froment, moytié seigle, mesure que dessus, et quattre sommees de vin..
Et sera le tout enregistré, pour y avoir recours en tems et lieu.
Annessi, ce vingt deux janvier mil six cents et huit.
[106] FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur le texte inséré dans le Registre des Visites pastorales de 1604-1605, de l'ancien Evêché de Genève.
.XVI
ORDONNANCE CONCERNANT L EGLISE DE RUMILLY
Fin février-mars 1608 [107]
(INÉDIT)
Sur les defautz par Nous observés tant en l'Office qu'autres choses concernans l'eglise de Rumilly :
Nous avons ordonné que le revenu d'icelle eglise, qui despend de la communauté ecclesiastique surnommee des Altariens (L6, note 632), sera employé dores-en avant en distributions quotidiennes, et selon le roolle ci joint signé de Nostre main ; en sorte neanmoins que les florins seront reduitz a certaine quantité de solz, telle quil sera requis pour sauver sur ledit revenu les charges ordinaires quil faut supporter.
Et a cet effect, sera deputé un normator qui prestera serment entre les mains du sieur Curé, et en la presence neanmoins des autres de ladite communauté, de bien et justement marquer les presens.
Mais a cause que les tiltres et biens dependans desdits Altariens se sont esgarés ci devant par le mauvais mesnage desditz Altariens, Nous avons ordonné ausditz Altariens de faire dans tout ce moys un inventaire, en bonne, deüe et probante forme, de tous les tiltres quilz ont a present et de tous les biens quilz possedent, avec les confins d'iceux entant quilz seroyent fonciers, et avec toutes les specifications requises entant quilz seroyent d'autre nature. Et d'iceluy inventaire faire une copie authentique pour estre remise au greffe de Nostr'Evesché; avec permission aux nobles sieurs scindiques de la presente ville [108] d'en faire faire une troysiesme copie, si bon leur semble, pour estre remise es archives de la ville.
Et pour le regard des biens ci devant mal alienés, Nous enjoignons a la communauté desditz Altariens de prendre dans la quinzaine un monitoire, pour iceluy faire publier aux fins de revelation des alienations ci devant faites, pour, selon icelles revelations, lesquelles Nous seront rapportees, estre par Nous prouveu par rayson.
Si enjoignons, tant au sieur Prieur que sieur Curé [109] et ausdits Altariens, de faire promptement reparer le couvert et autres bastimens d'iceluy, qui sont sur le cœur (sic) et sancta sanctorum, y conferans un chacun d'iceux.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
XVII
ASSIGNATION DE PORTION CONGRUE
AUX CURÉS DE CRAZ ET DE SURJOUX EN MICHAILLE [110]
5 décembre 1608
Nous, dict FRANÇOIS DE SALES, etc., suivant le pouvoir a Nous donné par icelles parties, avons dict, sententié et pour bien de paix arbitré :
Tant que touche l'annee mil six centz et sept, que tout ce qui est accoustumé percepvoir par ledict seigneur chamarier [111] rierre lesdites parroches de Surjouz et Craz a rayson de son office, appertiendra et demeurera ausdictz Curés de Craz et Surjouz [112] pour ladicte annee seulement. Et pour le regard de la prise de l'annee mil six centz et huict et sequutives a l'advenir, avons dict et ordonné que le tout sera partagé en trois parties, la troisiesme partie desquelles avons unys (sic) et unissons a leurs dictes par rochiales de Surjouz et Cra ; et ce faisant,dict et ordonné qu'icelle troisiesme partie sera et appertiendra ausdictz Curés de Surjouz et Cra, chacun rierre sa parroche respectivement, pour toutte la portion congrue par eulz pretendue contre ledict seigneur chamarier de Nantua, sans aucuns despens entre lesdictes parties, et saufz ausdictz Curés de Surjouz et Cra de pouvoir poursuivre plus ample portion congrue contre tous autres ecclesiastiques ainsi et comme ilz verront a fere.
[113]…Et attendu que ledict Mre ]ehan Sermet n'auroit faict apparoir d'aucune procuration, mais procuré de rato, avons ordonné quil se fera advouer dans la huictaine precizement, a peyne de tous despens, dommages et interestz.
Pronuncé a Nicy, ………….[5 décembre 1608].
Revu sur le texte inséré dans le Registre des Visites pastorales de 1604-1605, de l'ancien Evêché de Genève.
XVIII
ORDONNANCES TOUCHANT LE SERVICE DE L'ÉGLISE DE RUMILLY DÛ
PAR LES ALTARIENS
11 mai 1609
(MINUTE INÉDITE)
De 1'onziesme mai 1609.
Ayant comparu par devant Nous les R. sieurs Prieur et Curé de l'eglise de Rumilly d'une part [114], et les venerables Altariens d'icelle [115], pour estre reglés sur les Offices et services deuz par la communauté desdits Altariens en ladite eglise, Nous avons ordonné ainsy qu'il s'ensuit :
Premierement, que tout le revenu d'icell'eglise qui depend de la communauté ecclesiastique surnommee des Altariens sera partagee (sic) doresenavant en deux partz egales : desquelles, l'une sera appliquee en prebendes egales qui seront distribuees a un chacun des ecclesiastiques desquelz ladite communauté est composee, et l'autre part sera appliquee en distributions quotidiennes.
Secondement, que pour gaigner la prebende, un chacun desdits Altariens sera tenu de celebrer ou faire celebrer les Messes quotidiennes, chacun en son rang et a son tour ; et en cas qu'aucun d'iceux manque a ce devoir, sera privé, pour chasque fois quil laissera de dire la Messe deue, de trois solz ; et laissant de dire les Messes de toute la semaine, par soy mesme ou par autruy, sera privé de tout le quartier de ladite praebende.
A chasqueVespres.............................................. ……………………………………………3 solz
A chasque Mattines des festes solemnelles, en nombre de 16..........................………………...4 solz
Aux Grandes Messes solemnelles. . . . . . . . . . . . . ……………………………………………..4 solz
Pour ceux qui assisteront et respondront les deux Messes anniversaires……………………….3 solz
Les Altariens sont obligés de faire leurs semaines des deux Messes : l'une matiniere, et l'autre seconde ; au mercredi et samedi, qu'ilz disent les Messes anniversaires, elles suppleent a la seconde. Mais les sieurs Prieur et Curé ne sont point obligés de faire leurs semaines, sinon pour la Messe matiniere ; comm'aussi lesdits Altariens ne sont point obligés d'assister aux Grandes Messes quotidiennes ni a celles des festes, hormis a celles des festes solemnelles [116].
Item, sont obligés lesdits Altariens d'assister aux Vespres quotidiennes, a peyne de perdre leurs distributions.
Feront un procureur et normator qui prestera serment es mains des sieurs Prieur et Curé.
Faire trois clefz : une pour le Prieur, la 2e pour le Curé et la 3e pour celuy qui sera nommé par les Altariens.
M. le Curé doit 5 croysons et M. le Sacristain [117] 3 ducatons; et moy un gobelet d'argent que M. de Renex [118] a donné, et une galere, avec d'autres pieces rompues, d'argent, de M. de Vignod [119].
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
XIX
ASSIGNATION DE PORTION CONGRUE
A M. GUILLAUME COUDURIER, CURÉ DE FEIGÈRES
4 juin 1609
(INÉDIT)
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolicque Evesque et Prince [de Genève [120]], a tous ceulx qui ces presentes verront, salut.
Sçavoir faisons que messire Guilliaulme Coudurier, prebstre, Curé de la parroisse de Sainct Lazare du lieu de Feigieres, au balliage de Ternier [121], se serait presenté ce jourdhuy, quattriesme jour de juing mil six centz et neufz, par devant Nous, en Nostre palaix, lieu de Nostre accoustumee residence en la ville de Nicy [122] ; lequel auroit presenté requeste tendant a ce que portion congrue luy fust assigné, et ce faisant, qu'il Nous pleut d'ordonné que Reverend messire Janus des Osches, prebstre, Sacristain et chanoienne de l'eglise Collegiate de ceste vilie de Nicy, en qualité de Curé de l'eglise parrochiale de Sainct Jullien audict balliage de Ternier (note 50), serait tenu et contrainct relascher une corne du dixme qu'il prend et perçoipt riere la parroisse de Feigieres, attendu quil n'a portion congrue.
A quoy serait esté replicqué par ledict sieur des Osches, present Curé dudict Sainct Jullien, que ledict messire Guilliaulme Coudurier dudict Feygieres, au contraire, avait plus que pourtion congrue, puisque il avait possedé ladicte cure de Feigieres par l'espace de huict annees sans avoir jamais demandé ladicte portion congrue ny le dixme quil demande a present, a feu Mre Scipion Machet, jadis Curé dudict Sainct Jullien [123]. Et en tout evenement, quand il y faudroit portion congrue, il la doibt demandé aux RRds Peres Chastreux de Pomier [124] qui retirent plusieurs dixmes et aultres revenus riere la parroisse de Feigieres.
Et appres plusieurs replicques faictes d'un cousté et d'aultre, Nous aurions, pour bien de paix, dict et ordonné que ledict Sr des Oches, Curé de Sainct Jullien, et ses successeurs en ladicte cure, paieront annuellement, a chescune feste de sainct André, au Curé dudict Feigieres de present et a ses successeurs en ladicte cure, la quantité de cinq coppes de froment, mesure de Ternier. Et moyennant ce, lesdictz dixmes perceups par le sieur Curé dudict Sainct Jullien seront tousjours par luy perceus et possedés soub ladicte charge ; saufz que si par tempeste, bru]ement, gelees ou ventures notables, ou onnailles de guerre estoient perdus ou gastés passé la moitié, seroit faict rabbaix du degat sellon l'estimation qu'en seroit faicte par expers que seront pris et convenus par lesdictes parties. Et cas advenant que ledict sieur Curé de Sainct Jullien ou ses successeurs se trouvassent par troupt grevés de paier lesdictes cinq coppes, il leur sera loisible de relascher audict sieur Curé de Feigieres ou ses successeurs les dixmes que ledict curé de Sainct Jullien a accoustumé de prendre et percepvoir riere la parroisse de Feigieres ; et moyennant ce, demeurera quicte du paiement annuel d'icelles cinq coppes de froment.
Et laquelle Nostre ordonnance, l'ayant entendue, les parties ont acquiescé; ensuite dequoy avons dict et ordonné qu'elle sera registree aux Registres de Nostre Evesché pour y avoir recours en temps et lieu.
[125] FRANÇS, E. de Geneve.
J. DES OCHES G. COUDURIER.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1608-1611, de l'ancien Evêché de Genève.
XX
REQUÈTE DE MESSIEURS DE VALLON
DEMANDANT UNE CHAPELLE EN L'ÉGLISE DE SAMOËNS
ET DÉCRET DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
12 août 1609
A Monseigneur le Reverendissime Evesque de Geneve.
Supplient humblement les nobles François (sic) et Jaques de Vallon, freres [126], disantz que par diverses requestes ils auroient recouru a Vostre Rme Seigneurie aux fins d'avoir une chapelle dans l'esglise de Samoen, pour y faire le service divin et y eriger ung banc pour prier Dieu; et ce, en contre eschange d'une quils en avoient, fondee par leurs predecesseurs, laquelle plus n'est leur, pour la place estre employee au bastiment du chœur [127]….Sur leur derniere requeste fut mis decret portant commission addressee a Rd Jean Baptiste de Ronis [128], afin d'informer sur le contenu de ladicte requeste, de laquelle information vous auries receu proces verbal sur ce que l'on faict recourir a Vostre Rme Seigneurie.
Ce consideré, vous plaise leur donner l'une des chapelles estantz dans ladicte esglise, pour s'en servir comme sus est dict. Et ils prieront Dieu pour la conservation de Vostre Rme Seigneurie.
Apres avoir veu et consideré le proces verbal dressé par le sieur de Ronis, par Nous commis pour entendre la verité des choses exposees par les autres requestes a Nous ci de vant presentees par les sieurs supplians, et ayant esgard a icelles, assignons a iceux supplians la chapelle de Saint Laurent ; a la charge quilz la maintiendront, orneront et feront les autres incombences, selon les offres par eux faittes, et mesme celle de l'augmentation du revenu [129].
Si commettons le sieur Doyen du lieu [130] pour passer les contratz convenables avec les sieurs supplians en faveur de ladite chapelle, et iceux contratz rapporter par devers Nous pour estre homologués entant que de rayson.
A Necy, le XII aoust 1609.
FRANçs, E. de Geneve.
XXI
CONFIRMATION DE LA CONFRÉRIE DU SAINT-SACREMENT
ÉRIGÉE EN LA PAROISSE DE SAINT-FÉLIX
6 janvier 1610
(INÉDIT)
[131] FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve.
Nous publions et annonçons par les presentes, le Briefz Apostolique sus designé, et extraictz, confirmans, en vertu d'iceluy, la Confrairie erigee en l'eglise du grand Sainctz Felix en Genevois, laquelle il Nous appert avoir esté canoniquement instituee [132] ; et communicons, en faveurs des confreres d'icelle, tant presentz que futurs, toutes les Indulgences et graces sus escriptes.
Si declairons que la principale feste de leur Confrairie sera tousjours le Dimenche entre les Octaves de la Feste Dieu [133], et que les autres quattres festes moingz principale d'icelle seront les jours sacrez de Pentecoste, de l'Assumption de Nostre Dame, de Toussainctz et de Noel. Et quant a la procession de ladite Confrairie, elle se fera chasque mois au troisiesme Dimenche, sy en la mesme eglise se treuve erigee la Compagnie du Sainct Rosaire [134].
Nous exhortons en fin, au nom de Dieu, Nostre cher peuple de ladite parroisse de se rendre devot a ceste Confrairie, tant pour participer aux graces, Indulgences et benedictions Apostoliques concedees pour icelle, que pour tesmogner le zele quil a et doit havoir a ce tres divin, tres adorable et tres auguste Sacrement qui contient le Sauveur et Redempteur de noz ames, au quel soit honneur et gloire es siecles des siecles. A men.
Annessy, le jour de l'Epiphanie 1610.
FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur le texte inséré dans l'ancien Registre de la Confrérie du Saint-Sacrement, conservé au presbytère de Saint-Félix (Savoie).
XXII
PROCÈS-VERBAL DE LA CONSECRATION DUN MAITRE-AUTEL
ET INDULGENCES ACCORDÉES A CETTE OCCASION
22 février 1610
(EN LATIN)
L'an du Seigneur 1610, le 22 février, Nous avons consacré ce maître-autel en l'honneur de la Bienheureuse Vierge Marie et du Bienheureux Antoine [135] et Nous y avons enfermé des reliques du Bienheureux Antoine et du Bienheureux Théodule. A tous les chrétiens qui ont visité dévotement l'église le jour même de la consécration, Nous avons accordé un an entier d'Indulgence, et à ceux qui la visiteront le jour anniversaire de la dédicace, 40 jours. en la forme habituelle de l'Eglise.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
XXIII
ASSIGNATION DE DIMES POUR L'ENTRETlEN DU CURÉ DE THONEX
13 mai 1610
(INÉDIT)
Nous avons assigné les dixmes de Loysin, les charges accoustumees destraittes, pour l'entretenement du sieur Curé de Thonnex [136], jusques a ce qu'autrement soit par Nous prouveu audit entretenement.
A Necy, le XIII may 1610.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe inséré dans le Registre des Visites pastorales de Mgr J.-F. de Sales, 1630-1636, conservé aux Archives départementales de la Haute-Savoie, Série G.
XXIV
REQUÊTE DE M. NICOLAS PERROLAZ
TOUCHANT L'ÉRECTION D'UN ORATOIRE A VORSIERS PAROISSE DE SALLANCHES
ET COMMISSION DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
31 août 1610
(INÉDIT)
A Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Genesve, ou le sieur son Official [137].
Supplie treshumblement discret Nyoolas, clerc, filz d'honnorable Guilliame Perroulaz, du lieu des Vorsiers, parroesse et bourgeois de SalIanche :
Disant comme en l'annee 1598 le supplient se trouva malladieux d'une grave maladie et lointaine, que quoy lhors il fust jeusne d'aage, inspiré du Saint Esprit, tant pour l'allegement en sa malladie que fere continuel service a Dieu, pour estre sitoys en lieu solitaire, loing de l'esglise parroissiale de Sallanche, subject a passer revieres impetueuses, du temps d'esté descendantes des hautes montagnes, et d'yver de longue traicte parmy les bois subject aux bestes feroces et aux incommodités des neges : en consideration dequoy, icelluy Nycolas Perroulaz, inspiré comme dessus, fit veu a Dieu et a sa tressacree Mere, luy fasse la grace pouvoir retorner en convallecence, en promectant au mesme moien de fere bastir, a [sa] requeste et de sondict pere, une chappelle, a la premiere commodité et faculté des dictz Perroulaz [138] : et ce, aupres du villaige des Vorsiers, au cuyng dudict villaige, pres touttesfois le chemyn public que proche des le quartier de Maglans, contre la ville de Sallanche, au long de la reviere d'Arve.
Joinct aussy, fut inspiré davantaige ung jour quilz faisoient travaillier quelque muraillie en pierres en reparation de bastiment,. leurs massons trouvarent, comme leur sembla, au mylieu d'une pierre fendue avec le marteau du masson, une image de Nostre Dame engravee en ladicte pierre ; laquelle pierre, pour la reverence de la Virge (sic) Marie, on conserve [139].
Et de suyte lesdictz pere et filz ont faict bastir au lieu proposé ladicte chapelle, de la longueur et largeur de douzes piedz, de l'haulteur de douzes piedz, faicte a murallie, couverte a tavallions, ayant une porte ou trillie au devant, ferree. Ny reste que de fere dresser l'hautel pour y fere cellebrer le divin service en l'honneur de Dieu et devant le tableau, tiré au vifz sur thoille, des images et portraictz de la Tressaincte Trinité, de la Virge Marie ayant son petit Jesus aux bras, et encoures de la glorieuse Virge Marie, institué en forme comme elle estoit a l'heure que l'Ange Gabriel luy vient annoncer la conception de nostre Saulveur et Redempteur Jesuschrist, avec l'image dudict Ange Gabriel, messaigier du Sainct Esprit ; et encoures de l'image du sainct Crucifix et de monseigneur sainct Nycolas, parrent (parrain) dudict discret Nycolas Perroulaz ; le tout tiré Anyce (sic ; a Nice ?) l'annee derniere [140].
Et a telle devotion et consideration, mondict Seigneur le Reverandissime, vous plaise, pour lhonneur de Dieu, impartir et permettre il soit cellebré la saincte Messe devant les erigens et leurs voysins, a perpetuitté, par ung prebstre de Sallanche ou d'aultre parroissiale, estant premier fourny de tous ses habitz et pierre sacree ecclesiasticques necessaires [141] ; attendant Vostre Reverance, a sa premiere venue, pour icelle sacrer et benyr a son chemin pour quelque aultre respect. Quoy attandant, ne lairront lesdictz Guilliame Perroulaz et Nycolas son fils, et les leurs a l'advenir, obliger souffizamment au prebstre que prandra la peyne d'aller cellebrer la Messe des le lieu de Sallanche quattres fois l'annee, sçavoir : le troisiesme jour de Pentecostes et le troysiesme jour de Pasques, et de sainct Jean appres Noel, et le jour sainct Nicolas au mesme an, en fournissent audict prebstre que dira lesdictes Messes lesdictz jours, pour ses despens et peyne, pour checune foys ung florin ; et faisant dire de Messes davantage, pourveu qui ne porte aulcung prejudice au debvoir du divin service de la parroisse ou festes solempnes, sera peyé ung florin.
Et a ce effect sera ipothequé expressement une piece de terre de bonne valleur, size illec pres, et dans laquelle ladicte chappelle est bastie au cuyng : sçavoir, de la valleur de cent ducattons pour une foys, delaquelle sera possedé les fruictz .pour la securation annuelle desdictz quattre florins ou plus apperpetuitté ; en consideration que lesdictz pere et filz et les leurs en demeureront presenteurs du prebstre ou recteur que fera ledict office [142], et en passeront acte de fondation par main de notaire, auctantique et vallable.
En consideration dequoy vous plaise, mondict Seigneur, octroier la permission suppliee, et aultrement prouvoir sellon vostre accoustumee clemance et bontee, attandu quil s'agist d'augmenter la devotion et sinceres prieres envers nostre Saulveur et sa saincte Mere.
[143] Je supplie mondit Signour le Reverandissime,
N. PERROLAZ.
A u nom de Guilliame Perroulaz mon compere,
PERNAT.
[144] Nous commettons le sieur Prevost de l'eglise de Salanche [145] ,pour voir de la bienseance du lieu dont il est question et des autres particularités mentionnees en la requeste, pour, son advis receu, prouveoir ainsy que de rayson.
Le XXXI aoust 1610, a Neci.
FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
XXV
REQUÊTE DE M. PIERRE VALLET, CURÉ DE VACHERESSE,
DE SES PAROISSIENS ET DE CEUX DE BONNEVAUX ET CHEVENOZ
TOUCHANT L'ÉRECTION PROJETÉE DE DEUX ORATOIRES ET DÉCRET ÉPISCOPAL
22 juillet 1611
Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve,
Supplient humblement moy, Reverend messire Pierre Vallet, prebstre et curé de la parrochiale de Vacheresse (note 97), les habitantz dudict Vacheresse et parrochains, comme les parrochains de Bon nevaux et Chevenoz, disant qu'ilz tiennent et possedent deux montagnes, sçavoir : ceux de Vacheresse, la montagne appellee Ubene, et ceux de Bonnevaux et Chevenoz, autre montagne appellee Darbon ; ausquelles montagnes lesditz suppliantz sont en coustume et possession de faire conduire et reduire leur bestail toutes les annees a la feste de sainct Jean Baptiste jusques en hiver, pour despasquier [146], et y demeurent par l'espace de quattre a cinq moys ou environ. Ou estant reduit ledict bestail, il advient que quelques-fois il survient grande maladie et mortalité sur ledict bestail ; en sorte que lesdictz suppliantz auroyent recouru a monsieur sainct Garin et a la [clémence [147]] d'icelluy, d'ou ilz ont receu remede et secours.
Pendant lequel tems de quattre a cinq moys qu'ilz demeurent ausdictes montagnes pour garder leur bestail, ilz n'entendent Messe; ce que toutesfois ilz desireroyent de faire, comme bons catholiques sont tenus. Et pour faciliter leur intention et devote deliberation, voudroyent, par vostre permission et auctorité, bastir et construire ausdictes montagnes deux oratoires, sçavoir : en la montagne d'Ubene, un sous le vocable de Nostre Dame et de Sainct Ours; et en celle de Darbon, un autre sous le vocable de Sainct Jean Baptiste, Sainct Mauris et Sainct Martin ; ausquelz oratoires seroyent celebrees deux ou trois Messes par ledict curé de Vacheresse, ou autre de sa part, pendant ledict tems.
Qu'est la cause qu'ilz recourent a Vostre Rme Seigneurie, a ce qu'il plaise de permettre aux susnommés... de pouvoir bastir [ces] oratoires pour y estre celebré Messes [148], [etc.]
[149] Nous permettons l'erection des oratoires requis pour, par apres, estre en iceux celebrees les Messes, ainsy que le sieur Curé de Vacheresse verra estre a faire ; n'entendant qu'il soit obligé a la celebration d'icelles, ni a plus grande charge d'office pour l'erection desditz oratoires, esquelz se faysant des offrandes, appartiendront a iceluy Curé, ainsy que de droit [150].
A Neci, le XXII julliet 1611.
FRANÇs, E. de Geneve.
XXVI
PROCÈS-VERBAL DE LA CONSÉCRATION DU MAITRE-AUTEL
DE L'ÉGLISE DE MEINIER [151] ET INDULGENCES ACCORDÉES A CETTE OCCASION
11 octobre 1611
(EN LATIN)
Je, FRANÇOIS DE SALES, Evêque de Genève, ai consacré cet autel en l'honneur des saints Pierre et Paul, et j 'y ai renfermé des reliques des quarante mille Bienheureux Martyrs (note 96). A tous les chrétiens j'ai accordé aujourd'hui un an, et au jour anniversaire de la consécration, quarante jours de vraie Indulgence en la forme habituelle de l'Eglise.
Le 11 octobre 1611.[152]
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur une copie de l'original conservé au presbytère de Meinier (canton de Genève).
XXVII
APPROBATION D'UN ACCORD
PASSÉ ENTRE LE PRIEUR DES FEUILLANTS D'ABONDANCE
ET LE CURÉ DU LIEU, M. JEAN MOCCAND
19 octobre 1611
(INÉDIT)
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve.
Apres avoir oüy ceux quil estoit requis, et reconneu que le traitté d'accord ci joint, fait entre le R. P. Prieur d'Abondance [153] et le R. messire Jean Mocand, Curé du mesme lieu [154], estoit juste et equitable, et sans aucun praejudice ni dommage de l'eglise parrochiale [155], Nous l'avons appreu vé et appreuvons, voulans qu'il demeure ferme et invariable.
Fait a Viu en Sala, le XIX octobre 1611.
FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé dans les archives paroissiales de Casorzo (Piémont).
XXVIII
SUPPLIQUE DES HABITANTS DE MACHERINE
AU SUJET D'UNE CHAPELLE RÉCEMMENT ÉRIGÉE PAR EUX
ET DÉCRETS DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
24 mai 1612
(INÉDIT)
A Monseigneur le Risse Evesque et Prince de Geneve.
Supplient humblement les habitantz du village de Macherine, parroesse de Dousard, disant qu'y ayant au pres de leur village, lieu dict au Crestet, une place ou, par tradition, ceux du lieu ont tous jours entendu des plus vieulx qui le rapportoient aussy de leurs plus anciens, quil y avoit heu une esglise, mesmes quil y apparoissoit une grosse pierre qui estoit reputee avoir esté celle du grand autel ; qu'en temps des Rogations la procession de Douzard y vient tousjours fayre une station, et en temps de contagion l'on y a ensevely ceulx que en sont mort (sic) : sur ces considerations, ilz se sont mis en devoir d'y bastir une chappelle, en quoy faysant ilz ont treuvé les fondementz de la vieillie esglise, la separation du cœur et de la neufz (sic), ou il y avoit quattre fort grosses pierres mises deux a deux en esquarre et de distance comme pour l'entree au cœur, trouëes au dessus, ou estoient les fertz des treillies ; et loin de la, a cousté, pres des fondementz, ont treuvé des charbons, apportés, comme est a croyre, pour allumer le feu ou s'en servir a l'encensoir. Defaçon que, croyantz que ce lieu soit des si long temps desdié pour la devotion, ilz desirent l'y restablir et poursuyvre leur dessein, affin d'y fayre celerberer (sic) la saincte Messe, et prier Dieu pour les ames de ceulx quy sont ensevelis.
Et a ces fins, ilz supplient vostre Rme Seigneurie, quil luy playse commettre quelqu'un, tel quil luy playra, pour la benediction du lieu ; et cependant, jusques a ce que vostre commodité soit d'aller fayre consecration de l'autel, ilz supplient leur permettre l'usage d'un portatil, ou aultrement leur prouvoir plus pertinemment.
[156] Soit communiqué au sieur Curé de Douzar [157].
A Neci, le 24 may 1612.
FRANçs, E. de Geneve.
[158] Le Curé de Doussard n'empeche la benediction du lieu ny la celebration de la sainte Messe avecq J'autel portatilz au jour supplié.
Annessy, le 24e may 1612.
COSTERG, prebstre.
Nous commettons le seigneur Prevost de Nostre Eglise [159] pour faire la benediction du lieu sur ladite chapelle ; et cela fait, permettons que la Messe y soit celebree au jour porté par le consentement du [sieur] [160] Curé, reservans a Nous de prouvoir sur les services et celebrations qui se doivent exercer en ladite chapelle par ordinaire.
A Neci. le 24 may 1612.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé à Annecy, Archives historiques de l'Académie Florimontane, n° 783.
XXIX
CONCESSION D'INDULGENCE
POUR CHAQUE VISITE A LA CHAPELLE REBATIE PAR LES HABITANTS DE MACHERINE
11 août 1612
(INÉDIT – EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
Les habitants du village de Macherine, paroisse de Doussard, ayant pieusement restauré une chapelle autrefois détruite, sous le vocable de Saint-Roch [161], pour que le culte divin y soit désormais fréquemment célébré, Nous, dans Notre désir de favoriser leur dévotion, accordons, au nom du Seigneur, à tous ceux qui visiteront pieusement cette chapelle et y prieront pour la propagation de l'honneur divin, une Indulgence de quarante jours dans la forme habituelle de l'Eglise.
Annecy, 11 août 1612.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe conservé à Annecy, Archives historiques de l'Académie Florimontane, n° 783.
XXX
NOMINATION D'UN CURÉ A MAXILLY [162]
1er septembre 1612
(INÉDIT)
Nous avons ordonné, attendu le consentement du Rd Curé de Siez, que le Curé de Maxillier jouira des fruitz dudit consentement, selon sa formeet teneur. Et attendu la necessité quil y a de pourvoir presentement d'un curé audit Maxillier, a cause de la longue privation dont les habitans ont esté affligés, eu esgard a la bonté de vie, suffisance de science et autres louables qualités de messire Leonard Monnod, prestre natif d'Evian [163], Nous luy confions ladite cure, ordonnant que lettres luy en soyent expediees en bonne et deue forme, affin quil jouysse paysiblement dudit benefice et. des fruitzen dependans, et notamment de ceux qui sont portés par le consentement sus mentionné, en faysant par luy le service et incombances requis.
A Neci, le 1er septembre 1612.
FRANÇS, E. de .Geneve.
Revu sur une copie conservée à Turin, Archives de l'Etat.
XXXI
APPROBATION ET HOMOLOGATION
DES CONDITIONS FAITES ENTRE M.ET Mme DE BONIVARD ET LE CURÉ D'ALLINGES
POUR LA DOTATION D'UNE CHAPELLE FONDÉE PAR LES PREMIERS [164]
29 janvier 1613
(INÉDIT)
[165] FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, a tous ceux que ces presentes verront, salut.
Sçavoir faisons, aiant veu l'acte de cession, remission, conventions et promesses faictes entre messire Pierre Mojonier, Curé d'Allinges d'une part, et noble sieur Jeanloys de Bonnivard, gouverneur au fort des Allinges, et damoyselle Anne Mareschal de Duing sa femme (note 63 ; L8, note 400), du vingt huictiesme decembre mil six centz et neufz, receu et signé par Me Jean Soudan [166], avons icelluy et tout son contenu confirmé, appreuvé, emologué et authorisé, comme par ces presentes Nous confirmons, appreuvons, emologuons et authorisons ; et sur icelluy mis et apposé Nostre authorité judiciayre [167].
En foy dequoy avons signé les presentes, faict sceller du scel de Nostre Evesché et contresigner par le greffier d'icelle.
Donnee Annessy, le vingtneufviesme janvier seze centz et treze.
FRANÇs, E. de Geneve.
DE COLLONGES.
Revu sur l'original conservé en l'église d'Allinges (Haute-Savoie).
XXXII
SENTENCE AU SUJET D'UN DIFFÉREND
ENTRE LE CURÉ DES OLLlÈRES ET AVIERNOZ,
ET TROIS DE SES PAROISSIENS
27 juin 1613
Sur le different d'entre messire Joan Puget, prebstre, Curé des Ollieres et son annexe d'Aviernoz, demandeur en paiement de premice, et Pierre Crud, Anthoenne Vittet et Blays Delachinal, deffendeurs [168] :
Nous, FRANÇOIS DE SALES, Evesque et Prince de Geneve, appres avoer entendu les parties respectivement et consideré leurs demandes et defences, et que lesdictz deffendeurs sont demeurés d'accord et ont spontaneement confessé la coustume estre et avoer esté inviolablement observé riere les villages du Jourdil, les Costes et Pussye, dependantz dudict Aviemoz, que la premice se paye par les habitantz desditz trois villages en temps de moisson, sçavoer : une bonne gerbe froment, pour ceulx qui ont charrue, et des aultres qui n'en n'ont point une gerhe froment mediocre, a forme que paient tous les parrochiens desdictes Ollieres. Et quant aux deux villages d'Aviemoz et Le Vuaz, ledict sieur Curé perçoit de tous y habitantz et faisantz feu [169], sçavoer : un quart de froment, messure d'Annessy, de ceulx qui ont charrue entiere ; et pour ceulx qui n'ont que demy charrue, demy quart ; et de ceulx qui n'en ont point, une quarte : le tout, messure susdicte. Et lesquelles premices s'admodient de toute ancienneté avec les diesmes.
Avons, en suitte de telle coustume et possession inviolablement observee, ordonné et ordonnons : Que ledict Pierre Crud et Anthoenne Vittet continueront paier ladicte premice dont est question, a raison d'une gerbe mediocre, pour n'avoer lesdictz deffendeurs aulcongs bœufz quant a present ; conformement a ladicte coustume de tous temps observé esdictz villages des Costes, Pussye et Le Jourdil, comme ceulx desdietes Ollieres, ainsy que sus est dict. Et le tout, sans Nous arrester aux Visites prodhuittes la par lesdictz deffendeurs audict proces, heu esgard a l'Ordonnance sur ce rendue par le sieur Nostre Vicaire general, par Nous a ce delegué, en datte du vingtiesme aoust mil six centz et douze ; laquelle Ordonnance Nous avons approuvé, et de nouveau, entant que de besoeng, approuvons [170]. Et ordonnons que, sans s'arrester ausdictes Visites, tous les habitantz desdictz villages paieront la premice, suyvant ladicte ancienne coustume sans aulcune interruption observé jusque a ce jourdhuy; et que tel amendement sera apposé sur le Registre de Nous (sic) Visites par Nostre greffier [171], auquel est enjoinct de n'expedier cy appres aulcong extraiet, sinong a forme de Nostre presente Ordonnance et amendement.
Et entant que concerne ledict Blais de Lachinal, qu'est parrochien desdictes Ollieres, avons ordonné et ordonnons quil continuera le paiement de ladicte premice, comme font les aultres parochiens dudict lieu, sçavoer : aiant charrue, une bonne gerbe froment ; et ceulx qui n'en ont point, une gerbe froment mediocre, ainsy qu'est pourté par les Visites faictes en la parroesse desdictes Ollieres.
A laquelle sentence et Nostre presente Ordonnance les parties ont respectivement acquiescé ; despens entre les parties compensez.
Faict et prononcé au palais de Nostre residence ordinayre [172], Annessy, ce jour vingt septiesme juing mil six centz treze.
FRANçs, E. de Geneve.
THOMAS [173]. DES BOYS [174].
Revu sur le texte inséré dans le Registre des Visites pastorales de 1606 et 1610, conservé aux Archives départementales de la Haute-Savoie, Série G.
XXXIII
REQUÊTE DE M. GUILLAUME MARIN CURÉ DE SAINT-NICOLAS-LA-CHAPELLE
TOUCHANT LES ABUS QU'IL A TROUVÉS DANS SA PAROISSE
ET ORDONNANCE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES A CE SUJET
22 juillet 1613
(INÉDIT)
Remonstrance a Monseigneur,
Monseigneur le Rme Evesque et Prince de Geneve, mon Evesque et Prelat, seur les articles icy bas mis, a cause des choses et abus lesquelz j'ay trouvé a ma parroisse de St Nycolas de Flumet, affin d'en reçoipvre vous commandemens.
Premierement : Monseigneur, Vostre Rme Paternité cest (sic, pour sait) tres mieux que, aultre fois, les quattres cures d'embas du mandement de Flumet estoint annexeé ensemble et posedee par un mesme recteur, comment estoint feu Monsieur le Protenotaire de Savoye [175]et autres; et lesdictes cures furent d'annexeé [176] par feu Monseigneur Claude de Granier, que Dieu absolve [177]. Au reste, a cause que lesdictes cures estoint possedee par des seigneurs maistres, lesquelz ne faisoint residance au lieu, qu'a occasioné confusion entre les parroissiens et parroisses au passé, aujourduy encoure ce practique. Comment entendre, par appres, nonobstant la d'annexation et limitation desdictes parroisses ? car ceux qui estoint procedé a longo tempore de Flumet, ou bien de La Giete, estant venu habiter riere la parroisse dudict Sainct Nycolas, auquel lieu fontz residance continuelle et sont tous leurs moyens terriens, nonobstant ce, n'ontz laisé et laisent de continuer d'estre toujour parroissiens de La Giete et Flumet. desquelz lieux leurs antecesseurs sont sortis et provenu. Pour preuve, le Curé de Flumet ne faict dificulté, ou La Giete, leurs appourter le Sainct Sacrement audict lieu, sans licence aultres, et faire autre acte de curé riere madicte parroisse, et moy non a lesdictes leurs.
De plus, grande confusion entre ces parroissiens et grand scandalle pour les miens ; car, y lia envyron trois ans, que certains desdictz parroissiens furent reprins par la justice temporelle a cause qui labouroint le jour du Patron dudict lieu. Lesdictz viendrent trouver le Curé de Flumet [178], affin que ledict les garentice d'estre chatiés ; et pour leurs defences disoint quilz l'avoint bien labouré d'aultre fois riere ledict lieu audict jour, sans avoir esté reprins de personne.
Par appres, grande confusion a Pasque, car l'on ne sçait qui faict le debvoir de bon catholique, et, in conscientia, je ne sçait qui est mon parroissien, pour cause que checung faict a sa faintasie et volonté.
En oultre, pour le regard des grangiers dudict lieu, car y nya qu'ilz ontz demouré en grangeage riere ledict lieu toutte leurs vies ; pour cella n'ontz voulluet ne veullent recognoistre le Curé dudict lieu en point de façon que ce soit. Je sçait qu'[a] occasioné cella : c'est que les Curés mes antecesseurs ne ce sontz adressés vers leurs Superieurs pour y faire mettre de l'ordre.
En verité des choses premisses, me suis icy bas subscript et signés,
Monseigneur,
Vostre bien humble et hobeissant filz,
MARIN [179].
A Flumet, ce 16 julliet 1613.
[180] RESPONSE AUX ARTICLES CI DEVANT ESCRITZ
Au premier : Les habitans et manans en la parroisse de Saint Nicolas, quoy qu'eux, ou leurs prredecesseurs ayent prins leur origine ou soyent extraitz des parroisses de La Giete ou Flumet, sont obligés tendre leurs devoirs parrochiaux en ladite parroisse Saint Nicolas, en laquelle de present ilz font leur sejour et demeure : ce que Nous leur enjoignons.
Au 2d article : Les habitans et manans de la parroisse Saint Nicolas sont obligés observer les festes du Patron et de la Dedicace, et autres festes legitimement establies en la parroisse de leur dite habitation, sous peyne de peché et de reprehension juridique.
Au 3e : Lesdits habitans ne rendent (sic) leur devoir a Pasques en leur ditte parroisse, et s'addressans ailleurs sans la licence de leur Curé ou la Nostre, doivent estre chastiés et repris comme perturbateurs de l'ordre ecclesiastique, et ne doivent estre tenus pour avoir satisfait au commandement de l'Eglise.
Au 4e est respondu comm'au premier, attendu que telz grangers sont habitans et manans de ladite parroisse.
A Neci, le XXII julliet 1613.
FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé au presbytère de Saint-Nicolas-la-Chapelle (Savoie).
XXXIV
SENTENCE TOUCHANT LES DIFFÉRENDS
ENTRE LES HABITANTS DU VILLAGE SAINT-ROBERT
ET LES AUTRES PAROISSIENS DE MONTCEL
8 avril 1614 [181]
(MINUTE)
Es differens qui estoyent entre les habitans du vilage Saint Robert, parroisse de Moncel, d'une part, et les autres parroissiens dudit Moncel d'autre part, pour le regard de l'entretenement, refections et reparations a faire dores en avant tant en l'eglise parrochiale dudit Moncel qu'en la nef de la chapelle Saint Robert : veu les actes de Nostre Visite [182], et les parties ouyes en tout ce qu'elles ont voulu dire, en la personne [183] ……………………………………..
…………………………………………………
Nous avons esté d'advis et avons dit : Qu'attendu que les habitans Saint Robert sont parroissiens de Moncel, recevans mesme le saint Sacrement de Baptesme en l'eglise dudit Moncel et non a Saint Robert, ou aussi il ny a aucuns fons baptismaux, ilz contribueront, ainsy que les autres parroissiens dudit Moncel. aux entretenemens, refections, reparations et ammeublemens de l'eglise parrochiale dudit Moncel ; comme reciproquement, les autres parroissiens dudit Moncel contribueront a l'entretenement, reparation et refection de la nef de la chapelle Saint Robert, ensemblement et semblablement avec les habitans du vilage Saint Robert, en cas que ledit entretenement de ladite chapelle soit a la charge desdits habitans, et non du prieuré [184]. Et ce, selon l'offre volontairement fait auxditz habitans du vilage Saint Robert par les autres parroissiens de Moncel
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
XXXV
SUPPLIQUE DE M. NICOLAS CLERC, CURÉ DE SAINT-FÉLIX
TOUCHANT LA PROCESSION MENSUELLE DES CONFRÈRES DU SAINT-SACREMENT
ET DÉCRET DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
11 juillet 1614
(INÉDIT)
A Monseigneur l'Illustre et Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Remonstre en toute humiJité Rd Mre Nicolas Clerc, prebstre, Prothonotaire apostolique, Curé de St Felix (note 90 ; L1, note 322), comme prieur de la venerable Confrerie du St Sacrement, des long temps par les Rd Peres Capucins en l'eglise dudict St Fœlix erigee, et du despuis par V. S. R. confirmee par authorité du St Siege [185], et dict que, de tout le temps passé, ne s'estoit faict au1cune procession generale pour regard de ladicte Confrerie, choses (sic) que les confreres desiroient fere. Mais partant quil y a quelques ungz des confreres qui sont aussi confreres de la Confrerie du St Rosaire, qui font procession generale le troisiesme Dimanche de chasque mois [186], et vouldrois (sic) assister a l'une et a l'aultre procession : chose que ne se peult, pour estre d'ung mesme jour en diverses parroesses. Que faict recourir le suppliant a V. S. R. a ce quil luy playse assigner jour pour la procession de ladicte Confrerie de St Fœlix, different des aultres processions que sont le troyziesme du mois.
Et tant de (sic) suppliantz que aultres confreres prieront Dieu pour la prosperité de V. S. R.
CLERC, prebstre,
Prieur suppliant pour tous.
[187] Commis le suppliant pour assembler les confreres de la Confrerie de sa parroisse, pour, ayant conferé avec eux, prendre le Dimanche du moys plus convenable pour la procession mentionnee, selon les fins de la requeste.
Anessi, le XI julliet 1614.
FRANÇs, E. de Geneve.[188]
Revu sur l'original écrit dans l'ancien Registre de la Confrérie du Saint-Sacrement, conservé au presbytère de Saint-Félix (Haute-Savoie)..
XXXVI
SUPPLIQUE DES PAROISSIENS DE LA GIETTAZ
TOUCHANT LE SERVICE ET ENTRETIEN DES CHAPELLES DE LEUR ÉGLISE PAROISSIALE
ET DÉCRET ÉPISCOPAL
11 octobre 1614
(INÉDIT)
A Monseigneur le Rme Evesque et Prince de Geneve.
Supplient tres humblement les parroissiens de La Gietaz (note 175), disant qu'en leur eglise parrochiale se treuvent fondees diverses chapelles, entre lesquelles celle de Saint Barthelmy est de la nomination des suppliantz, et les autres de quelques particuliers: en toutes lesquelles, neanmoins, ne se fait aucun service par les recteurs, ny aucune reparation, nonobstant la ruyne imminente qu'elles menacent, et autres manquemens notables, au prejudice mesme de ladite eglise parrochiale [189].
En suitte de quoy ilz recourent a vous, Monseigneur, affin qu'attendu la negligence desditz recteurs et fondateurs a rendre leur devoir respectivement, dont ilz ont esté sommés par trois diverses proclamations faites au Prosne, suyvant les Decretz sinodaux de ce diocese (note 111), il vous plaise priver tant les patrons de leurs nominations que les recteurs de leur possession, pour icelles chappelles unir au maistre autel ; ou du moins faire saisir par vostre authorité les revenus desdites chapelles, pour d'iceux estre pris ce qui sera convenable pour faire faire le service deuz et les reparations requises.
[190] Les supplians feront declaration, en bonne et probante forme, de leur consentement a l'union demandee pour regard de la chapelle mentionnee de Saint Barthelomy, comm'aussi des charges et revenus d'icelle; pour, ce fait, estre procedé a l'union requise, s'il y escheoit. Et quant aux autres chapelles qui ne sont de leur dite nomination, soyent appelés les recteurs d'icelles par devant Nostre Vicaire general [191] ; et soit le present decret et la requeste signifiee aux praetendus patrons.
A Nessi, le XI octobre 1614.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé au presbytère de La Giettaz (Savoie).
XXXVII
SUPPLIQUE DE MAITRE GUILLAUME FAUCOZ
TOUCHANT L'ÉRECTION D'UNE CHAPELLE SUR LA PAROISSE DE VACHERESSE
ET DÉCRET DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
13 décembre 1614
Monseigneur l'Illustrissime et Reverendissime Evesque et Prince de Geneve,
Supplie en toute humilité messire Guilliaume Faucoz, notaire ducal de la parroisse de Vacheresse et curial d'Abondance [192], disant que des qu'il a eu la connoissance des bonnes lettres il s'est voué a Dieu et a la sacree Vierge Marie, et a pris pour sa Patronne madame saincte Anne. Sous le vocable d'icelle il a promis faire bastir et dresser une chappelle dans les confins et limites dudict Vacheresse, sa parroisse et naissance, laquelle chappelle ledict messire Faucoz a faict dresser et edifier au lieu appellé En l'Eau Noyre, sur le chemin public tendant droict du costé d'Abondance, la vallee d'Aulx et du costé de la ville d'Evian ; affin d'inciter les passantz d'une part et d'aultre d'invocquer Dieu, la Vierge Marie et saincte Anne. Et mesme que ledict suppliant desire faire celebrer la saincte Messe en icelle chappelle es jours celebres et qui seront plus propres selon sa droitte devotion ; a la charge neantmoins qu'il s'offre [doter) ladicte chappelle d'une piece de terre pour l'entretien et maintenance d'icelle, et pour le revenu et salaire du service qu'il desire y estre faict par le sieur Curé dudit lieu, a forme de l'acte de fondation qu'il s'offre faire et passer.......
A ces fins, ce consideré, il vous plaise, mondict Seigneur... vouloir permettre audict sieur Curé dudict Vacheresse [193], et a ses successeurs, de pouvoir celebrer Messe en ladicte chappelle, et autres prebstres qu'il plaira. audict suppliant, toutefois par la permission et licence dudit sieur Curé qui sera pour lhors. Suppliant en outre Vostre Illme et Rme Seigneurie, il vous plaise imputer, en faveur de laditte chappelle de sainte Anne, les pardons et Indulgences qu'il vous plaira pour ceux qui entendront Messe en icelle et que, par devotion, se confesseront et communieront sacramentellement et iront visiter icelle, tant les jours de Dimanche, feste, que autres jours.
Et ledit suppliant priera Dieu, comme il est desja tenu de faire, pour Vostre Illme et Rme Seigneurie.
[194] Laditte chappelle demeurant en l'administration du sieur Curé du lieu, comme il Nous est exposé verbalement, Nous permettons selon la requeste, a la charge que contract authentique se passera de la fondation de laditte chappelle [195].
A Thonon, le XIII decembre 1614.
FRANÇs, E. de Geneve
XXXVIII
SUPPLIQUE DE M. JACQUES EVRARD
AU SUJET D'UN LEGS FAIT POUR LA FONDATION D'UNE MESSE
ET DÉCRET ÉPISCOPAL
28 janvier 1615
(INÉDIT)
A Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplie humblement messire Jaques Evrard, chastellain d'Ardon, comme mary d'honnorable Magdeleine Passerat, heretiere dameoiselle d'honnorable Claude Passerat [196] : disant que ledit honnorable Claude Passerat, de la ville de Chastillion en Michallie, auroit faict son dernier testament, reseu et signé Evrard [197], par lequel, entre autres legats par luy faitz, auroit donné et legué au sieur Curé d'Ardon [198], pour une foys, la somme de cent huictante livres pour la fundation d'une Messe a debvoir estre, tant par luy que par ses successeurs Curés d'Ardon, perpetuellement celebre en la chappelle de Saint George (fondee dans. la ville de Chastillion en Michallie) touttes les Dimenches, pour le remede de l'ame dudit testateur. Et ou ledit Curé d'Ardon ne vouldroit accepter ledit legat, auroit institué le recteur de la chappelle de Sainct [Georges] dudit Chastillion [199] [aux) mesmes charges et condition de ladite Messe, et non autrement, ainsi que par ledit testament en datte du neufviesme janvier mil six centz et treze.
Lequel Passerat seroit decedé en telle volonté, delaissant a luy survivant ladite Magdelaine..., femme dudit suppliant : lequel ne veullant que l'ame de sadite femme et de luy demeura chargeé du dit legat de fundation de Messe, auroit faict summer et interpeller venerable messire Abraham de Chastillion, prebstre, tant en qualité de Curé dudit Ardon que comme recteur de ladite chappelle de Saint George, s'il voulloit accepter ledit legat. Lequel sieur de Chastillion auroit faict response ladite rente n'estre capable et suffisante pour l'entretien d'un prebstre, et que ladite Messe estoit fundeé un jour de Dimenche, jour incommode audit Curé, tant pour l'une et l'autre qualité ; comme par acte receu et signé Cabet, notaire royal, du septiesme decembre dernier. Et touttesfoy declare qu'il s'en rappourtoit au bon vouloir de Vostre Reverendissime Seigneurie, apres avoir entendu ses raisons. Qui le contrainct recourir par ceste, a ce quil soit de vostre volonté appeller summairement par devant vous en vostre estude ledit sieur Abraham de Chastillion, prebstre, pour declarer formellement si en l'une et l'autre qualité il veut accepter ledit legat, soub la charge et condition pourté par ledit testament de la celebration de ladite Messe le jour de Dimenche, puisque il est en ville ; pour, suyvant sa declaration faicte, estre par ledit suppliant satisfaict a forme dudit testament, et autrement sur iceluy provoir.
[200] Oüyes les parties sommairement, et pour, en conservant les droitz parrochiaux, ne point retarder l'intention du defunct en son principal : ordonnons que le sieur Curé mentionné acceptera le legat pour luy et ses successeurs curés, a la charge de dire, par luy ou ses vicaires, ladite Messe hebdomadale en la chapelle de Chatillon, en autre jour neanmoins que, celuy du Dimanche et feste commandee. [201] Lequel jour, affin quil soit certain, Nous avons determiné devoir estre le mercredi, quand il n'occurrera aucune feste de commandement, affin que l'eg1ise parroissiale. ne soit frustree des services du Curé et de l'assistence des parroissiens en telz jours de feste.
Et soit inseré Nostre present Decret es actes de Nostre Visite, par appendice a la fin du livre, pour y avoir recours par qui et comm'il appartiendra.
Fait a Nessi, le XXVIII janvier 1615.
FRANç E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe appartenant aux Missionnaires de Saint-François de Sales d'Annecy.
XXXIX
SUPPLIQUE DES SYNDICS ET NOTABLES DE BONNE
AU SUJET DE M. JEAN-FRANÇOIS DU MARTHEREY ET ACTE D'INSTITUTION DE CELUI-CI
POUR VICAIRE PERPÉTUEL DE LA PAROISSE
29 avril 1616
(INÉDIT)
1
[202]. A Monseigneur l'Illustre [et] Reverendissime Evesque et Prince (de] Geneve :
Supplient tres humblement les Scindicz et gentilhommes et borgeois de la ville de Bonne :
Que l'annee derniere mil six centz quatorzes, Reverend messire du Martherey, Religieux du prieuré de Pellionex (L5, note 419 ; L7, note 328), aurait preché le Caresme en ladite ville et plusieurs des Dimenches et festes ; qui auroit apporté grandes ediffications et instruxions en la foy ausditz suplians et aux circonvoysins qui [ont] ouy les predications dudit sieur du Martherey. Qui auroit occasioné les supliantz de le prier de precher la (sic) Caresme dernier en ladite ville, ce quil leur aurait acordé et executé, non sans grand fruit.
Et de plus, estant prié par les supliantz, [vu] sa bonne doctrine, d'instruyre la junesse (sic) aux lettres et pieté, il le leur aurait liberalement acordé par tollerance, et y serait entré en exercice des Pasques en ça, par forme d'essay, attendant la permission de vous; Monseigneur; laquelle les suplians, humiliés aux piedz de Vostre Illustre et Reverendissime Seigneurie, vous supplieent octroyer, avec la dispence requise audit sieur du Martherey de la residance audit Pelliones, attendu le grand fruit et utilité qui en peult reussyr par la bonne instruction quil a encommencé de donner a la junesse de ladite ville et circonvoysins qui envoyent leurs enfans audit lieu. Consideré la proximité du lieu a ceux de la nouvelle opinion et quil soit le bon playsir de Vostre Illustrissime et Reverendissime Seigneurie le favorizer envers Monseigneur l'Illustre et Reverendissime Evesque de Saint Paul, Prieur dudit Pelliones [203], de luy octroyer la dispence de ladite residance.
Ilz. prient Dieu journellement pour l'heur et felice prosperité de Vostre Illustre et Reverendissime Seigneurie.
DUMONT, prebstre [204].
BORGEOYS [205], scindicz.
DUCLOZ. DAVID.
DUMONTZ. DARCHIER.
ELASEY MICHOD.
CHENEY. DE SALES.
2 (EN LATIN)
INSTITUTION D'UNE VICAIRERIE PERPÉTUELLE ATTACHÉE A L'ÉGLISE PAROISSIALE DE BONNE
NOUVELLEMENT ÉRIGÉE EN FAVEUR DU VÉNÉRABLE MONSIEUR J... [206]
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui verront les présentes, salut dans le Seigneur.
Nous faisons savoir que Nous tâchons volontiers de prêter Notre attention et Notre aide efficace à tout ce qui, suivant les circonstances de lieux et de personnes, est nécessaire au bon gouvernement des églises paroissiales et autres, et à l'augmentation du culte divin. Le Rd M. Claude de Reydet. dit de Choisy, doyen de l'église collégiale de Saint-Jacques de Sallanches et recteur de l'église paroissiale de Saint-Nicolas de Bonne, dans Notre diocèse (L7, note 853), ne pouvant, à cause de son office de doyen, étant donnée la distance du lieu, et pour d'autres causes raisonnables, exercer sa charge d'âmes dans l'église en question, et ayant jugé à propos de choisir et de Nous présenter un vicaire perpétuel, approuvé cependant par Nous, Nous a humblement demandé, par acte de nomination reçu et signé du notaire Bourgeois, en date du 8 juillet passé [207], d'admettre et de recevoir comme capable M. Jean-François du Martherey, prêtre. [208]
Nous approuvons une requête qui est juste et raisonnable, d'abord parce qu'il y a contentement de la part des paroissiens et du Rd monsieur le Doyen et recteur de ladite église paroissiale; ensuite, parce que, d'après les constitutions du saint Concile de Trente (De Reform. Sess 6, ch 2 ; Sess 25, ch 16), l'érection de cette vicairerie perpétuelle devait absolument se faire. Aussi avons-Nous jugé à propos de choisir, créer et décréter à perpétuité M. du Martherey pour vicaire de l'église paroissiale de Bonne, comme nous le choisissons, créons et décrétons par les présentes; Nous la lui conférons et l'en pourvoyons en qualité de vicaire perpétuel capable, l'avertissant d'avoir à faire dans les deux mois la profession de foi entre Nos mains. En lui faisant baiser Notre vêtement, Nous lui donnons l'investiture, et l'instituons par les présentes, en lui assignant pour son entretien tous les fruits qui appartiennent à la susdite église paroissiale, pourvu qu'ils n'excèdent pas la portion congrue.
C'est pourquoi Nous ordonnons à tous prêtres, clercs, notaires et tabellions de Notre diocèse, et à chacun d'eux conjointement, d'avoir à procurer la possession réelle, actuelle et corporelle de cette vicairerie perpétuelle pour la paroisse de Bonne, et de ses droits, fruits, rentes et revenus à M. du Martherey, prêtre, comme capable, et d'avoir à le défendre dans sa possession, en chassant tout illégitime détenteur.
En foi de quoi Nous avons signé de Notre main les présentes, et les avons fait signer par Notre secrétaire et munir de son sceau.
Fait à Annecy, au palais de Notre résidence habituelle, en présence des Révérends MM. Michel Favre [209] et Jacques Chappaz [210]. prêtres, témoins appelés et demandés pour tout ce qui précède, le 29 avril 1616.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1616-1617, de l'ancien Evêché de Genève.
XL
CONFIRMATION D'INDULGENCE
EN FAVEUR DE LA CONFRÉRIE DE SAINT-SÉBASTIEN
30 avril 1616
(INÉDIT - EN LATIN)
Ayant examine les articles ci-dessus [211], Nous confirmons par ce Décret la Confrérie du saint Martyr Sébastien, accordant, en la forme habituelle de l'Eglise, une Indulgence de quarante jours à tous ceux qui en font ou en feront partie, chaque fois que, selon les articles ci-dessus, ils assisteront dévotement aux processions, aux Messes solennelles et aux Offices, et chaque fois aussi qu'ils recevront les Sacrements de Pénitence et d'Eucharistie.
A condition toutefois que sera bien mis à exécution ce qui a trait, dans les mêmes articles, au repas à prendre en commun, et que ce repas se prenne, non en une auberge publique ou une taverne, mais dans une maison privée: Nous le bénissons alors au nom du Seigneur.
Annecy, 30 avril 1616.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur une copie conservée à la Visitation d'Annecy.
XLI
PROCÈ:S-VERBAL DE LA CONSECRATION D UN AUTEL DE L EGLISE DE GEX
ET INDULGENCES ACCORDÉES A CETTE OCCASION
27 juillet 1617 [212]
(INÉDIT – EN LATIN)
Le 27 juillet 1617, je, FRANÇOIS DE SALES, Evêque et Prince de Genève, ai consacré cet autel en l'honneur de l'Assomption de la très heureuse et très glorieuse Vierge Marie, et j'y ai enfermé des reliques des Bienheureux dix mille (sic) Martyrs (note 96), accordant à tous les chrétiens qui le visiteront aujourd'hui, un an, et, le jour anniversaire de la consécration, quarante jours de vraie Indulgence, en la forme habituelle de l'Eglise.
FRANÇOIS, Evêque de Genève [213].
Revu sur l'original conservé au presbytère de Gex.
XLII
HOMOLOGATION DU CONTRAT DE FONDATION POUR L'ENTRETIEN D'UN VICAIRE A MORZINE
9 janvier 1618
(INÉDIT)
[214] Par devant Nous, FRANÇOYS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolicque Evesque et Prince de Geneve, s'est presenté et comparu au palaix de Nostre habitation et residence ordinayre de cette cité Mre Jacques Duret [215], procureur de Mre Laurent de Collonges, Curé de Morzine [216], lequel Nous a remonstré comme les scindicques et procureurs dudict lieu auroyent fondéz et donné a laditte eglise a perpetuité, et promis paier annuellement audict sieur Curé et a ses successeurs la somme de douze vingtz florins, monnoye de Savoye, pour l'entretien d'ung vicayre audict lieu de Morzine, ainsi que plus amplement est contenu au contraict du premier de ce mois, qu'il exhibe, receu et signé par Me Galliard, notayre [217]. Nous requerant vouloir iceluy homologuer et, insinuer, et sur iceluy interposer Nostre decret et auctorité pastorale, suivant les conventions et astrictions portés par ledict contraict; et ce en presence de Me Pierre Heretier, procureur desdictz scindicques et parroessiens [218], et tous deux constitués a ces fins au corps dudict contraict : lequel Me Heretier a presté consentement et, en tant que de besoingt, requis la mesme homologation et insinuation.
Quoy ouy par Nous, dict Evesque, et appres que lecture a esté faicte dudict contraict, avons iceluy homologué et insinué selon sa forme et teneur, et sur iceluy interposé Nostre decret et authorité pastorale, et ordonné qu'il sera enregistré es Registres de l'Evesché; a la charge que les chappelles mentionnees audict contraict, assignees pour partie de l'entretient dudict vicayre, seront unies, comme par ces presentes Nous les avons uny et incorporé a perpetuité, ensemble les fruictz et revenus d'icelles, a laditte cure de Morzine [219].
Donné Annessy, le neufviesme janvier mil six centz dixhuict.
DUMONT [220]
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1613-1622, de l'ancien Evêché dé Genève.
XLIII
APPROBATION ET HOMOLOGATION
D'UNE CLAUSE DU TESTAMENT DE M. NICOLAS CLERC CURÉ DE SAINT-FÉLIX,
CONCERNANT LA FONDATION D'UNE CHAPELLE ET D'UNE ECOLE A VILLE-EN-MICHAILLE
12 janvier 1618
(INÉDIT)
Veu par Nous, FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolicque Evesque et Prince de Geneve, le testement sus escript et derniere volonté du sieur testateur y nommé [221], avons icelluy aucthorisé, confirmé, approuvé et esmologué, ainsy que par ces presentes authorisons, confirmons, approuvons et esmologuons en ce qui regarde la fondation d'icelle et erection d'escolle y mentionnee [222]; dict et ordonné qu'il sera enregistré es Registres de Nostre Evesché pour y avoir recour en tempz et lieu.
En foy dequoy avons signé lesdittes presentes, et faict contresigner par Nostre greffier, mettre et apposer le seel de l'Evesché. .
Necy, ce XII janvier 1618.
FRANÇS, E. de Geneve [223].
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1613-1622, de l'ancien Evêché de Genève.
XLIV
REQUÊTE DE M. GASPARD DE LUCINGE; ET DES PAROISSlENS DE SALES
DEMANDANT LA SÉPARATION DE LEUR CURE DE CELLE DE CRANVES
ET UN PRÊTRE POUR LA DESSERVIR ET DÉCRET ÉPISCOPAL
20 et 21 février 1618
(INÉDIT)
1
A Monseigneur le Rme Evesque et Prince de Geneve.
Supplient en toute humilité noble Gaspard de Lucinge, seigneur dudict lieu [224], et avec luy tous les parroiessiens et habitantz riere la parroiesse de Sales, mandement de Monthoux, disantz que cydevant et de tous temps ceulx dudict Sales ont heust leur Curé, lequel fesoit son habitation ordinaire dans la cure dudict lieu et administrait en toutes necessités et occasions a ceulx dudict Sales les sainctz Sacrementz ; et c'est jusques il y a envyron cinq ou six annees, que Mre Henry Lancod, dernier Curé de ladicte parrochiale [225], apres avoir gaigné quelque petit nombre des parroiessiens, il auroyt remis ladicte cure a Mre Symond Ruptier lequel, du susdict consentement, auroyt uny ladicte cure avec celle de Cranves [226]; en telle sorte que du despuis ilz ont estés contrainctz, la plus grand part du temps, d'aller audict Cranves ouïr la saincteMesse, quoy que par ladicte union, il soit esté expressement convenus (sic) que les jours de feste et Dimenches l'on celebreroit une petitte Messe audict Sales. Oultre quoy, du despuis les suppliantz ont estés contrainctz d'aller fere baptizer leurs enfantz audict Cranves, et dudict Cranves fere apporter les sainctz Sacrementz aux mallades, et fere benir le jour de la Purification les chandoielles audict Cranves ; quoy que audict Sales ilz aient leur eglise asses commode pour ceulx dudict lieu, mesmement il y a un honneste revenu pour l'entretient d'un prebstre.
C'est pourquoy lesdictz parroiessiens estantz assemblés, le dixhuictiesme de ce mois, en nombre suffisant, par devant Me Boccard, notaire, ilz ont faictz dresser l'acte de procuration cy joinct, par lequel ilz supplient ires humblement V. Rme Seigneurie leur ordonner un Curé. puisque par le deces dudict Mre Symond Ruptier ledict office de Curé est vaccant. Ayantz nommé, par le mesme acte, Mre Aymé Cottet, prebstre de bonne fame et reputation [227] ; lequel d'aillieurs ledict sieur de Lucinge. auquel appertient le droict de patronage de ladicte cure de Sales, a aussi nommé, ainsi que par acte du cinquiesme de cedict mois, signé par ledict Me Boccard, et lequel lesdictz suppliantz vous nomment de nouveau.
Quoy attendu, ilz supplient ires humblement Vostre Seigneurie Rme, ce consideré, quil luy plaise, sans s'arrester a l'union cy devant faicte,... instituer riere ledict lieu de Sales, pour Curé, Mre Aymé Cottet sus nommé ; et a ces fins ordonner a vostre greffier luy fere sa provision necessaire, fruictz et revenus en dependantz...,.
Et les suppliantz prieront Dieu pour V. S. Monseigneur, tous les jours de leur vie.
GARBILLION [228]
Soit monstré au sieur Procureur fiscal de l'Evesché [229].
Annessi, le 20 febvrier 1618.
FRANÇs. E. de Geneve.
2 (EN LATIN)
DISSOLUTION DE L'UNION DES ÉGLISES PAROISSIALES DE CRANVES ET DE SALES
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à, tous ceux... [etc.]
Nous appliquons volontiers Notre attention à ce qui augmente le culte divin et procure plus heureusement la consolation spirituelle des paroissiens, pour les églises soumises à Notre autorité, surtout pour celles qui ont le privilège de la charge des âmes. Or, la teneur de la demande adressée de la part de Notre cher fils, noble Gaspard de Lucinge, patron de l'église de Sales, sous le vocable des Saints Ferréol et Ferruce, et de nos chers :fils les membres de la communauté du même lieu (demande signée par l'honorable Pierre-Louis Garbillon, procureur demandeur près le tribunal de Notre diocèse), contenait ce qui suit :
L'église paroissiale de l'endroit susnommé, dépend de celle de Cranves, et lui a été unie pour toujours au su de tout le monde ; d'un autre côté, le récent recteur des dites paroisses étant mort hier, son décès rend vacantes les deux églises paroissiales. Posé que, par suite de son absence, la charge des âmes a été exercée dans l'église de Sales avec peu d'exactitude et de bienséance depuis l'union, et que les saints Sacrements de l'Eglise n'ont pu être administrés aux paroissiens de Sales qu'avec de grandes incommodités pour eux ; posé en outre que les fruits et revenus de cette église paroissiale suffisent à l'entretien convenable d'un recteur, et que, l'union dissoute, les revenus ainsi séparés et disjoints pourront être à l'avenir appliqués en particulier à chacun de leurs futurs recteurs ; posé enfin qu'il y aurait ainsi respectivement consolation spirituelle pour les paroissiens de ces églises, augmentation du culte divin, et aussi de dignité et de lustre pour celle de Sales, les revenus annuels des deux églises devant être par ailleurs plus sûrement conservés et ,même accrus :
Nous donc, qui, parmi les autres obligations de Notre charge, n'estimons pas de mince importance celle-ci (c'est-à-dire l'accroissement du culte divin et la consolation spirituelle des paroissiens), et croyons qu'elle sera agréable au Dieu très bon et très grand: Nous montrant favorable à la requête du patron et des habitants de Sales, après avoir fait une enquête sur la vérité des choses y contenues et pris connaissance du consentement de Notre admi nistration fiscale, de par Notre autorité ordinaire, Nous dissolvons et révoquons, dès maintenant et pour toujours, l'union, jadis faite par Nous, des églises paroissiales de Cranves et de Sales. Nous démembrons et séparons pareillement les fruits respectifs de ces églises, et appliquons, unissons et incorporons à perpétuité à celle de Sales les revenus qui lui appartiennent, comme séparés et désunis des revenus de l'église paroissiale de Cranves. En sorte que dorénavant il sera permis aux futurs recteurs de l'église paroissiale de Sales, lesquels dans l'avenir en seront légitimement pourvus par Nous, Nos successeurs ou le Siège Apostolique, d'user, posséder, et jouir librement de ces revenus, et de les employer à leur avantage et utilité, sans la permission du futur recteur de l'église de Cranves et de ses successeurs. Par ailleurs, Nous accordons l'investiture au recteur de Sales pour pouvoir et devoir assumer toutes les obligations, offices et charges d'un recteur indépendant (ce à quoi Nous le considérons comme tenu), et, pour que soit donnée satisfaction le plus tôt possible aux pieux désirs du patron et de la communauté de Sales, que ladite dissolution obtienne son effet.
En foi de quoi, etc.
Donné à Annecy, le 21 du mois de février 1618, en présence de M. Georges Rolland, prêtre, chanoine de l'église collégiale de cette ville (L1, note 134 ; L6, note 328), et d'honorable Georges Besson [230]. témoins.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1613-1622, de l'ancien Evêché de Genève.
XLV
APPROBATION ET HOMOLOGATION D'UNE DONATION
EN FAVEUR DES CURÉS D'ÉPAGNY [231]
21 février 1618
(INÉDIT – EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux à qui parviendront les présentes, salut dans le Seigneur.
Nous faisons savoir qu'après avoir vu l'acte ci-dessus écrit, reçu et signé par le notaire ducal Besson [232], et avoir très attentivement examiné toutes les choses y contenues, Nous l'avons confirmé, approuvé et ratifié et ce qu'il contient, comme par la teneur des présentes, Nous le confirmons, approuvons et ratifions, et lui accordons force et solidité inviolable, suppléant par ailleurs à tous les défauts de droit et de fait qui s'y seraient glissés. et à chacun d'eux en particulier.
Donné à Annecy, dans Notre palais, le 21 février 1618.
FRANÇOIS, Evêque de Genève [233].
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1613-1622, de l'ancien Evêché de Genève.
XLVI
PROJET DE TRANSACTION ENTRE LE PRÉVOT DE MONT.JOUX ET LE CURÉ DES ALLINGES
29 mai 1618
(INÉDIT)
Je soubsigné, pour eviter tout proces, ay proposé, par maniere d'expedient amiable, a monsieur le Prevost de Montjoug [234] :
Qu'en reservant au sieur Curé ou vicaire perpetuel des Alinges [235], sur les biens ecclesiastiques qu'il possede en la parroisse desditz Alinges, la portion congrue de mesme valeur qu'on l'a determinée pour les autres sieurs Curés du balliage de Thonon, tout le reste desditz biens fut affecté a la mense de la praepositure dudit Montjoug; sauf que s'il se treuve que ledit sieur Curé ayt fait des reparations utiles pour ladite cure et eglise des Alinges qui surpassent les revenuz qu'il a perceuz en ce benefice, ses autres legitimes charges supportées, on y aura esgard pour l'en recompencer a ditte d'expertz [236].
Et pour le regard de l'institution de ladite cure ou vicariat perpetuel, qu'elle demeurera a l'Evesque, comme respectivement la nomination appartiendra audit seigneur Praevost; a la charge toutefois qu'elle se fera au concours, selon l'ordre sur ce estably par le sacré Concile de Trente (De Reform.Sess 24, ch 18)..
[237] Le XXIX mai 1618, Annessi.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur l'original appartenant à la Vtesse de Jotemps, au château de Gergy, près Chalon (Saône-et-Loire).
XLVII
DÉCRET RELATIF A CERTAINS REVENUS
APPARTENANT A LA CONFRÉRIE DU SAINT-ESPRIT ÉRIGÉE A JARSY-EN-BAUGES [238]
29 mai 1618
(INÉDIT)
Les capitaux des censes mentionnees seront jointz au renfort de monoye, et de toute la somme se tirera la cense a forme des Editz de Son Altesse [239]; et quant aux censes escheües pour cinq ans seulement, selon la mesme forme. Et quant a l'employte de l'argent provenant desdites censes, comm'encor de l'argent provenant du vin des vignes mentionnees, Nous ordonnons qu'elle soit faite, tant pour les reparations, ornemens et ustensiles sacrés de l'eglise, que pour l'erection de la chapelle du Saint Rosaire, pour sept ans; apres lesquelz, si l'eglise se treuve en terme quil ne soit plus besoin d'y appliquer lesditz revenus, dont les remonstrans feront apparoir, sera prouveu par l'authorité ordinaire, ainsy que de rayson. Et cependant, enjoignons que la recepte tant desdites censes que dudit vin se face par homme resseant, a ce choysi par le sieur Curé [240], et les scindiqs, par devant lesquelz il rendra compte de l'emploite, et sera de plus ledit sieur Curé [obligé] Nous tenir adverti d'an en an d'icelle emploite.
Annessi, le XXIX mai 1618.
FRANçs E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé dans les Archives paroissiales de Jarsy (Savoie).
XLVIII
RECONNAISSANCE DES RELIQUES DE SAINT JOYRE FAITE AU PRIEURÉ DE SAINT-JORIOZ
22 juillet 1618 [241]
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, a visité ces Reliques et en a fait le dénombrement le 22 du mois de juillet de l'année 1618.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
XLIX
SUPPLIQUE DES SYNDICS ET PAROISSIENS DE SAINT-FÉLIX
TOUCHANT LA CÉLÉBRATION DE LA FÊTE DE SAINT GRAT ET DÉCRET ÉPISCOPAL
7 et 8 septembre 1618
(INÉDIT)
Au nom de Dieu soit. Amen.
Comme ainsi soit que anciennement les scindiques et communisses de la paroisse du Grand Sainct Felix eussent voué la feste de monseigneur sainct Gras, Evesque d'Aouste. comme deuement en rapportent tous les dicts communisses anciens, et qui l'ont veu observer et l'ont observé comme le Dimanche jusques quelques annees : maintenant, quelqu'uns la solemnisent comme le Dimanche, selon le vœu, et les autres a leur devotion ; tellement que ledict vœu n'est observé. Que fait croire auxdicts scindiques et communisses que Dieu ni laissera telle faute a punir, comme l'on voit et on a veu cette annee passee, que les limassons, bec aigu qu'on appelle cornillon, ont gaté une grande partie des bled (sic) et commencent encor en l'annee presente a manger les bled semmés ; que fait recourir le pauvre peuple a Dieu et a monseigneur sainct Gras, Evesque.
Or est il que ce jourdhuy, septiesme jour du mois de septembre mil six cent et dix huict, le jour de la feste de monseigneur sainct Gras, par devant moy soussigné, Rd Mre Pierre de Montfalcon, chanoine de Sainct Pierre de Geneve, Surveillant en ledict Evesehé et Curé dudict Sainct Felix [242], sçavoir : honnorable Claude Poncet, Jean Linollat, Pierre Burdet, Santhon Sathod, scindiques dudict Sainct Felix (les peres ont authorizé leurs fils pour cet effect) ; noble Pompé Millet, seigneur de la Chapelle, [243]. . . . . . . .
Afin luy plaise (à saint Grat) estre leur advocat et procureur devant la Majesté divine, proteger leurs personnes et biens, comme prés, terres, maisons, granges, arbres et tous fruitz en provenant, soit semé ou a semé, semable ou non, servant a la nourriture du genre humain, n'estre mangé ni deftaict par les bestes bruttes, ni par autres quelles qu'elles puissent estre ; ains qu'il plaise a Dieu et a monseigneur sainct Gras les chasser de nos terres, ou pour le moins qu'elles ne mangent les fruitz ni autres [choses] servant a la pauvre populasse.
Supplions et requerons, tous les scindiques et communisses dudict Sainct Felix, Monseigneur l'Evesque et Prince de Geneve, leur Prelat et bon Pasteur, vouloir approuver, auctorizer leur dict vœu, le priant encor y vouloir adjouster ou diminuer ce qu'il luy plaira, laissans cela et le tout a sa correction et auctorité ; promettant tous lesdicts scindiques [et] communiers presens dudict Sainct Felix ne vouloir revoquer ni faire revoquer leur presente volonté par autruy ni par eux mesmes, mais bien observer ledict vœu de tout leur pouvoir, et le faire observer par leurs enfans, serviteurs et servantes.
Faict ledict vœu devant la grande porte de l'eglise dudict Sainct Felix, avant la Messe parroissiale qui a esté chantee solemnellement.
DE MONTFALCON, curé de S. Félix.
[244] Nous avons appreuvé le vœu susdit quant a l'observation de la feste jusques apres le service de la sainte Messe, le reste du jour demeurant a devotion.
Annessi, le VIII septembre 1618.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur une copie déclarée authentique, conservée au presbytère de Saint-Félix (Haute-Savoie).
L
SUPPLIQUE DE M. JEAN MOCCAND, CURÉ D'ABONDANCE
POUR L'ÉRECTION DE LA CONFRÉRIE DU SAINT NOM DE JÉSUS DANS SA PAROISSE
ET APPROBATION DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
18 novembre 1619
(INÉDIT)
A mon Illme et Reverendme Seygneur Françoys de Sales, Evesque et Prince de Geneve, et au R. P. Prieur du devot Couvent de St Dominique de Nicy [245].
Supplie humblement messire Jean Mocand, Curé en la parroesse de l'abbeie de N. Dame d'Abondance [246], il vous plaise permettre que la Confrerie du tressainct Nom de JESUS soyt erigee en son eglise, pour la correction et extirpation des vices et pechés des blasphemes, juremens, mauvaises imprecations, maledictions et mensonges, et que ceux qui s'y feront inscrire, observant les regles et Statutz d'icelle, joyssent de ses graces et privileges, a la plus grande gloyre de Dieu, salut de leurs ames et aedification de leurs prochains.
[247] Nous appreuvons l'erection de la Confrerie mentionnee, exhortans tous les parroissiens de sy enroller et tascher de bien proffiter pour la fin a laquelle elle tend.
Annessi, le XVIII IXre 1619.
FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé au presbytère d'Abondance (Haute-Savoie).
LI
DEUX SUPPLIQUES AU SUJET DES ALTARIENS [248]
ET DU SERVICE RELIGIEUX DE LA PAROISSE DE RUMILLY
ET DÉCRETS DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
17 mars 1620
(INÉDIT)
1
SUPPLIQUE DU CURÉ ET DES ALTARIENS
A Monseigneur, Monseigneur l'Illustrissime et Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplient tres humblement Reverend messire Jean Viret, Curé (L6, note 633), et les venerables messires Thomas Grez (L10, note 437), Jaques Nacot, Guido Perret, Louys Galey, Nicolas Nacot, Estienne Pinard, Pierre Pajact [249], Altariens de l'eglise de Rumilly, remonstrant :
Que lesdictz Altariens ayant si peu de revenu qu'il (sic) ne se peuvent entretenir au service de ladicte eglise, ainsy que leur devoir et volonté seroit, ilz sont contraincts d'aller en divers endroicts servir des autres eglises circonvoisines ; en suitte dequoy ladicte eglise de Rumilly demeure destituee des Offices qu'il seroit convenable y estre faict, attendu les anciennes coustumes et la qualité du lieu et habitantz et bourgeoys d'iceluy.
Comm'encor, qu'ez grosses festes esquelz (sic) multitude de peuple vient a la saincte Communion, le sieur Curé et son Vicayre ne peuvent suffire a recevoir les confessions des penitentz ainsy qu'il seroit requis, et les autres ecclesiastiques se trouvantz absentz ou ne se tenantz pas obligé a la charge pastoralle, plusieurs, ames demeurent frustrés (sic) de leurs bons desirs et en la reception des saincts Sacrements.
Outre que lesdictz sieurs Altariens n'ayant point de correspondance avec ledict sieur Curé, sinon entant que luy mesme est Altarien, il arrive en diverses occasions des divisions et contentions. qu'empeschent le bon ordre de ladicte eglise.
Pour a quoy remedier, il sembleroit estre expedient que le revenu de la cure, qui est asses ample, fust uny a celuy de la communauté desdictz Altariens, apres toutefois la mort dudict sieur Curé, sauf vingt coppes de bled, froment et seigle, mesure de ceste ville, que des a present lesdictz Altariens percevront par les mains dudict sieur Curé pour faire le service divin d'heu a sa charge ; et que le nombre d'iceux fust limité, en sorte que tous puissent faire residence, avec obligation d'assister aux Offices et cooperer a la charge pastorale, ainsy que par les reiglements qu'il plairoit a Vostre Seigneurie Reverendissime en faire il seroit ordonné.
A ceste intention, Monseigneur, ils recourent a vous, requerant qu'il vous plaise faire ladicte union et autres provisions necessaires, pour la restauration et accroissement du service de Dieu et des ames en ladicte eglise.
[250] En foy de quoy ay signé la presente comme Curé dudict Rumilly,
VIRET.
THOMAS GREZ, LOUIS GALLEY, J. NACO'l', GUYDO PERRET, E. PINARD,
P. PAJACT, prebstre.
[251] Recevons la presente requeste et les consentemens en icelle contenus, comm'encor celle des sieurs Scindicqz de la ville de Rumilly. Nous avons ordonné qu'elles seront l'une et l'autre enregistrées au greffe de l'Evesché, avec Nostre present Decret, par lequel Nous ordonnons de plus, qu'il sera par Nous, ou Nostre Official et Vicaire general.[252], procedé aux formalitées prAeparatoires a l'union suppliée ; et qu'en suitte de ce, tant les deux requestes que le present Decret seront affigés, par copie dheuement expediée, aux grands portes de l'eglise de Rumilly, et y sera ladicte copie trois sepmaines durant, pour servir de signiffication a tous quil appertiendra et qui porroient pretendre interestz en l'union requise, affin que nul n'en puisse pretendre cause d'ignorance [253].
Faict Annessy, le XVII mars 1620.
FRANÇs, E. de Geneve.
2.
SUPPLIQUE DES SYNDICS, CONSEILLERS ET HABITANTS DE RUMILLY
A Monseigneur le Reverendissime de Geneve.
Supplient tres humblement les Scindicz, Conseilliers et habitantz de [la ville [254]] et parroisse de Rumilly, disantz :
Qu'estantz les Altariens de leur eglise [contraints], par la petitesse de leur revenu, d'aller servir aux autres parrochiales pour en tirer quelque plus grand secour a leurs necessités, ladicte eglise[demeure] presque a l'ordinaire, mais principalement aux festes solemnelles, destituee [des] Offices qui luy sont convenables, tant pour l'edification du grand peuple [qui y] concourt, consequence des anciennes et si sainctement establies coustumes et qualité du lieu ; le tout au scandale des voisins et notable prejudice du [service de] Dieu, ne pouvantz le Curé et Vicaire du lieu tout seulz satisfaire a l'administration des Sacrementz a si grande multitude de peuple.
Outre que par la [négli]gence desdictz Altariens, qui n'ont aucune correspondance avec les dicts [sieurs] Curé et Vicaire, il survient tous les jours des divisions dans ladicte eglise [pour] empescher tout ordre et bonne reigle en icelle.
A quoy desirantz apporter [remède les] sieurs Curé et Altariens, et pour ce faire presentent a Vostre Seigneurie R[évérendissime] l'expedient en la requeste cy joincte, pour l'union du revenu de la c[ure à la] communauté de ladicte eglise, soubs les conditions et bonnes reigles qu'[il plaira] a Vostre Seigneurie Reverendissime prescrire pour l'advenir.
Les suppliantz [aussi], joincts de zele, d'affection et d'interestz en si bon dessain avec leur Cu[ré et] le reste de leurs ecclesiastiques, recourent a vous, Monseigneur, a ce qu'en continuation du soing qu'il vous a tousjours pleu de pr[endre] de ceste ville et parroisse, vous ayes encore aggreable de luy procurer [l'union] susdicte, avec les provisions necessaires pour la restauration du service [de Dieu] et des ames en ladicte eglise.
[255] F. JUGE, sindicz (sic).
BOVARD, scindicque.
Par commandement de messieurs les Scindiez et Conseilliers de la dicte Ville,
MARCHIAND, secr.
Sera prouveu aux fins portées par la requeste, ainsy que par le Decret aujourdhuy mis au bas de la .requeste du R. Curé et des venerables Altariens tendante a mesme [fin], auquel les sieurs suppliantz pourront avoir recours, icelluy estant enregistré au greffe episcopal.
Annessy, le XVII mars 1620.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur les originaux insérés dans le Registre de 1613-1622, de l'ancien Evêché de Genève.
LII
PROCÈS-VERBAL DE LA CONSÉCRATION DU MAITRE-AUTEL DE L'ÉGLISE DE NONGLARD
ET CONCESSION D'INDULGENCES A CETTE OCCASION
6 septembre 1620
(EN LATIN)
MDCXX, le 6 septembre, je, FRANÇOIS DE SALES, Evêque et Prince de Genève, ai consacré cet autel en l'honneur des saints Martyrs Victor et Ours, et j'y ai enfermé des reliques des quarante mille Martyrs (note 96). J'ai aussi accordé à tous les fidèles du Christ qui le visiteront aujourd'hui, un an, et à ceux qui le visiteront au jour anniversaire de sa consécration, quarante jours de vraie Indulgence, en la forme habituelle de l'Eglise.
[256] FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'original conservé au presbytère de Nonglard (Haute-Savoie).
LIlI
PERMISSION DE CÉLÉBRER LA SAINTE MESSE DANS UN ORATOIRE
CONSTRUIT SUR LA PAROISSE DE MOYE
22 octobre 1620
(INÉDIT)
Nous permettons la celebration de la sainte Messe en l'oratoire basti au pied de la montaigne, en la parroisse de Moy [257], par le sieur Thomasset; commettans pour la benediction du lieu le sieur Prieur de Rumilly [258] ou le P. Gardien des Peres Capucins de Rumilly [259] ; a la charge que ledit sieur Thomasset ne laissera pas pour cela de rendre son devoir en l'eglise parroissiale du lieu. et que ladite celebration ne se fera en icelle chapelle les festes de commandement et jours dominicaux, sinon par le gré du sieur Curé du lieu [260].
Annessi, le XXII octobre 1620.
FRANçs, E. de Geneve.
LIV
SUPPLIQUE DE MONSIEUR GASPARD QUERLAZ
TOUCHANT LE SERVICE D'UNE CHAPELLE DONT IL ÉTAIT RECTEUR ET DÉCRET ÉPISCOPAL
29 mai 1621
(INÉDIT)
A mon Seigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplie humblement messire Gaspard Querlaz [261], disant qui! y a environ sept ans quil transigea avec messire Bernard de Montpithon, curé de Reyvroz [262], par l'entremise de feu noble Gabriel Querlaz son pere [263]. pour faire l'office en une chapelle soubs le vocable de Nostre Dame de Pitié en l'eglise de Thonon ; a condition quil serait chargé faire l'office en ladicte chapelle l'espace de six ans. moyennant six coppes de froment.
Or. les six ans estantz expirez, ledict Rev. messire Gaspard Querlaz a prié ledict Rd Bernard de Montpithon de desister de faire plus l'office et percepvoir lesdictes six coppes de froment. dautant quil est en aage et qualité de faire sa charge dans ladicte chapelle. A quoy ledict M. de Monpithon respondit quil s'en tiendrait a la cognoissance de Revd messire Jean François de Blonnay. Prieur de Saint Paul (L2, note 323 ; L5, note 675), apres qu'il luy aurait communiqué ses droictz, lesquelz ayant estez veuz par ledict sieur, remonstra audict M. de Montpithon quil avait grand tort dudict Revd messire Querlaz. Surquoy ledict de Montpithon s'en voulut raporter a la cognoissance du Rev. messire Claude de Blonnay, Praefect de la Saincte Maison, et de Rev. messire Jean de Chastillion, Curé de Thonon [264]. lesquelz ayant fait la mesme responce, luy dirent quil estait obligé de quitter lesdictes six coppes de froment audict Mre Querlaz. Neantmoins, s'arrestant suz sa chiganerie, sellon sa coustume, les trois Reverendz seigneurs suz nommés, par accord mutuel des deux parties, ordonnerent que Reverend messire Bernard de Monpithon retireroit pour une fois trois coppes de froment, et quil bailleroit les autres trois audict Mre Querlaz ; lequel neantmoins, apres avoir accepté cest accord faict au prejudice dudict Gaspard Querlaz, refuse de paier lesdicts trois coppes de froment, menaçant de pres ledict Mre Querlaz, et encour de supercidie de ses parens.
Surquoy recourt aux fins quil vous plaise de decreter que ledict Mre Querlaz fera l'office dheu a sa chapelle, ou fera faire par les Rev. Prestres de Sainct Paul, ses compagnons, au mesme lieu de Sainct Paul [265], veu que ladicte chapelle n'a aucun autel erigé dans l'eglise de Thonon depuiz l'heresie. En outre, que vous baillies pouvoir au Juge mage de Chablais [266], de descerner lettres de contraincte contre ledict Mre de Monpithon a paier lesdictes six coppes de froment promptement audict Mre Gaspard Querlaz, faisant paroistre ledict accord audict sr Juge mage.
[267] Le sieur suppliant face ou par luy ou par autruy le service, et pour le surplus soit appellee partie.
Annessi, le XXIX may 1621.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. Théodore de la Rive, à Presinges.
LV
SUPPLIQUE DES PAROISSIENS DE TULLY
AU SUJET DES RÉPARATIONS A FAIRE A LEUR ÉGLISE ET DÉCRET ÉPiSCOPAL
4 juin 1621
A Monseigneur le Rme Evesque et Prince de Geneve.
Supplient en toutte humilité les paouvres et desolés manantz et habitans du village de Tullyer, disantz, comme lhors du restablissement de la religion catolique en Chablais, la cure dudict Tullier estoit teneue et reputée (comme en effect elle est encores de present) pour l'une des meillieures et riches cures quil y aye en Chablais, et l'esglise des mieux ornée et en bon estat.
Cependant, au lieu d'accroistre la devotion auxdicts suppliants et leur laisser ladicte esglise parrochiale en l'estat qu'elle estoit, avec sa cloche de mestail, portes, ferrures et vitriades, nescio quibus actibus, feu messire Jehan Petitjehan, surnommé Pierasset, des Prestres de la Sainte Maison de Compassion [268], auroit, avec beaucoup de compassion des paouvres suppliantz, faict descouvrir ladicte esglise, qui estoit couverte de tuilles a couppes, et icelles faict transmarcher avec les poultres, sommiers et lattes au lieu de la patenerie ; reclamantibus, lacrimantibus et contradicentibus lesdictz paouvres suppliantz, de veoir descouvrir leur esglise et emporter les portes et ferrures pour couvrir et approprier a une patenerie. Exemplo perniciosissimo, heu mesme esgard que telle esglise avoit esté consacrée, et qu'a present elle est le repaire des animaulx, et en tel estat (a correction) que les cheveux dressent a ceulx qui l'ont veu auparavant en si bon estat, se taisantz des vitriades, pour ne sembler voulloir advancer le prouverbe: Quod non capit Christus, rapit fiscus.
Qu'est la cause quilz recourent pour la 3e foys a V. Rme Seigneurie, aux fins quil luy plaise, ce consideré, enjoindre sub gravi pœna excommunicationis, aux Rds Prebtres de ladicte Saincte Maison, qui possedent le revenu de ladicte cure et patinerie, de fere recouvrir ladicte esglise de TuIlier, et la remettre avec ses portes et ferrures au mesme estat et deu qu'elle estoit au paravant le susdict acte scandaleux [269]. Et cet, dans tel delay quil vous plairra sur ce leur prefiger, a peyne de la reduction et saisie du temporel de ladicte cure, quilz tiennent, et a. la concurrence de ladicte reediffication et restablissement, arbitrio proborum, affin d'accroistre par ce moyen la devotion desdictz suppliants, et leur lever tout subject de reclamer et se plaindre de telz actes faictz en ladicte esglise au commencement de leur conversion a ladicte religion catolique, a laquelle ilz desirent vivre et mourir.
Et ilz continueront a prier Dieu pour sa prosperité.
DUSOL.
[270] Enjoint tres expressement au Conseil de la Sainte Mayson (L7, note 720) de faire faire la reparation requise dans deux moys ; a faute dequoy sera prouveu par saysie de revenuz dependans de ladite eglise [271].
A Tonon, le 4 juin 1621.
FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé au 1er Monastère de la Visitation de Paris.
LVI
COMMISSION A MM. DE BLONAY ET DE CHATILLON D'EXAMINER
UNE REQUÊTE DES PAROISSIENS DE LULLY [272]
11 juin 1621
Sur la remonstrance qui nous a esté faite par les parroissiens de Lully, tendante aux fins que le sieur Curé de Fessi [273] envoye chasque jour de Dimanche et feste de commandement son vicaire [274] en leur eglise pour y celebrer la sainte Messe au matin, en faveur de plusieurs personnes qui, pour quelques incommodités, ne peuvent se transporter a l'eglise dudit Fessi; s'offrans iceux parroissiens de tenir ladite eglise de Luly couverte, bien entretenue et meublee a cet effect :
Nous commettons les sieurs de Blonnay, Praefect de la Sainte Mayson (L2, note 148), et le sieur Chatillon, Plebain de Thonon (L5, note 108)), avec pouvoir d'associer tel autre ecclesiastique que bon leur semblera, pour voir de l'incommodité et commodité de la proposition et requisition faite par ceux de Luly, ouïr le sieur Curé de Fessi et lesditz parroissiens, et regler le tout selon qu'ilz verront a faire pour la plus grande gloire de Dieu; et du tout Nous donner advis [275].
Annessi, le XI juin 1621.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Fribourg.
LVII
AUTRE COMMISSION AUX MÊMES CONCERNANT LES SERVICES A FAIRE
POUR LES FIDÈLES INHUMÉS AU CIMETIÈRE DE SAINT-BON
11 juin 1621
Sur la remonstrance a Nous faite a Thonon, tendante aux fins que les ecclesiastiques de la Congregation de Nostre Dame de Thonon [276] ayant a faire celebrer la sainte Messe, et faire la station accoustumee dans le diocese pour les fideles trespassés dont les cors reposent au cimitiere de Saint Bon [277] : Nous commettons les sieurs de Blonnay, Prefect, et de Chatillon, Plebain, pour voir ce qui sera plus a la gloire de Dieu, et ordonner de Nostre part ce qui devra estre observe pour ce regard; et s'il y a de la difficulte, Nous renvoyer leur advis, sur lequel Nous puissions prouvoir.
Annessi, le XI juin 1621.
FRANçs E. de Geneve.
Revu sur une copie déclarée authentique, conservée à Turin, Archives de l'Etat.
LVIII
COMMISSION A M. PIERRE VERNET, CURÉ DE CORBONOD
DE VISITER ET BÉNIR L'ORATOIRE DE GREX
9 avril 1622
(INÉDIT - EN LATIN)
Nous chargeons le vénérable M. le Curé de Corbonod [278] de visiter la chapelle ou oratoire bâti dans la maison de Grex, de M. de Croyson [279] ;et, s'il le trouve commodément installé pour y célé brer le très saint sacrifice de la Messe, qu'il le bénisse sur notre ordre avec la Bénédiction d'un lieu, qui se trouve dans le Missel ou dans le Rituel du diocèse [280]. Cela étant fait, on pourra célébrer le sacrifice de la Messe dans cet oratoire, de telle sorte cependant que rien ne soit enlevé à l'église paroissiale ou à la charge pastorale de Corbonod.
Annecy, 9 avril 1622.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe qui appartenait à Mme la baronne Despine, à Chavanod, près Annecy.
LIX
REQUÊTE DE Mme JEANNE CONSTANTIN ET DE SON FILS
TOUCHANT L'ÉRECTION D'UN ORATOIRE EN LEUR CHATEAU DE MAGNY
ET COMMISSION DE SAINT FRANÇOIS DE SALES AU CHANOINE DE POLLINGE
20 mai 1622
A Monseigneur le Reverendissime Seigneur Evesque et Prince de Geneve.
Supplient humblement damoyselle Jane Constantin et noble Loys Constantin son filz [281], disantz qu'ilz sont en deliberation, tant pour la consolation de leurs ames que pour estre grandement eslognés des aultres eglises, fonder et eriger en leur maison de Magny une chapelle sous l'invocation de la glorieuse Vierge Marie ; ce qu'ilz ne peuvent faire sans permission de Vostre Reverendissime Seigneurie, a laquelle partant ilz recourent.
Aux fins considerees, playse a mondit Seigneur leur permettre l'erection de ladite chapelle, et commettre tel que bon vous semblera pour proceder a la benediction d'icelle ; et aultrement leur prouvoir comme de raison, afin, etc.
DUCIS, secretaire.
[282] Commis le seigneur de Polinge, chanoyne et archidiacre de. Nostre Eglise [283], pour voir si le lieu est propre; et le treuvant tel, le benir Benedictione loci, puis decerner qu'on y pourra celebrer jusques a Nostre visite.
Annessi, xx may 1622.
FRANÇs, E. de Geneve.
Nous, soubsigné, commis pour visiter le lieu supplié, avons icelluy treuvé fort propre et convenable pour la celebration a la sainte Messe; l'ayant a cette fin beni Benedictione loci, et puis permis la dite celebration jusques autrement soit ordonné par Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve [284].
Faict audit Magny, ce 6 juing 1622.
DE CHISSÉ, commissaire deputé.
Revu sur une copie déclarée authentique, de l'Autographe appartenant à M. de Constantin de Magny, château de Magny (Haute-Savoie).
D- DOCUMENTS QUI CONCERNENT DES MEMBRES DU CLERGÉ
I
FACULTÉ ACCORDÉE A M. CHARLES-EMMANUEL GINOD
DE PRÊCHER, EXORCISER ET ADMINISTRER LES SACREMENTS DANS LE DIOCÈSE DE GENÈVE
(MINUTE INÉDITE - EN LATIN)
Annecy, 21 mars 1603.
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, au Très Révérend M. Charles-Emmanuel Ginod, Doyen de l'église de Belley [285], salut abondant dans les entrailles du Christ.
Toute la Loi et les Prophètes (Mt 22,39) enseignent que c'est faire chose très agréable à notre Dieu que de se prêter charitablement secours entre voisins. Puisque donc vous désirez, étant donné le voisinage immédiat du diocèse de Belley et du Nôtre, distribuer parfois le pain de la parole de Dieu et exercer les autres fonctions sacrées aux ouailles et dans les églises à Nous confiées, selon l'opportunité des événements et des temps, sachant que vous avez pour vous l'exemple d'une bonne vie et une parole saine et irréprochable (Tt 2,7):Nous vous accordons dans le Seigneur, par la teneur des présentes, la faculté de prêcher dans Notre diocèse, de chasser les démons par les.exorcismes de l'Eglise et d'absoudre les pénitents en confession, afin que, comme dit l'Ecriture, (Pr 5,16) vos sources se répandent au dehors, et que vos ruisseaux coulent sur les places publiques. Que Dieu, en l'honneur de qui vous travaillez, soit lui-même pour votre œuvre votre très grande récompense (Gn 15,1).
Or, afin que vous sachiez et que tous ceux à qui il appartient sachent aussi que Nous vous avons concédé cette faculté, Nous avons écrit ceci de Notre main, et l'avons signé, en faisant ajouter à cet écrit l'apposition de Notre sceau.
Annecy, 21 mars 1603.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Nantes.
II
TESTIMONIALES EN FAVEUR DU CHANOINE JEAN-FRANÇOIS DE SALES, SON FRÈRE
Dijon, 28 mars 1604.
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, aux Révérendissimes dans le Christ les Ordinaires des lieux et tous autres auxquels parviendront les présentes, .salut abondant dans le Sauveur Jésus.
Jean-François de Sales, Notre frère et chanoine de Notre église cathédrale, voulant aller à Paris pour des raisons connues et approuvées de Nous [286], par les présentes, pour cela signées de Notre main et munies de Notre sceau, Nous certifions et témoignons, autant qu'il est en Nous, que c'est un prêtre exempt de toute censure ecclésiastique et partant digne de toutes les marques d'une chrétienne et sincère dilection.
Dijon en Bourgogne, 28 mars 1604.
Revu sur une copie de l'Autographe conservé à la Visitation de Varsovie.
III
TESTIMONIALES DIMISSOIRES EN FAVEUR DE M. HENRI BARBIER
(INÉDIT - EN LATIN)
Thonon, 11 juillet 1607.
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
Nous certifions par la teneur des présentes que le vénérable et à Nous cher dans le Christ M. Henri Barbier, prêtre de Notre diocèse, a été promu selon toutes les règles canoniques [287], est libre, à Notre connaissance, de toute censure ecclésiastique, n'est entaché d'aucune infamie ou vice répréhensible ; bien mieux, a été approuvé,. par Nos examinateurs synodaux, pour l'administration des Sacrements. Aussi, devant sa requête de vouloir servir Dieu et l'Eglise hors de Notre diocèse, Nous lui avons accordé ces testimoniales dimissoires, par lesquelles Nous souhaitons et demandons que tous les serviteurs du Christ, inférieurs et supérieurs, le considèrent comme à eux recommandé.
Thonon, 11 juillet 1607.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Montpellier.
IV
DÉCRET DONNANT CHARGE A M. JEAN-CLAUDE BLANC CURÉ D'ARITH
DE L'ENTRETIEN DE SON PRÉDÉCESSEUR
Annecy, 19 mai 1608.
[288] FRANÇOIS DE SALES, Evesque et Prince de Geneve par la grace de Dieu et du Sainct Siege Apostolicque.
Nous ayant esté remonstré de la part de messire Pierre Rouffille, prebstre, quil aurait cy devant faict permutation de la cure d'Arit, de laquelle il estait paisible pocesseur et laquelle il avait descervy l'espasse de trente cinq ans, a une chappelle a luy remise en eschange par messire Jehan Claude Blanc, prebstre et curé moderne dudict Arit [289], et que depuis ladicte permutation, a raison d'une maladie, joincte a son vieil aage, qu'il luy serait survenue, il aurait faict despence de toute l'espargne qu'il avait faict en son jeune aage ; si que maintenant il ne luy reste plus aucun moien de pouvoir s'entretenir et secourir en ceste extremité de sa vie, sinon qu'il luy soit par Nous prouveu, attendu que la chappelle sus mentionnee n'est pas de revenu suffisant pour ce faire :
Pour ces causes, lesquelles Nous sont notoires, heu esgard de ladicte vieillesse du suppliant, et a la longueur du service rendu bien et deubuement a ladicte parrochiale d'Arit, comm'aussy a l'inegalité des
benefices eschangés et mentionnés cy dessus, Nous avons ordonné audict messire Blanc, de retirer, nourrir et entretenir convenablement ledict messire Pierre Rouffillie le reste de sa vie durant, sur les fruitz et revenus de ladicte cure d'Arit, lesquels Nous chargeons pour les mesmes causes de l'entretenement du dit messire Pierre Rouffillie, saufz audict messire Jehan Claude Blanc et a ses successeurs, s'il y eschoit, de se prevalloir de ladicte chappelle eschangee, pour fere partie dudit entretenement.
Faict Annecy, le dix neufviesme may mil six centz et huict.
FRANÇS E. de Geneve.
Revu sur l'original appartenant à M. Antoine Despine, à Annecy.
V
COMMISSION A M. SCIPION MACHET, CURÉ DE SAINT-JULIEN
POUR INSTRUIRE LES PROCÈS CONTRE CERTAINS LAIQUES
(INÉDIT)
Annecy, 35 ou 30 (?) juin 1608.
FRANÇOIS DE SALES, Evesque et Prince de Geneve par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique.
Nous commettons par ces presentes, signees de Nostre main et seellees de Nostre seel, venerable sieur Scipion Machet, curé de Saint Julien (note 123), pour informer, appeller, [instruire [290]] toutes procedures, jusques a sentence definitive exclusivement, es contraventions des festes et autres commandemens de Dieu et de la sainte Eglise dont la connoissance appartient a Nostre authorité episcopale, ou purement ou mixtement ; et ce, en ce qui regarde les laicz tant seulement.
Si donnons a iceluy pouvoir de constituer un procureur, substitué du Procureur fiscal de cett'Evesché [291], et un greffier a son choix pour ce regard.
A Neci, le XX [292] juin 1608.
FRANÇS E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Oviedo (Espagne).
VI
POUVOIR D'ADMINISTRER LES SACREMENTS. ACCORDÉ A M. JEAN-PIERRE MOCCAND
(INÉDIT - EN LATIN)
Annecy, 28 septembre 1612.
A Notre bien aimé dans le Christ, le Révérend M. Jean-Pierre Moccand, prêtre [293], Nous accordons le pouvoir d'administrer à son gré les Sacrements dans Notre diocèse, toutes les fois qu'il en sera prié par une église paroissiale, pouvoir qui durera aussi longtemps qu'il paraîtra bon à Nous ou à nos successeurs.
Annecy, 28 septembre 1612.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe appartenant à la famille Moccand, à Sixt (Haute-Savoie).
VII
FACULTÉ DE BINAGE ACCORDÉE AU CURÉ DE PRINGY ET A SON VICAIRE
Annecy, 27 mars 1614.
(INÉDIT - EN LATIN)
Nous accordons la faculté au vénérable curé de l'église paroissiale de Pringy et à son vicaire [294] de célébrer deux Messes aux jours de fête : une dans l'église paroissiale, une autre dans la chapelle de M. de Monthouz [295]. Dans cette chapelle, cependant, une seule Messe, et non deux, sera célébrée, à cause de la très nombreuse famille du dit seigneur de Monthouz. Et cela, jusqu'à ce qu'il soit jugé autrement par Nous ou Nos successeurs.
Annecy, 27 mars 1614 [296].
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. Zeiller, à Lunéville.
VIII
POUVOIR DE PRÊCHER ET D'ADMINISTRER LES SACREMENTS CONFÉRÉ A M. LOUIS CHEVRIER
(INÉDIT - EN LATIN)
Annecy, 29 mars 1614.
Nous accordons le pouvoir de distribuer la parole de Dieu et de conférer les Sacrements dans Notre diocèse, aux conditions ordinaires, au Révérend M. Louis Chevrier (L7, notes 141,162), prêtre légitimement promu par Nous.
Annecy, ce Samedi-Saint 1614.
FRANÇOIS, Evêque de Genève, de Notre propre main.
Revu sur l'Autographe appartenant à Mlle Hélène de Thiollaz, au château de Monpont, près Alby (Haute-Savoie).
IX
DIMISSOIRES POUR LA PROMOTION AUX SAINTS ORDRES DE M. JEAN DE VASSAU
(INÉDIT - EN LATIN)
Annecy, 13 avril 1614.
[297] FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à Notre bien aimé dans le Christ M. Jean de Vassau, natif de la ville même de Genève [298], salut.
Nous savons par le témoignage d'hommes très graves que, rentré, par la souveraine miséricorde du Christ notre Seigneur, dans le sein de notre sainte Mère l'Eglise Catholique, vous désirez être promu aux Ordres ecclésiastiques, et que vous ne pouvez, sans grands inconvénients pour vous, venir les recevoir de Nous. Aussi, par la teneur des présentes, Nous vous accordons pleine liberté de recevoir la cléricature, les quatre Ordres mineurs et même les majeurs, sous-diaconat, diaconat et prêtrise, de n'importe guel Pontife en communion avec le Saint-Siège Apostolique. Nous prions en outre, le Rme Evêque auquel vous vous serez adressé, de vous conférer les Ordres susdits, pourvu que, surtout lorsque vous voudrez être promu au sous-diaconat, il vous reconnaisse les mœurs, la vie, l'honorabilité, la science et le titre ecclésiastique ou temporel qui sont requis : ce que Nous remettons à la conscience du dit Rme Evêque.
Donné à Annecy en Genevois, le 13 du mois d'avril 1614.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE.
Revu sur l'original appartenant à M. l'abbé Bonnefoi, aumônier de l'Hospice de Brioude.
X
AUTRES DIMISSOJRES EN FAVEUR DE M. PIERRE GODET
(INÉDIT - EN LATIN)
Annecy, 7 septembre 1616.
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, au Révérendissime Père et Seigneur dans le Christ, l'Archevêque ou l'Evêque en communion avec le Siège Apostolique, à qui les présentes seront remises, salut abondant dans le Seigneur.
Notre bien aimé dans le Christ Pierre Godet, de Neufchâtel, du diocèse de Lausanne ou Bâle [299], Nous a exposé que, pour certaines raisons, le Saint-Siège Apostolique l'a envoyé vers Nous pour recevoir tous les saints Ordres. Mais comme il ne peut arriver commodément jusqu'à Nous, soit à cause des troubles apportés par la guerre [300], soit à cause de la distance qui sépare sa résidence de la Nôtre, sans grand dommage pour sa bourse et surtout pour ses études : c'est pourquoi, Révérendissime Père et Seigneur dans le Christ, avec tout le respect qui convient, Nous vous déléguons à Notre place, vous accordant le pouvoir de conférer tous les Ordres au dit Pierre Godet, et à lui de les recevoir, en observant cependant tout ce qui est requis par le droit, excepté les interstices, au sujet desquels, si cela vous agrée, vous pourrez dispenser. Mais, avant toutes choses, vous vous assurerez des Lettres Apostoliques par lesquelles il se dit envoyé à Nous pour recevoir tous les Ordres. Nous déchargeons en attendant Notre conscience pour tout ce qui précède.
Annecy en Genevois, 1616, 7 septembre.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE.
Revu sur l'Autographe appartenant à M. le chevalier Louis Azzolini dei Manfredi, à Rome.
XI
AUTRES DIMISSOIRES EN FAVEUR DE M. CLAUDE GARBILLON ETUDIANT A LYON [301]
Annecy, 23 novembre 1616.
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à Notre bien aimé dans le Christ Claude Garbillon, de cette ville d'Annecy, étudiant à Lyon, salut dans le Seigneur.
Vous pouvez légitimement recevoir la tonsure et les Ordres mineurs de n'importe quel Illustrissime et Révérendissime Archevêque ou Evêque catholique que vous préférerez choisir, et qui exerce effectivement son office et soit en communion avec le Siège Apostolique, sans tenir compte des interstices, et malgré le defectus natalium qui vous atteint, au sujet duquel Nous vous dispensons, pourvu que vous soyez reconnu idoine, ce que Nous laissons au jugement de l'Illustrissime et Révérendissime Ordinant. Nous accordons par les présentes pleine faculté à ce Rme Prélat de vous conférer, et à vous de recevoir de lui, les Ordres en question.
Donné à Annecy, le 23 novembre 1616.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
DECOMBA [302].
XII
PATENTES D'INSTITUTION DU CHANOINE FRANÇOIS DE L'ESPINE COMME SURVEILLANT [303]
Annecy, 12 avril 1617.
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à Notre bien aimé dans le Christ. François de l'Espine, Chanoine prêtre de l'Eglise cathédrale de Genève [304], salut et dilection dans les entrailles du Christ.
Telle est l'étendue de ce diocèse et le trouble des événements, qu'écrasé sous le poids de cette charge pastorale je puis à juste titre m'appliquer, après saint Grégoire (S. Greg. Le Gd Regulae pastoralis I,11)cette parole du Psalmiste : Je suis courbé, abattu à l'excès (Ps 37,7 ; 118,107). En pareille circonstance Moïse avait dit : Je ne puis à moi seul supporter tout ce peuple, car il est trop pesant pour moi (Nb 11,14).
C'est pourquoi, parmi mes frères dans le sacerdoce il est à propos d'en choisir quelques-uns que je sais avoir, comme il fut dit à Moïse, la sagesse et l'expérience des vieillards, pour qu'ils portent avec moi la charge du peuple, et que moi, si faible (1 Co 11,30). Je ne sois pas seul à en être accablé.
Or, j'ai jugé, mon Frère, que vous deviez être de ce nombre, et je l'ai décidé, pleinement confiant en votre probité, votre zèle et votre prudence. Je remets donc, et, autant qu'avec l'aide du Seigneur je le peux, j'impose à votre soin particulier et à votre sollicitude les églises dont vous trouverez ci-après les noms. En vertu donc de ces Lettres, vous devrez les visiter au moins deux fois chaque année ; s'il existe quelque lacune, vous la ferez combler, ou quelqu'abus, vous le ferez rentrer dans l'ordre; si parmi les fidèles quelque correction ecclésiastique est nécessaire, vous l'infligerez, et s'il est besoin d'une correction plus énergique vous en déférerez à moi-même.
En outre, vous pourrez absoudre les pénitents des cas à Nous réservés ; dispenser de l'observation des fêtes et du jeûne quadragésimal quand il y aura nécessité ou toute autre cause légitime; commuer les vœux, mais non cependant en dispenser ; bénir et consacrer les ornements, vases, corporaux et autres objets à dédier à Dieu, quand le saint chrême ne sera pas nécessaire.
Vous veillerez enfin avec soin au bien général de ces églises qui vous sont confiées, afin que vous soyez un de ces pasteurs qui passent la nuit dans leurs champs, veillant à la garde de leur troupeau. Et l'Ange du Seigneur se tiendra auprès de vous, et la lumière de Dieu vous environnera (Lc 2,8) ; et ainsi, tandis que vous m'aiderez et me soutiendrez dans la charge où je succombe, nous nous donnerons un mutuel appui ; comme si nous marchions sur un chemin glissant, nous nous tiendrons par la main, et nos pieds se pose ront avec d'autant plus d'assurance que nous aurons l'un pour l'autre plus de charité et de confiance.
Cependant, afin que les intéressés sachent que vous avez le pouvoir de remplir les fonctions indiquées plus haut, Nous avons signé de Notre propre main et ordonné l'apposition de Notre sceau.
Annecy, 12 avril 1617.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
[305] Cernex, Cruseilles, Saint Blaise, Copponex, Andilier et Saint Simphorien, Minzi, Jonzi, Chavanaz, Marlie, Contamine,
Revu sur une copie qui appartenait à M. le chanoine Jean-Marie Chevalier, ancien aumônier de la Visitation d'Annecy.
MINUTE DE LA PIÈCE PRÈCÈDENTE
(EN LATIN)
FRANÇOIS, par la grâce de Dieu et du Siège ApOstolique Evêque et Prince de Genève.
Révérend Seigneur,
Telle est l'étendue de ce diocèse et le trouble des événements et des temps, qu'écrasé par le poids énorme de cette charge pastorale je peux à juste titre m'appliquer, après saint Grégoire, cette parole du Psalmiste royal: Je suis courbé et abattu à l'excès (Ps 37,7 ; 118,107). Sur cette haute mer, en effet, je suis battu par des vagues si violentes, qu'il me semble impossible de conduire au port ma vieille barque en maints endroits vermoulue et qu'il est à craindre que la tempête ne me submerge (Ps 68,3). C'est avec raison que presque en pareille circonstance Moïse avait dit : Je ne puis à moi seul supporter tout ce peuple, car il est trop pesant pour moi (Nb 11,14).
C'est pourquoi, parmi mes frères dans le sacerdoce, il est à propos d'en choisir quelques-uns que je sais être, comme il fut dit à Moïse, des anciens dans le clergé, par la maturité et l'expérience, afin qu'ils portent avec moi la charge du peuple (Nb 11,16)et que moi, si faible et infirme, je ne sois pas seul à en être accablé (1 Co 11,30).
J'ai jugé, mon Frère et coopérateur dans le sacerdoce, que vous deviez être de ce nombre, et je l'ai décidé, pleinement confiant du reste, dans votre probité, votre prudence et votre zèle pour la maison du Seigneur.
C'est pourquoi je remets et, autant qu'avec l'aide de Dieu je le puis, j'impose à votre soin particulier et à votre sollicitude les églises paroissiales dont vous trouverez ci-après les noms. En vertu donc de ces Lettres et en mon nom, vous devrez les visiter au moins deux fois chaque année; s'il existe quelque lacune, vous la ferez combler, ou quelqu'abus, vous le ferez rentrer dans l'ordre; si parmi le clergé ou les fidèles quelque correction ecclésiastique est nécessaire, vous l'infligerez avec de salutaires paroles et avertissements. Quand les monitions seront sans effet, vous en défèrerez le plus tôt possible à moi-même, afin que je puisse employer une correction plus énergique.
En outre, vous pourrez absoudre les pénitents sincères de ces paroisses des cas à Nous réservés; commuer leurs vœux, non cependant en dispenser ; dispenser de l'observation des fêtes et du jeûne quadragésimal, quand il y aura nécessité ou autre cause légitime. Vous pourrez aussi consacrer et bénir les ornements, vases et autres objets à dédier à Dieu, dans la bénédiction desquels n'intervient pas l'usage du saint chrême, et même les corporaux.
Vous veillerez enfin avec soin au bien général de ces paroisses qui vous sont confiées, et vous serez un de ces pasteurs qui passaient la nuit aux champs, veillant à la garde de leur troupeau. Et l'Ange du Seigneur se tiendra auprès de vous, et la lumière de Dieu vous environnera (Lc 2 ,8), afin que vous remplissiez votre ministère et fassiez l'œuvre d'un prédicateur de l'Evangile (2 Tm 4,5)ainsi vous m'aiderez et me soutiendrez dans une charge où sans cela je succomberais. Nous donnant un mutuel appui, et comme si nous marchions sur un chemin glissant, nous nous tiendrons par la main, et chacun aura d'autant plus d'assurance qu'il s'appuiera avec plus de confiance sur l'autre, [306]jusqu'à ce que, avec l'aide de Dieu, Prince de tous les pasteurs (1 P 5,4), nous quiparticipons à ses labeurs, ayons part à ses consolations (2 Co 1,7).
Cependant, afin que tous les intéressés sachent que vous pouvez remplir ces fonctions et user des pouvoirs susdits, Nous avons signé ces lettres de Notre propre main et Nous avons pris soin d'y faire apposer Notre sceau.
XIII
SUPPLIQUE DE M. PIERRE VALLET, CURÉ DB VACHERESSE
ET CONSENTEMENT DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
19 juillet 1617
A Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplie humblement messire Pierre Vallet, curé de Vacheresse, disant qu'il est chargé de dire deux Messes le Dimanche et festes, sçavoir : en l'eglise dudict Vacheresse (note 97), et Bonnevaulx, distant d'envyron deux lieües ; de façon qu'il est contrainct le plus souvent d'aller audict Bonnevaulx le soir devant, pour y estre plus matin, a fin d'y rendre le debvoir, et retourner'audict Vacheresse : chose a luy fort incommode [307], sinon qu'il playse a Vostre Seigneurie Reverendissime de luy permettre de souper ou fayre collation a l'hostellerie dudict Bonnevaulx, sans en abuser, mays fayre comme un bon ecclesiastique.
[308] Nous permettons selon la requeste, et que le tout se passe sans abus et scandale.
A Saint Paul, le XIX juillet 1617.
FRANÇs, E. de Geneve.
XIV
TESTIMONIALES EN FAVEUR DE M. JACQUES DELÉGLISE [309]
(INÉDIT – EN LATIN)
Annecy, 9 septembre 1618.
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Aposto lique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui verront les présentes, salut abondant dans le Christ.
Nous avons accordé ces lettres, signées de Notre main et munies de Notre sceau, au vénérable M. Jacques Deléglise, prébendé de Notre Eglise cathédrale, lequel part pour certaines affaires personnelles et retournera bientôt. Nous témoignons qu'il a vécu honnêtement tout le temps qu'il est demeuré près de Nous, et qu'il a de même rempli sa charge, en sorte qu'il mérite d'être largement recommandé à tous, ce que Nous faisons.
Annecy en Genevois, le 9 septembre 1618.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE.
Revu sur l'original conservé à la Visitation de Gennes.
XV
TESTIMONIALES EN FAVEUR DE M.GASPARD PERRUCARD DE BALLON PRÉSENTÉ AU SAINT-
SIÈGE POUR COADJUTEUR, AVEC FUTURE SUCCESSION, DE L'ABBÉ DE CHÉZERY
(MINUTE INÉDITE – EN LATIN)
[Annecy, mai-mi-octobre 1618 [310].]
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
A tous ceux qui verront les présentes Nous attestons que le Révérend M. Louis de Perrucard, Abbé commendataire du Monastère de Chézery, de l'Ordre de Cîteaux, dans Notre diocèse de Genève [311], Nous a demandé, avec toute l'humilité convenable, d'ac corder un témoignage authentique et, basé sur la vérité, au sujet de la naissance, de la foi, de la vie, des mœurs et de la doctrine de Notre bien aimé dans le Christ M. Gaspard de Perrucard, qu'il désire voir notre Très Saint Père le Pape lui donner et assigner comme coadjuteur dans le gouvernement du dit Monastère, avec future succession.
Aussi, avant toutes choses, Nous avons entendu M. Gaspard, personnellement présent, et à genoux devant Nous, réciter mot à mot avec humilité et dévotion, la profession de foi selon la forme prescrite par Sa Sainteté Pie IV dans la Bulle Injunctum Nobis (du 13 avril 1564), et avons reçu son serment, tel qu'il est indiqué au bas de ladite formule.
Quant au reste, Nous savons et témoignons en toute vérité que M. Gaspard est né dans ce diocèse, d'illustres et, ce qui vaut bien mieux, de catholiques et très pieux parents [312] ; que dès son enfance il s'est adonné à la piété et aux lettres avec un tel profit. que. proclamé docteur à l'Université d'Avignon [313], il a atteint une connaissance plus qu'ordinaire de la théologie. Aussi l'estimons-Nous digne d'être promu à l'abbatiat en question, surtout parce que le Révérend M.Louis de Perrucard, s'appuyant sur la puissance de son frère et des siens, a si heureusement et fortement administré ce Monastère et sa juridiction temporelle (laquelle en grande partie s'exerce non seulement à proximité des hérétiques, mais chez eux) qu'en ces temps calamiteux rien, semble-t-il, ne peut arriver de plus heureux que de voir son neveu lui être adjoint comme coadjuteur, lequel étant le continuateur de son zèle et de sa vertu, deviendra son successeur dans le titre lui-même.
Quoique M. Gaspard ait un pied endommagé, il ne boite cependant pas au point que sa démarche soit difforme et incompatible avec la dignité abbatiale.
C'est pourquoi, si le Saint-Siège Apostolique y consent, cette grâce accordée au susdit Abbé et à sa famille sera considérée comme accordée à bon droit à des gens bien méritants de la religion catholique, et comme devant être très utile au Monastère et à tous ses sujets et clients.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
XVI
CONFIRMATION DE L'ÉLECTION DE M. JEAN MOCCAND CURE D ABONDANCE
POUR LA VISITE DU DISTRICT D'ÉVIAN
(EN LATIN)
Annecy, 22 juillet 1620.
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à Notre bien aimé dans le Christ M. Jean Moccand, curé de l'église paroissiale d'Abondance (note 246), salut abondant dans le Seigneur.
Il Nous a été très agréable que la Congrégation des prêtres du district d'Evian, établie avec Notre approbation, vous ait choisi pour visiter, selon ses Règles approuvées aussi par Nous [314], les églises et les personnes ecclésiastiques de tout le district qui sont soumises à la juridiction épiscopale. Et, pour que vous vous employiez à cette mission d'une manière plus efficace, Nous vous accordons par les présentes le pouvoir de faire chacune de ces visites et d'ordonner ce qui vous semblera opportun. Nous commandons à tous ceux que cela regarde, d'écouter les corrections que vous ferez, et d'exécuter ce que vous aurez conseillé, car votre piété, votre zèle et votre prudence Nous sont un sûr garant que vous vous acquitterez de ces offices pour la gloire de Dieu.
Annecy, 22 juillet 1620.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe qui appartenait à M. le chanoine Collonges, ancien aumônier de la Visitation de Chambéry.
XVII
TESTIMONIALES DE LA TONSURE CONFÉRÉE A JEAN SCOZIA, A PIGNEROL
(EN LATIN)
Pignerol, 5 juin 1622.
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, et exerçant les pontificaux dans l'Eglise cathédrale du Monastère nullius diœcesis de Notre-Dame de Pignerol, province de Turin (L10, note 687), du consentement du commendataire, l'Illustrissime et Révérendissime Cardinal Borghese [315].
Qu'il soit connu de tous que Nous, le dimanche 5 juin 1622, indiction cinquième, dans l'église susnommée, avons donné la cléricature et la première tonsure régulièrement et légitimement à Notre bien aimé dans le Christ Jean Scozia, jeune écolier de Pignerol, né de légitime mariage, présent, voulant et désirant embrasser la carrière ecclésiastique. Par les présentes Nous annonçons et déclarons son ordination [316].
Furent présents comme témoins appelés et priés : MM. Christophe Bersatore [317] et Jean-François Gay [318], prêtres de Pignerol.
Donné comme dessus, sous Notre sceau particulier, en témoignage de ce qui précède.
Par l'Illme. et Révme.
Evêque susnommé.
CALUSIO [319].
Revu sur l'original conservé à la Visitation de Pignerol.
E - DOCUMENTS QUI CONCERNENT DES RELIGIEUX
PROCÈS-VERBAL DE LA PREMIÈRE ABJURATION DE L'EX-JÉSUITE CLAUDE BOUCARD [320]
(INÉDIT – EN LATIN)
Thonon, 15 juin 1608
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux à qui parviendront les présentes, salut abondant dans le Christ.
Il y a quelques années, Claude Boucard, de Verdun, alors Religieux de la Compagnie de Jésus, abandonna, par suite de la fragilité de l'esprit humain, l'Eglise Catholique pour l'hérésie de Calvin, et demeura ainsi quelque temps au bord des fleuves de Babylone (Ps 136,1), dans les tentes des hérétiques (Ps 83,11). Mais enfin, trouvé et prévenu (Is 65,1 ; Rm 10,20) par le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation (2 Co 1,3), touché aussi du souvenir salutaire de la religion chrétienne, rentrant en lui-même et se levant, de son propre et libre mouvement il résolut sérieusement de retourner au Père céleste et à son Epouse très sainte, notre mère l'Eglise (Lc 15,17).
C'est pourquoi aujourd'hui, 15 juin, troisième dimanche après la Pentecôte, jour où se rencontre la lecture de l'Evangile qui parle du recouvrement joyeux de la brebis et de la drachme perdues (Lc 15,1), dans l'église de Notre-Dame de Compassion ou des Sept-Douleurs, de Thonon [321], le susdit Claude Boucard a comparu en personne devant Nous, de son propre et libre mouvement, et, pour réjouir par son retour l'Eglise qu'il avait contristée par son départ, il a confessé publiquement, devant tout le peuple assemblé, son péché et son injustice (Ps 31,5), en demandant et suppliant d'être réconcilié avec Dieu et notre sainte mère l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine.
Et Nous, qui avions reçu du Saint-Siège Apostolique, par lettres à Nous adressées par l'Illme et Rme Mgr Pierre-François, Evêque de Savone, Nonce de notre Très Saint Père le Pape auprès du Sérénissime Duc de Savoie [322], la plus ample faculté particulière et nominale de recevoir, absoudre et réconcilier ledit Claude Boucard, Nous l'avons entendu abjurer, condamner et anathématiser toute hérésie, surtout celle de Calvin, et avons reçu sa profession solennelle de foi catholique et d'obéissance au Siège Apostolique.
Alors, comme conséquence, en vertu du pouvoir Apostolique à Nous concédé et commis pour cette affaire, Nous avons absous le même Boucard selon toutes les règles et prescriptions des lois et du droit, dans le for intérieur et extérieur, de toutes les censures, absolument, par lui encourues à cause de son hérésie ; Nous l'avons ensuite, en vertu de la même autorité, dispensé au sujet des irrégularités par lui contractées; enfin, Nous l'avons libéré entièrement du lien du vœu simple qu'il avait émis dans la Compagnie de Jésus, déclarant, comme Nous le déclarons par les présentes, qu'il n'est plus tenu dorénavant par aucune des lois de la Compagnie de Jésus, mais qu'il doit être considéré par tout le monde comme un vrai clerc et prêtre séculier, capable et participant de tous les privilèges concédés aux prêtres légitimes et honnêtes. En vertu de la même autorité Apostolique, dont Nous sommes revêtu pour cette affaire, Nous défendons sévèrement à tous magistrats et seigneurs, tant ecclésiastiques que laïques, de quelque rang et ordre qu'ils soient et sous aucun prétexte, soit en justice, soit ailleurs, de susciter aucun ennui, procès ou préjudice au sujet de l'apostasie, hérésie, excommunication et de toutes censures encourues en quelque façon que ce soit par ledit Claude.
Bien au contraire, Nous exhortons vivement tous les chrétiens du monde à exercer tous les offices possibles de charité envers celui qui est maintenant le Révérend M. Claude Boucard, prêtre et docteur en théologie, de même que Nous le bénissons du fond du cœur par les prières que nous adressons pour lui au Dieu tout-puissant.
Et pour que tout ce qui précède soit certifié d'une manière indubitable, Nous avons signé les présentes et les avons fait signer par Notre secrétaire [323] et munir du sceau dont Nous Nous servons. dans les cas semblables.
Thonon, en Savoie, 15 juin 1608.
Revu sur une copie conservée à Paris, Archives Nationales.
MINUTE DE LA PIÈCE PRÉCÉDENTE
(INÉDIT – EN LATIN)
Thonon, 15 juin 1608
A tous ceux à qui parviendront les présentes, salut abondant dans le Christ.
[324]Claude Boucard, de Verdun, ayant, par suite de la faiblesse de l'esprit humain, abandonné, il y a quelques années, la religion catholique pour l'hérésie de Calvin, fut enfin retrouvé par Celui qu'il ne cherchait pas (Is 65,1 ; Rm 5,20), et prévenu des bénédictions de sa douceur (Ps 20,4), en sorte que, touché dans son cœur d'une salutaire douleur (Gn 6,6), il se mit, il n'y a pas longtemps, à méditer sérieusement son retour dans le sein de l'Eglise Catholique. Or, ses pensées ne furent pas des pensées humaines, mais celles mêmes de ce Père qui pense des pensées de paix et non d'affliction (Jr 29,11). Aussi mit-il en œuvre ce qu'il avait conçu en pensée. et conduit par le Dieu très bon, il se présenta à Nous de son propre et libre mouvement. Nous avons reçu son serment solennel de professer et défendre désormais la foi catholique et l'obéissance au Siège Apostolique.
Alors, comme conséquence... [La suite de cette minute ne présente guère que des inversions et quelques changements de mots avec le texte définitif; nous renvoyons donc à la traduction précédente]
Revu sur l'Autographe conservé dans l'église des RR. PP. Jésuites de Huesca (Espagne).
NOTES POUR LE PROCES-VERBAL DE L' ABJURATlON DE L'EX-FRÈRE MINEUR, PIERRE GILLETTE
15 juin 1608 [325]
(MINUTE INÉDITE – EN LATIN)
P. Gillette
1. De l'Ordre des Mineurs de l'Observance, alors profès.
2. Enfin, par la même autorité, Nous lui avons concédé d'aller et venir, librement et sans reproche de la part de quiconque, avec le costume des clercs et prêtres séculiers, pendant toute cette année 1608. Nous avons déclaré, comme Nous le faisons par les présentes, que pendant tout ce temps il ne peut être obligé ou tenu à porter l'habit religieux ou à obéir aux Supérieurs réguliers.
3. Soit aux séculiers, soit aux réguliers de tout Ordre.
4. Ou le port du costume séculier pendant toute cette année.
…………………………………………………………………………
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
III
PROJET DE TRANSACTION ENTRE LES CARMÉLlTES DE DIJON ET MADAME JEANNE CHEVRIER
[22-29 octobre] 1609 [326]
(MINUTE INÉDlTE)
Pour terminer le different survenu entre les venerables Seurs Prieure [327] et Religieuses Carmelites deschaussees de Dijon d'une part, et Dlle Seur Jeanne Chevrier d'autre part, sur ce que ladite Dlle Chevrier demandoit restitution de l'habit de Novice de l'Ordre desdites Carmelites, qu'elle disoit luy avoir esté osté [328] . . . . . . . . . . . . . par lesdittes Prieure et Religieuses : elles ont ce jourdhuy declairé par devant moy, notaire royal soussigné, en presence des tesmoins au bas nommés, et par l'advis de R. P. en Dieu M. François de Sales, Evesque de Geneve, que dautant que ladite Dlle Jeanne Chevrier est leur bienfactrice, les ayant appellees, receues et logees en sa mayson de cette ville de Dijon, et qu'en trois ans qu'elles l'ont gardee entr'elles elles l'ont reconneüe fort vertueuse, devote et affectionnee a leur Ordre, elles consentent que l'habit dudit Ordre luy soit redonné, pour [329] iceluy porter par devotion tant qu'elle voudra [330].
Et outre ce, consentent que tout ce qu'elle leur a donné et fourni pour leur usage, tant en meubles qu'immeubles, luy soit rendu et restitué; et qu'a ces fins laditte damoyselle face un estat de tout ce qu'elle pensera avoir donné ou delivré a leur prouffit, lequel soit remis es mains de personnes notables, telles que ledit seigneur Evesque de Geneve nommera, par l'advis desquelz la restitution puisse estre reglee ; declarant de plus, lesdittes venerables Prieure et Religieuses, de ne se vouloir servir ni ayder de la donation qui leur avoit ci devant esté faitte par laditte damoyselle Chevrier, ains consentent qu'elle soit comme non advenue et s'en despartent a son prouffit [331] : ce qu'elles pro mettent faire appreuver et ratifier par leurs Superieurs [332] dans un moys.
Et pour satisfaire a tout ce que dessus [333]…………………………………………….
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
IV
LETTRES DÉCLARANT NULLE LA PROFESSION DE FRANÇOIS BOCHATTON
CORDELIER DU COUVENT DE CLUSES
(EN LATIN)
19 juin 1610
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève ; Frère Jean Migniot, maître en sacrée théologie et humble Gardien de la maison des Frères de Saint-François [334], appelés de Saint-François de l'Observance, de la ville de Cluses, diocèse de Genève ; Jean Favre, docteur en l'un et l'autre droit, Prieur commendataire du prieuré de Notre-Dame d'Alondaz, chanoine de l'église de Genève, Vicaire et Official général (L2, note 325), Commissaires apostoliques députés respectivement dans cette affaire par le Saint-Siège Apostolique : à tous et chacun qui examineront, verront, liront et entendront lire les présentes lettres, salut dans le Seigneur.
Ayant, par Nous-mêmes, vu, luet examiné avec soin les Lettres Apostoliques à Nous respectivement adressées et à Nous transmises par le Siège Apostolique, les unes en forme de Bulles sub plumbo, datées de Tivoli ; l'an de l'Incarnation du Seigneur mil six cent neuf, le sept des calendes d'octobre, la cinquième année du Pontificat de notre Très Saint Père le Pape, par la divine Providence Paul V ; les autres en forme de Bref, sous l'anneau du Pêcheur, et datées de Rome, près de Saint-Pierre, le douze mars 1610, l'année cinquième du Pontificat du même Paul V, expédiées dans les règles, non viciées ni portant de ratures ou suspectes en quelque point, parle Révérend François Bochatton, prêtre de ce diocèse de Genève, obtenues du Saint-Siège Apostolique et à Nous présentées ; ayant aussi vu les dépositions de témoins et informations prises et reçues à l'instance du même Révérend François, desquelles il conste clairement; soit de ce qui est contenu et raconté dans les susdites Lettres Apostoliques, soit de la réclamation de ce même François faite secrètement et extrajudiciairement, ante quinquennii lapsum [335] ; ayant en outre observé la forme prescrite dans les susdites Lettres, appelé ceux qui devaient être appelés, vu ce qui devait être vu et considéré ce qui, d'après le droit, devait être considéré, ayant devant Nous le Révérend François en habit et tonsure de son Ordre [336] :
Nous, Commissaires apostoliques respectivement délégués dans cette affaire, comme procédant de droit à l'exécution des Lettres Apostoliques, Nous prononçons, décrétons et déclarons, en vertu de l'autorité Apostolique dont Nous sommes revêtus, que la profession autrefois émise par le Révérend François Bochatton (après l'avoir restitué in integrum adversus lapsum quinquennii, comme Nous le restituons,) a été et est nulle et invalide, et d'aucune force ou consistance, parce que faite avant l'âge légitime et sous l'inspiration de la violence et de la crainte. Par suite, il n'est nullement tenu ou lié envers l'Ordre ou la Religion spécialement ou généralement, mais il a pu par le passé et peut dans l'avenir, librement et licitement, retourner au siècle et y demeurer comme prêtre séculier ; il a pu et peut aussi obtenir et retenir n'importe quels bénéfices, et personne n'a le droit de l'inquiéter ou troubler là-dessus.
En foi et témoignage de toutes les choses qui précédent et de chacune en particulier, Nous avons fait rédiger. ces présentes, signées par Nous, et les avons fait munir du sceau dont se sert le Révérendissime Evêque et Prince de Genève dans les cas semblables.
Donné dans la ville d'Annecy, du dit diocèse, le 19 du mois de juin, de l'an du Seigneur 1610.
FRANÇOIS, Evêque de Genève, délégué Apostolique.
J. FAVRE. Vie. gén., délégué Apostolique.
Frère JEAN MIGNIOT. Gardien du couvent de Clm,es, délégué Apostolique.
Moi, Claude de Quoex, premier collatéral en la Chambre du Conseil du duché de Genevois (L2, note 95), j'ai assisté à tout ce qui a été dit plus haut. C. DE QUOEX.
Moi aussi, Michel Favre, prêtre du diocèse de Genève (L7, note 532). j'ai assisté à tout ce qui a été dit plus haut. M. FAVRE.
Moi aussi, Pierre Thibaud. secrétaire ordinaire du Rme Seigneur Evêque (L3, note 477). j'ai assisté à tout ce qui a été dit plus haut. THIBAUD.
DUMONT, secrétaire de l'Evêché de Genève [337].
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1601-1612. de l'ancien Evêché de Genève.
POUVOIRS ACCORDÉS A DES PÈRES CAPUCJNS DU DIOCÈSE DE GENÈVE
(EN LATIN)
17 mai 1612
FRANÇOIS, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, aux Révérends Frères dans le Christ, de la Mission apostolique de l'Ordre des Capucins demeurant dans Notre diocèse [338], salut abondant dans le Christ.
A vous tous qui avez été élus par vos Supérieurs pour prêcher la parole de Dieu ou administrer les Sacrements dans ce diocèse, Nous aussi vous accordons la même faculté, approuvant leur élection au nom du Seigneur. En outre, à vous, comme à Nos vicaires que Nous députons spécialement pour cela. Nous vous chargeons de Nous remplacer pour l'absolution de toutes irrégularités contractées à l'occasion de crimes cachés, excepté l'homicide volontaire réellement commis, selon la concession à Nous faite par le très saint Concile de Trente (Sess 14, de Paenit. 7 et 11).
Annecy, 17 mai 1612.
FRANÇOIS, Evêque de Genève, de Notre propre main.
Au P.Maurice de la Morre,
Prédicateur de l'Ordre des Capucins (L3, note 179)
Revu sur l'Autographe conservé au 2" Monastère de la Visitation de Marseille.
VI
POUVO1R ACCORDÉ A DOM JEAN DE SAINT-PASTEUR
PRIEUR DES FEUILLANTS D'ABONDANCE ET A SES SUCCESSEURS
(EN LATIN)
18 mai 1612
FRANÇOIS, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à notre bien aimé dans le Christ le Très Révérend Frère Dom Jean de Saint-Pasteur, Prieur du Monastère de Notre-Dame d'Abondance [339], de Notre diocèse, et de l'Ordre des Feuillants, salut.
Comme vous avez coutume de mettre un grand soin à choisir parmi vous les Religieux destinés à prêcher l'Evangile et à administrer les Sacrements, Nous vous accordons, à vous et à vos successeurs, d'employer à ces ministères dans Notre diocèse, aux conditions requises, les prédicateurs et confesseurs par vous approuvés et désignés, convaincu que rien d'inconsidéré ne sera fait par vous en une si grave affaire. Aussi, ceux que vous approuverez, Nous les approuvons; ceux que vous enverrez ainsi dans la moisson à Nous confiée (Mt 9,17), Nous les envoyons et les réputerons comme envoyés par Nous. Cependant, malgré tout cela, il Nous sera loisible, au cas où Nous le jugerions à propos, d'interdire cette mission : ce que toutefois Nous avons confiance de n'avoir jamais à faire.
Donné à Annecy, 18 mai 1612.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
VII
TESTIMONIALES EN FAVEUR DE DEUX CORDELIERS DU COUVENT D'ANNECY
SE RENDANT EN CELUI DES RÉCOLLETS DE GRENOBLE OU AUTRE DE LA MÊME OBSERVANCE
[Entre le 8 mars et le 15 avril ?] 1613 [340]
(MINUTE INÉDITE- EN LATIN)
Le Frère N. et le Frère N. voulant se rendre à Grenoble ou dans tels autres lieux où se trouve un couvent des Frères Mineurs de l'Observance régulière. vulgairement appelés Récollets [341]. dans le but de s'affilier, si possible, à cette branche, Nous ont demandé de les recommander par des lettres testimoniales auprès des Supérieurs de cette observance.
Aussi, condescendant à leurs vœux pieux, Nous certifions, par la teneur des présentes. que les susdits Frères N. et N. nés dans ce diocèse de parents catholiques, ont habité de longues années le monastère de Saint-François de cette ville (L7, note 771) comme Religieux profès, et n'ont donné, que Nous sachions, aucun scandale ni aux autres Religieux, ni aux fidèles de la ville, des bourgs ou des villages voisins ; bien plus. ont répandu pareillement partout la bonne odeur du Seigneur (2 Co 2,15), en sorte qu'ils semblent dignes de toute créance et charité (1 Tm 1,15 ; 4,9).
Annecy……………
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
RATIFICATION DE L'ÉLECTION DE FRÈRE MAXIMIEN DE MOULINS, CAPUCIN
DÉPUTÉ PAR LE CLERGÉ DU BAILLIAGE DE GEX AUX ETATS GÉNÉRAUX
31 juillet 1614
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, au R. Pere en Nostre Seigneur, le P. Frere Maximian de Moulins, prestre et prredicateur de l'Ordre des Capucins [342].
Ayans sceu que le venerable Clergé du balliage de Gex de ce Nostre diocaese avoit fait choix de vostre personne pour, en son nom, vous acheminer et presenter aux Estatz, tant de Bourgoigne que generaux de France, qui, par le commandement du Roy, se doivent bien tost celebrer [343] : Nous avons icelle election et nomination de vostre personne advoüee, appreuvee et ratifiee, comme par les presentes Nous confirmons, vous nommant aussi, entant quil Nous compete, pour estre auxditz Estatz, dire, remonstrer, requerir et faire a Nostre nom et dudit Clergé de Gex dependant de Nostre charge, tout ce quil conviendra pour le juste soustenement et accroissement de tout ce qui regarde le saint service de Dieu et de l'Eglise audit balliage de Gex.
Fait a Nessi en Genevois, le XXXI julliet 1614.
FRANÇS, E. de Geneve.
FAVRE [344].
Revu sur l'Autographe conservé à Paris, Archives nationales, Musée, n° 781.
.
POUVOIRS ACCORDÉS AU PÈRE ANDRÉ DE CONSTANCE
DU TIERS-ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS [345]
13 octobre 1615
(INÉDIT- EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à notre bien aimé dans le Christ le Père Frère André de Constance, du Tiers-Ordre de Saint-François, salut abondant dans le Christ.
Comme, à ce qui Nous a été rapporté par un témoignage digne de foi, depuis déjà une année entière vous avez très religieusement vécu à Cusy, en administrant, avec Notre permission, les Sacrements et la parole de Dieu partout où vous étiez appelé : pour ce motif Nous vous accordons la faculté de séjourner à Cusy, d'y conférer les Sacrements et prêcher la parole de Dieu, ainsi que d'absoudre des cas à Nous réservés ; faculté dont vous pourrez librement user dans tout Notre diocèse, pourvu que les recteurs des églises paroissiales y consentent. Nous exceptons cependant la seule paroisse de Cusy, dans laquelle, pour des raisons à Nous connues, Nous voulons que, même sans attendre ou demander la permission du recteur de l'église de cette paroisse [346], vous puissiez librement user de la susdite faculté, de façon toutefois à éviter tout scandale.
Nous avertissons en même temps Votre Révérence, ce que vous faites du reste, de tempérer la science, qui autrement enfle, par la charité qui édifie, en sorte que votre charité illuminée par la science et votre science enflammée par la charité, tournent au salut du peuple et à l'honneur et à la gloire du Christ Notre Seigneur. Sur ce, Nous vous bénissons.
Annecy, 13 octobre 1615.
FRANÇOIS, Evêque de Genève, de Notre propre main.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy
VOIR LE FAC – SIMILE DE CETTE LETTRE SUR LA PAGE SUIVANTE
X
PROCÈS-VERBAL DE LA SECONDE ABJURATION DE M. CLAUDE BOUCARD [347]
Mi-février-mars 1617
(MINUTE INÉDITE - EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève; à tous ceux qui verront les présentes Nous faisons savoir et témoignons que, le jour, le mois et l'année ci-dessous, Notre bien aimé dans le Christ Claude Boucard a comparu devant Nous ici, à Grenoble, et Nous a demandé de daigner l'absoudre, dans le for intérieur et extérieur, de l'excommunication et des autres censures et peines ecclésiastiques [348]dont il s'avouait chargé pour crime d'hérésie et de profession d'hérésie.
Faisant bon accueil à cette demande, Nous appuyant sur l'autorité Apostolique à Nous confiée en cette matière [349], mais ne voulant rien faire de téméraire là-même, Nous avons examiné ledit Claude ainsi qu'il suit. Nous l'avons entendu lire sa formule [350] et abjurer, détester et anathématiser toutes les hérésies, surtout celle de Calvin. Ensuite Nous avons reçu son serment de se maintenir toujours dans la foi et l'unité de l'Eglise Catholique, Apostolique, Romaine. Enfin, après lui avoir imposé une salutaire pénitence, Nous l'avons régulièrement et légitimement absous, dans le for intérieur et le for extérieur, de toutes les censures et peines qu'il avait en droit encourues à cause de son hérésie et profession d'hérésie, et Nous avons prononcé son absolution.
En témoignage de tout cela, Nous avons ordonné qu'on l'écrivit, Nous l'avons soussigné et fait munir de Notre sceau.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
PROCÈS-VERBAL DE LA CONSÉCRATION DE L'ÉGLISE DES CAPUCINS DE THONON
9 juillet 1617
(EN LATIN)
L'an de l'Incarnation du Seigneur 1617, le 9 du mois de juillet, le Révérendissime seigneur FRANÇOIS DE SALES, Evêque de Genève, a consacré l'église des Frères Capucins de Thonon (L8, note 64), et l'a dédiée au Bienheureux François et au Bienheureux Amédée ; le même jour, il a consacré deux autels et les a dédiés à la Conception de la Bienheureuse Marie et au Bienheureux Charles [Borromée], après y avoir renfermé des reliques des Bienheureux Martyrs de la Légion Thébaine et des dix mille Martyrs (note 96), et une éponge imbibée du sang de saint Charles.
Etaient présents le R. P. Dominique de Chambéry, Commis saire général de la Province de la Mission (L7, note 475 ; L10, note 57), et le R. P. Dominique, Gardien du couvent de Thonon [351]
XII
PERMISSION POUR UN VOYAGE A LYON ACCORDÈE AU PÈRE ANDRÉ DE CONSTANCE
DU TIERS-ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS
2 novembre 1617
(INÉDIT – EN LATIN)
Au vénérable Père Frère André de Constance, Nous accordons la permission de se rendre à Lyon pour une vingtaine de jours,. à cause d'affaires à y traiter.
Annecy, 2 novembre 1617.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
XIII
LETTRES DE RECOMMANDATION EN FAVEUR D'UN QUÊTEUR
DE L'HOSPICE DU GRAND SAINT-BERNARD
[1617 ou 1620 [352] ?)
(MINUTE - EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
La pieuse Maison qui, au cœur du Mont-Joux, fut fondée par saint Bernard de Menthon, archidiacre d'Aoste, entretient et fournit, en vue de Dieu notre Sauveur, plusieurs Chanoines réguliers, et d'autres personnes sous leur direction, pour accueillir les pèlerins et tous autres voyageurs qui rencontrent d'ordinaire du danger çà et là, en passant des régions de deçà, en celles d'au delà des Alpes et réciproquement, à cause des furieuses tempêtes de neige et de la violence incroyable du froid qui règnent sur ces sommets. Or, cette Maison ne peut absolument faire cela qu'avec le secours des aumônes des fidèles.
Aussi, le Révérend Prévôt de toute cette grande famille [353] a-t-il déjà par le passé envoyé quelques-uns des Chanoines réguliers à lui soumis, dans presque tout le monde chrétien, pour recueillir des dons, des offrandes et des aumônes, qu'ils rapportent ensuite pour l'entretien de leurs Frères et de leurs coadjuteurs. " Il est digne et convenable ", en effet, que ceux qui procurent de quoi manger, boire et se loger aux voyageurs du monde entier qui se présentent, et qui les secourent de toute manière, soient à leur tour aidés par les personnes pieuses du monde entier.
C'est pourquoi le porteur des présentes se disposant, sur l'ordre de son Supérieur, à entreprendre le voyage de Belgique dans le but de quêter au milieu de ce peuple illustre, Nous aussi, dont le diocèse est limitrophe du célèbre Monastère susnommé, et qui connaissons vraiment les actes de charité qui s'y multiplient, Nous recommandons chaudement ce porteur, dans les entrailles du Christ, à tous les Révérendissimes Evêques et autres révérends et vénérables ecclésiastiques, ainsi qu'aux autres fidèles. De même, c'est volontiers et cordialement que jusqu'ici Nous avons reçu ceux qui, recommandés par eux, se sont présentés à Nous.
Revu sur l'autographe conservé à la Visitation d'Annecy
XIV
RENOUVELLEMENT DES POUVOIRS D'EXERCER LE MINISTÈRE DANS LE DIOCÈSE
ACCORDÉ AU PÈRE ANDRÉ DE CONSTANCE, DU TIERS-ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS
26 janvier 1618
(INÉDIT -EN LATIN)
Nous permettons de nouveau au Frère P. André de Constance [354] de demeurer dans Notre diocèse, d'y exercer les fonctions sacrées, d'y administrer les Sacrements et d'y faire de pieuses exhortations au peuple, jusqu'à ce que par Nous soit autrement réglé.
Annecy, 16 janvier 1618.
.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'autographe conservé à la Visitation d'Annecy
APPROBATION D'UN OUVRAGE DE DON REDENTO BARANZANO, .BARNABITE [355]
13 février 1618
(EN LATIN)
Pour ce qui Nous regarde, Nous approuvons cet ouvrage érudit d'un homme érudit, et permettons de l'imprimer.
Annecy, le 13 février 1618.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
PIERRE-FRANÇOIS JAY, docteur en théologie et chanoine de l'église cathédrale de Genève (L6, note 550).
La Somme philosophique du Collège d'Annecy, composée par le R. P. Don Redento Baranzano, prêtre de la Congrégation des Clercs réguliers de Saint Paul et professeur de philosophie au même Collège (au sujet de laquelle je dois porter mon jugement par ordre de l'Illme et Rme Seigneur François de Sales. Evêque et Prince de Genève), ne contient, à mon avis, rien de contraire à la foi. aux enseignements de l'Eglise catholique ou aux bonnes mœurs, et présente a tout esprit amateur de philosophie, une très digne doctrine philosophique. remarquable par une ordonnance claire, une subtilité singulière, une agréable brièveté,. une érudition non commune et, dans cette matière, assez rare.
Annecy, le cinq des ides de février 1618.
DÉLÉGATION A DON JUSTE GUÉRIN, BARNABITE POUR LA VISITE AD LlMINA [356]
16 avril 1618
(MINUTE INÉDITE -EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, au R. P. Don Juste Guérin, prêtre vénérable de la Congrégation des Clercs réguliers de Saint Paul, salut. (a) [357]
Ne pouvant aucunement, à. cause des malheurs innombrables, qui ont, à la suite des guerres, agité et comme accablé notre province [358], visiter personnellement les basiliques des saints Apôtres Pierre et Paul, et manifester extérieurement la vénération et l'obéissance que Nous avons jusqu'ici professées et qu'à l'avenir, avec l'aide de Dieu, Nous professerons toujours à l'égard du Saint Siège Apostolique Romain; Nous prions Votre Révérence de vouloir bien se charger, puisque elle se trouve à Rome pour d'autres affaires de Notre diocèse de remplir en Notre nom ces devoirs de visite ad limina et de prestation d'obédience. Comme Nous vous confions le soin de Nous remplacer pour cela de la meilleure manière possible, tout ce que vous ferez dans ce but, tenez-le pour confirmé et approuvé.
Donné à Annecy en Genevois, 16 avril 1618.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.
XVII
LETTRES DE RECOMMANDATION EN FAVEUR D'UN FRÈRE QUÊTEUR DOMINICAIN
DU COUVENT D'ANNECY
18 novembre 1619
(EN LATIN)
[359] FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui verront les présentes lettres, salut abondant dans le Christ.
Le vénérable couvent de Saint- Dominique de cette ville d'Annecy, dans Notre diocèse, couvent de l'Ordre des Frères Prêcheurs (L4, note 64), ayant la coutume d'envoyer toujours quelqu'un de ses Religieux pour recueillir, suivant la Règle et l'usage de l'Ordre, les aumônes des fidèles, et l'état de ce diocèse et de tout le pays étant tel qu'on n'arrive pas à subvenir aux besoins des mendiants du Christ qui l'habitent : Nous signons de Notre main et munissons de Notre sceau ces lettres en faveur de Notre bien aimé dans le Christ, le Frère Jacques Chappaz, convers dudit Ordre [360], que le Révérend Frère Prieur [361] et le vénérable Couvent de Saint- Dominique de Notre diocèse ont décidé d'envoyer même hors de celui-ci, c'est-à-dire dans le pays de Fribourg et autres parties de la Suisse, pour implorer le secours des gens pieux, afin de pourvoir à l'entretien de la communauté et de réparer les ruines déjà subies dans leurs édifices. Par ces mêmes lettres Nous désirons recommander et recommandons chaudement, dans les entrailles de la miséricorde de notre Dieu, le quêteur, comme chrétien et Religieux mendiant, à tous les supérieurs et inférieurs, fils et disciples de l'Eglise du Christ.
Donné à Annecy, le 18 du mois de novembre 1619.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE. [362]
Revu sur l'original conservé à la Visitation de Gennes.
XVIII
FACULTÉ ACCORDÉE AU PÈRE DE BONNEVILLE, CAPUCIN
. .
D'ÉRIGER DANS LE DIOCÈSE LES CONFRÉRIES DU ROSAIRE ET DU SAINT-SACREMENT
13 février 1621
(INÉDIT – EN LATIN)
Au Révérend Père, Frère Philibert de Bonneville, théologien et prédicateur de l'Ordre des Capucins (L10, note 93), Nous accordons le pouvoir d'ériger et d'instituer partout dans Notre diocèse, aux conditions ordinaires, l'Association ou Confrérie du très saint Rosaire, comme aussi celle du très auguste Sacrement.
Annecy, 13 février 1621.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Paray-le-Monial.
XIX
PERMISSION POUR UN VOYAGE A LYON ACCORDÉE AU PÈRE ANDRÉ DE CONSTANCE,
DU TIERS-ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS [363]
29 octobre 1622
(INÈDIT – EN LATIN)
Nous autorisons le Révérend dans le Christ, Frère André de Constance, à quitter ce diocèse pour se rendre à Lyon en vue de certaines affaires, et d'y demeurer une quinzaine de jours.
Annecy, 29 octobre 1622.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Nous accordons. Lyon,
5 novembre 1622.
MESCHATIN LA FAYE [364].
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
F - DOCUMENTS QUI CONCERNENT DES LAIQUES
LETTRES TESTIMONIALES DONNÉES PAR SAINT FRANÇOIS DE SALES
AGISSANT AU NOM DE MONSEIGNEUR DE GRANIER
Thonon, [1597-septembre 1598 [365]]
(FRAGMENT INÉDIT - EN LATIN)
………………………………………………………………………..
Etant recommandable par l'intégrité de ses mœurs et de sa vie, il m'a demandé un certificat, parce que je suis le délégué, dans le pays de Thonon, de l'Illustrissime et Révérendissime dans le Christ Mgr Claude de Granier, Evêque de Genève. Croyant pouvoir le faire en justice, vérité et sincérité, je déclare le faire par les présentes.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
MANDEMENT SUR L'IMMUNlTE DE L' EGLISE DE FAVERGES
A PROPOS D'UN SOLDAT ESPAGNOL QUI S'Y ÉTAIT RÉFUGIÉ
19 décembre 1602
(INÉDIT)
[366] Nous FRANÇOIS DE SALLES, par la grace de Dieu et du Siege Apostolique Evésque et Prince de Genéve, aux bien ayméz en Jesus Christ, a celuy qui regle les affaires de la guerre pour la milice du Roy Catolique [367], et autres, tant soldats qu'autres personnes a qu'il appartiendera, qui. sont pour quelque temps ou qui demeurent dans ce dioceze [368] : salut dans le Seigneur.
Comme Nous avons sceu qu'un certain soldat hespagnol se seroit retiré dans une eglise dans le bourg de Fabricar [369] affin de jouir de la protection et exemption des eglises et que neanmoins quelques uns auront (sic) voulu l'arracher et le tirer hors de l'autel pour le forcer de sortir hors de l'eglise, au tort et au mespris de ces sortes d'immunitéz et exemptions :
C'est pourquoy. Nous. a quil appartient de veiller, autant pour conserver les immunitéz de l'Eglise que pour avoir un soin tres particulier de vostre salut, selon la charge qui Nous a eté imposée, vous mandons expressement et precisement par ces presentes, soub peyne d'excommunication, de ne point entrer pour ce subjét dans des lieux saints, soit dans une eglise consacrée a Dieu. et de ne point uzer de violence pour arracher cet homme de l'autel affin de le forcer de sortir de l'eglise estant fondé sur une telle exemption, mesme sous pretexte de rendre ou de faire la justice.
Et pour vous faire connoistre que tel est Nostre sentiment. Nous [avons] escript Nous mesme de Nostre main propre et signé les presentes.
A Annecy. le 19 decembre 1602.
FRANÇOIS DE SALLES.
Evesque et Prince de Genéve. [370]
Revu sur une ancienne copie conservée au 1er Monastère de la Visitation de Paris.
III
MANDEMENT POUR LA RESTITUTION A L'ÉGLISE DE FAVERGES DU MÊME SOLDAT ESPAGNOL
21 décembre 1602
(EN LATIN)
Nous, FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux que cela regardera.
Nous avons appris, non sans un grand ennui, qu'un soldat qui s'était réfugié dans l'église de Faverges pour y jouir de l'immunité, depuis longtemps et par un droit irrévocable accordée aux églises, avait été arraché du saint lieu par certains, violemment et au mépris de Notre commandement (note 370).
Aussi, par Nos présentes lettres, Nous ordonnons sévèrement dans le Seigneur à tous ceux qui ont donné aide et faveur à un tel acte, et surtout à ceux qui ont agi ainsi contre l'immunité de l'église et Notre commandement, de rendre le soldat en question à cette église et de le laisser jouir de l'immunité, et cela dans les vingt-quatre heures. Ce temps. écoulé. s'ils n'ont pas obéi (à Dieu ne plaise) à Notre commandement, ou s'ils ne Nous ont pas fait connaître la cause pour laquelle ils ne sont pas tenus d'obéir [371], qu'ils se sachent frappés d'une sentence d'excommunication à encourir ipso facto. Dans ce cas, Nous les déclarons et retenons, en effet, ainsi excommuniés, par les présentes.
En foi de quoi, Nous avons souscrit de Notre main les présentes et les avons fait munir du sceau de Notre Evêché.
Annecy, 21 décembre 1602.
[FRANÇOIS DE SALES, Evêque de Genève [372].]
Revu sur l'Autographe appartenant à madame la marquise Pensa, à Turin.
IV
SENTENCE EN FAVEUR DU MÊME SOLDAT ESPAGNOL
1er janvier 1603 [373]
(MINUTE – EN LATIN)
Nous, FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux à qui il appartiendra.
Nous en tenant à Nos précédents commandements, par lesquels Nous avions averti qu'Antoine Garcia, espagnol, arraché à l'église par la violence, devait être rendu à l'église, ou que ceux à qui il appartenait devaient dire pourquoi ils n'étaient pas tenus à cette restitution: Maintenant, après avoir attentivement examiné toutes les circonstances de l'homicide commis, et les raisons sur lesquelles s'appuyait Son Excellence don Alphonse [374]Carrillo, docteur et auditeur de la milice du Roi Catholique, demeurant actuellement dans ces régions [375], pour refuser de rendre à l'église le susnommé Garcia; par Notre sentence définitive Nous avons prononcé et prononçons ce qui suit :
En premier lieu, ledit Antoine Garcia, pour ce qui regarde l'homicide dont il s'agit, peut et doit jouir du bénéfice de l'immunité des églises. En second lieu, par cette même sentence, en vertu de la sainte obéissance et au nom du Seigneur, Nous avons ordonné et ordonnons à tous ceux qui ont extrait ledit Antoine Garcia, ou le retiennent hors de l'église, de le rendre immédiatement et exactement à l'église d'où ils l'ont arraché, ou à une autre jouissant de la même immunité. Enfin, en la même manière et forme, Nous avons enjoint à tous les juges séculiers et autres personnes à qui il appartiendra, de ne pas faire entourer l'église où sera réintégré ledit Antoine Garcia, et de ne pas y mettre des gardes sous quelque prétexte que ce soit, par où l'immunité de l'église serait directement ou indirectement violée et le même Garcia s'en verrait privé.
Nous avons ordonné et ordonnons d'observer tout cela, en telle sorte que si quelqu'un faisait autrement, il soit par cette même sentence excommunié ipso facto, comme en réalité, dès à présent et pour l'avenir, Nous l'excommunions d'excommunication majeure et latae sententiae.
[Donné à Annecy, le 1er janvier.]
[FRANÇOIS DE SALES, Evêque de Genève.[376] ]
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
RECOMMANDATION EN FAVEUR D'UNE MÈRE DE FAMILLE OBLIGÉE DE QUITTER GENÈVE
POUR SOUSTRAIRE SES ENFANTS AU DANGER D'APOSTASIE
[Thonon, vers le 21 septembre 1603 [377]]
(MINUTE – EN LATIN)
[378] FRANÇOIS DE SALES, etc., à tous ceux qui verront les présentes, salut et charité du Christ.
Marthe Squegia Coragiosa, ayant habité Genève longtemps et pendant plusieurs années, y a montré à tous, pour garder la religion catholique, une constance admirable dans un sexe faible. En effet, au milieu d'une si grande malice d'hérésie dont cette ville est couverte comme d'un manteau, elle a toujours fait profession d'être catholique, et jamais, ni par promesses ni par menaces, elle ne s'est laissée ébranler de cette profession ouverte.
En outre, ce qui constitue un amour souverain de Dieu, elle a finalement mis un magnifique couronnement à une telle grandeur d'âme, en faisant sortir, comme d'un incendie (Dn 3,93), après la mort de son mari, citoyen de Genève, ses six fils et filles de cette ville, de peur que la malice de l'hérésie ne changeât leur âme (Sg 4,11). Cela est d'autant plus digne de louange qu'elle abandonnait ainsi, de son propre mouvement et volontiers, des richesses et des honneurs appréciables, dont devaient hériter les enfants par suite de la mort du père, préférant être abjecte et pauvre dans la maison du Seigneur, qu' habiter sous les tentes des pécheurs (Ps 83,11).
Tout cela étant ainsi et Nous étant parfaitement connu, Nous avons voulu lui accorder des lettres de recommandation rendant témoignage d'une si grande foi et force d'âme. Nous recommandons donc à tous dans le Seigneur cette famille, et, pour que cela soit manifeste à tout le monde, Nous avons écrit les présentes de Notre main, les avons signées et fait munir du sceau de Notre Evêché.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
VI
DIVERSES PERMISSIONS A L'OCCASION DE LA CÉLÉBRATION D'UN MARIAGE
5 février 1606
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, Evêque de Genève, salut dans le Christ.
Nous avons accordé à M. Antoine Mugnier, de la paroisse du Châtelard, de Notre diocèse de Genève, et à Jeanne de Vimouz, de la paroisse de Faverges [379], aussi de Notre diocèse, de recevoir la bénédiction nuptiale, en face de l'Eglise, par n'importe quel prêtre, et de contracter mariage en présence de celui qu'ils auront choisi et d'au moins deux témoins. Pour des raisons à Nous connues et par Nous approuvées, Nous les dispensons des bans qui, par ailleurs, devaient être faits.
En foi de quoi, Nous avons écrit les présentes, les avons signées, de Notre propre main et fait munir de Notre sceau.
Chambéry, le 5 du mois de février 1606.
FRANÇOIS, Evêque de Genève..
Revu sur un fac-similé de l'Autographe, conservé à la Visitation d'Annecy.
VII
COMMISSION AU CURÉ DE RUMILLY POUR LA CÉLÉBRATION D'UN MARIAGE [380]
27 juin 1606
(EN LATIN)
Le noble Prosper de Mareste [381] s'étant fiancé par serment avec Georgette Blanc [382], et ayant ensuite confirmé par un vœu ces fiançailles étant en danger de mort, selon ce qu'il Nous a saintement et religieusement affirmé : Nous, sachant qu'il vaut mieux plaire à Dieu qu'aux hommes, vous chargeons, s'il ne conste aucun empêchement à ce mariage ainsi promis, juré et ratifié par vœu, de le célébrer en face de notre sainte mère l'Eglise. Nous désirons cependant qu'il reste ignoré un certain temps pour des raisons à Nous exposées par ledit noble de Mareste. Nous dispensons pour tout le reste.
Annecy, 27 juin 1606.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Au Révérend Monsieur le Recteur
de l'église paroissiale de Sainte-Agathe de Rumilly.
Louis Galley, Recteur substitué [383].
AUTRE DISPENSE DE PROCLAMATIONS
9 novembre 1606
(INÉDIT)
Nous permettons a messire Guillaume Josserand [384] de recevoir les promesses et celebration de mariage, et de donner la benediction nuptiale a Jaques Truitard [385] et Peronne Triguet, sans proclamations, desquelles Nous les dispensons.
Fait a Neci, le IX novembre 1606.
FRANÇB, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.
REQUÊTE TOUCHANT LA CÉLÉBRATION D'UN MARIAGE ET DÉCRET ÉPISCOPAL
15 janvier 1609
(INÉDIT)
A Monseigneur Illustrissime et Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplie tres humblement Mre Anthoenne Grandat, que puisque l'opposition qu'avoit estee formee par damoiselle Claudine Debyu [386] a la proclamation du mariage contracté entre ledict suppliant et damoiselle Louyse de Bellegarde [387] a estee vuydee par le sieur Vicaire general de Vostre Rme [Seigneurie] [388], ainsy que par sa sentence du dixiesme du courant cy joincte, il vous plaise luy permettre fere les esposiallies et benediction nuptiale dudict mariage dans le chasteau du pere de ladicte damoiselle de Bellegarde [389], ayant esgard a la distance de l'esglise et pour obvier des bruictz et grandes indiscretions qui pourroit (sic) arriver et arrivent souvent en semblable cas.
Et il priera Dieu pour vostre prosperité.
[390] Ayant veu la sentence mentionnee en la requeste, et consideré les raysons d'icelle et autres verbalement proposees, Nous avons permis et permettons la celebration dudit mariage estre faitte dans une mayson particuliere ; a la charge neanmoins que la benediction se fera dans l'eglise parrochiale, entre les solemnités de la Messe, ainsy quil est porté en l'ordinayre Messel Romain, et toutes autres choses qui sont a observer estant observees.
A Neci, le xv janvier r609.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe qui appartenait à M. le chanoine Gonthier, aumônier de l'hôpital d'Annecy.
APPROBATION DE LA VIE DE SAINT BERNARD DE MENTHON PAR M.. NICOLAS DE FARNEX [391]
12 septembre 1611
Ayant oüy la relation a Nous faitte par les theologiens a ce deputés, Nous appreuvons l'edition de ce livret contenant la Vie du glorieux saint Bernard de Menthon, comme conforme a la foy de l'Eglise.
A Thonon, le XII septembre 1611.
FRANçs, Evesquede Geneve.
DISPENSE DE PROCLAMATIONS DE MARIAGE
23 octobre 1617
(EN LATIN)
Nous dispensons des bans concernant la célébration du mariage entre noble Jacques de Chaussat et noble Jeanne Gavens [392]. Que le mariage se célèbre le matin et que les autres formalités requises par le droit soient respectées.
Annecy, 23 octobre 1617.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
XII
AUTRE DISPENSE POUR LE MÊME OBJET
17 janvier 1618
(INÈDIT – EN LATIN)
S'il conste de la dispense Apostolique au sujet de l'empêchement de consanguinité qui existe entre M. Claude de Chabod, seigneur de la Dragonnière, et Mlle Claudine-Adrienne de Mouxy de Travernay (L10, notes 158,581), on pourra alors, et non autrement, célébrer le mariage, même sans les bans, dont Nous dispensons, en tenant compte cependant des autres formalités requises par le droit.
Annecy, 17 janvier 1618.
FRANÇOIS, Evêque de Genève;
Revu sur l'Autographe appartenant à M le comte de Villette, au château de Giez (Haute,Savoie).
CONVENTIONS RELATIVES AU MARIAGE PROJETÉ
ENTRE: LE BARON CELSE-BÉNIGNE DE CHANTAL ET Mlle HUGUETTE LIOTARD
10 mars 1618
(INÉDIT)
Le seigneur Baron de Chantal asseure qu'il a….[393] mille escus de revenu, et fera voir par les testemens de messieurs ses grand pere et pere [394]et par celuy de madame sa mere, que les terres qui luy font ce revenu-la ne sont point engagees en substitutions, et qu'il ny a pas d'autres debtes en sa mayson que ceux que madame de Chantal sa mere a declarés par sa lettre escritte a madame la Presidente Liotart [395]. Et pour esclarcir plus entierement ce qui est de ses affaires, fera voir encor le contract de mariage de madame de Chantal sa mere [396], laquelle, en cas que par son testament elle n'eut pas disposé en faveur de son filz de ses biens, en disposera par le contract du mariage de son dit filz, pour avoir plus de force, sil est ainsy advisé.
Moyennant quoy, madame la Presidente Liotard promet de donner en mariage audit sieur de Chantal madamoyselle Huguette, sa fille puisnee, et ce qu'elle a promis, dans tout le moys d'avril prochain [397].
Et pour asseurance de ce que dessus, cet escrit sera corroboré de signatures des sous nommés.
Fait a Grenoble, le X mars 1618.
FRANÇs, E. de Geneve, comme present.
MARGUERITE DU SOLIER.
RABUTIN CHANTAL.
DE SERVIERE [398].
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.
XIV
ATTESTATION DU MARIAGE DE M. ROC CALCAGNI AVEC Mlle MARGUERITE DE CHAVANES [399]
19 juin 1618
(EN LATIN)
[400] FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui verront les présentes, salut abondant dans le Christ.
Nous faisons savoir et témoignons qu'aujourd'hui, 19 juin 1618, dans Notre chapelle, selon les rites de la sainte Eglise Romaine, c'est-à-dire pendant la Messe et en tenant compte des autres conditions de droit, Nous avons donné la bénédiction nuptiale au noble Roch Calcagni, de Plaisance, et à Marguerite de Chavanes, née d'une noble famille de cette ville appartenant à Notre diocèse.
En foi de quoi, Nous leur avons délivré les présentes lettres, signées de Notre main et munies de Notre sceau, lettres qu'ils Nous avaient demandées.
Donné à Annecy en Genevois, le jour et l'an que dessus.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE.
Revu sur l'original appartenant au comte Morandi, à Plaisance (Italie).
ATTESTATION DE L'ABJURATION D'ALEXANDRE GAUTTIER, SEIGNEUR DE BEAUREGARD [401]
4 septembre 1619
(INÉDIT – EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui verront les présentes, salut.
Nous faisons savoir et témoignons que notre bien aimé dans le Christ M. Alexandre Gauttier, seigneur de Beauregard, de Paris, aujourd'hui même a comparu devant Nous, et, après avoir abjuré comme il convenait, toutes les hérésies, mais surtout celle de Calvin, a légitimement reçu de Nous, qui en avions obtenu le pouvoir de l'Illustrissime Cardinal de Retz, Evêque de Paris [402], l'absolution des censures qu'il avait encourues à cause de ladite hérésie; en sorte que rien ne s'oppose plus à ce qu'il soit tenu, reçu, aimé et honoré comme un vrai catholique, par tous les vrais catholiques.
Donné à Paris, le 4 septembre 1619.
FRANÇOIS. Evêque de Genève, de Notre propre main.
Revu sur l'Autographe conservé à Londres, au Collège des RR. PP. Oblats de Saint-Charles.
TESTIMONIALES EN FAVEUR DE M. GUILLAUME DE BERNARD
DE FORAS (L6, note 541 ; L9, note 75.)
11 septembre 1619
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
Nous faisons savoir et témoignons que Notre bien aimé dans le Christ, le noble M. Guillaume de Bernard a vécu pendant deux années entières dans la ville d'Annecy [403], où se trouve le siège de Notre Eglise, et il y a accompli tout à fait ponctuellement tous les devoirs de la piété catholique ; ce qu'il fallait attendre de quelqu'un ayant eu des parents très pieux [404] (à Nous connus à la fois de vue et de réputation), et élevé dès l'enfance dans la demeure du très catholique prince le Duc de Nemours, dont il est maintenant un des principaux officiers, étant attaché à sa chambre.
En foi de quoi Nous avons écrit [405] et signé de Notre main les présentes, et les avons fait munir de Notre sceau.
Paris, 11 septembre 1619.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
ROLLAND.
REQUÊTE A HENRI DE SAVOIE, DUC DE NEMOURS (L2, note 234.)
Annecy, [vers la fin de mars ?] 1620 [406]
Prière au prince de faire terminer l'affaire de la " reconnaissance " de la juridiction du " sieur de Charmoysi " à Villy. - Rétablir les armoiries de M. de Vallon, rasées de l'église de Samoëns en suite des menées du " sieur Berthelot ", est une question de justice. - La piété et l'équité demandent qu'un procès contre deux pupilles soit terminé à l'amiable. - La " curialité d'Ugine " et les oncles de Mlle. de Cerisier.
Sa Grandeur est tres humblement suppliee d'accorder et ordonner aux gens de son Conseil et Chambre des Comptes de Genevois de donner en effect des limites a la jurisdiction que le sieur de Charmoysi a a Villy [407]. C'est chose des-ja ouctroyee au feu sieur de Charmoysi, et ensuite dequoy l'information de l'interest que Monsieur [408] y peut avoir, avoit esté prise avant le trespas dudit feu sieur de Charmoysi, par laquelle il se treuvera que c'est chose de peu d'importance ; et neantmoins, pour la faciliter encor davantage, on offre recompense de fiefz et servis ailleurs dans les terres de Sa Grandeur, a laquelle il importe peu d'avoir en un lieu ou en un autre, estant par tout le haut seigneur au dessus de tous les autres de ce pais.
Sa Grandeur est encor tres humblement suppliee de commander a ses gens du Conseil de deça, de voir si les armoiries du sieur de Vallon qui estoyent en l'eglise de Samoen et en furent rasees par authorité absolue de Sa Grandeur [409], estoyent en lieu prejudiciable aux authorités d'icelle ; et en cas que ledit Conseil juge que non, les faire restablir, ou du moins permettre audit sieur de Vallon de les faire restablir. C'est un point de justice et qui en conscience ne peut estre refusé ; car le sieur de Vallon, ayant fait une notable despense pour la reparation de l'eglise, avoit droit de laisser ou mettre des marques de sa pieté pour la posterité au lieu ou il avoit contribué, pourveu qu'elles fussent en une place en laquelle il ny eut point d'apparence que les dites armoiries fussent mises a pair de celle de Sa Grandeur. Et toutefois, quoy qu'ainsy fut, le feu sieur Berthelot [410] fit des effortz si grans et des instances si violentes, qu'en fin, contre l'advis des gens de justice et contre l'ordre du droit, lesdites armoiries furent rasees, au prejudice de la reputation dudit sieur de Vallon.
Sa Grandeur est enfin suppliee tres humblement de commander que le proces que ces fiscaux font contre les deux filles du feu sieur de Cirisier [411] soit vuidé par voye amiable. C'est un point de pieté et de justice tout ensemble, car ces pauvres filles sont pupilles, et on ne sçauroit preuver solidement la mortde leurs oncles ausquelz la curialité d'Ugine appartenoyt: de sorte qu'en cette (sic) doute du trespas on pourroit leur praefiger un terme dans lequel on les laisseroit joüir de laditte curialité et passé lequel elle seroit reunie au revenu de Sa Grandeur ; car aussi bien, le droit qui presuppose que chasqu'homme puisse vivre cent ans, et qu'en effect il les vive, portera que ces filles jouissent encor plus de soixante ans, puisque leurs oncles dont on ne peut preuver la mort, l'un estant allé en Levant et l'autre en Hongrie, ne sçauroyent avoir, s'ilz sont en vie, plus de trente-cinq ou quarante ans [412].
Et tous ces troys articles furent demandés a Monsieur par l'Evesque de Geneve [413], et accordés comme convenables a la bonté et generosité de Sa Grandeur.
Revu sur l'Autographe conservé au 2e Monastère de la Visitation de Rouen.
XVIII
REQUÊTE A M. DE LA PIERRE [414]
Annecy [vers la fin de mars ?] 1620
(FRAGMENT INÉDIT)
Monsieur de la Pierre est supplié, de la part de l'Evesque de Geneve, d'interceder vers Monseigneur le Duc de Nemours, a ce qu'il luy playse de commander qu'on face les expeditions des faveurs que Sa Grandeur a accordees audit Evesque :
Pour le sieur de Vallon: une lettre a messieurs du Conseil de Genevois, affin que s'ilz treuvent que les armoiries quil avoit fait graver en l'eglise de Samoens, ne fussent pas en lieu qui peut praejudicier a l'authorité de Sa Grandeur, ilz ordonnent qu'elles y soyent remises.
Pour Mme de Charmoysi [415] …………….
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
XIX
SUPPLIQUE DE FRANÇOIS DELESVAUX
SENTENCE DU PROCUREUR FISCAL DE L'ÈVÊCHÉ DE GENÈVE ET DÉCRET ÉPISCOPAL
9 juin 1621
(INÉDIT)
François Delesvaux, " filz de feu Claude Delesvaux, parroisse de Nostre Dame de Chastel de Cordon", après s'être accusé d'un péché très grave dans une requête adressée au saint Evêque [416], ajoute :
" Partant, il supplie tres humblement... Sa Seigneurie Reverendissime... de le vouloir absoudre par son accoustumé doulceur et benignité et equitable justice, laquelle il est prest de subir telle qu'il sera vostre bon plaisir l'ordonner. Et il continuera, comme il faict, a prier Dieu pour sa prosperité et conservation. "
[417] Soit monstré au Procureur fiscal de Nostre Evesché [418].
Annessi, le IX janvier 1621.
FRANÇS, E. de Geneve.
Le Procureur fiscal de l'Evesché dit que le suppliant doit remettre en propre personne et entre les mains de Vostre Reverendissime Seigneurie, le contenu en la susdite requeste, par laquelle il confesse d'avoir commis l'execrable et abominable crime..., qui semble, a correction, devoir estre puni par adjudication de quarante livres d'amende applicables a la mense episcopale, et vingt. livres a œuvres pies, ayant esgard a la confession et volontaire recognoissance de sa faute ; et a jeusner trois jours de la sepmaine pendant le temps et espace d'un mois prochain, a compter des hores ; avec inhibition et defense de ne rechoir par cy apres a telles semblables fautes, a peine de cinq cent livres, et autres plus grandes s'il y eschoit. S'en soubmettant sur le tout au bon vouloir et plaisir de Vostre Reverendissime Seigneurie, et d'y prouvoir plus pertinemment selon le subject de la matiere, tant pour raison de l'offence de Dieu, scandale du prochain, que pernicieuse consequence resultante du pardon et impunité de semblables delicts.
Annessi, les an et jour susdits.
FAVRE, Procureur fiscal.
[419] Toutes choses bien considerees, Nous avons condamné et condemnons le suppliant a quinze livres d'amende pour les reparations de l'eglise de sa parroisse, quil remettra dans ce moys es mains du sieur Curé ou vicaire [420], et en la presence des scindiqs, qui auront soin de les employer et dont ilz feront apparoir a Nous ou au sieur chanoyne Jay [421] dans le moys apres, et quinze envers la mense episcopale ; et de jeusner chaque vendredi des quatre semaines suivantes, et de dire dans l'eglise d'icelle parroisse chasque Dimanche des dittes trois (sic) semaines quinze Pater noster et Ave Maria a genoux, apres le service de la sainte Messe.
Annessi, le IX janvier 1621.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat.
REQUÊTE RELATIVE A LA CONCLUSION D'UN MARIAGE
ET DÉCRETS DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
12-14 juin 1621
(INÉDIT)
A Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplient humblement spectable Humbert Guyrod, docteur ez droitz et advocat au Conseil de Genevois, et damoyselle Antoine Guyrod, disantz, qu'appres les promesses du mariage futur entre eux et fiancement solemnel [422], ils auroient fait proceder aux proclamations prœfigez par le sacré Concile de Trente (Sess 24 de Refrom.Matrim.1), les jours dixiesme et unsiesme du prœsent mois, en l'eglise parrochiale de la prœsente ville, par messire Garnier, vicaire d'icelle [423] ; lequel, deferant a certaines oppositions formees par damoyselle Michelle Puthod [424]. mere de ladite damoyselle Antoine Guyrod, et de noble Claude Estienne de Thyolla [425], par un maistre Pilliod [426] au nom dudit de Thyolla. sans pouvoir ni mandat il auroit ranvoyé les parties a mardy prochain, quinsiesme du present mois, a une heure appres midy, par devant le seigneur vostre Vicaire et Official [427], pour vuider les dictes causes d'oppositions sommairement, ainsy que la mattiere le requiert. Mais voyant lesdicts sieurs suppliants l'affection, amitié et debvoir de parentage qui est entre ledit sieur Roges, vostre Vicaire general et OfficiaI deputé, et ledit de Thyolla, ils sont contraints de recourir a Vostre Reverendissime Seigneurie.
Ces fins considerez, il vous plaise deputer tel aultre qu'il vous plairra que ledit sieur Roges, pour reigler les parties et vuider les dictes causes d'oppositions, a forme dudit ranvoy fait par ledit sieur Garnier, cy joint. Non pas que les dicts sieurs suppliants se doubtent de l'integrité dudict sieur Roges, mais pour les causes susdictes le supplient de s'abstenir de la congnoissance de la mattiere.
Et ils prieront Dieu pour la santé et conservation de Vostre Seigneurie Reverendissime; et si feres bien.
Off.
HUMBERT GUYROD.
ANTOINE GUYROD.
[428] Commis le sieur Jai, Theologal de Nostre Eglise [429] ; et comparoistront les parties a lundi, attendu leur presence en ville.
Annessi, le XII juin 1621.
FRANÇs, E. de Geneve.
Attendu l'absence du sieur jay, Nous commettons le sieur de Comba, chanoyne et Sacristain de Nostre Eglise [430], ainsy que dessus.
Annessi, le XIII juin 1621
.
FRANÇs, E. de Geneve.
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Sainct Siege Evesque et Prince de Geneve ; a tous prebstres, curés et vicaires de ce diocese Nostre, soit officiers ou sergentz premier sur ce requis,. salut.
Veu la requeste cy dessus, Noz decretz en fin, des jours douziesme et treiziesme du courant, et tout consideré, Nous vous mandons et commettons par ces presentes, qu'a la requeste desdits suppliantz. vous adjourner a personne ou domicille parties suppliees a comparoir et [répondre [431]] pardevant... le sieur chanoine Delacombe. pa.r Nous a ce commis et deputé, pour respondre et deffendre aux fins et conclusions prinses par ladite requeste et proceder ainsi que de [432]…..
Annessi, le quattorziesme juin mil six centz vingt un.
Par commandement de Monseigneur le Reverendissime.
G. BESSONIS. [433]
Revu sur l'original conservé à la Visitation de Pignerol.
XXI
DISPENSE DE PROCLAMATIONS DE MARIAGE
20 janvier 1622
(INÉDIT – EN LATIN)
Nous dispensons des bans pour le mariage à célébrer entre l'honorable Claude Chaffarod, Notre bien aimé dans le Christ, et Jeanne Berger, aussi Notre bien aimée dans le Christ [434], tous deux habitants de Faverges ; confiant l'affaire au premier prêtre qui, là-bas, est au service de Dieu et de l'Eglise, à condition que les autres prescriptions du droit soient maintenues.
Annecy, 20 janvier 1622.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
Revu sur l'Autographe qui appartenait à M. le chanoine Collonges, aumônier de la Visitation de Chambéry.
XXII
COMMISSION A M. LAURENT DE LA PLACE DE CÉLÉBRER LE MARIAGE
DE M. ANTOINE DE ROSSILLON AVEC Mlle MARIE DE VIRY (L9, notes 149,151)
3 novembre 1622
(INÉDIT)
[435] FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostoliqne Evesque et Prince de Geneve, au venerable sieur Mre Laurent de la Place, prestre d'honneur de l'eglise de Nostre Dame de cette cité d'Annessi [436].
Ayant veu, leu et consideré la Bulle concedee par le Saint Pere Paul V, en laquelle il a dispensé et dispense noble seigneur Jean Anthoine de Rossillon et noble dame Marie de Viri de contracter mariage ensemble, nonobstant qu'ilz soyent parens entre eux au quatriesme degré, Nous avons homologué, interiné le rescrit porté par icelle Bulle, comme ayans veu la deposition bien et legitimement faite par des tesmoins dignes de foy, que la supplication presentee au Saint Pere contenoit verité [437], C'est pourquoy Nous vous commettons pour celebrer ledit mariage en la face de nostre Mere sainte Eglise, en presence de deux tesmoins, et mesme en lieu particulier, soit en chambre ou ailleurs, secretement, attendu que ledit mariage est des-ja publié, et qu'il n'est besoin de le celebrer sinon pour reparer les defautz de pouvoir, si aucun est intervenu au mariage des-ja, quoy que peut estre nullement, celebré.
Annessi, le III novembre 1622.
FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1622-1627, de l'ancien Evêché de Genève, conservé aux ./\rchives départementales de la Haute-Savoie, Série G.
G - DOCUMENTS RELATIFS A DIVERSES INSTITUTIONS
STATUTS DE L'ACADÉMIE FLORIMONTANE
[Novembre-décembre 1606 [438]]
(EN LATIN)
CONSTITUTIONS DE L'ACADEMIE FLORIMONTAINE ERIGÉE A ANICY
PAR FRANÇOIS DE SALES ET PAR ANTHOINE FAVRE, PRESIDENT DE GENEVOIS
La fin de l'Academie sera l'exercice de toutes les vertus, la souveraine gloire de Dieu, le service des Serenissimes Princes et l'utilité publique.
Les seuls gens de bien et doctes y seront receus.
Quicomque devra estre receu sera presenté par quelqu'un des Academiciens. On escrira au cathalogue le nom, surnom, la patrie et les qualitez de celuy qui sera receu, lequel sera tenu de faire preuve de sa doctrine et capacité, ou par escrit, ou par parollc, ou en prose ou en vers, devant les Academiciens.
Tous les Academiciens prendront des noms et des devises à leur fantasie, qui toutesfois soyent convenables [439]; et le Censeur prendra garde qu'elles soyent bien prises et qu'on ne les change point. Aprés qu'elles auront esté depeintes, on les affigera selon l'ordre de la reception,
Les consultations de ceux qui auront à parler publiquement se feront avec un jugement meur et exactement.
On admettra aux assemblées generales tous les braves maistres des arts honnestes, comme peintres, sculpteurs, menuisiers, architectes et semblables.
Chaque leçon comprendra (autant qu'il se pourra faire) un traicté entier de quelque matiere ; si moins, on taschera de faire une bonne conclusion de tout ce qui aura esté dict en la premiere leçon,
Le stil de parler ou de lire sera grave, exquis, plein, et ne ressentira en point de façon la pedanterie.
Les leçons se feront ou de theologie, ou de politique, ou de philosophie, ou de rethorique, ou de cosmographie, ou de geometrie, ou d'arithmetique. On y traictera de l'ornement des langues, et sur tout de la françoise.
Les Academiciens destinez pour faire les leçons promettront de n'absenter jamais sans necessité.
On affigera a la porte de l'Academie un billet auquel sera marqué le temps et la matiere des leçons.
Les lecteurs tascheront de tout leur pouvoir d'enseigner bien, beaucoup et en peu de temps.
Les auditeurs apporteront leur attention, leur pensée et leur soing à ce que l'on enseignera ; et s'il y a quelque chose qu'ils n'entendent pas, ils en feront des interrogats aprés que la leçon sera faicte.
Les discours et harangues se feront avec plus d'eloquence que la leçon, et l'on s'y servira de l'art oratoire.
On n'y admettra point d'heretique, schismatique, infidelle, apostat, ennemy de la patrie ou des Serenissimes Princes, perturbateur du repos public, ou marqué de quelque infamie publique.
Tous les Academiciens entretiendront un amour mutuel et fraternel.
On taschera d'esloigner de l'Academie tout ce qui pourroit en quelque façon nourrir la discorde. Quand il y aura quelque dissention ou querelle, le Prince ou son lieutenant ordonnera tres-prudemment ce qu'il verra estre necessaire.
Tous iront à qui mieux fera.(1 Co 12,31).
Ceux qui arriveront l'Academie estant commencée, s'assieront sans ceremonie et sans aucune dispute de presseance. Toutesfois, il y aura une place particuliere pour les grands, comme Princes, Prelats et semblables.
Nul des Academiciens ne fera aucun signe de legereté d'esprit, quelque petit qu'il puisse estre ; autrement il sera corrigé par les Censeurs.
Le Prince de l'Academie sera tousjours choisi quelque homme illustre, vertueux et porté au bien de l'Academie [440].
Les Collateraux ou Assesseurs seront sages, prudens, doctes et experts [441].
Le Secretaire sera d'un esprit clair, subtil, expeditif et genereux, et bien versé aux lettres humaines. II n'envoyera point de lettres qu'au preallable il ne les ayt faict voir au Prince, aux Collateraux et Censeurs.
Les Censeurs seront tres-versez en toutes choses, autant qu'il se pourra faire, et approcheront de l'encyclopedie ; toutesfois, ils communiqueront au Prince et Collateraux les pieces qui devront estre examinées.
Le Thresorier sera choisi un homme prudent, equitable et soigneux.
Les Academiciens ne devront point estre grevez de contribuer pour les choses qui seront necessaires, selon la raison.
Que les avaricieux ne mettent point le pied dans l'Academie.
On creera un huissier à gage, lequel sera obligé d'appeller les Academiciens à propos et selon le temps, de conduire et reconduire le Prince et les Collateraux à l'Academie, de preparer la sale (sic) et disposer les sieges.
Les autres choses seront ordonnées selon que les affaires et les temps enseigneront.
HOMOLOGATION DU CONTRAT D'INTRODUCTION DES BARNABITES
AU COLLÈGE CHAFPUISIEN D'ANNECY [442]
1er décembre 1614
(INÉDIT)
Par devant Nous FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu Evesque et Prince de Geneve, s'est présenté et comparu au palais de Nostre habitation et residence ordinaire de cette cité d'Annessy, Me Jean Thomas, procureur de Ville [443] et des Rdz sieurs et nobles Administrateurs du College de la ditte cité [444] : lequel Nous a remonstré, comme suivant la bonne volonté de Son Altesse Serenissime et de Monseigneur le Duc de Genevois, Nemours et Chartres, ilz ont remis, cedé et transporté ledit College et administration d'iceluy aux Rd. PP. de la devote Congregation de Saint Paul, vulgairement appellés Barnabites, par contract qu'il exhibe, du cinquiesme julliet prochain passé (L6, notes 462,547), receu et signé par Me Vassal, notaire et secretaire de laditte ville [445]; Nous requerant vouloir iceluy homologuer en tant que Nous touche, et sur iceluy interposer Nostre decret et authorité judiciaire, suivant les requisitions et conventions portees par ledit contract. Et ce, en presence de Me Noel Ruffier, procureur desditz Rdz PP. de laditte Congregation [446], et tous deux constitués a ces fins au cors dudit contract; lequel Me Ruffier a presté consentement et, entant que de besoin, requis la mesme homologation.
Quoy ouy par Nous, dit Evesque et Prince de Geneve, et appres lecture faitte dudit contract, avons iceluy homologué tant que Nous touche, selon sa ferme et teneur, et sur iceluy interposé Nostre decret et authorité Judiciaire, et ordonné qu'il sera enregistré aux Registres de Me Jacques Maurice Dumont, l'un de Nos greffiers (L3, note 438 ; Op1, note 182),
Annessi, le premier en decembre mil six centz et quatorze.
FRANÇS, E. de Geneve [447].
DUMONT.
Revu sur l'original conservé aux Archives communales d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisien.
PIÈCES RELATIVES A LA FONDATION DE M. FRANÇOIS BOCHOT
EN FAVEUR DU COLLÈGE ET DE L'ÉGLISE PAROISSIALE DE CLUSES [448]
1
RÈGLES FONDAMENTALES DES RÉGENTS OU COLLÈGE
2 juin 1617
(INÉDIT)
1° Qu'ilz seront assidus et fideles a tenir l'escale, sous quel pretexte que ce soit, exceptés les jours ferlés et de festes.
2° Que celuy d'entre eux qui sera convaincu de mal vivre, avec femme, fille, ou mesme soupçonné avec fondement, apres deux ou trois monitions qu'il en soit exclus, s'il ne donne suffisans tesmoignages de son prompt et sincere amendement.
3° Qu'ilz vivent bien ensemble, d'une modestie edifiante et clericale ; sinon, le seigneur Evesque y portera la main.
4° S'il est admis au Tribunal par le Reverendissime Evesque [449], qu'il n'y aille que du consentement du Reverend Sr Curé, gratuitement a l'egard des penitens.
5° Ilz auront soin de porter et recevoir tous les mois leurs escoliers au Sacrement de Penitence, et d'admettre a celuy de la tressainte Eucharistie ceux qu'ilz en jugeront capables, de leur faire assister a la Messe chaque jour, de leur faire le catechisme le samedy, a la fin de la classe du soir. .
6° Ilz vivront dans une amitié fraternelle ; s'ilz ont entre eux quelque differend, ilz tascheront qu'il ne transpire pas en public, crainte de .le scandaliser. Si quelqu'un insulte mal a propos l'un d'entre eux, ilz se soustiendront charitablement et empescheront l'esclat, tant qu'ilz pourront, et ne mettront jamais les escoliers de la partie.
Annessi, :2 juin 1617.
FRANCs, Eps Gebennensis.
Revu sur une copie de l'original conservé aux Archives municipales de Cluses, Série R1, no 3.
2
APPROBATION DES STATUTS EN FAVEUR DE LA FONDATION DU COLLÈGE.
2 juin 1617
(INÉD1T)
[450] Nous appreuvons les Statutz cy devant escritz, et ordonnons quilz soyent enregistrés en Notre greffe, et que lettres d'union et, annexation des dittes chappelles y mentionnees [451] seront expediees, en bonne et probante forme, en faveur de l'œuvre pie du College de Cluses, attendu le consentement fait par la communauté du lieu de Cluses, lequel Nous avons admis et admettons.
. Annessi, le second juin 1617.
FRANÇS, Evesque de Geneve.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1616-1617, de J'ancien Evêché de Genève.
3
DÉCRET PORTANT L'UNION DE DEUX CHAPELLES AU COLLÈGE
12 août1617
(INÉDIT – EN LATIN)
Union de la chapelle de la Léproserie et de la chapelle de Notre-Dame de Pitié, du lieu de Cluses, au clergé et Collège du lieu de Cluses [452].
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous et chacun qui verront les présentes, à ceux surtout à qui appartient, appartiendra ou pourra appartenir plus tard, salut dans le Seigneur.
Nous faisons savoir que, comme il convient à un Pasteur vigilant, Nous accordons Notre aide et secours surtout à ceux qui partagent Notre sollicitude, et emploient tous leurs soins et travaux à former la jeunesse dans la piété, les bonnes mœurs et les études libérales, et que Nous leur prêtons main forte. Donc, le Révérend François Bochut, prêtre, recteur de l'église paroissiale d'Ayse, et les nobles Jean Mugnier, Pierre de Megève [453], François Girod et Claude Chastel, syndics de Cluses, dans Notre diocèse de Genève, et Conseillers du même lieu, Nous ont présenté une pétition. On Nous y expose clairement qu'il est très utile, nécessaire même, pour l'établissement d'un clergé de quatre prêtres enseignant dans le Collège de la ville, que certaines chapelles, fondées dans son église [paroissiale], soient unies au Collège en question. Et cela, pour que les professeurs prêtres, y établis et fondés, aient un autel sur lequel ils puissent commodément, aux heures fixées, célébrer la Messe devant les élèves, ou encore pour que soit créé un nouveau cinquième professeur, prêtre lui aussi, selon le progrès dudit Collège, et les Statuts donnés par le Révérend M. Bochut [454], si le revenu prove nant des chapelles unies est suffisant, ou qu'au moins ce revenu serve à assurer d'une façon plus certaine l'entretien des susdits professeurs. Que si, à la fondation du clergé et Collège, étaient unies, annexées et incorporées la chapelle de la Léproserie de Cluses et l'autre chapelle de Notre-Dame de Pitié (dépendant toutes deux de la présentation des Syndics de Cluses), avec leurs droits, fruits, rentes, revenus et appartenances, ce serait faire acte utile au clergé et au Collège.
C'est pourquoi le Révérend François Bochut, prêtre et recteur de l'église paroissiale d'Ayse, et les Syndics et Conseillers de Cluses Nous ont fait supplier de daigner libéralement et paternellement prendre une décision au sujet de cette union perpétuelle, annexion et incorporation. Nous donc, approuvant une pétition si juste et raisonnable, et étant donné le consentement des Syndics et Conseillers de Cluses, lesquels sont patrons des susdites chapelles, Nous avons jugé bon d'unir, rattacher et incorporer au Collège et clergé en question les chapelles de la Léproserie et de Notre-Dame de Pitié, du même lieu, avec leurs droits, revenus et appartenances, comme par les présentes Nous les unissons, rattachons et incorporons avec ces mêmes droits, fruits, revenus et appartenances. Et cela de telle sorte qu'il sera loisible au clergé, recteur et Collège susdits, lorsqu'il arrivera d'une façon ou d'une autre que ces chapelles (unies, comme il a été dit, au Collège et clergé constitué de Cluses) seront vacantes, d'en prendre librement et licitement, sans la permission de quiconque, la possession réelle, actuelle et corporelle, et aussi d'en employer les fruits à leurs besoins et utilité, aux conditions, restrictions et conventions insérées dans l'acte de fondation, à condition que, selon sa teneur, soit célébré le service dû et accoutumé, par les prêtres dudit clergé et leurs successeurs.
En foi de quoi, Nous avons signé de Notre main les présentes, et les avons fait signer par Notre secrétaire et munir du sceau ordinaire de Notre Evêché.
Donné le 12 août 1617.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1616-1617, de l'ancien Evêché de Genève.
IV
.APPROBATION DE LA FONDATION D'UNE MESSE PERPÉTUELLE POUR LA MAISON DE SAVOIE
EN L'ÉGLISE DES BARNABITES D'ANNECY [455]
13 mai 1619
(INÉDIT – EN LATIN ET ITALIEN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
Nous avons vu les lettres patentes par lesquelles Madame la Sérénissime Infante Catherine, fille du Sérénissime Duc [456], a ordonné que soit écrit ce qui suit :
Conformément aux patentes signées par Son Altesse Sérénissime, mon Père et Seigneur, pour le privilège que, à ma requête, il accorde à perpétuité à la ville d'Annecy de pouvoir prélever trois deniers sur chaque livre de chair qui se vend à la boucherie de la même ville, sous la condition, toutefois, de la fondation d'une Messe perpétuelle [457] : Je nomme le R. P. D. Juste [458] pour la célébrer, voulant et déclarant que les cinquante ducatons d'aumône soient, comme le portent les susdites patentes, appliqués au Collège et à la Maison qui seront assignés pour résidence au Père par ses Supérieurs, et cela sa vie durant. Et après sa mort, je nomme dès maintenant, pour alors et pour toujours, le Collège des PP. Barnabites d'Annecy, auquel je veux et déclare que les susdits cinquante ducatons soient perpétuellement et irrévocablement assignés et appliqués ; à condition, cependant, que le Supérieur du Collège des PP. Barnabites sera tenu de faire célébrer la Messe perpétuelle par l'un des prêtres Religieux de son Ordre : car telle est Notre volonté.
En foi de quoi j'ai nommé, et signé la présente de ma propre main.
A Turin, le 22 Mars 1619.
CATHERINE.
Ayant vu et considéré ces patentes, Nous nous sommes grandement réjoui dans le Seigneur d'une telle piété chez le Sérénissime Duc et la Sérénissime Infante, et, en outre, de leur sollicitude si paternelle à promouvoir et exalter le culte divin et les revenus du Collège d'Annecy. C'est pourquoi Nous aussi, autant que cela faire se peut, Nous louons les clauses susdites de la patente et, si cela est nécessaire, les confirmons, celle surtout qui a trait à la fondation d'une Messe perpétuelle et à la nomination faite par la Sérénissime Infante pour sa célébration.
Donné à Paris, le 13 mai 1619. .
FRANÇOIS. Evêque de Genève.
Revu sur une copie faite par D. Juste Guérin, conservée aux Archives communales d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisien.
DOCUMENTS RELATIFS A LA CESSION DU PRIEURÉ DE SAINT-CLAIR
AUX BARNABITES D'ANNECY (L10, note 100)
1er octobre 1621-17 avril 1622
(INÉDIT)
1
PREMIÈRE SUPPLIQUE DES PÈRES BARNABITES A SAINT FRANÇOIS DE SALES
A Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplient humblement les Reverendz Peres reguliers de la Congregation de St Paul, appelés Barnabites, recteurs perpetuelz du College de la presente ville, disantz : qu'en consideration du peu de reveneu quilz ont, il pleut a Son Altesse, il y a desja quelques annees [459], de tesmoigner quil desiroit l'augmentation d'icelluy, affin quilz heussent plus de commodité d'entretenir plus grand nombre de Peres en ceste ville pour l'instruction de la jeunesse, et de maintenir les bastimentz dudit College, qui sont grandz. Et a ces fins, sadite Altesse [aurait] faict entendre que son bon playsir estoit d'unir la chappelle vulgairement appellee le prieuré de Saint Clair, exsistant riere Dingye, a leur Congregation ; mais la chose seroit demeuree imparfaicte [460]. Et a cause de ce, il a encoures pleu a Monseigneur le Prince Cardinal en escripre a Vostre Seigneurie Reverendissime quil desiroit fort quil vous pleut de faire ceste union [461].
Et certes, il y a de la rayson de leur prouvoir de quelque plus ample revenu, attendu la modicité de cestuy la quilz ont, l'utillité et necessité du ministere quilz font, et que ladite chappelle, bien qu'elle soit communement appellee prieuré, neantmoings il ny a qu'un recteur, sans Religieux, vivant comme prebstre seculier, independant d'aulcung chefz (sic) d'Ordre. Aussy ne se treuve il que ladite chappelle soit esté visitee par aultre que par Messeigneurs les Rmes Evesques. qui ont en icelle exercé toutte sorte d'authorité et de jurisdiction.
De sorte quilz recourent a Vostre Seigneurie Rme, affin que, ce consideré, il vous playse leur provoir pour l'effeict de ladite union, ainsy que de rayson.
[462] Soit monstree au sieur Procureur fiscal de Genevois [463]
Annessi, le 1er octobre 1621.
FRANÇs, E. de Geneve.
Le Procureur fiscal de Genevois dit qu'il n'a point d'autre interest en l'union dont est question que celuy du bien public, auquel il estime ladicte union pouvoir grandement conferer : laqnelle partant il n'empesche, sans prejudice des droictz de Monseigneur [464] et du tiers non ouy. Et neantmoins, pour le fondement et validité d'icelle, remonstre que, par un prealable, il doibt estre debuement informé sur la necessité, utilité et prejudice que peut aporter ladicte union, et sur la vraye valeur des revenuz annuelz et charges de la chapelle dont est question; et semblablement, des revenuz et charges des Reverendz Peres supliantz, vocatis vocandis, pour de faict leur estre proveu comme de raison.
Ledict jour.
F. DE LA PESSE.
(Un double de la même supplique des Pères Bamabites est apostillé par le Saint et par le Procureur fiscal de l'Evêché de la manière suivante : )
Soit monstré au sieur Procureur fiscal [465].
Annessi, le 1er octobre 1621.
FRANÇs, E. de Geneve.
Le Procureur fiscal de l'Evesché dit qu'auparavant que proceder a l'union requise et qu'il puisse prester aucun consentement a icelle, il eschoit d'informer sommairement sur la necessité ou utilité, et sur la qualité des benefices ; n'empeschant qu'a ces fins soit commis le greffier de l'Evesché.
Fait Annessi, le jour susdit.
FAVRE, Proc. fiscal.
Commis Me Dumont, greffier de l'Evesché [466], pour informer sommairement, suivant les conclusions du sieur Procureur fiscal.
Annessi, le 5 octobre 1621.
FRANÇ8, E. de Geneve. [467]
2
DEUXIÈME SUPPLIQUE DES PÈRES BARNABITES
A Monseigneur l'Illme et Rme Evesque et Prince de Geneve.
Supplient avec humillité vos tres humbles et devotz orateurs, les RRdz PP. dictz Clercz regulliers de la Congregation de Saint Paul, dictz Barnabites, recteurs perpetuelz du College des Saintz Paul et Charles d'Annecy, disantz que pour l'union et incorporation que pretend faire V. S. Rme du prieuré de Saint Clair audict College, pour les raysons et consideration suppliées en la requeste laquelle ilz ont presentée a V. S: Rme, et suyvant le bon playsir de Leurs Altesses Serenissimes, les suppliantz ont faict proceder a la sommaire apprinse de l'estat et revenu dudict College, comme aussy de celles dudict prieuré, et que les recteurs ou prieurs d'icelluy ne sontz onques estéz que seculliers et simples prebstres ; et ce, par Me Maurice Dumont, greffier de l'Evesché a ces fins commis. Ne reste sinon qu'il y entrevienne le consentement de vostre venerable Chappitre cathedral, scellon que de droict canon, et pour ce lesdictz suppliantz recourent a V. S. Rme.
Ce consideré, playse, Monseigneur, ordonner que la presente soit monstrée aux RRdz seigneurs Prevost [468] et Chanoenes dudict venerable Chappitre, pour, sur ce, faire leur declaration et donner leur consentement; duquel ilz sontz priez humblement comme certiorés et (sic) l'estat dudict prieuré et necessitées dudict College, affin que, ce faict, il soyt procedé par V. S. Rme a l'union don (sic) est question, ainsi qu'elle verra a faire.
Et ilz continuent a prier Dieu pour sa conservation et celle dudict Chappitre. Off.
RUFFIER [469].
Soit monstree au venerable Chapitre selon la requeste.
Annessi, le 4 novembre 1621.
FRANÇs, E. de Geneve. [470]
3
TROISIÈME SUPPLIQUE DES PÈRES BARNABITES
A Monseigneur l'Illme et Rme Evesque et Prince de Geneve.
Supplient avec humillité vos tres humbles et devotz orateurs, les RRdz PP. Clercz regulliers de la venerable Congregation de Saint Paul, dictz Barnabites. recteurs perpetuelz du College de la presente ville et cité d'Anecy :
Qu'appres qu'il a apparu a V. S. Rme des preuves souffizantes des necessitées dudict College, le revenu duquel, comme la plupart incertain, n'est souffizant pour leur entretient et des regens des basses classes ; par la sommaire apprinse faicte, de l'authorité et commission de V. S. Rme, par Me Dumont, greffier de l'Evesché a ce commis ; aussy heu esgard au consentement presté par le venerable Chappitre cathedral de Saint Pierre de Geneve, sur la requeste cy jointe du cinquiesme du courant, signé par le sieur Chanoine Jay, secretaire dudict Chappitre, cy contre, il soit le bon playsir de V. Rme S., suyvant les conclusions de leurs precedentes requestes, de passer oultre a l'union du prieuré de Saint Clair, fruictz, revenus, biens et charges en dependentz, audict College a perpetuité, comme estant un simple benefice, ainsy que doibt resulter de ladicte requeste sommaire. Et aultrement leur prouvoir, ainsi que de droict.
RUFFIER
[471] Apres avoir veu et consideré les depositions des tesmoins ouys en la sommaire apprinse faite par Me du Mont, greffier de l'Evesché a ce commis, comm'encor le consentement presté par Nostre Chapitre cathedral, et ayant egard a la bonne volonté, intention et desir de S. A., dont il Nous appert par lettres a Nous envoyees par icelle : avons ordonné et ordonnons que la chapelle de Saint Clair, communement appellee prieuré, biens, fruitz et revenuz qui en dependent, seront mis, annexés et incorporés a perpetuité au College de la presente ville et cité, avec les charges en dependantes ; et qu'a ces fins en soyent expediees auxditz suppliantz lettres de provision de ladite union et annexe, telle que de droit et de coustume. Et c'est pour en jouir apres le trespas du moderne recteur et prieur [472], paysiblement.
Annessi, le XVIII. IXre 1621.
FRANÇs, E. de Geneve.
4
DÉCRET D'UNION DU PRIEURÉ DE SAINT-CLAIR AU COLLÈGE D'ANNECY [473]
19 novembre 1621
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous et chacun à qui parviendront les présentes, salut éternel dans le Seigneur.
La raison veut que les bénéfices ecclésiastiques soient à bon droit accordés surtout à ceux qui réunissent toutes les conditions requises, en bloc et en particulier, pour la collation canonique des revenus des bénéfices. Aussi, puisque les saints Canons engagent à attribuer les bénéfices soit à ceux qui célèbrent les Offices divins, soit à ceux qui s'occupent du salut des âmes par la parole, l'enseignement et l'administration des Sacrements, et que tout dernièrement, le saint Concile de Trente (Sess. 23, de Reform.18) a témoigné un intérêt spécial à l'égard des collèges où la jeunesse apprend les rudiments de la piété et des belles-lettres, non seulement en ordonnant de les ériger, mais encore en indiquant les moyens particuliers de subvenir à leurs charges, en leur assignant des revenus ecclésiastiques : Nous, à Notre tour, avons jugé que Nous remplirions plus équitablement le devoir de Notre ministère touchant la distribution de ces revenus, si Notre soin de Pasteur, sur ce point, gratifiait ceux qui s'adonnent avec zèle, non seulement à une des œuvres susmentionnées, mais à toutes simultanément.
Or, par de légitimes documents et témoignages reçus dans ce but et à Nous montrés, il est évident que les Révérends Clercs réguliers de Saint-Paul, appelés vulgairement Barnabites, qui au Collège Chappuisien d'Annecy, sous le vocable des Saints Paul et Charles, tout en s'acquittant, selon les pieux statuts de leur Congrégation, de la célébration des Offices divins, de l'administration des Sacrements, des prédications, du catéchisme, des écoles et autres fonctions religieuses, jouissent cependant d'un si petit revenu, que, ne pouvant suffire à tant de charges assumées, ils se voient forcés à diminuer le nombre de leurs Religieux, et à omettre les fonctions ordinaires plus solennelles, ou à les célébrer moins solennellement que ne le leur permettent leurs Constitutions:
Nous donc, en obéissant, selon Notre devoir, aux décrets des saints Canons et du saint Concile de Trente, en conformité aussi à la volonté du Sérénissime Prince de Savoie et de Piémont [474], voyant que, pour aider et promouvoir les services si utiles et nécessaires à la vie ecclésiastique que rend le susdit Collège, on peut, sans aucune diminution du service divin, assigner commodément la chapelle séculière ou église de Notre diocèse appelée vulgairement prieuré de Saint-Clair ; de Notre autorité ordinaire, aussi bien que de celle qui, en tant que l'affaire le requiert, Nous est déléguée par le Siège Apostolique, suivant les décrets du Concile œcuménique de Trente, et après avoir pris le consentement capitulaire de Nos frères les Chanoines, Nous unissons, annexons et incorporons pour toujours, par la teneur des présentes, au Collège Chappuisien des Saints Paul et Charles d'Annecy, des Clercs réguliers de Saint- Paul, ladite chapelle, église ou prieure de Saint-Clair, de Notre diocèse, avec tous ses biens, revenus, droits et émoluments, ainsi que tous accessoires, appartenances, annexes et dépendances, eu égard à l'état actuel comme à l'état futur, et vice-versa, aussitôt qu'elle sera vacante par voie de cession pour cause de résignation, de permutation ou toute autre, ou bien, par le décès, ou autre démission ou amission du Révérend Jean Sonnerat, recteur actuel. Les Religieux du Collège, ou leurs procureurs, qui existeront à ce moment-là, pourront prendre et retenir pour toujours, par eux-mêmes ou par d'autres, la corporelle, réelle et actuelle possession de la susdite chapelle, et en toucher les revenus pour les employer à l'utilité et usage du Collège, sans qu'il soit besoin d'en demander ultérieurement à personne la permission. Toutefois, par la présente union Nous n'entendons pas priver l'église en question des services dus, mais les charges habituelles en seront, comme il convient, supportées par le Collège. Nous ordonnons à tous et chacun prêtres, clercs, notaires et autres personnes de ce diocèse pouvant être requis à cela par le Collège, de favoriser sa prise de possession de ladite église par lui-même ou ses procureurs. Nous défendons à chacun et à tous, aussi sévèrement que possible, en vertu de la sainte obéissance et sous peine d'excommunication par Nous dès maintenant et pour l'avenir lancée (assignant pour cela l'espace de six jours, deux pour le premier terme, deux pour le second, et les deux autres pour le troisième), de s'opposer en quelque façon à ce que les Religieux ou leurs procureurs prennent libre possession et en jouissent en paix.
En foi de quoi, Nous avons livré les présentes, munies du sceau ordinaire et de Notre signature et de celle de Notre notaire.
Donné et fait dans l'insigne ville d'Annecy, dudit diocèse, en la maison de Notre résidence habituelle, l'an de la Nativité du Seigneur 1621. indiction IVe, le 19 du mois de novembre, l'an premier du Pontificat du Très Saint Père dans le Christ et notre Seigneur Grégoire XV, Pape par la divine Providence (L10, note 712), en présence des témoins, Révérends Georges Rolland et Michel Favre [475], prêtres de ce diocèse.
.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
DUMONT.
5
QUATRIÈME SUPPLIQJJE DES PÈRES BARNABITES
A Monseigneur le Rdme Evesque et Prince de Geneve.
Supplient humblement les Rds Peres Clercz reguliers de la Congregation de Saint Paul, recteurs perpetuelz du College de la presente ville, qu'en la cause d'appel ventillante au Senat sur l'appellation comme d'abus interjectee par le sieur Baron de Menthon [476] de l'union de la chappelle appellée prieuré de Saint Clair audict College, ledict sieur Baron se sert de la Visite faicte par V. R. Seigneurie dudict prieuré [477], qu'il est presupposé escript que ladicte chappelle est de son patronage ; de laquelle Visite les suppliantz desirent avoir extraict.
Mais parce quilz se sont apperceus que les motz substanciaux qu'on preste contre eulx sont apposés a ladicte Visite par apostille, et probablement a l'insceu de V. S. Rsse, ilz recourent a ce que, ce consideré, il vous playse ordonner a Me Decomba [478] saysie d'icelle, la rapporter par devant vous et, l'ayant veu, fayre sur ce telle declaration que Vostre Seigneurie Rsse treuvera raysonnable, si elle a entendu advouer ce droict de patronage ou non, affin quilz.ne s'embarracent mal a propos en proces.
Si feres bien.
[479] Ordonnons a Me De Combaz de rapporter par devers Nous le livre de Visite mentionné en la presente requeste, pour, par apres, prouvoir sur le surplus d'icelle ainsy que de rayson.
Annessi, le XVI avril 1622.
FRANÇs, E. de Geneve.
Ayantz veu le livre de Visite a Nous representé par Me Decomba, disons et declarons que, procedantz a ladite Visite, Nous n'avons eu, pour la plupart du temps, attention a ce qu'iceluy Me Decomba escrivoit sur le fait d'icelle, Nous en estantz quasi entierement remis a son soin et diligence. Particulierement, n'avons aucune memoire qu'en la Visite de la chapelle appellee prieuré de Saint Clair fust parlé d'aucun droit de patronage; c'est pourquoy Nous l'avons tousjours creu et tenu pour un benefice libre, sans qu'aucun en aye le droit de presentation. Et ne croyons pas qu'il se faille arrester a ce qu'en ladite Visite sont estés adjoustés par apostille ces motz : de la prœsentation du sieur Baron de Menthon, puisque elle n'a esté appreuvé par Nous [480], et que pour avoir treuvé, appres que le livre de Visite nous a esté des-ja diverses fois representé, qu'elle avoit esté moins soigneusement et exactement redigee par escrit, Nous ny avons pas cy devant adjousté foy telle qu'est deüe aux actes publiez, mais seulement Nous en sommes servi par forme de memoyres et instructions ; aussy ne l'avons Nous voulu ny signer ny appreuver nulle part.
Si requerons tous qu'il appartiendra, croyre que ce dessus contient verité, et au surplus, ordonnons a Nostre secretaire [481] expedier l'extraict de la Visite suppliee aux Peres supplianz, pour s'en. servir comme de raison.
Annessi, le 17 avril 1622.
FRANÇS, E. de Geneve.
Revu sur les originaux conservés aux Archives communales d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisicn.
H - LE PRINCE - ÉVÊQUE DE GENÈVE
MÉMOIRE DESTINÉ A PROUVER QUE L'ÉVÊQUE DE GENÈVE
EST LE SEUL LÉGITIME PRINCE SOUVERAIN DE LA CITÉ ET DE SES DÉPENDANCES
[Décembre 1601 [482] ]
L'Evesque de Geneve est le seul legitime Prince sauverain de Geneve et de ses dependences [483], nonobstant que les Seigneurs Ducz de Savoye, comme successeurs des comtes de Geneve d'une part [484] et les citoyens de Geneve de l'autre, praetendent au contraire.
Car, quant aux Ducz, leurs praetentions ayant esté examinees, ilz en furent debouttés par l'Empereur Federic Barberousse [485] des l'an 1162, comm'il appart (sic) par patentes authentiques par lesquelles Berthod, Duc de Kheringhen [486], ayant obtenu superiorité sur Geneve sous ombre du vicariat d'empire, avec intention de transferer ladite superiorité au comte de Geneve son cosin [487], ayant en fin comparu en la court imperiale avec ledit comte, ladite obtention et concession fut cassee et declairee nulle en leur praresence, comme surreptice qu'elle estoit, et la sauveraineté confirmee a l'Evesque et a ses successeurs privativevement a tous autres, sans reservation d'autre reconnoissance a l'Empereur sinon de faire litanies et prieres quand il passeroit personnellement par ladite ville. Et fut ladite sentence rendue en forme de pragmatique sanction, qui ne pourroit estre plus grave [488]. En consequence de ce que dessus, le mesme Empereur confisca le fief de Guillaume, comte de Geneve, a Nancellinus, Evesque, pour la felonnie commise contre iceluy Evesque, l'an 1186 [489].
L'an 1362, Charles 4, Empereur, ayant donné authorité sur Geneve au comte de Savoye son cosin, il la revoque, declairant n'avoir voulu praejudicier aux anciens droitz de l'Evesque [490]. L'an 1371, ladite revocation est confirmee, avec commandement au comte, tant de la part du mesme Empereur que du Pape Gregoire 12, d'acquiescer a icelle en faveur de l'Evesque [491].
L'an 1400, Wenceslaus, Empereur, declaire le vicariat d'empire donné a Amé de Savoye, ne devoir operer au praejudice de l'Evesque de Geneve. Autant en fait Sigismond, l'an 1412 et l'an 1420 [492].
L'an 1219 et 1290, par accord fait entre les Evesques et les comtes de Geneve et de Savoye, la sauveraineté est reconneüe et declairee appartenir a l'Evesque, le comte Amé se qualifiant vassal de l'Eglise de Geneve [493]. En suitte dequoy, l'an 1219, 1346, 1405, les comtes de Geneve et leurs successeurs font hommage a l'Evesque [494].
L'an 1404, Blanche, comtesse de Geneve, et Amé, comte de Savoye, estans en different a qui appartenoit le comté de Genevois, offrant l'une et l'autre des parties l'hommage a l'Evesque, il differa de le recevoir jusques apres la decision du different [495].
L'an 1308, 1343, les Evesques donnent expresse permission aux comtes de Savoye de battre monoye au fauxbourg de Geneve, a la charge que la 4e partie de l'emolument revienne a la bourse episcopale [496]. Et es mesmes annees, Louys de Savoye, baron de Vaux, preste hommage a l'Evesque pour la monoye quil fait battre a Nion, ville dependente et du fief de l'Evesché [497].
L'an 1356, Ademarus fait deporter le comte de Savoye de faire battre monoye en son diocaese [498].
L'Evesque aussi faisait grace, comme fit Thomas, Evesque, l'an 1453 [499].
L'an 1517, Jean de Savoye, Evesque, permet a Charles, Duc de Savoye, de faire faire des criëes dans Geneve pour certains siens affaires, sans consequence toutefois ni praejudice [500].
Quand aux praetentions des citoyens de Geneve, elles sont plus recentes et infiniment plus frivoles ; car ilz alleguent seulement que l'Evesque Ademarus leur donna pouvoir de connoistre et juger des crimes et occurrences qui surviendroyent des le soleil couchant jusques au soleil levant [501]. Mays si cela est un privilege donné par l'Evesque, ilz l'ont perdu par le crime de leze majesté commis par eux en leur rebellion contre icelluy.
2. L'Evesque n'a peu aliener tel droit au praejudice des successeurs, les Evesques et autres ecc1esiastiques n'estans qu'administrateurs et usufructuaires des biens de l'Eglise.
3. Encor que les citoyens eussent condamné pour telz crimes nocturnes, la sauveraineté toutefois estoit a l'Evesque, qui en pouvoit faire grace, comme fit Thomas, Evesque, a un criminel condamné par les citoyens l'an 1453 (note 499).
Ilz alleguent aussi les alliances faittes par eux avec Berne et autres cantons ; mais c'estoit du tems quilz minutoyent leur rebellion et apres qu'ilz l'eurent executee, ce pendant que, nonobstant leurs alliances, Charles V, Empereur, les advertissoit et commandoit de ne deroger aux droitz de l'Evesque, l'an 1530 [502].
Et de fait, lesdits citoyens debattans avec les Ducz de Savoye, ne se couvrent ni peuvent couvrir d'autre droit que de celuy de l'Evesque, comm'il appert en la conference faite a Hermence l'an 1598, par les sieurs Maillet, Dauphin, Let, Rozet et Sarrazin [503].
Revu sur l'Autographe conservé dans les Archives de l'Evêché de Saint-Jean de Maurienne.
II
ACCUSÉ DE RÉCEPTION DE LETTRES DE L'EMPEREUR MATHIAS [504]
3 avril 1613
(INÉDIT - EN LATIN)
[505] FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui verront les présentes lettres, salut abondant dans le Christ.
Honorable Georges Scheyffer, messager de son impériale Majesté [506], délégué vers Nous, est arrivé ici très heureusement l'avant-dernier jour du mois de mars, à deux heures après midi. Il nous a remis les lettres de l'Empereur, et il est reparti sain et sauf comme. il était venu : c'est ce que Nous attestons par les présentes.
En foi de quoi, Nous les avons soussignées et Nous avons fait apposer Notre sceau.
Donné à Annecy en Genevois, le 3e jour d'avril, l'an du Seigneur 1613.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE.
Revu sur une copie déclarée authentique, faite sur l'original conservé à Vienne,Archives Impériales.
III
ACCUSÉ DE RÉCEPTION DE LETTRES DU MÊME ET TESTIMONIALES EN FAVEUR DU PORTEUR
3 juillet 1614
(INÉDIT – EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui liront les présentes, salut abondant dans le Christ.
Georges Seyffert [507], d'Augsbourg, notaire du Saint Empire, a désiré de Nous, qui le chérissons dans le Christ, l'attestation qu'il Nous a remis un décret de son auguste Majesté pour Nous inviter à la prochaine diete [508] : ce qui est vrai, Nous le déc1arons par ces présentes signées de Notre main et munies de Notre sceau.
De plus, Nous affirmons que le même Georges Seyffert, porteur des présentes, a toujours vécu, pendant le peu de jours qu'il a passés avec Nous, selon les usages catholiques et qu'il n'a rien fait qui ne respire le vrai christianisme. Aussi, maintenant qu'il retourne vers les siens, Nous l'entourons d'une sincère affection et Nous le recommandons à tous les fidèles du Christ qu'il aura l'occasion d'aborder.
Annecy en Genevois, le 3e jour de juillet 1614.
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE.
Revu sur une copie déclarée authentique, faite sur l'original conservé à Vienne, Archives Impériales.
I - SUJETS DIVERS
1
MÉMOIRE ADRESSÉ AM. CHARLES D'ALBIGNY CONCERNANT UNE PENSION
. .
ATTRIBUEE A L ABBE COMMENDATAIRE DE FILLY
Chambéry, [vers le 6 mars] 1606 [509]
(INÉDIT)
Sur la vacance de la pension ou portion qui estoit demeuree a l'Abbé de Filly pour le tiltre de l'abbaye, tout le reste du revenu ayant esté appliqué a l'Ordre Saint Maurice et Lazare [510], il est requis que Son Altesse nomme a Sa Sainteté un successeur pour ladite portion. Je croy que le tiltre est de Nostre Dame.
La vacance est par le deces de Reverend noble de Grilly, Religieux et Chantre de Saint Claude [511], bien que ladite [portion] ne soit annexee ni a la chantrerie ni au monastere Saint Claude. La valeur est de 35 escus.
Revu sur l'Autographe conservé à Turin, Archives de l'Etat (Lettere particolari, n° 7).
PROCURATION POUR LE SERMENT DE FIDÉLITÉ
A PRÊTER AU PRINCE DE PIÉMONT, VICTOR-AMÉDÉE
I4 janvier 1607
L'an mil six cens et sept et le quatorziesme janvier, devant moy notaire et les tesmoins, establi en sa personne Illustrissime et Reverendissime Seigneur FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, lequel agreablement et sans revocation de ses aultres procureurs ci devant constitués, de nouveau. faict, cree et institue ses procureurs speciaux et generaux, l'une des qualités ne derogeant a l'autre ny au contrayre, sçavoir :
Reverendissime Monsieur Nicollas Gottry, chanoine de .l'Eglise cathedrale de Saint Pierre de Geneve (L2, note 56) ; Barthollomé Flocard, chanoine de l'eglise collegiale de Nostre Dame d'Annecy (L1, note 267), et Claude de Blonnay, curé de Scies, au bailliage de Chablaix (L2, note 148), et a l'ung d'eux seul pour le tout ici present et la charge acceptant. Et c'est [pour], au nom de mon dict Seigneur le Reverendissime Evesque, prester la fidelité a Serenissime Monseigneur le Prince de Piemont [512] ; et c'est suivant et a la forme teneur de la fidelité prestee personnellement par mon dict Seigneur le Reverendissime le premier may mil six cent et troys, par l'acte signé Boursier (L6, note 148), a feu de tres heureuse memoyre Monseigneur le Prince (que Dieu absolve) Philippe Emanuel [513] ; et fere tout ainsy que si mon dict Seigneur le Reverendissime estoyt present, et de telle fidelité en retirer acte duement signé et aultrement fayre comme le fait le requiert. En la personne desquels procureurs et de l'ung d'eux ledict Seigneur Reverendissime a esleu son domicile, promettant mon dict Seigneur Reverendissime, par serment presté more Prelatorum, avoir agreé ce que par lesdicts procureurs ou l'ung d'eux sera faict, avec touttes aultres promissions, serment presté, relevations, renonciations et clausules requises.
Faict a Annessy, dans la maison d'habitation de mon dict Seigneur le Reverendissime. Presens : Reverend messire Estienne de La Combe, chanoine de ladicte Eglise cathedrale de Saint Pierre de Geneve (Op1, note 181), messires Jacob Chambouz [514] et François Favre (L6, note 329), dudict Annessy, tesmoins requis ; combien que par et aultres mains soit escript, et moy, notaire subsigné, a ce recepvant requis, corroborees. par signature de mondict Seigneur le Reverendissime. scellees du scel de mon dict Seigneur.
FRANÇOIS, Evesque de Geneve.
DUMONT [515].
MÉMOIRE ADRESSÉ A SA SAINTETÉ PAUL V POUR L'ÉRECTION D'UN ÉVÊCHÉ A CHAMBÉRY [516]
(MINUTE – EN LATIN)
Importance De la ville de Chambéry et insuffisance d'un Vicaire forain. - Difficultés pour l'Evêque de Grenoble d'administrer ce quartier de la Savoie.-Nul effort légitime ne doit être épargné pour l'établissement désiré.
Chambéry, [entre la mi-mars et le 22 avril [517]] 1612.
[... Il écrivit au très saint Siège Apostolique d'excellentes raisons en faveur de l'Eglise cathédrale de Chambéry, par lesquelles il. montrait que] de tout temps la ville de Chambéry fut la capitale de la Savoie, que le souverain Sénat et le Conseil d'Etat y font leur résidence, qu'elle est ornée d'un grand Collège [518] et de plusieurs églises, tant séculières que régulières. Il s'y fait un grand concours de monde à cause du passage des Français, des Anglais et des Flamands qui vont en Italie ; il convient donc, et même il est nécessaire qu'il y réside un Evêque pour tenir en ordre l'état ecclésiastique dans une ville si fréquentée.
Un vicaire forain, établi seulement pour les choses qui regardent le for contentieux, n'a pas l'autorité suffisante pour maintenir le peuple dans le respect et les ecclésiastiques dans leur devoir ; sans compter qu'il doit très souvent recourir à Grenoble pour apprendre l'intention de l'Evêque, recours qui présente dans les cas urgents de grandes incommodités. D'ailleurs, l'évêché de Grenoble est si étendu et il comprend tant de pays différents [519], enfin son administration est si difficile, que la plupart du temps les affaires de :Savoie sont nécessairement différées.
Un très grave inconvénient résulte encore de la diversité des dominations temporelles qui s'y exercent [520]. De là, entre les peuples, des différences d'humeur et de façons de procéder, et aussi des rivalités, des reproches et des rixes criminelles.
Une autre difficulté, c'est la trop grande distance qui sépare Chambéry de Grenoble. Il y faut plusieurs jours de marche et par des chemins très difficiles, surtout pendant l'hiver, à cause des torrents [521]. Aussi c'est à peine si les Sacrements de Confirmation et d'Ordre, si les consécrations des églises et des calices, si les saintes Huiles peuvent être procurés par l'Evêque de Grenoble, assez occupé dans sa ville.
De plus, l'Evêque de Grenoble étant le chef et le président des comices et des assemblées séculières et temporelles du Dauphiné [522], s'il surgit quelque dissentiment entre les couronnes de France et de Savoie, ou même entre les gouverneurs de Savoie et du Dauphiné, les relations entre les deux peuples deviennent très difficiles et le passage de l'Evêque sujet à de graves soupçons de part et d'autre ; car alors il n'est pas regardé comme le Pasteur commun de l'un et de l'autre peuple, mais comme un homme exclusivement dévoué et lié au pays où il réside et exerce la prééminence.
[Il ajoutait que] [523] ces raisons étaient d'une telle importance, que pour établir un évêché dans cette ville, nul effort légitime ne devait être épargné, tant de la part du Sérénissime Duc que du Siège Apostolique. C'est à celui-ci de fournir aux villes et provinces, en y constituant des Evêques, les moyens convenables pour le maintien de la piété et la décence dans l'exercice du culte catholique.
Enfin, on peut croire que le Révérendissime Evêque de Grenoble songe à désirer d'être déchargé de cette partie de son diocèse, afin qu'il puisse, avec plus de facilité et d'exactitude, s'occuper du reste de sa charge qui sera encore bien grande, pour ne pas dire très grande.
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IV
TÉMOIGNAGE SUR LES VERTUS DE MONSEIGNEUR JUVÉNAL ANClNA, ÉVÊQUE DE SALUCES
[Novembre] 1617 [524]
(EN LATIN)
Il m'a été certes très agréable d'apprendre que l'on va publier sous peu la Vie et conduite du très illustre et Révérendissime Père et Seigneur Juvénal Ancina [525]. Les évêques, en effet, étant, au dire du grand Pontife Grégoire de Nazianze, les peintres de la vertu, qui .est la chose la plus belle, et devant, par leurs paroles et leurs actes, retracer avec art et, autant que possible, exactement une chose si excellente, je ne doute pas que nous ne devions contempler en notre très illustre et distingué Juvénal l'image parfaite de la justice chrétienne, c'est-à-dire de toutes les vertus.
Et à la vérité, pendant les quatre ou cinq mois que je passai à Rome, par l'ordre de mon très pieux et très honoré prédécesseur Claude de Granier, pour y traiter certaines affaires de ce diocèse [526], je vis plusieurs personnes d'une sainteté et doctrine éminentes, dont les travaux étaient l'ornement de Rome, et, par Rome, de l'univers ; mais parmi eux tous, la vertu de notre Juvénal frappa spécialement et merveilleusement les yeux de mon âme.
J'admirais qu'à une telle érudition et à une science si variée il joignit un si grand mépris de soi-même; à une si grande gravité de paroles et de mœurs, une si grande grâce et modestie ; à un tel souci de la piété, une telle urbanité et suavité; car il ne cherchait pas, comme il arrive à beaucoup, à vaincre le faste par un autre faste, mais par une vraie humilité ; il ne donnait pas pour base superbe à sa charité la science qui enfle,(1 Co 8,1)mais il fortifiait sa science par la charité qui édifie : aimé à la fois de Dieu et des hommes,(Eccli 45,1)lui qui avait pour Dieu et les hommes une très pure dilection. Or, j'appelle très pure dilection celle où ne se trouvait presque rien de l'amour-propre ou égoïsme : rare et exquise dilection celle-là, rare même parmi ceux qui font profession de piété, et partant plus précieuse que ce qui s'apporte de l'extrémité du monde.(Pr 31,10)
J'observai comment cet homme, à l'occasion, avait coutume de louer si ouvertement, si sincèrement, si affectueusement les institutions, mœurs, doctrine et manière de servir Dieu des divers Religieux, ecclésiastiques et même laïques, comme s'il avait appartenu à leurs Congrégations ou sociétés. Tout en ayant une affection très douce et vraiment filiale pour sa très chère Congrégation de l'Oratoire, si célèbre, il n'en aimait, n'en estimait ni ne vantait avec moins de zèle et d'ardeur, à l'encontre de beaucoup, les autres couvents ou sociétés adonnés au service de Dieu,
C'est pourquoi lorsque ceux qui, touchés intérieurement par l'amour céleste, désiraient suivre une manière de vie plus pure et lui demandaient son avis, il ne regardait que la plus grande gloire de Dieu, et les conduisait avec grande affection, par conseils et par actes, vers la Société qu'il pensait pour eux la mieux désignée : homme, par conséquent, qui n'était ni à Paul, ni à Pierre, ni à Apollon,(1 Co 3,4)mais à Jésus-Christ ; qui ne se souciait, ni dans les affaires temporelles ni dans les spirituelles, de ces mots si froids de mien et de tien, mais pesait sincèrement toutes choses dans le Christ et pour le Christ. Il me revient un exemple de la parfaite charité de cet homme apostolique.
Tout dernièrement mourut au Collège de cette ville d'Annecy, que dirigent les Clercs réguliers de Saint-Paul (L4, note 446 ; L6, notes 340,547), un homme très religieux, Don Guillaume Cramoisy, parisien (L8, note 279). Parlant avec lui, comme il arrive, je fis mention par hasard de notre Rme Juvénal Ancina. Mais l'autre, subitement tout joyeux : " Combien agréable, " dit-il, " combien cher doit être pour moi le souvenir de cet homme ! C'est lui, en effet, qui en quelque sorte m'engendra une seconde fois dans le Christ. " Et m'ayant vu le désir d'apprendre l'affaire plus au long, il continua ainsi.
" A vingt-quatre ans, dit-il, poussé déjà par de nombreuses inspirations de la divine Providence à embrasser la vie religieuse, je me sentais cependant, à cause de ma faiblesse, tellement agité de tentations contraires que, perdant tout à fait courage, je songeais sérieusement à me marier ; la chose était même si avancée dans le cercle de mes amis, qu'elle paraissait comme faite.
" Mais combien grande est la bonté de Dieu ! Etant entré à l'oratoire de la Vallicella [527], voici que j'entends le Père Juvénal Ancina prêcher au peuple, d'abord sur l'inconstance de l'esprit humain et sur sa faiblesse, ensuite sur la magnanimité qu'il faut mettre à suivre les instincts divins ; et cela avec tant de talent dans la parole et les idées exprimées, qu'il semblait secouer, comme avec la main, la paresse malheureuse de mon cœur ; en sorte que finalement, élevant sa voix comme une trompette,(Is 58,1)il me contraignit de me rendre. Aussi, dès la fin du sermon, hésitant et anxieux je l'aborde tandis que, dans un coin de l'oratoire, il répandait, j'imagine, ses prières pour l'heureuse issue de sa prédication, et je lui expose l'état de mes pensées. Lui aussitôt : " L'affaire, " dit-il, " doit être traitée avec plus d'attention, nous n'aurions pas le temps de le faire maintenant que le jour est à son déclin ; si donc demain vous venez me trouver, nous nous occuperons plus opportunément de toute cette question. Vous, en attendant, ce qui est le principal, demandez par vos prières la lumière céleste. "
" Je vins donc le lendemain et lui communiquai sincèrement les pensées contradictoires qui m'assaillaient au sujet de ma vocation, lui exposant en particulier mon appréhension à l'endroit de la vie religieuse à cause surtout de la faiblesse et de la complexion délicate de mon corps. Ce qu'ayant écouté et examiné attentivement : " Et c'est pour cela, " me dit ce Serviteur de Dieu, " que la Provi dence a ménagé dans l'Eglise la variété des Ordres religieux ; afin que celui qui ne peut s'engager dans ceux qui sont austères et voués à la pénitence extérieure entre dans les plus doux. Et voici que s'offre à vous la Congrégation des Clercs réguliers de Saint-Paul, où la discipline de la perfection religieuse est en grand honneur, et où cependant l'on n'est pas accablé par les austérités corporelles, tellement que à peu près tout homme peut, avec la grâce de Dieu, observer très facilement ses coutumes et Constitutions. Allez à leur Collège [528], et voyez vous-même si les choses ne sont point ainsi.. Depuis lors l'homme de Dieu ne cessa de me conseiller, jusqu'au moment où il me vit admis et engagé dans cette si honorable Congrégation." Voilà ce que racontait Don Guillaume.
D'où il est facile de conclure quelle était la persuasion de parole du grand Juvénal Ancina, sa sagacité dans les conseils, et sa constante et parfaite charité à aider le prochain; car ce que je viens de raconter à titre d'exemple, nous savons qu'il l'a fait pour beaucoup d'autres. Et pour ce qui me regarde, j'avoue ingénument avoir été grandement incité à l'amour de la vertu chrétienne par plusieurs lettres que, grâce à sa bienveillance pour moi, j'ai reçues de lui.
Quand ensuite il passa de l'excellent genre de vie de la Congrégation de l'Oratoire à la charge sainte de l'épiscopat [529], alors sa vertu commença à briller plus vivement et, ainsi qu'il fallait s'y attendre, à resplendir avec plus d'éclat, comme une lampe ardente et luisante (Jn 5,35)qui, placée sur le chandelier, éclaire tous ceux qui sont dans la maison. (Mt 5,15).
Et en effet, lorsqu'en 1603, me détournant un peu de mon chemin, je vins le saluer à Carmagnole, ville du diocèse de Saluces où il faisait la Visite pastorale [530], je sentis alors [531]la vénération mêlée d'affection que sa piété et ses abondantes vertus excitaient dans ces populations. Car [532]dès qu'elles surent que j'étais arrivé, on ne peut dire assez avec quelle ardeur d'esprit et quelle douce violence ils me firent abandonner l'auberge publique pour la maison d'un noble citoyen. Ils auraient voulu, disaient-ils, s'ils l'avaient pu, cacher au milieu de leurs cœurs un homme qui, pour faire honneur à leur .bien aimé Pasteur, s'était détourné pour le visiter. Et ils ne se lassaient pas d'exprimer par leurs paroles et leurs visages joyeux l'allégresse que leur faisait concevoir la présence d'un tel Pontife,. tandis que lui, par une très noble affabilité et une très suave bienveillance envers tous, fixait les yeux et les cœurs de tous, et, comme un Pasteur excellent et bienfaisant, appelait par leur nom ses brebis (Jn 10,3) aux pâturages verdoyants, et de ses mains pleines du sel de la sagesse, les attirait, ou mieux, les entraînait après lui. [533]
Pour tout dire en un mot absent d'envie : il ne me souvient pas d'avoir jamais vu un homme plus abondamment et splendidement orné des qualités que l'Apôtre désirait tant voir (1 Tm 3,3 ; Tt 1,7) chez les hommes apostoliques.
………………………………………………………….
Revu sur une copie authentique, faite par M. Michel Favre, conservée à la Visitation d'Annecy.
APPENDICE DE LA IVe SÉRIE
A - RÉPONSE DE DON ANTOINE CARRILLO AU MANDEMENT DE SAINT FRANÇOIS DE SALES [534]
Hodie, vigessima secunda presentis mensis, recepi mandatum Illustrissimae ac Reverendissimae Dominationis Vestrae, in quo mandabat michi (sic) ut restituerem militem Ispanum qui confugerat ad ecclesiam ut ejus immunitatem gauderet, propter homicidium in hoc loco Favergae perpetratum. Propter quod mandat ut infra viginti quatuor horas illum ecclesiae restituam, sub pena excommunicationis ipso facto incurrendae, vel quod redderem suficientem causam quare ad hoc non tenerer.
Respondendo dico, causam justissimam me reddidisse in quadam littera quam hoc mane ad Dominationem Vestram Illustrissimam ac Reverendissimam proprio nuncio missi (sic) ; quam si recte consideretis, videbitis justissime me motum fuisse ad illum extrahendum. Et sic precor et humiliter rogo, ut Dominatio Vestra Illustrissima ad ulteriora non procedat, quoniam sic et justitia et equitas suadet.
. Valete; vitam et statum Deus conservet.
Data die supra dicto.
Humilis in Christo servus,
Sr ANT. CARRILLO.
Ego, Vicarius subsignatus, notificavi praesens mandatum hora meridiana. et ipse respondit quod supra.
EXCOFFIERIUS (note 370).
Revu sur l'original inédit, appartenant à madame la marquise Pensa, à Turin.
B - EXTRAITS DES DÉLIBERATIONS DU CONSEIL DE VILLE D'ANNECY AU SUJET DE LA
PROCESSION DE LA FÊTE-DIEU
1
Du samedy, vingt quatrieme may mil six cens et trois.
(notes 7,16) Se sont presentés Rds Srs François de Lomay, Doyen de l'eglise Nostre Dame (L2, note197), assisté de Janus des Oches (note 50), Bartelemy Flocard (L1,note 267) et Scipion Machet (note 123), chanoines en la dite eglise. A iceluy sieur Doyen remonstré comme Monseigneur le Reverendissime Evesque de Geneve desireroit aller a la procession du St Sacrement, voullant que Messrs les chanoines de St Pierre marchent les derniers et facent l'Office, et que ceux de Nostre Dame marchent a part et devant; voullant, de plus, faire l'Office a St Mauris. Auquel fut respondu que feu Monseigneur le Rme Bachodi, qui estoit Nonce de Sa Saincteté, d'ailleurs Evesque de Geneve [535], et apres, le feu Monseigneur le Rme Angelo Justinian, Evesque aussi de Geneve (L6, note 662), ont laissé l'Office a ceulx de l'eglise de Nostre Dame, sans vouloir rien innover, puisque mesme non seulement leur eglise est la principale de la ville, comme se veoid par l'assemblee qui se faict dans icelle, voyre aussi [qu'ils sont] Curé de la parrochiale de la ville, a laquelle la ville a notable interest.
Puisque le temps est fort proche, il est necessaire [savoir] si la Ville vouldra permettre que l'assemblee des croix se fera dans l'eglise empromptee pour Cathedrale, lorsque se feront les processions; oultre que, encores que Curés, on veult que aultres, qui n'ont aulcune part en la cure, fassent l'Office, et priver [ainsi] les propres Curés de leur authorité et prerogative.
Neanmoins l'on a escript a Monseigneur nostre Prince [536], fondateur de la dicte eglise, duquel ny a encores response. Neanmoins a esté proposé a Monseigneur le Reverendissime [l'ordre] que feu Monseigneur Justiniani son predecesseur, a tenu pendant trois annees : en la premiere annee, il se contenta que le Chapitre de St Pierre y vindrent a part, marchant ceux de Nostre Dame a main gauche, et les aultres a main droicte ; la seconde annee les dicts sieurs de St Pierre demeurarent sans y venir, fors [que] luy, Monseigneur Justinian, se servit d'assistans de ceulx de sa Cathedrale; et la troysieme annee, Monseigneur luy seul, assisté de ceulx de Nostre Dame seulement, assista a icelle, portoit le tres augnste et tres sainct Sacrement de l'aultel. Suppliant humblement la Ville de vouloir declairer leur volonté et de vouloir les maintenir aulcunement ; ouItre que feu Monseigr Claude de Granier, Evesque de Geneve, predecesseur [im]mediatement de mon dict Seigneur François de Sales (L1, note 114), n'a jamais volu toucher cest ordre, considerant la difficulté qu'arrivoit pour introduire telle affaire.
La Ville, en l'assemblee de son Conseil, a declaré que Monseigneur le Reverendissime François de Sales, Evesque de Geneve, sera prié humblement de laisser les affaires comme cy devant. Et ou luy plairoit que le chapitre de St Pierre de Geneve marchat, quil ira a main droicte de ceulx de Nostre Dame ; et celebrant la Ste Messe, qu'estant le diacre de st Pierre, que le subdiacre sera de Nostre Dame ; et qu'en l'absence de Monseigneur, ou le dict Chapitre vouldra marcher, que le sieur Doyen marchera comme Curé, suivant ce qu'a esté observé par feu Monseigneur le Reverendissime Angelo Justinian, faisant les deux Chapitres l'Office ensemblement ; et, par mesme moyen, qu'a toute procession l'assemblee se face dans la dicte eglise de Nostre Dame. Et ou il vouldra contraindre la Ville a faire comme par le dict Sr Doyen a esté remonstré, l'on appellera comme d'abus. Et premierement, sera demandé communication de la volonté de Mgr le Rme par escript, pour y respondre et affin d'envoyer a Mgr, a Paris [537], pour en recevoir ses commandements et bonne volonté. On suivra la response qu'il en baillera.
2
Du mercredy, vingt huictieme may mil six cens et trois.
Messieurs les Scindics [538] ont proposé comme Monseigr le Reverme, Monseigneur François de Sales, Evesque et Prince de Geneve, les feit appeler hyer, ausquels il remonstra le desir et sincere affection qui le portoient tout parfaire pour l'honneur qui est deub a nostre Dieu. Pour cest effect, il avoit prins resolution de faire marcher tout le Clergé, jusques mesme au tres venerable Chapitre cathedral de St Pierre de Geneve, qui, porté tres humblement au mesme dessein, ne desire que de prester la mesme obeissance que les autres communautés. Et pour autant qu'ils se treuvent tellement joincts, unis et collés a la chaire episcopale, ils desireroient qu'ils s'approchassent de plus pres de leur chief, puisque l'Evesque et le dict Chapitre ne font qu'un corps, et que Messrs les Reverds sieurs Doyen et chanoines du venerable Chapitre de Nostre Dame marchent devant et a part : estant les dicts sieurs de St Pierre, avec Monseigneur le Reverendissime, fondés sur des raisons peremptoires et qui ne reconnoissent exception, tant sur les saincts Canons que determinations du St Consile de Trente. Et quand aux officiants, que c'estoient (sic) chose tres belle que les deux Chapitres s'assemblent dans l'eglise de St Mauris, ou il pretend celebrer la saincte Messe ; et la, faire l'assemblee de tout le Clergé meslé ensemble, chantant et psalmodiant. Ne desirant neanmoins de faire breche et prejudicier aux droicts, prerogatives et preeminence deubs au Curé, soit au dict Chapitre de Nostre Dame, par l'acte que dessus ; ains au contraire, est de telle volonté que de mourir plustot pour la conservation de parrochiale et droicts de Curé, que de permettre que chose quelconque leur soit levee.
Partant, apres plusieurs responces faictes aux raisons de Monsgr, et lecture faicte de la resolution de ceans, du vingt quatriesme de ce mois, messieurs les Scindics se sont excusés de pouvoir faire le contraire d'icelle, puisqu'ils ont les mains liees. Neanmoins, qu'ils feront entendre au vray de nouveau l'intention de Monseigneur le Reverendissime a la Ville, qu'ils promettent faire assembler au plus tost, affin de faire, sur les raisons qu'il pretend avancer (en presence de ceulx que l'on deputera d'une part et d'autre), decider ce different. Se plaignant encores (Monseigneur) qu'a esté obmis estrangement de ce que a icelle resolution et deliberation il n'a esté daigné l'appeler pour ouvrir ce qui estoit en son entendement et communiquer les raisons qui le poulsoient tout oultre sur chose si saincte (puis mesme que c'est ung Sacrement qui est une union telle que l'Eglise et Docteurs d'icelle la preschent) et faire que chascung iroit avec une union a adorer nostre Dieu. Et parce que Monseigneur a faict entendre qu'il y avoit nouvelle assemblee soit chez Mons. Mestre Jean Marchand, docteur es droicts. conceiller de Mgr le Duc de Genevois et de Nemours, juge mage en son duché de Genevois, affin d'assister et de veoir si les asseurances avancees de part et d'autre sont valables, et assister plaira: ce que sera faict par les dicts sieurs Scindics.
La Ville a deliberé que mondict Seigneur le Rme sera supplié avec toute humilité de donner delay pour en advertir Monseigneur, estant a present a Paris, pour, sa response veue, y obeir; et neanmoins ordonné et commandé aux dicts sieurs Scindics de n'alterer la resolution derniere du vingt quatre de ce mois aulcunement. Et ou l'affaire seroit remise, en tant que concerne la Ville, a l'arbitrage et connoissance de Monsieur Me Antoine Favre, docteur es droicts, conceiller de S. A., senateur en son Senat de Savoye et President de Genevois (L1, note 50), comme aussy a celle de Mons. Me Claude de Quoex, conceiller de Mgr et premier Collateral en son dict Conseil de Genevois (L2, note 95), quils seront priés humblement de s'en abstenir, tant pour estre le dict sieur President frere du Reverend sieur Vicaire general de Mgr le Rme et chanoine de la dicte cathedrale (L2, note 325), que le dict sieur de Quoez beaufrere de R.Sr François de Chissé, chanoine aussi en la dicte cathedrale (note 29) et jadis Vicaire general de feu heureuse memoire Ille et Rme Sr Monseigr Claude de Granier, quand vivoit Evesque de Geneve ; et ou le Conseil vouldroit passer oultre, que les dicts sieurs Scindics appelleront au Senat.
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Du samedy, vingt neuvieme may 1604,
Par Mons. Suchet [539] remonstré comme ils ont esté advertis par Messrs de Nostre Dame comme ils sont sur le point de la resolution pour le faict des processions avec Messrs de St Pierre, affin que si la Ville y a quelque interest, de deffendre le droict de leur parrochiale. La resolution se fera jeudy prochain, troisieme de juin prochain.
Messrs de Nostre Dame ont promis de communiquer leurs raisons et droict, si (ainsi) que Messre du Chapitre de St Pierre, desirant aussy le bien des deux Chapitres et ne hurter aulcunement les drois et privileges de la Ville, soit pour elle que de la parrochiale. Laquelle declaration a esté faicte par l'ambassade [envoyée] par les dicts Srs de St Pierre en presence (pour en la personne) de Reverend sieurs Jean Favre, docteur es droicts; Vicaire general de Mgr le Rme et chanoine de St Pierre, et Claude Nouvellet, aussy chanoine (L2, note 31), qui tous deux d'une ame sincere, ont asseuré Mrs les Scindics [540] de telle volonté.....
[541] Un " acte de compromis " a été " passé par les dicts deux Chapitres, " avec " nomination de juges et amiables arbitres, sans que Mrs les Scindics y soient nommés: Les dicts sieurs de Sainct Pierre neammoins ont desiré qu'ils se treuvent au dict arbitraige... Ceste affaire a esté traictee l'annee derniere, par Deliberations des 24 et 28 may 1603 (note 537), dont a esté faicte lecture, comme aussy du dict compromis portant des raisons pregnantes de laisser lesdicts affaires comme auparavant, puisque partie des dicts juges sont recusés. "
La Ville a deliberé que Mrs les Scindics, advocats et procureurs de Ville assisteront au dict compromis..., et de proposer les recusations portees par la Deliberation du 28 may, annee derniere ; et si les recusés ne se vouldront abstenir du jugement, que Mrs les Scindics assisteront comme juges. Le tout sera poursuivi a forme des dictes Deliberations et sans les alterer ; et ou a cela sera contrevenu, sera prins acte et appelé ou sera requis. Et a ces fins les Srs Scindics s'adresseront a Mgr le Rme avec tels quil plaira prindre.
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Du mercredy, 16 juin 1604.
... Il y a longtemps que la dispute .entre Mrs de Sainct Pierre et de Nostre Dame dure, et s'est resolue par arrest du Metropolitain de Vienne [542], par provision,... tellement que pour la procession [de la Fête-Dieu, les chanoines de Notre-Dame] disent ne le pouvoir faire, puis que Mrs de Sainct Pierre feront l'office de Curés sans les dictz Srs de Nostre Dame. [Faut] savoir si elle (la Ville) les suivra, apres leur Office, a leur eglise, ayant egard qu'ils ne officient aulcunement a Sainct Mauris avec Mgr le Rme, qui celebrera la Ste Messe et Mrs de Sainct Pierre feront le service ; partant, puisque la Ville a quelque interest pour la parrochiale, plaira adviser quel moyen l'on pourra tenir et l'interest que Monseigneur peut avoir.
La Ville, puis qu'il y a sentence du Metropolitain de Vienne, qui a adjugé la precellence a Mrs de Geneve par provision contre Mrs de Nostre Dame, la Ville n'a aulcun interest a telle precellance ou a l'office qui se doibt faire, ni aux autres choses concernant la spiritualité; partant, les dicts Srs de Nostre Dame, a cette occasion, se pourront retirer par devers Monseigneur le Rme pour observer ce que, de sa part, leur sera ordonné. Neanmoins que, comme Curés, seront suivis, au cas qu'ils chantent seuls, par Mrs les Sindics et bourgeois jusques au lieu de Sainct Mauris, lieu de leur parrochiale, suivant la coustume. Et cependant sera supplié humblement de considerer les droicts de la Ville et de nos Curés, et par mesme moyen au retour, en portant l'image de Nostre Dame, estant avec les bastons sindicaux en main.
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Du jeudy, cinquieme aoust 1604.
Ce matin, auparavant le depart de Monseigneur le Reverendissime Evesque de Geneve [543], iceluy aurait faict appeller Messrs les Sindics, auxquels il aurait remonstré comme samedy prochain, septieme du present mois, se faict action de grace a Dieu pour l'heureuse restitution des Estats de feu de bonne memoire Philibert, nostre Souverain [544] (l'ame duquel Dieu absolve); et par acte remarquable, l'on a tous jours heu despuis de coustume de faire une procession solennelle et generale, a laquelle il desire que le tres venerable Chapitre de l'Eglise cathedrale de Sainct Pierre de Geneve, residant en ce lieu, y rendent leurs debvoirs. Et puisqu'ils precellent tous aultres corps d'eglise, ainsy que s'est veu par la sentence du Metropolitain rendue a ce mois de juin, executee par ce que l'on a peu veoir par la demiere procession de la Feste Dieu de cette annee, il veut que l'assemblee du Clergé se fasse dans la dicte Cathedrale, et que de la, la procession parte, et que tous aient a suivre, ainsi que de coustume, avec la preeminence deue aux cathedraux. Et partant, puisque cela ne touchoit que le spirituel, il ne l'auroit volu ordonner que premierement il n'en heust faict sa declaration a la Ville, affin de obvier a toutes noises ou rumeurs qui, a ceste occasion, pourroient reucir. Ce que n'a volu estre accordé ni discordé a mon dict Seigneur le Rme par les dicts sieurs Sindics, sans en communiquer ceans, et de la resolution qu'en sera prinse, la faire entendre au long a mondict Sgr de Geneve ; qui est ce qui est demandé de l'assistance.
La Ville, en l'assemblee a demy, ayant consideré que la procession de samedy prochain a esté vouee par l'Estat et non par le Clergé sous l'authorité duquel elle a esté continuee jusques a maintenant, a deliberé et resolu qu'en tant que concerne la precellence et preeminence deue a Mrs les cathedraux de Sainct Pierre de Geneve, que cela ne touche la Ville, n'empeschant qu'ils marchent au rang qu'il leur plaira ; et neanmoins, que pour l'assemblee, que le dict Sgr Rme sera supplié de permettre d'estre faicte a Sainct Mauris, comme eglise capitale de la ville, si plus il n'ayme, pour sa commodité, permettre que la procession sorte de Nostre Dame, ainsy que de tous temps. Et ou se fera au contraire, sera appelé par Mrs les Sindics comme d'abus.
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Du mercredy, huitieme juin mil six cens cinq.
L'ordre estably par Mgr le Rme de Geneve, affigé par les portes des eglises, que l'on doibt tenir demain a la procession du tres auguste et tres sainct Sacrement de l'autel, estant au pardessus la lettre de Mgr l'Archevesque de Vienne, qui veut que le Chapitre de Sainct Pierre et celuy de Nostre Dame marchent ensemblement (note 26), nonobstant l'ordonnance provisionnelle de l'annee derniere: si que les Srs de Nostre Dame sont resolus de ne marcher aulcunement. Tellement que, pour monter a la parroesse, la Ville doubte d'y aller, si elle n'accompagne quelque corps de Clergé, ainsi que de tout temps. Partant, plaira adviser si la Ville marchera et montera a Sainct Mauris sans croix ou non, affin que, suivant la resolution qui sera prinse, [on puisse se régler] au faict de la dicte procession; joinct que monseigneur d'Albigni a volu prier la Ville de se conformer a ce qu'en plaira a mon dict Seigr le Rme.
Et avant que de deliberer sur la proposition susdicte, il a esté advisé de prier Mr le Doyen et chanoines de Nostre Dame, pour entendre d'eux leur volonté. Et apres que le dict Sr Doyen n'a esté trouvé, la Ville est d'advis que le Chapitre sera prié, ou tout le corps ne vouldra marcher, que, comme Curé, il marchera, ou pour le moins ceux qui sont obligés pour le service de la parrochiale ceste sepmaine ; a defaut de quoy, sera prins acte de reffus. Et ou la Ville n'aura l'assistance de la croix et de prebstres, qu'elle ne marchera en ordre ni en corps. Dont pour cela en sera donné advis a mondict Seigneur le Rme, affin de luy faire paroistre que la Ville ne desire que de humblement luy obeyr, ainsy comme nostre vray Prelat et Seigneur spirituel.
D'après une copie faite sur les Registres des Délibérations du Conseil de Ville d'A nnecy, conservés aux Archives communales, BB, 30-32 [545].
C - TRANSACTION ENTRE LE CHAPITRE DE LA CATHÉDRALE
ET LA COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME DE LIESSE D'ANNECY
AU SUJET DES DROITS DE PRÉSÉANCE AUX PROCESSIONS
14 octobre 1605
(note 16) Sachent tous comme ainsy soit que par cy devant question et differend soyent estés meus entre les Reverends seigneurs Prevot et chanoines et Chappitre de l'Esglise de Geneve (a present resident en la presente ville d'Annessy) d'une part, et les Reverends seigneurs Doyen, chanoines et Chappitre de l'Esglise collegiale de Nostre Dame de cette ville d'autre, et ce, tant a cause de la precedente et preceance qu'a cause des sepultures : pour raison de quoy, procés aurait esté intenté par devant Monseigneur l'Archevesque de Vienne, ou soit monsr son Vicaire metropolitain, ou le dict procés est encore pendant indecis, ayant neantmoins esté tant procedé que ladicte precedence et presseance aurait esté, par provision, adjugee a ladicte Esglise de Geneve (voir ci-dessus B6)
Quoy fait, et desirant de vuider et terminer definitivement leur dict differend, se seroyent ce jourd'huy soub escrit assemblés pour cest effect a la maison du seigneur de Lambert, en laquelle de present habite Illustre et Reverendissime. Seigneur François de Sales, Evesque et Prince de Geneve (Op2, note 164) : Reverend seigneur messire Louis de Sales, Prevost, Claude de Menthon, chantre, Amblard Guilliet, Estienne de la Combe [546], Charles Louis Pernet [547], Charles Grosset, Jean Deage, Anthoine Bochut, Philibert Rouget, Jean Favre, Claude Estienne Novellet, Jean François de Sales et Denis de Granier, tous chanoines de ladicte Esglise de Geneve ; Reverend seigneur messire Janus des Oches (note 50), Claude Chevallier, Barthollome Flocard (L1, notes 321,267), Jean Louis Jacquier (note 28), Jean Bernard, chanoines, Pierre Dunant et Guillaume Jusserand (note 384), prestres d'honneur de ladicte Esglise collegiale de Nostre Dame [548] : ayant, ainsy quils ont dict et affermé par leur serment, esté respectivement commis et deputez par lesdicts Chappitres pour decider par voye amyable le susdict differend. Ou, apres avoir esté bien et soigneusement disputé et examiné tout ce qui depend dudict differend en la presence et assistence de Monseigneur l'Illustre et Reverendissime Seigneur Evesque et Prince de Geneve, finalement seraient demeurés d'accord, pour bien de paix et tesmoignage de charité et edification du prochain, d'en traicter ainsy que sera cy bas contenu et declairé, et d'en passer le present contract de transaction.
Pour ce est il que ce jourdhuy, quatorzieme du mois d'octobre mil six cent et cinq, par moy notaire soubsigné et en presence des tesmoins soubs nommés, se sont establis en leurs personnes les susnommés [549],... et ont transigé, traicté, convenu et arresté comme s'ensuit... :
1° Premierement, que bonne paix soit et demeure des a present entre lesdictes parties, lesquelles ont renoncé et renoncent ausdicts differend et proces.....
[2°] Item, que les susdicts chanoines et prestres d'honneur de Nostre Dame acquiescent a la susdicte sentence provisionnelle, la tenant pour definitive. Et neanmoins, voyant qu'elle est rendue en termes generaux,... le tout a esté arresté comme sera cy bas specifié... Lorsqu'il plaira a mondict Seigneur le Reverendissime, ou a son Grand Vicaire, de convoquer les esglises en son Esglise cathedrale pour les processions, ils ne feront aucune difficulté d'y venir, le signe de la cloche leur estant donné a propos ; et au cas quils arriveront pendant que l'on chantera au cœur (sic) cathedral soit Heure ou Grande Messe, ils se logeront ou bon leur semblera hors du cœur, en attendant la fin de l'Office; lequel fini ils entreront au cœur, si bon leur semble, et se logeront aux hautes formes du costé gauche qui sera vuide a ces fins, sauf la place accoustumee pour les gens de Monseigneur [550] tenant ses Conseils et Chambre des Comptes ; et la se reposeront, en attendant que la procession se commence, sans toutesfois quils puissent faire aulcune sorte d'Office en ladicte Esglise cathedrale. En signe de quoy, sils viennent avec leurs chappes et bastons de chantrerie, les chantres pourront monter aux hautes formes avec leurs chappes et avec leurs confreres, sans y porter lesdicts bastons; leur estant concedé telle sceance pour tesmoignage de fraternité, et non autrement.
3° Item, que les dittes processions et offices d'icelles se commenceront et entonneront par les chantres de la dicte Esglise cathedrale et consequemment par le cœur cathedral ; et ayant achevé le premier verset de l'himne ou autre chose, le second se chantera par ceux de ladicte Esglise de Nostre Dame, et ainsy alternativement se fera ladicte procession a deux chœurs. L'ordre d'icelle procession sera comme a esté pratiqué es processions dernieres, sans aucun meslange des corps, lesquels marcheront a part et chaq'un son rang : sçavoir, le corps de ladicte Esglise collegiale de Nostre Dame apres les Religieux du Saint Sepulcre et devant le corps de ladicte Esglise cathedrale qui marchera apres, tout le dernier.. .(notes 13,15). Au retour des dictes processions, le chanoine de la precedente Esglise cathedrale qui fera l'Office, ayant dict l'Oraison pour finir et cesser les dictes processions, ledict corps de l'Esglise de Nostre Dame se retirera avec et comme lesdictes autres esglises.
4° Item, que si les esglises sont convoquees par mondict Seigneur le Reverendissime ou son Vicaire en ladicte esglise de Nostre Dame, ou bien de St Mauris, l'on y procedera comme s'ensuit, sçavoir : Que lesdicts sieurs chanoines et Chappitre de Nostre Dame feront donner le son de la cloche pour la procession si a propos, que quand le.susdict corps de l'Esglise cathedrale arrivera, les Offices .soyent faicts, en sorte qu'a leur arrivee ils puissent immediatement commencer la procession. Que si toutesfois lesdicts Offices n'estoient achevés, ledict corps de ladicte Esglise cathedrale n'entrera au cœur jusque apres la fin, pour n'interrompre lesdicts Offices, lesquels achevés il entrera, et se logeront les susdicts seigneurs Prevost et chanoines aux hautes formes du costé droict (estant l'Evesque present ou absent), laissant neantmoins libre la place des susdicts seigneurs du Conseil et Chambre des Comptes. Et s'entonnera la procession par les quattre chantres, sçavoir : deux de ladicte Esglise cathedrale et deux de ladicte Collegiale, lesquels chantres de ladicte Collegiale seront tous deux chanoines d'icelle. L'ordre de leur sceance sera que l'on mettra quattre sieges autour du pupitre, sçavoir, deux devant et deux dernier (derriere) .. les deux devant serviront pour les chantres de ladicte Collegiale. et les deux dernier pour ceux de ladicte Cathedrale. L'intonation faicte, le cœur cathedral achevera seul le premier verset, et ainsy alternativement se fera la procession a deux cœurs. L'ordre d'icelle sera tout tel qu'il a esté [dit] cy dessus. Au retour de ladicte procession. le chanoine de ladicte Esglise cathedrale qui fera l'Office, ayant, devant l'autel accoustumé, dicte l'Oraison pour finir ladicte procession, la croix cathedrale sortira, suivie du corps de ladicte Esglise cathedrale, et lairra la place aux chanoines de Nostre Dame pour faire les Offices qu'ils verront. Et en icelles processions, chesqun des dicts corps pourra porter ses reliques, si bon luy semble, en tel habit quil voudra.
5° Item, que le jour de la Feste Dieu, l'assemblee se faisant en ladicte esglise de Saint Mauris, l'on en usera de mesme, et se donnera le signe au son de la cloche si a propos que ladicte Esglise cathedrale puisse arriver a la fin de la Grande Messe, pour commencer la procession immediatement.; avec declaration, que si mondict Seigneur le Reverendissime Evesque estoit absent, ou bien, estant present, il ne luy plairoit pas de porter le Saint Sacrement, cest honneur appartiendra a ladicte Esglise cathedrale. L'intonation et suitte de chanter se fera comme dessus a Nostre Dame. Au retour de ladicte procession, estant le Saint Sacrement remis sur l'autel et l'Oraison dicte, les susdicts chantres de ladicte Esglise cathedrale entonneront seuls ce qu'ils auront a dire pour leur retour, laissant les chanoines de ladicte esglise de Nostre Dame au dict Saint Mauns pour y faire ce qu'ils verront; et se retirera la dicte Cathedrale en son esglise.
Et advenant que les processions se fissent et commençassent a quelque autre esglise par le commendement de mondict Seigneur le Reverendissime ou son Vicaire, l'on si comportera comme a la Cathedrale.[551]……………
………………………………………………………
Et affin que la presente transaction et accord puisse avoir plusde force et de vigueur et sortir son plain et entier effect, les susnommés. Reverends seigneurs Prevost et chanoines de ladicteEsglise cathedrale de Saint Pierre de Geneve, comme de mesme les cy devant nommés seigneurs chanoines et prestres d'honneur de ladicte Esglise collegiale de Nostre Dame, ont requis et requierent; mondict Seigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve, qu'est icy present, vouloir insinuer, emologuer et interposer son decret et authorité judiciaire : ce qu'il a faict. Ce faisant, a ordonné et ordonne qu'il sortira son plein et entier effect; dequoy il a octroyé actes aux dictes parties ce requerans, et commandé a moy, dict, notaire, de le rediger icy par escrit pour leur valoir et servir ainsy que de raison. Lesquelles parties ont respectivement promis et promettent pour elles et leurs successeurs, par foy et serment faict ad iste, mettant chaqu'un d'eux la main a la poitrine, au mode des seigneurs ecclesiastiques...
Faict et passé en la susdicte maison du seigneur de Lambert, cy presents messire Claude Bisiliat, prestre, habitant audict Annessy [552], messire Jean Brunet, prestre de Musiege, et honorable Noel Rogiouz (Rogeot), habitant au pres d'Annessy (L3, note 437), tesmoins a ce requis. Et moy, George Mingon, dudict Annessy, notaire public, qui l'instrument sus escrit, de ce requis, ay rendu,... puis l'ay expedié en faveur du susdict venerable Chappitre de l'Esglise collegiale de Nostre Dame.
MINGON.
Revu sur le texte inédit, inséré dans un recueil manuscrit du XVIIIe siècle.
D - SOMMAIRE DU BRIEFZ OCTROYÉ PAR LE TRAISSAINTZ PERE PAUL. PAPE. CINQUIESME
EN CONFIRMATION DES CONFRAIRIES DU TRESSAINCTZ SACREMENT
INSTITUEES AU DIOCESE DE GENEVE [553]
A nostre venerable Frere l'Evesque de Geneve, Paul, Pape, V.
Nostre venerable Frere, salut et benediction apostolique.
(note 132) Nous accordons volontiers, pour plusieurs respectz, ce que vous Nous demandes, principalement quand c'est pour l'acroissement du service divin. C'est pourquoy, sur l'humble requeste que Nous a este faicte de vostre part, Nous vous donnons pouvoir de confirmer et enrichir des Indulgences et graces speciales cy dessoubz escriptes, toutes les Confrairies du tressainct Sacrement de l'Autel cy devant canoniquement instituees et dressees en tout le diocese de Geneve.
Or, les Indulgences et graces que Nous accordons en faveur des dictes Confreries sont telles que s'ensuit :
1
Tous fidelles, tant hommes que femmes, quy estant vrayement repentans, confessés et communiés se feront recepvoir en l'une desdites Confrairies, gaigneront Indulgence pleniere le jour de leur reception.
2
Ceux qui sont desja enroollez ausdictes Confrairies ou quy le seront d'oresnavant, estant vrayement repentantz, confessés et communiés, et visitans les chapelles ou oratoires desdictes Confrairies des les premieres Vespres jusques au soleil couchant de la feste principale d'icelle (laquelle vous leur assigneres, et la prieront. pour l'union des princes chrestiens, extirpation de l'heresie et exaltation de l'Eglise, gaigneront Indulgence pleniere.
3
Tous les dictz confreres et seurs, vrayement repentantz, confessés et communiés, quy en l'article de la mort invoqueront de bouche, s'ilz peuvent, ou, s'ils ne peuvent, au moingz de cœur le sacré nom de JESUS, recommandantz leurs ames a Dieu, gaigneront Indulgence et remission pleniere de tous leurs pechez.
4
. Semblablement, ceux qui vrayementz repentantz, confessés et communiés visiteront les chapelles ou oratoires desdictes Confrairies, et prieront comme dessus es quattres aultres festes que vous leurs assigneres, ilz gaigneront chasque jour qu'il (sic) feront cela, dix annees et aultant de quarantainnes.
5
De plus, les confreres et seurs quy, penitentz, confessés et communiés, assisterontz aux processions que lesdictes Confrairies ont .accoustumés de faire chasque mois, et prieront comme dessus, gaigneront trent'ans et autant de quarantainnes. Mais ceux quy ne seront pas confessés, pourveu quilz soyent contritz et qu'ils ayent la volonté de ce (sic) confesser au temps requis, gaigneront deux centz jours d'Indulgence.
6
Ceux qui se trouveront aux Messes et aultres divins offices qui se celebrent es eglises, autels ou oratoires desdictes Confrairies, ou bien qui assisteront aux assemblees d'icelles Confrairies, soit qu'elles se facent publiques ou particulieres, en quelque lieu que ce soit, et ceux qui accompagneront le tressainct Sacrement quand il est porté ou es processions ou aux mallades, ou aultrement, comme .que ce soit ; ou qui, estant empechés de ce faire oyant le son de la cloche qui sert de signe pour cela, diront un Pater noster et un Ave Maria pour le malade; ou quy se treuveront es aultres processions extraordinaires desdictes Confrairies et des aultres quy se feront par vostre licence, ou aux ensevellissementz des deffuncts ; ou quy visiteront et secourront les mallades, ou quy feront hospitalité aux pauvres, ou quy leurs feront ausmonnes et secours, ou qui pacifieront les discordes qu'eux mesmes ou les autres auront, ou bien procureront qu'elles soyent pacifiees ; ou bien quy reciteront cinq fois le Pater noster et l'Ave Maria pour les deffuncts, ou quy ramenneront quelqu'ung au chemin de salut, ou quy enseigneront les choses utiles au salut, ou quy feront quelque autre sorte d'œuvres de pieté et de charité : toutes fois et quantes qu'ilz feront quelqu'une des susdictes bonnes œuvres, gaigneront cent jours d'Indulgence.
7
Qultre cela, .Nous accordons a tous les confreres et seurs desdictes Confrairies quy, estant legitimement empechés (comme ceux quy seront mallades ou en voyages), ne pourront venir aux esglises, quils puissent en ce mesme temps gaigner les mesmes Indulgences quils gaigneroyent es eglises, selon quil est dict cy dessus, moyennant quils recitent un Chapellet, c'est a dire la troisiesme partie du Rozaire.
8
Et en fin Nous donnons pouvoir ausdictz confreres et seurs de choisir tel confesseur que bon leur semblera (approuvé neanmoins de l'Ordinaire), quy une fois l'annee les puisse absoudre de tous pechés, crimes, exces et delicts, mesme de ceulx quy Nous sont reservés, et au Siege Apostolique (excepté neanmoingz les cas reservés en la Bulle Caena Domini (Op2, note 134)et en la Constitution de Clement VIII, d'heureuse memoire, Nostre predecesseur (L1, note 244), qui se commence : Quaecumque a Sede Apostolica, dattee du septiesme 26 septembre [554] mil six cent et quattre, et encour les reservés aux Ordinaires des lieux), et le tout nonobstant toutes Constitutions et autres choses quy porroint estre a ce contraires.
Donné a Rome, vers Sainct Marc, soubs l'anneau du Pescheur, le unziesme de septembre mil six cent et sept, de Nostre Pontificat l'an troisiesme.
SCIPIO COBELLUTIUS (L10, note711)
Revu sur le texte inédit, inséré dans l'ancien Registre de la Confrérie du Saint-Sacrement, conservé au presbytère de Saint-Félix (Savoie).
E - PROCÈS-VERBAL DE LA VISITE DE L'ORATOIRE DB VORSIERS PAROISSE DE SALLANCHES [555]
A vous, Monseigneur l'Illustrissime et Reverendissime Evesque et Prince de Geneve.
Certiffie, je Louys de la Ravoyre, .Prevost de l'esglise collegiale de Saint Jaques de la ville de Salanche (note 145), soubsigné, qu'ayant receu avec deue reverence et honneur lettres de commission de la part de Vostre Illustrissime et Reverendissime Seigneurie, donnees Annessi le trente uniesme aoust dernier, signees Dumont [556], a moy addressees pour la vision et information des choses narrees par la Requeste d'icelles, cy attachee, a vous presentee la part de discret Nicolas, filz de Guilliame Perroullaz, du lieu des Vorsiers, parroesse de Salanche (note 138) :
En vertu de ladicte commission et pour l'execution d'icelle, je me suis expressement transporté avec Mre Claude Ramus, notaire [557], le vingtroisiesme septembre mil six centz et dix, des la ville de Sallanche, lieu de ma residence, jusques au village des Vorsiers, distant de ladicte ville une bonne demy lieue. La ou estant, mesmes au devant ladicte chappelle mentionnee par la Requeste susdite, je l'ay trouvee situee touchant le grand chemin dudict village tendant de Salanche a Magland, distante des maysons d'icelluy environ vingt pas d'un costé et trente d'un aultre. J'ay de plus remarqué ladicte chapelle estre close de bonnes murailles blanchies par le dedans, deuement couverte de deux tallappines a tavaillon et clavins ; ayant au devant ung trillier bois de sappin, posé sur murailles, de l'haulteur de trois piedz et cloz d'aiz au dessus ledict trillier, et sa porte au milieu, et au coing dudict trillier, a costé gaulche, y a une pierre de taille ronde crusee, pour tenir l'eau beniste ; estant a craindre, a cause dudict trillier, que, celebrant la saincte Messe en temps d'hyver en ladicte chapelle, la consecration ne vienne a congeler. En outre, j'ay trouvé la dicte chappelle n'avoir de longueur en dedans que neuf piedz, et huict de largeur, et aultres neuf d'aultheur ; se trouvant dressé en icelle ung aultel de pierre asses proportioné, ayant neanlmoins sa table dessus faicte d'aiz, crusee au milieu pour mettre une pierre sacree. Et au dessus dudict autel, contre la muraille, se treuve attaché une image de toille, de forme carree, d'environ quattre piedz de tous costés, dans laquelle est pourtraicte en la partie superieure la Tressaincte Trinité et l'Annonciation de la glorieuse Vierge Marie, et en l'inferieure, a dextre, l'image de ladicte Vierge tenant entre ses bras le petit Jesus, et a gaulche, l'image de sainct Nicolas, et au milieu d'icelle, un petit Crucifix. N'estant encoure ladicte chappelle planchie au dessoubz, ny l'haultel couvert d'aulcungs draptz. linges ou tappitz.
Au sortir de ladicte chappelle, je suis entré dans l'une des maisons dudict village, pour ouyr ledict Guilliame Perroullaz, Nicolas son filz et aultres, sur le contenu de ladicte Requeste ; dont, pour cest effect, j'aurois appellé ledict Guilliame, aagé d'environ soixante ans, auquel, appres luy avoir faict prester le serment sur les sainctz Evangiles de Dieu de dire la verité de ce quil sera par moy examiné, luy remonstrant la peyne de faulx, a dict et respondu comme ci appres :
Interrogé sil est vray que son filz Nicolas fut detenu d'une griefve maladie, en l'annee 1598, et qu'a ceste occasion il eust faict veu a Dieu et a la glorieuse Vierge Marie de fere construire et bastir la susdicte chappelle, si Dieu luy faysoit la grace de revenir en convalescence, et si ce veu fut faict du sceu et consentement dudict Guilliame deposant :
Respond que ledict Nicolas son filz, fut griefvement malade en ladicte annee 1598, de malladie presque incogneue, de laquelle il fut contrainct de tenir le lict environ quattre mois a l'ordinaire, et que durant le temps de sa malladie il se recommandoit a Dieu tres devotement et a ladicte glorieuse Vierge; et fit veu, du consentement dudict deposant et par son ayde et assistance, de fere bastir ladicte chappelle si Dieu luy faysoit la grace de retourner en convalescence. En suitte duquel veu, ledict deposant, pour s'en acquitter et son dict filz, auroit fait construire ladicte chappelle.
Interrogé si faisant faire quelque bastiment pour luy, il trouvat une pierre a laquelle l'on cogneut l'image de la glorieuse Vierge :
A respondu estre vray que, faisant bastir sa grange audict village, les massons et ledict Nicolas son filz trouvarent une pierre la au pres, en laquelle (estant fendue) se remarquoit l'image de ladicte glorieuse Vierge; de quoy ilz furent tous grandement estonnés. Et icelle pierre ont gardé jusques au bastiment de ladicte chappelle, en laquelle elle a esté employee.
Interrogé quelz jours il desireroit estre celebré et faict le service en ladicte chappelle :
Respond quil desire et supplie tres humblement Monseigneur le Reverendissime de permettre y estre celebré les jours troisiesme des festes de Noel, troisiesme de Pasques, troisiesme jour des festes de Pentecostes et le jour sainct Nicolas en decembre, a forme de ladicte Requeste, pour la commodité dudict suppliant, de sa famillie et de ses voysins. Touttesfois s'en soubmet a la volunté de mondict Seigneur le Reverendissime, et encour sans voulloir prejudicier es droictz de messieurs du Chappitre de Salanche (L7, note 383), leurs curéz.
Interrogé de plus quelle dote ilveult constituer en faveur de la dicte chappelle pour fere ledict service :.
Respond qu'il veult constituer quattre florins de revenu annuelz, et pour l'asseurance d'iceux, obliger et ypothequer une piece de terre, pré et champt contenant environ ung journal et demi, size audict village en dernier ladicte chappelle ; et si plus ilen pretendait fonder, il en bailleroit davantage. Et en oultre dict que sil plaict a mondict Seigneur le Reverendissime permettre la celebration a ladicte chappelle, qu'il la fera planchir, et la fournira de chasuble, haulbe, amit, calice et aultres choses necessaires pour celebrer la saincte Messe.
Et aultre n'a deposé, et a faict sa marque, pour ne sçavoir escripre.
Louys DE LA RAVOYRE, commis.
RAMUS, scribe.
En appres, j'ay appellé discret Nicolas, filz dudict Guilliame Perroullaz, suppliant en ladicte Requeste, deuement assermenté comme sondict pere ; iceluy aagé d'environ vingt huict ans, lequel a respondu aux demandes a luy faictes comme s'ensuit :
Premierement, interrogé si, en l'annee 1598, ilfut detenu de griefve maladie, et qu'a ceste occasion fit veu a Dieu et a la glorieuse Vierge de fere construire une chappelle audict village des Vorsiers, a l'ayde et assistance de sondict pere, si Dieu lui faysoit la grace de revenir en convalescence, et si ce veu fut faict du sceu et consentement du susdict Guilliame Perroulaz son pere :
Respond quil est vray qu'en ladicte annee I598 il fut detenu d'une grosse maladie de laquelle iltint le lict pres de trois mois, sans se pouvoir lever ny retourner qu'avec assistance d'aultruy, et qu'alhors il fit plusieurs devotions et vœux pour recouvrer sa santé; entre lesquelz l'un fut de fere bastir la susdicte chappelle au plus tost quil en auroit les moyens et commodité, sans touttes fois declarer sondict veu (lhors de sadicte maladie) a son pere jusques environ quattre ans appres icelle. Et lltors, que cherchant des pierres pour bastir une grange, ilz en trouverent une d'environ trois piedz de longueur, un pied de large et demi pied d'espesseur, laquelle estant rompue par ledit respondant, il apparut a la roupture d'icelle l'image de la glorieuse Vierge; chose qui l'estonnat grandement, et luy fit alhors declarer son dict veu a son pere, qui l'approuvat et luy promit toutte assistance pour s'acquitter de sondit veu et faire bastir la dicte chappelle, ce que despuis ilz ont faict.
Interrogé sil est toujours en la mesme deliberation de supplier licence de fere celebrer ez jours portés par sadicte Requeste et constituer avec sondict pere le revenu annuel y mentioné :
Dict et respond quil continue a la mesme volunté et priere portee par la dicte Requeste; touttesfois, s'en soubmect a ce quil plaira a Monseigneur le Reverendissime en ordonner, tant desdictz jours que du revenu annuel, n'entendant neanlmoings en ce que dessus, vouloir aulcunement prejudicier ez droitz de messieurs du Chappitre de Salanche ; offrant en oultre de fere planchir (avec sondict pere) ladite chappelle et la pourvoir de tout ce que sera requis pour la celebration de la saincte Messe. Et plus oultre n'a esté interrogé, et s'est soubscript. .
PERROLAZ.
Louys DE LA RAVOYRE, commissayre.
RAMUS, scribe.
Ayant ouys lesdictz pere et filz Perroulaz, j'aurais encour faict appeller Pierre et Nicolas Challamel, laboureurs dudict village, pour estre ouys sur le contenu de ladicte Requeste.
En premier, ledict Pierre, aagé d'environ soixante ans, appres avoir presté le serment sur ce requis entre noz mains, icelluy a respondu sur les interrogatz a luy faictz comme s'en suit.
Interrogé sil cognoit Guilliame Perrooulaz et Nicolas son filz, et, en quelle reputation ilz sont et sil sçait pourquoy ils ont faict ediffier ladicte chappelle :
Respond quil les cognoit tres bien et qu'ilz sont de bonne fame et reputation, et qu'il a entendu dire audict Nicolas Perroullaz, qu'a une sienne maladie de laquelle il venoit quasi impotent, sont environ douze annees, il avoit faict veu que si Dieu luy redonnoit sa santé, de fere construire a l'honneur de la Saincte Trinité et de la glorieuse Vierge ladicte chappelle ; ce que du dempuis et des une annee en ça lesditz pere et filz ont effectuéz et ont fait bastir ladicte chappelle, a laquelle sil plaist a Monseigneur le Reverendissime permettre estre celebré la Messe, cela leur sera grande commodité.
Interrogé quelle distance il estime y avoir des le village des Vorziers jusques en la ville de Salanche, et quelle incommodité de chemin il s'y trouve :
Dict et respond qu'il y a environ demy lieue de distance et qu'il y a trois nantz a passer en chemin ; l'un desquelz est plus proche dudict village des Vorziers, appellé nant de Dyere, qui vient fort grand et impeteux en temps de pluye, tenant mesme de gravyne en largeur, en temps sec, environ trente pas, et que deça dudict nant, proche dudict village des Vorziers, sont buissons, bourses et pierres environ deux centz pas de chemin.
Interrogé de la valleur du pré et champt que lesditz Perroullaz veullent ypothequer a ladicte chappelle, et de sa contenance :
A respondu et dict qu'elle contient environ un journal et demy et que ladicte piece peut valloir tous les ans, environ quinze florins. Et aultre dict ne sçavoir. Repeté, a percisté ; sur les generaulx interrogatz respond pertinemment, et a faict sa marque accontumee.
Louys DE LA RAVOYRE.
RAMUS, scribe.
Ledict Nicolas Challamel, aagé d'environ cinquante ans, juré, assermenté et examiné comme est requis, a esté interrogé sil cognoit Guilliame Perroullaz et Nicolas son filz, et sil sçait quelque chose de l'occasion de la construction de la chappelle sus mentionnee :
Respond qu'il cognoit fort bien lesditz Perroullaz, pere et filz, tenus pour gens de bien, catholicques et devotz, pour estre proche voysin d'eux, et qu'il leur a entendu dire qu'ilz avoient faict bastir ladicte chappelle pour satisfere un veu de devotion prise par ledict Nicolas lhors qu'il eut une griefve maladie, il y a quelques annees.
Interrogé quelle distance il estime y avoir des ledict lieu des Vorsiers jusques en la ville de Salanche et quelle incommodité de chemin il trouve en y allant :
Dict et respond qu'il estime y avoir environ une bonne demy lieue de chemin, touttesfois tout a plain, auquel se trouve, au sortir des possessions dudict village, des isles plaines d'espines, buissons et pierres, contenant de chemin environ douze vingtz pas, dans lesquelles isles se trouvent souvent, mesmes en hyver, des loupz et auitres bestes ; dela desquelles est la riviere appellé le nant de Diere, fort impetueux en temps de pluye et difficile a passer, et encoures de la ledit nant s'en trouve ung aultre dict le nant de la Croix, et plus oultre, tendant contre Salanche, distant du precedent environ deux centz pas, un aultre appellé nant de Lespignier, lesquelz touttesfois ne viennent si impetueux ny grandz que le premier.
Interrogé du contenu du pré et champt que les ditz fondateurs veullent ypothequer pour l'asseurance du revenu annuel de ladicte chappelle, et valleur d'icelle piece :
Respond qu'il contient environ un journal et demi, et qu'il peult valloir annuellement dix huict florins ou environ.
Et aultre dict ne sçavoir, sinon [558]... avoir ce bon... la Messe se p…..en ladite chappelle pour leur consolation spirituelle. Repeté, a perseveré ; sur les generaulx interrogatz a respondu pertinemment, et s'est marqué, a faulte de sçavoir escripre.
Louys DE LA RAVOYRE.
RAMUS, scribe.
Apres l'audition des susnommés, je me suis mis en chemin pour retourner a Salanche avec ledict Me Ramus, ayant au preallable remarqué audit village des Vorsiers, de costé et d'aultre, plusieurs possessions, champ et verdiers, au but desquelles, du costé de Salanche et environ cent pas loing dudict village, j'ay remarqué les isles playnes d'haliers, pierres et espines, tenant de chemin jusques au nant de Dyere environ trois centz pas ; puis j'ay trouvé ledict nant, appellé Diere, descendant d'une haulte montagne, demonstrant d'estre impetueux et dangereux a passer en temps de pluye et neige, et qui couvre de gravine et pierre environ quarante pas de largeur de terre ; et environ demi quart de lieue de la d'icelluy j'ay trouvé le second nant, puis, un peu dela, le troisiesme, desquelz les tesmoins ont fait mention en leurs depositions ; ayant recognu lesdictz nantz et isles estre fort correspondantes a ce que lesdictz tesmoings m'en avoient dict.
Louys DE LA RAVOYRE, commissayre.
RAMUS, scribe.
Du lendemain, vingt quattriesme septembre mil six centz et dix.
Continuant a l'audition des tesmoins pour la veriffication du contenu en ladicte Requeste, j'aurois faict [venir] messire Pierre Naviset, prestre de Saint Gi[ngolph [559]] habitant a Salanche, aagé d'environ quarante ans [560], lequel ayant presté le serment more ecclesiasticorum, et leu la Requeste susdicte, a respondu aux interrogatz a luy faictz :
Que pour avoir desmeuré en ladicte ville de Salanche des unze annees en ça et avoir servy de vicaire [a] messieurs du Chapitre durant ledict temps, il cognait tres bien lesdictz Guilliame et Nicolas Perroullaz, et lesquelz il a tousjours recognus bons catholicques, pieux et devotz, et que, pour avoir esté plusieurs fois audict village des Vorziers, tant pour porter le tressainct Sacrement aux malades que pour faire les benedictions accoustumees, il a remarqué le chemin estre long et de plus de demy lieue des ladicte ville, et qu'es ditz voyages il se serait trouvé diverses fois en peyne et danger de passer le nant de Diere pour son impetuosité et grandeur ; et qu'il se souvient qu'il y a environ dix ou unze ans, que les loupz tuerent une fille aagé d'environ douze annees, ez isles desdictz Vorsiers, dela ledict Nant de Dyere, qui estait a l'un des freres Challamel, laquelle fut apportee ensepvellir a Salanche; et la mesme annee, lesditz loupz manquerent encor de tuer une femme qui menait abbreuver du bestail audit nant. Et aultre n'a declairé.
Repeté, a perseveré ; sur les generaulx interrogatz respond pertinemment, et s'est soubsigné.
NAVISEL, prebstre.
Louys DE LA RAVOYRE, commis.
RAMUS, scribe.
Appres, j'aurais faict appeller noble Nicolas Viollat, chastellain au mandement de SaIanche, aagé d'environ septante huict ans [561], deuement assermenté entre noz mains ; et appres lecture par luy faicte de ladicte requeste et luy avoir formé les interrogatz requis sur icelle :
A respondu et dict qu'il cognoit de long temps le dict Guilliame Perroullaz et ses enfantz, qui font traffic de marchandise en Provence et sont tenus pour bons chrestiens, de bonne fame et reputation ; et qu'il a esté souventesfois audict village des Vorziers, tant pour y avoir une possession que pour sa charge de chastellain, et qu'au chemin d'icelluy se treuve le nant de Dyere, qui vient fort grand et dangereux a passer en temps de pluye, et dela ledict nant sont les isles des Vorziers, plaines de buissons et d'espines, dans lesquelles se treuvent quelque fois des loupz; mesmes, qu'.il y a environ neufz ans, qu'es dictes isles ilz tuerent une fillie et l'eussent devoré, n'eust esté que les voysins y accoururent, qui les empescherent. Dict en oultre, qu'il luy semble il y aye une grande demy lieue de chemin des ladicte ville de Salanche jusques audit village des Vorziers.
Repeté, a percisté ; sur les generaulx interrogatz respond pertinemment, et s'est soubsigné.
Louys DE LA RAVOYRE, commis.
VIOLLAT, tesmoing.
RAMUS, scribe.
En oultre, j'aurais encour faict appeller honorable Jaquemoz Colliet, bourgeois de Salanche, aagé d'environ soixante huict ans, lequel, appres avoir presté le serment de dire la verité de ce dont il sera interrogé sur le contenu de ladicte Requeste, de laquelle luy a esté faicte lecture :
A respondu quil a cognu des sa jeunesse ledict Guilliame Perroulaz et a heu grande familiarité avec luy, et l'a tousjours recognu pour homme de bien ; et que pour estre allé souventesfois audict village des Vorziers ou ledict Guilliame desmeure, il a trouvé le chemin fort long, luy semblant exceder demi lieue des la ville de Salanchè pour estre au coing de la parroesse ; et qu'audict chemin tirant contre les Vorziers, il y a trois nantz, desquelz le dernier et le plus proche dudict village est fort dangereux et se desborde touttes les annees, de sorte que par foys un (sic) ny peult passer qu'au preallable il ne soit descru, comme est arrivé audict deposant ; et qu'appres ledict nant, sont les isles des Vorziers, dans lesquelles se treuvent quelques fois des loupz qui font dommaige ez passantz, estant advenu il y a environ quelques annees qu'ilz y gasterent une fillie qui en mourut.
Repeté, a perseveré. Sur les generaulx, dict que Pierre, l'un des filz dudict Guilliame Perroullaz, a espousé sa niepce, fillie de son frere. Et s'est marqué, pour ne sçavoir escripre.
Louys DE LA RAVOYRE, commis.
RAMUS, scribe.
Finablement, ayant consideré qu'a la procedure de telles et semblables informations l'on a accoustumé de donner notice du faict au sieur Curé du lieu ou telles nouvelles chappelles s'erigent et se fondent, et sur ce ouyr et entendre son dire : se trouvant ladicte chappelle dressee [dans la] paroesse de [Sallanches] delaquelle le venerable Chappitre de [Sallanches] est Curé, j'aurois faict entendre aux Reverendz seigneurs du susdict Chappitre l'intention desdictz Perroullaz, pere et filz, pour l'erection et fondation de ladicte chappelle, et la charge a moy commise pour ce faict.
Surquoy lesdictz sieurs m'ont respondu quilz consentent et condescendent a la fondation et erection sus mentionnee, avec condition et proteste que ladicte chappelle n'aura aulcune marque d'eglise parrochialle ny filliolle, et qu'en icelle ne se celebrera Messe le dimenche, ne si administreront aulcuns Sacrementz, ne si donnera pain benist et ne si feront sepultures ny aulcungs aultres semblables exercices et offices parrochiaux, et que les offertoires et oblations qui se feront en icelle appertiendront ausditz sieurs de Chappitre en ladicte qualité de Curez. Avec proteste aussy que l'institution et provision des recteurs de ladicte chappelle leur desmeurera, a forme de leurs privileges et Bulle de fondation de leur dicte eglise collegiale et Chappitre.
Pour foy dequoy ilz ont faict soubscrire ce mien proces verbal par le Sr Chanoine Viollat, leur scribe [562].
A Salanche, le vingt quattriesme septembre mil six centz et dix.
Du camendement desditz Seigneurs du Chappittre :
VIOLLAT, Chanoenne et scribe.
Louys DE LA RAVOYRE. commis.
RAMUS, notaire.
Revu sur l'original inédit, conservé à la Visitation d'Annecy.
F - LETTRES DU PÈRE MAXIMIEN DE MOULINS, CAPUCIN
AU PÈRE FRANÇOIS DE BUGEY, DU MÊME ORDRE (L1, note 179 ; L5, note 237)
1
Pax Christi.
Mon Reverend Pere,
(notes 342,343). J'ay ressenti deux effaictz bien divers en la lecture de la vostre, l'un de tristesse, l'autre de joye. De tristesse, pour la perte de mes lettres qui ne sont en petit nombre, car je vous assure en avoir envoyees environ une trentaine en diverses foi (sic) et en divers pacquets, adressees les uns a vous, les autres a Monseigneur de Geneve et les autres a monsieur le Curé de Gex.(L4, note 85) Patience. Enfin vous en avez receu un, par la grace de Dieu, et m'avez faict telle response que je desirois, me donnant.les advis qui m'estoient necessaire, dont je vous remercie affectionnement et m'en resjouis extremement pour le bien que j'en espere.
Il y a 9 ou 10 jours que je marchande de vous escrire, et ay tousjours differé attendant la presentation de nos cayers ; mais voyant qu'elle se delaye de semaine en semaine, j'ay pensé a propos par advance vous escrire la presente, et vous dire, pour vostre consolation et de tous les bons catholiques de Gex, que la France est tant esloingnee de tout chisme et division du Saint Siege Apostolique, qu'au contraire jamais elle n'y a esté si estroitement jointe et unie qu'elle est a present ; comme elle tesmoingne par l'humble demende et instante requisition qu'elle fait a Sa Majesté de la reception et publication du sacrosaint et œcumenique Concile de Trante, ornant le frontispice de son cayer general de cette demande, comme les douze des douze gouvernements de France en estoyent embellies tout au commencement, estant leur 1er article, voyre mesme les cayers particuliers des Baillages et senechaussees de tout le Royaume. Cela devroit faire rougir ces imposteurs.
De plus, un article ayant esté proposé en la Chambre du Tiers Estat par l'invention du diable et de ses supposts les heretiques et par l'entremise des gros, ou pour mieux dire des faux catholiques, qui derogeoit a l'authorité de nostre S. Pere le Pape soubs faulx pretexte de conserver la personne de nos Rois, a esté si courageusement impugné par nostre Chambre assistee de celle de la Noblesseet de la plus grande part mesmes de ceux du Tiers Estat (au grand regret desquels il avoit esté proposé), que par commendement de Sa Majesté il a esté osté de leur cayer, se reservant d'en traicter avec Sa Saincteté, par l'advis et conseil de Messieurs du Clergé ausquelz il remettoit entierement cet affaire. Cela n'est il pas suffisant pour faire mourir d'honte nos imposteurs ? Voyez l'imprimé des motifs de l'impugnation de l'article que je vous envoye, et le communiquez aux catholiques. En un mot je vous diray que toute la France est tant esloignee de tout chisme et desunion, qu'a contrepoir elle se paine et travaille incessamment, et maintenant plus que jamais, a reunir tant par predication que par escript ceux qui se sont separez et desunis de l'Eglise Saincte, Catholique, Apostolique et Romaine.
A ce j'adjousteray les moyens et expediens que nous traictons journellement es Estats, pour heureusement et paisiblement parvenir a ceste fin ; lesquelz toute fois je n'exprimeray pour n'estre encore divulgués, ayant tous pretez serment de ne rien declaré de tout ce qui se passe es Estats. Seulement je diray, pour faire desesperer nos imposteurs, qu'on demande des commissaires pour visiter les lieux infestés de l'heresie et tirer d'entre les mains des heretiques non seulement les eglises,... mais aussi tous les biens ecclesiastiques et leur faire rendre conte jusqu'au dernier quadrant de ce qu'ils en auront manié, pour ne dire desrobé. Qu'ilz s'attendent maintenant de ravoir nos eglises ; mais plus tost qu'ilz se preparent a la restitution de tout ce qu'ilz y ont desrobé, et seront sages, car on ne les espargnera pas. Tous les articles de nos cayers et plusieurs autres que j'ay adjousté touchant vos advis et ce que j'ay jugé utile pour le bien du baillage, et particulierement des catholiques, ont esté bien receu du Clergé ; qui est un prejugé qu'ilz seront favorablement repondus de Sa Majesté.
Je ne pourrois vous exprimer l'honneur et le contentement que je reçois journellement en ceste assemblee, tant de la part de Messeigneurs les Cardinaulx, Archevesques, Evesques et autres deputés de l'Eglise, comme aussi en nostre couvent, des Superieurs et Religieux. Il serait a propos que vous en escrivissiez un mot de remerciement tant au R. P. Provincial qu'au R. P. Gardien, lesquelz ont fait responces aux vostres ; mais si vous n'avez les miennes, ny celles la encore. Il serait a propos encore d'escrire a Monseigneur l'Archevesque de Bourgeet le remercier humblement de centz escus qu'il nous veut donner tous les ans, tant pour nostre entretien que pour employer au faict de nostre mission ; c'est outre les centz escus qu'il donne a l'economie et n'ont rien de commun avec iceux (L2, note 326 ; Op1, notes 412,496). Vostre tresorie est espuisee, c'est le moyen de la remplir et empescher qu'elle ne s'espuise a l'advenir ; ceci n'estant toutefois qu'un fil du canal que je pretent y conduire. C'est pour respondre au dernier point de la vostre, non de parolle, mais en effaict.
Ainsi suis je, mon Reverend Pere,
Votre tres obeissant filz in Christo et affect. serviteur,
Frere MAXIMILIAN DE MOLINS, Cap.
De Paris, ce 5 febvrier 1615.
Apres vous, je salue tous les Religieux ; de mesme faict nostre compaignon.
Au R. Pere François de Bugey,
Commissaire general de la province de la Mission des Capucins.
Aux Capucins. A Gex.
2
Pax Christi.
Mon Reverend Pere,
Estant heureusement arrivé a la fin des Estats, il m'a semblé a propos vous en donner advis et vous dire par mesme moyen que lundy dernier, veille de saint Mathias, les cayers furent presentés au Roy, celui du Clergé par Monseigneur l'Evesque de Luçon (L9, note 89), celui de la Noblesse par Monsieur le baron de Senessé, celui du Tiers Estat par Monsieur le Prevost de Paris, lesquels trois arranguerent non moins disertement que doctement : ausquelz le Roy, apres avoir remercié les Estats de leurs bons conseils et advis, respondit en peu de paroles que, le plustost qu'il pourroit, il y donneroit response et la plus favorable qu'il lui seroit possible, et que personne des deputez ne partisse de Paris jusqu'a ce qu'il y eu respondu entierement. Il y a desja commis trante commissaires pour les examiner, et y travaillent journellement et diligemment. Mais quand on aura la response, l'on ne sçait : les uns disent dans un mois, les autres a Pasques ; il n'y a rien d'assuré. Les cayers sont gros et amples, il faut bien du temps pour examiner et y respondre. Il n'importe du temps, pourveu que la response soit bonne et favorable.
Il y a environ 12 jours que Sa Saincteté nous escrivit, comme aussy a Messieurs de la Noblesse, remerciant bien humblement eux et nous du zelle et affection que .nous avions tesmoignez au St Siege, nous opposant si courageusement a un article du Tiers Estat, fort pernicieux et prejudiciable a l'authorité d'iceluy, lequel, comme desja je vous en ay escript, fut osté de leur cayer par commandement de Sa Majesté, a la requeste tant du Clergé que de la Noblesse, avec deffance a ceux du Tiers Estat de ne plus s'ingerer de traicter des choses qui touchent la religion, se reservant d'en traicter avec Sa Saincteté par l'advis et conseil du Clergé auquel seul appartenoit cet affaire. Je vous ay desja envoyé l'imprimé des motifs qui nous pousserent a impugner cet article, comme aussy a Monseigneur l'Evesque de Geneve dont je suis fort en peine ; car depuis mon depart je n'ay receu aucune des siennes, bien que je lui aye escript par plusieurs fois, et particulierement deux fois par la voye de la poste, adressant mes lettres au R. Pere Gardien de Chambery. Dans le 1er pacquet il y avoit deux lettres que je vous escrivois ; dans le 2e estoient deux lettres de monsieur le Masurier (L5, note 548), l'une pour luy, l'autre pour monsieur le Curé de Gex (L4, note 84), qu'il m'avoit envoyees de Poictiers pour respondre des leurs, d'ou maintenant il est de retour depuis 8 jours, et l'ay esté visiter et ay [parlé] de nostre cayer avec lui ; mais il le trouve un peu tropt politicque, neantmoins bien affectionné a nostre partis, avec toute sorte d'offre et de courtoisie, et que dimanche prochain il me viendroit voir au couvent.
Je vous ay desja escript par la mienne derniere, il y a environ 3 semaines, que tous nos articles avoyent estez fort bien receu et inserez tout au long dans le cayer de l'Eglise, hormis la seigneurie de Peney qui est pour estre riere la souveraineté de Geneve ; mais aussy j'en ay adjoustés plusieurs autres que j'ay jugé utiles et necessaires pour le bien des catholiques de Gex. Reste a vous dire que je ne manqueray a soliciter diligemment vers les commissaires [et] ceux qui respondront les cayers pour avoir une bonne et favorable response a nos articles ; et si en l'ordonnance generale que le Roy fera de tous les cayers elle n'est telle, je ne manqueray en particulier par apres de la poursuivre vers Sa Majesté et vers son Conseil. Je vous supplie, s'il y a quelque autre chose que vous jugiez pour le bien de l'Eglise et des catholiques devoir estre demandee, m'en escrire au plustost et je feray toute sorte de diligence pour l'obtenir. J'ay de bonne cognoissance en la Cour et de bons amys proche du Roy, par la grace de Dieu.
Je ne pourrois vous exprimer l'honneur que j'ay receu en ceste assemblee, tant de Messeigneurs les Cardinaux, Archevesques, Evesques, Abbés, qu'autres deputez, et combien ils prisent et font estat de nostre mission et quels desirs ils ont de nous y assister, comme ils tesmoigneront a la 1re assemblee du Clergé, ordonnant quelque somme d'argent a cet effaict, comme plusieurs me l'ont promis, et des principaux. Monseigneur l'Archevesque de Bourge, des maintenant pour son particulier, nous donne tous les ans centz escus, tout autant qu'il faict pour les curez. Il seroit bien a propos que lui en fissiez un mot de remerciement, comme aussy aux RR. PP. Provincial et Gardien qui m'ont faict et font journellement toutes les charitez et courtoisies qui se pourroient desirer. Ils ont faict response aux vostres, mais n'ayant pas receu les nostres, ny les leurs par mesme moyen.
Sur quoy me recommandant a vos saincts Sacrifices, je vous demeure pour tousjours,
Mon Reverend Pere,
Vostre tres obeissant fils in Christo et affect. serviteur,
F. MAXIMIAN DE. MOULINS, Cap.
De Paris, en nostre Couvent de St Honoré, ce 27 feubvrier 1615.
Apres vous, je salue tous les Religieux ; de mesme faict nostre compaignon. Je ne sçay quels ils sont, quils se souloient connoistre.
3
Pax Christi.
Mon Reverend Pere,
Depuis la reception des vostres du l4e janvier, voici le 5e pacquet que j'ay envoyé de par dela sans recevoir aucune response de vous ny d'aucun autre, ce qui m'estonne fort. Je donnay le 1er pacquet a monsieur de la Bastide et je vous l'adressois ; le 2nd a Monseigneur de Geneve, par la poste, l'adressant au V. P. Gardien de Chambery (et reste fort estonné que luy ayant escript depuis mon depart de Gex par 5 ou 6 fois, je n'aye receu de luy un seul mot de response, estant venus icy expres pour les affaires de son diocese riere la France) ; le 3e pacquet je l'ay adressé a monsieur de Fournel, et ce par la voye de monsieur Cadet ; le 4e a monsieur le Baillif [563], par l'adresse de monsieur Robin, comme il m'avoit escript ; le 5e est le present, par M. Tombet, deputé du Tiers Estat de Gex, lequel vous racontera amplement la conclusion des Estats et le peu de satisfaction que remportent les deputez en leurs provinces.
Succinctement je vous diray que les cayiers furent presentés la veille de St Matthias, avec parolles de ne point congedier les Estats qu'ils ne fussent favorablement respondus ; mais ceste'parolle n'a esté gardee, attendu que la veille de l'Annonciation on nous congedia sans aucune response, disant qu'on y travailloit et qu'estant faicte on imprimeroit un arrest qu'on envoiroit par tout.
]'ay receu beaucoup d'honneur et de contentement en ceste assemblee, avec offre de toute sorte d'assistance pour nostre mission, tant de Messeigneurs les Cardinaulx que de Messeignrs les Archevesques et Evesques; et a cet effaict m'ont dit que je n'eusse point a partir devant l'assemblee du Clergé qui se doit faire le 15e du prochain et que je m'y trouvasse, et qu'ilz ordonneroyent quelque chose pour nostre mission. J'attendray ce temps, comme aussy la response des cayers, et si elle n'est favorable pour nous, je tascheray d'obtenir en particulier ce qu'on n'aura peu en general, comme aussi tout ce que je cognoisteray necessaire pour le bien du baillage de Gex ; M. de Favey (?), M. Tombet et moy y avons desja faict tout ce que nous avons peu.
Faictes que j'aye au plustost de vos nouvelles, avec quelque remerciements a Monseigneur de Bourge ; il m'a desja donné le mandement pour recevoir 100 escus a la St Jehan Baptiste, et continuera tous les ans de mesme. Remerciez aussi les RR. PP. Provincial et Gardien, car ils m'ont faict toutes les charitez et courtoisies possibles. Quoy attendant, je me recommande a vos SS. Sacrifices et vous demeure pour tous jours,
Mon Reverend Pere,
Vostre tres humble et obeissant fils in Christo et affectionné serviteur,
F. MAXIMIAN DE MOULINS, Cap.
De Paris, ce 12 avril 1615.
Nostre compaignon vous salue, et je salue tout le monde.
Au Reverend Pere François de Beugé,
Commissaire general des Capucins en la province de la Mission.
(Aux Capucins) A Gex.
Revu sur les autographes inédits conservés à Bourg-en-Bresse, aux Archives hospitalières, H. 533.
G - MEMOIRE DES INTERROGATS A FAIRE AU SIEUR BOUCARD
SUR SA PERSONNE ET SA CONVERSION [564]
1. Cujus sit, quot annos, et quibus parentibus natus, et num in religione catholica educatus fuerit.
2. Num Ordinibus initiatus votaque aliqua Religionis fecerit.
3. Quot annis in Societate Jesuvixerit, quibusvis exercitiis ac studiis incubuerit
4. Num postea defecerit ab Ecclesia, et apud Calvinistas, Zuinglianos aut Lutheranos se receperit.
5. Quibus de causis ab Ecclesia discesserit et hœreticam vitam professus sit.
6. Quot annis inter hœreticos vixerit.
7. Num vere et ex anima hœresim tunc abjuraverit.
8. Cur postea redierit ad hœreticos.
9. Cur tandem postremo ab eis recesserit et nunc ad Ecclesiœ. gremium Bibi redeundum statuerit.
10. Num hœreses affines, maxime Calvinianam, abjurare velit, deinceps constanter et firmiter in Ecclesia Catholica, Apostolica, Romana usque ad mortem perseverare, illius fidem profiteri, et perpetuam illi obedientiam prœstare.
11. Num absolutionem petat et salutarem sibi pœnitentiam imponi.
Revu sur l'original inédit, écrit de la main de M. Michel Favre, conservé à la Visitation d'Annecy.
H - RELATION DE LA DOUBLE APOSTASIE ET CONVERSION DE CLAUDE BOUCARD
FAITE PAR LUI-MÊME [565]
(note 347) Ego CLAUDIUS BOUCARDUS, Virdunensis in Lotharingia, ex honestis parentibus natus, in Ecclesia Catholica baptizatus et educatus, nunc vera agens annum aetatis meae quinquagesimum, ingenue fateor me adolescentiae meae tempore Societatem Jesu ingressum fuisse, atque in ea vota simplicia emisisse (non autem Professionem solemnem), et absolutis studiis Theologicis integram Philosophiam per triennium docuisse Parisiis; tum sacris, etiam. presbyteratus Ordinibus initiatum fuisse, ac Theologiam scholasticam publice per annum professum esse in Academia et Universitate Mussi Fontana.
Postea vero ad Calvinistarum partes transisse (cujus rei coram. Domino nostro Jesu Christo et sancta ejus Ecclesia admodum me paenitet) , non quod de fide Catholica ullatenus dubitarem, sed tantum ut libertatis quae est secundum mundum et carnem potiundae mihi copia fieret ac facultas. ldcirco autem ad Calvinistas accessi, quia illi primi sese obtulerunt, quos compellarem ; non autem quod sectam illorum doctrinamve sectra ac dogmatibus Lutheranorum aut aliorum quorum cumque sectariorum praeferrem; adeo, ut cum rem diligenter perpendo, schismaticus potiùs quam hrereticus ex anima fuerim ; neque enim relligione (sic) ductus id feci, vel quod hreresi ex anima adhrererem, sed temporariae cujusdam commoditatis causa. Porro apud Calvinistas nec ministri munus obivi, nec publice concionatus sum unquam, nec scriptum. ullum in lucem emisi adversus Ecclesiam Catholicam, sed tantùm professor Philosophiœ et liberalium artium Lausannae extiti. Quam professionem cum per octo circiter annos sustinuissem parum de animœ meae salute sollicitus, placuit tandem Deo Patri misericordiarum me respicere et cor meum pulsare.
Nimirum coepi mirari sterilitatem sectae illius Calvinisticae, exiguumque amoris Dei universœque pietatis sensum qui in illa conspicitur ; contra vera in memoriam revocare devotionem eximiam quam in Ecclesia Romana cum in aliis videram, tum in meipso senseram. Sicque crepit in me reviviscere patriœ spiritalis revisendœ desiderium cum apud me non raro dicerem tacitus : Quot mercenarii in domo Patris mei abundans panibus, ego autem hic fame pereo ! Subinde incidi in lectionem Centuriarum IIlirici [566], quas quidem diligenter pervolvi, maximeque ex ea lectione in proposito confirmatus sum ; nam inde perspexi eamdem nunc esse fidem Ecclesiœ Romanœ quae fuit omnibus prœcedentibus saeculis ascendendo usque ad Apostolorum œtatem ; et eo maxime flamine affines omnium sœculorum Doctores a Centuriatoribus reprehendi capite quarto singularum centuriarum quod eam doctrinam in suis scriptis tradiderint quae nunc ab Ecc1esia Romana retinetur. Vidi summam unionem omnium Ecclesiarum cum eadem Ecclesia Romana. Itaque factum est ut quos libros Matthias ille Illiricus ejusque asseclae in animarum perniciem composuerunt, mirabili Dei providentia mihi in salutem cesserint. Quod quidem beneficium magis magisque confirmavi assidua lectione librorum lllustrissimi Car dinalis Bellarmini De Eeelesia et De Romano Pontifice (Controv. 2, 1et 4), Nicolai Sanderi De visibili Monarchia Eeelesiœ (Controv. préface), et aliorum doctorum catholicorum.
Hoc igitur modo, atque bis mediis Spiritus Sanctus, firmum in me desiderium excitavit redeundi ad sanctam Romanam Ecclesiam. Et licet culpae meae gravitatem anima reputarem, consolabar tamen ipse me et in spem obtinendae veniae erigebam consideratione benignitatis sanctae Ecclesiae, quam ex veterum monimentis adnotaram redeuntibus ab haeresi et pœnitentibus impertitam fuisse. [567] Sciebam Calixtum Papam, in Epistola secunda Decretali, in eos sententiain ferre qui putant Domini sacerdotes post lapsum, si condignam egerint pœnitentiam, Domino ministrare non posse et suis honoribus frui, si deinceps bonam vitam, duxerint, Illud ipsum urgere Cyprianum, in Sermonibus De lapsis, et Gregorium Magnum, prœsertim Lib. 7°, epist. 53. Memineram Maximum, Episcopum, item Urbanum, Sidonium et Celerinum qui a partibus novati aliquandiu steterant, abjurata haeresi, a Cornelio Papa in communionem catholicam receptos fuisse. ln Concilia Nicaeno et Constantinopolitano primo sancitum fuisse, ut qui Episcopi aliique ab hœreticis recederent benigne exciperentur. Et de facto Anastasium, presbyterum, et Leontium, diaconum, qui Macarium Monothelitam sectati fuerant, in sexta Synodo Constantinopoli erroris convictos, a sancto Leone Papa Romae iterum in Ecclesiae Catholicae gremium cooptatos fuisse.
Quapropter, cum Reverendissimo Domino Episcopo Gebennensi per literas egi eumque rogavi ut mihi veniam, pacem et unionem Ecclesiae conciliaret; apud quem, tandem, Tononi Allobrogum hœresim omnem verè et ex anima abjuravi anno 1608. Ille vera idem Reverendissimus Dominus, authoritate a Sanctissimo Domino nostro Paulo Papa Quinto sibi peculiariter ad id delegata, absolvit me ab omni excommunicatione et quibuscumque censuris ac poenis propter haeresim incursis in utroque fora ; item absolvit me, eadem authoritate, a quibuscumque votis, legibus et vinculis quibus Societati Jesu astrictus alias fueram aut tunc essem, et laurem sacrae Theologiae doctoratus titulum, quo ante defectionem insignitus fueram, restituit; ac demum, imposita salutari pœnitentia, communioni Ecclesiae Catholicae me reddidit (note 320).
Sed, me miserum ! non diu in ea perstiti. Nam subinde per duos annos continua agitatus sum gravissima tentatione et acerbo animi dolore, ex assidua recordatione et commiseratione liberorum meorum quos parvulos reliqueram, nec ad eos mihi accedere licebat ut eis succurerem; urgebat me quoque erga uxorem dilectio et caritas. Qui affectus adeo me vexarunt, ut iterum ad haereticas redire me compulerint, neque ulla alia fuit causa reversionis meae. Ubi etsi dogmatibus haereticorum ex anima non adhœserim, tamen, secundum exteriorem hominem, eodem modo loquendum et agendum mihi fuit quo haeretici.
Verum, nec adhuc me hac vice dereliquit Dominus qui non vult mortem peccatoris, sed magis ut convertatur et vivat, eodemque fere quo priùs modo me ad saniorem mentem revocavit. Nam primum, fastidire caepi desertum illud, et montes Gelboë in quibus aberrabam, super quos nec ros, nec pluvia cœlestis consolationis descendit. Consideravi vanitatem et confusionem turris illius quam contra Christi Ecclesiam Lutherus aedificare conatus est, quomodo videlicet in innumeras sectas dissecta sit, quarum nulla aliarum linguam intelligit, sed singulae singulis hereticae sunt, et peculiaria sibique invicem repugnantia amplectantur dogmata. Excitavit in me Spiritus Sanctus ingens desiderium revertendi secundo et seria ad sanctae Romanae Ecclesiae communionem : ejus nimirum quae cum toto terrarum orbe diffusa sit, communicat cum Episcopo Romano tanquam Christi Vicario, et vera divi Petri successore et visibili in terris omnium fidelium capite; quia manifeste cognovi et firmiter credidi Ecclesiam hanc et Catholicam esse, et veram Christi Sponsam, extra quam ad salutem aeternam nulli aditus pateat. [568] Et licet difficilis valde mihi res haec videretur propter relapsum, tamen ne me desperatio vincere et oculos conjeci in Berengarium, qui et heresiarcha, et semel atque iterum relapsus, et nec ultro veniens, sed invitatus, vix tandem comparuit ; nihilominus in.…
Ego igitur, de Dei misericordia et Ecclesira lenitate contigus, rursus opem imploravi ejusdem Reverendissimi Domini Episcopi Gebennensis, ut si qua tandem ratione fieri posset, absolutionem et Ecclesiae communionem mihi impetraret. Qui postquam mihi significavit, singulari Sanctissimi Domini nostri Pauli Pontificis maximi clementia, mihi Ecclesiae sinum aperiri, nihil cunctandum ratus sum quominus ex pestilenti illa lacuna emergerem, et tantum mihi oblatum beneficium avide complecterer.
Hac igitur de causa, ego, non obstantibus multis gravibusque quae me circumstabant difficultatibus, sponte Gratianopolim veni, circa hujus 40ae initium, ad praefatum Reverendissimum Dominum Episcopum Gebennensem, in ea civitate pro tempore conciones sacras habentem ; cui etiam nunc, cum omni humilitate et animi summissione me presentem sisto, culpam et apostasiam meam agnoscens et accusans, atque admodum supplex oro et postula in communionem sanctae Romanae Ecclesiae ex integro restitui, et, imposita salutari pœnitentia, perfecte absolvi in utroque fora. Ego vera omnem hreresim fidei sanctae Romanae Ecclesiae contrariam ex anima abjura, praesertim vera Calvinianam, et promitto me in eadem Ecclesia Romana usque ad mortem constanter perseverare velle, eique fidelem obedientiam praestare, fidem ejus profiteri ; et me omnium haeresium expugnatorem, et Cathedrae Sancti Petri omniumque successorum ejus in Ecclesia Romana acerrimum defensorem, cum divina gratia futurum .
Revu sur l'autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
I - LETTRES PATENTES DE CHARLES-EMMANUEL Ier DUC DE SAVOIE
AUX SYNDICS, BOURGEOIS ET HABITANTS D'ANNECY
(FRAGMENTS)
(note 457) CHARLES EMMANUEL, par la grace de Dieu Duc de Savoye... a tous quil apertiendra sçavoir' faisons :
Que Nous ayant tres humblement remonstré et faict entendre les Scindics, bourgeois, manantz et habitantz de Nostre bonne ville et cité d'Annessy, comme Nous ayant pleu par Nos patentes du quatorziesme juin mil six centz huict de leur continuer la levee de trois deniers sur chasque livre de chair se debitant en leur boucherie a perpetuité, que par aultres patentes precedentes Nous leur aurions accordé pour quelque temps, en consideration des grandz debtes quilz auroient faictes et charges par eulx supportees despuis tant d'annees et quilz continuent encores a present... ; ce que neanmoins auroit esté restrainct, par Arrest de verification de Nostre Senat de Savoye, au terme de dix annees, sans ce que pourtant ilz ayent peu s'acquiter de telz emprumptz ny en recevoir le soulagement quilz en esperoient. Et d'aultant que Nostre bon plaisir a esté d'introduire dans le College de ladicte ville les Peres Barnabites, sans que le revenu dudict College soit souffisant pour les entretenir, ladicte ville, en suytte de Nostre intention, leur auroit volontiers lasché et remis la moitié desdictz trois deniers pour les aider aulcunement aux grandes charges quilz supportent, moyennant quil Nous pleust leur laisser l'aultre moitié... : ce que Nous ayant esté d'aultant plus agreable qu'en mesme temps Nous tenons a aider et soulager Nostre bonne ville, comme Nous avons tousjours desiré, et tout ensemble prouvoir a l'establissement d'ung œuvre si saincte (sic) et si utile a Nos peuples et subjectz :
Pour ces causes et aultres, et pour complaire et gratiffier a Nostre tres chere et tres aimee fille l'Infante Cateline (L7, note 942), qui Nous en auroit tres instamment supplié en faveur desdictz Peres Barnabites, Nous avons, pour Nous et Nos successeurs,... concedé, permis et octroyé,... en force de privilege perpetuel et irrevocable, auxdictz Scindics, bourgeois et habitantz dudict Annessy et leurs successeurs a perpetuité, de continuer a exiger, prendre et percevoir lesdictz trois deniers sur chascune livre de chair qui se vendra en ladicte ville et ses franchises ;... a condition que, devant tout aultre paiement, l'on prendra cinquante ducatons annuelz et perpetuelz sur toute la somme qui se retirera de ladicte boucherie, pour la fondation d'une Messe perpetuelle selon l'intention de ladicte Infante, Nostre tres aimee fille, et pour toute la Maison de Savoye. Lesquelz cinquante ducatons seront aplicqués pour l'aulmosne, entretien et maintenement du prebtre et Religieux qui la celebrera a l'eglise que nommera ladicte Infante, laquelle Messe sera fondee avec l'auctorité de l'Evesque de Geneve... Le premier paiement se commencera trois mois apres l'intherination des presentes, et le reste aplicable, la moitié pour aider a l'entretien desdictz Peres Barnabites pour leur College, et l'aultre moitié au proufict et commodité de ladicte ville. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Donnees a Thurin, le premier jour de mars mil six centz dix neufz.
C. EMANUEL.
Va ARGENTIERO.
Revu sur le texte inédit, inséré dans les Registres des Délibérations du Conseil de Ville d'Annecy, vol. 34, fol. 283, conservé aux Archives communales.
J - ACTE D'ÉRECTION DE LA CONFRÉRIE DU SAINT NOM DE JÉSUS
DANS LA PAROISSE D'ABONDANCE PAR LE PÈRE BBRNARDIN DB CHARPENNE
PRIEUR DBS DOMINICAINS D'ANNECY
(note 245) Comme ainsi soit qu'il ayt pleu a Noz Sts Peres les Papes, souverains Pasteurs de l'Eglise universelle, d'annexer et unir au sacré Ordre des Freres Prescheurs la Tres-Ste Confrairie du Tres-Sainct Nom de JESUS, et encor y donner le pouvoir aux Superieurs du dit Ordre de l'eriger et establir aux eglises et lieux ou ilz seront requis par le zele et devotion des fideles [569] :
Nous, Frere BERNARDIN DE CHARPENE, docteur en theologie, Prieur du Convent de St Dominique d'Annessy (L4, note 64 ; L6, note 580) et Vicaire substitut de Rd Pere Frere Adrian Bechu, docteur en theologie et Vicaire General de la Congregation des Freres Prescheurs en France et Savoye [570], ayants veu le consentement de Monseigr le Rme Evesque et Prince de Geneve sur les requisitions a luy faictes et d'autre part escrittes, pour satisfaire a la pieté et devotion des suppliants et pour contribuer tout nostre soing et tout nostre pouvoir a ce que le Tres-St Nom de Dieu soit honoré, et que par ce moien tous blasphemes soient ostez et exterminés du milieu des Chrestiens :
Nous erigeons, fondons et instituons en la parroisse de Nostre Dame d'Abondance la Tres-Ste Confrairie du Tres-St Nom de JESUS jouxte ses Status, regles et ordonances, conformement au pouvoir a Nous concedé tant par nos Sts. Peres les Papes que par nos Superieurs et Majeurs, exhortants et priants Mre Jehan Mocand, pasteur et curé de la paroisse de Nostre Dame d'Abondance (note 246), de voulloir publier a ses parroissiens cette nostre institution et erection, et les convier a embrasser cette sacree devotion de tout leur cœur et affection, puisqu'il n'y a au Ciel ny en la terre autre nom duquel depende nostre salut que celuy de JESUS. Et ilz gousteront icy bas les douceurs et graces qui accompagnent ce sacré Nom, et decedants de ce monde en la confession d'iceluy, ilz seront comblez de gloire au Ciel.
Donné a Annessy, au Convent de St Dominique, le XXII Decemb. MDCXIX.
F. B. DE CHARPENE.
Revu sur l'autographe inédit, conservé au presbytère d'Abondance (Hte-Savoie).
K - SUPPLIQUE DE M. JEAN-FRANÇOIS DE BLONAY PRIEUR DE SAINT-PAUL
A Mgr JEAN-PRANÇOIS DE SALES, ÉVÊQUE DE GENÈVE
ET DÉCRET DE CELUI-CI
A Monseigneur,
Monseigneur le Reverendissime et Illustrissime Evesque et Prince de Geneve.
Supplie humblement Reverend Messire Jean François de Blonnay, Prieur commendataire perpetuel du Prieuré conventuel de Sainct Paul (L10, note 156), disant : que de nulle memoire d'homme ne se treuve que ledict Prieuré soit esté visité jamais que par les Rmes Evesques de Geneve, lesquels onts tousjours heu pouvoir de corriger, amender et chastier les deffauts et manquementz des Religieux ou beneficiers ou prebandés audict Prieuré. Et dauttant que ledict Prieuré doict estre conventuel et a esté servis (sic) par des Religieux de St Benoît, le seigneur suppliant recours (sic) aux fins quil vous plaise informer sur la verité du faict exposé.
Et d'auttant qu'aux benefices reguliers, ceux qui les possedent sonts obligés dy vivre regulierement, il vous plaise aussy de conserver et maintenir ledict Rd seigneur Prieur et les Prebstres et auttres Ecclesiastiques que vous aves treuvé audict Prieuré en vostre presente Visite en l'observance regulière conforme a l'estat clerical, vivantz en commung selon la vraye et ancienne discipline ecclesiastique ; dependantz en tout et par tout de vous, conformement aux sacrés sanctions du Concile de Trente et jouxte les Constitutions de St Charles Borromée aux Oblats de St Ambroyse, desquelz ilz font proffession.. (note 314)
Et sy ferez bien.
J. F. DE BLONNAY, Prieur.
Nous commettons le Sr Rolland, Chanoine de Nostre Eglise (L1, note 134), pour la formalité supliee ; embrassant en oultre et approuvant de tout Nostre pouvoir les sainctes et pieuses intentions dudict Sr Prieur touchant le reglement de la discipline reguliere en laquelle si exemplairement il s'occupe avec ses confreres audict prieuré, ainsi que desja feu Monseigneur Nostre predecesseur, de glorieuse memoyre, a faict par cy devant.
Faict a St Paul, le 13 aoust 1624.
J. FRANÇs, E. de Geneve.
Revu sur l'autographe inédit, qui appartenait à Mgr Rebord, Protonotaire apostolique et Prévôt du Chapitre de la cathédrale d'Annecy.
CINQUIÈME SÉRIE
FONDATIONS ET RÉFORMES
A - CONFRÉRIE DE LA SAINTE CROIX
STATUTS DE LA CONFRÉRIE
(EN LATIN)
ÉRECTION DE LA CONFRÉRIE DE LA SAINTE CROIX DE LA CONCEPTION DE LA BIENHEUREUSE
MARIE ET DES SAINTS APOTRES PIERRE ET PAUL ATTACHÉE A L'AUTEL DE LA SAINTE CROIX
DE L'ÉGLISE DE GENÈVE LE PREMIER SEPTEMBRE 1593 [571]
Au nom de la sainte et indivisible Trinité, Père, Fils et Saint Esprit. Ainsi soit-il.
Il est admirable le signe de la Croix, source de vie, sur le bois de laquelle Notre Seigneur Jésus-Christ, pour le salut du genre hu main, n'a pas refusé de subir la mort pour nous rappeler de la mort à la vie ; signe qui " apparaitra dans le ciel lorsqu'il viendra nous juger (Mt 24,30) ; " étendard qui protège la religion catholique, et que le semeur de zizanie (Mt 13,25), l'antique ennemi du genre humain a en horreur ; qui, dès les premiers siècles, a valu de nombreuses victoires et de grands triomphes, non seulement aux saints Pères, pour repousser les tentations, mais aussi aux empereurs, rois et princes, pour combattre les infidèles et vaincre les hérétiques.
De même la très pure et très sainte Vierge Marie, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ, laquelle, conçue sans la souillure du péché originel, est restée vierge avant, pendant et après l'enfantement, qui prie sans cesse " pour le peuple, " intervient " en faveur du clergé, " intercède " pour les femmes consacrées à Dieu, " secourt les opprimés, réprime les efforts des hérétiques et des infidèles, et aide, en les délivrant de tous maux, ceux qui ont recours à elle.
En outre, les " glorieux Princes de la terre, " les très saints Pierre et Paul, Apôtres de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ, dont le second est le Docteur des nations et le premier, le Prince des. Apô tres, Vicaire du même Jésus-Christ, fondement de l'Eglise et celui dont la foi ne défaille pas (Mt 16,18 ; Lc 22,32), ont tous deux illustré par leur mort la sainte Eglise Romaine, tête et maîtresse des autres Eglises, et, comme Patrons titulaires de la vénérable Eglise de Genève, l'ont conservée, ainsi que sa cité, son diocèse et leur peuple, à l'abri de toute hérésie et dans la profession de la foi orthodoxe. Cette protection, ils l'ont accordée presque dès le début de l'Eglise jusqu'à l'année du Seigneur mil cinq cent trente-cinq (Op1, note 191), où, par punition des péchés du peuple, Satan, maître et artisan d'hérésies, instigateur de tous les maux et semeur de zizanie, agita fortement la ville elle-même et une partie du diocèse des troubles très violents de l'hérésie. Alors furent expulsés le Révérendissime Evêque [572], les Révérendissimes Chanoines et tout le clergé, ainsi queles autres adeptes de la vraie foi ; les églises détruites et dépouillées de leurs très vénérables images et de leurs ornements; les vases sacrés dérobés, les reliques des Saints dispersées et foulées aux pieds, toutes choses saintes profanées; en sorte que, depuis lors, cette ville est réputée, hélas ! par tous, et elle est en réalité, la source de toutes les hérésies, la nourricière des guerres intestines qui dévastèrent depuis la France, l'inventrice des trahisons, la propagatrice des homicides, la sentine des incendies et des rapines, l'asile des plus grands malfaiteurs de toute l'Europe, et l'origine de tous les maux qui ont accablé et accablent cette patrie savoyarde et les provinces limitrophes.
Tout cela nous donne, à nous soussignés, le très ferme espoir que, après avoir imploré le secours et l'aide du signe de la Croix, source de vie, et de la très sainte Vierge Marie, ainsi que les suffrages des bienheureux Apôtres Pierre et Paul : si nous nous retournons vers Dieu lui-même, Auteur de toute piété, avec componction de cœur, gémissement et humilité, prières, jeûnes, fréquente confession des péchés, participation à l'Eucharistie, et autres œuvres de dévotion et de charité vraiment dignes de chrétiens; lui qui, même dans sa vengeance, est miséricordieux (Na 1,2 sq) ; lui qui, sévère pour les impénitents, est bon et pacifique envers ceux qui se convertissent ; lui qui a coutume de délivrer de leurs tribulations en cette vie et de conduire aux joies éternelles ceux qui se sont amendés; lui qui, par ailleurs, tout clément qu'il est, veut cependant être prié, être forcé, être vaincu par une sorte d'importunité (Mt 7,7 ; Lc 11,5 ; 18,2) et une prière assidue, il nous arrachera à toutes les vexations des hérétiques, aux incursions et déprédations de la soldatesque, à la famine qui nous oppresse, aux maladies qui nous accablent, aux guerres qui nous enserrent et aux autres périls qui sont à nos portes [573]. Après avoir détruit les ennemis publics de sa Divinité, de l'humaine nature et des hommes, il fera revivre là, la sainte religion catholique, et nous, soussignés, il nous ramènera et nous réinstallera dans nos sièges d'autrefois et dans notre propre église, d'où, comme il a été dit plus haut, nous avons été bannis en cette ville d'Annecy, depuis plus de cinquante ans, où nous résidons comme. étrangers et pèlerins (1 P 2,11) dans une église d'emprunt [574].
Et comme la prière assidue de plusieurs est très agréable au Dieu très bon et très grand, et que la principale raison d'espérer le secours demandé est l'assemblée pieuse et unanime (Ac 1,14), sous l'action de l'Esprit-Saint (Mt 28,20), de nombreux fidèles, au nom du Fils unique de Dieu Notre Seigneur jésus-Christ, lequel a promis (Mt 18,20) de se trouver au milieu d'eux ; c'est pourquoi, à l'exemple de ce qui se pratique en d'autres provinces, villes et localités, lesquelles, sous l'empire de nécessités et périls semblables, reçoivent un puissant secours et réconfort par l'érection de Confréries et sociétés sous diverses appellations saintes et pieux vocables, et par les œuvres de piété qui en résultent: pour ce motif, nous, FRANÇOIS DE SALES, docteur en l'un et l'autre droit, Prévôt ; Jean Tissot, protonotaire apostolique, sacriste ; Jean Coppier, maitre de chœur et ouvrier ; Louis Reydet, Louis de Sales ; François [de] Chissé, vicaire général au spirituel et au temporel du Rme Père dans le Christ Mgr Claude de Granier, Evêque et Prince de Genève, et Official ; François de Ronis, Jacques Bally (?), docteur en sacrée théologie; Jean Portier et Etienne de la Combe, maitre ès-arts, vicaire substitut du Rme Seigneur Evêque ; Janus Regard, commendataire perpétuel du prieuré de Lovagny ; Jacques Brunet, doyen de Rumilly ; Jean d'E1oise, Charles-Louis Pernet, procureur fiscal de l'évêché de Genève ; Charles Grosset, Antoine Bochut, Claude d'Angeville, doyen de Vullionnex ; Eustache Mugnier, commendataire perpétuel du prieuré de Saint-Bardolphe, du diocèse de Grenoble, et Jean Déage, docteur en sacrée théologie, chanoines théologaux de l'Eglise cathédrale de Saint-Pierre de Genève [575], capitulairement réunis, selon l'usage, au son de la cloche, au lieu ci-dessous indiqué, constituant plus des deux tiers des résidents et représentant le Chapitre; tant en notre nom qu'en celui des autres chanoines absents, et de nos successeurs dans la même Eglise à l'avenir, à l'honneur de Dieu et à la gloire de toute la Cour céleste, érigeons et instituons à perpétuité une sainte et très salutaire Confrérie ou Société de fidèles des deux sexes, sous le nom ou invocation de la très sainte Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, de la très pure Conception de la Bienheureuse Vierge Marie et des très saints Apôtres Pierre et Paul, dans ladite Eglise cathédrale de Genève, et à l'autel de la Sainte-Croix y situé, avec cependant le consentement et sous l'autorité de notre Révérendissime Seigneur Evêque, et avec l'agrément de notre Très Saint Père le Pape et du Saint-Siège Apostolique, avec les Statuts et ordonnances ci-dessous: Confrérie à laquelle dès aujourd'hui nous déclarons expressément appartenir comme confrères et vrais fondateurs [576].
au lieu de l'autel de la Sainte-Croix ; dans l'Eglise de Genève, comme lieu d'érection de la Confrérie
Tout d'abord, étant donné que, par suite de notre expulsion, comme il a été dit, de notre Eglise et ville de Genève, nous résidons dans cette ville d'Annecy et faisons les divins Offices du Chapitre et de la cathédrale dans l'église de Saint-François des Frères de l'Observance, de la même façon qu'ils se faisaient dans notre cathédrale, et que, parmi les autels érigés dans cette église de Saint-François, il y en a un, outre le maître-autel où sont chantées les Messes capitulaires, sous l'invocation de Saint-Germain, qui sert à la célébration de nos Messes matinales : nous constituons, à cause de cela, la Confrérie érigée par nous, comme il a été dit plus haut, à l'autel même de Saint-Germain. Plus tard, lorsque, avec l'aide de Dieu, nous retournerons en notre ville de Genève, cette Confrérie sera placée corporellement, réellement et pour toujours à l'autel de la Sainte-Croix de notre Eglise cathédrale, où elle est érigée jusqu'ici d'une manière fictive, ainsi qu'il a été dit.
Choix temporaire d'un oratoire dans l'église de Saint-Jean-Baptiste de la ville d'Annecy [577]
Et parce que, soit pour célébrer et chanter les divins Offices de la Confrérie et exercer les autres œuvres pies, soit pour traiter ses .affaires, il est nécessaire d'avoir un lieu particulier tout à fait libre, hors de l'église ou est situé l'autel que nous avons érigé (comme cela se pratique partout pour les autres Confréries), et que l'église de Saint-Jean-Baptiste, de la commanderie du Genevois, de l'Hôpital de Jérusalem, sise en lieu public de ladite ville, n'est guère fréquentée à cause du manque de ministres et de l'injure du temps présent, mais qu'il y a lieu d'espérer que les habitants de cette ville, d'ailleurs très religieux et professant avec dévotion de bouche et d'œuvre la foi catholique, visiteront ensuite cette église de Saint Jean avec plus de ferveur, si l'on y chante plus souvent la Messe et les autres Offices divins, et si les prières publiques et les pieuses exhortations s'y multiplient : pour ces raisons, du consentement de noble et magnifique seigneur Denis de Saconay, baron des Clets, seigneur temporel de Saconay, Truaz et Lorcier [578], procureur général de l'Illustrissime et Révérend seigneur Pierre de Saconay, son frère, de l'Ordre militaire de l'Hôpital de Jérusalem, prieur du prieuré d'Auvergne et commandeur du Genevois [579], nous établissons et choisissons, dans cette même église de Saint Jean-Baptiste l'oratoire de notre Confrérie, tant que le Chapitre de Genève résidera dans la ville d'Annecy. Et pour cette cause nous statuons et ordonnons que les Messes de la Confrérie et Offices divins, les prières publiques, prédications, exhortations et autres exercices spirituels de piété et de religion, ainsi que les réunions concernant les affaires de la Confrérie, se célèbrent, se chantent, se tiennent et soient convoqués dans cette église de Saint Jean-Baptiste. Nous nous occuperons d'un autre lieu commode et convenable dans la ville de Genève, lorsque, par la grâce de Dieu, nous y retournerons.
Déclaration au sujet de la translation de la Confrérie de la ville d'A nnecy au lieu où l'Eglise cathédrale sera transférée
Mais si, par hasard, il arrive que l'Eglise cathédrale soit transférée en un lieu autre que la ville de Genève, nous déclarons que cette Confrérie, étant unie et incorporée à perpétuité et indissolublement à la susdite Eglise cathédrale, dès maintenant comme alors, est transférée au même lieu, avec .tous ses insignes, vases sacrés, ornements et livres. Cependant, si cela est jugé expédient, une fraction perpétuellement dépendante de cette Confrérie pourra rester dans une des églises de la susdite ville, à choisir par le Chapitre.
Il est juste que nous fassions à certains jours de l'année une mémoire spéciale de ceux dont nous sollicitons le secours, et que nous en célébrions solennellement les fêtes. C'est pourquoi nous statuons et ordonnons que les fêtes spéciales et perpétuelles de notre Confrérie soient : l'Exaltation de la sainte Croix, la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, l'Invention de la sainte Croix [581] et le jour des saints Apôtres Pierre et Paul.
Pour que ces fêtes soient célébrées avec solennité, nous statuons et ordonnons que le très saint et adorable Sacrement de l'Eucharistie sera placé publiquement et avec honneur sur l'autel de l'oratoire chacun de ces jours, et qu'il y sera conservé toute la journée avec respect et aussi avec cierges allumés.
Le Saint-Sacrement sera exposé sur l'autel de l'oratoire le second dimanche de chaque mois
Nous statuons et ordonnons que la même chose se fasse le second dimanche de chaque mois, excepté septembre, décembre, mai et juin, à cause des fêtes susdites qui y tombent.
L'Eucharistie, lorsqu'elle sera exposée sur l'autel de l'oratoire sera gardée continuellement par deux confrères
Toutefois, bien que la majesté du très saint Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ ainsi exposé publiquement demande que tous les confrères passent humblement là toute la journée en louanges, prières et saintes méditations, cependant, la fragilité humaine des confrères, non encore exercés à une telle assiduité dans ces œuvres de piété, ne permettant pas cette action commune ; pour que la prière ne cesse pas à l'intérieur de l'oratoire et que la Confrérie elle-même professe, à l'égard de ce très saint Sacrement de l'Eucharistie, un hommage de sa servitude : nous statuons et ordonnons que tous les jours où il sera exposé publiquement sur l'autel de l'oratoire, deux confrères, choisis par le Prieur et ses As sesseurs ci-dessous nommés, pour se partager alternativement les heures, devront passer jusqu'à Vêpres, à genoux, avec l'habit ci-dessous prescrit, une heure entière en saintes prières et divines méditations, en particulier et selon la dévotion personnelle, pour notre très Saint-Père le Pape, pour tous les Prélats de l'Eglise et tout le clergé, pour la tranquillité de la république chrétienne, la sauvegarde de la foi catholique, la paix et la concorde entre les Princes et les peuples chrétiens, la conservation et l'accroissement de notre Confrérie, enfin l'augmentation chaque jour des fruits spirituels qu'elle produit. Et à Vêpres, le Saint-Sacrement, après une Bénédiction solennelle, sera renfermé au lieu ordinaire.
Pour que Dieu, à qui agrée la diversité des prières et des œuvres de piété, parmi lesquelles se trouvent les pèlerinages (énumérés aussi parmi les pénitences salutaires), exauce la Confrérie en général et chacun de ses confrères en particulier, nous statuons et ordonnons que, aux mêmes jours des fêtes de l'Exaltation et de l'Invention de la Sainte Croix, de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints Apôtres Pierre et Paul, et aussi le jeudi-Saint, se fassent des processions publiques à travers la ville, les bourgs ou les localités où se trouveront alors l'Eglise cathédrale et notre Confrérie, en la manière et forme appropriées aux circonstances de lieu et de temps agréées par le Prieur et ses Assesseurs soussignés. A ces processions, que tous et chacun des confrères des deux sexes soient tenus d'assister avec le costume à choisir plus bas, marchant convenablement, dévotement, gravement, lentement et en silence, et chantant distinctement, ceux qui savent le faire, les prières qui seront alors ordonnées ; les autres, qu'ils récitent à voix basse le Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie. A cet effet, tous les confrères, à l'heure déterminée, se rendront à l'oratoire où les processions commenceront, et où elles retourneront. A ces processions, un des confrères, choisi expressément par le Prieur et les Assesseurs soussignés, portera une grande Croix, et sera entouré de deux autres confrères portant des cierges ou des flambeaux allumés.
Parmi les autres Sacrements qui obtiennent la grâce divine, re mettent les fautes et méritent le comble des éternelles récompenses, le très auguste et très saint Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur est vraiment admirable ; car par lui nous rappelons le souvenir de notre Rédemption, nous sommes détournés du mal et fortifiés dans le bien, recevant par .lui des augmentations de vertu et de grâce. Aussi, rien n'étant plus salutaire, puisqu'il dépasse en excellence tous les autres, nous statuons et ordonnons que. tous et chacun des confrères des deux sexes, aux fêtes de l'Exaltation et del'Invention de la Sainte Croix, de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints Apôtres Pierre et Paul, ainsi que le deuxième dimanche de chaque mois (excepté septembre, décembre, mai et juin où tombent ces fêtes), s'il s'agit des prêtres, qu'ils célèbrent le saint Sacrifice de la Messe à l'oratoire, s'il est possible, sinon dans une autre église à leur choix ; s'il s'agit des laïques des deux sexes, qu'ils reçoivent dans l'oratoire le Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, après avoir fait, où il leur plaira, une soigneuse confession de leurs péchés.
Cependant, pour ne pas sembler imposer un joug impossible à supporter à nous-mêmes et aux confrères, nous statuons et déclarons qu'il sera permis, à quiconque sera légitimement empêché de recevoir la sainte Eucharistie une des fêtes et des dimanches sus-mentionnés, de satisfaire au statut précédent un autre jour de n'importe quel mois, pourvu qu'il avertisse de son empêchement le Prieur soussigné, qui y pourvoira pour le mieux.
Cela doit s'étendre aussi aux absents, pourvu qu'ils communient au Corps et au Sang du Seigneur chaque mois, dans une église à leur choix.
Il ne suffit pas, pour atteindre notre but pieux et obtenir les fruits spirituels attachés à notre Confrérie, que la Messe se célèbre une fois par mois dans son oratoire, où plus se multiplie la digne ré ception de la sainte Eucharistie, plus aussi deviennent abondants les bienfaits spirituels et temporels. Nous statuons donc et ordonnons qu'une Messe sera célébrée perpétuellement chaque dimanche dans le même oratoire par un confrère prêtre, à choisir par le Prieur soussigné et ses Assesseurs. Nous exhortons les confrères à y assister, si cela est possible, et a unir leurs prières à celles du célébrant.
L'on rend surtout un hommage agréable au Créateur de toutes choses, lorsque, d'une intention commune, on le sert pour la conservation de la foi catholique, dont il est le ferme et perpétuel fondement. Nous statuons et ordonnons pareillement que tous et chacun des confrères des deux sexes seront tenus chaque jour à réciter, à genoux et la tête découverte, cinq fois l'Oraison Dominicale et la Salutation Angélique, avec cette intention dirigée vers Dieu, qu'il daigne, par les mérites de Notre Seigneur Jésus-Christ, l'intercession de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, et les prières des très saints Apôtres Pierre et Paul, veiller à la prospérité et à l'heureux succès de toutes choses dans les provinces et lieux soumis au Sérénissime Duc de Savoie, notre prince, y défendre et conserver la foi catholique, délivrer le peuple des calamités présentes, ramener les hérétiques à l'unité et au sein de notre sainte Mère l'Eglise, ou bien les confondre et humilier, en extirpant jusqu'à la racine les hérésies, et, dans ce but, réconcilier entre eux les princes et les amener à une entente unanime, enfin préserver nos princes de tout malheur..
Les confrères réciteront chaque jour la Salutation Angélique lorsque sonne la cloche à l'aurore, à midi et le soir
Désirant continuer religieusement le rite antique de la Salutation Angélique, à genoux et tête découverte, lorsque sonne la cloche à l'aurore, à midi et le soir, selon l'ancienne tradition de l'Eglise universelle, nous statuons et ordonnons que la Salutation Angélique sera récitée trois fois le jour par tous les confrères, à genoux et tête découverte, en tout lieu, même s'ils se trouvent dans les rues ou places publiques, chaque fois qu'à l'église principale du lieu où l'Eglise cathédrale aura son siège, la cloche sonnera à l'aurore, à midi et le soir. En dehors de l'obtention des Indulgences concédées par les Souverains Pontifes à ceux qui la récitent ainsi, ils auront l'intention, en rendant cet humble hommage à la Vierge Marie (dont le Seigneur a regardé l'humilité Lc 1,48), d'obtenir, pour les provinces de toute la Savoie, que, par ses mérites et son intercession, elles soient délivrées des maladies, de la peste, des tempêtes, des grêles et autres perturbations atmosphériques.
Aucun catholique d'esprit sain ne doute que le très saint Sacrement de l'Eucharistie est un sujet d'amour pour Dieu et de vénération pour les hommes, car rien ne se rencontre de plus précieux, à rien autre n'est dû un honneur plus grand. Par suite, afin que notre Confrérie ci-dessus remplisse, elle aussi, quelque peu son devoir, nous statuons et ordonnons que tous et chacun des confrères qui rencontreront le saint Viatique qu'on porte aux malades, soient tenus, à moins que par hasard ils ne soient empêchés par des affaires très urgentes, de l'accompagner avec dévotion et recueillement de l'esprit en Dieu pour la guérison de l'infirme.
Il ne faut pas non plus omettre une chose à laquelle sont poussés non seulement ceux qui portent le nom de chrétiens, mais même ceux qui suivent la seule loi de nature, à savoir la visite des prisonniers et des malades, accompagnée de paroles de consolation, qui, bien qu'elles ne guérissent ni ne délivrent, cependant apaisent et adoucissent les peines et les douleurs. Aussi statuons-nous et ordonnons que les confrères qui auront été choisis par le Prieur et les Assesseurs soussignés, pour une œuvre aussi pieuse et charitable (comptée pour cela parmi les œuvres de miséricorde), soient tenus de visiter et de consoler le plus tôt possible ces malades et prisonniers. Et cela plus fréquemment encore s'il s'agit de confrères, avec l'obligation de faire connaître aussitôt au Prieur leurs besoins, pour qu'il puisse les aider selon les ressources de la Confrérie..
L'expérience de chaque jour enseigne assez de quels maux, de quels troubles sont la cause, les disputes et discordes, les unes ouvertes, les autres plus cachées, que l'abominable ennemi de la paix et de la concorde s'efforce toujours plus de propager. Par contre, personne n'ignore les bons fruits que procurent la paix et l'union que l'Auteur même de notre salut, si désireux de la charité, a cultivées par dessus tout et, au moment de monter à son Père, a laissées à ses disciples (Jn 14,27). C'est pourquoi, dès qu'une dispute ou une discorde, même minime, se fera jour, pour quelle cause que ce soit, entre les confrères, que le Prieur en soit averti aussitôt, pour qu'ensuite il puisse avec ses Assesseurs, le plus promptement possible et avant qu'elle ne s'aggrave, s'efforcer de l'apaiser par lui-même, ou par d'autres confrères à son choix. Que les autres confrères soient tenus, pendant ce temps, de faire à Dieu des prières particulières pour obtenir la concorde.
La misérable condition de l'homme veut que, après avoir supporté de nombreuses souffrances dans ce monde, il soit dans son corps, une fois l'âme séparée de lui, réduit à l'état de cadavre et de pourriture et rendu à la terre dont il a été formé. Cependant, par honneur pour Celui qui créa l' homme à son image et ressemblance (Gn 1,26), tous les peuples, toutes les nations, à l'exception de quelques barbares, ont attaché un très grand prix à la sépulture du corps, bien qu'avec des divergences dans la forme et la modalité. C'est pourquoi, depuis les Apôtres jusqu'à nos jours, les corps des chrétiens ont été et sont encore aujourd'hui ensevelis en terre sainte, avec luminaires, hymnes, convois nombreux, Office propre et autres prières catholiques. Aussi, pour ne paraître manquer à un devoir si pieux et nécessaire, le dernier qui est dû à nos confrères défunts, nous statuons et ordonnons que, dès l'annonce faite au Prieur du décès d'un de nos confrères de l'un ou l'autre sexe, la bannière attachée à la Croix de la Confrérie soit mise, revêtue de noir, à la porte de l'oratoire, avec l'indication écrite de l'heure et de l'église où se feront les funérailles, pour que les autres confrères, s'ils ne sont pas absolument empêchés, se sachent tenus d'accompagner le corps du confrère défunt à l'enterrement, priant tous dévotement Dieu pour le salut de l'âme du défunt ; nous les obligeons expressément à une œuvre si pieuse.
L'âme étant plus noble que le corps mérite d'être aidée avec plus de soin, aussi bien en ce monde qu'en l'autre, où elle a souvent besoin des suffrages des fidèles; et malgré la multiplicité des moyens d'obtenir cet effet, il n'en est pas de plus efficace que le Sacrifice de la sainte Messe, étant ordonné par le Christ pour les vivants et les morts. C'est pourquoi nous statuons et ordonnons que le lendemain du décès d'un confrère, une Messe soit célébrée dans l'oratoire, pour le salut de son âme et sa délivrance des peines du Purgatoire, par un des confrères prêtres choisi par le Prieur. Que tous les confrères non absolument empêchés soient tenus d'y assister, et que là et ailleurs, lorsqu'ils le pourront, ils adressent à Dieu, chacun suivant ses moyens, des prières pour cette âme. Quant aux confrères prêtres, nous les exhortons dans le Seigneur à célébrer le plus tôt possible une Messe pour l'âme de chaque confrère défunt.
Un anniversaire général se fera chaque année à l'oratoire pour les confrères défunts Jour de cet anniversaïre
En outre, pour que chaque année une mémoire se fasse en com mun des confrères défunts, nous statuons et ordonnons que chaque année, le jour libre le plus rapproché de l'Exaltation de la Sainte Croix, se fasse un anniversaire général dans l'oratoire, où tous les confrères assisteront avec l'habit ci-dessous décrit, et entendront la Messe que le Prieur célèbrera et les autres prières qui se chanteront.
Quoique, selon le proverbe, l'habit ne fasse pas le moine, cependant l'habit extérieur a coutume d'indiquer la disposition de l'âme, en sorte que ce n'est pas en vain que nos anciens pères ont déterminé un vêtement à porter dans l'église. Plus le vêtement est humble, plus aussi il est agréable à Dieu; et il avertit ceux qui le portent et ceux qui le voient de ne pas s'enorgueillir, mais de servir Dieu en toute humilité, dans les larmes, la cendre, le cilice, les jeûnes, les veilles (Jl 1,13 sq ; 2 Co 6,5), les prières et autres pénitences. Pour que, donc, nos confrères apprennent ce qu'ils doivent faire en considérant leur habit, et qu'ils soient reconnus par les autres, à l'exemple des autres Confréries, surtout de l'Archiconfrérie du très saint Crucifix érigée depuis longtemps à Rome dans l'église de Saint-Marcel, de l'Ordre des Servites [582], à laquelle nous souhaitons vivement être agrégés : nous statuons et ordonnons que l'habit de notre Confrérie de la Sainte Croix sera un sac, ou mieux une chemise de toile noire en chanvre, couvrant tout le corps du cou aux talons, simple, d'un seul tenant, sans ornement de soie ou autre garniture, avec un capuce de même toile et couleur couvrant la tête et le visage. En outre, un cordon en fil de chanvre, d'une épaisseur moyenne, avec des nœuds, comme celui que portent les Frères de Saint-François, et un rosaire, mais non précieux, suspendu au cordon. Cet habit, nous ordonnons qu'il soit imposé par le Prieur à quiconque entre dans notre Confrérie, en la manière et forme sous indiquées. Tous les hommes de la Confrérie, de quelle qualité ou condition qu'ils soient, seront tenus de porter cet habit dans l'oratoire, aux processions et autres actes publics, lorsque la Confrérie sera convoquée. Quant aux femmes qui entrent dans la Confrérie, nous décidons et déclarons qu'elles sont astreintes à porter seulement le cordon et le rosaire sus mentionnés.
A qui il est permis à' entrer dans la Confrérie
Ce serait peu de chose si la Confrérie ne comprenait que les seuls chanoines de l'Eglise cathédrale sus nommée, lesquels, par ailleurs, faisant un corps à part, sont unis entre eux, surtout pour ce qui regarde le culte de Dieu ; car la cause de l'érection de la Confrérie qui vise au bien public, ne produirait pas du tout le fruit désiré. Par contre, ce fruit sera obtenu facilement avec la grâce de Dieu, si on y admet d'autres personnes. C'est pourquoi nous statuons et ordonnons qu'on puisse et doive recevoir dans la Confrérie, par le Prieur et les Assesseurs soussignés, toutes les personnes des deux sexes, catholiques néanmoins, de bonne vie et renommée, après que chacune aura émis la profession de foicatholique, soit par elle-même, si elle sait lire, soit par une autre personne en son nom, mais elle présente, et aussi après la promesse d'observer les Statuts et coutumes existants et à venir, selon la formule sous indiquée. Que les nouveaux reçus cependant ne soient point tenus, pour leur entrée, de payer aucune somme ou autre chose, si ce n'est ce que chacun voudra offrir spontanément ou ce que lui dictera sa dévotion.
Quant aux absents qui désirent entrer dans la Confrérie, et qui sont dans l'impossibilité de se présenter immédiatement et en personne à l'oratoire, pour qu'ils ne soient pas empêchés dans leur dessein si pieux : nous statuons et ordonnons qu'ils puissent être reçus et qu'ils le soient par un procureur légitime, ayant pour cela un mandat spécial dont il rendra compte, et qui fasse la profession de foi et la promesse sus mentionnées et sous insérées ; cela aura le même effet que si les récipiendaires se présentaient personnellement.
Dans la réception des confrères, le Prieur et les Assesseurs, après avoir lu et expliqué nos Statuts, et avoir reçu la profession de foi ci-dessous insérée et émise par chaque récipiendaire, sont tenus de donner l'habit de la Confrérie en cette manière [583].
A cause du péché de l'homme qui a abrégé le cours de sa vie, le 'souvenir des choses passées ne se conserve que dans les tablettes, les livres et les écrits. Nous aussi, voulant avoir un souvenir perpétuel de
ceux qui auront donné leur nom à notre Confrérie, nous statuons et ordonnons que le Secrétaire ci-dessous député, consigne, .dans un livre à cela seul destiné, d'abord les noms de baptême et de famille de nous sussignés, comme ils ont été ci-dessus marqués ; ensuite ceux de toutes les personnes, de l'un et l'autre sexe, qui y entreront, ainsi que leur qualité, avec la désignation du jour de leur réception et de la somme volontairement offerte par elles.
Une république ou une famille est dite par tout le monde bien ordonnée, lorsqu'elle se compose d'une tête et de membres: autrement, comment pourrait-elle se maintenir ? Pour que notre Confrérie, instituée avec piété et érigée en esprit de dévotion, dure à perpétuité, et soit régie avec justice et sainteté, et pour que tout souffle de confusion soit aboli, nous, soussignés, constituons et députons comme officiers perpétuels qui seront nommés par nous-mêmes, pour cette première fois, le 13 de ce mois, dans la première assemblée à convoquer alors; et ensuite, chaque année, le jour non empêché le plus proche du 1er septembre, ces officiers seront changés en l'assemblée générale.
Donc sera appelé Prieur le premier et principal officier de la Confrérie ; il en sera en quelque sorte le chef. Pour que le souvenir des fondateurs ne s'efface jamais, ce Prieur sera toujours pris parmi les chanoines de l'Eglise cathédrale susdite [584]. Son office sera seulement annuel, et ne pourra être prorogé sinon pour une cause très grande et très urgente à discuter mûrement soit dans l'assemblée générale, soit dans le Chapitre. Ce Prieur sera le seul des confrères à porter le surplis dans l'oratoire, aux processions, assemblées et autres actes publics, où il aura la prééminence; commencera les Offices divins, récitera les prières publiques; seul vêtu aussi du surplis, il s'avancera au milieu de l'oratoire, dans les processions entre les deux Assesseurs portant le costume de la Confrérie. bénira le peuple avec le Saint-Sacrement (les jours où celui-ci sera exposé sur l'autel) ; notera ceux qui doivent célébrer les Messes ordinaires de la Confrérie et les autres extraordinaires, choisira les directeurs et chantres des processions; enverra aussi, avec les Assesseurs, ceux qui doivent visiter les malades et les prisonniers, et apaiser les discordes, et recevra, avec les mêmes Assesseurs, ceux qui veulent entrer dans la Confrérie, après en avoir exigé l'émission de la profession de foi et la promesse ci-dessous insérées. Il rétablira la paix et la concorde entre les dissidents et terminera les querelles ; convoquera selon le besoin les assemblées extraordinaires, présidera toutes les assemblées, y demandera les suffrages et y jouira d'une double voix. A lui tous les confrères, de quel état ou condition qu'ils soient, devront, en tout ce qui regarde la Confrérie et ses exercices, honneur, respect et obéissance. Quant à lui, il ne peut, dans l'exercice de. ses fonctions, imposer des charges particulières à tels ou tels en dehors du droit ou par malveillance. Si cela arrivait, il serait loisible à ce confrère lésé de se plaindre aux Assesseurs qui trancheront seuls cette seule affaire. Le Prieur pourra cependant, pour cause légitime, députer en sa place un autre chanoine de la cathédrale, qui s'appellera Sous-Prieur.
Deux confrères seront élus dans la même assemblée générale, qui s'appelleront Assesseurs du Prieur. Ils seront, le premier, au moins dans les Ordres sacrés, le second, laïque. Ils aideront tous deux le Prieur dans tout ce qui a été dit ci-dessus et autres choses nécessaires, mais en habit de confrère. Dans les processions, chacun portera le petit bâton de pèlerinage, et marcheront, le premier à la droite, l'autre à la gauche du Prieur. Ils siègeront près de lui aux premiers sièges dans les assemblées, et auront après lui la prééminence dans tous les actes publics.
En outre on choisira chaque année, à l'assemblée générale, un Trésorier, qui sera toujours un confrère. Il recevra les sommes qui seront données lors de la réception des confrères, et aussi les autres qui seront offertes. Il fera rentrer les legs faits à la Confrérie. II conservera tous les fonds chez lui, et en inscrira l'entrée au livre du Trésorier ; il se servira de ces fonds (sur l'ordre, cependant, signé de la main du Prieur et non autrement) pour les nécessités du culte divin, le secours des pauvres et des malades et l'administration du temporel. Il rendra compte en fin d'année de tout ce qu'il aura perçu, touché ou dépensé, entre les mains du Prieur et des Assesseurs nouvellement élus, ainsi que des autres Auditeurs des comptes qui seront désignés à cette même assemblée.
Enfin, un des confrères sera choisi comme Secrétaire, à l'assemblée générale annuelle, lequel écrira dans le livre de la Confrérie les noms de baptême et de famille, et les qualités de ceux qui entreront dans la Confrérie, et tout ce qui sera décidé aux assemblées générales et mensuelles, en apposant sa signature. Il fera tout ce qui touche à l'office de secrétaire, et rendra compte de cet office à l'assemblée générale. Il ne remettra pas le livre de cet office sans l'avoir signé.
En dernier lieu on choisira chaque année en l'assemblée générale douze Conseillers, en partie du clergé, ou au moins dans les Ordres sacrés, en partie laïques. Dans ce nombre seront compris le Prieur, les Assesseurs, le Trésorier et le Secrétaire de l'année écoulée, lesquels, avec les deux Assesseurs, le Trésorier et le Secré taire nouvellement élus, sous la présidence du Prieur de l'année, feront une petite réunion le deuxième jour non empêché de chaque mois, et d'autres réunions extraordinaires, où ils s'occuperont des affaires de la Confrérie.
En outre, pour que la Confrérie érigée en la forme susdite demeure dans un état ferme et stable, et que tout s'y fasse avec la méthode et l'ordre voulus, nous statuons et ordonnons que la première assemblée générale ait lieu à l'oratoire le 13 de ce mois, à trois heures de l'après-midi, et chaque année le 2 septembre, à la même heure. On y élira le Prieur, les Assesseurs, le Trésorier, le Secrétaire et les Conseillers et Auditeurs des comptes. En plus de cela, chaque mois une autre, le deuxième jour du mois, toujours à trois heures après midi, où assisteront seulement le Prieur, les Assesseurs, le Trésorier, le Secrétaire et les Conseillers, qui traiteront les affaires courantes concernant la Confrérie.
Dans ces assemblées, les assistants, excepté le Prieur, porteront l'habit de la Confrérie, et chacun donnera son vote avec modestie et par ordre. Il ne sera pas permis de traiter d'affaires étrangères, ou de dire ou faire quoi que ce soit de vilain ou de scandaleux, ni de se retirer avant la fin sans l'expresse licence du Supérieur.
Si par hasard dans ces assemblées, soit générales soit mensuelles, certaines affaires étaient tellement difficiles, ou bien ne pouvaient arriver à être réglées à cause de l'opposition des votes, du désaccord de certains ou pour un autre empêchement, alors on les porterait devant le Chapitre, et tout ce qu'il ordonnerait serait observé sans qu'on pût se récuser.
Et pour que toute matière de doute .et toute cause de dissension soit entièrement éliminée dans les nominations des officiers, nous statuons et ordonnons que le Prieur et chacun des Assesseurs, ainsi que le Trésorier et le Secrétaire, pour ce qui regarde chaque charge en la nouvelle création du propre successeur, puissent désigner à, l'assemblée, pour chaque office, deux confrères, de la condition cependant ci-dessus exprimée. De ces confrères désignés, ceux-là. seront respectivement créés qui auront été élus par la majorité des suffrages.
Enfin, il faut parler de la caisse où seront renfermés le grand sceau de la Confrérie, les actes, les instruments, les donations, les; legs, les livres, les écritures et autres choses, ainsi que les fonds remis par le Trésorier. Elle sera fermée de trois serrures : le Chapitre aura une clef, le Prieur l'autre, un Conseiller laïque, à choisir par les autres Conseillers, la troisième. Ils ne pourront se communiquer entre eux ces clefs, en dehors de la présence des Assesseurs, du Trésorier et du Secrétaire.
On pourrait juger ridicule cette érection de Confrérie et promulgation de Statuts, si elle consistait seulement en un document écrit, sans autre effet, sans exécution de notre pieuse intention. C'est pourquoi nous ordonnons que cette Confrérie s'inaugure le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix du présent mois de septembre, jour où ses Statuts commenceront à obliger tons les confrères.
Nous réservons cependant, à, nous et aux confrères nos successeurs, le droit et le pouvoir de changer les Statuts et ordonnances ci-dessus, et de les révoquer, amplifier et limiter, comme aussi d'en faire de nouveaux lorsque cela paraîtra expédient, avec le consentement cependant du Chapitre, l'autorisation de notre Révérendissime Evêque, et le bon plaisir de notre Très Saint Père le Pape et du Saint-Siège Apostolique.
On demande à notre Révérendissime Evêque et à notre Très Saint Père le Pape la confirmation de la Confrérie et des Statuts
Enfin, pour que cette Confrérie, instituée comme définitive et ratifiée avec les Statuts et ordonnances ci-dessus, sous l'étendard de la Croix toute-puissante et l'invocation de la Très Sainte Vierge Marie et des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, pour les causes exprimées plus haut, soit aussi protégée contre toutes attaques par le secours de notre Révérendissime Evêque et le patronage du Saint-Siège Apostolique; qu'elle soit pourvue et honorée de quelques faveurs spéciales, de grâces et d'Indulgences, en sorte qu'elle augmente chaque jour, qu'elle produise des fruits plus abondants, et dure et persiste à jamais : nous supplions notre Illustre et Révérendissime Evêque susnommé, de vouloir accorder son assentiment et consentement à l'érection de la Confrérie et autres choses ci-dessus mentionnées, en faisant intervenir son autorité ordinaire; nous supplions aussi notre Très Saint Père le Pape et le Saint-Siège Apostolique de daigner confirmer et approuver la Confrérie, ses ordonnances et Statuts faits et à faire, et lui procurer augmentation et force par les faveurs et grâces apostoliques, par la concession d'Indulgences à perpétuité [585].
En foi et témoignage de toutes les choses qui précèdent et de chacune d'elles, nous avons signé les présentes de notre propre main et les avons fait insérer au Livre de nos Délibérations capitulaires par notre Secrétaire ci-dessous soussigné, qui les a rédigées en forme publique, les a signées et munies du grand sceau du Chapitre.
Donné et fait dans le Couvent ci-dessus, de Saint-François (L7, note 771), de la ville d'Annecy, diocèse de Genève, et dans notre local capitulaire, l'an de la Nativité de Notre Seigneur mil cinq cent quatre vingt-treize, indiction sixième, le premier jour de septembre, l'an deuxième du Pontificat de Notre Très Saint Père dans le Christ le Pape Clément VIII (L1, note 244). En présence des vénérables MM. Jean Choppel, recteur de l'église paroissiale de Chanay, dudit diocèse [586] ; Michel Servan [587] et Jacques de Capre [588], prêtres du même diocèse ; Louis Guichon, curé de Ballaison, du même diocèse [589], et Jean Guichon, notaire laïque du même diocèse [590], témoins spécialement appelés et priés.
FRANÇOIS DE SALES, Prévôt.
JEAN TISSOT, Sacriste J. BALLY (?) CHARLES GROSSET
JEAN COPPIER PORTIER ANTOINE BOCHUT
Louis REYDET E. DE LA COMBE D'ANGEVILLE
LOUIS DE SALES JANUS REGARD [591] E. MUGNIER
F. DE CHISSÉ J. BRUNET D'ELOISE
F. DE RONIS JEAN DÉAGE CHARLES-LOUIS PERNET.
ETIENNE DE LA COMBE, Secrétaire du Chapitre [592].
Et moi, Louis de la Pallud, notaire public et apostolique, qui ai assisté et fus présent à tout ce qui a été exposé ci-dessus, comme cela est relaté, en étant prié, j'en ai reçu le texte; pour cette raison, j'ai ici apposé ma signature.
DE LA PALLUD.
CONFIRMATION ET APPROBATION FAITE PAR LE RÉVÉRENDISSIME SEIGNEUR ÉVÊQUE
(EN LATIN)
Nous, CLAUDE DE GRANIER, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève (L1 note 114), portons à la connaissance de tous et attestons avoir lu attentivement toutes et chacune des ordonnances ci-dessus mentionnées, relatives à l'érection de la Confrérie en l'honneur de la Sainte Croix, de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie et des saints Apôtres Pierre et Paul, projetée par Nos bien aimés dans le Christ les Chanoines de Notre Eglise, et n'y avoir rien trouvé qui puisse offenser des oreilles chrétiennes. Bien plus, Nous avons trouvé très dignes ces pratiques que, pour l'utilité commune de l'Eglise, ces mêmes confrères observent religieusement ; utiles aussi et efficaces pour l'accroissement du culte divin, pour la formation des mœurs et l'exercice des œuvres de piété. C'est donc à bon droit que Nous leur avons donné Notre consentement et qu'elles doivent être reçues et approuvées par Nous comme, par les présentes, Nous les agréons, :recevons et approuvons.
En outre, en témoignage de Notre bienveillante faveur et désirant étendre toujours plus les grâces que Dieu Nous a départies : à chaque confrère ou autre qui visitera l'oratoire de la susdite Confrérie et suivra la procession les jours où le très saint Sacrement de l'Eucharistie est exposé sur l'autel à l'adoration des fidèles, pourvu qu'auparavant il ait adressé à Dieu des prières pour la paix et la prospérité de l'Eglise universelle, selon le texte des Statuts de la Confrérie, Nous accordons la remise certaine de quarante jours d'Indulgence.
En foi de quoi, ces lettres signées de Notre main, contenant Notre assentiment et approbation, Nous avons ordonné à Notre secrétaire de les contresigner et d'y apposer Notre sceau.
Donné à Annecy, en la maison de Notre demeure habituelle, le 1er jour de septembre de l'an 1593.
CLAUDE DE GRANIER, Evêque de Genève.
DUFOUR [593]
Revu sur le texte inséré dans le 1er Procès de Canonisation.
RÉPONSE A QUELQUES OBJECTIONS CONTRE LES PRIVILÈGES
DE LA CONFRÉRIE DE LA SAINTE CROIX D'ANNECY
[Janvier-mars 1603 [594]]
(MINUTE INÉDITE)
Playse a qui a faict la remonstrance aux Chanoynes de Saint Pierre de Geneve, touchant la prerogative quilz pretendent en leur devote Confraternité de Sainte Croix, considerer :
Quilz ont occasion de croyre que les Statutz desquelles (sic) la Confraternité est pourveue sont légitimes, comme ne contenans rien contre la pieté et les commandemens de Dieu et de son Eglise, approuvés par l'Ordinayre (notes 585,597).
2. Que quoy que ces Confratemités soyent laiques, leur oratoire particulier et muable, si est ce qu'elles sont capables de tiltre perpetuel, ainsy que tient le Menochius, Rem. xv De recup. poss., quaest. v, nu. 37 : Cum sint loca pia ; ut Fed. de Senis, cons. 3 ; Barbosa, cons. 1, 1. 4 ; et Covarruvias, in c. Officii, de testamentis.
3. Qu'on ne trouvera point ces Confratemités ne pouvoir recevoir fondation ecclesiastique, sinon celle qui obligeroit les confreres mesmes a fayre quelque ministere ecclesiastique, dautant qu'estant laicque elle n'est capable de telles obligations. Autrement, elle peut avoir annexe un hospital…………….
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
III
SOMMAIRE DES STATUTS DE LA CONFRÉRIE ET INDULGENCES ACCORDÉES A CELLE-CI
PAR SA SAINTETÉ PAUL V
1607 [595]
1
NOTE SUR LA CONFRÉRIE
Laditte Confrerie fut erigep. en la ville d'Annessi l'annee I593 et commença ses exercices le 14 septembre, jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, et ce en l'eglise de Saint Jean (note 577), avec approbation et sous l'authorité de Reverendissime Seigneur et Pere en Dieu Monseigneur Claude de Granier, Evesque et Prince de Geneve, duquel la sainte memoire est en benediction (Eccli 45,1). .
Cette erection, canoniquement faitte, fut suivie de plusieurs bons succes, entr'autres de la frequentation des Sacremens de Penitence et Communion, de la reduction de plusieurs de mauvaise a bonne et de bonne a meilleure vie, et de l'erection de toutes les autres semblables Confreries, non seulement en tout le diocese, mais aussi en toute la Savoye. Elle a aussi esté conservee, non obstant tant d'incommodités survenues en la ville et le changement des lieux ausquelz a esté forcee de faire les exercices d'icelle, jusques a present, qu'ayant une chapelle asseuree et perpetuellement assignee en l'eglise de Saint Dominique [596] et estant, comme sus a esté dit, non seulement appreuvee mais benie et enrichie de plusieurs graces par le Saint Siege Apostolique, il ne reste sinon que les confreres et seurs. estendent leur courage a bien et saintement prattiquer les Constitutions d'icelle, sans s'amuser desormais a ce que le malin esprit voudra dire par les langues d'aspics (Ps 13,3 ; 139,4 ; Rm 3,13)au prejudice d'icelles [597], puisque le Saint Esprit a confirmé lesdittes Constitutions par la langue Apostolique, a la gloire et louange de Jesus Christ crucifié qui vit et regne es siecles des siecles. Amen.
2
VIVE JESUS, VIVE SA MORT,
VIVE SA CROIX, NOSTRE SUPPORT !
ABBREGÉ DES EXERCICES SPIRITUELZ ET INDULGENCES
DE LA CONFRERIE DE LA SAINTE CROIX D'ANNESSY
Assembles vous en la mayson de discipline ; que tardes vous ? que dites vous sur ceci ? (Eccl. 51,31).
1. A leur entree en la Confrerie, ilz jurent de vouloir vivre et mourir en l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, ou lisant la profession de foy eux mesmes, ou l'oyant lire.
2. Ilz portent aux processions, assemblees et autres occurrences l'habit de penitence, selon qu'ilz en sont advertis par les officiers de laditte Confrerie.
3. Ilz se confessent et communient a leur reception en la Confrerie et le jour de la Sainte Croix au moys de may, le jour saint Pierre et saint Paul au moys de juin, le jour de la Sainte Croix au moys de septembre et le jour de Nostre Dame au moys de decembre ; et, outre cela, les troysiesmes Dimanches ………………………………………………………………………………………….
[Le texte donné ci-dessous est celui dont nous avons parlé dans la note 595. Le notaire aposto!ique du II" Procès le fait précéder de cette indication : Tenor Statutorum Confraternitatis Sodalium Stae Crucis Annisii et Indulgentiarum prœfatœ Sodalitatis, de anno 1593. Si cette date peut étre exacte pour le Sommaire des Statuts, elle est fautive pour les Indulgences, qui ne furent obtenues qu'en 1607. (Voir ci-après) Le document était de la main de saint François de Sales: fut-il rédigé pour être soumis au Pape entre 1606 et 1607, ou bien date-t-il des débuts de la Confrérie ? Aucune donnée ne nous fournit la réponse.]
SOMMAIRE DES CONSTITUTIONS ET INDULGENCES
DE LA CONFRERIE DE LA SAINTE CROIX D'ANNESSY
I. Tous les confreres, a leur entree, jureront la profession de la foy de l'Eglise Catholique, Apostolique, Romaine, ou la lisant ou l'oyant lire, ainsy qu'il sera advisé par le Prieur.
2. Porteront aux assemblees et, selon ce qu'il sera advisé, aux autres occurrences, l'habit de penitence qui, a ces fins, sera beni a leur entree.
3. Se confesseront et communieront non seulement a leurs entrees, mays tous les moys aux jours qui sont deputés : a sçavoir, les troysiesmes Dimanches de chaque moys, hormis es moys esquelz se rencontrent les festes de Sainte Croix, de la Conception de Nostre Dame et des saintz Pierre et Paul, Apostres, ausquelz jours la Communion generale desditz confreres se celebrera.
4. Laditte Communion se fera en la chappelle de la Confrerie, autant quil sera possible.
5, Les confreres et seurs visiteront ]es malades, tant de la Confrerie qu'autres, selon l'ordre qui sera mis chaque moys par le Prieur ou, en son absence, par le Sous-prieur ; et assisteront neanmoins avec un soin special ceux de la Confrerie.
6, S'il arrive quelques differens entre quelques uns des confreres, les autres qui s'en appercevront seront tenus d'en advertir le Prieur qui, par les moyens plus convenables, procurera qu'au plus tost appointement en soit fait.
7. Ilz doivent dire tous les jours a genoux et mains jointes, s'il n'y a legitime empeschement de ce faire, cinq Pater nos ter et Ave a l'honneur des cinq Playes de Nostre Seigneur.
8. Oyant sonner l'Ave Maria en la principale eglise du lieu ou ilz sont, le matin, a mydi et le soir, doivent, sil se peut commode ment, la dire a genoux, tant es maysons qu'es rues et lieux publiqs, pour, en ceste sorte, rappeller entant qu'en eux est, l'ancienne devotion de nos predecesseurs pour ce regard.
9. Ilz accompaigneront le tressaint Sacrement lhors qu'il est porté aux malades, ou, ne pouvant ce faire, au signe du son de la cloche diront un Pater et un Ave Maria pour le malade a qui il est porté.
des autres moys, et ce en l'oratoire de ladite Confrerie, tant qu'il se peut.
4. Ilz visitent les malades, tant de la Confrerie qu'autres, selon l'ordre que les Superieurs establissent de tems en tems ; et neanmoins cela se prattique avec soin particulier pour le regard. des confreres et seurs.
5. S'il arrive quelque differend ou proces entre quelques uns des confreres, les autres qui le sçavent advertissent les Superieurs de la Confrerie, qui, par les meilleurs moyens qu'ilz peuvent, procurent paix et concorde.
6. Ilz disent tous les jours a genoux et mains jointes, s'il se. peut commodement faire, cinq Pater noster et Ave M aria a l'honneur de la Passion de Nostre Seigneur.
7. Oyant sonner l'Ave Maria en la principale eglise du lieu ou ilz sont, comme est a Nostre Dame entre celles d'Annessy (L3, note 126 ; L6, 255), ilz se mettent a genoux, non seulement en leurs maysons, mais aussi emmi les rues et lieux publiqs, autant comme cela se peut commodement faire, affin de protester l'honneur que la Confrerie porte a la Mere de Dieu et inciter par leur exemple les autres a ce faire, suyvant la devotion de nos predecesseurs.
8. Ilz accompaignent le tressaint Sacrement lhors qu'il est porté aux malades, et ne pouvant ce faire, ilz disent un Pater noster et Ave Maria pour le malade auquel il est porté, entendans le son de cloche qui sert de signe a cet effect.
9. Ils assistent aux criminelz condamnés a mort, non seulement les visitant en la prison, mays les accompaignant au supplice et, apres iceluy, les ensevelissant.
10. Ilz accompaignent les deffunctz de la Confrerie, et assistent a la Messe laquelle se dit pour eux le lendemain de leur ensevelissement en l'oratoire des confreres.
11. Ilz assistent les veilles des jours de leurs Communions aux Vespres qui se disent le soir en l'oratoire et aux advertissemens qui s'y font ; et les jours desdites Communions ilz assistent aux Offices, tant du matin que du soir, au mesme lieu ; et tous les vendredis de Caresme, environ les cinq heures du soir, a la salutation du Stabat Mater et a l'exhortation qui s'y fait.
l2. Outre cela, ilz obeissent aux advertissemens qui se font aux assemblees de la Confrerie, et a ceux que les Superieurs d'icelle, ou ceux qui sont deputés de leur part, font aux confreres et seurs pour la correction des mœurs.
Tous les confreres et seurs de laditte Confrerie doivent soigneusement prattiquer lesditz exercices, tant parce que par le moyen d'iceux ilz se maintiendront en l'amour et crainte de Dieu et se prepareront des grans tresors au Ciel, qu'aussi d'autant qu'ilz gaigneront les Indulgences suyvantes ; n'y ayant neanmoins pour tout cela aucune obligation qui porte peyne de peché ni mortel ni veniel pour les contrevenans, ains seulement de privation des fruitz, Indulgences et benedictions qu'y recevront les bons et fidelles observateurs des ditz exercices.
3
INDULGENCES
Le Tressaint Pere Paul, cinquiesme de ce nom, qui sied et regne a present (L3, note 97), appreuvant, authorisant et recommandant la Confrerie de la Sainte Croix d'Annessy, ainsy qu'il appert par son Bref Apostolique du 10 avril 1607, a octroyé et concedé a perpetuité, pour les confreres et seurs d'icelle, les Indulgences suyvantes, a sçavoir :
1. Au jour de leur reception, estans confessés et communiés : Indulgence pleniere.
……………………………………………………………………………………………..
10. Ilz assisteront aux criminelz condamnés a mort, non seulement les visitant en la prison, mays les accompaignant au supplice et les ensevelissant.
11. Ilz accompaigneront les deffunctz de la Confrerie, et assisteront a la Messe laquelle se dit le lendemain de la sépulture
2. A l'article de la mort, invoquant de bouche ou, ne le pouvant faire, invoquant de cœur le tressaint Nom de JESUS, et estans confessés et communiés ou, n'ayant peu l'estre, estans au moins contritz de leurs pechés : Indulgence pleniere.
3. Au jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, a prendre des les premieres Vespres jusques au soleil couchant de la feste, visitant la chappelle ou oratoire de la Confrerie et y priant Dieu pour l'union des Princes chrestiens, extirpation des heresies et exaltation de l'Eglise, estans vrayement confessés et communiés : Indvlgence pleniere.
4. Au jour de l'Invention de la Sainte Croix, de saint Pierre et saint Paul, de la Conception de Nostre Dame et second Dimanche de mars, a prendre aussi des les premieres Vespres desditz jours jusques au soleil couchant d'iceux, visitant laditte chappelle ou oratoire, priant comme dessus et estant confessés et communiés : pour chacun desditz jours ausquelz ilz feront cela, Indulgence de sept ans et autant de quarantaines.
5. Toutes fois et quantes qu'ilz feront quelques exercices de ceux de la Confrerie, comme oyant les Messes et Offices en l'oratoire d'icelle, visitant les malades, disant cinq Pater noster et Ave pour les deffunctz de la Confrerie, reduisant les desvoyés au bon chemin, enseignant aux ignorans les choses requises a leur salut, hebergeant les pauvres ou faisant quelque autre œuvre pieuse et devote, quelle qu'elle soit : pour chacune fois qu'ilz feront l'une desdittes actions, soixante jours d'Indulgence.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de la Confrérie (1662-1763 )conservé à la Visitation d'Annecy.
………………………………………………………………………………………………….
INDULGENCES
Le Tressaint Pere Paul, Ve de ce nom, appreuvant et recommandant la Confrerie Sainte Croix d'Annessy par son Bref du 10 avril 1607. a concedé a perpetuité les Indulgences suivantes a tous les confreres et seurs d'icelle :
1. Le jour de leurs receptions en laditte Confrerie, estans confessés et communiés: Indulgence pleniere.
2. En l'article de leur mort, invoquant de bouche ou, ne pouvant, au moins de cœur le tressaint nom de JESUS, et estans confessés et communiés ou, n'ayant peu, estans contritz de leurs pechés : Indulgence pleniere.
3. Le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, a prendre des les premieres Vespres de la veille jusques au soleil couché de la feste, visitant la chappelle de laditte Confrerie et priant Dieu en icelle pour la concorde des Princes chrestiens, extirpation des heresies et exaltation de l'Eglise, estans vrayement confessés et communiés : Indulgence pleniere.
4. Au jour de l'Invention Sainte Croix, des saintz Pierre et Paul, Apostres, de la Conception Nostre Dame, le second Dimanche du moys de mars, a prendre des les premieres Vespres desditz jours jusques au soleil couché d'iceux, priant Dieu comme sus est dit et estans aussi confessés et communiés: pour chacun desditz jours ausquelz ilz feront cela, sept ans d'Indulgence et autant de quarantaines.
5. Assistant aux Messes et Offices en l'oratoire ou chappelle de laditte Confrerie, ou bien assemblees tant publiques que particulieres d'icelle, ou qu'elles se facent ; hebergeans les pauvres, accommodant les dissentions ou procurant qu'elles soyent accommodees, accompaignant les cors des trespassés, tant de la Confrerie qu'au tres ; allant aux processions faittes par le congé de l'Ordinaire, suyvant le tressaint Sacrement tant aux processions que quand on le porte aux malades ou ailleurs, ou ne pouvant, et oyans le son de la cloche qui se fait pour cela, diront un Pater noster et Ave Maria ; ou diront pour les deffunctz de laditte Confrerie cinq Pater et Ave, ou reduiront les desvoyes au bon chemin, ou enseigneront aux ignorans les Commandemens et choses requises a salut, ou feront quelques autres actions de pieté, de devotion et charité : pour chacune fois qu'ilz exerceront l'une desdittes actions, soixante jours d'Indulgence.
B - SAINTE-MAISON DE THONON
1
LÉGALISATION D'UN ACTE CONCERNANT LA SAINtE-MAISON
29 décembre 1602
Ayant veu le contenu de l'acte sus escrit [598], entant qu'il m'appartient je le confirme et l'authorise.
En foy dequoy j'ay escrit cecy et l'ay soubsigné de ma main propre, le 29 decembre 1602, a Neci.
FRANÇOIS DE SALES, E. de Geneve.
MANDEMENT SUR LES INDULGENCES ACCORDÉES PAR LE SAINT-SIÈGE A LA CONFRÉRIE DE
NOTRE-DAME DE COMPASSION DE THONON
[1er-11 août [599]] 1603
FRANÇOIS, Evesque et Prince de Geneve, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique, a tous ceux qui ces presentes verront, paix et dilection en Jesus Christ.
Nostre Saint Pere le Pape Clement VIII ayant ouvert le thresor de l'Eglise et accordé le Grand Pardon cy dessus inséré, et desja publié en Nostre diocese [600], a toutes personnes inscrites en la Confrerie de Nostre Dame de Compassion erigee a Thonon [601] : plusieurs neanmoins, a l'occasion des derniers troubles des guerres, seroyent en doute de la continuation de ces graces et Indulgences audit lieu [602].
C'est pourquoy Nous avons ordonné que de nouveau la publication en sera faitte par tout Nostre diocese, affin que chacun soit asseuré de pouvoir par cy apres participer a des biens si grans et excellens; suppliant tous les tres Reverens Ordinaires des lieux qui en seront requis, de vouloir permettre et favoriser semblable publication et la cueillette des aumosnes pour l'effect mentionné en la concession dudit Pardon. Comme aussi Nous exhortons les fidelles chrestiens de vouloir honnorer Dieu par leurs bonnes œuvres audit lieu de Thonon, comme [vis à vis) [603] et en face des principaux sectateurs de l'heresie, affin qu'ilz soyent esmeus a glorifier eux mesmes le Pere celeste par leur reduction au giron et sein maternel de la sainte Mere Eglise.
Fait a Neci.. .. 1603.
FRANCs, E. de Geneve.
ACTE PAR LEQUEL SAINT FRANÇOIS DE SALES CESSANT D' ETRE PREFET DE LA
CONGRÉGATION DE LA SAINTE-MAISON SE DÉDIE A LADITE CONGRÉGATION
Vers le 21 septembre 1603 [604]
(MINUTE - EN LATIN)
Clément VIII, Pontife suprême de l'Eglise Catholique, par un motu proprio [605], attacha et préposa, il n'y a pas longtemps, François de Sales, Prévôt de l'Eglise de Genève, à la Maison de Notre-Dame des Sept-Douleurs de Thonon.
Le même François, ayant été peu après créé Evêque et Prince de Genève, et délié ainsi de sa charge de Préfet de la Maison de Thonon, de son plein gré et avec amour se dévoua et consacra tout entier, tel qu'il est et avec toutes ses forces, à cette Institution, faisant les vœux les plus ardents et les plus profonds pour que les noms très augustes de JESUS et de MARIE se répandent de la Maison de Thonon, comme une huile épandue, une cannelle et un baume odorant (Ct 1,2), à travers tout le territoire et les habitations du diocèse, surtout de la ville de Genève, et y apporte le suave parfum d'une myrrhe choisie (Eccli.24,20). Ainsi soit-il! Ainsi soit-il !
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
IV
NOTE SUR LES REVENUS DE LA SAINTE-MAISON ET SUR LE SERVICE DE L'ÉGLISE
[Vers le 25 août] 1605 [606]
(INÉDIT)
Son Altesse donne deux mill'escus [607].
Le prieuré de Thonon [608] (600 escus.
500 ducatons de M. de Raconis ; non payés [609].
Bell'entroz (sic) 100 escus [610] ; payé.
Saint Joyre rien; vivant Monseigneur Montelparo [611], 200 escus de pension absorbant le revenu.
Bonneguette 50 escus; payé, rabbatant la pension du curé de Versonnex [612].
Messire Maniglier a l'administration principale de la Sainte Maison la part de Son Altesse et de Vostre Seigneurie Reverendissime (L1, note 284). Rien ne se passe d'importance sinon par l'advis du Conseil, composé dudit Maniglier, des sieurs Econnome, Secretein, de la Balme, Randollet, tous prebstres [613], du sieur Marin, procureur fiscal pour Son Altesse et administrateur d'icelle [614], du sieur Poncet, advocat [615], et du sieur Muneri [616], lesquelz furent establis par feu Monseigneur [617], etc.
Pour provoisre ( sic) au desordre qui peut y naistre, fauldroit ung chefz (sic) d'auctorité dont la pieté et la prudence calma tous les vens de contrarieté.
L'eglize est fort fidellement et exactement servie par sesditz ecclesiasticques ordinaires, avec ung fort beau luminayre, et en icelle se celebre (slc) tous les jours sans fallir 4 Messes ordinaires et plusieurs extraordinaires.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
V
PUBLICATlON D'INDULGENCES EN FAVEUR DES MEMBRES
DE LA CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE COMPASSlON
1er mai 1607 [618]
SOMMAIRE DES INDULGENCES CONCEDEES PAR NOSTRE SAINT PERE LE PAPE PAUL V AUX CONFRERES DE LA COMPAIGNIE DE NOSTRE DAME DE COMPASSION OU SEPT DOULEURS FONDEE A THONON, DIOCESE DE GENEVE POUR LA CONVERSION DES HERETIQUES ET DEFENSE DE LA SAINTE FOY
1. Concede Indulgence pleniere et remission de tous les pechés a tous les fidelles chrestiens lesquelz entreront a la dite Confrerie, le premier jour de leur entree, si, vrayement repentans et confessés, ilz reçoivent le saint Sacrement de l'Eucharistie.
2. Concede la mesme Indulgence et remission de tous les pechés a tous les confreres, tant a ceux qui sont desja inscritz en ladite Confrerie comme a ceux qui se feront inscrire en icelle de tems en tems, lesquelz vrayement repentans et confessés, ayant receu le saint Sacrement de l'autel devotement, visiteront l'eglise, chapelle ou oratoire de ladite Confrerie, des les premieres Vespres jusques au soleil couchant, le jour de la feste de la Nativité de la benite Vierge pour chacun an, et la feront devotes prieres a Dieu pour la concorde des Princes chrestiens, extirpation des heresies et exaltation de la sainte Mere Eglise.
3. Concede la mesme Indulgence pleniere et remission de tous les pechés aux mesmes confreres presens et a venir, et a chacun d'iceux, a l'article de la mort, si, vrayement repentans et confessés, ilz reçoivent le saint Sacrement de l'autel, ou bien ne l'ayant peu faire, au moins contritz et repentans invoqueront devotement le tressaint Nom de Jesus, avec la bouche, le pouvant faire, ou de cœur, ne pouvant mieux.
4. Concede la mesme Indulgence pleniere et remission de tous les pechés a chaque confrere lequel par son entremise aura fait ou procuré la conversion d'un heretique a la foi catholique, et que par effect tel heretique aura abjuré et detesté les heresies et se sera reconcilié et retiré au giron de la sainte Mere Eglise. Pareillement, Sa Sainteté concede la mesme Indulgence pleniere au mesme heretique converti a la sainte foy, ayant premierement fait une confession generale, et l'un et l'autre estant repentans et confessés, auront receu respectueusement le saint Sacrement de l'autel.
5. De plus, relasche a forme accoustumee de la sainte Eglise, soixante jours de penitences a eux enjointes ou autrement deuës, aux mesmes confreres lesquelz se seront employés en quelque maniere que ce soit a la conversion des heretiques, et a cest effect auront exercé quelque œuvre; et ce pour chacune fois.
6. Relasche comme. dessus cent jours auxditz. confreres lesquelz diront sept fois le Pater noster et l'Ave Maria en memoire des sept douleurs de la bienheureuse Vierge Marie, pour chaque jour auquel ilz auront fait cela, pourveu qu'aupres d'eux ilz ayent l'image de la mesme Vierge Marie.
7. Auxconfreres lesquelz estans malades, si en leur chambre ilz font orayson, et confessés selon la forme de la susdite Indulgence, se communieront. Et semblablement, a ceux lesquelz, employés a la conversion des heretiques en tel exercice et fonction pour benefice de la mesme Confrerie en quelque maniere que ce soit, se seront occupés ainsy que dessus, priant, et confessés auront receu le saint Sacrement de l'autel, concede Sa Sainteté qu'ilz puissent obtenir et gaigner toutes les susdites Indulgences et remission des pechés.
8. Chaque fois que lesditz confreres accompaigneront le Saint Sacrement quand il se porte aux malades, si en se repentant ilz ont propos de se confesser, relasche cinq ans et autant de quarantaines des penitences a eux enjointes. .
9. Item, a ceux lesquelz .assisteront aux Messes et autres Offices divins en ladite eglise, chapelle ou oratoire au tems de la celebration de la Messe ou recitation des Offices, ou bien aux congregations publiques ou privees de ladite Confraternité qui se feront en quel lieu que ce soit, ou bien logeront des pauvres, ou qui donneront faveur et ayde aux convertis a la foy catholique : toutes fois et quantes qu'ilz feront quelle que ce soit desdites œuvres, cent jours d'Indulgence.
Lesquelles Indulgences dureront a perpetuité, comme appert par le Bref de Sa Sainteté, donné a Rome le 6 decembre 1606.
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege apostolique Evesque et Prince de Geneve. .
Nous exhortons donq tous fidelles Chrestiens, mays spécialement ceux de Nostre diocese, de se prevaloir de l'occasion qui leur est presentee par la concession de ces saintes Indulgences, s'enroollant a ladite Confrerie et prattiquant soigneusement les exercices d'icelle [619].
A Thonon, le premier may 1607.
FRANçs, Evesque de Geneve.
Par mandement de Monseigneur,
BALTHAZARD MANIGLIER.
ADVIS SUR L'ESTABLISSEMENT DE LA SAINTE MAYSON DE THONON [620]
Mai ou 6-15 juillet 1607 [621]
Touchant l' eglise
La maistresse eglise de la Sainte Mayson sera celle laquelle a present est nommee Saint Augustin [622], le tiltre de laquelle sera changé en celuy de Nostre Dame de Compassion; et en icelle sera edifiee une chapelle de Saint Augustin, pour memoire de son premier tiltre.
Et quant a l'eglise qui fut sous le tiltre Saint Hippolite et qui est a present sous celuy de Nostre Dame de Compassion, on luy donnera par addition le tiltre des Saints Maurice et Hippolite [623], et sera dependente de l'autre [624].
Le premier membre de la Sainte Mayson sera la Congregation des Prestres d'icelle, qui sera du nombre de huit, le Plebain [625] faysant l'un d'iceux.
Le Superieur de la Congregation sera nommé Praefect, l'election duquel appartiendra purement au Conseil de la Sainte Mayson, lequel, pour cet effect, sera composé des praestres, de ladite Congregation et du sieur Conservateur. Mais quant a cet acte, l'Evesque y entreviendra tous-jours, ou par luy mesme ou par un sien deputé ; et le siege vacant, le Vicaire general s'y treuvera luy mesme, ou quelque deputé. de sa part : et soit l'Evesque, soit son deputé, presideront audit Conseil.
Nul ne peut estre esleu Praefect qui ne soit docteur ou en theologie ou en droit, et aagé de trent'ans ; ni ne pourra avoir aucun autre benefice curé ou qui requiere residence personnelle (excepté les chanoines de l'Eglise cathedrale), delaquelle il ne pourra demander ni faire demander aucune dispense pour, avec icelle, garder la praefecture.
Du Plebain
Le Plebain, sera esleu par le concours comme les autres curés du diocaese ; a la forme du sacré Concile de Trente (De Reform. Sess. 24, ch 18) ; . auquel neanmoins seront preferés, cœteris paribus, les prestres de la Congregation, a laquelle sera tenu, celuy qui sera esleu, se ranger, sil n'en estoit pas auparavant.
Les autres prestres de la Congregation seront esleuz par le Conseil de la Sainte Mayson, tout de mesme quil a esté dit du Praefect.
Ne pourront avoir office, ni benefice, ni charge ailleurs hors la Congregation et Sainte Mayson qui les puisse distraire du service d'icelle [626].
Et seront tous examinés ad rigorem pour l'administration du Sacrement de Confession, ne pouvant estre receuz quilz ne soyent appreuvés a cet office.
Ilz ayderont le Plebain en l'administration des Sacremens et autres functions pastorales alternativement, et pour cela seront entablés les deux ausquelz il appartiendra de faire ladite charge, selon leur tour, chasque premier Dimanche du moys. L'un d'eux sera choysi pour fayre le cathechisme des petitz enfans, et l'autre pour l'administration de la sacristie.
Or, pour oster et deposer lesdits prestres, suffira que le Conseil assemblé en juge par la pluralité des voix ; mais pour la deposition du Praefect il sera requis que cela se face par les deux tiers des voix du Conseil, auquel entreviendra tous-jours le Conservateur, lequel n'estant pas au lieu, sera attendu jusques a deux moyset non plus. Le tout neanmoins se fera consulto Episcopo et ex ejus decreto, quoy que sans figure de proces et sommairement.
Tous lesdits prestres s'obligeront a leur entree de demeurer trois ans en ladite Congregation ; et sera, nonobstant cela, permis au Conseil de les licentier, y ayant rayson legitime, selon quil sera advisé par iceluy, ainsy que dessus [627].
Les habitz des prestres seront noirs et bien agencés, sans superfluité ni curiosité aucune. Et porteront sur leurs manteaux des croix de saint Maurice, avec un'image [de] Nostre Dame de Compassion au milieu d'icelle ; lesquelles croix seront toutes esgales, soytque lesdits prestres soyent gentilshommes de naissance ou non, puisqu'ilz ne les porteront qu'en qualité d'ecclesiastiques de la Sainte Mayson [628].
Ilz auront 4 serviteurs: un portier, un cuysinier, un despensier, un souillart ; tous lesquelz, hormis le dernier, porteront tous-jours hors le logis une petite sottanette bleüe avec la marque de la mayson, et le portier la portera dedans la maison mesme. Et devront se communier a toutes les festes de Nostre Dame, outre Pasque, Noèl, Pentecoste, Toussains.
La mayson de la Congregation se fera en la Place des Augustins, joignant l'eglise ; et en attendant, la Congregation demeurera es maysons qui appartiennent maintenant a la Sainte Mayson.
Pour les 8 prestres et 4 serviteurs, la Sainte Mayson fournira : En vin, 13 chars blanc, l servagnin, 6 rouge.
En froment, 14 muys [629], [du meilleur des dixmes.]
En argent, pour les pitances, 1.200 ff.
[630] Item, maintiendra tous les bastimens.
Item, fournira leur mayson de toutes sortes de meubles necessaires, lesquelz, par apres, ladite Congregation maintiendra, et le Praefect, ou Œconome se charge d'iceux meubles.
Item, la Sainte Mayson fournira medecin, apothicaire cyrurgien, avec tous les medicamens. [631]
Au Praefect, la Sainte Mayson donnera. .. 100 escuz d'or.
Au Plebain………………………………..100 ducatons:
Aux autres, a. chascun. . . . . . . . . . . . . . . .. 30 ducatons.
Au Sacristain................ 50 H., outre lesdits 30 ducatons.
Pour les serviteurs, a distribuer selon quil sera advisé par la Congregation, 40 ducatons.
Quatre Messes se celebreront chasque jour :
La 1re a Saint Maurice ; et ce, des le 1 mars jusques a la Toussains, a 4 heures de matin ; des la Toussains jusques au 1 mars, a cinq heures, en sorte que ladite Messe se commence a la prim' aube. [632]
La 2e a sept heures.
La Grande Messe entre huit et neuf, immediatement apres Tierce.
La derniere, entre 9 et 10. [633]
Tous les jours celebreront les Heures canoniales a haute voix, a sçavoir : les jours ouvriers, Matines et Laudes in 1o tono, et le reste cantu modulato ; les Dimanches et festes, Matines in 1o tono, et des le Te Deum laudamus inclusivement, in cantu modulato.
Vespres se diront a trois heures, hormis le Caresme ; Complies, immediatement apres Vespres, hormis le Caresme qu'elle (sic) se diront a 5 heures du soir.
Les samedis et veilles de Nostre Dame ilz chanteront les Lœtanies d'icelle au faire de la nuit, avant le son de l'Ave Maria.
Le premier lundi du moys diront l'Office et Grande Messe pour les trespassés, selon les rubriques des Breviaires et Messelz.
Tout ce que dessus pour cet article s'entend la mayson estant faite pres de l'eglise ; et jusques a ce tems-la ne seront obligés sinon a dire Tierce, avant la Grande Messe ; le tout in cantu modulato ; Vespres et Complies comme dessus, et ce tous les jours.
Mais les festes de commandement diront les Matines comme dessus, et les samedis et festes Nostre Dame les Lœtanies comme dessus, et les lundis premiers du mois la Messe des trespassés comme dessus.
Les prœstres de la Congregation defaillans aux Offices sans cause et licence perdront :
Pour le manquement a Matines………………….2 solz.
Pour le manquement a la Messe. . . . . . . . . . . . .. 2 solz.
Pour le manquement a Vespre .. . . . . . . . . . . .. …l sol.
Lesquelz manquemens, ou argent perdu par iceux, accroistra aux residens.
Il y aura un maniglier, gagé de 100 ff. et un muys de froment.
Deux clergeons, gagés de 40 ff. chacun d'eux.
Et leur fournira-on a chacun un (sic) robbe bleüe reservee en la sacristie, ou ilz l'iront vestir pour servir dans l'eglise, laquelle ilz ballieront et tiendront garnie des eaux requises.
Proposition des personnes de la Congregation [634]
1
2
3
4
5
Praefect
Plebain
M. GRANDIS
M. MANIGLIER
M. PIRASSET
M. BOUVERA T
M. Claude MAGNIN
6
7
8
9
M. DE LA BALME
M. BOJAT
M. MAURICE M. SAINTE CATHERINE
CONDUITE DU TEMPOREL DE LA SAINTE MAYSON ET PREMIEREMENT DU CONSEIL ORDINAIRE
Le Conseil de la Sainte Mayson, es choses ordinaires, sera composé des praestres de la Congregation et du sieur Conservateur [635], et sera requise la presence au moins des deux tiers d'iceux.
Le Conservateur y aura deux voix ; le Praefect une voix et demi.
Sera deputé un receveur general de tous les revenuz de la Sainte Mayson, qui donnera bonne caution ; et la constitution d'iceluy se fera par ledit Conseil, devant lequel, ou les deputés d'iceluy, il rendra ses comptes de six mois en six moys, sauf sil semble au Conseil de les luy faire rendre en autres occurences plus souvent; et le tout avec presentation de reliquaz.
Et dans le contract de constitution d'iceluy sera mis en premiere charge, et par maniere de praeciput, que la Congregation et Seminaire soyent payés de toutes leurs assignations, avant toutes choses.
Les accensemens des dixmes et autres revenuz de la Sainte Mayson se feront par le sieur Conservateur, avec l'assistence du Prefect, ou de celuy que ledit Praefect ou Conseil aura deputé.
Les mandatz qui n'excederont la somme de dix escuz d'or se feront par le seigneur Conservateur et par le sieur Praefect conjointement; et en cas quilz ne soyent pas d'accord a le faire, le Conseil sommayrement appellé determinera. [636]
Mais lhors que le sieur Conservateur fera des voyages et autres sortes de frais, les mandatz de son payement se feront par le Praefect avec le Conseil; et ne pourra faire lesdits voyages et frais sans l'advis d'iceluy Conseil.
On prouvoyra de 4 regens et un abecedaire, avec gages :
Pour le 1 regent, de..................................... 100 ducatons.
Pour le 2...................................................... 500 ff.
Pour le 3...................................................... 450ff.
Pour le 4........................... 450 ff. [637]
Seront tous obligés a demeurer dans le College, et estre vestus de noir et de long, sil se peut.
Mais en cas que les PP. Jesuites voulussent venir faire cette charge avec 4 regens, on leur fournira... 400 escuz d'or [638].
[Et mettra-on un abecedaire d'ailleurs.]
Il y aura 7 enfans nourris et cntretenuz de tout point ; seront neanmoins obligés d'entrer avec vestemens convenables. Leurs robbes seront bleües et longues.
Seront d'eage de dix a dix huit ans, ne pouvant estre receuz avant le premier, ni retenus apres le second, sauf a dispenser avec les convertis, selon quil semblera expedient au Conseil.
Mangeront avec les autres au College, et pour le reste seront separés, avec un maistre qui soigne a leurs estudes, meurs et pieté. A ceux ci pourront estre adjointz des autres en payant, et observant la mesme discipline [639].
La despense de l'entretenement de l'eglise de la Congregation, du College et Seminaire estant detraitte, tout le reste du revenu de la Sainte Mayson sera inviolablement appliqué a la conversion des heretiques, selon quil sera advisé par le Conseil ; en sorte neanmoins que les missions soyent praeferees et, apres icelles, les provisions requises a la retraitte et entretenement des convertis, en les appliquant aux artz et autres besoignes, selon leur (sic) habilités.
Sera loysible au sieur Conservateur de choisir un assistant a son gré [640], lequel en son absence s'employera aux negociations et affaires de la Sainte Mayson. Ne pourra neanmoins faire mandatz, ains seront faitz par le Conseil, en presence d'iceluy assistant, qui aura une voix consultive, mais non pas deliberative en ladite absence du Conservateur. Que si ledit assistant estoit desagreable au Conseil, le sieur Conservateur en devra [presenter et nommer] eslire un autre, lequel ledit sieur Conservateur fera payer [641] sur les cinquant'escus qui reste (sic) des 300 que Son-Altesse et la sainte Religion Saint Maurice ont assigné sur les decimes annates et passage d'un chevalier pour chasqu'annee, et pour le payement d'un praestre [642]. Au defaut, autem, dudit payement ordonné sur les annates et passage, la Sainte Mayson ne sera point obligee au supplement. [643]
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
SOMMAIRE DES AVIS PRÉCÉDENTS
[6-15 juillet 1607 [644] ?]
(MINUTE INÉDITE)
1.L'eglise Saint Augustin sera la maitress'eglise de la Sainte Mayson, avec le changement du tiltre de Saint Augustin en eglise de Nostre Dame de Compassion.
2. La mayson de la Congregation sera autour de la Place de ladite eglise ; mais en attendant que les bastimens soyent dressés, on habitera es maysons qui sont a present a ladite Sainte Mayson.
3. Et le tiltre de Saint Hippolite sera nommé des Saints Maurice et Hippolite, et sera icelle eglise un membre de l'autre.
4. Sera deputé un receveur general de tous les revenuz de la Sainte Mayson, qui donnera suffisante caution : et la constitution sera faite par tout le Conseil.
5. Lequel rendra ses comptes au moins deux fois l'annee, c'est a dire de six mois en six mois, sauf a le rendre encor en d'autres occurrences, estant appellé pour cest effect par le Conseil et sieur Conservateur, devant lesquelz il rendra tous ses comptes, tant ordinaires qu'extraordinaires, avec prestation de reliquatz.
6. Et quant aux accensemens des dixmes et autres revenuz de la Sainte Mayson, ilz se feront par le sieur Conservateur et le Prefect, ou par luy ou par un deputé par iceluy Praefect, ou par le Conseil.
7.La despense necessaire a l'entretenement de l'eglise de la Congregation, College et Seminaire estant faitte, le reste sera inviolablement appliqué. a la conversion des haeretiques, selon quil sera avisé par le Conseil de la Sainte Mayson ; en sorte neanmoins que les missions soyent praeferees et, apres icelles, les provisions requises pour la retraitte et entretenement des convertis, en les appliquant aux artifices et travail des mains, ou autres sortes de services selon leur (sic) habilités.
8. Dans le contract de constitution du receveur, sera mis en premiere charge et par maniere de praeciput, que la Congregation, College et Seminaire seront payés des denrees et sommes qui leur seront assignees, avant toutes choses.
9. Les mandatz qui se feront pour toutes les occurrences ordinaires et qui n'excederont point la somme de dix escus d'or seront faitz par le sieur Conservateur et signés par le sieur Praefect conjointement. Et en cas quilz ne soient pas de mesm'advis pour ce regard, le Conseil, sommairement appellé, en determinera.
10. Lhors que le sieur Conservateur fera des voyages ou autres sortes de frais, les mandatz de son payement seront faitz par le Prefect avec le Conseil; et ne pourra faire lesdits voyages ni frais sans prendre l'advis dudit Conseil.
11. Le Conservateur aura deux voix dans ledit Conseil.
12. Le Praefect aura une voix et demi.
13. Le Conseil sera composé au moins des deux tiers, les trois faysans le tout des conseillers d'iceluy.
14. Les prestres de la Congregation s'obligeront a leur entree de demeurer trois ans entiers a ce service-la. Et sera neanmoins loysible au Conseil de les licencier, au cas quilz soyent treuvés inhabiles et ineptes.
15. Les prestres defaillans aux Offices sans cause et licence, perdront: manquans a Matines, 2 solz ; manquans a la Messe, 2 solz ; manquans a Vespres, l sol; et caeteris accrescat.
16. Pour oster les prestres de la Congregation, suffira la pluralité des voix du Conseil; et pour oster le Praefect, seront requises les deux tiers des voix dudit Conseil, et consulto Episcopo ac ex ejus decreto (l'Evêque étant consulté et d'après son décret.). Et outre celâ, sera requis que pour oster tant les uns que les autres, le Conservateur entrevienne au Conseil; que sil n'est pas present, il soit attendu jusques a deux mois, le tout neanmoins par connoissance sommaire et sans figure de proces.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
PROCÈS-VERBAL DE L'ÉRECTION DE LA SAINTE-MAISON ET CONFIRMATION DE SES STATUTS
18 juillet 1607. [645]
(MINUTE INEDITE)
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu.....
A tous soit notoire et manifeste, que le second jour du present moys de julliet mil six cens et sept, Nous ont esté remises des Bulles de Nostre Saint Pere Paul cinquiesme, deuement expediees, signees et seellees sub plumbo, en date : Apud Sanctum Marcum, anno lncarnationis Domini 1606, Kal. Augusti, Pontificatus ejusdem Sanctissimi Patris anno secundo, par lesquelles il est commandé a nostre Official [646] d'appreuver et confirmer par authorité apostolique certaines Constitutions faittes par l'Illustrissime et Rme Nonce de Sa Sainteté aupres de Son Altesse Serenissime [647], desquelles a ces fins l'original Nous a esté aussi remis, pour l'establissement de la Mayson d'heberge instituee en cette ville de Thonon, sous le nom et invocation de Nostre Dame de Compassion ou des Sept Douleurs; pourveu neanmoins qu'icelles Constitutions soyent loysibles, honnestes et qu'elles ne contrarient nullement aux saintz Canons ni aux Decretz du sacré Concile de Trente. De plus, d'appreuver et confirmer par mesme authorité apostolique l'erection de ladite Mayson d'heberge et annexement et incorporement, fait cy devant [648] par feu de bonne memoire nostre tres Reverend predecesseur Claude de Granier, Evesque de Geneve, Commissaire en cette partie deputé, du prieuré Saint Hippolite de cette presente ville de Thonon a ladite Sainte Mayson d'heberge de Nostre Dame de Compassion, pour l'entretenement d'un Praefect et sept prestres seculiers de mesme unité, selon l'institut des Prestres de la Congregation de l'Oratoire de Rome, et d'un Seminaire clerical [649].
Dont ayant receu lesdites Bulles avec honneur et reverence, pour executer le contenu d'icelles, Nous avons assemblé les jours suivans plusieurs personnes de qualité, doctrine et experience, tant ecclesiastiques que laiz : a sçavoir, le tres Reverend seigneur Vespasien Aiazza, abbé d'Abondance (L3, note 69) ; quant aux ecclesiastiques, le Reverend seigneur Louys de Sales, Prevost de Nostre Eglise cathedrale (L2, note 14), le R. P. Frere Abonde de Corne, Superieur de la Mission des Capucins [650], le R. P. Frere Cherubin de Maurienne, predicateur de ladite Mission (L1, note 120), et les Reverens sieurs Claude Grand et Nicolas Gottri, docteurs en theologie, predicateurs et chanoines de Nostre Eglise cathedrale [651], le Reverend sieur Balthazard Maniglier, predicateur, curé de Serraval et Vicepraefect de ladite Mayson d'heberge (note 634) ; et quant aux laiz, le sieur don Thomas Bergere, seigneur du Vilar et chevalier de l'Ordre des Saintz Maurice et Lazare, et noble Claude Marin, procureur fiscal pour Son Altesse en Chablaix (L1, notes 221,287): en presence et par l'advis desquelz Nous avons fait les articles ci jointz [652], pour l'esclarcissement des autres susditz que Son Altesse avoit dressé et pour faciliter l'execution d'iceux. Ce qu'ayant esté faict, Nous avons declairé :
Premierement, que l'union ci devant, comme il a esté dit, faitte du prieuré Saint Hippolite de la presente ville de Thonon, avec ses appartenances et dependances quelconques, a ladite Mayson d'heberge de Nostre Dame de Compassion, demeureroit irrevocablement et inviolablement en son entier, sans que jamais nul puisse venir au contraire; et qu'en suite de cela, toutes les rentes, censes, dismes et autres revenuz appartenans audit prieuré seront payés au prouffit de la Sainte Mayson, selon la cotte et coustume du païs.
Item, Nous avons declairé que l'union de la Sainte Mayson d'heberge avec la sacree Milice des Saintz Maurice et Lazare seroit reciproque entre ladite Mayson et ladite Milice, non point par incorporement de ladite Mayson a ladite Milice ni au contraire, mais par une simple association et mutuelle correspondance, entant que ladite Milice et ladite Mayson visent et tendent a mesme fin, a sçavoir, l'exaltation de la foy; quoy que par divers moyens : la Milice tendant a cela principalement par les armes exterieures et corporelles, et ladite Sainte Mayson par les armes interieures et spirituelles, comme sont les predications, sermons, catechismes, conferences, prieres, aumosnes. Si que ladite Sainte Mayson ne puisse jamais estre entendue incorporee ni annexee au cors de ladite Milice, mais seulement associee, et que la croix ou autres marques d'icelle Milice, portees par lesditz prestres de ladite Sainte Mayson ou autres officiers d'icelle, ne puissent estre tirees en consequence pour conclure aucune autre dependance ou appartenance de ladite Sainte Mayson envers ladite Milice que de celle d'une mutuelle et reciproque correspondance et association (note 628), ladite Milice en la jurisdiction de Son [Altesse], et lesditz prestres et autres personnes ecclesiastiques de ladite Mayson demeurantes en la jurisdiction de Nous et nos successeurs ordinaires. En vertu de laquelle association ladite sainte Milice, comme plus puissante es choses exterieures et temporelles, defendra et maintiendra ladite Sainte Mayson, et ce principalement par le soin, diligence et sollicitude d'un des seigneurs Chevaliers d'icelle Milice et Ordre, qui sera establi Conservateur de ladite Sainte Mayson ; comme reciproquement, les ecclesiastiques et autres personnes de ladite Sainte Mayson ayderont les bons et chrestiens desseins de ladite sacree Milice par leurs Sacrifices, prieres et bonnes œuvres [653].
1tem, Nous avons declairé que jamais les biens et revenus de ladite Sainte Mayson ne pourront estre entenduz appartenir a ladite sacree Milice de Saint Maurice et Lazare ni a la disposition d'icelle, mays demeureront a jamais affectés aux œuvres et exercices auxquelz Sa Sainteté et Son Altesse les ont destinés, selon les articles dressés par sadite Altesse et l'Illustrissime Seigneur Nonce, et ceux qui, pour l'esclarcissement d'iceux, Nous avons fait et qui y [sont] jointz.
Item, en fin, apres toutes ces declarations par Nous faittes, en vertu de ladite commission, Nous avons receu le serment du susdit seigneur don Thomas Bergere, Conservateur esleu et nommé par ladite Sainte Mayson, et accordé par sadite Altesse et par le tres sacré Conseil de ladite sacree Milice des Saintz Maurice et Lazare, par lequel il s'est obligé de bien et deuement conserver, en ce qui dependra de son pouvoir, les droitz, noms, actions, biens et tiltres de ladite Sainte Mayson, et de procurer par toutes voyes convenables que les articles dressés pour l'establissement d'icelle soyent observés. Comme aussi Nous avons receu le serment du sieur Maniglier, Vicepraefect de ladite Congregation, de bien et fidellement observer et exercer sa charge, et faire observer tout ce qui appartient tant a la discipline ecclesiastique et bon ordre de la Sainte Mayson, qu'aussi de bien conserver, entant qu'il luy concerne, ce qui appartient aux biens et revenuz d'icelle. Et consecutivement avons receu le serment de tous les Reverendz prestres de ladite sainte compaignie (note 628) et autres officiers de ladite Sainte Mayson, de bien exercer leurs charges et offices, chacun selon son devoir et office. Et en fin, toutes ces choses ainsy faittes, Nous les avons mis en possession un chacun de l'exercice de leur charge.
Revu sur le texte inséré dans le 1er Procès de Canonisation.
MÉMOIRE TOUCHANT LES PRÉTENTIONS DES CHEVALIERS DES SAINTS MAURICE ET LAZARE
SUR LA SAINTE-MAISON
[Fin mai ou juin 1613 [654] ?]
(INÉDIT)
MEMORIAL A MONSIEUR DE BLONNAY ESTANT A THURIN
Il s'essayera d'avoir le plus de connoissance qu'il pourra de la verité du bruit que nous avons de deça, que les sei gneurs Chevaliers des Saints Maurice et Lazare pretendent tirer sous leur Religion la Sainte Mayson de Thonon pour en avoir la direction et administration. Et en cas que la nouvelle se treuve veritable, ce que Dieu ne veuille, il fera la plus grande diligence qu'il luy sera possible pour divertir ce mauvais coup et rompre cette si impertinente praetention :
Remonstrant a Son Altesse, sil y escheoit, combien il y a d'indecence que les laiz commandent et regentent en une Mayson composee de prestres et ecclesiastiques. Que malaysement se treuvera-il des clers de si bas courage qui veuillent subir le joug de cette obeissance là. Que ce sera fruster (sic) l'intention de ceux qui ont contribué au bien de cette Mayson, qui, je pense, presque tous, n'eussent jamais eu cette volonté silz eussent pensé qu'elle deut tumber es mains d'une telle Religion. Que ce sera oster en un moment toute la splendeur et abolir l'esclat de ce nom si specieux et honnorable de la Sainte Mayson de N[ostre Dame] de Compassion, quand on sçaura que tant de bons exercices pour lesquelz et sous le praetexte desquelz les Papes, les Princes et tant de nations ont estimé ce dessein, seront reduitz sous la conduite de gens d'armes, gens mariés, gens mesnagers. Hœc et alia iis similia, innumera (Ces raisons et d'autres innombrables semblables à celles-ci) ; car certes, la chose est si extravagante qu'on ne sçauroit manquer de bonnes raysons pour la contredire.
Ni a-il pas d'asses gens de bien en l'estat ecclesiastique pour la conduite de cette barque, sans y employer ces messieurs destinés a la conduite des armees navales contre les Turcz ? Si c'est pour amplifier l'authorité de leur Religion, ce ne leur sera pas grand honneur de s'amuser a regler sept ou huit prestres. Si c'est pour gaigner et prouffi ter en argent et choses temporelles, cela est bien estrange qu'une telle Milice aille briguer pour rogner sur une telle œuvre. Si c'est pour s'exercer en la pieté, ilz pourront, si bon leur semble, relever plusieurs hospitaux ou ilz la prattiqueront plus utilement.
En fin, ledit sieur de Blonnay fera tout ce qui se pourra faire pour empescher l'evenement de cette si reprochable praetention ; et pour cela en parlera a Monseigneur l'Archevesque [655], voyre, sil estoit requis, a Monseigneur le Nonce [656].
Ainsy est il prié de la part de son confrere bien affectionné.
FRANçs, E. de Geneve.
A Messieurs
[Messieurs) du Conseil
(de la Sainte) Mayson de N. D.
de Thonon [657].
Revu sur l'Autographe conservé à la Chartreuse de Valsainte (Suisse).
CONSTITUTIONS ET REGLES DE L ORATOIRE DE TONON FAITES AU MOIS D'AOUST DE 1615 [658]
(INÉDIT)
ESTABLISSEMENS FAITS POUR LE BON REGIME DE LA CONGREGATION
ET CHAPITRE DES PRESTRES DE L'ORATOIRE DE LA SAINTE MAYSON
DE NOSTRE DAME DE COMPASSION DE TONON DUËMENT COLLATIONNÉS HORS DE SON ORIGINAL
Attendu que l'intention de nostre Saint Pere le Pape Clement huitiesme, declairee en la Bulle de l'institution de la Sainte Mayson [659], fut que les prestres de l'Oratoire d'icelle se conformassent au plus pres que faire se pourroit a l'institut de la Congregation de l'Oratoire de Rome, et que neanmoins la diversité qui est entre cette ville et celle la et la consideration de plusieurs circonstances ne permettent pas qu'il y ayt une parfaitte similitude, pour accommoder la necessité avec la bonne volonté, ont esté dressees les presentes Constitutions.
Des Offices ecclesiastiques
Eu esgard a la multiplicité des exercices pastoraux qui se doivent prattiquer en la Congregation de l'Oratoire, et jusques a ce qu'autrement soit advisé, les prestres d'icelle ne seront obligés de reciter l'Office entier dedans l'eglise, mais seulement, Tierce, la Messe, Vespres et Complies, le tout in cantu modulato, journellement ; mais quant aux jours de festes solemnelles, 1re classis, et en toutes les festes de la glorieuse Vierge, ilz diront Matines, Laudes et Prime, commençant a l'aube du jour, despuis la Toussains jusques a Pasques, et a quatre heures, despuis Pasques jusques a la Toussains.
Item, tous les premiers lundis du mois chanteront une. Messe de Trespassés, a la forme des rubriques du Messel; et tiendra lieu de la Grande Messe du jour.
Tierce se dira ordinairement a huit heures, et consecutivement la Grande Messe; comme aussi Vespres se chanteront ordinairement a troys heures apres midi, et Complies consecutivement. Mays en tems de Caresme, Vespres se diront apres la Grande Messe, et Complies a cinq heures.
Outre tous lesquelz Offices, tous les samedis de l'annee et veilles de Nostre Dame se chanteront les Litanies d'icelle Nostre Dame environ le soleil couchant.
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Le Praefect et les Prestres de l'Oratoire de Nostre Dame de Compassion de la ville de Thonon chanteront tous les jours des festes solemnelles de la premiere classe et de toutes celles de la glorieuse Vierge, le divin Office du Breviaire romain tout entier, au chœur, en chant composé ; commençant a l'aube du jour despuis la feste de Toussaintz jusques a Pasques, et a quatre heures de matin despuis Pasques jusques a la feste de Toussaintz. Les autres jours, parce qu'ilz sont occupés le plus souvent aux exercices de la charge pastorale, ilz chanteront au chœur tant seulement Tierce, Sexte, None, la Messe, Vespres et Complies.
Chaque jour de lundi premier du moys ilz chanteront une Messe pour les deffunctz, qui tiendra lieu de la grande du jour, selon les rubriques du Messel.
Tierce se dira a huit heures de matin, et consecutivement la Messe apres les Heures ; Vespres a trois heures apres midy, Complies consecutivement. Mais en Caresme, les Vespres se diront apres la Grand'Messe, et Complies a cinq heures apres midy.
Tous les jours de samedi de toute l'annee et les veilles des festes de Nostre Dame ilz chanteront, sur le soir, les Litanies de la mesme Vierge.
Outre les Offices chantés, se dira une Messe matiniere a quatre heures du matin, despuis le premier de may jusques a la Toussains, et a cinq heures despuis la Toussains jusques au premier de may, en sorte neanmoins qu'au cœur de l'hiver elle se commence seulement a la premiere aube.
Item, celebreront une seconde Messe a sept heures, et la troisiesme, qui est la Grande Messe, estant achevee, ilz celebreront la derniere Messe entre neuf et dix heures.
Nul des prestres de la Congregation ne comparoistra au chœur pendant l'Office sinon in habitu et tonsura, c'est a dire avec la soutane jusques aux talons et le bonnet carré, la couronne bien faitte et connoissable, et le surplis de toile blanche, qu'un chacun sera tenu d'avoir a ses despens ; et qui çomparoistra au chœur pendant l'Office d'une autre sorte sera tenu pour defaillant.
Et bien que lesditz prestres doivent principalement observer l'honnesteté et propreté en l'eglise , si est ce qu'il convient qu'a l'ordinaire lesditz prestres aillent proprement vestus, selon toutesfois la modestie et simplicité ecclesiastique.
On espere que la charité pressera tous ceux de la Congregation de bien et diligemment rendre leurs devoirs ; neanmoins, pour l'empescher de rafroidir, il a semblé bon de l'appuyer par l'imposition de quelques peynes contre les defaillans, selon la coustume de toutes les eglises cathedrales et collegiales.
Quicomque, donq, es jours solemnelz manquera aux Matines, perdra six solz ; a la Messe, troys solz ; a Vespres, troys solz. Es jours ouvriers, manquant a Tierce, un sol ; a la Grande Messe, deux solz, et Vespres, deux solz ; a Complies, en Caresme, un sol; aux Litanies des samedis et veilles de Nostre Dame, deux solz.
Mays quicomque est entablé pour dire les Messes ordinaires et manque de les dire ou donner ordre qu'elles soyent dittes, quant aux [petites] Messes perdra un florin pour chaque Messe qu'il manquera, et quant aux grandes, un teston.
Et partant, esliront en leurs assemblees, de six mois en six mois, un ponctuateur, a commencer le 1er d'octobre prochainement venant, qui aura charge de noter les defaillans, et lequel a cest effect prestera serment de bien et fidellement exercer sa charge, sans acception de personne, es mains de celuy qui presidera en l'assemblee, a laquelle il sera loysible d'en continuer un tant qu'il luy plaira et recevoir son serment de six mois en six mois.
Se treuvant quatre au chœur a l'heure de l'Office et l'Office estant sonné, pourront commencer sans attendre les autres.
Ceux la seront tenus pour absens qui ne se treuveront a l'Office a la fin du premier Psalme d'iceluy et devant l'entonation du second, ou qui ne perseverera pas en iceluy
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Despuis les calendes de mars jusques aux calendes de novembre, on dira tous les jours une Messe a quatre heures de matin ; et despuis les calendes de novembre jusques a celles de mars, a cinq heures, de telle sorte neanmoins qu'au gros de l'hyver elle se commence tant seulement a la premiere aube. La seconde Messe se dira a sept heures, la troisiesme sera la grande, la quatriesme se dira a neuf heures et demi ou a dix.
Il ne sera permis a personne, ce pendant qu'on fera les divins Offices, de comparoistre autrement qu'en habit et tonsure ; c'est a sçavoir, avec la soutane jusques aux talons, le bonnet carré, la couronne de la teste remarquable, et le surplis de toyle blanche, que chacun sera obligé d'avoir a ses despens. Quicomque paroistra autrement sera tenu pour absent.
Ilz observeront par tout l'honnesteté, netteté et civilité, principalement en leurs habitz et en l'eglise.
Es jours solemnelz, quicomque n'assistera pas a Matines perdra six solz ; a la Messe, troys ; a Vespres, troys. Les autres jours, a Tierce un sol ; a la Messe, deux ; a Vespres, deux ; a Complies en Caresme, un ; aux Litanies des jours de samedi et veilles des festes de Nostre Dame, deux.
jusques a la fin. Mais a la Messe, celuy sera tenu pour defaillant qui ne se treuvera au commencement de l'Epistre et ne demeurera jusques apres la benediction. Seront toutesfois tenus pour presens ceux qui pour l'administration des Sacremens et pour des autres fonctions necessaires, ou quelques autres necessités, ne se treuveront pas en l'Office, ou y estant en sortiront, moyennant qu'ilz ayent adverti celuy qui pour lhors preside, ou, ne le pouvant faire, qu'ilz facent paroistre de la necessité qu'ilz ont a s'absenter.
Les ceremonies et coustumes de l'Eglise cathedrale de ce diocese seront observees au chœur par les prestres de l'Oratoire, mais principalement les suyvantes :
De demeurer debout a teste descouverte au commencement de l'Office jusques a ce que le premier Psalme soit entonné; apres quoy, se pourront asseoir et couvrir. Mais toutes fois et quantes [que] parmi l'Office l'on dit Gloria Patri, ou Gloria tibi Domine, ou Deo Patri, etc., ou bien quand on dit Sit nomen Domini benedictum au Psalme Laudate pueri, etc., ou que l'on dit le Pater, ou les absolutions de Matines, ou le Preces, ou le Magnificat, Nunc dimittis et Benedictus, au Chapitre et petitz responsoires, oraysons et hymnes, chacun se descouvrira et levera debout.
A la Messe on [ne] se peut couvrir sinon pendant qu'on recite l'Épistre, que l'on peut non seulement estre couvert, mays assis.
A chaque Office on assignera les intonations, tant des antiennes que des Pseaumes, a ceux qui les devront faire, affin qu'elles se facent a propos ; et pour le reste, il se pourra voir au Directoire des ceremonies de la Cathedrale [660], duquel ilz pourront avoir un double.
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Quicomque, ayant esté assigné pour celebrer les Messes, ne les celebrera pas ou ne les fera pas celebrer, perdra pour chacune, si c'est une petite, un florin, et si c'est une grande, vingt troys solz.
De six en six mors, on eslira le normateur, ou bien il sera continué ; lequel a mesme tems prestera serment en plein Chapitre de faire sa charge soigneusement et fidellement, sans acception de personnes, marquant la presence d'un chacun en un livre destiné pour cela tant seulement.
Toutes fois et quantes que le dernier signe de l'Office sera donné, s'ilz se trouvent quatre au chœur, ilz commenceront l'Office sans .attendre les autres.
Quicomque ne se trouvera pas pour le moins a [la] fin du premier Psalme et devant que 1'on commence le second, ou qui ne perseverera pas jusques a la fin de l'Office, sera tenu pour absent. Qui.comque, a la Messe, n'aura pas ouy le commencement de l'Epistre ou qui n'attendra pas la benediction sera pareillement tenu pour absent. Toutesfois, ceux qui seront empeschés dans les exercices de la charge pastorale ou qui feront d'autres choses necessaires, desquelles tous auront une certaine science, seront tenus pour presens.
Toutes les ceremonies et coustumes de l'Eglise cathedrale de Saint Pierre de Geneve seront observees par les prestres de la Congregation, mais principalement celles ci :
Tous demeureront a teste nuë despuis le commencement de l'Office jusques a ce que le premier Psalme soit commencé. Mays toutes fois et quantes qu'on dira le Gloria Patri ou Gloria tibi Domine, ou Deo Patri sit gloria, ou Sit nomen Domini benedictum au Psalme Laudate pueri Dominum, ou Pater noster, ou les absolutions a Matines, ou les prieres, ou le Magni/icat, ou le Nunc dimittis, ou les benedictions aux Chapitres, petitz responsoires, oraysons et hymnes, alhors tous demeureront a teste nuë.
Toutes fois et quantes que l'on commencera un Psalme, tous se descouvriront tant seulement ; mais celuy qui commencera ou les antiennes ou le Psalme, non seulement se descouvrira, mais encores se tiendra debout.
Il ne sera permis a personne de se couvrir ce pendant qu'on celebrera la Messe, sinon quand on chantera l'Epistre.
En faysant l'Office, on assignera les premiers tons, tant des antiennes que des Psaumes, a ceux qui devront les commencer, affin que toutes choses se facent bien.
Le Prefect et, en l'absence d'iceluy, le Plebain, et, tous deux absens, celuy qui sera le premier en reception, feront l'Office es festes solemnelles 1re classis, et en celles de Nostre Dame ; mais en toutes les autres festes, l'hebdomadaire les celebrera, excepté toutesfois les Messes et benedictions des fons, les veilles de Pasques et Pentecoste, qui appartiennent a l'office du Plebain.
Au reste, tous seront entablés, chacun en son tour, pour la celebration des Messes tant basses que chantees, sans exception, non pas du Prefect mesme.
Le semainier de la Grande Messe s'employera a l'administration des Sacremens, estant prealablement admis par l'Ordinayre ; excepté neanmoins le Prefect, lequel, pour la multitude des affaires, ne peut estre assujetti a l'administration ; et pour ce, pendant sa semaine, les six prestres qui sont apres le Plebain, suppleeront l'un apres l'autre, chacun a son tour, l'administration susdite des Sacremens en la place dudit Prefect.
Pour donner exemple de la reverence que l'on doit porter a la parole de Dieu, tous les prestres de l'Oratoire assisteront, assis sur un banc a ce destiné, modestement, ainsy qu'il a esté dit de l'assistance au chœur, sans qu'aucun s'en puisse absenter, sinon pour cause appreuvee par celuy qui preside.
Chaque mercredi se fera l'assemblee capitulaire dans la sacristie, a l'issuë de Vespres, ou chacun sera tenu d'assister en surplis et assis, comme a l'Office ; laquelle se commencera par Veni, Sancte Spiritus, et se finira par l'orayson Pro gratiarum actione. Et en icelle l'on traittera de l'observation des Regles et des choses appartenantes au service de Dieu qu'ilz ont en charge, tant ecclesiastiques que spirituelles, qu'œconomiques et temporelles; et sera deputé un Secretaire ordinaire qui escrira les resolutions et advis qui se prendront en ladite assemblee, en laquelle seront aussi marqués les defaillans, qui, pour chaque fois, perdront troys solz.
Les lundis, environ une heure apres disner, feront une conference des choses de conscience et ceremonies ecclesiastiques, enyiron une bonne heure, a laquelle conference chaque defaillant perdra un sol; et le tout comme aux autres defaillances du chœur, s'entend si quelque juste et legitime cause ne donne sujet a.1'absence.
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Quant au reste, il faudra voir le livre des coustumes de l'Eglise cathedrale et en avoir une copie.
Les jours solemnelz de la premiere classe et les festes de Nostre Dame, le Prœfect celebrera; en son absence, le Plebain, et si le Plebain n'y est pas encor, le plus ancien selon l'ordre de reception. Les autres jours, le prestre qui sera assigné semaine par semaine, excepté toutesfois les Messes et benedictions des fons baptismaux, es veilles de Pasques et de Pentecoste, parce que cela regarde l'office du Plebain.
Tous seront escritz par ordre en une table, le Prœfect aussi bien que les autres, tant pour les petites Messes que pour les grandes.
Le semainier de la Grande Messe aura charge de l'administration des Sacremens, pourveu qu'il soit admis de l'Evesque ou de son Vicayre general. Le Prœfect toutesfois sera exempt de ceste charge a cause de la grande multitude d'affaires dont il est presque tousjours occupé ; c'est pourquoy, en sa semaine, l'administration des Sacremens se fera par ordre par les autres six prestres.
Tous viendront ouyr la predication en habit, et seront assis en un banc faict expres, selon l'ordre de reception, apres le Prœfect et le Plebain.
Tous les jours de mercredi, apres Vespres, ilz s'assembleront en la sacristie, et la, apres avoir imploré l'ayde et assistance du Saint Esprit, traitteront de l'observation des Regles, et des choses tant ecclesiastiques et spirituelles qu'œconomiques et temporelles. Il y aura un Secretaire establi, qui redigera par escrit tous les decretz, ordonnances, resolutions et desseins du Chapitre. Celuy qui sera absent de ces assemblees perdra pour chaque fois troys solz.
Non seulement pour plus grande modestie et bienseance, mais pour imiter les Peres de l'Oratoire Romain [661], selon l'intention du Pape, les prestres de l'Oratoire mangeront en table commune, en laquelle ilz seront assis d'un costé seulement, a la façon religieuse, et sera donné a un chacun sa portion a part.
Pendant le repas se fera la lecture continuelle : premierement, environ un quart d'heure, du texte de l'Escriture sacree, pris seulement des Livres historiaux; et le reste, de quelque livre de devotion, ainsy qu'il sera advisé de tems en tems es conferences du lundi.
Tout au long du repas sera gardé le silence par tous ceux qui seront a table, en laquelle un chacun demeurera jusques a ce que le repas soit fini, lequel durera environ une heure.
On y dira le Benedicite et les Graces des clercs, ainsy qu'il est ordonné a la fin des Breviaires ; et cest office se fera par celuy qui aura dit la Grande Messe ce jour la.
Et parce que ladite Congregation est de peu de prestres, seront retirés et mis a leur table les enfans du Seminaire, desquelz l'un sera deputé pour faire la lecture de la table, sans que les prestres y soyent employés. Mays affin que lesditz enfans prouffitent en ladite lecture, l'un des prestres sera deputé pour les corriger quand ilz feront faute en la prononciation ou autrement, comme quand ilz liront trop vite ou precipitamment, cette lecture devant estre faitte bellement et intelligiblement.
Apres le repas, les enfans se retireront en quelque lieu a part, affin que les prestres puissent demeurer ensemble, selon qu'ilz verront a faire, pour se recreer d'une honneste et chrestienne conversation.
De l'office du PrefectLe Prefect aura la charge et authorité de faire observer les Statuts, ordonnances et la discipline clericale en la Congregation et dehors d'icelle, corrigeant et advertissant les delinquans, lesquelz, lhors qu'ilz se rendront refractaires et insolens, seront par le mesme Prefect appellés en l'assemblee des autres et, par l'advis de l'assemblee pris par la pluralité des voix, pourront estre chastiés par quelques aumosnes applicables a œuvres pies, jusques a la somme de cinq florins, ou bien par l'imposition de quelques penitences qu'il sera advisé. Que si les delinquans continuent encores apres cela en la contumace, ou bien qu'ilz ayent commis quelque crime d'importance, le Prefect sera obligé d'en advertir le Superieur ordinaire ; sauf, qu'en cas de scandale et y ayant quelque danger de fuitte, le Prefect, par l'advis de l'assemblee, pourra resserrer le delinquant en attendant l'ordre dudit Ordinaire.
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Tous les jours de lundi, aussi tost qu'une heure apres midy sera sonnee, ilz s'assembleront pour conferer des cas de conscience et des ceremonies ecclesiastiques l'espace de demi heure. Quicomque sera absent de ces conferences, s'il n'a une cause legitime, perdra un sol.
Ilz prendront tous leur refection en une table commune et seront assis comme les Religieux, d'un costé tant seulement, et l'on baillera a chacun sa portion. Durant le repas on lira continuellement : au commencement, des Livres historiques de la Sainte Escriture l'espace d'un quart d'heure ; pour le surplus, de quelque livre de devotion, selon qu'il aura esté advisé en Chapitre.
La benediction de la table et l'action de graces se feront selon qu'il est marqué a la fin du Breviaire pour les clercz. Elles seront faittes par celuy qui aura celebré la Grande Messe.
Les enfans du Seminaire prendront leur repas tous ensemble et un d'eux fera la lecture ; un des prestres corrigera le lecteur quand il lira mal. La leçon se fera posement et intelligiblement.
Apres le repas, les enfans s'en iront a la recreation, affin de laisser les prestres seulz, qui feront une sainte et chrestienne conversation.
Le Prefect aura l'authorité et charge que les Statutz, Regles et la discipline clericale soyent bien observés en la Congregation et dehors. Il corrigera et admonestera les defaillans; lesquelz estans rebelles, il les appellera en Chapitre et les chastiera, s'il est de besoin, apres avoir pris les voix, par quelque penitence salutaire, voire mesme pecuniaire, applicable aux œuvres pies, qui toutesfois n'excedera pas la somme de cinq florins. Si le defaillant ainsy chastié persevere en sa contumace Or, en cas de l'absence du Prefect, le Plebain fera par mesme ordre la correction, et en l'absence du Plebain, le plus ancien en reception.
Il appartiendra pareillement audit Prefect et, a son absence, a celuy qui presidera, d'ordonner, la surveille des festes solemnelles et de Nostre Dame, de ceux qui feront les Offices les jours suivans, assemblant pour cela la Congregation ; et en l'absence dudit Prefect, il appartiendra au Plebain, et en l'absence d'iceluy, au plus ancien.
Le Plebain aura la surintendance en tout ce qui regarde l'administration des Sacremens, le recit du Prosne et du Cathechisme, si ce n'est par quelque tres legitime cause. Il fera le mesme tous les Dimanches ordinaires de l'annee, et cas advenant qu'il fust malade de quelque maladie, ou detenu de quelque long et violent empeschement, le Prefect, en l'absence, pourvoira au defaut.
En suite dequoy le Plebain pourra tous-jours, en quelque tems que ce soit et quand il le treuvera convenable, faire l'administration des Sacremens et le service des ames par luy mesme, comm'estant sa principale charge, et ne pourra jamais refuser en estant requis.
Le Sacristain aura charge de dresser et corriger les enfans servans aux Messes, affin qu'ilz soyent habillés proprement, sçachent faire les ceremonies, soyent modestes et assidus.
Fera inventaire des habitz et meubles de la sacristie, desquelz il se chargera, et rendra conte toutes les annees.
Aura soin de faire ballier l'eglise par ceux qui en auront la charge, avec les arrousemens et autres propretés, comme aussi la sacristie tous les lundis, mercredis et samedis.
Residera les matinees, et mettra bon ordre promptement pour ceux qui celebreront..
Tiendra les calices netz et les lavera au moins quatre fois l'annee ; mettra les habitz, paremens et pavillons aussi quatre fois l'annee au soleil ; fera blanchir les nappes tous les deux moys, les aubes tous les moys, les amictz tous les quinze jours, les purificatoires toutes les semaines : sinon qu'il y aye si grand nombre des susditz linges qu'il puisse en mettre des netz sans les laver es termes sus escritz, lesquelz blanchissemens susescritz se feront aux despens de l'offertoire, ou de la Sainte Mayson.
De l'office du Portier
L'assemblee deputera un Portier qui sera revestu d'une soutanelle bleuë, et son office sera d'ouvrir et fermer la porte soudain qu'il entendra sonner la cloche, et advertir le Superieur avant que d'ouvrir a personne du dehors, sinon que ce soyent des gens ordinaires de la mayson ; et en l'absence du Prefectadvertira le Plebain, et en l'absen ce du Plebain, le plus ancien.
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ou commet quelque grand crime et scandale, le Praefect en advertira amplement le Superieur ordinaire. Si le scandale estoit
fort grand et qu'on doutast de la fuitte, le Praefect, selon qu'il sera deliberé en Chapitre, en attendant que l'ordonnance de l'Ordinaire soit venue, aura droict d'emprisonner.
Le Praefect estant malade ou absent, la charge de faire la correction appartiendra au Plebain, et apres luy au plus ancien, selon l'ordre de la reception.
Le mesme Praefect disposera de ceux qui devront estre destinés pour les choses du service de Dieu les jours solemnelz.
Le Plebain aura charge de tout ce qui appartient a l'administration des Sacremens; recitera le Prosne ou l'institution chrestienne a l'Offertoire de la Grande Messe, selon le Rituel de l'evesché ; sera obligé (sinon qu'il soit malade ou legitimement empesché) d'enseigner le Cathechisme tous les jours de Dimanche, autrement le Praefect y prouvoyra en Chapitre. C'est pourquoy le Plebain pourra exercer l'administration des Sacremens tous-jours quand il luy semblera estre expedient, et ne pourra jamais refuser en estant prié.
Le Sacristain enseignera et corrigera les enfans qui serviront aux Messes, affin qu'ilz soyent bien revestuz, modestes, assiduz, et qu'ilz observent les ceremonies.
De la discipline interieure de la Mayson
Les prestres de l'Oratoire tascheront de se servir de bon exemple les uns les autres, tant qu'il leur sera possible, par l'exercice des vertus propres a leur vocation.
Ilz se retireront dans la mayson le soir a bonne heure, incontinent apres l'Ave Maria, et ne sortiront point la nuit sinon pour des causes urgentes, advertissant celuy qui pour lhors sera le premier entre eux; et le jour, quand ilz sortiront, ilz diront tous-jours au Portier ou ilz vont, affin que, s'il est requis, on sçache ou les treuver.
Et partant, n'y aura en toute la mayson qu'une porte pour entrer et sortir, et qu'une clef d'icelle, laquelle demeurera le jour entre les mains du Portier, et de nuit entre les mains du premier de la Congregation, comme dessus.
Ne sera loysible a aucun de la Mayson de l'Oratoire de retenir avec soy la nuit aucune personne sans le consentement [expres ] [662] de celuy qui presidera en ce tems-la, ni d'entretenir ordinairement personne sans le consentement de la Congregation; mays quant aux femmes, elles n'entreront point dans la mayson.
Le Prefect sera respecté d'un chacun, et en cette qualité aura deux voix es assemblees de la Congregation de l'Oratoire. Le Plebain, en l'absence d'iceluy, presidera, et aura une voix et demi lhors qu'il presidera ; c'est a dire, les voix estans pareilles, le parti auquel la sienne se treuvera sera suivi. En l'absence du Prefect et Plebain, le plus ancien presidera, mais sans advantage de voix. Et es occurrences ou il sera requis de faire des assemblees extraordinaires, il appartiendra au Prefect, et puis aux autres premiers consecutivement, en son absence.
……………………………………………………………………………………………
Il tiendra inventaire de tous les habitz et ornemens d'Eglise et en rendra conte tous les ans ; il fera ballier l'eglise tous les jours de samedi et de lundi.
Il residera toute la matinee en sa sacristie, affin d'estre tous-jours prompt et prest pour ceux qui voudront celebrer.
Il lavera les calices quatre foys l'an, exposera au soleil les habitz et ornemens aussi quatre foys; fera reblanchir de deux en deux moys les nappes, tous les moys les aubes, de quinze en quinze jours les amictz et de huit en huit les purificatoires.
La Congregation deputera un Portier, qui sera vestu d'une robbe de couleur bleuë, lequel n'ouvrira a point d'estranger sans que le Praefect en soit adverti.
Aussi tost que l'on aura baillé le signe de la Salutation Angelique sur le soir, tous les prestres de l'Oratoire se retireront en la mayson, et ne vagabonderont point de nuict ni sortiront, sinon qu'il y ayt quelque urgente necessité.
Quand ilz sortiront de jour, ilz diront au Portier le lieu on ilz voudront aller, affin que si quelqu'un les demande on puisse sçavoir ou les trouver. .
Il n'y aura qu'une porte en la mayson, et en icelle qu'une clef qui sera gardee le jour par le Portier, et la nuict par le Prœfect.
Il ne sera point permis de retenir personne de nuict sans l'expresse et speciale permission du Prœfect.
Les femmes seront absolument chassees de la mayson.
Les prestres estrangers qui auront travaillé a ouyr les confessions ou faire d'autres offices, seront receuz comme s'ilz estoyent domestiques.
Tous porteront reverence et obeissance au Prœfect ; iceluy aura deux voix en Chapitre. Le Plebain presidera en son absence, et alhors aura une voix et demie ; c'est a dire, quand les voix seront esgales, le costé duquel il penchera l'emportera. Tous les autres, quoy qu'il arriveroit quelquefois qu'ilz presidassent, n'auront qu'une voix simple. Quand il faudra s'assembler extraordinairement, la convocation du Chapitre se fera par le Prœfect.
On deputera deux prestres de la Congregation qui auront soin que l'on fasse bien les aumosnes, sans aucune tromperie.
Un chacun pourra s'absenter de la Congregation sans estre repris, trente jours continuelz ou discontinuelz. Toutesfois, la Congregation en sera au prealable advertie, affin que plusieurs n'absentent pas tout en un tems et que le divin Office ne soit diminué. Que si la necessité veut que quelqu'un sorte d'autres fois, il demandera congé a la Congregation.
Seront deputés par la Congregation deux prestres de tems en tems, desquelz l'un, pour le moins, aura le soin de faire bien et deüement distribuer l'aumosne, affin qu'il ne s'y commette quelqu'abus.
Pourront un chacun desditz prestres de la Congregation absenter la ville et parroisse de Thonon un moys entier sur chaque annee, a prendre les jours du dit moys ou continuellement ou a diverses foys, sans encourir ni peyne ni reprehension. Seront neanmoins tenus et obligés d'advertir la Congregation de bonne heure, affin que plusieurs n'absentent tout a coup, ains que tous-jours il demeure nombre suffisant pour bien faire les charges et Offices. Outre quoy, ilz pourront obtenir licence de la Congregation, quand il y aura des necessités urgentes d'aller en quelque lieu hors de ladite parroisse, soit pour un ou plusieurs jours.
Nul de la Congregation ne pourra tenir benefice requerant residence, mays si quelqu'un en ayant de telz est admis en ladite Congregation, soit en qualité de Prefect ou autrement, sera obligé, dans troys moys apres, faire sçavoir a la Congregation s'il veut quitter ledit benefice ou non ; et en cas qu'il ne le veuille quitter, la Congregation sera obligee, dans troys moys apres, de l'exclure et priver de sa place pour y en mettre un autre. Comme en cas qu'il veuille demeurer en la Congregation, il sera obligé, dans lesditz troys moys, de quitter le benefice reellement et par effect ; autrement, incontinent passés lesditz troys moys, sera descheu de la place qu'il tenoit en ladite Congregation, et la Congregation obligee de l'en priver effectuellement.
Outre la mayson et table commune de la Congregation, qui se fait, selon la coustume, par la Sainte Mayson, chacun des prestres perçoit les gages suivans : le Prefect cent escuz d'or, le Plebain cent ducatons, tous les autres deux cens cinquante florins, et le Sacristain trois cens florins ; et pour les serviteurs de la Congregation, a distribuer selon qu'il arrivera, quarante ducatons.
Le Sacristain se servira de ce que la Sainte Mayson fournira tant pour l'entretenement de la sacristie que pour celuy du luminaire, affin que l'on sçache ce qui aura esté employé annee par annee.
Addition a l'article des defaillans
Les peynes taxees seront prises sur le payement du quartier suyvant dans lequel les fautes auront esté commises, [et] seront mises et distribuees au prouffit des residens.La Maison estant toute dediee a l'honneur de la tres sainte Vierge, la Congregation ne permettra point qu'on mange de la chair les veilles des festes d'icelle glorieuse Vierge parmi ceux de ladite Cpngregation : et quant a la veille de la principale feste de la Sainte Maison, qui est la Nativité de Nostre Dame, le jeune sera observé ……………………………………………………………………………………………………
Il ne sera permis a personne de posseder quelqu'autre benefice qui requiere residence plus outre que troys moys, sinon que peut estre le Souverain Pontife ayt dispensé pour quelque cause; autrement il sera privé de la Congregation.
Outre la commune despense de la Congregation, le Praefect prendra pour ses gages cent escuz d'or, le Plebain cent ducatons, le Sacristain troys cens florins, tous les autres, chacun, deux cens et cinquante florins ; et selon que la Congregation verra estre de faire, quarante ducatons seront distribués entre les serviteurs.
generalement en la Congregation.
VESPASIEN, Archevesque de Vienne [663].
FRANÇs, E. de Geneve.
Fr. FRANÇOIS de St Joyre, Capucin [664],
Fr. COLOMBAN, Capucin de Talloyres [665].
CL. GRAND.
PHILIPPE DE QUOEX.
Qui desirera faire manger quelque amy ou parent en la table commune, le pourra, donnant six solz et advertissant celuy qui presidera, et celuy qui presidera advertissant celuy qui le suit ; le tout sans en abuser. Mays quant aux prestres qui viennent pour cooperer aux confessions et autres offices, ilz seront receus sur le commun, comme aussi les prestres et clercs que l'on reçoit par aumosne.
Quant aux defaillans au chœur et autres offices, les Superieurs subiront la loy comme les autres. Mais quant a la correction des Superieurs en ce qui regarde les monitions, si ce n'est la correction fraternelle et evangelique (Mt 18,15), elle sera remise au Superieur Majeur, auquel la Congregation pourra recourir par
par advertissement des fautes, ainsy qu'elle verra a faire.
………………………………………………………………
Il ne sera permis a personne de manger de la chair en la mayson les veilles des festes de Nostre Dame; et tous observeront absolument le jeusne la veille de la Nativité de la mesme glorieuse Vierge. par ce que c'est la feste la plus solemnelle de la Congregation.
Les manquemens du Praefect seront rapportés aux Superieurs ordinaires. Il devra estreesleu par la Congregation, docteur en theologie ou en droict, et aagé de trente ans.
Le Plebain sera esleu au concours tout de mesme que les autres curés du diocese, selon les decretz du saint Concile de Trente; auquel concours toutesfois les prestres de la Congregation seront preferés aux autres, quand ilz se trouveront pareilz, et lesquelz prestres seront esleuz par la Congregation. Ilz subiront l'examen pour sçavoir s'ilz sont capables de l'administration des Sacremens.
On deputera un Thresorier general, qui aura charge de tout ce qui regarde l'œconomie ; il posera conte en Chapitre de six en six moys.
Quant au College, si les Peres Jesuites viennent, comme il est presque conclu, on leur baillera, comme pour gage, quatre cens èscuz d'or. Que s'ilz ne viennent pas, il faudra avoir quatre regens, sans celuy qui apprendra a lire aux enfans. On donnera au premier, pour gage, cent ducatons, au second cinq cens florins, au troysiesme et quatriesme, a chacun, quatre cens et cinquante florins.
Les enfans du Seminaire seront vestuz d'une robbe bleuë, longue jusques aux talons.
VESPASIEN, Archevesque de Vienne.
FRANÇs, E. de Geneve.
Fr. FRANÇOIS de St Joyre.
Fr. COLOMBAN de Talloyres.
CLAUDE GRAND.
CL. DE BLONAY.
PETITJEAN.
CLAUDE MAGNIN.
PIERRE BOVERAT.
P. BOJACT, sacristain.
THOMAS MAUPEAU (L9, note 386).
MAURICE AVRILLION (note 634).
PHILIPPE DE QUOEX.
Collationné hors de son original, collationné et verifié.
Annessi, le 3 novembre 1617.
FRANÇS, Evesque de Geneve.
Revu sur une copie du XVIIIe siècle, conservée à Annecy, dans les archives de l'Académie Salésienne, n° 14.
C - ABBAYE DE SIXT
1
PROCÈS-VERBAL DE LA PREMIÈRE VISITE DE SAINT FRANÇOIS DE SALES A L'ABBAYE DE SIXT
(MINUTE- EN LATIN)
VISITE DE L'ABBAYE DE SIXT PAR LE RÉVÉRENDISSIME PÈRE DANS LE CHRIST
FRANÇOIS DE SALES, ÉVÊQUE ET PRINCE DE GENÈVE
FAITE LE 24 SEPTEMBRE 1603
[666] François de Sales, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, le 24 septembre de l'année 1603 se rendit à l'abbaye et église de Sixt [667]. Dès le lendemain, après la Messe, il convoqua le Rd seigneur Jacques de Mouxy [668] avec tous les Religieux en résidence et les prébendés [669] ; il déclara à l'assistance qu'il était venu vers eux et dans leur abbaye pour visiter tout ce qui regardait leurs mœurs, vie et habitudes, comme aussi les édifices, biens et droits, et cela en tant que Supérieur de l'abbaye ; car, d'après les droits et coutumes anciennes de l'évêché de Genève, il pouvait et devait le faire. C'est pourquoi, s'ils avaient quelque chose à dire contre, ils n'avaient qu'à le déclarer librement. Ils répondirent tous avec le respect qui convenait, que le Révérendissime Evêque de Genève avait le droit de visiter leur abbaye et leurs personnes, et qu'ils ne prétendaient en aucune façon protester contre cela ou l'empêcher [670].
De la qualité du seigneur Abbé et des Religieux
S'étant donc tourné vers le Révérend Abbé, qu'il savait être possesseur pacifique de sa fonction depuis de longues années, il lui demanda s'il était commendataire ou titulaire. L'Abbé répondit qu'il l'ignorait, attendu qu'il n'avait pas vu depuis longtemps les Bulles de sa provision, produites à Chambéry dans un procès ; que cependant le suprême Sénat de Savoie lui avait interdit la correction des Religieux, comme s'il n'était pas titulaire ; ce pourquoi il ne devait pas porter l'habit des Religieux. Toutefois il dit que l'administration des biens temporels le regardait.
Il interrogea ensuite les Religieux pour savoir s'ils étaient profès. Ils répondirent qu'ils avaient émis la Profession sous la Règle de Saint-Augustin d'une façon non expresse, mais seulement implicite et tacite.
Il s'enquit des titres et droits, afin que si quelqu'un en avait à part lui, ou en connaissait chez un autre, il le révélât, pour qu'il fût statué sur leur conservation.
Le seigneur Abbé, après avoir prêté serment, assura n'avoir que cinq livres de Reconnaissances et confessa par écrit les avoir. En outre, une certaine donation faite par Aymon de Faucigny [671]d'une propriété champêtre, donation qu'il dit avoir été produite à Annecy dans un procès. De même une certaine note au sujet d'un moulin, note produite à Chambéry. Enfin, certains autres titres dont il ne se souvient pas assez, acquis par son travail et industrie, et dont il fera un inventaire.
Le Révérend Prieur [672] exposa qu'il avait les titres de la Communauté, et qu'il en ferait un inventaire.
Le Frère Pierre Pugin [673] dit avoir certains titres de la chapelle de Saint-Nicolas de Samoëns [674].
Les autres affirmèrent qu'ils n'avaient à part eux et ne savaient pas exister auprès d'autres personnes des titres se rapportant au Monastère.
Ayant entendu cela, le Révérendissime Seigneur Evêque visiteur statua qu'avant le prochain jour des Cendres l'on ferait et établirait en due et probante forme l'inventaire de tous les droits .et titres, en deux copies de forme semblable, dont l'une sera renfermée dans les archives de l'évêché, et l'autre, à l'usage des procès, sera conservée par celui que le Chapitre du Monastère désignera.
Du nombre des Religieux et de leurs prébendes
Les Religieux se plaignirent de ce que, sur le nombre requis, trois manquent depuis longtemps. Devant, en effet, être douze, le dixième, le onzième et le douzième manquent. [675]
L'Abbé répondit que les revenus étaient si diminués, soit par l'incurie de ses prédécesseurs, soit par la violence des eaux qui ont détruit des métairies et villages entiers [676], qu'il ne pouvait nourrir et entretenir plus de Religieux. Mais les Religieux, à leur tour, offrirent de donner au seigneur Abbé chaque année mille florins libres de toutes charges, et aussi douze prébendes avec charges à supporter.
Le Révérendissime Seigneur visiteur, voyant que la chose n'était pas facile à arranger, renvoya à une autre date la décision à prendre, c'est-à-dire jusqu'au moment où il verra clairement que les revenus sont suffisants.
Ils affirmèrent d'un commun accord, soit l'Abbé, soit les Religieux, que la prébende consistait en : treize mesures (octavis) de froment, bonne mesure, à fournir en la fête de la Toussaint ; une mesure de fèves; huit charges (chevallatis) de vin blanc que le seigneur Abbé avait le soin de faire mettre, au temps de la vendange, au cellier de chacun ; douze florins pour la pitance ; quatre Chapons ; du foin autant qu'un drap peut en contenir, de la paille autant que deux draps peuvent en contenir ; trente florins pour les vêtements, à fournir le jour de Noël.. Tout cela d'après la teneur de la Bulle de monsieur Geoffroy de Feys [677], donnée l'an 1538, dûment cachetée, et signée : CORNUT [678].
En outre, les Religieux ont en commun les deux tiers des prémices de Samoëns, Vallon et Morillon, et toutes les prémices dans la paroisse de Sixt, excepté celles qui proviennent des fromages.
Le seigneur Abbé doit, à ses frais, fournir un chirurgien ou barbier aux Religieux suivant le besoin ; et encore six festins par an à tous les Religieux réunis ensemble.
Le Révérendissime Seigneur visiteur ordonna au seigneur Abbé de fournir désormais, régulièrement, en temps voulu, ce qu'il devait aux Religieux. Et comme ceux-ci exposèrent que sur la dernière prébende à eux due, il leur restait à recevoir six charges de vin, le Révérendissime Seigneur visiteur réduisit les six charges susdites au prix de cent cinquante-deux florins, et cela avec le consentement mutuel des Religieux et du seigneur Abbé, auquel il enjoignit de payer à chacun ce qu'il lui devait.
Il fut convenu que, pour la fourniture de la prébende de l'année courante, et surtout du vin, le seigneur Abbé donnerait un garant avant la fin du jour suivant, à moins qu'il n'admodiât son abbaye.
Enfin il fut établi que le seigneur Abbé, puisque héritier des Religieux, serait tenu de faire les frais de funérailles et de sépulture.
Le Révérendissime Seigneur Evêque décréta que le saint Office serait récité, soit en privé, soit publiquement au chœur, selon l'usage publié par le saint Concile de Trente [679], usage dont on sera tenu d'observer les rubriques.
Quant au petit Office de la Bienheureuse Vierge, à l'Office des Défunts et aux Psaumes pénitentiaux, ils pourront, à cause de la coutume de l'abbaye, être récités avant l'Office diurne, en sorte cependant que personne ne soit tenu à cette récitation hors du chœur, à .moins que le Bréviaire de Trente ne le prescrive.
Les Psaumes graduels, par suite de la même coutume, se réciteront .avant Matines, au moment où arrivent les Religieux. Prime sera récitée après Laudes.
Chaque jour, qu'on célèbre au moins quatre Messes, et même certains jours cinq, à savoir lorsqu'on y est tenu par ailleurs. Le Dimanche, selon l'usage antique, on doit célébrer une Messe basse pour les défunts et une conventuelle.
De l'église
Il fut décrété que le tabernacle du Très-Saint-Sacrement situé au milieu de l'autel devrait être fermé de toute part, et que le ciboire serait au moins en étain.
Au côté droit derrière le maître-autel se trouve un autel de bois; pour cela, l'ordre fut donné de le supprimer, et aussi parce qu'il était trop près du maître-autel auquel fut transférée la fondation du susdit autel de bois.
A l'autel qui se trouve près des stalles des Religieux, furent trouvées des images enlaidies par la vétusté et la corrosion. Il fut ordonné de les enlever et de les brûler en cachette, dans un lieu décent du Monastère.
Les stalles sont en mauvais état. Ordre fut donné au Révérend seigneur Abbé de les faire réparer et restaurer.
Obligation fut imposée aux paroissiens d'acheter pour l'église un Missel et un Manuel selon l'usage du Concile de Trente [680], et un coffret pour y mettre les reliques.
La voûte du chœur menace ruine par suite des trous et des fentes. Ordre fut donné au seigneur Abbé de la faire réparer et soutenir dans les deux mois.
Qu'il répare la sacristie; qu'il restaure les clôtures et les murs du Monastère tout à fait nécessaires à la discipline religieuse, en les fermant de deux portes.
Une fois la clôture rétablie, on pourvoira au Portier. Pour le moment cependant, que les femmes ne soient pas admises à l'intérieur de l'enceinte formée soit par les murs en ruines, soit par la trace de ces murs.
Qu'aucun Religieux dorénavant ne quitte le lieu de Sixt, sous aucun prétexte, sans la licence du Prieur, et, pour le Prieur, sans avoir averti de son départ le Religieux le plus ancien, bien qu'il n'ait pas de permission à recevoir ou à demander. .
Au sujet de la reprise de la table commune, la question fut renvoyée au temps où l'on aura les moyens nécessaires pour l'entreprendre, moyens dont est dépourvu actuellement le Monastère : comme de lieu convenable, d'ustensiles et autres choses semblables.
De même, à propos de la façon expresse d'émettre les vœux, la question fut laissée sans être traitée, parce que le Visiteur ne se trouve pas assez informé sur la Règle et les Constitutions; il verra cependant à ce que plus tard cela puisse se faire et il s'occupera de le faire faire [681].
A toutes ces choses, soit le Révérend seigneur Abbé, soit les Religieux répondirent qu'ils obéiraient.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.
HOMOLOGATION DE L'ACTE DES CHANOINES DE SIXT DU 30 DÉCEMBRE 1617 [682]
23 janvier 1618
(EN LATIN)
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève.
Longtemps nous avons désiré le retour de tous les Religieux de Notre diocèse à la Règle et manière de vivre primitives de leur Institut, mais surtout Nous avons souhaité cela et l'avons procuré par Nos exhortations dans les Monastères qui sont confiés à Nos soins et sollicitude, et à Notre juridiction ordinaire. Aussi, l'acte des pieux Chanoines réguliers de Saint-Augustin, du Monastère de Sixt, non seulement Nous l'approuvons et homologuons, mais Nous le louons et aimons autant que Nous le pouvons dans les entrailles du Christ; et, en vertu de Notre pouvoir et autorité ordinaires sur ce Monastère et ses Chanoines réguliers, Nous ordonnons dans le Seigneur, que dorénavant il y soit observé à la lettre. Enfin, Nous bénissons paternellement tous ceux qui pratiquent cette pauvreté particulière à ceux qui vivent en communauté.
Donné à Annecy, le 23 janvier, l'an 1618.
Revu sur le texte inséré dans le 1er Procès de Canonisation.
DÉCRETS POUR LA RÉFORME DE LA DISCIPLINE RÉGULIÈRE DANS L'ABBAYE
15 septembre 1618 [683]
(EN LATIN)
DÉCRETS POUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA DISCIPLINE RÉGULIÈRE DANS LE PIEUX ET VÉNÉRABLE MONASTÈRE DE SIXT FAITS DANS CE MÊME MONASTÈRE LES XII, XIII ET XV DU MOIS DE SEPTEMBRE DE L'AN MIL SIX CENT DIX-HUIT PAR LE RÉVÉRENDISSIME PÈRE ET SEIGNEUR FRANÇOIS DE SALES ÉVÊQUE DE GENÈVE
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, à tous ceux qui liront cet écrit salut abondant dans le Christ.
Le Monastère de l'Ordre vénérable des Chanoines réguliers de Saint-Augustin, du pays de Sixt, ayant été confié, par les saintes règles de l'antique droit ecclésiastique, au soin et à la juridiction de Nos prédécesseurs et de Nous-même, Nous devons et voulons Nous occuper et Nous préoccuper d'être le plus utile possible à ce Monastère et aux vénérables Chanoines qui y servent Dieu. C'est pourquoi ayant appris que, sous l'inspiration divine, les vénérables Chanoines voulaient rétablir entièrement l'ancienne observance régulière qui, par suite de l'injure des temps, était à peu près anéantie et détruite parmi eux, et que les très Illustres et Révérends seigneurs Jacques de Mouxy, Abbé, bien que commendataire, et Humbert de Mouxy, son coadjuteur et élu par le Monastère (L9, note 938), avaient décidé, non seulement d'approuver, mais d'aider de si saintes résolutions:
Nous aussi, dans le but d'apporter plus facilement à cette entreprise si louable et si souhaitable Notre autorité ordinaire et Notre aide, venant sur les lieux [684] et toutes choses examinées et considérées, et aussi toutes personnes ouïes au sujet de ce qui précède, Nous avons enfin résolu de décréter et de constituer ce qui suit, comme aussi Nous le décrétons et le constituons.
Et d'abord Nous ordonnons plus strictement encore de faire tout ce qui a été établi dans Notre dernière Visite [685], comme conforme au droit et à la raison.
Comme aucun des vénérables Chanoines actuellement vivants n'a émis de Profession expresse, avant toutes choses, pour obéir à l'esprit et aux termes du saint Concile de Trente, Nous déclarons et décrétons que tous les vénérables Chanoines sont tenus d'émettre cette Profession expresse, et Nous fixons à tous et à chacun de ceux qui portent maintenant l'habit du Monastère une année qui soit considérée comme année de probauon ; après laquelle ils devront aussitôt ou émettre la Profession susdite, ou Nous exposer les raisons, s'ils en ont, pour ne pas vouloir la faire (note 681).
Pour ce qui regarde l'avenir, aussitôt après l'année de probation, comme le prescrit le même Concile, que le Novice, ou soit admis à la Profession, s'il en est jugé digne, ou soit renvoyé du Monastère. Si cependant, après l'année de probation, il n'est pas encore jugé digne de faire Profession, et que néanmoins il y ait espérance probable qu'il le devienne en le retenant dans le Monastère un peu plus, ou même une année entière, la Congrégation cardinalice du Concile a répondu que cela serait licite (L8, note 328), attendu que le décret du Concile touche les idoines, non les autres.
Or, les Novices doivent être distingués des Profès dans le costume, en ce que les Profès portent à tous les Offices le capuce ou mozette, appelée communément domino ; tandis que les Novices doivent user seulement du surplis ou cotta, sans capuce.
L'Abbaye. étant en commende, Nous décrétons qu'on y obser vera dans l'avenir ce qui y était déjà observé, à savoir que, pour présider et commander le troupeau, on établira et constituera à la tête de tous les Chanoines, selon le Concile de Trente, chap. XXI, Sess.XXV, quelqu'un du même Ordre ayant émis expressément sa Profession, et qui s'appellera Prieur. Qu'il soit, d'après le même texte, chap. 6, élu par le Chapitre aux votes secrets, en sorte que les noms de chacun des votants ne soient jamais publiés, et que celui-là soit tout à fait considéré comme élu, en faveur de qui se sera prononcée la majorité du Chapitre par les votes secrets susdits. Il devra continuer sa fonction de Prieur jusqu'à la mort, pourvu qu'il se conduise bien. Du reste il en sera de même pour le Sous-Prieur.
Que tous obéissent au Prieur " comme au père, " ainsi que l'ordonne la Règle de saint Augustin (Regula ad servos Dei 11), et, en son absence, au Sous-Prieur.
S'il s'agit de faire ou d'ordonner quelque chose d'important, et qu'il n'y ait pas péril en la demeure, que le Prieur ne change ou décrète quoi que ce soit sans en avoir conféré avec son Chapitre. Dans toutes les difficultés plus graves qui ne pourront être tranchées par le Prieur et le Chapitre, que l'on ait recours à l'Evêque de ce diocèse, ou, en son absence, au Vicaire général de l'évêché, lequel, en vertu de son pouvoir ordinaire, règlera ce qu'il faudra faire, comme cela s'est pratiqué jusqu'ici.
Le vénérable Prieur ou Sous-Prieur placera tous les samedis un tableau dans l'église, où seront marqués les noms de ceux qui devront remplir les Offices de l'autel et du chœur pendant toute la semaine ; Offices qui s'accompliront, autant que possible, selon le rite et les cérémonies de l'Eglise cathédrale.
Il n'y aura aucun livre dans le Monastère sans la permission du vénérable Prieur, ou, en son absence, du Sous-Prieur, qui veilleront à ce que les livres condamnés par l'Eglise ou traitant de sciences curieuses et inutiles soient écartés, et qu'il y ait abondance dans le Monastère de livres de dévotion, de cas de conscience et de théologiens, en sorte que, tous les Chanoines aient la possibilité, chaque jour, de vaquer à la lecture à une heure déterminée, selon la Règle [686]. L'heure de la lecture pourra être avant les Vêpres. entre Vêpres et Complies, et entre Complies et le souper.
Par les soins du vénérable Prieur ou Sous-Prieur, il faut que chaque Chanoine pendant son noviciat, lise en latin ou en français le Catéchisme du saint Concile, et rende raison de ses progrès dans cette lecture. Chaque jour en outre, un Chanoine, celui qui aura été jugé le plus capable, donnera une heure de leçon de chant théorique et pratique aux Novices, et aux autres s'il en est besoin.
Aussitôt que cela pourra se faire, la table sera organisée de telle sorte que d'un seul côté soient assis les Chanoines, et que la portion soit distribuée à chacun en particulier. La bénédiction de la table et l'action de grâces après le repas seront récitées par l'hebdoma daire, excepté aux fêtes solennelles, où cet office sera réservé au Prieur et, en son absence, au Sous-Prieur. Qu'on lise toujours pendant le repas, à haute et intelligible voix, et avec les pauses voulues par la ponctuation.
Chaque samedi le Prieur ou, en son absence, le Sous-Prieur doit convoquer le Chapitre, où il corrigera, même en imposant des pénitences, selon qu'il le jugera expédient, tout ce qui se serait glissé de contraire à la Règle dans les Offices, ou dans les actes et les mœurs des Chanoines. S'il n'y a rien à corriger, on lira un article de la Règle, et après l'oraison du Saint-Esprit tous se retireront en paix.
Toute, la législation proclame ce que Nous avons décrété dans Notre dernière Visite de ce Monastère, à savoir que les femmes ne doivent pas habiter ou demeurer, même pour peu de temps, à l'intérieur de l'enceinte et des murs extérieurs du Monastère. Aussi ordonnons-Nous plus sévèrement, en vertu de la sainte obéissance et sous peine de l'excommunication majeure, à tous et chacun que cela concerne, que toutes les femmes absolument soient par eux écartées, chassées et expulsées, s'il s'en trouve maintenant, et qu'ils ne les admettent jamais, ni elles ni d'autres, et ne leur permettent pas de séjourner dans l'enclos du Monastère.
Nous en tenant à Notre dernière Visite, Nous ordonnons, sous. peine d'excommunication majeure, que dans le délai d'un mois, à compter de ce jour, quinze septembre de l'an mil six cent dix huit, tous et chacun de ceux qui ont des instruments ou titres de ce Monastère, les replacent dans les archives, selon le décret porté par Nous à ce sujet dans la susdite Visite.
Le seigneur Abbé sera tenu de fournir chaque année douze prébendes à la communauté des Chanoines, en la manière qui a été notée dans la susdite Visite. Il sera tenu de nourrir et entretenir la communauté des Chanoines, douze Chanoines au moins idoines résidents, ou en droit tenus comme résidents, c'est-à-dire les pourvoir de la nourriture, du vêtement et des autres choses nécessaires à la vie.
Sont exceptés cependant les bâtiments de tout le Monastère, lesquels, aux frais dudit seigneur Abbé, seront remis et conservés en la forme due et convenable pour l'observance régulière. Et pour ce qui regarde la réparation du chœur, du réfectoire et de l'horloge, le Révérend seigneur Coadjuteur et Abbé élu a promis qu'il la ferait faire le plus tôt possible, en sorte qu'elle soit terminée pour la Noël prochaine. Quant aux autres bâtiments, il a promis, en père de famille soigneux, qu'il les restaurerait successivement, et d'abord le dortoir et les murs de clôture du Monastère : ce que Nous abandonnons à ses soins, Nous fiant en sa piété.
Au sujet des autres pétitions des Chanoines ayant trait au versement des prébendes de l'année écoulée, aux dépenses qui seront nécessitées par le futur entretien d'un cheval, et autres semblables, comme il a été passé une convention amicale entre eux et le susdit seigneur Coadjuteur et élu, Nous avons jugé bon de ne rien décréter, si ce n'est qu'on observera l'écrit que Nous avons signé comme convenu d'un commun consentement des parties.
Donné en l'abbaye de Sixt, le 15e de ce mois de septembre, de l'an que dessus. .
FRANÇOIS, Evêque de Genève.
M. FAVRE (L8, note 507).
Conforme à l'original conservé dans les archives paroissiales de Samoëns (Haute-Savoie).
IV
VOEUX DE SAINT FRANÇOIS DE SALES POUR LES CHANOINES DE SIXT
[Fin septembre 1618 [687] ?]
……………………………………………………………………….
En fin, Nous asseurons de la benediction et protection de Dieu tous ceux qui embrasseront et prattiqueront avec amour ces Ordonnances que le seul desir du regne de Dieu en vous et l'amplification de sa gloire me fait vous donner ; esperant que, par l'accomplissement d'icelles, cette Famille religieuse reprendra sa premiere splendeur et respandra par tout la souëfve odeur dont elle a parfumé autrefois tout le pais.
C'est la grace, O mon Dieu, que j'attens de vostre misericordieuse bonté et que je vous demande de toute l'estendue de mes affections, pour ces ames et celles qui leur doivent succeder.
D - ABBAYE D'ABONDANCE
1
DÉLÉGATION A MONSIEUR JEAN FAVRE
POUR L'INTRODUCTION DES PÈRES FEUILLANTS A ABONDANCE
2 mai 1607
[688] FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, a tous qui ces presentes verront, sçavoir faisons : que Nous, ayant receu un Brèf de nostre Saint Pere le Pape Paul cinquiesme, daté a Rome, pres Saint Marc, du vingthuitiesme septembre en l'annee derniere mil six cens et six, deuëment seellé, et signé COBELLUTIUS [689], par lequel il Nous est mandé de supprimer les Religieux de l'Ordre de Saint Augustin estant en l'abbaye de Nostre Dame d'Abondance, riere Nostre diocese, et au lieu et place d'iceux y mettre et establir douze moines de l'Ordre de Saint Bernard, de la Congregation de Nostre Dame des Feuillans, pour l'execution duquel sommes esté par ladite Sainteté commis (L1, note 243 ; L2, note 376). Et d'autant que, a cause de plusieurs et divers. negoces a Nous survenus n'y pouvons vacquer [690], avons, pour l'execution d'iceluy, commis, comme par ces dites. presentes commettons, Reverend messire Jean Favre, docteur es droitz, chanoyne de Saint Pierre de Geneve, Nostre Official et Vicayre general par Nous establi en Nostre diocese (L2, note 325), auquel mandons et commandons de proceder a l'execution dudit Bref selon sa forme et teneur.
En foy dequoy avons octroyé et octroyons ces dites presentes signees de Nostre main et seellees et contresignees par Nostre greffier.
A Thonon, ce second may mil six cens et sept.
FRANÇS, Evesque de Geneve.
DECOMBA [691].
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1602-1607, de l'ancien Evêché de Genève.
EXÉCUTION D'UN BREF AUTORISANT L'ABBÉ D'ABONDANCE
A DONNER A CENS LE MEMBRE DE PRÉSINGES
28 janvier 1610
EXÉCUTION DU BREF APOSTOLIQUE
EN FAVEUR DU RÉVÉREND SEIGNEUR VESPASIEN AIAZZA, ABBÉ D'ABONDANCE [692]
FRANÇOIS DE SALES, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique Evêque et Prince de Genève, juge commissaire spécialement délégué par le Saint-Siège Apostolique pour exécuter ce qui suit, à tous ceux à qui les présentes parviendront, salut dans le Seigneur.
Vous saurez que Nous avons reçu, en parfait état et intégrité, et sans le moindre vice de forme ou chose suspecte, les Lettres Apostoliques expédiées en la Curie Romaine en forme de Bref, sous l'Anneau du Pêcheur, en cette teneur : " Vénérable Frère, ou Fils très cher, salut et bénédiction Apostolique. Notre cher fils Vespasien Aiazza, abbé ou commendataire perpétuel du Monastère-abbaye appelé Sainte Marie d'Abondance, Nous a fait exposer naguère... "
Après que ces Lettres Apostoliques en forme de Bref eurent été présentées à Nous et acceptées par Nous, Nous fûmes requis, avec l'instance qui convenait, par le même Révérend seigneur Vespasien Aiazza, de daigner procéder à leur exécution [693]. C'est pourquoi Nous, Evêque de Genève, commissaire apostolique susnommé, spécialement délégué pour exécuter ce qui va suivre, considérant que ladite pétition est juste et raisonnable ; voulant, comme Nous y sommes tenu, exécuter librement les commandements Apostoliques à Nous adressés : attendu qu'il est de Notre connaissance que la partie des bâtiments du monastère d'Abondance qui était réservée et assignée à l'habitation de son Abbé, et à l'exercice de la juridiction touchant ce monastère a été cédée par l'Abbé dans le but d'empêcher que lui-même et sa famille gênassent aucunement l'observance de la discipline de la part des moines qui y vivent actuellement, et cela en vertu du contrat intervenu entre le même Abbé et les moines susdits, envers lesquels il s'est engagé d'agrandir et de diviser l'église dans le délai de trois ans, afin que les Offices des moines et du curé puissent se célébrer sans empêchement réciproque. Tout cela ne pouvant s'effectuer qu'après un long espace de temps, si l'on se contente des revenus du monastère, qui ne dépassent pas la valeur de douze cents écus d'or, qui sont grevés de nombreuses charges ordinaires et extraordinaires, ainsi que d'une pension accordée et à fournir à l'Illustrissime et Sérénissime Charles-Emmanuel, duc de Savoie : Nous accordons, en vertu de la susdite autorité Apostolique, au Révérend seigneur Abbé, ou commendataire perpétuel de la Bienheureuse Marie d'Abondance actuellement en charge, ou à son légitime procureur, de louer et donner à cens, pour seize ans, à n'importe quelles personnes, même laïques, le membre de Présinges [694], d'une valeur annuelle de cent écus, à compter du jour de l'accensement, au prix de mille écus à payer en argent comptant et par anticipation; ou bien d'hypothéquer et de céder à un juste prix à ces dites personnes le même membre, toujours pour l'espace de seize ans ; en outre, d'hypothéquer d'autres biens du monastère avec tous et chacun des contrats, conventions, commissions, obligations, soumissions, clauses de renonciation et précautions nécessaires et ayant coutume de figurer dans les actes ; ainsi que d'exiger de ces mêmes personnes les sommes dues et de leur donner quittance pour celles reçues ; enfin, de placer ces sommes sur un édifice sacré ou chez une personne digne de confiance et pouvant répondre, dans le but de faire le plus tôt possible la construction en question, nonobstant la Constitution de Paul Il [695], d'heureuse mémoire, et autres ordonnances.
Que l'Abbé ci-dessus soit tenu de Nous soumettre les locations, hypothèques et accensements susdits, faits à juste prix, pour que Nous les approuvions et confirmions ; et aussi que soient suppléés tous et chacun des vices de forme et des manquements au droit établi. Nous déclarons que ledit membre de Présinges, hypothéqué et donné à cens comme ci-dessus, restera hypothéqué pendant seize ans (même s'il arrive que le Révérend seigneur Abbé meure, ou que la commende cesse d'exister), et que, pendant cette période de temps, les successeurs dudit exposant seront tenus de maintenir l'hypothèque et accensement ; décrétant sans valeur ni force tout ce qui serait attenté de contraire à ces diverses dispositions par quelle autorité que ce soit. Que le membre appelé Présinges, loué, donné à cens et dégagé, retourne de plein droit au monastère de la Bienheureuse Marie d'Abondance, au bout des seize ans, avec tous ses droits, appartenances et améliorations, et que ses fruits, revenus et profits en quelque façon que ce soit hypothéqués restent libres.
En foi de quoi, etc.
Fait à Annecy, dans le palais de Notre résidence habituelle, en présence des témoins, vénérable M. Louis de la Pallud [696] et François Favre [697]. Le 28 janvier 1610.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de 1608-1611, de l'ancien Evêché de Genève.
E - ERMITES DUMONT-VOIRON
1
PREMIER PROJET DES RÈGLES DES ERMITES DU MONT-VOIRON ET DÉCRETS ÉPISCOPAUX [698]
9 mai, 7 juin et 16 julliet 1620
(INÉDIT)
PREMIER PROJECT DES REGLES DE PIETÉ ET D'OECONOMIE OCTROYEES PAR MONSEIGNEUR LE
REVERENDISSIME EVESQUE ET PRINCE DE GENEVE
AUX HERMITES DE NOSTRE DAME DE LA VISITATION DU HAULT MONT DE VOYRON
sur le sommet duquel estant ce tres antique, sainct et miraculeux hermitage, jadis profané et demoly par l'envieuse malice du diable en l'introduction des heresies [699]; non au mesme lieu du jour d' huy, mais a l'immediatement inferieur.
NOMS DESDICTS HERMITES ET LEUR. RECEPTION
Freres Jean du Vemey, prebstre, et Jean Grillet, de la parroisse de Arbosigny au Genevois [700], freres d'affinité ; Frere Mermet Jorand, de la dicte parroisse de Boege, que lesdictz deux freres d'affinité receurent pour leur messager et questeur un an apres leur premiere habitation audict hermitage.
Lesquelz, avec licence et approbation de Monseigneur Reverendissime, science et patience, ains charitable rejouissance des seigneurs temporelz dudict Bon et Boege [701], et consentement des sieurs Curés desdictz lieux [702], ont des quelques années commancé d'habiter et restaurer a chaulx et sable ledict sainct hermitage, au desir et a l'edification du peuple catholique voisin, dont ilz ont aussy excité et augmenté, par la grace de Dieu, la devotion au culte d'iceluy et de la glorieuse et tousjours immaculée Vierge Marie.
Et Frere Jean Anthoine Rigault (L9, note 676), hermite provençal, natif de la ville de Barjoulx [703], diocese de Frejus en la basse Provence du royaume de France ; lequel, vestu et recommandé par le Reverend P. Inquisiteur General et Apostolique en Allemagne [704] (ou ledict Rigault enseignoit les langues vulgaires françoise, italienne, espagnole par la latine), et aussy recommandé par l'Illustrissime Legat de nostre Sainct Pere le Pape, resident audict pais en ville de Coullogne [705], fut receu en cest hermitage le onziesme julliet de l'annee dernier (sic), mil six centz dix neuf, a la priere et caution des RR. PP. Capuchins de ceste province ou du duché de Savoye, avec congé du sieur et Reverend Vicaire general, monsieur Rogez [706], soubz le futur bon plaisir de mondict seigneur Reverendissime se trouvant lors a Paris [707], qui, en consideration des susdictes recommandations, satisfaction du peuple, des bonnes mœurs et devotion dudict Rigault, consentement et desir desdictz Hermites, le tout par eux certifié, le leur donna et approuva pour leur confrere, et, en l'admettant audict hermitage, le sousmet, a sa propre requisition et comme les autres, a l'obeissance dudict Frere Jehan du Verney, prebstre, par ses lettres expresses du seiziesme jour de novembre, annee susdicte, mille six centz et dix neuf.
DECLARATION NOTABLE DES HERMITES
Lesdictz quattre Hermites ont en premier lieu volontairement professé, promis et juré sur les sainctz Evangilles, de vouloir vivre et mourir soubz l'obeissance, foy et ordonnance de la saincte Esglise Catholique, Apostolique, Romaine, et, comme prebstres et clers seculiers, soubz celle de Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve, et de dependre selon les sainctz Conciles de son authorité, sans s'en pouvoir jamais distraire soubz pretexte aucun, mesme de fondation de nouveau Ordre religieux ou adjonction a quelqu'un desjaz fondé, y renonçans en bonne et deue forme.
Neantmoins, estant le propre de touttes personnes congregees a pieuse fin, d'eslire et embrasser quelque maniere de vie spirituelle et œconomique, ilz ont unanimement composé sur l'une et l'autre les Reigles suivantes, et supplié tres humblement Monseigneur Reverendissime qu'il se daigne d'y interposer son authorité, approbation et benediction, afin qu'il plaise a la divine Bonté leur faire la grace de les bien et sainctement observer, soubz l'obeissance de mondict Seigneur, a la plus grande gloire et culte de la benite et pure Vierge, Mere de nostre Sauveur Jesus Christ, au salut de leurs ames et a l'edification du peuple catholique des provinces voisines de cest hermitage et, sinon a la conversion, du moins a la disposition des heretiques pour recevoir la lumiere de la foy vraye et salutaire.
ELECTIONS DES SAINCTZ PATRONS DE CEST HERMITAGE ET SES HERMITES
PREMIERE ELECTION DES PREMIERS SAINCTZ PATRONS
Or, estant aussy une tres ancienne, louable et saincte coustume des dictes personnes aggregées, de prendre et venerer pour protecteur ou patron singulier quelque favory de Dieu en sa Court celestielle, et n'en pouvant ny devant lesdicts hermites choisir de plus grands que les comprins au sacrésainct mistere de la Visitation, soubz le nom duquel cest hermitage fut dedié a Nostre Dame : assavoir, le benit et doulx fruict de son ventre virginal, nostre Dieu et Redempteur Jèsus Christ, elle mesme et son bienheureux Espoux et vierge sainct Joseph qui l'accompaigna en si misterieux voyage, sainct Jean Baptiste, et ses pere et mere sainct Zacharie et saincte Elizabeth [708].....
REIGLES DE PIETÉ
Ce pourquoy, a leur honneur, ilz jeusneront comme les veilles, estantz en l'hermitage, les jours de vigiles de leurs festes.
Et en cestes cy se confesseront et communieront audict lieu.
DEUXIEME ELECTION DES PATRONS DESDITZ HERMITES
Et parce que, comme il n'y a poinct de genre de vie en l'Eglise de Dieu militante qui s'aproche plus de l'angelique, aussy nulle n'a tant de besoing de l'assistance des bons Anges que celle des hermites, ilz l'implorent des maintenant pour toujours.
IIme Reigle : Du jeusne et Communion extraordinaire
Et a leur honneur, es veilles et festes ou commemorations des saintz Archanges Michel, Gabriel et Raphaël, ilz observeront le jeusne, confession et Communion.....
TROISIEME ELECTION DES SAINCTZ PATRONS
Pour n'estre moins pieux a l'endroict des sainctz Peres de leur profession que les moindres et plus viles (sic) artisans a celuy des Sainctz, qui, vivant, exercerent quelque fois leur mestier, ilz implorent aussy leurs merites et intercession, et eslisent d'entreux pour Patrons sainctz Paul, Anthoine et Hilarion.
IIIme Reigle : Du jeusne et Communion extraordinaire
A leur honneur ilz observeront le mesme qu'ilz doivent garder a celuy des aultres sainctz Patrons.
IVme Reigle : Du jeusne extraordinaire
Les Advents seront par eux observés, estants en l'hermitage, .comme le Caresme.
Vme Reigle : Du jeusne extraordinaire
N'ayants poinct d'ouvriers en l'hermitage avec lesquelz il leur fault cooperer, ilz jeusneront comme le Caresme des le lendemain de la feste de Nostre Dame a celle de septembre [709].
Vlme Reigle : Du jeusne extraordinaire
Le vendredy, a l'honneur de la Passion de Nostre Seigneur, et le mercredy a celuy de Nostre Dame, ilz jeusneront, estans en l'hermitage, comme les vigilles ; et le bastiment achevé, y adjousteront le lundy, en commemoration et pour le repos des fidelles trespassés, et specialement bienfacteurs.
Ire Reigle : De l'abstinence des viandes, et surtout de la chair
Ilz s'abstiendront tousjours en tout lieu de la chair, ainsy que les RR. PP. Chartreux, excepté du potage d'icelle, soit pour s'accommoder aucunes fois aux personnes qui les visitent, n'estre contraincts eux mesmes et ne contraindre les aultres ailleurs a faire aultre potage, et tout ensemble supporter le travail du chemin.
lIme Reigle : De l'usage du poisson
Considerans lesdictz Hermites, que non rarement, soubz couleur de l'abstinence d'aucunes viandes l'on affecte et abuse d'autres plus friandes et moins decentes, afin que l'usage du poisson soit a jamais conforme a l'austerité et pauvreté de la vie heremitique, il ne leur sera loisible, s'ilz en acheptent (ce qu'ilz n'ont encour faict), d'y despendre plus hault de trois florins, monnoye de Savoye, pour une fois seulement en chascune des trois Caresmes qu'ilz feront en l'annee,
Iere Reigle : De la mortification espirituelle (sic) par la corporelle
A fin de mortiffier l'esprit par le corps, tous les vendredis, en l'hermitage, l'oraison matutine achevee, durant le recit du Psaulme Miserere mei, en penitence de leurs pechés et diminution des peynes des ames du Purgatoire, a l'honneur et comemoration de la discipline de nostre paix (Is 53,5). avec la justice de Dieu, volontairement soufferte par Nostre Seigneur et Redempteur Jesus Christ, les Peres hermites se la donneront aussi volontaire et par leur arbitre et mesure a leurs forces ; si mieux n'aime qui ne la pourra tolerer, porter la haire ou cilice de crin trois jours de la sepmaine, ou jeusner au pain et a l'eau le vendredy, et comme les veilles le samedy, veu que a tous toutte penitence et austerité n'est pas convenable, aucune bien souvent plus contraire qu'utile au progres de la perfection. Les Peres touttesfois n'y oublieront poinct le dire de sainct Paul (2 Co 9,6), que, qui peu semera peu recuellira, nous exhortans ainsy a estre liberaux et diligens, et non avares et negligens en bonnes œuvres.
lIme Reigle : De la mortification corporelle par l'espirituelle
Les Freres literés, hors d'aultre plus utile exercice, mortifieront le corps par l'esprit en l'estude des bonnes Lettres et livres les plus profittables a la fin de leur profession, et en la subjection non seulement des puissances executives et imperatives [de] la volonté, mais encor et principalement du jugement de leur intellect [a] celuy de leur Superieur en choses indifferentes, doubteuses et ambigues, non moins qu'aux necessaires, justes et convenables ; car c'est par telz actes qu'on acquiert la vraye habitude de l'obeissance. En quoy les idiots les imiteront d'une profonde humilité et cognoissance de leur incapacité, taschant de les devancer en œuvres corporelles ou ilz sont plus habiles.
REIGLES DE L'ORAISON ET OFFICE DIVIN
Reigle Ire de l'oraison et office vocal
Les Freres, a l'imitation des Dames nonains de Saincte Ursule [710], et par le commandement expres de Monseigneur, en lieu d'Office chanteront le chappellet du sainct Rosaire, partie en latin, partie en langue vulgaire, afin que litterés et idiots y puissent concourir.
A ce sainct Rosaire ilz adjousteront celuy des neuf hierarchies des Anges glorieux, assavoir neuf Pater noster et neuf Ave Maria.
Reigle IIIme de l'oraison vocale
Et veu qu'ilz ont prins a venerer le tres doulx et tres benit Nom de JESUS, a fin que tous le puissent faire, ilz finiront leur Office, les jours ouvriers, au matin par les Litanies du mesme tres auguste, sainct et vivifiant Nom de JESUS, le soir par celles de l'immaculée Vierge sa Mere, dictes de Lorette.
Les Dimanches et festes y adjousteront au soir celles la, et au matin celles cy.
Esquelz jours feriaux, appres l'action de graces du disner, ilz iront chanter a l'esglise les Litanies de sainct Michel et des aultres sainctz Anges, y fesant commemoration des sainctz Peres hermites, et specialement de sainct Paul, Anthoine et Hilarion, et de toutte l'Esglise triomphante pour la militante, recitant l'oraison de sainct Augustin registrée en ses Meditations, chapitre 40me.
L'oraison mentale se fera soir et matin, finie la vocale, en rendant a la divine Bonté les quattre sacrifices d'expiation, graces, restitution et supplication desquelz ilz ont commencé d'user, et a celuy d'expiation l'on meslera l'examen de conscience du mesme jour.
Le silence, non moins aggreable qu'utile, ains necessaire a 1'o raison mentale, nous enseigne, opposé a son contraire le trop parler, le grand fruict qu'on en peut tirer en touttes occasions. Ce pourquoy, les Freres l'observeront, hors de necessité, des l'oraison mentale du soir jusques a celle du matin, fuyans en tout temps et lieu tellement les parolles vaines, inutiles, oisifves et mondaines, que leur conscience n'ait d'en rendre compte aucun a Dieu qui l'exigera tres rigoureux.
Les Freres continueront de cultiver la charité entreux mesmes en touttes leurs necessités, compatissans les uns aux imperfections et foiblesses des autres, et a tout ce qui se rapporte a si divine vertu, et non moins a l'endroict des personnes ecc1esiastiques et seculieres ; persevereront au culte de l'hospitalité. en lieu si desert, selon la Reigle d'œconomie de ce subject
Ils dormiront vestus, comme les RR. PP. Capuchins, sur une paillasse, en l'hermitage ; dehors, sur le lit que la commodité leur donera.....
Ilz n'useront de poinct de linges, hormis de mouchoirs et, la complexion le requerant, d'un bonnet de nuict; et aultrement, comme les RR. PP. Capuchins.
En l'hermitage, ilz s'y iront coucher entre les huict et neuf heures du soir, et se leveront aux deux appres la minuict es petits jours ; es grands, une heure plustost, qu'ilz pourront compenser avec le dormir du midy ; et continueront l'oraison matutine jusques aux cinq heures, distribuans, selon la commodité, le reste du temps es [Heures] canoniques et en quelque exercice digne de leur humble profession, a l'imitation de leurs sainctz Peres hermites patrons. L'oraison nocturne se fera des les sept aux huict et demy.
Reigle unique de l' heure du disner et souper
Pareillement, hors de jeusne et aultre occasion ou il soit besoing de s'accommoder a aultruy ou aux affaires, ilz disneront entre dix et onze devant midy, et souperont entre cinq et six heures d'apres, y gardant le silence exactement et lisant l'un des Freres, s'il y en a bon nombre, quelque bon livre, ou estant peu, partie l'un, partie l'aultre.
Et parce qu'ilz ne sont pas de nature angelique ains humaine (de quoy chascun se souviendra pour moderer tout zele indiscret), ilz recreeront et delasseront leurs esprits et corps environ trois quarts d'heure appres le disner; car appres le souper ilz n'auront rien de plus empreint en leur memoire que les tenebres de la mort par celles de la nuict, leur vive image, y attendant en bons serviteurs l'evenement tant incertain et redoutable du Seigneur.
La recreation commune sera temperée par quelque discours de matiere espirituelle, ou d'aultre au moins edifiante et dont l'esprit maling ne se puisse servir pour introduire aux leurs des mauvaises especes. Le discours de l'œconomie y sera bien seant, et en tout la modestie religieuse qui conserve les fruicts de pieté comme les feuilles ceux de touttes plantes.
La recreation particuliere se reiglera par la commune, y fuyant, comme peste de la pieté et tranquillité des esprits, la medisance, censures et jugement des actions de qui que ce soit.
De quoy aisement se collige la Reigle de converser en commun et particullier. La conversation privée, touttefois, ne sera permise hors de necessité ou aultre cause juste, lorsque chascun aura sa chambrette pour s'y contenir et n'en sortir qu'au son de la cloche et voix d'aultruy ; auparadvant y aura divers esgard, accommodé a la commodité presente.
REIGLE IIme EXPRESSE
Ilz frequenteront les sainctz Sacrements de Penitence et d'Eucharistie : quant aux laiz, chasque Dimanche et principale feste de l'année, surtout en l'hermitaige, se souvenans que dehors, comme plus exposés aux tentations, ilz en ont plus de besoing. Les prebstres celebreront, s'il sera possible, chasque jour, et pour s'y enflammer se mettront en memoire la pieuse opinion la dessus du venerable Beda [711].
REIGLES DU GOUVERNEMENT ŒCONOMIQUE
Reigle 1re
De l'office et charge d'un chascun
L'on assignera, selon le talent d'un chascun, son office ou charge particulliere, pour le y faire valoir et eviter confusion, oultre laquelle il s'employera es aulttes choses selon ses forces et industrie.
Reigle IIme.
Du Superieur et de l'obeissance a luy deüe
Les Peres hermites obeiront, comme a leur legitime Superieur commis par Monseigneur Reverendissime, au P. Jehan du Verney, prebstre, en touttes choses justes et conformes aux Reigles presentes, et luy a Monseigneur.
A ceste fin, ilz se sousmettent volontairement a la correction raisonnable de leur Superieur ; en choses de quelque importance, neantmoins, reservée a sa Seigneurie Reverendissime, a laquelle sera permise accusation reciproque entre le Superieur et ses inferieurs, estant la faute ou la correction intolerable ou escandaleuse, ou sans amandement. Auquel cas l'on luy renvoyera, avec le sceu de tous les Peres et relation veritable du delict, celuy qui en sera accusé, afin qu'il s'en puisse librement purger, sans forme ny figure de proces, et moins tergiverser en. cas qu'il soit convaincu; craignans, et les uns et les autres, d'interpeller indiscretement Monseigneur.
Reigle IVme
L'on tiendra Livre de raison des affaires dudict hermitage, et specialement de tout ce qu'on questera, recevra, despendra et contractera de quelque importance, de et avec qui que ce soit, et sur tout pour l'edification du peuple.
L'on tiendra un petit Livre a part, des Messes qu'on aura charge de dire, afin qu'on y satisface.
Reigle Vme
Tous les Freres seront obligés a la queste du bled et du vin, et chascun d'eux revenant. declarera soubz serment ce qu'il aura trouvé, pour l'escrire audict Livre de raison et l'assembler proche de l'hermitage, au lieu et maison la plus commode et asseuree que faire se pourra.
Reigle Vlme
L'on n'entreprendra rien d'importance, principalement bastir, vendre et achepter et les semblables, sans l'advis de tous les Freres.
Reigle VIIme
L'on ne recepvra plus personne pour Frere ou messagier sans le consentement de tous les Freres, advis du Reverend Surveillant qu'il plaira a Monseigneur de leur donner, et sur tout commendement de sa Seigneurie Reverendissime.
Reigle VIIlme
Et puisque contrariorum eadem est disciplina (les contraires se règlent de la même manière), nul des Freres ja nommés et receus, ny autre qui le soit de semblable chemin, ne pourra estre congedié ou privé que par la mesme voye de ladicte reception, et pour fautes sans espoir d'amendement, ou scandale irreparable et grave, appres touttefois que la clemence de Monseigneur Reverendissime les aura ouy, et autant de fois qu'elle les aura jugé dignes, absous. Pour ce, a elle seule appartiendra l'interlocutoire en la definitive sentence, pour ne rendre la condition desdicts Hermites ridicule et plus sordide que celle des plus abjects valets du monde, et ce sainct lieu mesprisable et malheureux par default d'affection.....
Reigle IXme
L'on tiendra un Inventaire de tous les biens, meubles et immeubles de l'hermitage, presents et advenir, et tout ensemble de lieux. alienation, changement ou diminution.
Reigle Xme
De la maniere de faire la charité corporelle aux seculiers visitans l' hermitage, et du repas ordinaire et a part des Freres
Parce que la quallité du lieu requiert que lesdictz Hermites reçoivent en leur maison et donnent a manger, au moins quant au disner, a toutte sorte de personne de l'un et l'autre sexe, l'un d'eux leur portera ce qui sera jugé convenable, et aussy tost appres se retirera vers les autres Freres pour prendre a part avec eux leur repas, sauf si le R. Jehan du Verner estime a propos de leur faire luy mesme compagnie ; fuyans; et les uns et les autres au possible, la conversation dangereuse et le trop de familiarité des femmes.
Reigle XIme
Le pain s'y fera d'une seule sorte et mediocrement bon pour tous les Freres, sauf celuy du mesnaige, meslant avec le froment le reste des bleds qu'on trouvera, afin d'en pouvoir donner, selon leur costume, aux honnestes gens qui la hault en sont bien souvent despourveus, se chargeant un chascun le moins qu'il peult pour monter la montagne.
Reigle XIIme
Le Frere hermite despencier balliera, sans se le faire demander, a celuy des Freres qui montera ou descendra la dicte montagne, pour supporter le grand travail qu'il y a, demy pot de vin, mesure de Geneve approchant de la chopigne des lieux voysins; et au repas ordinaire, la moytié, ou deux verres honnestes, jusques a l'edifice parfaict, et lors le luy delivrera complet. Durant ce temps la, l'on mettra la pitence en commun, mais en cestuy cy les portions se diviseront; le pain y sera selon le besoing et a la discretion d'un chascun.
Reigle XIIIme
Chasque an revolu et environ les festes de Pasques du prochainement suyvant, les questes du bled et vin de cestuy cy faictes [et] assemblées, comme dict est, les Freres dresseront et rendront entre eux mesmes les comptes du receu, du despendu, et determineront le reliqua (si poinct y en aura) de l'année precedente ; et communiqueront appres le tout audict Reverend Surveillant, afin d'adviser ce aquoy il sera le mieux employé, au cas qu'on ait assez trouvé pour passer la suyvante.
Reigle XIVme
L'habit desdicts Hermites sera de drap blanc de pays ou des circonvoisins, selon la forme ou façon differente des Ordres religieux qu'il plaira a Monseigneur Reverendissime leur assigner ; l'exigeant leger, le monter et descendre de telle montaigne, et la queste aussy. penibles, tout ainsy que de peu de prix, la profession d'hermite mendiant.
Reigle XVme
Le lieu, pour sa hauteur excessive, extremement froid, et là plus part de l'hiver tellement couvert de neige qu'on y monte et descend au peril de la vie, de soy mesme atteste qu'on n'y peut aller deschaussé et mal vestu ; c'est pourquoy les Hermites se chausseront et vestiront le moins mal et avec le meillieur mesnaige qu'il leur sera possible, accommodé a leur profession.
Reigle XVlme
Pour l'observance desdictes Reigles, avec les exceptions suyvantes, l'on lira le present Project en presence de tous les Freres en lieu de recreation, chasque premier Dimanche du mois, l'apres disner.
EXCEPTIONS DES DICTES REIGLES
Durant l'edifice imparfaict, empeschans les Reigles de pieté susescrites les Freres de cooperer en choses ausquelles l'employer leurs forces et industrie est un grand jeusne, discipline et cilice, non moins que le monter et descendre, ilz en seront dispencés par ledict Reverend ]ehan du Verney, et luy par soy mesme ; et s'il est absent, par le dictamen de leurs consciences, les autres pareillement.
En cas de maladie, chasque Pere se dispensera, en l'absence de son Superieur ; ou, en sa presence, sera par luy dispencé de l'obligation susdicte, pour raison de touttes les Reigles au dictamen de sa conscience, sans qu'il conçoive scrupule ny encoure peyne aucune.
Se rencontrans les jours des jeusnes extraordinaires avec les commandés de l'Eglise, s'ilz arrivent a un mesme jour, l'on n'usera de poinct de translation, ains satisfaisant a celuy de precepte l'on aura satisfaict a celuy de conseil ; mais s'ilz se rencontrent deux au vendredy et samedy, seront observés. Si en autres jours, pour eviter le concours de trois, l'un d'eux de conseil se transposera au samedy ; de l'un aussy desquelz, si quattre jeusnes s'entresuivent, l'un sera relevé, de façon qu'on en retienne autant d'interrompus chasque sepmaine par autres non obligatoires, hormis le cas susdict du vendredy et samedy.
Les jours des festes obligatoires a la Confession et Communion s'entresuivans immediatement, suffira d'observer la Reigle en l'un des principaux, si mieux l'on n'ayme le faire, quant a l'autre, a la veille ; s'ilz seront interrompus d'un autre jour, l'obligation de la Reigle a tous les deux demeurera a son entier.
Hors de l'hermitage, chasque Frere se conduira en ce selon le dictamen de sa conscience ou commodité qu'il en aura.
APPROBATION DESDICTES REIGLES
D'UN THEOLOGIEN COMMIS PAR MONSEIGNEUR
ET AU BAS, CELLE DE SA SEIGNEURIE REVERENDISSIME
Nous, PIERRE FRANÇOIS JAY, Chanoine et Theologal de l'Esglise cathedrale de Sainct Pierre de Geneve (L6, note 550), avons leu diligemment les dictes Reigles par 1e commandement de Monseigneur le Reverendissime Evesque, et Prince de Geneve, esquelles n'avons rien trouvé qui ne soit conforme a la doctrine de l'Esglise Catholique, Apostolique et Romaine, et aux bonnes mœurs, voire grandement faisant, autant que nous le pouvons entendre, a la perfection de la vie heremitique.
En foy de quoy avons soubsigné ce present escrit, ce neufviesme may mille six centz vingt.
FRANÇOIS JAY.
DÉCRET D'APPROBATION
DE MONSEIGNEUR REVERENDISSIME EVESQUE ET PRINCE DE GENEVE
Nous avons appreuvé ce Projet, sauf a y adjouster ou changer ainsy que, selon Dieu, Nous verrons a faire cy .apres.
Annessi, le 9 may 1620.
FRANÇs, E. de Geneve.
PROFESSION DESDICTES REIGLES EN MAIN DU SIEUR ET Rd SURVEILLANT DE CE SAINCT HERMITAGE A LA REQUISITION DESDICTZ HERMITES COMMIS PAR MONSEIGNEUR REVERENDISSIME
L'année susdicte mille six centz vingt, et le quinziesme du mois de juing, audict hermitage, en presence de nous, Jean Louis Questan, docteur en theologie et Chanoine de l'Esglise cathedrale de la ville de Geneve (L7, note 817), a la requisition desdicts Hermites commis Surveillant dudict sainct lieu par Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de ladicte ville, et des tesmoins soubsnommés ; personnellement constitués les susdicts quattre Hermites : Frere Jean du Verney, leur Superieur, Jehan Grimet, Mermet Jorand et Jehan Anthoine Rigault, ont de leur bon gré, libre et franche volunté professé les susdictes Reigles entre noz mains, pour et au nom de mondict Seigneur Reverendissime, leur vray, legitime et immediat seigneur, maistre et protecteur tres clement, en la forme suyvante :
FORME DE LA DICTE PROFESSION
Voulant, avec son accoustumée saigesse, Monseigneur Reverendissime faire preuve de la devotion et constance desdictz Hermites durant deux années en l'exacte observation desdictes Reigles, pour en pouvoir appres utilement lascher ou tirer la bride selon l'exigence colligée de leur evenement, et pour ce, commandant qu'ilz ne s'obligent pas de vœu privé ny solemnel, mais seulement en leur ame de propos muable a son jugement:
Ilz ont, avec ceste moderation, promis et juré, promettent et jurent, par l'attouchement du sacrosaint Evangile en tel cas requis, a sa Seigneurie Reverendissime et, pour et au nom d'icelle, a nous, dict Surveillant (dheuement invoqué l'aide et grace de Dieu, l'intercession et merites de la tous jours benite et immaculée Vierge Marie sa Mere, et de tous leurs sainctz Patrons et Court celestielle), d'avoir di-je, lesdictes Reigles et leurs consequentes et dependantes tres aggreables, fermes et stables a jamais.....
Et si bien des Reigles et Profession susdictes se colligent clairement les trois vœux de chasteté, pauvreté et obeissance d'un chascun desdictz Hermites en leur particulier (laissant leur Communaulté a la toutte providente et puissante main de Dieu), ilz les proposent et embrassent en la maniere et avec la moderation des mesmes Reigles, afin de s'y conformer a la volonté de Monseigneur Reverendissime, et non poinct qu'ilz pensent de s'en despartir jour de leur vie, ains de les observer et garder inviolablement.
Quant a l'habit aussy et sa forme commandée par sa Seigneurie Reverendissime, assavoir : soutane, grand et petit manteau auquel soit attaché le capuchon rond et de mediocre grandeur, en estans desjaz vestus, de la couleur et qualité assignée en la Reigle particuliere d'iceluy, ilz le retiendront sans changement.
En foy et valleur immutable de ceste verité, les sachans escrire ont soubsigné ceste Profession, et les autres y ont apposé leurs marques.
COMMISSION EXPRESSE DE MONSEIGNEUR REVERENDISSIME
AUDICT SIEUR SURVEILLANT
POUR RECEVOIR DE SA PART LESDICTZ HERMITES A LA SUSDICTE
PROFESSION ET FORME D'ICELLE
Ayans veu cette forme d'establissement et Profession, Nous avons commis le Sr Questan, chanoine de Nostre Eglise, docteur en theologie, curé de Dovenoz, deputé a la surveillance dudit hermitage et habitans d'iceluy, pour recevoir lesditz Hermites a icelle Profession de Nostre part.
Annessi, le 7 juin 1620.
FRANçs, E. de Geneve.
Nous, Freres Jehan du Verney, prebstre, Jehan Grillier et Mermet Jorand, hermites de Nostre Dame de la Visitation du hault Mont de Voiron, a la veue de la ville de Geneve et dans le Diocese d'icelle : attestons et certifions a tous ceux qu'il appartiendra, devant Dieu et ses sainctz Anges, lesquels nous appellons en temoings de ceste verité par nous, de nostre propre volonté, attestée; que FRERE JEAN ANTHOINE RIGAULT, hermite provençal, admis, receu et confirmé pour nostre confrere par divers escrips authentiques de Monseigneur le Reverendissime Evesque et Prince de Geneve, a vescu, passé et finy parmy nous son an d'approbation, assavoir, des le unziesme julliet de l'annee derniere mil six centz dix neufz, jusques a ce jourd'huy, treiziesme dudict mois mil six centz et vingt. Et ce, avec autant de probité, devotion et edification qu'on sçauroit desirer d'un bon et vray Religieux, zelateur de l'honneur, gloire de Dieu et de la tous jours benite et immaculée Vierge Marie sa Mere, du bien de son Esglise Catholique, Apostolique, Romaine, culte et amplification de ce sainct lieu, non moins que du salut eternel de son ame et de celles de ses confreres ; ayant a ceste fin composé, et luy mesme exactement observé, les Reigles de pieté et d'œconomie qu'il a pleu a Monseigneur Réverendissime d'approuver, et que tous ensemble avons professées le quinziesme de juing immediatement precedent.....
Si declarons en cœur (sic), soubz nostre serment en tel cas requis, estre nostre desir et contentement qu'il continue de vivre avec nous, nostre confrere bien aymé, le reste de sa vie; suppliant tres humblement mondict Seigneur Reverendissime et le sieur Reverend Surveillant de condescendre de leur costé a ce nostre souhait et requeste, qui l'est aussy de toutes les gens de bien qui l'ont cogneu.....
En foy de quoy, nostre Superieur, au nom de tous, a escript et soubsigné de sa main le present tesmoignage, au dict lieu de Voiron, ledict jour, treziesme julliet, mille six cents et vingt.
FRERE JEHAN DU VERNEY, prebstre, hermite, in verbo sacerdotis affirme comme dessus.
Je soubsigné, condescend au desir des susdic.ts Hermites, pour les mesme causes susdictes.
Faict a Dovene, ce 15 juillet 1620.
QUESTAN, Surveillant.
Nous appreuvons l'establissement du susnommé Frere Jean Anthoine Rigaud en l'hermitage de Voiron, l'acceptant et advouant pour l'un des Hermites d'iceluy.
Annessi, le 16 julliet 1620. FRANçs, E. de Geneve.
Revu sur le texte inséré dans le 1er Procès de Canonisation.
ABRÉGÉ DES CONSTITUTIONS DES ERMITES DU MONT-VOIRON [712]
Entre le 9 mai et le 7 juin 1620
D'autant que le saint, celebre et ancien hermitage du Mont de Voiron est fondé sous le vocable de la Visitation de la glorieuse Vierge Marie Nostre Dame, les Hermites qui y vivront des-ormais invoqueront particulierement et auront pour Patrons : en premier lieu [apres nostre Sauveur et Redempteur Jesus Christ, Ange du grand conseil et Mediateur de Dieu et des hommes (Is 9,8 ; 1 Tm 2,5) ], les Saintz qui sont au mistere de la Visitation, c'est a sçavoir : la Vierge Marie, Mere de Dieu, saint Joseph, saint Jean Baptiste, patriarche des hermites, saint Zacharie et sainte Elizabeth; en second lieu, tous les bons Anges, specialement le chœur des Principautés ; et en troysiesme lieu, saint Paul premier hermite, saint Anthoine et saint Hilarion.
Les Hermites seront habillés d'une soutane de drap blanc battant sur les talons ; sur la soutane, d'un manteau en façon de rochet jusques a mi jambe; et sur le manteau, d'un camail avec le capuce rond. Il leur est permis de porter du linge, a cause de la mondicité, excepté au lit, sur lequel ilz se coucheront vestus de leur habit court, sinon qu'ilz fussent mouillés ou malades, car en ce cas ilz pourront se devestir; comm'encor ilz seront chaussés, parce qu'en leur montagne les hivers sont tres rigoureux et les montees et descentes fascheuses.
Les Hermites observeront le jeusne, outre les jours commandés de l'Eglise, toutes les veilles de leurs Patrons, tout le tems de l'Advent, et despuis le lendemain de l'Assumption de Nostre Dame inclusivement jusques a sa Nativité exclusivement ; tous les vendredis de l'annee, a l'honneur et memoire de la Passion de Nostre Seigneur, et s'abstiendront de la chair tous les mercredis.
Les Hermites prendront la discipline tous les vendredis, apres l'orayson du matin, pendant qu'on recitera le Psalme cinquantiesme de la penitence, de David ; sinon qu'ilz ayment mieux porter la haire ou le cilice trois jours de la semaine, ou bien jeusner le vendredi et samedi en pain et en eau.
Les Hermites disneront et souperont tous-jours au refectoire commun, et diront leur coulpe ; ou, s'ilz ont manqué a quelque chose importante, se disciplineront sur les espaules devant tous les Freres. Mais ceux qui auront fait la montee le jour auparavant, ou qui reviendront de la queste, des moissons, vendanges, et en tems d'hiver, sont exceptés et leur sera permis de prendre un peu de repos.
Les Hermites prestres, ou qui sçauront lire ou entendre le latin, reciteront le grand Office du Breviaire Romain ; et les laicz qui ne sçauront lire reciteront le Rosaire, a l'imitation des Urselines (note 710), adjoustant neuf fois l'Orayson Dominicale et tout autant la Salutation Angelique, a l'honneur des neuf chœurs des Anges.
Les Hermites observeront en leur Office un tel ordre : le Sacristain sonnera en tout tems a quatre heures du matin; apres quoy, il fera bruire le resveille matin par le dortoir l'espace de troys tours, et un peu apres retournera sonner le dernier signe de l'Office. Les Freres laicz assisteront a Matines, a genoux, jusques a la fin du premier Psalme, puis pourront sortir, si bon leur semble, pour dire le Chapelet ou quelqu'autre orayson, prenant garde sur tout de ne parler point les uns avec les autres. Aussi tost que le Sacristain aura cloché deux coups sur la fin de Prime, a la leçon du Martyrologe, ilz retourneront tous necessairement au chœur pour faire l'orayson mentale, laquelle durera demi heure, sinon qu'il y eust quelque cause urgente de la faire plus courte ; et se commencera par les Litanies des Saintz. Estant achevee, si c'est en hiver les Freres se chaufferont demi heure, puis chacun s'en ira vacquer a ce qu'il aura en charge.
La premiere Messe se dira a six heures, continuant jusques a midy lhors qu'il y aura beaucoup de prestres ; que s'il n'y en a que troys ou quatre, la premiere se dira a sept heures, la seconde a huit, la troysiesme a neuf, la quatriesme a dix; et s'il est possible, les Freres les serviront tour a tour.
Quand on preverra des festes les jours desquelles le peuple a accoustumé d'affluer, et que pour ce il faudra vacquer a ouyr les confessions, les prestres diront Matines le soir auparavant, depuis huit heures jusques a neuf, puis, le matin, les Heures de suite. Mays quand rien ne pressera, on dira Tierce et Sexte a neuf heures, None a midy, Vespres a trois heures et Complies a six, finissant par l'orayson mentale de demi heure, laquelle, apres que les Freres seront assemblés au son de la cloche que le Sacristain donnera au Cantique de Simeon, se commencera par les Litanies de Nostre Dame.
Tous les samedis apres souper, les hermites chanteront au chœur, devant l'image de la Vierge, l'hymne de ses joyes [713] ; puis se retireront en leurs cellules, ou bien iront se chauffer un peu, selon le tems. Mays si quelquefois ilz ne se treuvent pas en nombre suffisant pour chanter, alhors, si le restant est prestre, il dira a haute voix les Litanies des Saintz ; si c'est un Frere laïc, il recitera les Litanies de Nostre Dame, lesquelles, a tout le moins, ne s'omettront jamais et que tous seront obligés de sçavoir par cœur.
Les jours feriaux et ouvriers, apres l'action de graces du disner, les Hermites iront a l'eglise pour reciter les Litanies de saint Michel et des saintz Anges, avec commemoration de saint Paul, de saint Anthoine, de saint Hilarion, de l'Eglise triomphante, et adjousteront pour la militante l'orayson de saint Augustin qui se trouve au quarantiesme chapitre de ses Meditations.
Les Hermites confesseront leurs pechés et recevront le tres auguste Sacrement de l'autel tous les jours de Dimanche et festes solemnelles ; les prestres tascheront de celebrer la sainte Messe tous les jours.
Les Hermites observeront exactement le silence, sinon que la necessité ou la civilité les face parler ; en quel cas, ilz prendront garde de moderer leurs discours et ne rien dire de trop.
Les Hermites auront en tres grande recommandation l'hospitalité et un soin tout particulier des pelerins et estrangers, les servans et traittant courtoysement, sans toutesfois rompre les regles de la juste œconomie.
Les Hermites ne sortiront point de leurs cellules sinon pour les Offices, au son de la cloche, ou estant appellés pour quelques necessités, ou quand le Pere Superieur leur permettra de se pourmener seulz parmi le bois pour tout autant de tems qu'il prescrira.
Les Hermites estans a la queste ou a quelques negociations eviteront tout ce qui pourroit donner le moindre sujet de scandale, taschant de se comporter le plus conformement a l'ordre de l'hermitage qu'ilz verront judicieusement estre possible, sans incommoder personne ; et estant de retour, jureront de tout ce qu'ilz auront receu ou negocié.
Pour recevoir quelqu'un et bailler l'habit apres le tems de la probation, il sera requis d'avoir le consentement de tous les Freres, l'opinion du Reverend Surveillant, et le jugement ou commandement du Reverendissime Evesque ou de son Vicaire general ; comme pareillement, on ne mettra personne dehors sans les mesmes precautions.
Celuy qui, desireux d'observer l'entiere solitude, apportera et joindra a la Communauté suffisamment pour son entretien, sera exempt de faire la queste. Que si, avec le tems, les Hermites pouvoyent avoir des rentes suffisantes par la charité des gens de bien, ilz s'arresteront sans plus et demeureront en l'hermitage pour vacquer avec plus de loysir a la sainte meditation et reception des pelerins.
Les Hermites obeiront a un Superieur qui soit pareillement hermite, ou autre tel qu'il plaira au Reverendissime Evesque de commettre, lequel aura tout le mesme pouvoir que les Ordres reformés donnent aux Superieurs. Quand il se rendra intolerable, injuste et passionné outre mesure, les Freres conviendront par devant le Reverendissime Evesque, leur juge, ou son Vicaire general; toutesfois sans forme ni figure de proces, mais s'accusant simplement l'un l'autre, et s'excusant pareillement, sans injure ni animosité. . .
Les Hermites se tiendront en l'obeissance de l'Evesque tout de mesme que les curés, seront obligés de se treuver au Sinode diocesain, et ne resoudront rien de grand et important en leur Chapitre sans le communiquer au Surveillant et faire appreuver a l'Evesque.
Les Hermites observeront exactement toutes ces Constitutions pour estre dignes du saint nom qu'ilz portent ; et a cest effect les reliront souvent, taschant tous-jours de faire mieux, et selon les occasions et la rayson en requerront l'Evesque, lequel s'est reservé et reserve le pouvoir d'adjouster et retrancher, selon qu'il verra estre expedient pour la plus grande gloire de Dieu.
III
LETTRES PATENTES EN FAVEUR DES ERMITES DU MONT-VOIRON [714]
31 août 1622
FRANÇOIS DE SALES, par la grace de Dieu et du Saint Siege Apostolique Evesque et Prince de Geneve, a tous ceux qui ces presentes verront, salut.
Le culte et honneur de l'Immaculee Vierge Marie estans, apres ceux de Dieu son Filz, les plus recommandés et utiles en tous besoins, principalement en la conversion des heretiques a l'Eglise Catholique, qui, pour ce, luy chante meritoirement : Gaude, Maria Virgo, cunctas hœreses sola . interemisti in universo mundo, il semble que Nous ne sçaurions asses cherement recommander la restauration, voire l'amplification et ornement du tres antique bastiment de Nostre Dame de la Visitation du Mont de Voyron,. a la veuë orientale de ladite ville de Geneve et a la meridionale de Lausanne, affin qu'on y venere autant et plus la mesme tres glorieuse Mere de Dieu que le diable ne la voulut mespriser, prophanant et ruinant ledit saint lieu par l'introduction de l'heresie aux susdites villes [et] en la duché du Chablaix. Et specialement si Nous considerons, non seulement les miracles publiques qui arriverent en sa destination, mais encores, entre autres choses notables de sa reparation, que cette pieuse entreprise reuscit, graces a Dieu, si heureusement, que ladite devotion est frequentee de plusieurs milliers de peuples catholiques et de bon nombre d'heretiques circonvoisins, qui en demeurent pieusement edifiés et contribuent aussi promptement et charitablement de leurs aumosnes que les mesmes catholiques plus proches d'icelle, exhortant ouvertement les venerables Hermites, ses restaurateurs, a y continuer leur bon zele et probité [715].
Nous donq, meus de si juste et puissante cause, combien que nous regrettions infiniment la pauvreté et misere des pauvres de ce païs, si est ce que, croyant tres bien employee la charité quilz feront a cest effect et pour l'entretien desdictz Hermites et leurs messagers, et qu'elle ne diminuera jamais, ains plustost augmentera leurs moyens par l'intercession de Nostre Dame : mandons a tous les RR. Recteurs, Curés, Vicayres et autres ecclesiastiques de ce diocese d'en edifier leurs ditz peuples et les informer, par la lecture de ces Lettres, que lesditz venerables Hermites, ayans et observans des bonnes Reigles et offices de pieté et d'œconomie [sous un] Superieur et Surveillant particulier [716], vivent sous Nostre obeissance comme prestres et clercs seculiers et suivant les decretz des saintz Conciles, portant toutesfois le nom d'Hermites et l'habit blanc, par Nous dedié au sacré saint mystere de la Visitation, auquel ce tres devot et remarquable desert fut anciennement consacré. Et, ce faisant, qu'ilz les leur recommandent le plus utilement qu'il sera possible, silz desirent d'y concourir avec Nous, et d'y servir la benite Vierge, les exhortons en Nostre Seigneur, tout ainsy que Nous les exhortons eux mesmes et tous Nos autres diocesains, a les recevoir, assister et favoriser au susdit but, de toute sorte de vrais offices chrestiens et charités dignes de leur pieté, pour en percevoir, icy et au Ciel, les fruitz et payemens inestimables de la main de Dieu tres liberale.
Et la ou ladite queste porteroit lesditz venerables Hermites en quelque evesché de nos voysins, Nous prions et requerons en Jesus Christ Nostre Seigneur, Nostre Reverendissime Frere, l'Evesque d'iceluy, les RR. Officiers ecclesiastiques et autres personnes pieuses ausquelles ilz s'addresseront, de les avoir en la mesme sus escrite et non vulgaire recommandation, Nous offrant a la pareille, et en pareil et semblable cas.
Donnees a Annessi, le dernier du mois d'aoust de l'an mil six cens vingt deux, sous Nostre signet et seel episcopal, pour valoir le reste de cette annee et durant toute l'autre prochainement suivante, sans qu'il soit requis de les renouveller, attendu l'incommodité de l'interruption de ladite queste, lhors commencee en quelques lieux, et celle desditz Hermites, dont l'integrité Nous est tres notoyre et tres aggreable.
Revu sur le texte inséré dans le Registre de l'ancien Evêché de Genève (Actes, 1622-1627, fol. 104).
F –RÉFORME DU PUITS-D'ORBE ET PIÈCES DIVERSES
ADVIS POUR LA REPARATION DE LA DISCIPLINE REGULIERE AU MONASTERE DU PUYS D'ORBE
[Octobre ou novembre] 1608 [717]
Quant a la closture, il est requis que nul homme n'entre dans le chœur, dans le cloistre ni dans le dortoir des Religieuses, sinon pour les causes pour lesquelles les confesseurs, medecins, chirurgiens, charpentiers et autres peuvent entrer es monasteres les plus reformés ; c'est a dire, quand la vraye necessité le requiert.
Les femmes neanmoins y pourront entrer par tout, mays non pas coucher dans le dortoir. Et les Religieuses pourront sortir dans l'enclos du monastere, pourveu qu'elles sortent pour le moins deux ensemble et qu'elles n'entrent point dans les logis ou habitent les prestres, receveurs et autres hommes, attendu quil ne peut y avoir aucune necessité de ce faire et tous-jours quelque sorte de danger. Elles pourront aussi sortir du monastere aux chams et promenades qui sont autour d'iceluy, pour leur recreation, pourveu qu'elles soyent au moins la moytié ensemblement, sans se separer les unes des autres. .
Mays quant a entrer et demeurer au chœur des Religieuses pendant que l'on y fait l'Office, il ne le faut- permettre qu'a quelques femmes de respect.
Et pour les visites des parens, amis et autres qui voudront voir les Religieuses, il faudra deputer quelque chambre hors le cloistre en laquelle telles visites puissent estre faittes, ou neanmoins les Religieuses n'aillent point qu'accompaignees de deux autres, pour la bienseance. Le jardin proche du logis de madame l'Abbesse peut encor servir a cela, et l'eglise du costé de l'autel, selon la diversité des occurrences, en observant tous-jours la bienseance de n'estre pas seules en un lieu, bien que seules elles parlent a ceux qui les viennent voir, pendant que celles qui viendront avec elles s'entretiendront a part avec toute modestie.
Quant a la sortie des Religieuses es maysons de leurs proches et autres lieux, il seroit requis qu'elle fust du tout retranchee ; mays cela semblant trop dur a quelques unes, il faut, pour le moins, que ce soit le plus rarement qu'il sera possible, puysque telles sorties ne se font gueres sans notable distraction d'esprit et murmuration de ceux qui les voyent dehors, et que les parens mesmes desireroyent que leurs Religieuses demeurassent en paix dans leurs monasteres, ainsy mesme que quelques uns m'ont librement dit.
Il seroit requis quil y eust un confessional en quelque lieu qui fust visible des le chœur, ou qui fust mesme dans le chœur, et que ce confessional fust fait en sorte que le confesseur ne vist point les Dames qui se confessent, ni elles luy, pour plusieurs raysons.
Il faut oster l'autel qui est dedans le chœur, et tirer tout au long une separation entre le chœur et le maistre autel, qui soit faitte a colonnes de bois ou de fer, et en laquelle il y aye une porte par laquelle ou les Religieuses puissent sortir pour se presenter a la Communion, ou le prestre puisse entrer pour la leur porter dedans le chœur ; sinon que la separation fust faitte en sorte que les Religieuses se disposans en rang le long d'icelle, le prestre puisse les communier commodement entre les colomnes : ce qui me sembleroit plus seant et plus propre, et fort aysé pour la gravité de l'action. Comm'aussi il me sembleroit plus propre et plus seant que le confessional fust mis en sorte que les Dames fussent en iceluy dedans le chœur, et le confesseur dehors, comme il se peut faire et qui se fait en tous les monasteres bien reglés. Or, cela se peut faire faysant le confessional en l'un des deux boutz de la separation.
Il est requis quil se face une Prieure, laquelle, comme lieutenante de l'Abbesse, soit obeye ne plus ne moins que l'Abbesse, en l'absence d'icelle. Et pour la faire, i! est expedient que les Religieuses en fassent eslection et que madame l'Abbesse l'accepte et confirme pour telle. Que si les Religieuses n'en vouloyent pas faire d'eslection, madame l'Abbesse la pourra establir sans leur eslection. Or, il la faut choisir telle que les Religieuses ayent sujet de luy obeyr et de l'honnorer [718]. Elle tiendra tous-jours le premier rang apres l'Abbesse, en l'absence de laquelle toutesfois elle ne se mettra pas en sa place, mays en la premiere apres celle de l'Abbesse.
Le Chapitre ou Calende se doit tenir tous les vendredis de l'annee, si la solemnité de quelque feste occurrente n'empesche ; et lhors il faudra faire ladite Calende le jour precedent. On y lira quelque chapitre ou article des Regles, ou mesme de quelque livre qui traitte de la discipline religieuse ; puis on conferera par ensemble des defautz et manquemens qui se seront commis es Offices et observances regulieres, si on en a remarqué, et des moyens d'y remedier, avec toute la charité quil sera possible.
Quant aux pensions, toutes sont exhortees de les remettre a la disposition de la Superieure qui, moyennant cela, aura soin de faire fournir a toutes les necessités des Religieuses [qui] remettront les dites pensions. Et quant a celles qui ne les voudront remettre presentement, il faudra attendre que Dieu les en inspire. [719]
Revu sur le texte inséré dans le 1er Procès de Canonisation.
MÉMOIRE ADRESSÉ A LA SACRÉE CONGRÉGATION DES RÉGULIERS
EN FAVEUR DES RELIGIEUSES DE SAVOIE
Mai 1613 [720]
(INÉDIT – EN ITALIEN)
POUR LES RELIGIEUSES DE SAVOIE, TANT DU DIOCÈSE DE GENÈVE
COMME DE CELUI DE GRENOBLE OU GRATIANOPOLITENSIS [721]
Bien que le sacré Concile de Trente ait ordonné d'accorder à toutes les Religieuses un confesseur extraordinaire au moins trois fois par an, on ne le donne cependant jamais, surtout aux Religieu ses de Sainte-Claire qui, à cause de cela, souffrent beaucoup [722]. Item : quoique les Jubilés publiés en plusieurs occasions par le Saint-Siège autorisent chacune de ces Religieuses à appeler tel confesseur approuvé par l'Ordinaire qu'elle voudra, néanmoins les confesseurs ordinaires et autres Supérieurs de ces Monastères les empêchent d'user de cette liberté.
Ce serait donc une très grande charité si le Saint-Siège daignait pourvoir à ce que les Supérieurs, sans excuse ni tergiversation quelconque, fussent obligés de donner des confesseurs extraordinaires et les Religieuses de les recevoir ; en sorte que toutes se confessant à eux, on ne put savoir quelles sont celles qui en ont besoin. Quant aux Jubilés, que les Religieuses aient la liberté de demander par écrit aux Evêques ou à leurs Officiaux les confesseurs qu'elles désirent ; et que ces ordonnances soient signifiées aux Provinciaux ainsi qu'aux Visiteurs, aux Supérieures des Monastères et aux Religieuses.
Mais pour éviter les contestations, il sera mieux que ces Supérieurs ne sachent pas d'où est venu l'avis à la sacrée Congrégation des Réguliers (L6, note 349).
Revu sur l'Autographe appartenant à la princesse de Piombino, à Rome.
SIGNIFICATION ET CERTIFICAT A L'ARCHEVÊQUE DE CORINTHE ET A L'ÉVÊQUE DE TOUL
TOUCHANT UNE COMMISSION DU PAPE DE VISITER L'ABBAYE DE REMIREMONT
28 novembre 1613
(INÉDIT – EN LATIN)
[723] FRANÇOIS DE SALES et ADAM, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Evêques, l'un de Genève, l'autre de Tripoli, délégués en cette affaire.
A tous et chacun de ceux qui verront et entendront les présentes, Nous faisons savoir et attestons que Nous avons reçu avec toute l'humilité et révérence convenable les Lettres Apostoliques en double expédition, en forme de Bref, sous l'Anneau du Pêcheur, de notre Très Saint Père le Pape Paul V, datées de Rome, près de Sainte-Marie-Majeure, le dix-neuf octobre, l'an 1613, du Pontificat du même Très Saint Pape Paul le neuvième, Lettres à Nous adressées pour l'affaire des Révérendes Doyenne [724] et Chanoinesses de l'église Collégiale de Saint-Pierre, en la ville de Remiremont, diocèse de Toul [725], en cette teneur ; sur le dos d'abord : " Aux Vénérables Evêques de Genève, de Chrysopolis [726] et de Tripoli [727] "; et dans l'intérieur : " Paul V, Pape. - Vénérables Frères, salut et bénédiction Apostolique.
" Ayant appris dernièrement que l'église Collégiale de Saint-Pierre, de la ville de Remiremont, diocèse de Toul, église à Nous et au Siège Apostolique immédiatement soumise, et où l'on affirme que, en plus de nos chères filles dans le Christ, l'Abbesse, faisant profession d'appartenir à l'Ordre de Saint-Benoît [728], et les Chanoinesses, il y a d'autres clercs séculiers, en possession de canonicats de prébendes ou autres bénéfices ecclésiastiques, tous formant un seul Chapitre : ayant donc appris que cette église a besoin de visite et de réforme, surtout sur ce point de Chanoinesses et de Chanoines constituant un seul Chapitre, et peut-être formant un même chœur pour la psalmodie ; Nous donnâmes mission et ordre à Nos vénérables Frères l'Archevêque de Corinthe [729] et l'Evêque de Toul [730], et à vous, Evêque de Tripoli, par un motu proprio et d'après Notre science certaine, ainsi qu'en vertu de la plénitude de la puissance Apostolique, par d'autres Lettres expédiées semblablement, en forme de Bref, afin que l'Archevêque de Corinthe et l'Evêque de Toul, et vous, Evêque de Tripoli, ou bien les deux premiers, ou encore l'un d'eux en union avec vous, procédassent une fois seulement, à la visite de l'église susdite, aussi bien pour la tête que pour les membres. Ils devaient s'enquérir avec diligence de la vie, des mœurs, pratiques et règlements de l'Abbesse et des Chanoinesses, ainsi que des Chanoines, prêtres et clercs qui sont attachés à la susdite église, en tenant compte de la doctrine Evangélique et Apostolique, des traditions des saints Canons, des Conciles généraux et des saints Pères. Tout ce qu'ils reconnaîtraient avoir besoin de changement, de correction, d'amendement, de révocation et de rénovation, et surtout l'état susdit, ils devaient le réformer, le changer, le corriger, et même l'organiser à nouveau. Les choses établies et non contraires aux saints Canons et aux décrets du Concile de Trente, ils devaient les confirmer ; les abus de toute sorte, les faire disparaître ; les bonnes et louables institutions, règles et discipline ecclésiastique, notamment le culte divin, les remettre en honneur par les moyens convenables, en tout ce en quoi ils les verraient péricliter. L'Abbesse, les Chanoinesses et les Chanoines, ainsi que les prêtres et clercs mentionnés, ils devaient les rappeler à un genre de vie conforme à leur devoir, à l'honnêteté et à un état modelé sur les saints Canons et le Concile de Trente déjà allégués. Tout ce qu'ils auraient statué et ordonné, ils avaient le devoir de le faire observer, et forcer les désobéissants à s'y soumettre, par des censures, peines ecclésiastiques et autres remèdes opportuns de droit et de fait. Tout le reste se trouve dans lesdites Lettres, de la teneur desquelles Nous voulons que les présentes fassent davantage foi expressément.
" Mais aujourd'hui, pour certaines causes qui agissent sur Notre esprit, déchargeant l'Archevêque de Corinthe et l'Evêque de Toul sus désignés de l'obligation, à eux imposée par Nous, de visiter l'église, son Abbesse, ses Chanoinesses, et les Chanoines en question, et révoquant la faculté à eux concédée plus haut, Nous les remplaçons par vous, vénérables Frères, Evêques de Genève et de Chrysopolis ; par une action, une science et une plénitude de puissance semblables, Nous confions le soin et donnons l'ordre à vous trois par les présentes, que, procédant à vous trois, ou au moins à deux de vous ensemble, vous mettiez à exécution les susdites Lettres, en en suivant la forme en tout et pour tout. Nous vous commandons, en effet, et ordonnons de faire tout ce qui a été dit plus haut et tout ce qui se trouve dans les mêmes Lettres, et vous accordons, par la teneur des présentes, la faculté de l'exécuter. Enjoignant pour cela à l'Abbesse, aux Chanoinesses, aux Chanoines, aux prêtres et aux clercs présents de vous obéir sans délai en tout ce qui a été dit et en chaque chose, de recevoir humblement vos salutaires avertissements et commandements, enfin de s'efforcer de les suivre efficacement ; sans quoi, toute sentence ou peine que vous prononceriez régulièrement contre des rebelles, Nous l'aurons pour ratifiée, et, avec l'aide du Seigneur, Nous la ferons observer à la lettre, nonobstant tout ce que dans les présentes Lettres Nous avons eu l'intention d'écarter comme empêchement, et nonobstant aussi toutes choses contraires.
" Donné à Rome, près de Sainte-Marie-Majeure, sous l'Anneau du Pêcheur, le 19 octobre 1613, de notre Pontificat le neuvième.
Signées et souscrites,
I. S. COBELLUZZl [731].
Avant de vouloir procéder à l'exécution de ces Lettres Apostoliques, Nous ordonnons, de par l'autorité à Nous déléguée dans cette affaire, que ces Lettres et tout ce qu'elles contiennent soient notifiés et intimés avant toutes choses aux Révérendissimes Pères et Seigneurs dans le Christ, Guillaume, Archevêque de Corinthe, et Jean, Evêque de Toul, dont il a été fait mention expresse dans les mêmes Lettres, par le premier clerc ou notaire apostolique requis pour cela, que nous députons spécialement pour cet effet. Décrétant que, après la notification et intimation susdites, et dès que Nous serons légitimement informé de la réponse et de l'assentiment des Révérendissimes Archevêque et Evêque, Nous entreprendrons, en toute justice, conjointement avec le Révérendissime Père et Seigneur dans le Christ, l'Evêque de Chrysopolis, s'il lui plaît de s'unir à Nous, l'exécution des Lettres Apostoliques mentionnées ci-dessus, selon leur forme, contenu et teneur.
En foi et témoignage de tout cela, Nous avons ordonné d'établir les présentes, signées de Notre propre main, et munies de l'impression du sceau qui Nous sert en semblables occasions.
Donné en la ville d'Annecy; du diocèse de Genève, le 28 du mois de novembre, l'an et sous le Pontificat ci-dessus.
Revu sur une copie faite par M. Michel Favre, conservée à Lyon, chez les Missionnaires de la Maison des Chartreux.
IV
MÉMOIRES PRÉSENTÉS AU PRINCE DE PIÉMONT, VICTOR-AMÉDÉE POUR LE RÉTABLISSEMENT
DE LA DISCIPLINE RELIGIEUSE DANS LES MONASTÈRES DE SAVOIE
Septembre 1616 [732]
A MONSEIGNEUR LE SERENISSIME PRINCE POUR LE RESTABLISSEMENT DE LA DISCIPLINE REGULIERE
ES MONASTERES DES HOMMES DE DEÇA LES MONTZ
La dependance que les Religieux ont de leurs Abbés et Prieurs commendataires engendre continuellement des proces, noyses et riottes scandaleuses entre eux.
Il seroit donq peut estre a propos de separer le lot et la portion des biens requis a l'entretenement des Religieux, monastere et eglise d'avec le lot et la portion qui pourroit rester a l'Abbé ou Prieur commendataire ; en sorte que les Religieux n'eussent rien a faire avec l'Abbé ni l'Abbé avec eux, puisque chacun d'eux auroit son fait a part : comme l'on a fait tres utilement a Paris, des abbayes de Saint Victor [733] et de Saint Germain (L8, note 811). Et par ce moyen, les Superieurs cloistriers auroyent toute l'authorité convenable pour bien reformer les Monasteres, reduysant la portion des Religieux en communauté ; et pourroit on aussi changer les Superieurs, par eslection de troys ans en trois ans.
Et affin que la reformation se fit plus aysement, il serait requis que cet ordre se mit premierement a Talloyre, ou il y a des-ja un bon commencement de reformation (L4, note 246), et par apres il faudroit sousmettre a Talloyre tous les Monasteres de l'Ordre de Saint Benoist, affin qu'on y installast la mesme reformation [734].
Mais quant aux Monasteres de l'Ordre de Cisteaux, je ne voy pas qu'aucune reformation s'y puisse faire, sinon y mettant des Religieux Feuillans, comme on a fait a la Consolata de Thurin [735], a Pignerol et en Abondance [736]. Il y a, de plus, des Monasteres de Chanoines reguliers de Saint Augustin qui n'ont pas moins besoin d'estre reformés ; ce que malaysement se pourra faire, sinon par changement d'Ordre. Et semble qu'il seroit expedient d'en retirer quelques uns dans les villes, comme par exemple, le Monastere d'Entremont (L2, note 263 ; L10, note 157) a La Roche, pour accroistre la le nombre des chanoynes et y establir un notable service, avec un theologal et pœnitentier [737], eu esgard au voysinage et continuel commerce de ceux de Geneve avec ceux de La Roche.
On pourroit aussi en convertir d'autres en des Congregations de Prestres de l'Oratoire, comme par exemple, le Monastere du Saint Sepulchre de cette ville [738]; et les autres, les annexer au College de cette ville [739], comme le prieuré de Pellionnex (L2, note 265).
Or, ce que j'ay dit de retirer quelques Monasteres dans les villes pour accroistre le nombre des chanoynes, regarde le bien de la noblesse de ce païs, laquelle est nombreuse en quantité, mais la plus part pauvre, et laquelle n'a aucun moyen de loger honnorablement ses enfans qui veulent estre d'Eglise, sinon es benefices qui se distribuent dans le pais, comme sont les cures et les canonicaux, lesquelz on pourroit introduire saintement, ne devant estre distribués que par le concours aux gentilzhommes ou docteurs.
Son Altesse donq, pour ce regard, pourroit faire une instruction a son Ambassadeur [740] pour obtenir de Sa Sainteté une commission a l'Archevesque de Tharentaise [741], Evesque de Maurienne [742], et a celuy de Geneve pour proceder aux establissemens susditz, en sorte neanmoins que l'un desditz Prrelatz se treuvant absent, les deux autres puissent proceder.
Et les procureurs general et patrimonial [743], chargés de tenir main, en toutes occurrences, a l'execution, avec expresse recommandation au Senat d'assister en toutes les occasions qui le requerroyent.
Revu sur l'Autographe conservé à la Bibliothèque publique de Neufchâtel (Suisse).
2
A MONSEIGNEUR LE SERENISSIME PRINCE POUR LA REFORMATION DES MONASTERES
DES FILLES DE L'ORDRE DE CISTEAUX
Il seroit requis qu'on retirast les troys Monasteres de Cisteaux [744] dans les villes, affin que les (sic) deportemens fussent veus journellement, qu'elles fussent mieux assistees spirituellement et qu'elles ne demeurassent pas exposees aux courses des ennemis de la foy ou de l'Estat, a l'insolence des voleurs et au desordre de tant de visites vaynes et dangereuses des parens et amis. Joint que de les enfermer aux chams, esloignees d'assistance, c'est les faire prisonnieres miserables, mais non pas Religieuses ainsy que l'on pretend de faire par les bonnes exhortations qu'elles recevront dans les villes. Et aussi le saint Concile de Trente ordonne (Sess 25, De Regular…5) qu'on les reduise dans les villes pour ces mesmes causes.
On pourroit donq reduyre celles de Sainte Catherine en cette ville, celles de Bonlieu a Rumilli et celles du Betton a Saint Jean de Maurienne ou a Montmelian [745].
Et quant a celles de Sainte Claire hors ville de Chamberi, l'on pourroit aussi les reduyre dans la mesme ville de Chamberi (L10, note 157).
Mais affin qu'a mesme tems qu'on les reduyroit toutes es villes la reformation se fist, il seroit requis que Sa Sainteté commist quelque Prœlat qui establist es Monasteres tous les reglemens ordonnés par le Concile de Trente (id, ch 5,7,10,15,18), et leur donnast des Superieurs auxquelz l'on peust avoir recours facilement.
Son Altesse donq, pour ce sujet, pourroit faire dresser une instruction a son Ambassadeur, affin quil obtinst deux commandemens de Sa Sainteté: l'un a l'Abbé de Cisteaux, General de l'Ordre dudit Cisteaux [746], a ce que promptement il fist retirer les Religieuses des monasteres de Sa voye dans les villes voysines, en lieu propre a leur demeure, en attendant qu'elles eussent fait un nouveau monastere ; l'autre, a l'Evesque de Maurienne et a l'Evesque de Geneve, a ce qu'ilz tinssent main affin que tous les reglemens ordonnés par le Concile fussent establis non seulement es Monasteres de Cisteaux, mais en tous autres Monasteres de femmes qui sont en Savoye.
Et le procureur general de tenir main a l'execution de l'intention de Son Altesse.
Revu sur le texte mséré dans le Ier et le IIe Procès de Canonisation.
A - MANDEMENT DE MONSEIGNEUR CLAUDE DE GRANIER ÉVÊQUE DE GENÈVE
LE GRAND PARDON OCTROYE PAR NOSTRE SAINT PERE LE PAPE EN L'EGLISE DE LA SAINTE MAISON DE NOSTRE DAME DE COMPASSION AU LIEU DE THONON, PRES GENEVE, A TOUTES LES FESTES DE NOSTRE DAME
(note 600) Nostre Saint Pere le Pape Clement VIII a concedé Indulgence pleniere a tous fidelles Chrestiens de l'un et de l'autre sexe, entrans au nombre des confreres de la Maison de Nostre Dame de Compassion, lesquelz contritz, confessés et communiés, en chascune ou quelqu'une des festes de Nostre Dame, des les premieres Vespres jusques aux secondes, visiteront l'esglise de ladite Sainte Maison de Nostre Dame de Compassion, au lieu de Thonon, pres Geneve, ou est instituee ladite Confrerie pour la conversion des heretiques ; illec priant Dieu pour l'extirpation des heresies, pour l'exaltation de la sainte Eglise et pour la paix et union entre les princes chrestiens, ainsy qu'appert par Bulle authentique plombee, donnee a Romme l'unziesme (sic) du mois de septembre 1599 [747].
De rechef, en ladite esglise de Nostre Dame de Compassion se trouvent quelques penitenciers ayant pouvoir de recevoir tous heretiques a la sainte Eglise, voire mesme relaps, excepté les notablement qualifiés ; et tant iceux que tous autres chrestiens absoudre de quelz pechez que ce soit, voire crimes, exces, delitz tant grans et enormes soyent ilz, mesme reservés en la Bulle Coena Domini (Op2, note 134) ; comme aussi de toutes peines et censures ecclesiastiques in foro conscientiae, et de faire changement de vœux (aucuns excepté, selon la coustume ecclesiastique), et autres semblables graces, pour la tres grande consolation des consciences des pauvres pecheurs.
Pour ce sont exhortés tous fidelles Chrestiens, . principalement ceux qui n'auroyent eu commodité de venir au saint Jubilé dernierement celebré audit lieu [748], qu'ilz ne perdent a present un si riche tresor et grace singuliere qu'ilz trouveront en ladite esglise, comme aussi de s'efforcer par bonnes œuvres honorer et protester la sainte foy Catholique audit lieu, pour la conversion des heretiques a l'honneur de la divine Majesté.
Le jour de Nostre Dame d'aoust prochain commencera la premiere Indulgence.
Imprimatur et publicetur.
Datum Thononii, ultima julii 1602.
C. DE GRANIER, Episcopus Gebennensis.
B - SOMMAIRE DES STATUTS ET REGLES DE LA CONFRERIE DE NOSTRE DAME DE COMPASSION
(note 619) Ceux qui desireront estre agregés seront tenus de la frequenter, en assistant aux Offices qui s'y chantent et aux Messes qu'on y celebre, l'espace de trois mois au paravant que d'estre receus, afin que pendant ce temps ils puissent donner des asseurances de l'integrité de leur vie, bonnes mœurs, zele et assiduité.
Les dits confreres s'assembleront en la chapelle de la dite Confrerie à sept heure (sic) du matin, pour y chanter l'Office de Nostre Dame et ouïr la Messe ensemblement en habit : à sçavoir, les premiers Dimanches de chasque mois, les cinq festes de Nostre Dame qui sont la Purification, l'Annonciation, l'Assomption, la Nativité et l'Immaculee Conception; les festes des SS. Fabien et Sebastien, de sainct Roch et la premiere de Pentecoste. A celle-cy ilz y chanteront l'Office du Sainct Esprit.
Apres qu'ils auront ensemblement chanté Vespres des premiers Dimanches de chasque mois, suivis de leur Recteur feront procession par l'ordinaire ; mais la premiere feste de Pentecoste, celles des susdites de Nostre Dame, des SS. Fabien et Sebastien, de sainct Roch et du premier Dimanche d'octobre, feront la grande procession ; pareillement le Jeudi Sainct et l'Octave de la Feste Dieu. A celle-cy le dais sera porté par quatre des confreres.
Assisteront aux Grandes Messes de Requiem que: l'on dit dans la dite chapelle pour le repos de chasque confrere trepassé, apres que l'on aura dit l'Office des Morts à mesme intention; autant en fera-ton pour les absents decedés quand on en sçaura le trepas, et pareillement les confreres absents diront l'Office ou le Chappellet pour les decedés en la ville.
De plus assisteront aux Grandes Messes de Requiem qui se disent dans la dite chapelle le lendemain des cinq festes susdites de Nostre Dame, pour le repos des ames des confreres et consœurs trepassés.
Le jour de la feste de sainct George l'on celebre Messe à diacre et sousdiacre, et le lendemain pareillement une de Requiem à l'intention des fondateurs de la dite chapelle, la quelle anciennement estoit sous son vocable ; les dits confreres et consœurs seront tenus d'y assister.
Le dernier jour de carnaval s'assembleront avec leur Recteur pour aller en procession dans l'eglise des Reverends Peres Barnabistes, y ouïr le sermon, recevoir la Benediction du Sainct Sacrement de l'autel et y gagner les Indulgences.
Les sœurs de la dite Confrerie feront à l'alternative les stations devant le tres Sainct Sacrement de l'autel aux heures qui leur seront assignees par billet, jusques à celles de six du soir du Jeudi Sainct, passé les quelles les dicts confreres les feront à la mesme forme jusques au lendemain, que le Sainct Sacrement sera remis au maistre autel ; les quatre confreres qui se rencontreront alors porteront le dais.
Les dicts confreres et consœurs assisteront tous les sammedys de l'année aux Gaudés de la Saincte Vierge, que l'on chante dans la dite chapelle, et au Stabat à ceux du Caresme apres le sermon.
Les confreres obeiront au Prieur ès choses de la Confraternité.
S'abstiendront les dits confreres de toutes sortes d'actions scandaleuses.
Ceux qui ne se pourront trouver en la chapelle se manderont excuser au Prieur ; et neantmoins diront ce jour-là leur Office, ou Chappellet, pour participer aux prieres qui se font en l'assemblée.
Et si quelqu'un d'eux se trouve avoir manqué aux Offices par trois fois sans licence et excuse legitime, il en sera chassé par le sieur Prieur avec l'avis de ses Conseillers.
A l'entrée, celuy qui sera receu, sera tenu de se confesser et communier.
Tous les confreres se communieront au moins les cinq festes principales de Nostre Dame, en habit et ensemblement.
Visiteront et assisteront d'aumosnes, s'il y eschoit, les confreres malades, selon l'ordre que le Prieur leur donnera, et procureront la Confession et Communion; aussi l'Extreme Onction leur soit conferee à bonne heure.
Et s'essayeront les confreres d'accompagner le Sainct Sacrement lors qu'on le porte aux confreres malades, et à cest effait les malades seront tenus d'advertir le Prieur quand ils tomberont en maladie ; et accompagneront à la sepulture les confreres trepassés.
Ils porteront le defunct eux mesmes en habit ; que s'il. ne se trouvoit des confreres en nombre, feront donner des habits à ceux qui les porteront.
Si quelqu'un surprend l'un des confreres offensant Dieu, il l'admonnestera jusques à trois fois, et si en apres la troisieme fois il ne se chastie, il en advertira le Prieur, lequel avec l'advis de la Confrerie le chastiera.
Si deux confreres ont querelle ensemble, le Prieur leur assignera terme pour les reconcilier, pendant lequel n'entreront à la chapelle, et celuy auquel il aura tenu la. reconciliation ne soit esté faite, le dit terme passé il sera chassé..
Les confreres s'en allant dehors seront tenus de prendre billet de leur reception des mains du secretaire, pour leur servir d'excuse et pour pouvoir, au besoin, assister aux Offices qui se font en d'autres Confreries.
C - LETTRE DE MONSEIGNEUR JUVÉNAL ANCINA EVÊQUE DE SALUCES (1) A SAINT FRANÇOIS DE SALES (note 524 ; L2, note 16)
( EN ITALIEN)
Molt' Illustre et Reverendissinio Signore,
Ecco il nostro buon Mr Bernardo novello sacerdote.. Exceii, obsecro, ilium obviis ulnis in osculo sancto. Ecce in manu tua erit ; utere ut libet. Egli presentarà a V. S. Rma la Vita latina dei Beato Padre Filippo nostro che regna in Cielo, cujus memoria in benedictione est, perpoterla tradurre in lingua francese e farla stampare in Lione, o vero in Pariggi, dove a Lei parrà meglio e più espediente.
Diami, pregola, aviso certo di sua buona salute et del signor suo fratello, veramente angioleto di Paradiso, che tale parvemi di vederlo in Carmagnuola [749] ; et parimente quale speranza vi sia frà Catholici della fundatione della nuova Casa di Tonone [750] et della ricuperatione di Geneva per ridurla al grembo di santa Chiesa : il che tutto mi sarebbe di somma consolatione et contento.
Et qui finisco, pregandole dal Cielo, di questo felice anno nuovo, chiaro et sereno, buon' principio, miglior mezo et ottimo fine. Amen.
Di Saluzzo, li dieci di Gennaio 1604.
Di V. S. molt'Ilustre et Rma,
Divotissimo servitore affezionatissimo,
G. indegno Vescovo di Saluzzo,
nè Sal , nè Luce [751],
Al molt' I1lustre et Revmo Sre Mons
Il Vescovo di Geneva.
Revu sur l'Autographe inédit, conservé à la Visitation de Turin.
DES LOCUTIONS ET DES MOTS SURANNÉS OU PRIS DANS UNE ACCEPTION INUSITÉE
AUJOURD'HUI (L11, note 724)
(L'astérisque désigne les mots qui ont paru dans les Glossaires des tomes précédents.)
*A - pour de, en.
ABECEDAIRE - personne qui enseigne à lire
*ABSENTER - pour s'absenter, s'absenter de
ACCENSEMENT - convention par laquelle un terrain (ou autre chose) est donné à cens, c'est-à-dire
sous la redevance d'une rente
*ACCOMMODER - pour ajuster
* ACCOUSTUMÉ (avoir) - avoir coutume
ACCROISTRA AUX – augmentera celui des
*A CE - pour cela, jugé à propos
*ADVISÉ (qu'il sera) - qu'on sera d'avis de leur imposer
*AFFIGÉ - a/fiché
*AINS – mais, mais au contraire
A LA (faveur) - en faveur
*AMPLIFICATION - du lat. AMPLIFICATIO, accroissement, extension, agrandissement
*AMUSER A (s') - pour perdre son temps, se laisser distraire par, perdre le temps
ANNATES (decimes) - décimes constituant les redevances équivalentes à une année de revenu que
payaient au Saint-Siège ceux qui étaient pourvus d'un bénéfice
ANNEXATION - annexion
ANNEXE - pour annexion, comme annexe
ANNEXEMENT-annexion
*A PEYNE - sous peine
APOTHICAIRE - pharmacien
*APPAROIR (feront) –feront constater
APPAROIR A NOUS (ilz feront) -ils feront la preuve devant nous
APPAROISTRE DE - terme de palais, constater
APPART (il)- il est évident
*APPERT (il, il nous) - il est évident, prouvé, il est constaté, il est constaté par nous,, il nous paraît
évident
APPERT PAR .- il résulte du
* APPOINTEMENT - accommodement. Cf. l'ital. APPUNTAMENTO.
APPRINSE - apprise, c'est-à-dire estimation d'un fonds pour en connaître l'état ou la valeur
*ARTIFICE - pour travail
ASSES (d') – assez de
*ASSISTER - pour prêter son aide,son cncours
*AU - pour dans le, le
*AUCUN - pour quelque défaut de pouvoir, quelqu'un
*AUCUNEMENT - pour en quelque façon
*AUQUEL - pour dans lequel
*AUTANT - pour autant de
*AUTANT COMME - pour autant que, dans la mesure où
*AUX - pour les
AUX FINS - pour afin
*AVANT QUE - pour avant
*BAILLER - donner
*BALLIER – balayer
*BELLEMENT - posément
*BENEFICE - pour bienfait
BIENFACTRICE - bienfaitrice
BLANCHISSEMENT - blanchissage
*BRULEMENT - incendie
CAS ADVENANT - s'il arrivait
*CE - pour ceci, cela.
CE DESSUS, CE QUE DESSUS - ce qui est dit ou écrit ci-dessus
CE FAIT - cela étant fait
CELEBRATION - action de célébrer la Messe
CENSE - redevance
*CE PENDANT - pour pendant
*CHACUN - pour chaque
*CHAIR - pour viande
*CHAMS (aux) - à la campagne, dans la campagne
CHARGE (a la) - à condition
CHEREMENT (asses) - avec assez d'affection
*CI DEVANT, CY DEVANT – pour antérieurement
CLERGEON - petit clerc
CLOCHÉ - pour sonné
CLOISTRIER - des cloîtres
COLLEGIATE - collégiale
*COMBIEN QUE - bien que, quoique
COMMENCE (qui se) - que l'on commence
COMMENCER (se) - pour commencer
COMMETTRE - pour déléguer
*COMMUNIER (se) - pour communier
COMPAROIR – comparaître, parattre
*COMPETER - appartenir en vertu de certains droits
COMPOSITEUR - celui qui est chargé d'arranger les affaires
CONFERANS - contribuant
CONFRATERNITÉ - pour confrérie
*CONNOISSABLE - apparent
*CONTE - pour compte
*CONTRAIRE (au) - dans le sens contraire
*CONTRARIER -.pour qui ne soit pas contraire
CONVENIR - pour se réunir
CONVENU - pour accepté d' un commun accord
.CONVERTIR - pour changer
*COTTE - cote, prix que l'on fixe pour le paiement d'un impôt
*COUVERT - pour toit
*CRIÉES - proclamations pour annoncer une vente de justice
CROYSON - pièce de monnaie inférieure au ducaton et ayant cours à la fin du XVIe siècle et dans la
première moitié du XVIIe
*CY APRES - pour dans la suite
*DAMOYSELLE (voir MADAMOYSELLE) - appellation usitée jadis à l'égard de toute femme mariée
qui n'était pas noble, ou qui, étant noble, n'était pas titrée
*DE - pour à, du.
*DEBOUTTÉ - déclaré par arrêt déchu d'une demande
*DEÇA (de) - de ce pays
*DEDANS - pour dans
*DEFAILLANCE - pour absence, absence non justifiée
*DEFAILLANT - pour celui qui est absent de l'assemblée, celui qui manque, manquant
*DEFAUT - pour absmce
*DEHORS - pour hors
*DEMEURANTES - pour demeurant
*DEPUTÉ - pour assigné, délégué
*DEPUTER - pour consacrer à cela, déléguer
DEPUTER POUR - pour charger de
DEPUTÉS - pour ceux qui ont été choisis pour étudier une affaire
DESAGREABLE AU - qui n'est pas agréé du
DESPARTEMENT - pour répartition
*DESSUS - .pour ci-dessus (
DESSUS (ainsy que) - comme il est dit ci-dessus
DESSUS (ce) - ce qui est écrit ci-dessus
DESSUS (ce que) - ce qui est dit ci-dessus
*DESTRAIT, DETRAIT - pour déduit, enlevé, ôté
DETENU DE - retenu par .
*DEVANT - pour avant
DEVESTIR (se) - quitter ses vêtements
*DISTRAIRE - pour détourner
*DIVERTIR - pour
*DONT - pour c'est pourquoi
*D'ORES EN AVANT, DORES EN AVANT, DORESENAVANT - dorénavant
DOUTER DE - pour craindre, redouter
*DRESSER - pour élever, former
*DU TOUT - absolument, tout à fait
*EAGE - âge
EFFECT (par) - effectivement
EFFECTUELLEMENT - effectivement .
*EMMI LES- au milieu des
*EMPLOITE, EMPLOYTE - emploi
*EN - pour à, au
EN LAQUELLE - pour où
EN PAIN ET EN EAU – au pain et à l'eau
*ENSEMBLEMENT - ensemble
*ENSUIT (s') - suit
ENTABLÉ - inscrit sur un tableau
*ENTANT QUE - pour autant que, selon que
ENTANT QUE DE - dans la mesure du
ENTANT QUE DE BESOIN - autant qu'il en est besoin
ENTANT QUE DE RAYSON- dans la mesure où cela est requis
ENTANT QU'EN EUX EST - autant qu'il est en eux
ENTANT QUE NOUS TOUCHE- dans la mesure où cela nous regarde
ENTANT QU'IL - dans la mesure où
ENTANT QU'IL LUY - dans la mesure où cela le
*ENTRETENEMENT - entretien
*ENTRETENIR - pour faire séjourner, vivre
*ENTREVENIR - intervenir
*ENVERS - pour
*ESCHEOIT (s'il y) - s'il y a lieu
*ESMEU - pour déterminé, excité
*ESSAYER (s') - essayer
ESTENDENT LEUR COURAGE - appliquent leur cœur
*EVENEMENT - pour succès
*EXACTION - le fuit d'exiger quelque chose
*FAIT - pour bâti
*FASCHEUX - pour pénible
*FAUTE (a) - pour à défaut
FERIAUX (jours) - sens liturgique : tous les jours, sauf le samedi et le dimanche
*FORME - pour teneur
*FORME (a, a la) - selon les règles
FORME ACCOUSTUMEE (a) - selon la coutume
FORME DES (a) - conformément aux
GALERE - pour navette à encens ?
GARNI - pour pourvu
GRANGER - celui qui tient une ferme, à la condition de partager le produit des champs avec le
propriétaire
*HABILITÉ - aptitude
*HEBDOMADAL - hebdomadaire
*HEBERGE - refuge
HISTORIAUX - historiques
*HONNESTE - pour. convenable, honorable
*HONNESTETÉ - pour bienséance
IL Y - pour il lui
*IMPERTINENT - pour hors de propos Cf. le lat. PERT1NENS, à propos.
INCOMBANCE, INCOMBENCE - charge
INCORPOREMENT - incorporation
*INDECENCE - pour messéance
INEPTE - pour peu apte
*INHIBER - interdire
*INSTITUTION - précis de la doctrine
*JOINDRE - pour ajouter
*JOURDHUY (ce) - aujourd'hui
JOURNELLEMENT - tous les jours
* JURER - pour -prêter serment
*LAI - laïc
*LA OU - pour quand
*LEÇON - pour lecture
*LEGAT - pour legs
LES - pour aux
LEVER DEBOUT (se) - se lever tout droit
*LHORS - pour alors
LONG (de) - de vêtements longs
*MADAMOYSELLE (voir DAMOYSELLE) -
MANANT - du lat. MANENTES, demeurant d'une façon fixe
MANIGLIER - bedeau, ou marguillier
MATINIERE - matinale
*MEMORIAL - mémoire
*MESNAGE - pour administration
*MESNAGER - qui a un ménage
*MINUTER - projeter quelque chose en cachette et pour l'accomplir bient6t
MIXTEMENT - avec mélange
MONDICITÉ - propreté
*MURMURATION - murmure
.NEGOCE - pour affaire
*NEGOCIATION - pour affaire
NEGOCIÉ - pour traité.
*NE PLUS NE MOINS - ni plus ni moins
*NON PLUS- pour pas plus
NORMATEUR - celui qui doit veiller à l'application de la règle, surveillant
NOUVELET - novale
*NOYSE - querelle
.*OBEDIENCE - du lat. OBEDIENTIA, obéissance
OCCURRERA (n') - ne se présentera
OCTANE - ancien nom d'une unité numérique pour les grains ; l'octane ou coupe valait quatre quarts
OFFERTOIRE - pour offrandes
ONNAILLE - charge
*ORDONNER DE - pour disposer de
OUTRE QUOY - en outre, outre cela
*PAR APRES - ensuite
*PAR CY APRES - dans la suite, dorénavant
*PAR DEVANT - devant
*PAR DEVERS - auprès de
*PAR ENSEMBLE - ensemble
*PARMI - pour dans
PAR ORDINAIRE - ordinairement
*PARROCHIALE – paroissiale Cf. l'ital. PARROCCHIALE.
PARROCHIALLE -
PARROCHIAUX - paroissiaux
PARTIES SUPPLIEES (les) - les parties à qui s'adresse la supplication
PASSAGE-pour indemnité que devait payer un homme à cheval. sur un terrain clos ou ensemencé
PIE - pour pieuse
PLUS OUTRE QUE - Plus de
POINT (a) - pour à aucun
PONCTUATEUR - celui qui marque ou note les manquements
*PORTION - pour part
POSER CONTE - rendre compte
*POUR CE - pour cela
POUR LHORS - alors
*POURMENER - promener
*PRAEFIGER - fixer Du lat. PRAEFIGERE, fixer d'avance.
PRAETENDU (patron) - susdit patron
PREDECESSEUR - pour ancêtre
PREMIERE AUBE - pointe du jour
*PRESENT (de) – actuel, à présent
PRESTATION - le fait de fournir quelque chose
*PREVERRA - futur archaïque de prévoir
*PRIM'AUBE - pointe du jour
*PRINS - ancienne forme de pris
*PRIVATIVEMENT - exclusivement
PROBITÉ - pour exercice de la vertu Cf. le lat. PROBITAS.
PROCHAINEMENT VENANT - prochain
*PROPRE - pour convenable
*PROTESTER - pour témoigner publiquement
*PROUVOIR - pourvoir
*PSALME - psaume
*QUE - pour qui
QUOY OUY PAR NOUS - cela ayant été entendu par nous
RAFROIDIR - se refroidir
RAPPORTER PAR DEVERS NOUS - style judiciaire: soumettre à notre examen
REBLANCHIR - pour blanchir, laver
*RECIT - pour recitation
*RECOMPENSE - pour compensation, dédommagement
*REDUCTION - pour retour
*REDUIRE, REDUYRE – pour ramener, retirer
*REDUIT - amené, conduit
REFECTION - reconstruction
*REFORMATION - réforme
*REGARD (pour) - en ce qui concerne, au sujet
*REGARD (pour ce) - à ce sujet, à cet égard, pour ce sujet
*REGARD (pour le) - à l'égard, en ce qui concerne les, pour ce qui est
*REGIME - pour direction
REGISTRÉ - enregistré
RELIQUAT - ce qui reste dû après un arrêté de compte
*REMONSTRANCE - pour exposé, réclamation
REMONSTRANS - ceux qui ont pris l'initiative de la requête
*REMONSTRER - pour faire remarquer
REPRESENTÉ - pour présenté
RESERVATION - droits qu'on s'est réservés
RESSEANT - habitant résidant dans la paroisse
RESSERRER - pour enfermer
RESTANT - celui qui reste
REVESTIR - pour vêtir
*RIERE – dans, sur
*RIOTTE - dispute
SACRÉ SAINT - sacro-saint, saint et sacré
SALUTATION - du lat. SALUTATIO, visite ou prière à une image sainte ou à un Saint
*SANS PLUS - sans faire davantage
*SEEL - sceau
*SEELLER - sceller
SERA SURSOYÉ A - un délai, un sursis sera accordé pour
SERVAGNIN - nom patois, dans le Chablais, d'un cépage ou plant de vigne hâtif, à grains serrés et à petites grappes rouges ; on appelle aussi vin salvagnin ; une sorte de vin rouge du pays
*SERVIS - terme de droit: servitudes
*SI - pour ainsi, aussi, de même
*SI EST CE QUE - néanmoins
*SIGNET - pour seing
S'IL EST DE BESOIN - s'il en est besoin
*SI QUE - de sorte que
*SOIGNER A - donner ses soins à
*SOL - sou
SOMMES ESTÉ - avons été
SONT- pour ont
SOTTANETTE - soutanelle
*SOUËFVE - suave .
*SOUILLARD - personne employée aux bas offices de la maison
SOUSTENEMENT - soutien
SUR LE COMMUN .- aux frais de la bourse commune
*SUS - ci-dessus
*T ANT - pour autant
TANT QUE NOUS TOUCHE – pour dans la mesure où cela nous regarde
*TANT SEULEMENT - seulement
*TERRAGE - champs, prés
*TESTEMENT - autre forme du mot testament
TESTON - ancienne pièce de monnaie qui, sous François Ier, valait dix sous quelques deniers
*TIERCEMENT - troisièmement
*TOUS AUTRES QUIL, TOUS QU'APPARTIENDRA, TOUS QU'IL APPARTIENDRA - tous
ceux à qui il appartiendra
*TOUT A COUP - pour brusquement, soudain
*TOUT AINSY - ainsi
*TOUTES FOIS ET QUANTES - toutes les fois
USTENSILE - pour objet
VENIR AU CONTRAIRE – agir en sens contraire
VENTURE - vent violent
VERRA ESTRE DE FAIRE - jugera à propos Cf. l'ital.. VEDRÀ IL DA PARSI.
*VERS - pour auprès de
VISITATION - du lat. VISITATIO,. visite
VOIR DE - pour constater, dans la mesure où cela nous regarde
Y - pour il y
INDEX
DES DESTINATIRES ET DES .NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES DE CE VOLUME [752]
ABONDANCE (Quelques clauses de l'acte passé lors de l'installation des Feuillants à l'abbaye d')….153
ABONDE DE CÔME, Supérieur de Capucins de Thonon………………………………………….650
ACADÉMIE. FLORIMONTANE (Assesseurs,devise,emblème, noms académiques, prince et
Statuts de)……………………………………………………………..……………….438,439,440,441
Aiazza Vespasien, Abbé commendataire d'Abondance ……………………………………………692
ALBERGATI Antoine, Légat à Cologne ………………………………………………………….705
ALBÉRON Jacques ………………………………………………………………………………..70
Albigny Charles de Simiane, seigneur d' ………………………………………………………….509
ALLINGES (Consécration de l'autel d'une chapelle et convention pour son entretien) …………95,167
Altariens de Rumilly ………………………………………………………………..……107,115,249
ALTERNATIVE (Privilège de l'). …………………………………………………………………..45
AMÉDÉE II, comte de Genève . ………………………………………………………………….493
AMÉDÉE III, comte de Genève …………………………………………………………………...496
AMÉDÉE V, comte de Savoie …………………………………………………………………….494
AMÉDÉE VI, comte de Savoie ……………………………………………………………………491
AMÉDÉE VIII, comte de Savoie et de Genève ……………………………………………………492
ANCINA Jean-Juvénal* (Bienheureux). Voir SALES François ………………………………524,750
André de Constance, du Tiers-Ordre de Saint-François …………………………….345,351,354,363
ANGEVILLE Jeanne-Claudine (d'), Prieure de la chartreuse de Mélan ……………………………38
ARCHICONFRÉRIE DU TRÈS SAINT CRUCIFIX ……………………………………………582
ARDUCIUS, Evêque de Genève. …………………………………………………………………488
AVIGNON (Université d') ………………………………………………………………………..313
AYMON 1er, comte de Genève ………………………………………………………….485,487
AYMON 1er, sire de Faucigny …………………………………………………………….671
BACHOD François, Evêque de Genève ……………………………………………………535
BALLY ou BALLUS Jacques ……………………………………………………………….575
BALME Félix de la. ………………………………………………………………………….613
Baranzano Redento, Barnabite. ……………………………………………………………..355
BARBEROUSSE. Voir FRÉDÉRIC 1er
Barbier Henri. ..................................................................................................................286,287
BARD Michel. ..........................................................................................................................40
Barnabites d'Annecy ………………………………………………….442,459,468,471,473,476
Baytaz Pierre ……………………………………………………………………………….294
BÉCHU Adrien, Dominicain. ………………………………………………………………570
BELLEGARDE Claude de …………………………………………………………………389
BELLEGARDE Louise de ………………………………………………………………….387
BELLENTRE (prieuré de …………………………………………………………………..610
BERGER (familles) …………………………………………………………………………434
Berger Jeanne ……………………………………………………………………………….434
BERNARD DE FORAS François de ………………………………………………………404
Bernard de Foras Guillaume de ……………………………………………………………403
BERNARD DE FORAS Valentine de Baillion (dame de) ………………………………….404
BERSATORE Christophe ………………………………………………………………….317
BERTHOLD ou BERCHTOLDE (Berthod) IV,duc de Kheringhen ou Zœhringen …….....486
BESSON ou BESSONIS Georges …………………………………………………………..230
BIEUX Claudine de …………………………………………………………………………386
BISILIAT Claude…………………………………………………………………………….552
Blanc Jean-Claude ……………………………………………………………………………288
BLANCHE, comtesse de Genève. …………… ………………………………………………495
Blonay Claude (de).Voir MAXILLY ………………………………………………………162,272,654
BLONAY Jean-François.* (de), Prieur de Saint Paul………………………………….…314,184
Bochatton François, ex-Cordelier du couvent de Cluses……………………………………..336.
BOCHET Humbert …………………………………………………………………………… 69
BOCHUT Antoine …………………………………………………………………………….575
BOCHUT François (Fondation du Collège de Cluses par) ……………………………….448,452
BOJAT OU BOJACT ou BOEJAT Pierre ……………………………………………….…..613
Bonivard Anne de Mareschal-Duyn (dame de) …………………………………………22,63,164
Bonivard Jean-Louis (de). Voir ALLINGES………………………………………….…22,63,164
BONNEGUÊTE (Prieur et prieuré de…………………………………………………………105
BONS Jacques de ……………………………………………………………………………..701
Boucard Claude *……………………………………………………………………..320,347,564
BOUCHERAT Nicolas, Général de Cîteaux …………………………………………………746
BOURGEOIS Claude …………………………………………………………………………205
BRACORENS Claude de………………………………………………………………………273
BRÉVIAIRE ROMAIN, promulgué en 1568 …………………………………………………679
BREYSAZ ou BRAISAZ Pierre. ……………………………………………………………..420
BRUNET Jacques. ……………………………………………………………………………….29
BULLE D'OR,1162 .
Calcagni Marguerite de Chavanes (dame)……………………………………………………399
Calcagni Roc …………………………………………………………………………………399
CALUSIO-MANERIA François-Antoine ……………………………………………………319
CAPRE Jacques de ……………………………………………………………………………588
Capucins du diocèse de Genève …………………………………………………………….338
Carmélites de Dijon (Différend entre Jeanne Chevrier et les) ………………………326,330,331
Carrillo Antoine* ………………………………………………………………..…..371,374,163
CATHERINE DE LORRAINE, Abbesse de Remiremont…………………………………….725
Catherine, Infante de Savoie. ………………………………………………………………..456
CERISIER Antoine, Emmanuel et Henri de ………………………………………………..…412
CERISIER Françoise …………………………………………………………………………..411
Chabod Claude de ……………………………………………………………………..……..124
Chaffarod Claude……………………………………………………………………………...434
CHAMBÉRY (Collège des Jésuites à) ………………………………………………………...518
CHAMBÉRY (Projet d'un Evêché à) . …………………………………………………………516
CHAMBOUZ Jacob ou Jacques de …………………………………………………………….514
Chanoines de la Collégiale de Notre Dame de Liesse d'Annecy ……………………………18
Chanoines de la Collégiale de Samoëns ………………………………………………………53
Chantal Celse-Bénigne de Rabutin, baron de …………………………………………………394
CHAPELLE A VORSIERS (Erection et tableau d'une) ……………………………………….139
CHAPELLE DE LA MONTAGNE D'UBÈNE ……………………………………………….146
CHAPELLE DE SAINTE-ANNE. près de Vacheresse …………………………………….150,195
CHAPELLE DE SAINT-ANTOINE dans l'église de Pages Samoëns ………………………..127
CHAPELLE DE SAINT-GEORGES ET SAINTE CATHERINE à Ardon ……………………199
CHAPELLE DE SAINT-LAURENT dans l'église de Samoëns ………………………………..129
CHAPELLES DE L'ÉGLISE PAROISSIALE DE LA GIETTAZ ……………………………..189
CHAPELLES DE L'ÉGLISE PAROISSIALE DE MORZINE. Voir MORZINE.
CHAPITRE DE SAINT-PIERRE DE GENÈVE*. ……………………………………………..546
CHAPPAZ Jacques. …………………………………………………………………………….210
Chappaz Jean ……………………………………………………………………………………294
CHARLES III, duc de Savoie ………………………………………………………………….500
CHARLES-EMMANUEL 1er, duc de Savoie* Voir HERMANCE ……………………………….183
CHARLES IV, empereur ………………………………………………………………………490
CHARLES-QUINT, empereur …………………………………………………………………502
CHARPENNE Bernardin* (de), Prieur des Dominicains d'Annecy …………………..………183
Chartreusines de Mélan…………………………………………………………………………37
Châtillon Abraham (de). Voir CHAPELLE DE SAINT-GEORGES ………………………..198,199
Châtillon Jean de …………………………………………………………………………..272,276
Chaussat Jacques de. …………………………………………………………………………..392
CHÉRUBIN DE MAURIENNE, Capucin ……………………………………………………..598
CHEVRIER Jeanne. ………………………………………………………………………...330,331
CHEVRIER Louis ……………………………………………………………………………….296
CHISSÉ François de ……………………………………………………………………………..29
CHOPPEL ou CHOPPET Jean …………………………………………………………………..586
CISTERCIENNES DE SAVOIE ………………………………………………………………..745
Clerc Nicolas. Voir TESTAMENT ……………………………………………………….….90,188
COLLÈGE DE CLUSES………………………………………………………………….…448,454
COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME DE LIESSE D'ANNECY ………………………………..546
COLLONGES (de) ou DECOLLONGES Christophe ………………………………………….274
COLLONGES Laurent de. ……………………………………………………………………..216
Combe (de Comba) Etienne de la. ……………………………………………………………..430
CONFRÉRIE DE LA SAINTE-CROIX D'ANNECY …………………….…571,576,597,203,204
CONFRÉRIE DE LA SAINTE-CROIX D'ANNECY (Registre de la) …………………………595
CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE COMPASSION DE THONON …………599,601,618,620
CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE COMPASSION DE THONON (Défense d'inscrire ds la).602
CONFRÉRIE DU SAINT-ESPRIT A JARSY-EN - BAUGES …………………………………238
CONFRÉRIE DU SAINT NOM DE JÉSUS …………………………………………………….569
CONFRÉRIE ET PROCESSION DU SAINT-SACREMENT A SAINT-FÉLIX ………….131,132
CONGRÉGATION DE PRÊTRES AU PRIEURÉ DE SAINT-PAUL en Chablais. ……………314
Congrégation des Réguliers ……………………………………………………………..……..261
CONSEIL DE VILLE D'ANNECY. (Délibérations du) ………………………………….…535,546
CONSOLATA (monastère de la) ……………………………………………………………..…735
Constantin Jeanne (dame) …………………………………………………………………….…281
Constantin Louis ………………………………………………………………………………...281
CONSTITUTIONS DE LA SAINTE-MAISON DE THONON………………………….. …….658
COPPIER Jean. …………………………………………………………………………………...575
Cordeliers du couvent d'Annecy (deux) ……………………………………………………….341
COSTERG Claude ……………………………………………………………………………….157
COTTET Aimé ou Aimon ………………………………………………………………………..227
Coudurier Guillaume …………………………………………………………………….………121
CROIX DES PRÊTRES DE LA SAINTE-MAISON DE THONON …………………………….628
CROYSON François de …………………………………………………………………………..279
CRUD Pierre ………………………………………………………………………………………168
CURTET Antoine, Chartreux ………………………………………………………………………39
Darand Aubert. ……………………………………………………………………………………30
Delavenay Jean…………………………………………………………………………………….104
DELÉGLISE ou DE L'EGLISE Antoine, clerc, et Antoine, docteur en médecine ……………….309
Deléglise ou de l'Eglise Jacques …………………………………………………………………..309
Delesvaux François ………………………………………………………………………………..130
DIFFÉREND entre la Collégiale de NotreDame de Liesse d'Annecy et les paroissiens deVeyrier…76
DIFFÉREND entre la Collégiale de Samoêns et les Chartreusines de Mélan ………………..….37,41
DIFFÉREND entre le chamarier de Nantua et les Curés de Craz et de Surjoux …………………..110
DIFFÉREND entre le Chapitre de Saint-Pierre de Genève et la Collégiale de Notre-Dame de
Liesse d'Annecy. Voir CHANOINES, CHAPITRE,COLLÉGIALE ……………………………………...16
DIJON. Voir CARMÉLITES et CHEVRIER Jeanne
DIJON (Saint François de Sales à)………………………………………………………………….326
Dominicain,quêteur du couvent d'Annecy …………………………………………………..…..361
DONATION EN FAVEUR DES CURÉS D'EPAGNY par Amblard Vidomne de Chaumont ……231
Dubois Pierre ……………………………………………………………………………………...112
DUFOUR Jacques. …………………………………………………………………………………593
DU MARTHEREY Jean-François.. ………………………………………………………………..204
DUMONT Claude ………………………………………………………………………………….204
DUNANT Pierre ……………………………………………………………………………………548
DU QUART Aymon, Evêque de Genève. Voir LOUIS DE SAVOIE ………………………………...496
DURET Jacques. ………………………………………………………………………………….215
DURET Suzanne …………………………………………………………………………………..215
DU VERNAY Jean, Ermite du Mont-Voiron ……………………………………………………..700
DUYN-CONFLANS Guillaume, Evêque de Genève …………………………………………..…493
ELOISE Jean d'. ……………………………………………………………………………………575
Ermites du Mont-Voiron. Voir DU VERNAY et GRILLET ………………………………………..714
ERMITES DU MONT-VOIRON (Projet des Règles et Constitutions des). …………………698,712
ESPAGNOLS cantonnés à Annecy et dans les environs …………………………………………368
Espine François (de l') ou Delespine. ……………………………………………………………...304
ETATS DE BOURGOGNE. Voir MAXIMIEN DE MOULINS.
ETATS GÉNÉRAUX. Voir MAXIMIEN DE MOULINS.
EVEQUES DE GENÈVE. Voir GENÈVE.
Evrard Jacques …………………………………………………………………………………….60
EXCOFFIER Claude ………………………………………………………………………………370
FABRI Adhémar (Ademarus), Evêque de Genève . ……………………………………………..498
Farnex ou Fernex Nicolas ……………………………………………………………………….391
Faucoz Guillaume. Voir CHAPELLE DE SAINTE-ANNE ……………………………………………192
FAVRE Antoine. Voir ACADÉMIE FLORIMONTANE ……………………………………………….37
FAVRE Claude ……………………………………………………………………………………418
Favre Jean ………………………………………………………………………………………..688
FÊTE-DIEU (Procession de la). ……………………………………………………………………15
Feuillants à Abondance (Introduction des) ……………………………………………………....688
FEYS Geoffroy de……………………………………………………………………………..…..677
FILLY (Abbés de) Voir GRAILLY. ……………………………………………………………………510
FLUMET (bourgade et plébanie de). …………………………………………………..………94,175
FRANÇOIS DE BUGEY. Capucin. ………………………………………………………………177
FRÉDÉRIC 1er BARBEROUSSE…………………………………………………………….485,488.
FURIER Hilaire ……………………………………………………………………………………14
GALLEY ou GALLAY Louis ……………………………………………………………….249,383
GALLIARD Antoine. …………………………………………………………………………….217
Garbillon Claude …………………………………………………………………………………301
GARBILLON Pierre-Louis ………………………………………………………………………228
Gardien des Capucins de Rumilly ………………………………………………………….…259
GARNIER Nicolas. ……………………………………………………………………………….423
Gauttier Alexandre ………………………………………………………………………………401
GAVENS Jeanne de ……………………………………………………………………………….392
GAY Jean-François ………………………………………………………………………………..318
GENÈVE ( comtes de).VoirAMÉDÉE II, AMÉDÉE III, AYMON Ier, GUILLAUME Ier, GUILLAUME II
GENÈVE (Droits de l'Evêque et Prince de).GENÈVE (Evêques de). Voir ARDUCIUS. DU QUART, DUYN-CONFLANS, FABRI, GRANDSON, GRANIER. JEAN VII DE SAVOIE. MARCOSSAY, NANTHELME. ROCHETAILLÉE, ROSSILLON DE BERNEX, SAINT-GERMAIN. SAINT-JEOIRE.
GENEVOIS (révolte des)………………………………………………………………………..…502.
Gillette Pierre. ……………………………………………………………………………………..325
Ginod Charles-Emmanuel……………………………………………………………………..…….285
Godet Pierre. ………………………………………………………………………………………299
GOTTRY Nicolas …………………………………………………………………………………651
Grailly Bernard (de), Prieur de Sainte Agathe de Rumilly ……………………..……….107,114,258
GRAILLY Jean-Gaspard, Abbé de Filly ………………………………………………………….511
Grandat Antoine…………………………………………………………………………………...387
GRANDSON Aymon (de). Evêque de Genève ……………………………………………………493
GRANIER Claude (de), Evêque de Genève………………………………………………………..747
GRÉGOIRE XI ……………………………………………………………………………………..491
GREX ou GREZ (seigneurie de). …………………………………………………………………..279
GRILLET Jean, Ermite du Mont-Voiron. ………………………………………………………….700
Gros Pierre …………………………………………………………………………………………..99
Guérin Juste, Barnabite …………………………………………………………………………….356
GUERRE POUR LA SUCCESSION DU MONTFERRAT ………………………………………358
GUICHON Louis …………………………………………………………………………………..589
GUILLAUME 1er, comte de Genève.. …………………………………………………………….489
GUILLAUME Il, comte de Genève. ………………………………………………………………..493
GUILLET Amblard …………………………………………………………………………………..29
Guyrod Antonie (dame). ……………………………………………………………………………422
Guyrod Humbert …………………………………………………………………………………….422
Habitants de Macherine ………………………………………………………………..………49,50
Habitants de Montcel. ……………………………………………………………………………..181
Habitants de Saint-Robert ………………………………………………………………………..182
HERMANCE (conférence d') ……………………………………………………………………….503
HERMANN Antoine ………………………………………………………………………………..499
IMAGE DE LA SAINTE VIERGE, gravée dans une pierre ……………………………………….139
INDULGENCES accordées aux confrères du Cordon de Saint-François. ………………………….83
JACQUES, BATARD DE SAVOIE. ………………………………………………………………175
JACQUES DE SAVOIE. Voir PROTONOTAIRE.
JACQUIER Jean-Louis ……………………………………………………………………………..28
Jean de Saint-Pasteur, Prieur des Feuillantsd'Abondance. …………………………………..153,339
JEAN VII DE SAVOIE, Evêque de Genève. ………………………………………………………500
Josserand Guillaume ……………………………………………………………………………….384
JUBILÉ DE THONON en 1602 . …………………………………………………………………..748
JUGE François ………………………………………………………………………………………255
Lachinal Blais de……………………………………………………………………………………168
LANCOT ou LANCOD Henri. ……………………………………………………………………..225
LOUIS DE SAVOIE, baron de Vaud et son filsLouis. …………………………………………….497
LOUIS DE SAVOIE, seigneur de Vaud ……………………………………………………………494
Lucinge Gaspard de. …………………………………………...............................................224,67,68
Lullin Gaspard de Genève, marquis de ………………………………………………………..…….21
LULLY (église et paroisse de). ………………………………………………………………….275,80
LUNA ET ROXAS Sancho de ……………………………………………………………………..367
Machet Scipion ……………………………………………………………………………..….123,86
Magny (chapelle de) ………………………………………………………………………………284
MANIGLIER Balthazard ………………………………………………………………………..634
MARCOSSAY Guillaume, Evêque de Genève …………………………………………………489
MARESCHAL-DUYN Anne de. Voir ALLINGES et BONIVARD
MARESTE Prosper de ………………………………………………………………………….381
MARIGNY ou MARIGNIER, chamarier de Nantua. Voir DIFFÉREND
Marin Guillaume ……………………………………………………………………………179,54
MAXILLY (Demande d'un curé pour). Voir MONNOD…………………………………………….162
Maximien de Moulins, Capucin ………………………………………………………………..342
MESSAGER DE L'EMPEREUR A GENÈVE. Voir SCHEYFFER
MIGNIOT Jean, Gardien des Cordeliers de Cluses …………………………………………….334
Moccand Jean ………………………………………………………………………….153,246,314
Moccand Jean-Pierre ……………………………………………………………………………293
Mojonier Pierre. …………………………………………………………………………………164
Monnod Léonard. …………………………………………………………………………....162,163
MONTELPARO (Mgr). Voir PETROCCHINI.
MONTHOUZ Claude de …………………………………………………………………………295
MONTPITHON Bernard. ………………………………………………………………………..262
MONT-VOIRON (ermitage du) ………………………………………………………………….715
MONTVUAGNARD Alexandre de. ……………………………………………………………..701
MORELLES François-Côme, Inquisiteur en Allemagne ………………………………………...704
MORZINE (Contrat pour l'entretien d'un vicaire à )………………………………………………219
Mouxy Charles et Jacques (de), Abbés commendataires de l'abbaye de Sixt. ……………………668
Mouxy de Travernay Adrienne ………………………………………………………….………124
Mugnier Antoine. …………………………………………………………………………………379
MUGNIER Eustache ………………………………………………………………………………575
NACOT Jacques ……………………………………………………………………………………249
NANTHELME ou NANTELIN (Nancellinus) Chartreux, Evêque de Genève …………………..489
NAVISEL Pierre. …………………………………………………………………………………..560
Nemours Henri de Savoie, duc de …………………………………………………………….300,408
Neyret Jean …………………………………………………………………………………………136
NOTRE-DAME DE COMPASSION DE THONON (église de )…………………………………..624
OBLATS DE SAINT-AMBROISE, de Milan. …………………………………………………….314
OCHES Janus des ……………………………………………………………………………………50
OUVRIER Jean ……………………………………………………………………………………...178
PAJACT Pierre ……………………………………………………………………………………..249
PALLUD Louis (de la) …………………………………………………………………………….696
Paroissiens de Bonnevaux………………………………………………………………………….46
Paroissiens de Chevenoz. …………………………………………………………………………..46
Paroissiens de Domancy. ………………………………………………………………………….27
Paroissiens de La Giettaz ………………………………………………………………………….58
Paroissiens de Sales. …………………………………………………………………………….67,68
Paroissiens de Lully.……………………………………………………………………………..…80
Paroissiens de Vacheresse ………………………………………………………………………....46
PASSERAT Claude ……………………………………………………………………………….196
PATENTES D'INSTITUTION DES SURVEILLANTS du diocèse de Genève …………………...303
PAUL II ……………………………………………………………………………………………695
Paul V* …………………………………………………………………………………….…517,170
PERNET Louis …………………………………………………………………………………..575
PERRET Guy ………………………………………………………………………………………249
PERROLAZ Guillaume ……………………………………………………………………………138
Perrolaz Nicolas …………………………………………………………………………………...138
Perrucard de Ballon Gaspard …………………………………………………………………….310
PERRUCARD DE BALLON Jeanne de Chevron Villette(dame) …………………………………312
PERRUCARD Louis-Négron (de), Abbé commendataire de Chézery …………………………….311
PERTZ ou PEREZ Adam, Evêque de Tripoli ………………………………………………………727
PETITJEAN Jean. …………………………………………………………………………………268
PETROCCHINI Grégoire, Cardinal Philibert de Bonneville, Capucin…………………………….611
Philibert de Bonneville,Capucin ……………………………………………………………….….115
PHILIPPE - DOMINIQUE - VICTOR D'ESPAGNE (prince héritier)………………………………33
PIERRE III DE SAVOIE, Evêque de Genève………………………………………………………499
Pierre (M.de la) ………………………………………………………………………..………407,414
PILLIOD Guillaume ………………………………………………………………………………426
PINARD Etienne ……………………………………………………………………………………249
PIRASSET. Voir PETITJEAN.
Place Laurent de la …………………………………………………………………………………..436
POLLlNGE. Voir CHISSÉ.
Porcelet ou des Porcelets de Maillane Jean, Evêque deToul ……………………………………730
PORTIER Jean ……………………………………………………………………………………..575
Prévôt du Mont-Joux ………………………………………………………………………………236
PRINGY (Fondation d'un vicariat à) ……………………………………………………………….294
PROTONOTAIRE DE SAVOIE. …………………………………………………………………..175
Puget Jean. …………………………………………………………………………………….……168
PUGIN Pierre, Chanoine de Sixt …………………………………………………………………...673
PUITS-D'ORBE (Visite de saint François de Sales au)……………………………………………...717
PUTHOD Anne-Michelle ……………………………………………………………………………424
QUERLAZ Gabriel ………………………………………………………………………………….263
Querlaz Gaspard. …………………………………………………………………………………...261
Quêteur de l'Hospice du Grand Saint Bernard …………………………………………………352
Quoex Philippe de …………………………………………………………………………………….46
RACCONIGl (Raconis) Bernardin II, comte de …………………………………………………….609
RANDOLLET Louis. ……………………………………………………………………………….613
Ravoire Louis. (de la), Prévôt de la Collégiale de Sallanches ……………………………….…145;556
REMIREMONT (abbaye de). Voir CATHERINE DE LORRAINE, STAINVILLE……………………725
REYDET Louis……………………………………………………………………………………….575
REYNEX (Renex) Charles de Chavanes, seigneur de ……………………………………………….118
Riddes Antoine, François, Guillaume et Jean-François de ………………………………..………….93
ROCHETAILLÉE Jean III (de), Evêque de Genève ……………………………………………….492
RONIS François de ………………………………………………………………………………….575
RONIS Jean-Baptiste ………………………………………………………………………………..128
ROSSILLON DE BERNEX Michel-Gabriel (de) Evêque de Genève. Voir PATENTES.
ROUFFILLE Pierre …………………………………………………………………………………..289
RUFFIER Noêl …………………………………………………………………………………….446
RUMILLY (Assemblée à). …………………………………………………………………………253
Ruphy Jacques……………………………………………………………………………………….67
SACONAY Denis de. ……………………………………………………………………………..578
SACONAY Pierre de……………………………………………………………………………….579
SAINT-BON. à Thonon (cimetière de)…………………………………………………………….277
SAINT-CLAIR (prieuré de). Voir BARNABITES. ………………………………………………...480
SAINTE-MAISON DE THONON. Voir TULLY ………………………………………………….269
SAINTE-MAISON DE THONON (Légalisation d'un acte concernant la). ……………………….598
SAINTE-MAISON DE THONON (Prétentions desChevaliers des Saints Maurice et Lazare sur la)..653
SAINT-GERMAIN Martin (de). Evêque de Genève……………………………………………….497
SAINT-HIPPOLYTE. de Thonon (église) …………………………………………………………58
SAINT-JEAN-BAPTISTE, d'Annecy (église) ……………………………………………………577
SAINT- JEOIRE Alamand (de). Evêque de Genève …………………………………………494,499
SAINT-MARCEL, de Rome (église) …………………………………………………………….582
SAINT-MAURICE (paroisse) ……………………………………………………………………..17
SAINT-ROBERT (chapelle. prieuré et Prieur de) …………………………………………….181,182
SAINT-VICTOR. de Paris (abbaye de) ………………………………………………………….733
SALES FRANCOIS* de (Saint).Voir ACADÉMIE FLORIMONTANE, BOUCARD, CHAPELLE D'UBÈNE, CONFRÉRIE DE LA SAINTE-CROIX, CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE COMPASSION, DIFFÉREND ENTRE LE CHAPITRE ET LA COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME, DIFFÉREND ENTRE LA COLLÉGIALE DE NOTRE-DAME ET VEYRIER, DIJON, FÊTE-DIEU, PUITS-D'ORBE, SAINT-HIPPOLYTE, SIXT…
………………………………..151,182,188,212,241,277,314,406,413,482,524,530,584,604,712,750
Sales Jean-François* ……………………………………………………………………….286,184
SANTA MARIA IN VALLICELLA (église de)……………………………………………………527.
SAVOIE DE. Voir AMÉDÉE V, AMÉDÉE VI, AMÉDÉE VIII, CATHERINE, CHARLES, CHARLES
EMMANUEL Ier, JACQUES, JEAN VII, LOUIS, NEMOURS. PIERRE III., PROTONOTAIRE, THOMAS 1er.
SCHEYFFER ou SEYFFERT Georges. Voir MESSAGER …………………………………….506,507
Sconia Jean ……………………………………………………………………………………….316
SÉMINAIRE A THONON Projet d'un …………………………………………………………..639
Sermet André ……………………………………………………………………………………..112
SERVAND Michel ………………………………………………………………………………..587
SIGISMOND, empereur (déclaration de). …………………………………………………………492
SIMOND Jean-Baptiste …………………………………………………………………………...240
Simonin Guillaume, Archevêque de Corinthe …………………………………………………….729
Sixt (Chanoines de l'abbaye de). …………………………………………………….666,669,681,687
SIXT (Réforme de l'abbaye de). ………………………………………………………………….683
SIXT (Saint François de Sales à l'abbaye de) …………………………………………...666,669,684
SOUDAN Jean …………………………………………………………………………………..166
Squegia Coragiosa Marthe ……………………………………………………………………..378
STAINVILLE Anne, Doyenne de Remiremont …………………………………………………724
SUR Thomas (de), Conventuel …………………………………………………………………499
SURVEILLANTS DU DIOCÈSE DE GENÈVE ……………………………………………….303
SYNDICS, BOURGEOIS ET HABITANTS D'ANNECY. ……………………………..…….183
Syndics, Conseillers et habitants de Rumilly ………………………………………………….255
SYNDICS D'ANNECY, 1er mai 1603 et 1604 …………………………………………………538
SYNDICS d'AVIERNOZ ……………………………………………………………………….169
SYNDICS DE RUMILLY en 1606.. ……………………………………………………………108
Syndics et notables de Bonne …………………………………………………………………62,63
SYNDICS ET PAROISSIENS DE SAINT-FÉLIX …………………………………………….242
SYNDICS ET PAROISSE DES OLLIÈRES ……………………………………………………169
Syndics et paroissiens de Veyrier ………………………………………………………………72
SYONS Angelin (de), Prieur commendataire de Bonneguête ……………………………………105
TALLOIRES (abbaye de) ………………………………………………………………………..734
TESTAMENT DE NICOLAS CLERC . …………………………………………………….221,222
TÊTE-NOIRE (éboulement de la) ………………………………………………………………676
THOMAS Jean ………………………………………………………………………………173,443
THOMAS 1er, comte de Savoie …………………………………………………………………494
THONON.Voir CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE COMPASSION, SAINT-BON, SAINTE MAISON.
THONON (Demeure de saint François de Sales à) ………………………………………………61
TIERS-ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS ……………………………………………….……..345
TRAITÉ DE SEYSSEL en 1124 ……………………………………………………………….484
TRUITARD Jacques ……………………………………………………………………………385
TULLY (église de ……………………………………………………………………………….271
UDRY (Udrye) Philibert. Voir CONFRÉRIE DU SAINT-SACREMENT
VALENCE Marc-Antoine de…………………………………………………………………….49
Vallet Pierre ……………………………………………………………………………..97,307,46
Vallon Claude et Jacques de Gex, seigneurs de …………………………………………..126
VASSAL Antoine ……………………………………………………………………………..445
Vassau Jean de ………………………………………………………………………………..298
VECTIER Pierre ………………………………………………………………………………260
Vernet Pierre …………………………………………………………………………………278
VEYRIER (Curé et paroisse de). Voir DIFFÉREND et SYNDICS …………………………...72,76
Victor-Amédée, Prince de Piémont ………………………………………………………732,744
VIDOMNE (le ) ……………………………………………………………………………….493
VIDOMNE DE CHAUMONT Amblard. Voir DONATION.
VIGNOD Charles et Louis ……………………………………………………………………119
VILLARS Pierre de ……………………………………………………………………………31
Vimouz Jeanne de …………………………………………………………………………….379
VIOLLAT Jean ……………………………………………………………………………….562
VIOLLAT Nicolas ……………………………………………………………………………561
VIOT Rolland. Voir PRÉVÔT DU MONT-JOUX.
Viret Jean …………………………………………………………………………………….380
Vittet Antoine ………………………………………………………………………………...168
WAROUF Théodore ………………………………………………………………………….29
WENCESLAS, empereur ……………………………………………………………………490
ZŒHRINGEN (Kheringen), château de …………………………………………………......486
TABLE DES MATIÈRES………….289
Préface ………………………………………………………………………………..2
Avis au Lecteur ……………………………………………………………………….6
Fac-similé……………………………………………………………………………..109
Glossaire des locutions et des mots surannés ………………………………………..271
Index des destinataires et des notes biographiques et historiques de ce volume .........279
Fin.................................................................................................................................298
DOCUMENTS
QUATRIÈME SÉRIE : ADMINISTRATION ÉPISCOPALE
(SUITE)
B - CHAPITRE DE SAINT-PIERRE DE GENÈVE ET COLLÉGIALES
I - Ordonnance pour la procession du Saint-Sacrement le jour de la Fête-Dieu, vers le 13 juin 1604, (Minute)..............................................................................................................................7
II - Procès-verbal et Ordonnances concernant le différend entre le Chapitre cathédral et la Collégiale de Notre-Dame d'Annecy, par rapport à la préséance en la procession de la Fête-Dieu, 6 et 7 juin 1605, (Inédit). ..............................................................................................................................9
III - Sentence arbitrale de saint François de Sales et du président Favre au sujet d'un différend entre la Collégiale de Samoëns et les Chartreusines de Mélan, 29 avril 1610 ..............................14
IV - Notes relatives à la juridiction du doyen d'une Collégiale, [1608-1612 ?], (Inédit) ....17
V - Déclaration sur le privilège de l'alternative ou droit d'élection de l'Evêque aux canonicats de l'Eglise cathédrale, 7 janvier 1615 ...................................................................................................17
VI - Requête des chanoines de la Collégiale de Samoëns au sujet d'une dévotion en l'honneur des saints Fabien et Sébastien, et Ordonnance de saint François de Sales, 15 septembre 1618, (Inédit)....18
C- PAROISSES ET CHAPELLES
I - Patentes d'érection d'une chapelle contiguë à l'église de Notre-Dame de Compassion de Thonon, fondée par le marquis de Lullin, 16 septembre 1603, (Inédit) ..........................................21
II - Patentes d'érection d'une chapelle en l'église paroissiale d'Allinges, réédifiée par M. de Bonivard et sa femme, 21 septembre 1603 ..........................................................................................23
III - Nomination d'un coadjuteur en faveur du Curé des Clefs, 12 novembre 1603, (Inédit) 24
IV - Concession d'Indulgence pour chaque visite à un oratoire érigé à Châtelard-en-Bauges, 16 août 1604, (Inédit) ....................................................................................................................25
V - Requête des syndics et paroissiens de Verrier, demandant la visite de leur Evêque, et décret de celuici, 6 novembre 1604, (Inédit) ............................................................................................26
VI - Requête des paroissiens de Domancy, sollicitant la confirmation du vœu fait en 1596 de chômer plusieurs fêtes, et approbation de saint François de Sales, 18 décembre 1604, (Inédit) .......27
VII-Indulgences accordées aux membres de l'Archiconfrérie du Cordon de Saint-François, [1605 ?],
(Inédit) ..................................................................................................................................29
VIII-Approbation de l'établissement de Confrérie du saint Rosaire au Petit-Bornand, 14 juin 1606...29
IX - Requête de M. Aubert Darand au sujet d'une chapelle de l'église paroissiale de Saint-Félix, et décret
de saint François de Sales, 2 juillet 1606, (Inédit) ...............................................................30.
X - Requête de M. Nicolas Clerc, Curé de Saint-Félix, au sujet de différends survenus avec ses paroissiens pour les sépultures et l'entretien des cordes des cloches, et décret de saint François de Sales, 2 juillet 1606, (Inédit) ..........................................................................................................31
XI - Confirmation de la fondation d'une plébanie à Flumet, 23 juillet 1606, (Inédit) ..........32
XII - Procès-verbal de la consécration d'un autel de l'église d'Allinges et Indulgences accordées à cette
occasion, 15 septembre 1606, (Inédit) ...................................................................................33
XIII - Requête de M. Pierre Vallet, Curé de Vacheresse, touchant une. quête, et décret de saint François de Sales, 20 septembre 1606 ..................................................................................................34
XIV - Requête de M. Pierre Gros; Curé de Lullin, touchant l'exaction de décimes, et décret épiscopal,
27 octobre 1607, (Inédit) ........................................................................................................35
XV-Ordonnance accordant supplément à la portion congruë du Curé de Versonnex,22 janvier 1608..35
XVI - Ordonnance concernant l'église de Rumilly, fin février-mars 1608, (Inédit) ...............37
XVII-Assignation portion congruë aux Curés de Craz et de Surjoux en Michaille, 5 décembre 1608..38.
XVIII - Ordonnances touchant le service de l'église de Rumilly dû par les Altariens, 11 mai 1609, (Minute inédite) .......................................................................................................................39
XIX - Assignation de portion congruë à M. Guillaume Coudurier, Curé de Feigères, 4 juin 1609, (Inédit)
XX - Requête de messieurs de Vallon demandant une chapelle en l'église de Samoëns, et décret de saint
François de Sales, 12 aoîtt 1609 ..............................................................................................41
XXI - Confirmation de la Confrérie du Saint-Sacrement érigée en la paroisse de Saint-Félix, 6 janvier 1610, (Inédit) ...........................................................................................................................42
XXII - Procès-verbal de la consécration d'un maître-autel et Indulgences accordées à cette occasion, 22 février 1610 .............................................................................................................................43
XXIII - Assignation de dimes pour l'entretien du Curé de Thonex, 13 mai 1610, (Inédit) ......44
XXIV - Requête de M. Nicolas Perrolaz touchant l'érection d'un oratoire à Vorsiers, paroisse de Sallanches, et commission de saint François de Sales, 31 août 1610, (Inédit) ..........................44
XXV - Requête de M. Pierre Vallet, Curé de Vacheresse, de ses paroissiens et de ceux de Bonnevaux et Chevenoz touchant l'érection projetée de deux oratoires, et décret épiscopal, 22 juillet 1611 ...46
XXVI - Procès-verbal de la consécration du maître-autel de l'église de Meinier et Indulgences accordées à cette occasion, 11 octobre 1611 ...............................................................................................47
XXVII - Approbation d'un accord passé entre le Prieur des Feuillants d'Abondance et le Curé du lieu, M. Jean Moccand, 19 octobre 1611, (Inédit) ....................................................................................48
XXVIII - Supplique des habitants de Macherine au sujet d'une chapelle récemment érigée par eux, et décrets de saint François de Sales, 24 mai 1612, (Inédit).............................................................49
XXIX - Concession d'Indulgence pour chaque visite à la chapelle rebâtie par les habitants de Macherine,
11 août 1612, (Inédit) ...................................................................................................................50
XXX - Nomination d'un Curé à Maxilly, 1er septembre 1612, (Inédit) ......................................51
XXXI - Approbation et homologation des conditions faites entre M. et Mme de Bonivard et le Curé d'Allinges pour la dotation d'une chapelle fondée par les premiers, 29 janvier 1613, (Inédit) .....51
XXXII - Sentence au sujet d'un différend entre le Curé des Ollières et Aviernoz et trois de ses paroissiens, 27 juin 1613 ...............................................................................................................52
XXXIII - Requête de M. Guillaume Marin, Curé de Saint Nicolas-la-Chapelle, touchant les abus qu'il a trouvés dans sa paroisse, et Ordonnance de saint François de Sales à ce sujet, 22 juillet 1613, (Inédit)............................................................................................................................................54
XXXIV - Sentence touchant les différends entre les habitants du village Saint-Robert et les autres paroissiens de Montcel, 8 avril 1614, (Minute) .........................................................................56
XXXV - Supplique de M. Nicolas Clerc, Curé de Saint-Félix, touchant la procession mensuelle des confrères du Saint-Sacrement, et décret de saint François de Sales, 11 juillet 1614, (Inédit) .....57
XXXVI - Supplique des paroissiens de La Giettaz touchant le service et entretien des chapelles de leur église paroissiale, et décret épiscopal, 11 octobre 1614, (Inédit) ................................................58
XXXVII - Supplique de maître Guillaume Faucoz touchant l'érection d'une chapelle sur la paroisse de Vacheresse, et décret de saint François de Sales, 13 décembre 1614 ...........................................59
XXXVIII - Supplique de M. Jacques Evrard au sujet d'un legs fait pour la fondation d'une Messe, et décret épiscopal, 28 janvier 1615, (Inédit) ....................................................................................60
XXXIX - Supplique des syndics et notables de Bonne au sujet de M. Jean-François du Martherey, et acte d'institution de celui-ci pour vicaire perpétuel de la paroisse, 29 avril 1616, (Inédit) ..................62,63
XL-Confirmation Indulgence en faveur de la Confrérie de Saint-Sébastien, 30 avril 1616, (Inédit)....64
XLI - Procès-verbal de la consécration d'un autel de l'église de Gex, et Indulgences accordées à cette occasion, 27 juillet 1617, (Inédit) ...................................................................................................64
XLII - Homologation du contrat de fondation pour l'entretien d'un vicaire à Morzine, 9 janvier 1618, (1nédit) ...........................................................................................................................................65
XLIII - Approbation et homologation d'une clause du testament de M. Nicolas Clerc, Curé de Saint-Félix, concernant la fondation d'une chapelle et d'une école à Ville-en-Michaille, 12 janvier 1618, (Inédit).............................................................................................................................................66
XLIV - Requête de M. Gaspard de Lucinge et des paroissiens de Sales demandant la séparation de leur cure de celle de Cranves et un prêtre pour la desservir, et décret épiscopal, 20 et 21 février 1618, (Inédit).............................................................................................................................................67,68
XLV - Approbation et homologation d'une donation en faveur des Curés d'Epagny, 21 février 1618, (Inédit).............................................................................................................................................69
XLVI-Projet de transaction entre Prévôt de MontJoux et Curé des Allinges, 29 mai 1618, (Inédit)....70
XLVII - Décret relatif à certains .revenus appartenant à la Confrérie du Saint-Esprit érigée à Jarsy-en-Bauges, 29 mai 1618, (Inédit) .........................................................................................................71
XLVIII-Reconnaissance des reliques de saint Joyre, faite au prieuré de Saint- Jorioz, 22 juillet 1618...72
XLIX - Supplique des syndics et paroissiens de Saint-Félix touchant la célébration de la fête de saint Grat, et décret épiscopal, 7 et 8 septembre 1618, (Inédit)...............................................................72
L - Supplique de M. Jean Moccand, Curé d'Abondance, pour l'érection de la Confrérie du saint Nom de Jésus dans sa paroisse, et approbation de saint François de Sales, 18 novembre 1619, (Inédit) .....73
LI - Deux suppliques au sujet des Altariens et du service religieux de la paroisse de Rumilly, et décrets de saint François de Sales, 17 mars 1620, (Inédit)
1) Supplique du Curé et des Altariens ................................................................................74
2) Supplique des syndics, conseillers et habitants de Rumilly .............................................76
.LII - Procès-verbal de la consécration du maître-autel de l'église de Nonglard, et concession d'Indulgences à cette occasion, 6 septembre 1620. .........................................................................77
LIlI - Permission de célébrer la sainte Messe dans un oratoire construit sur la paroisse de Moye, 22 octobre 1620, (Inédit) .......................................................................................................................77
LIV - Supplique de M. Gaspard Querlaz touchant le service d'une chapelle dont il était recteur, et décret épiscopal, 29 mai 1621, (Inédit) .......................................................................................................78
LV - Supplique des paroissiens de Tully au sujet des réparations à faite à leur église, et décret épiscopal, 4 juin 1621 ........................................................................................................................................79
LVI - Commission à MM. de Blonay et de Châtillon d'examiner une requête des paroissiens de Lully, 11 juin 1621.............................................................................................................................................80
LVII - Autre commission aux mêmes concernant les services à faire pour les fidèles inhumés au cimetière de Saint-Bon, 11 juin I621 ........................................................................................81 .
LVIII - Commission à M. Pierre Vernet, Curé de Corbonod, de visiter et bénir l'oratoire de Grex, 9 avril 1622, (Inédit) .............................................................................................................................82
LIX - Requête de Mme Jeanne Constantin et de son fils touchant l'érection d'un oratoire en leur château de Magny, et commission de saint François de Sales au chanoine de Pollinge, 20 mai 1622 ....83
D - DOCUMENTS QUI CONCERNENT DES MEMBRES DU CLERGÉ
l - Faculté accordée à M. Charles-Emmanuel Ginod de prêcher, exorciser et administrer les Sacrements dans le diocèse de Genève, 21 mars 1603, (Minute inédite)........................................................84
II - Testimoniales en faveur du chanoine Jean-François de Sales, 28 mars 1604 .......................85
III - Testimoniales dimissoires en faveur de M. Henri Barbier, 11 juillet 1607, (Inédit) ...........85
IV - Décret donnant charge à M. Jean-Claude Blanc, Curé d'Arith, de l'entretien de son prédécesseur, 19 mai 1608.......................................................................................................................................86 .
V - Commission à M. Scipion Machet, Curé de Saint- Julien, pour instruire les procès contre certains laïques, 25 ou 30 ? juin 1608, (Inédit) .........................................................................................86
VI - Pouvoir d'administrer les Sacrements accordé à M. Jean-Pierre Moccand, 28 septembre 1612, (Inédit)...........................................................................................................................................87
VII - Faculté de binage accordée au Curé; de Pringy et à son vicaire, 27 mars 1614, (Inédit) ....88
VIII - Pouvoir de prêcher et d'administrer les Sacrements conféré à M. Louis Chevrier, 29 mars 1614, (Inédit)............................................................................................................................................88
IX - Dimissoires pour la promotion aux saints Ordres de M.Jeand eVassau, 13 avril 1614, (Inédit)....89
X - Autres dimissoires en faveur de M. Pierre Godet, 7 septembre 1616, (Inédit) .......................89
XI - Autres dimissoires en faveur de M. Claude Garbillon, étudiant à Lyon, 23 novembre 1616 ...90
XII - Patentes d'institution du chanoine François de l'Espine comme Surveillant, 12 avril 1617 ...91
Minute de la pièce précédente ..............................................................92
XIII - Supplique de M. Pierre Vallet, Curé de Vacheresse, et consentement de saint François de Sales, 19 juillet 1617 ......................................................................................................................................94
XIV - Testimoniales en faveur de M. Jacques Deléglise, 9 septembre 1618, (Inédit) ....................94
XV - Testimoniales en faveur de M. Gaspard Perrucard de Ballon, présenté au Saint-Siège pour coadjuteur, avec future succession, de l'Abbé de Chézery, [mai mi-octobre 1618], (Minute inédite)....95
XVI - Confirmation de l'élection de M. Jean Moccand, Curé d'Abondance, pour la visite du district d'Evian, 22 juillet 1620 ...................................................................................................................96
XVII – Testimoniales de la tonsure conférée à Jean Scozia, à Pignerol, 5 juin 1622 .....................98
E - DOCUMENTS QUI CONCERNENT DES RELIGIEUX
I - Procès-verbal de la première abjuration de l'ex-Jésuite Claude Boucard, 15 juin 1608, (Inédit) ....99
Minute de la pièce précédente, 15 juin 1608 (Inédit)...............................................100
II - Notes pour le procès-verbal de l'abjuration de l'ex Frère Mineur Pierre Gillette, 15 juin 1608,
(Minute inédite) ..............................................................................................................................101
III - Projet de transaction entre les Carmélites de Dijon et Mme Jeanne Chevrier, [22-29 octobre] 1609, (Minute inédite) ................................................................................................................................101
IV - Lettres déclarant nulle la Profession de François Bochatton, Cordelier du couvent de Cluses,
19 juin 1610. ....................................................................................................................................103
V - Pouvoirs accordés à des Pères Capucins du diocèse de Genève, 17mai 1612 ...........................104
VI - Pouvoir accordé à Dom Jean de Saint-Pasteur, Prieur des Feuillants d'Abondance, et à ses successeurs, 18mai 1612 ..................................................................................................................105
VII - Testimoniales en faveur de deux Cordeliers du couvent d'Annecy se rendant en celui des Récollets de Grenoble,ou autre de la même observance,[entre le 8 mars et le 15 avril ?]1613, (Minute inédite)..106
VIII - Ratification de l'élection de Frère Maximien de Moulins, Capucin, député par le clergé du bailliage de Gex aux Etats généraux, 31 juillet 1614. ......................................................................106
IX - Pouvoirs accordés au Père André de Constance, du Tiers-Ordre de Saint-François, 13 octobre 1615, (Inédit)……………………………………………………………………………………………….107
Fac – similé ……………………………………….....................................………………………109
X - Procès-verbal de la seconde abjuration de M. Claude Boucard, mi-février-mars 1617, (Minute inédite)……………………………………………………………………........……………………110
XI - Procès-verbal de la consécration de l'église des Capucins de Thonon, 9 juillet 1617 ...............110
XII - Permission pour un voyage à Lyon accordée au Père André de Constance, du Tiers-Ordre de Saint-François, 2 novembre 1617, (Inédit)....................................................................................................111
XIII - Lettres de recommandation en faveur d'un quêteur de l'hospice du Grand Saint-Bernard, [1617 ou
1620 ?], (Minute).................................................................................................................................111
XIV - Renouvellement des pouvoirs ,d'exercer le ministère dans le diocèse, accordé au Père André de Constance, du Tiers-Ordre de Saint-François, 26 janvier 1618, (Inédit) ............................................112
XV - Approbation d'un ouvrage de Don Redento Baranzano, Barnabite, 13 février 1618 .................113
XVI-Délégation à Don Juste Guérin, Barnabite,pour la visite ad limina,16 avril 1618, (Minute inédite)..................................................................................................................................................113
XVII - Lettres de recommandation en faveur d'un Frère quêteur Dominicain, du couvent d'Annecy, 18 novembre 1619......................................................................................................................................114
XVIII - Faculté accordée au Père Philibert de Bonneville, Capucin, d'ériger dans le diocèse les Confréries du Ro saire et du Saint-Sacrement, 13 février 1621, (Inédit)................................................115
XIX - Permission pour un voyage à Lyon accordée au Père André de Constance, du Tiers-Ordre de Saint
François, 29 octobre 1622, (Inédit). ......................................................................................................115
F - DOCUMENTS QUI CONCERNENT DES LAÏCS
I - Lettres testimoniales données par saint François de Sales agissant au nom de Mgr de Granier, [1597septembre 1598], (Fragment inédit) .....................................................................................................116
II - Mandement sur l'immunité de l'église de Faverges, à propos d'un soldat espagnol qui s'y était réfugié, 19 décembre 1602, (Inédit) ...................................................................................................................116
III-Mandement pr la restitution à l'église de Faverges du même soldat espagnol,21 décembre1602 ..118
IV - Sentence en faveur du même soldat espagnol, 1er janvier 1603, (Minute) ....................................119.
V - Recommandation en faveur d'une mère de famille obligée de quitter Genève pour soustraire ses enfants au danger d'apostasie, [vers le 21 septembre 1603], (Minute) ...............................................120
VI - Diverses permissions à l'occasion de la célébration d'un mariage, 5 février 1606 .......................120
VII - Commission au Curé de Rumilly pour la célébration d'un mariage, 27 juin 1606 ......................121
VIII - Autre dispense de proclamations, 9 novembre 1606, (Inédit) ...................................................122
IX - Requête touchant la célébration d'un mariage, et décret épiscopal, 15 janvier 1609, (Inédit) .....122
X-Approbation de la Vie de St Bernard de Menthon par M. Nicolas de Farnex, 12 septembre 1611..123
XI - Dispense de proclamations de mariage, 23 octobre 1617.............................................................124
XII - Autre dispense pour le même objet, 17 janvier 1618, (Inédit) ....................................................124
XIII - Conventions relatives au mariage projeté entre le baron Celse-Bénigne de Chantal et Mlle Huguette Liotard, 10 mars 1618, (Inédit). ...........................................................................................125
XIV- Attestation du mariage de M. Roc Calcagni avec Mlle Marguerite de Chavanes, 19 juin 1618..125
XV - Attestation de l'abjuration d'Alexandre Gauttier, seigneur de Beauregard, 4 septembre 1619, (Inédit)..........................................................................................................................................126
XVI - Testimoniales en faveur de M. Guillaume de Bernard de Foras, 11 septembre 1619 .......127
XVII - Requête à Henri de Savoie, Duc de Nemours, [vers la fin de mars ?] 1620. - Prière au prince de faire terminer l'affaire de la " reconnaissance» de la juridiction du sieur de Charmoysi " à Villy. - Rétablir les armoiries de M. de Vallon, rasées de l'église de Samoëns en suite des menées du " sieur Berthelot ", est une question de justice. - La piété et l'équité demandent qu'un procès contre deux pupilles soit terminé à l'amiable. - La " curialité d'Ugine" et les oncles de Mlle. de Cerisier .........127
XVIII - Requête à M. de la Pierre, [vers la fin de mars ?] 1920, (Fragment inédit) .......................128
XIX - Supplique de François Delesvaux, sentence du Procureur fiscal de l'évêché de. Genève et décret épiscopal, 9 juin 1621, (Inédit) .........................................................................................................130
XX - Requête relative à la conclusion d'un mariage, et décrets de saint François de Sales, 12-14 juin 1621, (Inédit) ....................................................................................................................................131
XXI - Dispense de proclamations de mariage, 20 janvier 1622, (Itiédit) ..........................................133
XXII - Commission à M. Laurent de la Place de célébrer le mariage de M. Antoine de Rossillon avec Mlle Marie de Viry, 3 novembre 1622, (Inédit)..................................................................................134
G - DOCUMENTS RELATIFS A DIVERSES INSTITUTIONS
1 - Statuts de l'Académie Florimontane, [novembre-décembre 1606 ................................................135
II - Homologation du contrat d'introduction des Barnabites au Collège Chappuisien d'Annecy, 1er décembre1614,(Inédit) .......................................................................................................................137
III - Pièces relatives à la fondation de M. François Bochut en faveur du Collège et de l'église paroissiale de Cluses:..............................................................................................................................................138
1) Règles fondamentales des régents du Collège, 2 juin1617, (Inédit) ...............................139
2) Approbation des Statuts en faveur de la fondation du Collège, 2 juin 1617, (Inédit) .....139
3) Décret portant l'union de deux chapelles au Collège, 12 août 1617, (Inédit) .................140
IV - Approbation de la fondation d'une Messe petpétuelle pour la Maison de Savoie en l'église des Barnabites d'Annecy, 13 mai 1619, (Inédit) .........................................................................................141
V - Documents relatifs à la cession du prieuré de Saint Clair aux Barnabites d'Annecy, 1er octobre 1621-17 avril 1622, (Inédit) :.........................................................................................................................142
1) Première supplique des Pères Barnabites à saint François de Sales ...........................143
2) Deuxième supplique des Pères Barnabites ...................................................................144
3) Troisième supplique des Pères Barnabites ..................................................................145
4) Décret d'union du prieuré de Saint-Clair au Collège d'Annecy, 19 novembre 1621 .....145
5) Quatrième supplique des Pères Barnabites .....................................................................147
H - LE PRINCE-ÉVÊQUE DE GENÈVE
I - Mémoire destiné à prouver que l'Evêque de Genève est le seul légitime Prince souverain de la cité et de ses dépendances, [décembre 1601 ].................................................................................................148
II - Accusé de réception de lettres de l'Empereur Mathias, 3 avril 1613, (Inédit) ...............................154
III-Accusé de réception de lettres du même et testimoniales en faveur du porteur, 3 juillet 1614, (Inédit)...................................................................................................................................................155
I - SUJETS DIVERS
I - Mémoire adressé à M. Charles d'Albigny concernant une pension attribuée à l'Abbé commendataire de Filly, [vers le 6 mars] 1606, (Inédit) ................................................................................................156
II - Procuration pour le serment de fidélité à prêter au Prince de Piémont, Victor-Amédée, 14 janvier 1607. ....................................................................................................................................................157
III - Mémoire adressé à Sa Sainteté Paul V pour l'érection d'un évêché à Chambéry, [entre la mi-mars et le 22 avril] 1612, (Minute) .-Importance de la ville de Chambéry et insuffisance d'un Vicaire forain. - Difficultés pour l'Evêque de Grenoble d'administrer ce quartier de la Savoie. - Nul effort légitime ne doit être épargné pour l'établissement désiré .............................................................................................158
IV - Témoignage sur les vertus de Mgr Juvénal Ancina, Evêque de Saluces, [novembre) 1617 .......159
APPENDICE DE LA IV" SÉRIE
A - Réponse de Don Antoine Carrillo au Mandement de Saint François de Sales ............................163
B - Extraits des Délibérations du Conseil de Ville d'Annecy au sujet de la procession de la Fête-Dieu:
1) Du samedy, vingt quatrieme may mil six cens et trois ..............................................163
2) Du mercredy, vingt huitieme may mil six cens et trois .............................................164
3) Du samedy, vingt neuviesme may 1604 ....................................................................165
4.) Du mercredy,16juin 1604............................................................................................166
5) Du jeudy, cinquiesme aoust 1604 ..............................................................................166
6) Du mercredy, huitieme juin mil six cens cinq. ..........................................................167
C - Transaction entre le Chapitre de la Cathédrale et la Collégiale de Notre-Dame de Liesse d'Annecy au sujet des droits de préséance aux processions. ...................................................................................167
D - Sommaire du Briefz (sic) octroyé par le Traissaintz Pere Paul, Pape, cinquiesme, en confirmation des Confrairies du Tressainctz Sacrement instituees au diocese de Geneve .............................................170
E - Procès-verbal de la visite de l'oratoire de Vorsiers, paroisse de Sallanches ..................................171
F - Lettres du Père Maximien de Moulins, Capucin, au Père François de Bugey, du même Ordre. ...177
G - Memoire des interrogats a faire au sieur Boucard sur sa personne et sa conversion .....................180
H - Relation de la double apostasie et conversion de Claude Boucard faite par lui-même ..................181
I - Lettres patentes de Charles-Emmanuel 1er, Duc de Savoie, aux syndics, bourgeois et habitants d'Annecy, (Fragments) .........................................................................................................................183
J - Acte d'érection de la Confrérie du saint Nom de Jésus dans la paroisse d'Abondance, par le Père Bernardin de Charpenne, Prieur des Dominicains d'Annecy. . ............................................................183
K - Supplique de M. Jean-François de Blonay, Prieur de Saint-Paul, à Mgr Jean-François de Sales, Evêque de Genève, et décret de celui-ci. ..............................................................................................184
CINQUIÉME SÉRIE : FONDATIONS ET RÉFORMES
A- CONFRÉRIE DE LA SAINTE CROIX
I- STATUTS DE LA CONFRÉRIE, 1er septembre 1593. ...............................................................185
Confirmatio et approbatio facta per Rum D. Episcopum..........................................................200
II - Réponse à quelques objections contre les privilèges de la Confrérie de la Sainte Croix d'Annecy, [janvier-mars 1603], (Minute inédite) ................................................................................................201
III - Sommaire des Statuts de la Confrérie et Indulgences accordées à celle-ci par Sa Sainteté Paul V, 1607 : .................................................................................................................................................201
1) Note sur la Confrérie ..................................................................................................202
2) Abbregé des exercices spirituelz de la Confrerie .......................................................203
3) Indulgences .................................................................................................................204
B - SAINTE-MAISON DE THONON
I - Légalisation d'un acte concernant la Sainte-Maison, 29 décembre 1602 ....................................206
II - Mandement sur les Indulgences accordées par le Saint Siège à la Confrérie de Notre-Dame de Compassion de Thonon, [1er-11 août] 1603.....................................................................................206
III - Acte par lequel saint François de Sales, cessant d'être Préfet de la Congrégation de la Sainte-Maison, se dédie à ladite Congrégation, vers le 21 septembre 1603, (Minute) ..............................207
IV-Note sur les revenus de la Sainte-Maison et sur le service de l'église,[vers le 25 août] 1605, (Inédit)...............................................................................................................................................208
V - Publication d'Indulgences en faveur des membres de la Confrérie de Notre-Dame de Compassion, 1er mai 1607.....................................................................................................................................210
VI - Advis sur l'establissement de la Sainte Mayson de Thonon, mai ou 6-15 juillet 1607 ...........211
VII - Sommaire des avis précédents, [6-15 juillet 1607 ?], (Minute inédite) .................................217
VIII - Procès-verbal de l'érection de la Sainte-Maison et confirmation de ses Statuts, 18 juillet 1607, (Minute inédite) ................................................................................................................................219
IX - Mémoire touchant les prétentions des Chevaliers des saints Maurice et Lazare sur la Sainte-Maison, [fin mai ou juin 1613 ?], (Inédit) ......................................................................................................221
X - CONSTITUTIONS ET REGLES DE L'ORATOIRE DE TONON, faites au mois d'aoust de 1615, (Inédit). Des Offices ecclesiastiques. - Des autres offices qui se doivent celebrer en l'eglise. - De la bienseance au chœur. – Des defaillans a l'Office. - Des principales ceremonies et observances qui doivent estre gardees au chœur. - De ceux qui feront les Offices et celebreront les Messes. - De l'assistance au sermon. - Des assemblees de la Congregation. - De la table commune. - De l'office du Prefect. - De l'office du Plebain. - De l'office du Sacristain. - De l'office du Portier. - De la discipline interieure de la Mayson. - De la preeminence en la Congregation. - De l'aumosne. - Des absences.- Que ceux de la Congregation ne puissent tenir aucun benefice requerant residence. - De l'entretenement et gage desditz Prestres. - Addition pour l'office du Sacristain. - Addition a l'article des defaillans. – Addition ....................222
C - ABBAYE DE SIXT
I - Procès-verbal de la première Visite de saint François de Sales à l'abbaye de Sixt, 24 septembre 1603, (Minute).- De qualitate domini Abbatis et Religiosorum.- De juribus et titulis. - De numero Religiosorum et de eorum praebendis.- De sacro Officio.-De ecclesia.-De aedificiis reparandis- De disciplina religiosae restitutione. .................................................................................................................................... 232
II- Homologation de l'acte des Chanoines de Sixt du 30 décembre 1617, 23 janvier 1618............236.
III - Décrets pour la réforme de la discipline régulière dans l'abbaye, 15 septembre 1618. - De Professioue facienda a venerabilibus Canonicis hujus Monasterii.- De electione Prioris et Subprioris. - De obedientia regulari. - De Officiis et ritibus. - De studio et libris. - De mensa et lectione.- De Capitula faciendo, et correctione ac pœnitentiis. - De mulieribus explodendis et expellendis a Monasterio. - De titulis et instrumentis ad jura Monasterii spectantibus. - De praebendis. – De aedificiis.................237.
IV - Vœux de saint François de Sales pour les Chanoines de Sixt, [fin septembre 1618 ?] ...........241
D - ABBAYE d'ABONDANCE
1 - Délégation à M. Jean Favre pour l'introduction des Pères Feuillants à Abondance, 2 mai 1607 ...241
II - Exécution d'un Bref autorisant l'Abbé d'Abondance à donner à cens le membre de Présinges, 28 janvier 1610 ..........................................................................................................................................242
E - ERMITES DU MONT-VOIRON
I - PREMIER PROJET DES RÈGLES DES ERMITES DU MONT VOIRON ET DÉCRETS ÉPISCOPAUX, 9 mai, 7 juin et 16 juillet 1620, (Inédit). – Noms des dicts Hermites et leur reception.- Declaration notable des Hermites. - Elections des sainctz Patrons de cest hermitage et ses Hermites. - Reigles de pieté. - Reigles de l'oraison et Office divin. - Reigle unique: Du silence; de la charité et hospitalité ; de la maniere de dormir; de l'heure du lever, du coucher, du disner et souper, de la recreation ; de la conversation des Peres entr'eux.- Reigle IIme expresse : De la Confession et Communion extraordinaire ou de conseil. - Reigles du gouvernement œconomique. - Exceptions des dictes Reigles....................244
Approbation desdictes Reigles d'un Theologien commis par Monseigneur, et au bas, celle de sa Seigneurie Reverendissime ..................................................................................................................253
Profession desdictes Reigles . ..................................................................................................254
[Approbations de l'establissement du Frere Jean Anthoine Rigaud] ........................................255
II - Abrégé des Constitutions des Ermites du Mont-Voiron, entre le 9 mai et le 7 juin 1620..............256 .
III - Lettrespatentes en faveur des Ermites du Mont-Voiron, 31 août 1622.........................................258
F - RÉFORME DU PUITS-D'ORBE ET PIÈCES DIVERSES
1 - Advis pour la reparation de la discipline reguliere au Monastere du Puys d'Orbe, [octobre ou novembre] 1608....................................................................................................................................260
II - Mémoire adressé à la sacrée Congrégation des Réguliers en faveur des Religieuses de Savoie, mai 1613 (Inédit) .........................................................................................................................................261
III - Signification et certificat à l'Archevêque de Corinthe et à l'Evêque de Toul touchant une commission du Pape de visiter l'abbaye de Remiremont, 28 novembre 1613,(Inédit).........................262
IV - Mémoires présentés au Prince de Piémont, Victor Amédée, pour le rétablissement de la discipline religieuse dans les Monastères de Savoie, septembre 1616:.................................................................265
1) A Mgr le Serenissime Prince pour le rétablissement de la discipline reguliere es Monasteres des hommes de deça les montz .............................................................................................................266
2) A Mgr le Serenissime Prince pour la reformation des Monasteres des filles de l'Ordre de Cisteaux. ...............................................................................................................................................267
APPENDICE DE LA Ve SÉRIE
A - Mandement de Mgr de Granier, Evêque de Genève.......................................................................268 . .B - Sommaire des Statuts et regles de la Confrerie de Nostre Dame de Compassion .........................269
C - Lettrede Mgr Juvénal Ancina, Evêque de Saluces, à saint François de Sales ..............................271
-
______________________________
[1] - On en compte une centaine dans le texte et dix-huit dans les Appendices.
[2] -cf 4e série : H-1 Mémoire à Paul V 1612
[3] - Risposta al Memoriale deI Cardinal Aldobrandino, Archives Vaticanes, Nunz. di Savoia, vol. 36, fol. 126.
[4] - Archives Vatic. Nunz. di Savoia, vol. 36, fol. 255.
[5] - Lettre à Mgr Tartarini, évêque de Forli, qui avait succédé à Mgr Riccardi dans la nonciature de Savoie. (L2, notes 86,102)
[6] - Lettre à Mgr Broglia, Archevêque de Turin, [fin octobre ou commencement de novembre], Archiv. Vatic., Borghese, III, 97, p. 273.
[7] - L8, note 160 lettre à M. de Bérulle
[8] - L9, note 946 Lettre au prince de Piémont
[9] - 4e série, E II notes pour Fr Gillette 1608 ; L4, note 46
[10] - On peut consulter le chanoine Lavanchy, La Sainte-Maison de Thonon, dans le tome XXXIII des Mém. de l'Acad. Salés., Annecy, Abry, 1910, et Mgr. Piccard, L'Université Chablaisienne ou La Sainte-Maison de Thonon, Thonon-les-Bains, Dubouloz, 1915.
[11] - 5e série C II Ch. De Sixt 1618
[12] - L'Autographe de cette pièce est ainsi coté par Mgr Charles-Auguste de Sales : Edictum pro processione Sanctissimi Sacramenti, 1604 ; cette date est justifiée par les divers documents que nous possédons sur le différend entre le Chapitre de la cathédrale et. la collégiale de Notre-Dame de Liesse, dont il est parlé ci-après, note (x), p. 7. En 1604, la Fête-Dieu tombait le 17 juin, elle était imminente lorsque le saint Evêque rédigea son ordonnance ; peut-être, celle-ci devait-elle être publiée le. dimanche de la Trinité, 13 juin.
(a- Var.)-A l'approche de ce jour de très grande solennité où tous les chrétiens, par une singulière et rare démonstration, témoignent leur reconnaissant souvenir à l'égard de notre commun Seigneur et Rédempteur pour un si ineffable et divin bienfait, où sa victoire sur la mort et son triomphe nous sont représentés dans la célébration de ce sublime et vénérable Sacrement de l'Eucharistie, lorsqu'il est porté en procession avec respect et honneur sur les chemins et les places publiques, afin que la vérité, victorieuse du mensonge et de l'hérésie...
[13] - Cet alinéa est inédit. Les mots insérés entre crochets ont disparu dans les déchirures de la marge du feuillet autographe.
[14] - Hilaire Furier remplissait alors ces fonctions et dut vraisemblablement remplacer Thomas Peyssard jusqu'au mois de juin 1606. (L8, note 83). Fils de Me Claude Furier, il avait " envyron cinquante trois ans " lorsque, le 3 juin 1632, il déposa au 1er Procès de Béatification de son Evêque ; à cette date, il se dit encore " recteur de la parrochialle de Sainct Mauris. " (Ad 2um interrog.) Aussitôt après son ordination sacerdotale (27 mai 1600), il était devenu " prestre d'honneur et aumosnier " de Mgr de Granier ; lui-même nous apprend (ad art. 1) qu'il fut aussi vicaire à Thorens. Le 2 juin 1606, M. Furier est institué économe de Saint-Jorioz ; il résigne le 4 juin 1612, et dessert la paroisse de Vieugy jusqu'en décembre 1618. Elu chantre de la collégiale de Notre-Dame le 13 juillet 1633, curé de Balmont le 12 août 1642, il meurt en septembre 1646, deux années après avoir résigné ce dernier bénéfice. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., I, Bourg-en-Bresse, 1920, p.356.) - Un jour, à Sainte-Claire, pendant qu'on revêtait François de Sales des ornements pontificaux pour une Ordination, M. Furier le vit " ravy, avec une splendeur si grande quil sembloit plustost un ange qu'un homme; " depuis lors, dit-il (ad art. 25), " je tascheois .d'assister a tous les exercices spirituels qu'il faisoit. " Et il termine ainsi sa déposition (art. 53) : " Toutte ma vie, des que je suis prestre, j'ay receu des grandes faveurs» du Bienheureux, en son vivant et apres sa mort, tant spirituelles qu'aultrement. "
[15] - " Jusques a luy, " dépose François Favre, valet de chambre de saint François de Sales, " les Evesques n'avoient jamais assisté a la procession du tres Sainct Sacrement qui se faisoit fort solennellement en cette ville le jour de la Feste Dieu ; et même, les chanoines de la cathédrale n'y intervenaient pas en corps chaque année. Le Bienheureux voulut, pour plus honnorer et rendre plus celebre cette saincte journee et action, y assister avec son Chapitre et officier pontificalement. Son intention et entreprise ne feust sans grands empesches et contradictions, tant du Chapitre de la collegiale de Nostre Dame que des seigneurs scindics et conseilliers de la ville ; mais, avec sa force ordinaire d'esprit et zele quil avoit pour la plus grande gloire de Dieu, il ramesna ces contredisans, et leur feist si bien recognoistre leur debvoir que... l'execution» de ses ordonnances s'en ensuyvit et a tous jours continué tous les ans... Il n'a jamais manqué, sinon qu'il feust hors du pays (qu'a esté environ quattre ou cinq fois), d'observer ce que je viens de dire, mesme de porter tout le long de la ville ce tres auguste Sacrement ; mais c'estoit avec une telle reverence, devotion, attention et gravité, qu'on remarquoit facilement ses grands et devots sentiments interieurs par l'aspect de son visage quil avoit tout aultre qu'en ses aultres particullieres occupations, quand il n'officioit pas pontificalement. ".(Op1, note 161). " Je scay ce que dessus estre vray, " conclut le déposant, " pour avoir tous jours en ces processions... servy le Bienheureux et demeuré pres de sa personne ; et aussy, pendant les empesches et contradictions susdictes, je faisois divers voyages et messages, par son commandement, pour ce faict. " (Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 38.)
[16] - Pour s'expliquer cette menace d'excommunication il faut se rappeler les faits antérieurs et les contradictions multiples suscitées à saint François de Sales à l'occasion de cette procession. Dès l'année précédente, en effet, le Chapitre de Notre-Dame, sous prétexte de ses prétendus droits de préséance comme curé d'Annecy, s'était opposé aux ordonnances de l'Evêque, à tel point, que celui-ci dut écrire au doyen : " Je le commande a vostre Chapitre et a vous, en vertu de la sainte obedience et sub pœna excommunicationis latœ sententiœ. " (L2, note 197). Soutenus par les syndics et le Conseil de Ville, les chanoines réfractaires invoquèrent l'appui de Henri de Savoie, duc de Genevois et de Nemours (L2, notes 234,-235), mais inutilement ; car la décision donnée par lui ne pouvant se concilier avec les droits du Chapitre cathédral, était de ce fait inacceptable. Notre Saint tint donc ferme, malgré la ténacité des chanoines de Notre-Dame à soutenir leurs prétentions, malgré aussi leur appel au Métropolitain, Mgr Jérôme de Villars, archevêque de Vienne, de qui ils obtinrent une lettre subreptice, comme on le verra dans la pièce suivante. Sur ce long débat et la manière dont il prit fin, on peut voir Charles-Auguste, Histoire, etc., liv. V, pp. 288-295, 322, 324, et à l'Appendice du présent volume, les extraits des Délibérations du Conseil de Ville d'Annecy et de la Transaction du 14 octobre 1605.
[17] - Comme on l'a dit L8, note 83) l'église Saint-Maurice, seule paroisse d'Annecy, avait été unie à la collégiale de Notre-Dame et était desservie par un recteur nommé par le Chapitre de celle-ci.
[18] - Avec les Ordonnances de saint François de Sales, nous croyons devoir reproduire in-extenso, mais en caractères moins gros, le Procès-verbal des faits qui les motivèrent. Mieux que des notes, il renseignera le lecteur sur l'un des plus douloureux épisodes de l'administration épiscopale du Saint.
[19] - Cousin du saint Evêque (L2, note 4)
[20] - Sur ce " palais ", voir Op2, note 190
[21] - Pour Rogeot Noël, l'un des domestiques du Prélat. (L3, note 437)
[22] - Valet de chambre (L6, note 329)
[23] - Maurice de la Combe (Op2, note 113)
[24] - Nous maintenons l'orthographe du greffier, sauf pour les Ordonnances du Saint.
[25] - François de Menthon de Lornay (L2, note 197).
[26] - Mgr Jérôme de Villars (L7, note 619)
[27] - Le prédécesseur de saint François de Sales mentionné par l'Archevêque n'est pas Mgr de Granier, mais Mgr Ange Giustiniani, comme il est dit ci-après,.(L6, note 662).
[28] - Jean-Louis Jacquier, qu'on a déjà trouvé parmi les examinateurs pour les concours (L5, note 418 ; L7, note 155), était né à Talloires. Le 2 octobre 1603, lors du premier Synode tenu par saint François de Sales, ce chanoine " fist une tres-belle harangue latine, de la dignité et authorité des prestres et de la vie qu'ils devoyent tenir." (Charles-Auguste, Histoire, etc., Liv. V, p. 302.) M. Jacquier permuta son canonicat avec une chapellenie le 6 mai 1617 et mourut six jours après. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, Annecy, 1920, p. 437.)
[29] - Quelques-uns de ces chanoines sont déjà connus. Le premier, né à Monthoux de Louis Guillet, seigneur de ce lieu, et de Claudine de Mouxy, fut héritier universel de son père. Dès le 17 décembre 1577, il avait obtenu une dimissoire pour la prêtrise ; sa mort arriva en avril 1611. (Armorial de Savoie, vol. III, pp. 193, 195, et Dictionnaire du Clergé, etc.,I, Bourg-en-Bresse, 1920, p. 417.). François de Chissé (L1, note 92) fils de Jean, seigneur de Pollinge et des Forêts, et de Marie de Granier sa seconde femme, naquit à Reignier, et reçut la tonsure le 10 septembre 1580. Curé de Viuz-en-SaIJaz à deux reprises (1585-1591 et 28 novembre 1596-15 mars 1605), il fut aussi prieur de Grésy-sur-Aix depuis le 26 août 1596. Il résigna pour la seconde fois sa cure de Viuz lorsqu'il devint vicaire général et official de notre Saint; dans une pièce du 20 mai 1622, celui-ci l'appelle " archidiacre de l'Eglise cathedrale. " Au décès du Bienheureux, M. de Chissé exerça les fonctions de vicaire capitulaire ; il fut inhumé à Reignier le 29 juin 1630. (Armorial de Savoie, vol. Il, p. 52 ; Dictionnaire du Clergé, l, p. 181, et Reg. par. de Reignier.) Sur le chanoine de la Combe, voir Op1, note 181). - Déjà pourvu en 1587 d'un canonicat à la cathédrale, et d'une chapelle en l'église de Menthonnex le 6 décembre 1589, Jacques Brunet est ordonné prêtre le 23 mai 1593 ; doyen du décanat de Rumilly et annexe de Chilly dès le 1er septembre suivant, il fut plus tard chantre de la cathédrale et décéda en octobre 1632. (R. E. et Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. X30.) Comme nous l'avons dit L2, note 439, Théodore Warouf était originaire de Gouda en Hollande. Docteur en théologie, curé de Lucinge en 1587, de Saint-Laurent en 1589, il résigne le premier de ces bénéfices le 15 mai de l'année suivante, et obtient en 1591 un canonicat à La Roche. Six ans plus tard on le trouve chanoine à la cathédrale et pourvu de la cure d'Excenevex et Yvoire ; en 1600, il est nommé à celle de Corsier, et meurt en mai 1631. (Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 789.) Cet ecclésiastique fut un collaborateur très zélé de saint François de Sales dans la mission du Chablais, surtout depuis les Quarante-Heures d'Annemasse (7 et 8 septembre 1597), où ses doctes prédications obtinrent un réel succès. Le Procès-verbal du rétablissement de la religion catholique en Chablais, dressé en 1602 par Claude d'Angeville, primicier de La Roche (1er Procès de Genève, Scripturœ compulsatœ), fait une spéciale mention de son ministère de deux années à Orcier, puis à Excenevex-Yvoire et à Messery-Nernier, où il travailla à la conversion des habitants " avec un fruit incroyable ". Au dire de Grillet (Histoire de la ville de La Roche, 1790, p. 64), Théodore Warouf " étoit un des plus habiles théologiens du diocèse de Genève ". Pour les deux derniers chanoines nommés, voir Op2, note 156 ; L7, note 136.
[30] - Le " certain billiet " est évidemment l'Ordonnance de 1604 qui précède la présente pièce.
[31]-Mgr Giustiniani gouverna le diocèse de Genève de 1568 à 1578, et pendant son épiscopat deux archevêques se succédèrent sur le siège de Vienne : Vespasien Gribaldi, 1567-1575 (L2, note 36), et Pierre de Villars qui en prit possession le 30 juin 1576. C'était l'oncle de l'archevêque de Vienne du même nom, qui fut l'un des correspondants et admirateurs de notre Saint (L4, note 163). Son père s'appelait aussi Pierre, et sa mère Anne Jobert. Reçu docteur ès-droits à Padoue à l'âge de vingt-deux ans, il embrassa l'état ecclésiastique et s'attacha au cardinal de Tournon qui, reconnaissant son mérite, lui confia plusieurs emplois importants et lui obtint, en 1566, l'évêché de Mirepoix, d'où il fut transféré à l'archevêché de Vienne. En 1587, Mgr de Villars remit celui-ci entre les mains de Henri III qui l'avait employé en diverses négociations, et se retira au couvent des Capucins de Moncalieri, en Piémont, où il mourut à soixante-quinze ans, le 14 novembre 1592. (D'après la Gallia Christiana, tome XVI, col. 125.). Lequel de ces deux Métropolitains est celui que mentionne notre texte ? Aucun document de l'époque ne nous renseigne à ce sujet.
[32] - Une tache d'encre rend indéchiffrable le nom de ce cardinal.
[33] - Philippe-Dominique-Victor était né le 8 avril précédent, de Philippe III et de Marguerite d'Autriche qui, jusque là, n'avaient eu que deux filles. En 1615 il épousa Elisabeth de France et succéda à son père sur le trône d'Espagne en 1621. Cinq ans après le décès d'Elisabeth, il se remaria (1649) avec Marie-Anne d'Autriche, fille de l'empereur Ferdinand III, et mourut en 1665. (Moreri, 1740, tomes I et VII). " L'action de grace " pour la naissance du prince avait eu lieu à la cathédrale le 3 mai, et la Ville s'y était rendue "en corps ". (Reg. des Délib. du Conseil de Ville, vol 31.)
[34] - Jean Favre (L2, note 325)
[35] - Cette signature et les deux autres qui se voient plus bas sont autographes.
[36] - La Fête-Dieu était le surlendemain, 9 juin. (Voir à l'Appendice la Délibération du Conseil de Ville en date du 8.)
[37] - Pour comprendre la pièce qu'on va lire, il faut savoir en quoi consistait le différend que saint François de Sales et Antoine Favre (L1, note 50) furent appelés à trancher. Par la charte de fondation de la chartreuse de Mélan (L3, note 60), Béatrix de Faucigny lui avait attribué la dîmerie de Verclans, située entre Samoëns et le village de Morillon, avec ses novales, ou dîmes des terres nouvellement défrichées. Cette dîmerie était divisée en quatre quartiers ; sur le tiers de l'un de ceux-ci, le curé, et plus tard le Chapitre de Samœns avait un droit que le Monastère ne lui contestait pas. Mais bientôt il prétendit que les novales des terrains défrichés depuis la donation de Béatrix lui appartenaient dans toute l'étendue de la dîmerie. Déjà en 1536, le Conseil de Savoie jugeait en faveur des moniales, sans toutefois que la partie adverse voulût se désister de ce qu'elle appelait son bon droit. Un premier procès, intenté en 1605, demeura indécis ; il fut repris avec vigueur en 1609. Le 26 juin de cette année, le Conseil de Genevois, par lettres de sauvegarde, enjoint à tous ses officiers et sergents de faire respecter les droits du Monastère suivant la teneur de la requête présentée par le Vicaire, Dom Nicolas Maistre (L6, note 486), et Dame Jeanne d'Angeville, Prieure. La collégiale répond par une fin de non-recevoir ; mais après plusieurs sursis au procès, les deux parties, d'un commun accord, choisissent pour arbitres le saint Evêque de Genève et le président Favre, qui rendent ensemble la sentence que nous reproduisons. (D'après Feige, Histoire de Mélan, publiée dans les Mém. de l'Acad. Salés., tome XX, Montreuil-sur-Mer, 1898, pp. 189-192.) Les points de suspension marquent dans notre texte la suppression de quelques passages et formules qui n'ont pas d'intérêt. .
[38] - Jeanne-Claudine d'Angeville, sœur du primicier de la collégiale de La Roche et fille de Christophe d'Angeville et de.Bernarde de Beaufort. En 1572 on la trouve déjà à la chartreuse, où elle fut d'abord sous-prieure, puis appelée au priorat en 1605. Pendant treize ans elle gouverna sagement sa Communauté qui la jugeait seule capable de la diriger en des conjonctures très difficiles. Sa mort et celle du Vicaire Dom Maistre " figurent en 1618 sur la même charte capitulaire. " (Feige, ouvrage cité, pp. 188 et 200.)
[39] - La charte du Chapitre général de 1643 mentionne, dans la liste des Chartreux décédés : " D. Antoine Courtet, profès et antiquior de la Maison de Sélignac (chartreuse de Saint-Martin, diocèse de Belley), recteur de celle de Notre-Dame de Meyriat au même diocèse, qui vécut soixante-treize ans dans l'Ordre d'une manière digne de louange." (Note de D. Médard Ilge, de la Chartreuse de Farneta, près de Lucques, Italie.)
[40] - Sur la collégiale de Samoëns et son doyen, voirL6, notes 411,412). - Le curé-archiprêtre était à cette date Michel Bard, chanoine de la même collégiale ; institué le 6 mars 1610, il résigna son canonicat le 30 juin et mourut au mois de janvier de l'année suivante. (R. E.)
[41] - Dom Bruno d'Affringues (L6, note 484).
[42] - Toutefois, le même scribe déclare que, le lendemain, M. le Doyen a signé " ladite sentence, y acquiesçant et promettant adveu. " Malgré ces promesses réciproques, la lutte ne fut pas terminée. Deux clauses de la sentence du 29 avril 1610 donnaient prise à un nouveau débat : " la concession demandée à Mélan des novales existantes, et l'abandon des revenus indûment perçus. " Dom Maistre ne voulut rien solliciter de son Général ; " Samoëns, froissé de cette raideur, revint à ses premières prétentions. Les parties entamèrent un procès, " et le Vicaire " porta l'affaire au Conseil de Genevois." La collégiale " déclare ne vouloir plaider avec ces Dames et s'en remet à la sentence arbitrale de saint François de Sales et du président Favre ; " elles " pourront donc librement percevoir lesdits nouvelets, mais Samoëns ne restituera rien des choses perçues. Mélan refuse cette dernière concession. " Cependant,"« après répliques diverses, on obtint enfin une sentence définitive le 18 juin 1611 : le Conseil de Genevois confirmait celle des arbitres, sans astreindre les moniales à exécuter ce qui était un simple conseil de leur part. (Feige, ouvrage cité, pp. 193-195.)
[43] - On a vu (Op2, notes 165,166) qu'il y avait quatre collégiales dans le diocèse de Genève ; impossible de désigner celle dont le doyen est visé dans ces notes, écrites au recto de deux feuillets détachés. Le premier est de la main de saint François de Sales ; le second, de celle d'un secrétaire. Les dates extrêmes sont proposées sous toutes réserves d'après les caractères du Saint.
[44] - Ici commence le second feuillet.
[45] - Par la huitième Règle de la Chancellerie pontificale, le Saint-Siège s'était réservé la nomination aux prébendes capitulaires qui viendraient à vaquer en janvier, mai, juillet et novembre.; d'autre part, le Pape avait accordé aux évêques résidant actuellement dans leurs diocèses le privilège de l'alternative, soit " de nommer aux canonicats vacants, en février, avril, août et octobre ; au Chapitre appartenait l'élection de ses membres dans les quatre autres mois de l'année. (Mémoires de l'Acad. Salés., tome XIV, Annecy, 1891, chap. XVII, pp. 248, 249 ; L4, note 417)
[46] - Philippe de Quoex (L2, note 41 ; L8, note 373) était fils de noble Jean-Ennemond de Quoex et de Jeanne de Léaval.
[47] - Le chanoine Nouvellet fut inhumé le 7 octobre. (L2, note 58)
[48] - Sur ces chanoines, on peut voir L2, note 14 ; L7, note 136 ; Op1, note 181 ; L2, note 325).
[49] - Natif d'Annecy, Marc-Antoine de Valence obtient le 17 décembre 1578 une dimissoire pour l'admission à la tonsure. Docteur en théologie, il est porté comme chanoine de la cathédrale au procès-verbal de la Visite pastorale du 9 février 1586 ; plus tard il en devint pénitencier et fut quelque temps confesseur de saint François de Sales (Op1, note 167). Le 19 avril 1607 il est institué curé de Meythet, qu'il permute contre une chapellenie le 13 décembre 1612. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 756.)
[50] - Il avait été minoré le 1er février 1598 et, le 1er avril 1600, ordonné prêtre à Rome, en la basilique de Saint-Jean de Latran. Dès le Synode du 2 octobre 1603, nous le trouvons nommé le second parmi les chanoines de Notre-Dame de Liesse d'Annecy, et avec le titre de sacristain.. Au concours du 17 février 1609. M. des Oches obtint la cure de Saint-Julien et fut institué le 30 juin de l'année suivante, étant chanoine de la cathédrale ; la veille, il avait échangé sa stalle à la collégiale contre une chapelle à Talloires. " Maître en la sacrée théologie, " vicaire général et official le 15 décembre 1612, il mourut dans la première quinzaine d'août 1617. (R. E.) Le 1er du mois, sainte Jeanne-Françoise de Chantal écrivait à la Mère de Bréchard : " M. de Lespine et le très bon M. Grandis sont morts, et encore M. Desouches bien malade ; voilà grandes pertes pour le collège de Saint-Pierre... " (Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal, sa Vie et ses Œuvres ; Lettres, vol. l, Paris, Plon, 1877, p. 207.)
[51] - Le chanoine Mercier, en publiant cette pièce dans son ouvrage : Le Chapitre de Saint-Pierre de Genève (Mémoires de l'Acad. Salés., tome XIV. Appendice, p. 381, n° 7), a mis ici et plus loin des points de suspension, sans dire s'ils représentent des mots disparus et des lignes oblitérées par suite de l'usure du manuscrit, ou l'omission volontaire de passages sans intérêt. Il n'indique pas non plus la provenance de l'original que nous n'avons pu retrouver.
[52] - L'hôtel Favre (Op2, note 282).
[53] - Tous ces chanoines, Claude Deffoug excepté, ont été mentionnés L6, note 411, comme faisant partie, en 1614, du Chapitre de la collégiale
[54] - Ou la présente requête ne fut pas envoyée cette année au saint Evêque. ou bien celui-ci voulut régler sur place le différend; il ne put le faire qu'en 1618, comme on le verra ci-après.
[55] - Un Jean de Lestelley, notaire, était châtelain en 1617. (Tavernier, Hist. de Samoëns, p. 264.)
[56] - Nous supprimons ici et plus bas des membres de phrases qui ne sont que des répétitions inutiles.
[57] - Ce qui suit est de la main du Saint.
[58] - C'était, vraisemblablement, la première église construite à Thonon; elle porta d'abord le nom de Saint-Hippolyte, aussi bien que le prieuré bénédictin auquel elle fut annexée. Là se faisait le service paroissial, mais ses proportions trop restreintes ne suffirent pas à la population, même après la fondation, en 1429, de l'église Saint-Augustin. (L7, note 133). En 1471, l'Evêque ordonne la construction d'un nouveau chœur, et en 1482 le nombre des chapelles s'élève à huit. Pendant toute la durée de l'occupation hérétique, elle servit au culte protestant et demeura en son entier ; les autels, toutefois, en furent enlevés. On se rappelle que saint François de Sales, à peine arrivé en Chablais, prêcha à Saint-Hippolyte son premier sermon, le 18 septembre 1594, et que, la nuit de Noël 1596, il y célébra pour la première fois la Messe. A partir de cette date mémorable, l'Apôtre ne cessa d'y offrir le Saint Sacrifice et d'y faire solennellement les offices les dimanches et les fêtes. Lorsque le 25 mai 1602, Mgr de Granier procédant à l'érection de la Sainte-Maison de Thonon incorpora à celle-ci l'église Saint-Hippolyte, il en changea aussi le vocable contre celui de Notre-Dame de Compassion. (Cf. Piccard, Hist. de Thonon et du Chablais, dans le tome V des Mém. de l'Acad. Salés., Annecy, 1882, chap. IV, pp. 57 et suivantes.)
[59] - Jean Favre.
[60] - Saint François de Sales consacra la chapelle le 24 juillet 1617. Voir la 1ettre de cette date à Marguerite de Genève, sœur du marquis de Lullin (L8, notes 141,142).
[61] - La demeure ordinaire du Saint à Thonon fut, même après sa mission du Chablais, la maison de Jeanne Barbier du Maney, veuve du Foug. (L1, note 132 ; L4, note 608). On peut croire qu'en septembre 1603, c'est encore chez la pieuse femme que le nouvel Evêque reçut l'hospitalité.
[62] - Georges Rolland a écrit la pièce que le Saint a signée. L'original (une feuille grand in-40) a été collé dans le Registre de 1602-1607, de l'ancien Evêché de Genève.
[63] - Jean-Louis, fils de Jean de Bonivard et de Françoise de Mouxy, fut le second gouverneur du fort des Allinges (Op1, note 239) après la reprise de possession du Chablais, en 1601, par Charles-Emmanuel 1er, duc de Savoie; il en exerça la charge à partir de 1603. La date de son décès nous est.inconnue. Par contrat dotal du 16 août 1598, il avait épousé Anne, fille de Charles de Mareschal-Duyn et de Claudine de Cuynes-Ribaud, qui mourut avant le 15 mars 1651. (Armorial et Nobiliaire de Savoie, vol. l, p. 250, et III, p. 346.)
[64] - La première invasion des Bernois et Genevois en Chablais avait eu lieu en 1536. (Op1, note 191).
[65] - Le 15 septembre 1606, saint François de Sales consacra l'autel de cette chapelle. On trouvera plus loin le Procès-verbal de cette consécration et, sous la date du 29 janvier 1613, l'approbation donnée par l'Evêque aux conventions faites entre les fondateurs et le curé d'Allinges pour la dotation de la Messe hebdomadaire à célébrer
[66] - Bien que Maurice de la Combe, greffier de l'évêché (Op2, note 113) ait contresigné ces patentes, elles ont été écrites par Georges Rolland comme les précédentes ; la signature épiscopale est autographe.
[67] - Jacques Ruphy, né à Sallanches, était Religieux au prieuré de Talloires lorsqu'il reçut le diaconat le 22 décembre 1576. Après la mort du vénérable curé dont il devint le coadjuteur en 1603. il obtint une chapelle en l'église de La Clusaz (25 septembre 1607), qu'il r2signa le 4 août 1622. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé. etc., II, p. 704, et R. E.)
[68] - Ici, comme à la fin de l'acte, le scribe a supprimé les formules ordinaires.
[69] - Originaire de Thônes, chanoine de la cathédrale une année seulement (5 mars 1577-30 avril 1578), Humbert Bochet fut curé des Frasses où on le trouve en 1581, lors de la visite pastorale en cette paroisse. Celle des Clefs lui fut confiée le 31 décembre 1587, et il y mourut au mois d'août 1607. (Mgr Rebord, ouvrage cité, I, p. 88.)
[70] - Cet ecclésiastique, nommé Albrion ou Albrieux dans le Dictionnaire du Clergé (vol. l, p. 7), était originaire du diocèse de Maurienne. Institué curé du Châtelard en octobre 1591, il permuta ce bénéfice contre une chapellenie le 24 septembre 1607, étant plus qu'octogénaire.
[71] - On ignore à quelle date Mgr de Granier (L1, note 114) autorisa l'érection de l'oratoire. Rd Jean-Baptiste Cathiard, curé-archiprêtre de la paroisse, dut le restaurer en 1825.
[72] - Les syndics de Veyrier-du-Lac étaient " Pierre de la Combe et Julien de Tornafol ". (Procès-verbal de la visite du Saint, R. E.)
[73] - Le doyen François de Menthon de Lornay (L2, note 197), avec deux chanoines. de la collégiale, Barthélemy Flocard (L1, note 267) et Martin Carrier, se trouva à Verrier le 28 novembre ; tous trois, tant " a leur nom que des aultres chanoines..., en qualité et se disant curé de ladicte parrochiale, comme unie nouvellement a leur Chappitre " par Bulles des calendes d'août 1587, fulminées au mois d'avril suivant. (R. E.)
[74] - Ici et dans bon nombre de pièces analogues, les points de suspension indiquent la suppression de passages sans intérêt et des répétitions inutiles.
[75] - Il y avait, dans cette église, trois chapelles, dont les recteurs étaient " messires Martin Blanchard, François de la Combe et Bernard Gilbert. " (R. E.)
[76] - Après réception du décret épiscopal, les proclamations furent faites " par trois diverses Dimenches, " soit les 7, 14 et 21 novembre ; le 28, saint François de Sales était à Veyrier. « Noble et spectable Hugon Pergod " (L3, note 253) lui remontre, au nom des syndics et paroissiens, l'état du différend qu'ils ont avec les chanoines de Notre-Dame de Liesse. De temps immémorial, la paroisse a été desservie par un curé et un vicaire qui régulièrement célébraient les Messes " grande et petite ", faisaient les Offices de fondation, habillaient " treze pauvres toutes les annees " et, le troisième jour des Rogations, donnaient " a disné aux scindiques, conseilliers et notables de ladicte parroche et a tous autres ayant assisté a la procession, et a chacun chief de maison un quartier de pain et de fromage ; " car le revenu est " bon et souffizant ". Or, les doyen et chanoines, " comme pretendeurs curé ou soit vicaire, ont perceups et retiré " ce revenu, " vendu et aliené des biens fonciers dependant de ladicte vicairie, prins l'argent d'iceulx, sans quil soit esté employé au prouffict de leur eglise, lesquels biens appartenoient aux parrochains pour la celebration des divins Offices. " De plus, ils " vouldroient et tendroient a une diminution " de ces Offices et charges ordinaires, parce qu'ils prétendent " le revenu n'estre competant. " En conséquence, on demande que l'union de la vicairie à la collégiale soit anullée et que les biens vendus soient restitués. Les trois représentants du Chapitre de Notre-Dame veulent produire les Bulles de 1587, mais "l'heure est tarde " ; le saint Evêque ordonne donc que les parties se rendront, le 4 décembre suivant, " dans sa maison d'habitation Annessi, avec leurs droictz et tiltres. " Ce jour-là, il décrète ce qui suit : La collégiale sera tenue à l'entretien de deux prêtres à Veyrier ; " les jours de festes, Dimenches et solemnes, " ceux-ci célèbreront une Grand'Messe et une Messe basse ; aux fêtes solennelles, Matines, Vêpres et Complies ; les dimanches, Vêpres, Complies, avec le chant du Salve Regina, et Vêpres des morts ; le lundi, une Messe pour les trépassés, et les autres jours fériés une Messe basse ; plus, une autre le jeudi, fondée en 1585. Quant a l'aulmone soutenue et la quote de dixmes, Mgr le Reverendissime a ordonné que les parties feront apparoir dans trois mois. D (R. E.)
[77] - Signature autographe.
[78] - Nous omettons les noms des trente-deux paroissiens inscrits à la suite du syndic.
[79] - La supplique fut-elle présentée à Mgr de Granier en 1596 ? On s'explique difficilement le délai de huit années avant la demande de l'approbation de l'Evêque du diocèse. Si cette approbation avait été déjà obtenue, saint François de Sales la confirma et y apporta une disposition nouvel1e par l'acte qu'on va lire.
[80] - Le Registre porte Conceptionis, qui est une méprise du scribe.
[81] - Par errenr, le greffier a écrit " de Mangier ", en copiant dans le Registre l'acte du Saint.
[82] - La signature du secrétaire, qui fut sans doute Georges Rolland, ne figure pas dans le Registre.
[83] - Ces Indulgences sont probablement celles qui furent accordées par Clément VIII le 7 décembre 1604. Le 11 mars 1607, le Pape Paul V en enrichit également l'Archiconfrérie, mais il semble, d'après l'écriture du Saint, qu'il a donné ici le Sommaire des premières : de là, notre date approximative. (L3, note 336)
[84] - Quelques jours auparavant, le 3 juin, saint François de Sales avait donné au P. Théodose de Bergame, ex-provincial des Capucins (L5, note 513), des lettres patentes autorisant l'érection de la Confrérie dans tout son diocèse.
[85] - Voir L6, note 294, et la pièce XIV du 27 octobre 1607. ci-après.
[86] - Nicolas Clerc (L1, note 322). Cf. la pièce suivante.
[87] - De la main du Saint.
[88] - Rd Pierre Gros.
[89] - Ecrit par le greffier Maurice de la Combe.
[90] - Il l'était depuis 1587, (L1, note 322)
[91] - Saint François de Sales avait visité la paroisse le 20 juin, mais le procès verbal de cette visite fut remis au curé le lendemain. On peut le voir dans l'ouvrage de Mgr Rebord: Visites Pastorales du diocèse de Genève-Annecy, 1411-1920, Annecy, Abry, 1922, tome II, p. 535.
[92] - Les lignes qui suivent étaient de la main du saint Evêque; c'est pour cela que l'original de la présente pièce qui se conservait jadis au presbytère de Saint-Félix, fut offert à Mgr Dupanloup, né et baptisé dans cette paroisse.
[93] - Noble Antoine de Riddes, seigneur de Belletour et des Jaillets, coseigneur de Servoz, de Marthod et Cornillon, et maître d'hôtel du duc de Savoie, avait eu quatorze enfants de Claudine de la. Croix. Guillaume, cité l'aîné en 1578, épousa Pernette Frariér, fut bailli du Faucigny et mourut sans postérité. Son testament est du 23 août 1624. - François, né en 1548, marié à Claudine de Poypon, veuve de noble Louis de Verdun, teste le 13 (al. 3) décembre 1629. - Jean-François, seigneur du Rosey et de Charbonnière, coseigneur de la Frasse, s'allia avec Michelle, fille de Charles de Gex et de Michelle Martin du Fresnoy (contrat dotal du 24 avril 1581). D'après le Cartulaire des Cordeliers de Cluses, il aurait, par un premier testament du 30 juillet 1620, fait une donation à ce couvent ; il était veuf lors de son second testament, 16 novembre 1625.
[94] - La fondation de la " plébanie " de Flumet, faite par Guillaume de Riddes, datait du 21 novembre 1600; le vicaire général François de Chissé l'avait homologuée le 6 décembre suivant. Elle devait se composer de six prétres, y compris le curé, et ses membres réunis portaient le titre de " Vénérable Chapitre de SaintThéodule de Flumet ". François de Riddes augmenta cette fondation d'une stalle le 28 octobre 1628, et l'un de ses frères, François-Nicolas, abbé commendataire de Tamié (L10, note 156), y en ajouta une autre le 15 septembre 1644. Dès lors, les huit prêtres qui composaient le Chapitre eurent la dignité de chanoines, parmi lesquels on distinguait le plébain et le sacristain. La Révolution les dispersa et confisqua leurs revenus. (R. E. ; Mémoires de l'Acad. Salés., tome VI, Annecy, 1883, p. 247.) Le jour même où saint François de Sales confirmait la fondation de la plébanie, il avait consacré l'église de Flumet, rebâtie en 1602.
[95] - En ce jour, saint François de Sales, après avoir visité la paroisse de Larringe, traversa la Dranse pour aller consacrer à Allinges l'autel de la chapelle réédifiée en l'église paroissiale, par les soins de Jean-Louis de Bonivard et de sa femme. (Voir ci-dessus, note 63 la pièce II et les notes qui l'accompagnent.) Aujourd'hui, il ne reste plus de trace ni de l'autel, ni de la chapelle.
[96] - Il s'agit probablement des quarante Martyrs de Sébaste : " XL MM. " que les hiérographes ont traduit par XL millium Martyrum.
[97] - Institué le 6 septembre 1600. Né aux Gets, ordonné prêtre le 27 mars 1599, il mourut en septembre 1638. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 757.)
[98] - Le recteur de cette chapelle, " de la presentation de la famille des Fabri, alias Collet, est ven. messire Martin Crochon qui la faict servir par le curé. " (Procès-verbal de la visite du Saint à Vacheresse, 16 septembre 1606, publié par Mgr Rebord, Visites Pastorales, etc., tome II, p. 712.)
[99] - Note 69, pièce IX ; L6, note 294.
[100] - Sur l'abbaye bénédictine d'Ainay, voir L1, note 228).
[101] - L'abbé commendataire d'Aulps était Mgr Milliet, évêque de Maurienne.. (L1, note 243 ; L10, notes 195, 197 ; L2, note 218). Pour le procès qu'avait avec lui le curé de Lullin, on peut voir L6, note 291).
[102] - C'est-à-dire : " Implore humblement votre office. "
[103] - De la main du Saint.
[104] - Né à Amancy, tonsuré le 9 juin 1571, Jean Delavenay obtint le 7 mai 1575 une dimissoire pour la prêtrise. Curé de Versonnex à une date qui ne nous est pas connue, il permuta avec une chapellenie le 8 novembre 1629. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., I, p. 238.)
[105] - Le prieuré bénédictin de Bonneguête, près Rumilly, déjà mentionné L10, note 156, avait été uni à la Sainte-Maison de Thonon par une Bulle de Clément VIII, donnée le 1er décembre 1600. Guillaume Rebeul, clerc, qui le possédait alors en commende par concession apostolique, le résigna entre les mains du Pape. (Bullarium de la Sainte-Maison, imprimé à Turin, après 1776.) Comment, après l'union effectuée, ce commendataire eut-il en 1602 un successeur en la personne de " noble Rd seigneur Angelin de Syons, " que l'on trouve encore prieur lors de la visite du Saint à Bonneguête le 22 novembre 1607 ? (Registre des Visites pastorales 1606-1610, Archives dép. de la HauteSavoie, Série G.). Angelin était peut-être fils naturel de Claude de Syons, seigneur de Veillères en Bresse, baron de Creste, etc. ; l'intérêt que lui porte Claudine-Diane de Capris, femme de Claude de Syons, nous fait supposer son origine. Le 20 décembre 1602, il est nommé titulaire d'une chapelle de l'église paroissiale de Syon (archiprêtré de Menthonnex-sous-Clermont), qu'il échange le lendemain contre la cure même. D'après l'acte de son institution, il n'aurait été que clerc à cette date ; mais le Dictionnaire du Clergé (II, p. 731) marque son ordination sacerdotale au 20 mai 1600.
[106] - Signature autographe
[107] - Le procès-verbal de la visite de saint François de Sales à Rumilly, 25 et 26 juin 1606, ne mentionne aucune ordonnance touchant la répartition du revenu de cette église ; la présente pièce est donc postérieure, mais elle doit se placer avant celle du 11 mai 1609 (voir ci-après pièce XVIII).. Très probablement, elle date du Carême prêché par le saint Evêque à Rumilly en 1608 (L3, note 489) ; en cette année, le mercredi des Cendres tombait le 20 février, et Pâques le 6 avril.
[108] - Ces mots prouvent que le Saint fit son Ordonnance à Rumilly même - En juin 1606, les syndics étaient "noble François de Chavanes et honnorable Pierre Vandot " (R. E., Visites pastorales 1606-1610, Archiv. dép. de la Haute-Savoie, Série G) ; les Registres du Conseil de Ville de cette époque n'ayant pas été conservés, nous ignorons si dans les premiers mois de 1608 la charge appartenait aux mêmes. Mugnier, L'Etat civil de Rumilly-l'Albanais, 1607-1793 (Chambéry, 1899), pp. 55 et 77, relève, au 25 avril 1609, le nom de Pierre Burin, bourgeois, marchands et syndic, dont l'acte de sépulture est enregistré le 23 juin suivant. Il est intéressant de rapprocher de cette pièce la lettre écrite par saint François de Sales quelques mois plus tard aux autorités de la petite ville. (L4, note 112)
[109] - Note 114.
[110] - Ces deux ecclésiastiques avaient un différend avec " messire Jehan de Marignier, Religieux et chamarier de Nantua, " (L3, note 214) à propos de certaines dîmes perçues par celui-ci: dans le territoire de leurs paroisses ; vu la modicité de leurs pensions, ils demandaient l'union de ces dîmes à leurs églises respectives. Le Parlement de Dijon, par arrêt du 6 août 1607, leur donna gain de cause et condamna le chamarier à leur payer " six vingt livres tornoises pour leur portion congrue, deduction faite de leur revenu, " et, en plus, tous les frais de l'instance. Mais cet arrêt ayant été rendu sans qu'on eût interpellé Rd de Marignier, il se pourvut par requête, afin d'obtenir révocation de la sentence. Les deux curés s'en remirent alors au jugement de leur Evêque, devant qui les parties comparurent à Annecy, le 5 décembre 1608 : le curé de Craz s'y rendit en personne, celui de Surjoux délégua " messire Jehan Sermet ", son parent sans doute, et " Rd Claude du Cuet, prebstre, Religieux sacristain dudict Nantua, " fut le procureur du chamarier. Après que " d'un cousté et d'autre ils eurent proposé, soustenu et dict leurs raisons, le tout bien consideré, " saint François de Sales trancha le différend par l'acte que nous reproduisons. (R. E., Visites pastorales 1604-1605.) L'orthographe du Registre est maintenue.
[111] - Serait-il l'un des quatorze enfants de Claude de Marigny ou Marignier, seigneur de Berbey, et de Françoise de Charansonay ? L'un d'eux, en effet, se nommait Jean ; il fut héritier de son frère Mathieu qui testa le 5 juin 1582.
[112] - Le premier de ces curés, Pierre Dubois, avait été institué le 28 avril 1594, quelques semaines avant son ordination sacerdotale (4 juin) ; il résigna le 2 décembre 1645. Le second, André Sermet, mort en février 1610, desservait déjà la paroisse de Surjoux en 1581. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., 1, p. 272, et II, p. 719.)
[113] - Ici, un signe de renvoi marque dans le Registre une omission du scribe ou une addition à faire. Le membre de phrase à insérer dans le texte fut certainement écrit, et peut-être par le Saint lui-même, au bas de la page ; mais le feuillet ayant été déchiré, l'apostille a disparu, ainsi que la fin de l'acte, la signature autographe de l'Evêque et la date. Cette dernière est indiquée dans le procès-verbal que résume la note 110.
[114] - Bernard de Grailly, prieur de Sainte-Agathe (L9, note 862), et le curé Jean Viret (L6, note 633).
[115] - Outre le curé, altarien lui-même, neuf ecclésiastiques faisant à cette époque partie de la communauté nous sont connus : Thomas Grez ou Grex, Louis Galley, Bertrand Acarand, Nicolas Billiet, Jacques et Nicolas Nacot, Jacques Gavent, Etienne Pinard et, peut-être, Guido Perret. (R. E.; cf. L10, notes 437,438)
[116] - En 1620, le saint Evêque modifia ces ordonnances au moyen d'une transaction passée le 18 mai. (L9, note 866 ; et ci-après note 249 : les deux documents du 17 mars 1620, et note 253).
[117] - Thomas Grez.
[118] - Sans doute Charles de Chavanes, fils de Philippe de Chavanes, seigneur de Reynex, et de Bernardine de Michaille; dans les Registres paroissiaux de Rumilly, où il figure fréquemment, il est toujours désigné avec le titre de " seigneur de Reinex. " En 1599, il était prieur de Notre-Dame de l'Aumône, près Rumilly (L10, note 432); mais François, son frère aîné, étant mort, Charles épousa, le 23 septembre 1613, Gasparde de Gerbais de Sonnaz, et décéda le 19 décembre 1648. (L10, note 623).
[119] - Deux membres de la famille de Vignod peuvent être proposés : Louis, seigneur de Bioléa, fils puîné de Gallois de Vignod, seigneur de Dorches, et de Gasparde de Bonivard. Retiré à Seyssel, il " fut longtemps capitaine de gens de pied pour Son Altesse de Savoye, puis sergent major de la citadelle de Bourg lors du siege qu'y soutint, en 1600,le seigneur de Bouvens. " Par contrat dotal du 27 juillet 1590, il avait épousé Antoinette de Conzié, dont la famille, originaire de Rumilly, possédait un château dans les environs. (Guichenon, Hist. de Bresse et de Bugey, Lyon, 1659, Partie II (continuation), pp. 244,245). -Charles, fils de Louis de Vignod, coseigneur de Chanay, et de Jeanne de Moyria, marié à Polyxène de Coysia. Il était frère de Bemarde de Vignod, Cistercienne de l'abbaye de Sainte-Catherine près d'Annecy, et fille spirituelle de saint François de Sales. (L3, notes 357,127).
[120] - Mots omis par le greffier, dont nous maintenons l'orthographe.
[121] - Guillaume Coudurier, le premier curé de Feigères après la conversion de cette paroisse au catholicisme, avait été institué le 14 juin 1601 et mourut en avril 1636. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., I, p. 211)
[122] - La maison Lambert. (Op2, note 190)
[123] - Natif d'Annecy, minoré le ler mars 1598, curé de Copponex le 18 juin de la même année et ordonné prêtre à Thonon le 6 mars de la suivante, Scipion Machet permuta sa cure contre celle de Saint-Julien le 6 avril 1601. Il fut aussi chanoine de Notre-Dame de Liesse, et à la fin de juin 1608 saint François de Sales le commit pour instruire les procès des laïques coupables d'infractions aux commandements de Dieu et de l'Eglise touchant la sanctification des fêtes, etc. (Voir cette Commission plus loin, groupe D.) M. Machet décéda en novembre 1609. (R. E. et Mgr Rebord, ouvrage cité, II, p. 492.)
[124] - Sur cette chartreuse, voir L4, note 278.
[125] - Les signatures sont autographes.
[126] - Les nobles frères de Gex, seigneurs de Vallon et bienfaiteurs de l'église de Samoëns, n'étaient que deux: Claude et Jacques (L6, notes 238,242 ; L2, note 282) ; le nom de François doit donc être une erreur.
[127] - Ce " bastiment " avait été achevé en 1606. " Après l'union de la cure de Ville à la collégiale " de Samoëns (4 octobre 1586), négociée par Charles de Gex, père des suppliants, le Chapitre lui concéda "un tombeau de famille dans la chapelle de Saint-Antoine." (Tavernier, Hist. de Samoëns, Chambéry, 1892, p. n6.) N'est-ce pas cette chapelle qui aurait été supprimée par suite de la reconstruction du chœur de l'église ? En effet, elle n'est pas mentionnée avec les autres dans le procès-verbal de la visite du Saint à Samoëns, en 1606. Les points de suspension se trouvent dans le texte imprimé que nous reproduisons à défaut de l'original.
[128] - Cet ecclésiastique, né à Fleyrier de " Pierre de Ronis, laboureur, et de la Jaquemine Vuy, " reçut la tonsure le 28 février 1588 et le sous-diaconat le 1er juin 1594 ; on ignore à quelle date et en quel lieu lui furent conférés le diaconat et la prêtrise. Secrétaire de Mgr de Granier, chanoine de la collégiale de Notre-Dame d'Annecy, il est nommé curé d'Argonnex, le 7 mai 1595 ; mais cette paroisse étant attribuée par provision de Rome à Etienne Martinod, M.de Ronis fut, deux jours après, pourvu de la cure d'Avregny. Sa mort arriva le 18 septembre 1626. (Process. remiss. Gebenn. (1), déposition de François de Ronis, frère du chanoine, ad 2um interrog.; Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 253. - Cf. L1, note 157).
[129] - On lit dans le procès-verbal de la visite de saint François de Sales à Samoëns (18 août 1606) : " Autre [chapelle] de S. Laurent, de la presentation de Christophe Pernet, de ladicte parroche. Son revenu est de vingt florins de cense. " Deux jours auparavant, elle avait été unie au maître-autel de l'église. (Mgr Rebord, Visites Pastorales du Diocèse de Genève-Annecy, 1411-1920, tome II, p.611.)
[130] - Rd François Cornut, doyen de la collégiale de Samoëns. (L6, note 412)
[131] - Ce texte est copié en belle gothique dans l'ancien Registre de la Confrérie, par " Mre Philibert Udrye (Udry), Prebstre, indigne contrere et Secretaire de ladicte Confrerie. " C'est ainsi qu'il se désigne en tête de l' " Inventaire des biens et ornementz " de celle-ci, dressé par lui le 7 juillet 1618. Nous maintenons son orthographe et reproduisons ses erreurs.
[132] - Le premier feuillet du Registre porte ce titre, écrit de la même main : Livre de la Confrerie du sainct Sacrement de l'Autel, erigee en ceste Parroisse du grand Sainctz Felix le dernier Apvril mil cinq cent nonante cinq, par le Rd Pere Esprit de la Baulma, Capucin, ce faisant de l'Autorité de Monseigneur le Rme Evesque et Prince de Geneve, Claude de Grenier. - Le Religieux qui érigea la Confrérie est le P. Esprit de Beaume, dont on peut voir la note L1, note 224). A la suite des " Constitutions et Reigles de la venerable Confrerie " et des Indulgences accordées par Clément VIII le 30 septembre 1596, figure le "Sommaire du Briefz " par lequel le Pape Paul V confirma, le 11 septembre 1607, les« Confrairies du tressainctz Sacrement instituees au Diocese de Geneve. " (Voir ce Sommaire à l'Appendice.)
[133] - Dans le Registre, la note suivante est aussi écrite par Rd Udry, au bas du feuillet du titre : " Nous havons commencé fere la procession du precieux Corps de Dieu, en habitz blanc, et porté le sainct Sacrement en ladicte procession, le unziesme Juin mil six cent et quatorze, que fumes a Aix trente homme habillé en blanc, et de femmes quattres ving et quattre. "
[134] - Voir plus loin note 185, la pièce du 11 juillet 1614.
[135] - Où saint François de Sales consacra-t-i! cet autel ? Le chanoine Gonthier écrivait en 1893, lorsqu'il publia le document : " Cette plaquette se trouve dans le pensionnat des Sœurs de Saint-Joseph d'Evian, qui a remplacé un couvent de religieux Cordeliers. On pense, par suite que l'autel consacré fut celui du couvent ; mais nous avons de fortes raisons d'affirmer que ce couvent ne fut établi que plus tard. " (Voir Œuvres historiques du même auteur, tome 1er, Thonon-les-Bains, 1901, note (1), p. 468). D'autre part, le Saint, qui était à Annecy le 18 février, ne semble pas s'être absenté jusqu'au 25, jour où il se rendit à Thorens pour assister sa mère en sa dernière maladie ; du moins, les preuves du contraire nous manquent.
[136] - Ce curé si pauvre, qui expérimenta plus d'une fois la douce charité de son Evêque, était Jean Neyret. (L3, note 474).
[137] - A cette date, l'officiai de l'évêché de Genève était Philibert Roget. (L1, note 230 ; L6, note 838).
[138] - " Noble Nicolas Viollat, chastellain au mandement de Salanche " en 1610, nous apprend que Guillaume Perrolaz (Perroulaz ou Perrollaz) " et ses enfantz " faisaient " traffic de marchandise en Provence " et qu'ils étaient " tenus pour bons chrestiens, de bonne fame et reputation. " Rd Pierre Navisel qui, depuis onze ans desservait la paroisse en qualité de vicaire du Chapitre de Sallanches, atteste à son tour qu'il les " a tous jours recognus bons catholicques, pieux et devotz. " Nicolas avait seize ans lorsque, atteint " de malladie presque incogneue, il fut contrainct de tenir le lict environ quattre mois, sans se pouvoir lever ny retourner qu'avec assistance d'aultruy. Alhors il fit plusieurs devotions et vœux pour recouvrer sa santé, entre lesquelz celuy de bastir la susdicte chappelle..., sans touttesfois declarer sondict veu a son pere. " (Procès-verbal de la visite de la chapelle par Rd Louis de la Ravoire, 23 et 24 septembre 1610 ; voir ce document à l'Appendice, et ci-après, note 145).
[139] - Elle fut trouvée quatre ans après la guérison du jeune homme, pendant que son père faisait bâtir une grange au village de Vorsiers. Nicolas dépose, que cherchant des pierres avec les maçons, " ils en trouverent une d'environ trois piedz de longueur, un pied de large et demi pied d'espesseur ; laquelle estant rompue par ledict respondant, il apparut, a la roupture d'icelle, l'image de la glorieuse Vierge. Chose qui l'estonnat grandement et luy fit alhors declarer son veu a son pere, qui l'approuvat et luy promit toutte assistance pour l'acquitter. Et icelle pierre, " ajoute Guillaume, " ont gardé jusques au bastiment de ladicte chappelle en laquelle elle a esté employee. " (Procès-verbal cité.)
[140] - M. de la Ravoire décrit ainsi le tableau : " Image de toille, de forme carree, d'environ quattre piedz de tous costés, dans laquelle est pourtraicte, en la partie superieure, la Tressaincte Trinité et l'Annonciation de la glorieuse Vierge Marie, et en l'inferieure, a dextre, l'image de ladicte Vierge tenant entre ses bras le petit Jesus, et a gaulche, l'image de sainct Nicolas, et au milieu d'icelle un petit Crucifix. "
[141] - Le 23 septembre suivant, Guillaume Perrolaz promettait de nouveau au délégué de saint François de Sales, de faire " planchir " la chapelle et de la fournir " de chasuble, haulbe, amit, calice et aultres choses necessaires pour celebrer la saincte Messe. "
[142] - Tout en donnant leur consentement pour l'érection de la chapelle, les chanoines de la collégiale de Sallanches (L7, note 852) protestèrent " que l'institution et provision " de ses recteurs devait leur demeurer, " a forme de leurs privileges et Bulle de fondation de leur dicte eglise collegiale et Chappitre. " (Procès-verbal cité.)
[143] - La requête est de la main d'un notaire, mais les deux signataires ont écrit eux-mêmes les mots qui précèdent leurs noms.
[144] - Autographe du Saint.
[145] - Ce Prévôt était, depuis le 9 février 1587, Louis de la Ravoire, fils de noble Aimé ou Aymon, métral et notaire à Chamonix, et de Dlle Pernon Viollat ; ordonné prêtre à Annecy le 11 juin 1588, il mourut en décembre 1612.
[146] - C'est-à-dire, pour le faire paître.
[147] - Mot ajouté par Migne qui, le premier, a publié cette pièce au tome VI, col. 1106.
[148] - Nous supprimons la fin de la Requête qui est une répétition de ce qui précède.
[149] - Les lignes suivantes étaient de la main du Saint.
[150] - Lorsque, le 8 septembre 1617, M. Jean-François de Blonay (L2, note 323 ; L5, note 675 ; L10, note 156) visita au nom de son Evêque la paroisse de Vacheresse, la chapelle de la montagne d'Ubène avait été érigée, non pas sous le vocable de Saint-Ours, mais sous celui de Saint-Bernard de Menthon. Le curé, lisons-nous dans le procès-verbal, " est tenu aller dire Messe en icelle chapelle, faicte seulement de bois, environ cinq fois des que le betail est monté, et l'oblation quilz font peut valloir un ducatton, sans aucun autre revenu ; " aussi demande-t-il que " ceste devotion " soit changée en quelqu'autre, car elle l'empêche de faire " le service de son eglise, " et l'oblige à " porter l'autel portatif et tout le reste necessaire a la celebration " du saint Sacrifice. D'autre part, le " peuple qui y va " n'en retire " aucune edification, ains plustot nieserie au service de Dieu, et toutte corruption et desbordement. " - Saint François de Sales décide alors que, " pour lever toutes sortes d'habus, il suffira au curé faire le service de la montagne d'Ubenaz en l'eglise parrochiale. " Mais les " communiers " ne durent pas s'en contenter ; car le 19 mai 1622 nous voyons Rd Claude Cullaz, autre délégué du Saint, enjoindre " aux parrochiens et fondateurs» de la chapelle, de la decemment orner et reparer : " autrement, le curé, au lieu d'y " fere l'office, " le célébrera " au maistre autel de ladicte eglise parrochiale." Il aura soin aussi de " deporter les peuples de faire la desbauche, les dances et bombances que se font en ladicte montagne le jour qu'on y va en procession. " (Mgr Rebord, Visites Pastorales du Diocèse de Genève-Annecy, tome 1er, Annecy, 1921, pp. 382,383,385.) -Nulle mention n'est faite, dans les divers procès-verbaux, de la chapelle projetée en la montagne de Darbon.
[151] - D'après M. Gonthier, saint François de Sales aurait donné à cette église un reliquaire contenant des reliques de la vraie Croix, des " quarante mille Martyrs " et des saints Juste, Loup et Christophe. (Œuvres historiques, tome 1er, P.487.)
[152] - Une copie d'un autre Procès-verbal d'octobre 1611 se conserve à Turin,. Archives de l'Etat. Le texte est le même, sauf qu'au lieu de SS"", Petri et Pauli, il y a : " Sancti Guillielmi, et reliquias Sanctorum " etc. ; le quantième du mois avait disparu de l'original lors de sa transcription.
[153] - Dom Jean de Saint-Pasteur (L5, note 80 ; et ci-après, groupe E, la pièce du 18 mai 1612).
[154] - La note biographique du curé d'Abondance sera donnée plus loin, avec la pièce du 22 juillet 1620 qui lui est adressée.
[155] - Quels furent les différends qui nécessitèrent le " traitté d'accord " ? L'original de celui-ci n'a pu être retrouvé, et le chanoine Mercier n'en fait pas mention dans son Histoire de L'abbaye et la vallée d'Abondance (tome VIII des Mém. et doc. de l'Acad. Salés., Annecy, 1885). Le 26 octobre 1604 avait été passé, en présence de saint François de Sales, l'acte qui préludait à la substitution des Feuillants aux chanoines de Saint-Augustin du monastère d'Abondance (L1, note 243 ; L2, note 376). Parmi les clauses stipulées alors, notons les suivantes : L'église devait être commune aux Religieux et à la paroisse ; une partie de la nef serait réservée pour le service de celle-ci et, dans ce but, un mur de séparation y serait élevé. A partir du 29septembre 1605, un terme de six ans était laissé à l'Abbé commendataire, Vespasien Aiazza (L3, note 69) pour mettre en état l'église et la sacristie ; jusque là, le curé officierait dans celle des Pères et leur emprunterait les ornements, les vases sacrés, etc. (Il y avait vingt jours que les six ans étaient révolus.) A la procession de la Fête-Dieu, qui partira de l'église des Feuillants, le Prieur, ou autre tenant sa place, portera le Saint-Sacrement, et " le curé tiendra la senestre du premier des Religieux ". Le " sepulcre " du Jeudi-Saint se fera dans l'église des Pères, celle " qui est restante pour la cure n'estant commode pour reposer le Sainct Sacrement, et estant aussi de plus grande edification qu'a ceste solemnité le peuple s'assemble " en la première, " ou le service sera plus decemment et parfaictement accomply " qu'en la seconde. (Voir le texte de cet acte dans l'ouvrage indiqué, pp. 202-210). Peut-être, quelques-unes de ces conditions présentèrent-elles des difficultés qu'on dut régler dans la suite ; ou bien ne s'agissait-il que de la situation économique du curé, qu'il fallait dédommager de la perte de sa prébende d'ancien chanoine de Saint-Augustin. Le 21 septembre 1618 eut lieu à ce sujet un nouvel accord entre l'Abbé commendataire et Rd Moccand, qui fut le même jour approuvé par le saint Evêque. (Voir l'ouvrage cité, p. 220)
[156] - Autographe du Saint, ainsi que le décret signé par lui plus bas.
[157] - Claude Costerg, d'abord curé de Duingt, permuta avec Doussard le 5 juin 1590 ; six ans plus tard, il obtint une chapelle de l'église Saint-Maurice d'Annecy, et mourut en novembre 1618. (R. E., et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 209.)
[158] - De la main du signataire.
[159] - Louis de Sales, cousin du saint Evéque. (L2, note 14)
[160] - Par distraction, le Saint a Écrit jour au lieu de " sieur ".
[161] - Voir la supplique précédente.
[162] - Avec la copie de l'Ordonnance de saint François de Sales, se trouve ainsi résumée la requête que lui adressèrent les conseillers et habitants de Maxilly, près Evian-Ies-Bains : " Les habitants et Conseil dudit Maxilly exposent que les biens du clergé catholique en Chablais, d'abord cédés à la sacrée Religion des SS. Maurice et Lazare, ayant été rendus à leur première destination par Bulle du Pape Clément VIII (Le Bref, appelé ici " Bulle ", fut donné le 14 mars 1599 ; cf Op1, notes 295,301,471), quelques paroisses en avaient obtenu plus qu'il n'était nécessaire à l'entretien de leurs pasteurs. En conséquence de la pénurie où ils se trouvent, ils recourent à Sa Seigneurie, afin qu'elle leur accorde un curé et des revenus pour son entretien. Si Rd Claude de Blonay, curé de Sciez, près Thonon, a quelque chose au .delà de ce qui a été ordonné pour sa portion congrue, il ne refusera pas de secourir ladite paroisse de Maxilly, tant il est charitable et a de zèle pour ce qui est de l'honneur de Dieu. " M. de Blonay (L2, note 148) apostilla la requête, promettant de céder, " pour l'entretien des curés de Maxilly, a perpetuité, a prendre sur son benefice, deux muids de froment, mesure de Thonon, et deux chars de vin. "
[163] - Ordonné prêtre 1e 25 février 1600, titulaire en 1605 d'une chapelle en l'église de Notre-Dame de Compassion à Thonon, institué curé de Maxilly le 21 septembre 1612, il résigna le 5 août 1627, fut vicaire à Saint-Paul, près d'Evian, et mourut en 1633. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 549.)
[164] - Sur cette chapelle, érigée " soub le voccable de la benoicte Vierge Marie et monseigneur sainct Claude, . (note 63).
[165] - L'acte étant seulement signé par Je Saint, nous maintenons l'orthographe du greffier.
[166] - Fils de Jacques Soudan et " notaire ducal et commissaire d'extentes " en Chablais. Il avait épousé Anne Auberi, dont il était veuf en 1647. (Archives de la Visitation d'Annecy, Collection Vuÿ, Minutes de Me Moret, notaire en Chablais.)
[167] - Par les conventions stipulées " au fort des Allinges, dans la mayson d'habitation desdictz seigneur et dame, " ceux.ci cédaient à Rd Mojonier et à ses successeurs, deux. pieces de pré et trois " pieces de terre " qui dépendaient jadis de la cure d'Allinges et qui, le 26 février 1543, " furent albergees " à un bourgeois de Thonon " par les seigneurs de Berne, lhors occupateurs du Chablais. " M. et Mme de Bonivard les avaient " reacheptees " avec licence du Seigneur Evesque et Prince de Geneve, pour le pris de deux centz vingt florins ; " en les remettant au curé, ils lui constituaient un capital qui les déchargeait du payement annuel de vingt-cinq florins à lui assignés lors de l'érection de la chapelle, où il était tenu de célébrer chaque lundi une Messe basse pour les défunts. (D'après l'Acte de cession du 28 décembre 1601. conservé au presbytère d'Allinges.)
[168] - Le 10 février 1578, Jean Puget reçut une dimissoire pour J'ordination sacerdotale ; le 26 octobre 1603 il devint curé des Ollières et d'Aviernoz son annexe, par permutation avec une chapelle de l'église de Thorens, et le 18 juin 1621, étant plus que septuagénaire, il échangea sa cure contre une autre chapelle de la même église. La mort ne lui permit pas de jouir longtemps de ce bénéfice qui fut accordé, le 2 novembre suivant, à un autre titulaire. (R. E., et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 650.) Rd Puget, " en proces par devant Messieurs du Conseil de Genevois pour avoir payement de la premice a luy dheue par trois de ses parrochiens du village des Costes, " avait, en août 1612, recouru à son Evêque par une supplique. Ces gens, lui disait-il, " soub pretexte d'ung extraict des Visites par Vostre Paternité et... par feu de heureuse memoire Monseigneur de Granier...,prodhuict au proces, taschent se voulloir eximer du payement de ladicte premice " qui de tout temps a été payée. Mais une omission imputable aux greffiers se trouvant dans le texte qu'ils invoquaient en leur faveur, le curé demandait à saint François de Sales d'appeler devant lui " les scindiques des deux parroesses, " Les Ollières et Aviernoz, " pour voir corriger cette obmission. " (Voir Mgr Rebord, Visites Pastorales, etc., tome II, p. 477) Le 20 août, notre Saint écrivit au bas de la requête : Soit appellee partie par devant nostre Vicayre ou son substitut ; et le 27 juin de l'année suivante, il rendit et signa la sentence que nous reproduisons en maintenant l'orthographe du scribe.
[169] - Le procès-verbal de la visite du Saint aux Ollières et à Aviemoz le 24 octobre 1607. marque " environ cinquante cinq feus " pour la première de ces paroisses et soixante pour la seconde. (Voir ouvrage cité à la note précédente, pp. 476, 477.)
[170] - Rolet de Bévillard et Pierre Montagnioz, syndics des Ollières, avaient comparu le 19 décembre 1612, avec François Velluz et François Encrenaz, syndics d'Aviemoz, devant le Vicaire général Jean Favre, "pour respondre et deffendre aux fins portees par la requête de leur curé. (Ouvrage cité, p. 480). L'Ordonnance du " sieur Vicaire " dut suivre de près cette convocation.
[171] - Jacques-Maurice Dumont.
[172] - L'hôtel Favre.
[173] - Sans doute Jean Thomas, procureur de la ville d'Annecy au Conseil du Genevois. Elu troisième syndic le 1er mai de cette année 1613, il protesta que son office de procureur devait le dispenser de l'autre charge, mais on ne fit pas droit à ses réclamations. (Reg. des Délibérations du Conseil de Ville, vol. 33; ; L6, note 327).
[174] - François des Bois, docteur en droit et avocat au Sénat de Savoie. (L9, note 389)
[175] - Flumet, bourgade " posée sur un rocher à pic, au confIuent de deux cours d'eau, " est le centre de la vallée de l'Arly, qui relie la Combe de Savoie au Faucigny. Elle fut fondée par les barons de Faucigny et devint une de leurs positions stratégiques ; dès 1228, ils lui accordèrent de larges franchises. L'église était anciennement située sur le territoire actuel de Saint-Nicolas-la.Chapelle, et dédiée au grand Evêque de Myre. Elle fut la mère des églises de Saint-Théodule de Flumet, de Notre-Dame de Bellecombe, de Saint-Pierre de La Giettaz, de Notre-Dame de Crest-Voland et de Saint-François de Chaucisse ; dans le Pouillé du diocèse de Genève de 1481, Saint-Nicolas-la-Chapelle, Bellecombe et La Giettaz figurent comme filleules de Flumet. Le curé de cette localité, " habituellement haut personnage ecclésiastique non résident, la faisait desservir par un vicaire perpétuel ; " après André de Riddes (1574-1606), les filleules eurent chacune leur pasteur attitré. (D'après les Mémoires de l'Académie Salésienne, tome VI, 1883, pp. 245-247.) - On a vu à la note 94 que l'église de Flumet avait été érigée en plébanie au mois de novembre 1600. - Qui est " Monsieur le Protenotaire de Savoye " rappelé par le suppliant ? Jacques, fils naturel de Philippe, duc de Genevois et de Nemours, né en 1520 et mort en 1567, porta ce titre avec beaucoup d'autres ; mais d'après la note (4), p. 247 du volume cité, " Jacques, bâtard de Savoie," n'aurait été curé de Flumet que de 1570 à 1574, donc trois ans après le décès du Protonotaire. Celui-ci eut un neveu du même nom que lui, fils naturel du célèbre Jacques de Savoie-Nemours, né vers 1561, et probablement au diocèse de Sens où il reçut la cléricature. Pourvu successivement de l'abbaye d'Entremont (1582), où il rétablit la discipline régulière, du doyenné de Notre-Dame de Liesse d'Annecy (1583), du prieuré de Saint-Jean-hors-les-murs, de Genève (1591), et enfin de l'abbaye de Talloires (1592), il mourut le 13 décembre 1595 et fut inhumé en l'église de Notre-Dame.. Lors de sa nomination à l'abbaye de Talloires. Mgr de Granier lui décerna une attestation (19 janvier 1593) où il loue sa piété, son zèle, la pureté de ses mœurs ecclésiastiques, sa science des lettres, et ajoute que, résidant à Annecy depuis cinq ans, il a beaucoup édifié non seulement la ville, mais tout le diocèse. (Gonthier, Les deux " Jacques de Savoie ", abbés de Talloires, dans la Revue Savoisienne de 1898, pp. 141, 142.)Son épitaphe ni aucun des actes épiscopaux qui le concernent ne le qualifient de " Protonotaire apostolique." M. Marin a peut-être fait une confusion entre les deux Jacques de Savoie, oncle et neveu. Remarquons cependant que le second serait devenu curé titulaire de Flumet à neuf ans ; mais à cette époque, il n'était pas rare de voir des bénéfices ecclésiastiques conférés à des enfants auxquels on donnait de bonne heure la. tonsure ; d'ailleurs notre curé en portait le titre sans en exercer les fonctions.
[176] - C'est-à-dire désunies.
[177] - L'acte par lequel Mgr de Granier rendit indépendantes de Flumet les trois paroisses mentionnées à la note (1) n'a pas été retrouvé, mais il doit être antérieur à 1597. (Cf. dans les Mém. de l'Acad. Salés. tomeXI, 1888, p. 307, ce qui est dit de La Giettaz.)
[178] - Jean Ouvrier, curé d'Etrembières à la visite pastorale du 13 juin 1580, économe de Veyrier-sous-Salève le 18 juin 1592, le premier après le retour de cette paroisse à la foi, reçut vers 1601 une nouvelle institution, et la paroisse d'Etrembières fut annexée à celle de Verrier. Un acte du 1er avril 1604 le mentionne comme étant alors curé de Flumet, où il dut succéder à " messire François Thabuis " qui en remplissait les fonctions lors de l'érection de la plébanie ; il mourut en août 1613. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 589.)
[179] - Né à Flumet et ordonné prêtre le 17 mars 1601, Guillaume Marin avait, le 12 octobre 1612, permuté deux chapelles de son église paroissiale avec la cure de Saint-Nicolas-la-Chapelle. (Ibid., p. 509.)
[180] - De la main du Saint.
[181] - Dans les premiers jours d'avril 1614, saint François de Sales se rendit à Chambéry où il était le 5, et le 8 s'étant arrêté à Montcel (L6, note 407), il porta une sentence arbitrale entre le curé du lieu, Rd Maurice Clerc, et le Prieur de Saint-Robert. (notes 182, 184). Selon toute vraisemblance. la présente pièce doit être de la même date.
[182] - Le Saint visita Montcelle 1er juillet 1606 et, la veille, la chapelle Saint Robert. Injonction fut faite alors aux habitants du village de ce nom, " de maintenir et entretenir le couvert de la nef " de la susdite chapelle ; mais Antoine Garnier, qui les représentait, objecta " n'y estre tenus, ains le Prieur. " Celui-ci, Frère Amed Cot ou Coct, répondit à son tour " ladicte eglise estre erigee en tiltre de chapelle et non de prieuré, et que Ven. Mauris Clert, curé de Monsex (sic), est tenu d'y fere le divin service, soit par luy ou par autre, par transaction faicte avec luy ; " que d'ailleurs, suivant une ordonnance de l'Official de l'Evêché de Genève, en date du 2 août 1605, il avait fait réparer l'église de Saint-Robert, " estant le couvert faict tout de neuf. " (Procès-verbal de la visite, publié par Mgr Rebord, Visites Pastorales du Diocèse de Genève-Annecy, tome II, pp. 443-445.) D'autres difficultés surgirent dans la suite, puisque en 1614 le saint Evêque dut régler de nouveaux différends.
[183] - La place pour les noms des procureurs délégués par chaque partie est laissée en blanc.
[184] - Fondé par des moines Bénédictins de l'abbaye de Saint-Robert-sous-Cornillon, près de Grenoble, ce prieuré remontait à la fin du XI" siècle ou au commencement du XII". Il était situé sur un petit mamelon, d'où la vue s'étend très au loin ; peu à peu, plusieurs particuliers vinrent fixer leur demeure dans ses alentours et formèrent le village de La Chapelle qui existe encore. A leur arrivée, les Bénédictins furent seuls chargés des offices divins ; mais à mesure que le nombre des fidèles augmenta dans le territoire de leur juridiction spirituelle, ils bâtirent d'autres chapelles qui sont ensuite devenues églises paroissiales. Le relâchement qui infecta la plupart des couvents de la Savoie au XVIe siècle atteignit aussi le prieuré de Saint-Robert ; le procès-verbal de la visite qu'en fit Mgr de Granier le 7 juillet 1581 atteste sa pauvreté morale et matérielle : les moines avaient disparu, il ne restait plus qu'un prieur commendataire pour percevoir les revenus, et ce prieur était, à. cette époque aussi, en contestation avec le curé de Montcel, soit pour le culte divin, soit pour les réparations nécessaires. De 1610 à 1633, François de Garcin tint le prieuré en commende ; c'est donc lui que saint François de Sales obligea, le 8 avril 1614, à admettre l'ancienne transaction relative au service de la chapelle, ou bien à y pourvoir. Suivant cette transaction (voir lieu cité à la note 182), le prieur devait " dire Mattines et autres Heures canoniales et une Grande Messe les jours solemnes, et celebrer une Messe les jours de dimenches, " de laquelle, cependant, il avait chargé le curé de Montcel, s'engageant à lui payer " quattorze paires de bled ". Dans sa sentence de 1614, notre Saint ajoute, que si le prieur veut s'acquitter lui-même de ses fonctions, il lui est toutefois interdit d'administrer les Sacrements, de faire les sépultures, de recevoir des offrandes qui appartiennent au curé comme ayant seul le soin des âmes. (D'après Dufourd, Notice sur la Bâtie d'Albanais, le Prieuré de Saint-Robert et Montcel, Annecy, Burdet, 1871.)
[185] - Voir ci-dessus la pièce du 6 janvier 1610, note 132.
[186] - On a vu dans le document du 6 janvier 1610, que le saint Evêque avait fixé la procession à ce dimanche.
[187] - Autographe du Saint.
[188] - Le mois suivant, nouvelle requête de M. Clerc qui, en qualité de Surveillant, avait le pouvoir de donner certaines permissions aux habitants du quartier qui lui était confié: telles, par exemple, " d'ensemencer aux jours de feste, comme la necessité et le temps le requerroyent ; de licencier poser bancz et vendre marchandise au simistiere " de Saint-Félix, à cause de " la petittesse dudict lieu, " aux jours de la foire annuelle qui s'y fait le 30 août, fête du saint Martyr, ainsi que la veille et le lendemain. " Ce neantmoingz, les officiers locaulx " molestaient " ceulx ausquelz telles permissions. avaient été baillees, disantz n'apparoyr du pouvoyr " accordé par le Révérendissime au curé suppliant. - Celui-ci, en prévision de la fête de saint Félix qui, en 1614, tombait un samedi, demande encore à son Evêque de l'autoriser à permettre aux " marchandz de seroist (serac) vendre leur marchandise, aussi pain et vin, saufz et excepté le bestail, apres la saincte Messe celebree, ainsi que de tous temps ha esté permis ; " vu que ceux qui se rendront à la fête et à la foire " ne pourront estre retirés. chez eux et que plusieurs aussi y viendront le lendemain. " Le 20 août, saint François de Sales écrivit au bas de la supplique : Nous donnons au sieur suppliant le pouvoir requis, selon la requeste. FRANÇs, E. de Geneve. (L'original du document se conserve au presbytère de Saint-Félix,. Haute-Savoie.)
[189] - Le procès-verbal de la visite faite par le saint Evêque à La Giettaz le 22 juillet 1606, mentionne trois chapelles : - " Nostre Dame de Consolation et sainct Sebastiain, de la nomination de noble Pierre Deride (de Riddes) ; de laquelle est recteur Ven. messire Guilliaume Marin " (note 179), " qui la faict servir par le curé, qui y celebre trois Messes par septmaine. Laquelle est descouverte ; auquel recteur est enjoinct de la couvrir, plastrir et blanchir dans le mois. " - " Sainct Michiel, de la nomination du seigneur Delache (de Loche), de laquelle est recteur messire Claude Chappot, prebstre ; qu'est servie. " -
" Sainct Bartholommé, de la nomination des prieurs de la Confrarie du Sainct Esprit ; de laquelle est recteur Ven. messire Pierre de Ride (Riddes). Laquelle a un calice d'argent et sa patene." (Mgr Rebord, Visites Pastorales du Diocèse de Genève-Annecy, tome II, p. 310). C'est de cette dernière qu'il est fait une mention spéciale dans notre document. Il est probable qu'après huit ans depuis la visite du Saint, le service et l'entretien des trois chapelles étaient encore plus négligés par leurs recteurs.
[190] - Autographe du Saint qui, à la troisième ligne, avait écrit " Saint Esprit ", au lieu de " Saint Barthelemy " ; la correction a été faite par une autre main.
[191] - Jean Favre.
[192] - Les actes transcrits aux minutaires de Michel Favre (Archives dép. de la Haute-Savoie, E. 227 et 241) mentionnent à plusieurs reprises " Guillaume Faulcoz, notayre ducal et curial de la vallee d'Habondance," mais sans précisions utiles. Le 14 septembre 1620, un acte de " cession et remission " fut passé en sa faveur et en celle de Jacques son frère (ibid., E. 227, fol. 103) ; maître Claude Faucoz, dont on a un minutaire de 1597, était présent à la signature de cet acte, mais son lien de parenté avec les deux frères n'est pas indiqué.
[193] - Ce curé était alors Pierre Vallet. (note 97).
[194] - Sur l'original, les lignes suivantes étaient de la main du Saint.
[195] - Trois ans après, ce contrat n'était pas encore passé. Le curial Faucoz, à la visite du 8 septembre 1617 (note 150), déclare à M. de Blonay, la chapelle " n'estre. autre que par forme d'oratoire, pour ny voulloir donner que cinq florins de revenu annuel pour fere dire trois Messes et la maintenir couverte ; lesquelles, sauf jour de Ste Anne, se pourront celebrer... dans l'eglise de Vacheresse. " La somme indiquée est jugée insuffisante par François de Sales : " Faut renter, " ordonne-t-il, " la chapelle de Ste Anne pour le moins de dix florins, pour entretien d'icelle ; si moins, que les heretiers du dit Faucoz soient tenus la maintenir ; autrement faisant, qu'elle soit demolie. " En 1622, l'oratoire subsistait encore, mais en mauvais état ; en conséquence, le curé reçoit l'injonction de n'y " fere aulcung office, sinon que Me Guilliaume Faulcoz " le " repare decemment, comme il faut, et sinon, qu'il le rente a la somme de dix florins, a forme de l'injonction faicte en l'an 1617, signee FRANÇOIS, Evesque de Geneve. " (Mgr Rebord, Visites Pastorales, etc., tome ler, pp. 382-385.)
[196] - Jean Passerat et Guillaume du Buisson, sa femme, avaient eu deux fils du nom de Claude. L'aîné étant mort en 1587, Claude " le jeune " mentionné ici recueillit tout l'héritage de sa branche.; il épousa Andrea Gachot, qui ne lui donna qu'une fille, Madeleine, son héritière universelle, mariée à Jacques Evrard. (Notes généalogiques sur la famille PasseraI, communiquées par feu le baron de Silans, château de Loriol, Ain.)
[197] - Parmi les témoins de ce testament, du 9 janvier 1613, figure en premier lieu le cousin germain du testateur, Me Pierre Passerat, que nous avons rencontré dans Op1, note 377..
[198] - Depuis le 31 mai 1607, Abraham de Châtillon, prêtre du diocèse de Lyon, desservait la paroisse ; il résigna sa cure le 8 janvier 1650, pour la reprendre de nouveau le 27 mais 1653. Trois ans plus tard, le 17 octobre, nouvelle résignation, et sans doute définitive. (Mgr Rebord, Dictionnairedu Clergé, etc., I, p. 171)
[199] - Un long article est consacré à cette " chappelle de Sainct George et Saincte Catherine. dans le procès-verbal de la visite de notre Saint à Ardon, le 22 octobre 1605 ; le recteur en était alors, et " des huict ans ou environ, " Abraham de Châtillon qui la gardait encore avec sa cure en janvier 1615. Les habitants de Châtillon se plaignirent, en 1605, de ce que le titulaire n'y faisait aucun service, tandis " que, de tous temps et d'ancienneté, " on y avait célébré trois Messes par semaine ; en outre, que percevant le revenu, il ne pourvoyait pas à la réparation de la chapelle, " ruinee et en masure ". Le prêtre répondit, " n'estre tenu a plus d'une Messe par septmaine, suivant la precedente visite ; touttesfois, pour benefice de paix avec les habitantz et pour l'honneur et reverence deue a Dieu et a l'Eglise, " il s'offrait à en célêbrer deux, " aux jours plus commodes desdicts bourgois, et de plus, parer l'autel et entretenir icelle d'oumemens decentz et calice ; a la charge neantmoins que lesdicts habitantz feraient reedifier et mettre en bon estat " la chapelle et, ensuite, en entretiendraient " tous bastimentz necessaires. " Cette condition fut acceptée par les bourgeois, au nombre desquels on trouve trois Passerat : Louis et Pierre, frères, et Claude leur cousin, qui est sans doute le défunt dont il est question dans notre pièce. De son côté, Rd de Châtillon s'engagea pour lui-même et ses successeurs à dire dans la chapelle " une petite Messe tous les mardy et samedy, et les jours de sainct George et saincte Catherine une Grande Messe. " (R. E., Visites de 1604-1605 ; voir Mgr Rebord. Visites Pastorales, etc., tome Il, pp. 55, 56.)
[200] - Autographe du Saint.
[201] - Ce membre de phrase, jusqu'à " commandement, " a été ajouté après coup par saint François de Sales au-dessous de sa signature, avec un signe de renvoi qui indique dans le texte où il doit être inséré ; puis il a écrit : Ut supra, et apposé de nouveau sa belle signature.
[202] - Le bord du feuillet étant rongé, plusieurs mots ont disparu; nous les rétablissons entre [ ].
[203] - Mgr Thomas Pobel, évêque démissionnaire de Saint Paul-Trois-Châteaux, était prieur commendataire de Peillonnex depuis 1585. (L1, note 331 ; L2, note 265)
[204] - Claude Dumont, alors curé de Contamine-sur-Arve, avait obtenu peu de jours avant (20 avril) une chapelle de l'église de Bonne. (L11, note 745)
[205] - Claude, le notaire qui a écrit l'acte du 8 juillet 1615 mentionné à la page suivante, auquel furent présents, entre autres témoins, "nobles François Ducloz " et " Michiel Cheney " qui signent la supplique.
[206] - Le greffier " Decomba " a laissé en blanc le nom du vicaire institué. Quelques corrections faites par saint François de Sales sont, dans notre texte,. marquées par un souligné.
[207] - L'original est inséré dans le Registre et précède la supplique ci-dessus.
[208] - Mots biffés par le Saint : " Religiosum prioratus de Pellionex, Nostrae diocesis ".
[209] - L'aumônier du saint Evêque (L7, note 532).
[210] - Le Dictionnaire du Clergé ne fournit aucun renseignement sur cet ecclésiastique, plusieurs fois témoin des actes épiscopaux ; il l'est déjà le 28 août 1610 et on le retrouve encore le 30 mai 1618. (R E)
[211] - Ces articles n'ont pu être retrouvés.
[212] - Saint François de Sales, à Thonon depuis le commencement de juillet, partit pour Gex le 24 et fut de retour à Annecy le 30. (L8, lettres des notes 143,147).
[213] - La signature seule est autographe
[214] - Nous maintenons l'orthographe du greffier Dumont
[215] - Les minutaires de Jacques Duret conservés aux Archives départementales de la Haute-Savoie vont de 1607 à 1641 inclusivement ; on y trouve bon nombre d'actes passés par saint François de Sales, par ses frères et cousins. Me Duret, notaire de la famille de Sales, le fut souvent aussi de la Visitation et des Barnabites ; procureur au Conseil de Genevois, élu trésorier le 1er mai 1616, il rend ses comptes au Conseil de Ville d'Annecy le 14 septembre 1617. Jeanne Dufour, sa femme, était morte le 28 juin de l'année précédente (Reg. par. d'Annecy), et le 27 juillet 1631, sa fille Suzanne prit le voile au 1er Monastère de la Visitation, où elle eut la consolation d'assister à l'ouverture du tombeau du saint Fondateur le 3 août 1632.
[216] - Né à Ville-en-Sallaz et ordonné prêtre le 24 mai 1614, il était curé de Morzine depuis le 3 décembre 1615. Le 27 mars 1643 il résigne sa cure et devient titulaire de Cornier qu'il permute avec Bernex (province de Gaillard) le 5 janvier de l'année suivante, et meurt en novembre 1645. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 232.)
[217] - Ce contrat, inséré in extenso dans le Registre épiscopal de 1613-1622, est signé par " Anthoenne Galliard, notayre ducal de Morzine en la Val d'Aulx, au diocese de Geneve. " En tête de la liste des contractants, qui occupe une page, sont nommés : " Jean Baud Mollie, moderne scindique ; Nycolas, filz de feu honnorable Jean Tavernier, notaire ; Pierre, filz de feu Claude Grorod, notaire, " etc., etc.
[218] - D'après les termes du contrat, " les fondateurs, scindiques et parroessiens, " avaient constitué pour leur mandataire " Me Pierre Heretier et tous aultres procureurs postulantz au siege de Genevoys. "
[219] - Le revenu de l'église paroissiale de Morzine en Chablais, est-il dit dans le contrat, n'est " bastant que pour l'entretient du sieur curé, quoy que ladicte parroesse soit d'asses grande estendue, size en lieu montueux et composee de plus de deux centz maisons faisantz feu. " Aussi, le prêtre qui la dessert " ne pouvant estre en ung mesme instant en divers lieux pour la function de sa charge et administrer les sainctz Sacrementz a ses parroessiens a leur necessité, secours et consolation spirituelle, " ceux-ci tâchaient depuis longtemps d' " annexer au revenu de la cure, de leur estoc et bien propre, telle somme " qui permettrait au curé d'entretenir un vicaire. Plusieurs d'entre eux, fondateurs de chapelles en l'église de Morzine, les avaient dotées d'un petit capital, mais elles manquaient de recteurs pour y faire le service divin ; c'est donc ce capital qu'ils assignaient au curé, sous le bon plaisir de l'Evêque, à qui ils demandaient d'unir à la cure les chapelles en question, avec toutes leurs dépendances. Elles étaient cinq, sous les vocables suivants : Saint-Nicolas, Saint-Michel et Saint-Pierre; Saint-François, Saint-Etienne, Saint-Jacques et Saint Roch. Le curé ou son vicaire " seront tenus celebrer en icelles le divin office de la Messe les jours et festes des Sainctz soub le vocable desquelz elles estoyent fondees, et d'y faire tout aultre petit service... suyvant la volonté des fondateurs. "
[220] - Jacques-Maurice (L3, note 438 ; Op1, note 182)
[221] - Rd Nicolas Clerc (notes 90,188 ; L1, note 322) avait fait son testament le 4 septembre de l'année précédente, " sain de memoire, jugement, parolle, et de bon entendement, touttesfois ung peu mal disposé de sa personne," et " gisant au lict de certaine maladie corporelle. " (R. E. 1613-1622, texte du testament ; cf. L8, note 187)
[222] - Après plusieurs legs aux membres de sa famille, le testateur, " de sa propre boche, " nomme " heritier universel et particulier en tous ses biens et droictz,... la tres sacree glorieuse Vierge Marie et monseigneur sainct Jehan Baptiste, les ymages desquelz sont en la chappelle a leur honneur fondee dans l'eglise parrochialle de Villa en Michallie, " dont il est titulaire. Le service divin. dit-il, y " sera faict par ung recteur capable d'instruire la jeunesse jusques a la grand mere (sic, pour grammaire) inclus; lequel recteur sera obligé dire touttes les sepmaines quattre Messes in perpetuum, et enseignera les enfans de sa patrie dudict Ville gratis; " car il devra être de la famille Clerc et, à son défaut, " des plus pioches parens, ou bien dudict village auquel " il lui est enjoint de faire résidence. " Et la ou il vouldroit disvaguer ou negliger le divin service ou l'instruction de la jeunesse, apres avoir esté admonesté trois fois et le tout rapporté a l'Evesque ; " il sera privé du revenu de la chapelle et remplacé par un autre ecclésiastique. "De plus, sera tenu tous les jours de Caresme, au soir, ayant finy les leçons.des enfans, les mener en devot ordre, deux a deux, pour les induire a pieté, de la maison de l'escholle a la chapelle, auquel lieu se chantera... Ave Regina, avec le verset et oraison convenante. Et tous les samedy de l'annee, au soir, fere chanter a ses escholliers dans ladicte chappelle, le Gaude Flore, avec le verset, respond et oraison, pour la plus grande gloire de Nostre Dame, et inciter la jeunesse a devotion de la Vierge Marie. ."
[223] - La signature seule est autographe.
[224] - Gaspard, coseigneur de Lucinge et seigneur de Saint-Cergues (L5, note 320), testa le 13 juin 1614, à l'âge de soixante-douze ans ; sans doute il survécut à son testament, car nous ne connaissons pas d'autres personnages du nom de Gaspard, vivant à cette époque.
[225] - Prêtre le 12 mars 1588, curé de Sales (près Cranves) le 9 mai 1596, il avait permuté sa cure avec Simon Ruptier le 1er avril 1604. (L2, p.149, note 2) L'année suivante, 21 octobre, il fut institué curé de Burdignin, bénéfice qu'il échangea contre une chapellenie le 25 février 1630. (R. E. ; cf. Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 466.)
[226] - L'union des deux cures avait été faite par saint François de Sales le 1er. avril 1604, jour de la permutation de Rd Lancot avec M. Ruptier.
[227] - Aimé ou Aimon Cottet était né à Cranves. Titulaire d'une chapelle à Lucinge le 23 septembre 1595, il reçut la prêtrise le 19 décembre 1598, devint ensuite curé de Burdignin et. le 21 octobre 1605. permuta avec Rd Lancot (note 225). alors recteur d'une chapelle. Selon les vœux exprimés par les paroissiens de Sales, cette cure lui fut attribuée le 21 février 1618; il la garda dix ans, et le 11 février 1628 il obtint une chapellenie en échange. (Mgr Rebord. ouvrage cité. 1. p. 209.)
[228] - Pierre-Louis Garbillon, procureur au Conseil de Genevois, mort avant 1656. En cette année, sa fille Marguerite, déposant au second Procès de Béatification de notre Saint, nous apprend que sa mère, fille spirituelle du Bienheureux, se nommait " Judith de Leaval, de la paroisse de Dingy, " et que son père fut " present au premier sermon " de François de Sales. (Ad 2um interrog. et art. l, 11.)
[229] - Jacques Favre d'Usillon (Op2, note 156).
[230] - Très souvent témoin des actes épiscopaux en 1617-1622, il signe tantôt " Besson ", tantôt " Bessonis ". Natif de Marlioz et fils de Claude Besson, il fut reçu bourgeois d'Annecy, avec ses frères Jean-Claude et André, le 8 mai 1610. A cette date, on le qualifie de " commis du greffier de l'Evêché, " et en 1614 (24 février), de " practicien, demeurant au greffe " susdit. Le 1er mai 1616, Georges Besson, " secretaire du greffier " épiscopal, fut l'un des bourgeois proposés pour syndics. (Reg. des Délib. du Conseil de Ville d'Annecy.)
[231] - Noble Amblard-Philibert Vidomne de Chaumont, seigneur de Novéry, La Chapelle, etc. (L1, note 93), "considerant la necessité d'ung curé en la cure d'Espagny, le petit revenu d'icelle et le desir et affection qu'il az que le divin service se face en ladicte esglise, faict donation au curé " actuel " et successeurs, pure, simple, perpetuelle et irrevocable : sçavoir, sa part du diesme dudict Espagny, qu'est la sixiesme partie, " dont la valeur annuelle est . six coppes froment, mesure de Cbaulmont ; item, une piece de vigne situee au vignoble de La Chappelle. " Ce sont les termes de l'acte de cession passé le 21 février 1618 à Annecy, " dans le pallais de Mgr le Rme Evesque et Prince de Geneve, " en présence de plusieurs témoins. (R. E.)
[232] - Ce notaire ducal n'est pas Georges Besson qui figure comme témoin de l'acte précédent ; la comparaison des signatures le prouve. Serait-ce l'un de ses frères ? (Voir note 230)
[233] - Signature autographe.
[234] - Roland Viot (L7, note 645).
[235] - C'était, depuis 1601, Pierre Mojonier on Mogenier (notes 61,164)
[236] - On peut voir L2, note 377 et L7, note 645 des détails sur le différend qui, depuis des années, existait entre le Prévôt du Mont-Joux et le curé des Allinges.
[237] - La date et la signature sont de la main du Saint, et le texte, de celle de M. Michel Favre, son aumônier.
[238] - La Confrérie du Saint-Esprit avait été érigée à Jarsy en 1580. Ses membres devaient joindre à l'aumône, la visite des infirmes, la prière pour les confrères défunts et l'entretien des écoles rurales. Par le Décret qu'on va lire, saint François de Sales répond à une supplique d' " honnestes Bernard Boccon et André Burgod, procureurs et charge ayant de la communauté de Jarsy, ainsi qu'appert par procure receue et signee par Me Gantier, notaire ducal, le 15 juin 16t4. " Les deux mandataires exposent que la Confrérie du Saint-Esprit est en crédit de " plusieurs et notables censes " provenant de legs pieux; " a cause de la calamité des tems, il y a environ vingt huict ans n'a esté faicte aucune aumosne generale, ni mesme retiré payement d'aucune des dittes censes ; " quant au vin de quelques vignes " laschees a la communauté, " il a été " la plus part employé aux charges de la paroisse.." On demande à l'Evêque : de fixer le prix qui devra être réclamé pour les censes et l'emploi de l'argent qu'on retirera, soit de celles-ci, soit de la vente du vin ; on exprime le désir de l'utiliser pour " la restauration de l'eglise ou l'achat des ornemens d'icelle, ou bien " pour " la fondation de la chapelle du Sainct Rosaire a eriger " dans la même. (D'après l'original de la supplique, conservé dans les Archives paroissiales de Jarsy.)
[239] - Ces " Editz " n'ont pu être retrouvés.
[240] - Jean-Baptiste Simond, né au Châtelard, reçoit le 27 septembre 1605 une dimissoire pour se faire ordonner prêtre ; le 24 septembre 1607, il devient curé de sa paroisse natale, qu'il permute avec Jarsy le 7 décembre 1610 ; il résigne le 8 avril 1648 et meurt cette même année. (R. E., et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 722.)
[241] - En ce jour, saint François de Sales venant du monastère de Talloires, transféra dans " un lieu plus honorable les reliques du bienheureux saint Joyre ", qu'on a aussi nommé saint Jore, saint Jorioz. Le prieuré existait avant l'année 1040, époque à laquelle il fut soumis à l'obédience de l'Abbé de Savigny qui ratifiait les actes de quelque importance et instituait les prieurs. Ceux-ci remplissaient les fonctions de curés du lieu, et l'église était à la fois priorale et paroissiale. Par Bulle du Pape Jean XXIII (30 mai 1412, mais exécutée définitivement en 1440), Saint-Jorioz fut uni à Talloires ; cette union marque le point de départ de sa décadence. Depuis lors, deux Bénédictins de Talloires y résidèrent : l'un avec le titre de sacristain, l'autre avec celui de chantre; on leur adjoignit un porte-croix. " Vint plus tard le " prieur commendataire " qui, bien qu'absent, " gardait la qualité de curé primitif et se réservait d'officier lui-même, ou par un délégué, " aux quatre grandes fêtes de l'année. Le procès-verbal de la visite de notre Saint au prieuré en 1618 " signale déjà. la disparition des galeries du cloitre ; l'emplacement de celui-ci sert alors de cimetière et de local pour la criée des bans et l'élection des syndics. " L'antique église, située dans un marais, fut détruite en 1885 ; une autre, en style gothique, fut rebâtie dans la belle plaine de Saint-Jorioz et achevée en 1887 : c'est là qu'on vénère aujourd'hui les reliques de saint Joyre. (D'après Lavanchy, Monographie de la paroisse de Saint-Jorioz sur les bords du lac d'Annecy, tome XVI des Mém. de l'Acad. Salés., Annecy,.1893.)
[242] - Il avait succédé à Nicolas Clerc (note 221) le 12octobre 1617. (L7, note 144)
[243] - Suit une longue liste de noms des paroissiens qui, " d'un commun accord et mesme. volonté, non contrains,... de nouveau vouent a Dieu, a la glorieuse Vierge Marie et a toute la Cour celeste..., solemniser la feste de monseigneur sainct Gras comme le Dimanche. " Et ils expliquent dans quel but ils font ce vœu, comme on va le voir dans notre texte.
[244] - Les lignes suivantes étaient de la main du Saint.
[245] - Ce Prieur était le P. Bernardin de Charpenne. (L6, note 580 ; Appendice de la présente Série l'acte d'érection de la Confrérie à Abondance, du 22 décembre 1619.). Sur le couvent de Saint-Dominique d'Annecy, voir L4, note 64).
[246] - " Je dis que j'ay nom Jean Moccand, Religieux et Prieur claustral des Chanoynes reguliers de Saint Augustin en l'abbaye de Nostre Dame de Six, filz de feu Jaques Moccand et de la Gasparde Cornu. Je suis aagé d'environ septante ans, et prestre, par la grace de Dieu, des environ quarante. " C'est ainsi que le destinataire, déposant le 14 août 1632 au premier Procès de Béatification de l'Evêque de Genève, répond aux commissaires apostoliques (art. 2). Condisciple de saint François de Sales au collège d'Annecy, il eut durant " trente annees, le bien de le voir, cognoistre et frequenter pendant quil fut Prevost de Sainct Pierre, et beaucoup plus particullierement des quil fut Evesque ; car, " dit-il, " j'ay ordinairement faict ma residence en ce diocese et, la plus part du temps, en charge d'ames en la cure de Nostre Dame d'Abondance. " (Art. 24.) Jean Moccand assista aux Quarante-Heures d'Annemasse (septembre 1597) ; sur la demande de l'Apôtre du Chablais, il vint ensuite " a Thonon pour y servir quelque temps, " et y trouva " l'autel dressé et paré. " (Art. X2.) Probablement, déjà avant cette époque il était Religieux de l'abbaye d'Abondance tombée alors dans un lamentable relâchement (L1, note 243 ; L2, note 376) ; sa conduite, toutefois, dut toujours être édifiante, car le 23 mars 1605, sur la présentation du très pieux Vespasien Aiazza, il fut institué curé de la paroisse, et le 7 mai 1607, par suite de l'arrivée des Feuillants à l'abbaye, i! reçut une nouvelle institution. (note 154). Entre le 5 février 1626 et le 15 avril 1627, date de la résignation de sa cure, Rd Moccand avait été admis parmi les Chanoines réguliers de Sixt, réformés par saint François de Sales ; la charge de Prieur lui fut sans doute confiée au décès (3 juin 1627) de cet autre Jean Moccand, zélé restaurateur de la discipline monastique, dont nous avons donné la note L8, note 199). L'année de la mort de son successeur nous est inconnue.
[247] - De la main du Saint.
[248] - Notes 108,115 ; L6, note 632 ; L9, notes 864,866 .
[249] - Jacques Nacot, né à Rumilly, tonsuré au même lieu le 30 juin 1581, et prêtre avant le 25 juillet 1593; à cette date, il est institué recteur. d'une chapelle de l'église de Moye. - Guy Perret, ordonné prêtre le 23 mai 1592, est sans doute Jacques Nacot, né à Rumilly, tonsuré au même lieu le 30 juin 1581, et prêtre avant le 25 juillet 1593; à cette date, il est institué recteur. d'une chapelle de l'église de Moye. - Guy Perret, ordonné prêtre le 23 mai 1592, est sans doute le même qui, sous le nom de " Guidone Perret ", obtint la chapelle de Saint-Claude en l'église de Rumilly, le 26 janvier 1605 ; il mourut en décembre 1629. De 1608 à 1614, Louis Galley ou Gallay rédige et signe les actes de mariages et de sépultures comme " vicayre de la paroisse de Rumilly. " Natif d'Hautevilleen-Lompnes, il avait reçu l'ordination sacerdotale le 16 juin 1590 et, le 14 mars de l'année suivante, la cure d'Hauteville et annexe de Cormaranche, qu'il résigna le 30 décembre 1596. - Sur Nicolas Nacot, voir L5, note 8) - Etienne Pinard, diacre le 1er mars 1608, prébendé à Rumilly le 18 juillet suivant, obtient une dimissoire pour la prêtrise le 29 janvier 1610 et meurt en, 1625. - Lorsque Pierre Pajact, prêtre depuis le 2 avril 1616, signa la présente supplique, il y avait à peine deux mois qu'il faisait partie de la communauté des. Altariens (29 janvier) ; le 3 avril 1621 il fut institué recteur d'une chapelle proche de l'hôpital de Rumilly, et nommé vicaire de la paroisse le 18 janvier 1625- (R. E. ; voir Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc.)
[250] - De la main du curé; les autres signatures sont aussi autographes.
[251] - Ce décret et celui mis au bas de la supplique suivante sont seulement signés par saint François de Sales
[252] - Philibert Roget (L1, note 230 ; L6, note 838) qui remplaçait Jean-François de Sales, alors à la cour de Turin.
[253] - Le 18 mai suivant, le saint Evêque tint une assemblée à Rumilly, où prêtres et syndics traitèrent de leurs prétentions et de l'union du revenu de la cure au corps des Altariens ; une transaction fut signée, en attendant que cette union pût de fait se réaliser. (note 116 ; L9, note 866 ; L10, note 437)
[254] - Le bord du feuillet étant rongé, plusieurs mots ont disparu; nous les rétablissons entre [ ] d'après le sens.
[255] - Les signatures des syndics sont autographes. - Noble François, fils de Maurice juge, avait déjà été syndic en 1616. Docteur ès-droits et avocat au Sénat de Savoie, on le trouve châtelain de la ville et mandement de Rumilly lors de son mariage (1614 ?) avec la veuve de noble François Perret, Claudine Burin, fille de "l'apothicaire de S. A. et des serenissimes Princes ". - Le second syndic serait-il Pierre Bovard, curial, témoin à un mariage le 11 avril 1616 et parrain en 1623 ? (Mugnier, L'Etat civil de Rumilly-l'Albanais, 1607-1793, Chambéry, 1899, pp. 59 et 18.)
[256] - La signature seule est autographe.
[257] - Moye en Albanais.
[258] - Bernard de Grailly, prieur bénédictin de Sainte-Agathe. (L9, note 864)
[259] - Le nom du Gardien de Rumilly n'a pas été conservé.
[260] - C'était alors Pierre Vectier, né à Marigny et minoré le 24 septembre 1575. Le procès-verbal de la visite de saint François de Sales à Moye le 26 juin 1606 note que cet ecclésiastique en " est recteur des environ quinze ans, legitimement institué et proveu, resident. " Il avait reçu en 1588 une double institution (8 juin et 11 novembre) ; il décéda en janvier 1626. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 761, et Visites Pastorales du diocèse de Genève-Annecy. tome II, p. 451.)
[261] - Né à Evian de Gabriel Querlaz et de Maurise de Chatillon, Gaspard était simple clerc lorsque, le 22 septembre 1612, il devint titulaire de la chapelle qui fait l'objet de sa supplique ; environ trois mois avant d'adresser celle-ci à son Evêque, il en avait reçu le diaconat (3 mars 1621). Chanoine de la cathédrale de Lausanne le 17 février 1629, recteur d'une chapelle en l'église de La Touvière le 9 août 1631, il mourut le 11 février 1673. (Armorial et Nobiliaire de Savoie, vol. V, p. 36, et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 653.)
[262] - Le 1er juillet 1608, il obtint une dimissoire pour la prêtrise, et le 2 juillet 1610 la cure de Reyvroz, qu'il permuta le 16 décembre 1624 avec Villard-sur-Boëge; sa mort arriva en août 1628. (Mgr Rebord, ouvrage et volume cités, p. 556.)
[263] - Fils de Pierre Querlaz, bourgeois et notaire d'Evian, et d'Etiennette Jaquerod (Loys), il passe une quittance dotale en faveur des frères de Maurise de Chatillon, sa femme. le 26 décembre 1590. Il vivait encore en 1614.
[264] - Sur ces deux ecclésiastiques, voir L2, note 148 ; L5, note 108).
[265] - On voit par cette phrase que Rd Querlaz faisait partie du groupe de prêtres qui, réunis à l'ancien prieurl de Saint-Paul en Chablais, y vivaient en commun, suivant l' " ancienne discipline ecclesiastique ". (Note p.166 ; L10, note 156)
[266] - Henri Ouvrier (L6, note 160).
[267] - Autographe du Saint. Les mots " ou par luy ou par autruy ", ajoutés après coup au bas de sa signature, sont suivis d'une seconde signature épiscopale.
[268] - Cet ecclésiastique, qu'on a nommé à tort Jean Petit et dont le vrai nom de famille est Petitjean (dit Pirasset), signait déjà les Registres baptismaux de Thonon en 1598 et fut des premiers Prêtres de la Sainte-Maison. Le 18 avril 1608, " Jean Petitjean, convicaire en l'esglise de Nostre Dame de Compassion de Thonon et recteur de la chapelle soubz le vocable de Saint Nycolas, en l'esglise de Novasella (Neuvecelle) fondee..., . constitue un procureur qui résignera en son nom ce bénéfice entre les mains de Mgr le Rme Evesque de Geneve ". En 1617, le 23 septembre, Blaise Charles, curé de Publier, est institué titulaire de la chapelle de Saint-Bernard à Oncion (paroisse de Publier), " vacante par la mort de Jean Petitjean, dit Pirasset, " qui la possédait déjà en 1606, ainsi que la précédente, lors de la visite de saint François de Sales le 9 septembre. (R. E. ; voir Mgr Rebord, Visites Pastorales, etc., tome II, pp. 464 et 509.)
[269] - Le 7 octobre 1602, les autorités civiles de Thonon avaient arrêté que la ville abandonnerait à la Sainte-Maison, avec le prieuré de Saint-Hippolyte, les biens et revenus de la cure de Tully où l'on avait entretenu un ministre protestant ; à condition, toutefois, que le nouvel établissement payerait " la dette de Fribourg " c'est-à-dire " 7.780 écus d'or, 40 sols, capital et intérêt, " dus à cette ville par les Thononais depuis 1584. Un procès s'ensuivit entre les syndics et les administrateurs de la Sainte-Maison ; il se termina par une transaction le 24 juin 1605. (Cf. Mgr Piccard, L'Université Chablaisienne ou la Sainte-Maison de Thonon, Thonon-les-Bains, 1915, pp. 53, 54, note ; voir note 264.)
[270] - Ce décret autographe a été reproduit par Mgr Rebord dans le volume intitulé : Complément du Dictionnaire du Clergé ; Matériaux pour servir à la Monographie des Paroisses (Annecy, 1921), p. 441 ; la supplique des paroissiens de Tully est inédite.
[271] - Le Conseil de la Sainte-Maison ne dut pas tenir compte de l'injonction reçue ; car à la visite pastorale du 26 juillet 1624, les habitants de Tully présentèrent de nouvelles réclamations à Mgr Jean-François de Sales, frère et successeur du Saint, et lui exhibèrent la requête qu'ils avaient adressée à celui-ci trois ans auparavant. La " patenerie ", dirent-ils, a été bâtie au-dessus de Thonon, " en allant du costé des Allinges, " et les Prêtres de la Sainte-Maison " ont levé les tuiles et couvert de " notre " eglise, occasion de quoy les voutes"» sont " tombees par terre ". L'Evêque confirma le décret de son saint prédécesseur et chargea M. de Lachat, curé de Vailly, d'en procurer l'exécution " par saisie des revenus de ladite eglise, " si elle n'était " reparee dans un an. " M. de Châtillon, plébain de Thonon, protesta, mais inutilement, contre ce qu'il appelait des calomnies ; le décret fut maintenu, " ayant esté, d'ailleurs, mondit Seigneur informé de la verité du fait. " – " Les procès-verbaux des visites pastorales subséquentes, " ajoute Mgr Rebord (ouvrage cité à la note 263), " nous montrent les inutiles efforts faits par nos Evêques pour conserver à la paroisse mère de Tully au moins le rang d'annexe. " En 1663, " l'église demeure entièrement ruinée ; aucune chapelle ne rappelle son souvenir. "
[272] - Lorsque le 4 novembre 1598, Rd Claude d'Angeville et le procureur fiscal du Chablais, Claude Marin (L1, notes 158,287) visitèrent au nom de Mgr de Granier la paroisse de Lully, à douze kilomètres de Thonon, elle ne comptait pas deux cents habitants; de plus, elle avait été dépouillée par les Bernois de son presbytère et de la plupart de ses revenus. Dans ces conditions, l'Evêque jugea sage de l'unir à celle de Fessy, en laquelle, d'ailleurs, son territoire est enclavé.
[273] - Noble Claude de Bracorens, fils de Jacques de Bracorens qui, en récompense de sa valeur militaire, reçut en 1590 des lettres de noblesse pour lui et sa postérité; Jeanne Dufresne fut la mère du futur curé. Celui-ci n'était que sous-diacre lorsqu'il succéda, le 3 octobre 1603, à Claude-Gaspard Chevalier (L1, note 321) qui venait de résigner le bénéfice de Fessy-Lully. Diacre le 12 juin 1604 et prêtre le 18 septembre suivant, le jeune curé prit à tâche de tout restaurer dans sa paroisse, où l'on garde encore le souvenir de sa longue et féconde carrière qui s'acheva en 1666 ; le Registre des décès note au 24 août l'inhumation de M. de Bracorens " dans le chœur de l'église» de Fessy, au devant du maître-autel, " (R. E., et Trosset, Fessy et Lully, tome XLI des Mém. de l'Acad. Salés., Annecy, 1921, Partie III, chap. Ill, pp. 180-184.)
[274] - Christophe de Collonges, ou Decollonges, né à Amancy, prêtre le 19 décembre 1598, signe les Registres paroissiaux de 1611 à 1622. Il devint curé de Monthoux le 13 janvier 1628 et mourut en 1633, (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., 1, p, 232.)
[275] - On ignore pour quels motifs les habitants de Lully durent attendre trois ans avant de voir leur désir réalisé. Ce fut seulement le 27 septembre 1624 que Mgr Jean-François de Sales consacra l'autel de leur église, sous le vocable des Saints Maurice et ses Compagnons. (Trosset, ouvrage cité, p. 182.)
[276] - C'est-à-dire, la communauté des Prêtres de la Sainte-Maison. (L5, note 745 ; Op1, note 209)
[277] - Situé alors au faubourg Saint-Bon et aujourd'hui à l'entrée de la ville, du côté de Ripaille et d'Evian, ce cimetière était celui de Thonon. Il rappelle la première résurrection obtenue par les prières de saint François de Sales, qui Situé alors au faubourg Saint-Bon et aujourd'hui à l'entrée de la ville, du côté de Ripaille et d'Evian, ce cimetière était celui de Thonon. Il rappelle la première résurrection obtenue par les prières de saint François de Sales, qui ramenèrent à la vie le petit enfant d'une calviniste demeurant " au moullin de Sainct Bon. " et mort sans baptême ; après avoir reçu le Sacrement régénérateur, il vécut " envyron deux jours " pour que le miracle pût être bien constaté, puis mourut de nouveau et fut enterré au susdit cimetière. (Process. remiss. Gebenn. (1), déposition de Pierre Bouverat, ad art. II ; Charles-Auguste, Histoire, etc., Iiv. III, p. 169.) Rd Pierre Bouverat (L11, note 729), après en avoir rebâti la chapelle, dont il ne restait que des masures, la dota, en y fondant huit Messes basses, le 22juin 1632 ; on voit encore ses murailles à l'entrée du cimetière" actuel. (Gonthier, Œuvres historiques, tome 1er, note (I), p. 280.)
[278] - Il faut lire Corbonod, tout près de Seyssel et actuellement dans le diocèse de Belley. Pierre Vernet, originaire de celui-ci était diacre lorsque, le 10 octobre 1613, il fut institué curé; il résigna le 27 avril 1662et mourut en mai 1676. (R. E.)
[279] - La seigneurie de Grex ou Grez, en Bugey, appartenait primitivement à la maison de Châtillon de Michaille. Après avoir passé successivement aux seigneurs de la Balme et aux comtes de Montmayeur, elle fut acquise, le 17 juillet 1618, par François de Croyson, baron de Silans, à qui sa famille, originaire de Seyssel, " doit toute son élévation. " Fils d'Antoine de Croyson et d'Huguette de Gourson, François, d'abord simple soldat, obtient en 1616 un brevet de capitaine entretenu par le duc de Nemours, et l'année suivante des lettres de noblesse. En 1621, sur l'ordre de Louis XIII, il lève une compagnie de gens de pied au régiment de Ragny, dans lequel il sert en Champagne et au siège de Montpellier. Aide de camp (26 août 1627), il commande des troupes en la guerre de Savoie (1630), où il est " blessé d'une mousquetade au pied, dont il demeure estropié. " Le 28 août 1631 le Roi le nomme gouverneur du fort de La Cluse et en 1635 capitaine et lieutenant-colonel ; au siège de Dole, un coup de pistolet le frappe à la tête et il est fait prisonnier. Enfin, après avoir rempli plusieurs missions en Suisse et servi vaillamment son souverain en Bourgogne et en Lorraine, François de Croyson fut créé maréchal le 17 février 1644 ; il vivait encore en 1650. (Guichenon, Hist. de Bresse et de Bugey, Lyon, 1650, Parties Il et III, continuation, pp. 58 et 96.)
[280] - Dans le Rituel publié en 1612 par saint François de Sales (Op2, notes 210,216,218), la Benedictio loci se trouve à la p. 268.
[281] - Jeanne, fille de Pierre Constantin et de Claude CursiIlat, était, depuis 1594, veuve de noble Philippe Constantin, son cousin, qu'elle avait épousé en 1580. Le 7 octobre 1601, Louis, son fils aîné et cohéritier universel de son père, reçut avec ses frères confirmation de lettres de noblesse. Il se maria le 6 juillet 1619 avec Guillermine-Françoise de Loche, et mourut le 29 novembre 1657 ; sa femme lui survécut quatre ans.
[282] - De la main du Saint.
[283] - Ce chanoine était François de Chissé, fils de Jean de Chissé, seigneur de Pollinge etdes Forest, etc., et de Marie de Granier, nièce du prédécesseur de saint François de Sales. (note 29 ; L1, note 92)
[284] - L'oratoire fut placé sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption; d'après les notes de noble François de Magny, il se trouvait au dessous de la .chapelle actuelle. Une seconde chapelle fut édifiée plus tard dans la cour, à droite de l'entrée du château. (Voir J.-M. Chevalier, Monographie de Reignier, publiée dans le tome XXV des Mém. de l'Acad. Salés., 1902, p. 375.)
[285] - Originaire du diocèse de Turin, fils de " noble et spectable Etienne Ginod ", médecin des ducs de Savoie Emmanuel-Philibert et Charles-Emmanuel 1er, le doyen de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste était docteur en l'un et l'autre droit et fut, en avril 1604, le cohéritier universel de son oncle, Mgr Godefroi de Ginod, évêque de Belley. (L2, note 315). Il ne jouit guère de cet héritage ni de la cure de Ceyzérieu dont il devint économe le 10 juin de la même année, car il mourut au mois d'octobre suivant. (Armorial de Savoie, vol. III, p. 122, et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 387.)
[286] - Nous ignorons quelle affaire appelait à Paris Jean-François de Sales (L7, note 136), pendant que son saint frère prêchait à Dijon
[287] - Il était né à Sixt, avait reçu le sous-diaconat à La Roche le 26 mars 1605 et la prêtrise le 10 mars 1607. (R. E.)
[288] - Cette pièce est seulement signée par le Saint; nous maintenons l'orthographe du scribe.
[289] - Pierre Rouffille avait été institué curé d'Arith le 11 août 1573 ; le 28 avril de l'année suivante il reçut une nouvelle institution. La permutation de sa cure avec une chapelle de l'église du Châtelard se fit le 3l mars 1608, et ce jour méme Jean-Claude Blanc devint titulaire d'Arith. (R. E.) Le fils d'un laboureur, déposant le 30 août 1656 au second Procès de Béatification de notre Saint, dit avoir vu plusieurs fois le Serviteur de Dieu à Annecy, " particulierement les cinq ou six dernieres annees de sa vie, " ajoute-t-il, " y estant allé de la part de feu Jean Claude Blanc, nostre curé, que j'ay aussy accompagné d'autres foys lorsqu'il alloit aux Synodes... ; et durant les chemins, ledit M. Blanc me racontoit que ce Serviteur de Dieu, estant encor bien jeune, fut envoyé dans le Chablais, . etc. (Déposition d'Hugonin Marquet, ad art. 7.)
[290] - Mot disparu par suite de l'usure du papier.
[291] - Jacques Favre d'Usillon.
[292] - Le troisième chiffre, dont il ne reste qu'une légère trace, peut être V ou X.
[293] - Né à Sixt, tonsuré le 2 mai 1610, Jean-Pierre Moccand venait de recevoir l'ordination sacerdotale (22 septembre). Trois ans après, le 1er septembre, il est institué curé de Saint-Gingolph, qu'il résigne le 11 décembre 1625. D'abord économe d'Abondance, où il fonda plusieurs chapelles, Rd Moccand en devint curé le 5 octobre 1631, puis de Novelle 20 juin 1634, et mourut le 7 mars 1641. {Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 543.)
[294] - Rd Jean Chappaz avait été institué curé de la paroisse le 7 avril 1592 ; longtemps il resta sans vicaire attitré, de sorte qu'il était contraint d'appeler un prêtre à son secours les dimanches et les fêtes ; depuis 1606, ce prêtre fut Pierre Baytaz. La fondation d'un vicariat à Pringy date de 1609 : le curé s'engageait à " donner annuellement dix coupes de froment et trente florins, et le seigneur de Monthouz (voir la note suivante) céda les fruits de sa chapelle de Notre-Dame, siège de la Confrérie du Saint-Rosaire. " Saint François de Sales signa cet acte le 14 janvier, nomma le jour même pour premier vicaire celui qui déjà en remplissait les fonctions : Pierre Baytaz, prêtre depuis le 20 mai 1594, présenté par M. de Monthouz. Le 3 décembre 1619, celui-ci propose un nouveau recteur de la susdite chapelle, vacante par la mort de Rd Baytaz. (R. E. et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., I, pp. 158, 46, et Matériaux pour servir à la Monographie des Paroisses, pp. 68,349; cf. aussi Visites Pastorales, tome II, pp. 507, 508.)
[295] - Claude, seigneur, puis (octobre 1613) baron de Monthouz en Genevois, était fils de François de Monthouz et de Claudine de la Lée (ou l'Alée), gentilhomme ordinaire de la chambre de Son Altesse et capitaine d'une compagnie des ordonnances de Savoie. En 1625, il fut colonel du régiment de Genevois ; le I2 mai de cette année-là, faisant son testament, il laissait un legs pour la réparation de l'église de Pringy. Lorsque dans la présente pièce, notre Saint parle de la très nombreuse famille de ce seigneur, il l'entend sans doute de tous ceux qui étaient attachés à son service : domestiques, valets, fermiers, etc. ; car M. de Monthouz n'épousa Péronne de Rossillon qu'en 1612, et ses parents étaient décédés depuis longtemps. Sa femme le laissa veuf en 1648 ; il lui survécut quatre ans et mourut à l'âge d'environ soixante-quinze. - François Bouvard, de Pringy, guéri en 1620 par le saint Evêque " d'une furieuse et dangereuse rage, " était un serviteur du baron, qui a déposé au 1er Procès de Béatification du Serviteur de Dieu. (Cf. Charles-Auguste de Sales, Histoire, etc., liv. IX, p. 544.)
[296] - Dix ans après, Mgr Jean-François de Sales prorogea cette faculté de binage, en écrivant sur le même feuillet : Pror,ogamus presentem facultatem ut sonat idque donec Nobis aliter visum fuerit. Annecii, XVII Jannuarii 1624. J. FRANCs, Eps Geben.
[297]- Cette pièce, qui porte une très belle signature de saint François de Sales, est écrite par son aumômer Michel Favre. qui l'a ensuite contresignée.
[298] - Les recherches faites pour identifier cet aspirant au sacerdoce n'ont pas abouti.
[299] - Il ne nous a pas été possible d'avoir des renseignements sur ce futur prêtre.
[300] - Henri de Savoie, duc de Genevois et de Nemours, était alors en pleine révolte contre le duc Charles-Emmanuel, son souverain, et avait obtenu du secours de la France et du gouverneur espagnol de Milan. Annecy, occupé par les troupes de Savoie, s'était énergiquement opposé au passage de celles du prince feudataire ; mais on s'attendait d'un jour à l'autre à la rencontre des deux armées. Elle eut lieu, en effet, le 26 octobre, dans la vallée de Chésery, où Henri fut vaincu. (L7, notes 650,700)
[301] - Le Registre épiscopal de 1616-1617 mentionne ces dimissoires et le cas particulier du futur prêtre, mais ensuite on perd la trace de celui-ci. Il ne figure pas dans le Dictionnaire du Clergé, à moins qu'il faille l'identifier avec Claude François Garbillon qui reçut l'ordination sacerdotale en 1629, le 21 septembre (vol. l, p. 365) ; nous le nommons à tout hasard, bien que la date de 1629 nous semble trop tardive. Il peut se faire aussi que notre étudiant soit mort avant son entrée dans la cléricature, ou qu'il ait renoncé plus tard à la carrière ecclésiastique.
[302] - Maurice de la Combe, greffier de l'évêché.
[303] - Lorsque, en 1582, Mgr de Granier préposa des ecclésiastiques à la surveillance d'un certain nombre de paroisses de son diocèse (L6, note 185), il les appela vicaires ruraux ou forains ; on ignore si le changement de ce nom en celui de surveillants doit être attribué à saint François de Sales ou à son prédécesseur. La seconde appellation fut maintenue jusqu'en 1645 ; depuis lors, les prêtres investis de cette charge portèrent le titre d'archiprêtres. Au Synode du 20 avril 1706, Mgr Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex, pour faire connaître à son clergé en quelle estime notre Saint tenait les archiprêtres, donna lecture des Patentes que nous reproduisons ici. Tous les assistants en admirèrent " la beauté et le style, " exprimèrent le désir d'en avoir un exemplaire, et plusieurs demandèrent même qu'on les fit imprimer pour en donner " de semblables aux archiprêtres que l'on instituerait à l'avenir. " L'Evêque souscrivit avec empressement à ce vœu; en livrant à l'impression le texte de saint François de Sales, il l'accompagna d'un préambule où il déclare qu'il se fait " scrupule de rien ajouter ou retrancher à cet écrit, assaisonné du sel de la sagesse, dont la trame est faite des paroles de la Sainte Ecriture et des Pères de l'Eglise. " (Voir Mgr Rebord, Synodes de St François de Sales, de son prédécesseur et de ses successeurs, 1921, Partie II, pp. 108-116, et aux Pièces justificatives, p. 241, n° III, le texte complet des Patentes, imprimé par ordre de Mg. de Rossillon.). Une minute autographe de ce document, conservée dans les Archives de la Visitation d'Annecy, a été publiée par Migne, tome IX, col. 50, avec la fausse. date de 1603, alors qu'il en avait donné au tome VI, col. 109, une traduction sans date. On trouvera cette minute page suivante.
[304] - François de l'Espine ou Delespine était déjà chanoine de la cathédrale Au dire du comte de Foras (Armorial et Nobiliaire de Savoie, vol. II, p. 267), Dupine, qu'on rencontre souvent, est une forme vicieuse du nom patronymique qui, en latin, est de Spina, de l'Epine.
[305] - Comme le saint Evêque l'a annoncé, suivent ici les noms des paroisses confiées à la surveillance du chanoine de l'Espine. Ils durent être écrits par un greffier de l'Evéché, d'où l'orthographe de quelques-uns qu'il faut rectifier ainsi : Andily, Minzier, ]onzier, Marlioz.
[306] - Var Et vous, Dieu aidant, aurez part à la récompense et aux consolations de celui dont vous aurez partagé les labeurs et les souffrances.
[307] - Il était tenu d'y aller " tant en hivert que esté, non sans danger de sa personne, pour estre assez loing et mauvais chemin, et sans sallaire competent. " (Procès-verbal de la visite faite à Bonnevaux par Rd Jean-François de Blonay, le 8 septembre 1617 ; voir Mgr Rebord, Visites Pastorales, etc., tome 1er, p, 271.)
[308] - De la main du Saint.
[309] - Il yavait à Annecy, aux XVIe et XVIIe siècles, une famille Deléglise dont plusieurs membres nous sont connus, entre autres deux Antoine : l'un, tonsuré et minoré le 20 septembre 1614 ; l'autre, docteur en médecine de Montpellier, qui, à soixante-deux ans, dépose au second Procès de Béatification de saint François de Sales (1656). Il signe " de l'Eglise ", et se dit fils " d'honnorable Etienne d'Eglise et de Jeanne Faber, bourgeois d'Annecy; " notre Saint parait s'être intéressé particulièrement à lui pendant ses études en sa ville natale et ensuite à Lyon. Rd Jacques Deléglise, sur qui nous n'avons aucun renseignement, serait-il un frère aîné ou un oncle du médecin ? Ces testimoniales, qui portent la signature autographe du saint Evêque, sont écrites par Michel Favre, son aumônier.
[310] - Notre date est suggérée par les données suivantes : dans son testament de 1607, Charles-Emmanuel Perrucard de Ballon exhorte Gaspard, son troisième fils, " a faire profession ecclesiastique, a quoy," dit-il, " je le vois incliné au bas age qu'il est, " (Armorial de Savoie, vol. IV, p. 385.) Peut-être avait-il alors douze ou treize ans, et de vingt-trois à vingt-cinq lorsqu'il obtint le grade de docteur ès-droits à l'Université d'Avignon. (Voir note 313) Une lettre de saint François de Sales, du 16 décembre 1619, le désigne déjà sous le titre d' Abbé de Chézery " (L9, note 183) ; la présente pièce est donc antérieure et parait même devoir se placer avant le départ du Saint pour Paris (17 ou 18 octobre 1618), car il est peu probable qu'il l'ait rédigée pendant son séjour dans la capitale. (L8, note 706)
[311] - Louis-Négron, oncle du destinataire, était le troisième fils de Pierre Perrucard et de Marguerite Le Grand. Docteur en l'un et l'autre droit, clerc du diocèse de Genève, nommé en 1586 coadjuteur et successeur de Jacques Bourgeois, Abbé commendataire de Chézery, et institué le 29 août 1588, il reçut la prêtrise le 23 décembre 1595, étant alors non seulement " Abbé élu ", mais encore prieur commendataire de Léaz. Le 6 novembre 1602, il résigna ce bénéfice en faveur de Pierre Perrucard de Ballon, son neveu, qui semblait à cette époque vouloir embrasser l'état ecclésiastique, auquel il renonça dans la suite. (D'après l'Armorial de Savoie, et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 621). Sur l'abbaye de Chézery, voir L9, note 183).
[312] - La Mère Louise de Ballon, sœur du destinataire et première Supérieure des Bernardines réformées de Savoie (L7, note 558), rend à la vertu de Jeanne de Chevron-Villette sa mère ce beau témoignage : Elle "étoit si pieuse, qu'aprés avoir mis ordre aux afaires domestiques, elle emploioit tout ce qui lui restoit de tems à prier Dieu... Je n'ai jamais connu d'ame si fervente à la priere..., quoique personne ne l'eût dressée à la vie spirituelle. Elle excéloit surtout dans l'humilité, dans la foi et dans la confiance en Dieu, et avoit aussi une devotion speciale pour la Sainte Vierge. " Un attrait particulier la portait à exercer l'hospitalité; en quoi elle était puissamment secondée par son mari qui faisait l'accueil le plus obligeant et empressé à ses hôtes, surtout aux Religieux de passage. Quatorze ans après la mort de Mme Perrucard de Ballon. son corps fut trouvé " non seulement tout entier, mais aussi frais que si on n'eût fait que de l'ensevelir. " (Grossi, La Vie de la Vble Mere de Ballon (Anneci, Fontaine, 1695), liv. l, chapitres 1 et XII ; voir L4, note 170).
[313] - Fondée par le Pape Boniface VIII, par Bulle des calendes de juillet 1303. Les Registres de l'Université, conservés en grand nombre, présentent cependant des lacunes ; ceux du commencement du XVIIe siècle, où l'on aurait pu trouver la mention de Gaspard de Perrucard. font précisément défaut.
[314] - Il s'agit de la Congrégation des prêtres réunis au prieuré de Saint-Paul par Jean-François de Blonay (L2, note 323 ; L5, note 675). Sur cette Congrégation, déjà mentionnée L10, note 156), voici ce qu'il nous apprend dans sa déposition: Le Bienheureux " avoit un particulier desir d'introduire la discipline des Oblatz de Sainct Ambroyse de Milan dans son clergé, ainsy quil conste par un acte authentique que j'ay en: main. Il m'avoit persuadé d'aller sejourner quelque temps a Milan pour cest effect, mais cela ne se peult bonnement exequuter…Un jour, sur le desir pressant que j'avois de me retirer en mon prioré pour y vivre avec mes ecclesiastiques sellon les Constitutions de sainct Charles aux Oblatz de Sainct Ambroyse, je le suppliois d'avoir bon couraige a m'ayder, et il me dict : " Hé, monsieur le Prieur, mon enfant, je l'ay mellieur que vous; pleust a Dieu que vous l'heussiez aussy bon que moy ! Sçavez vous pas ce que dict le commung proverbe: Festina lente ? " (Process. remiss. Gebenn. I, ad art. 43 et 26.) On trouvera à l'Appendice une supplique de M. de Blonay à Mgr Jean-François de Sales qui, en 1624, approuve ses " sainctes et pieuses intentions,... ainsi que desja, " écrit-il, " feu Monseigneur Nostre predecesseur, de glorieuse memoyre, a faict par cy devant. " Pour se rendre compte de ce qu'était " la Congrégation des prêtres du district d'Evian, " quelques détails sur les Oblats qu'ils se proposaient d'imiter ne seront pas inutiles. Saint Charles Borromée les fonda en 1578, pour se ménager le secours d'ouvriers évangéliques qui l'aideraient à maintenir la discipline dans son diocèse, à mettre en vigueur ses ordonnances, à diriger les collèges et les Séminaires. Les paroisses dans le voisinage des régions infectées par l'hérésie réclamaient surtout des soins particuliers ; il leur fallait des prêtres qui, débarrassés des affaires du monde, pussent se consacrer entièrement au troupeau qui leur serait confié. Unis au saint Archevêque comme à leur chef, les Oblats, placés par lui sous la protection de la Sainte Vierge et de saint Ambroise, devaient donc le seconder dans le gouvernement du diocèse, se dévouer avec zèle aux divers ministères dont il les chargerait, tels que la visite des paroisses, les missions dans les localités les plus dépourvues d'instruction religieuse, l'enseignement du catéchisme, l'exercice des fonctions ecclésiastiques dans les cures vacantes, etc. Ils se liaient à la Congrégation par le vœu simple d'obéissance prononcé entre les mains de leur premier Pasteur ; ceux qui le désiraient, y joignaient aussi le vœu simple de pauvreté. Le fondateur les partagea en deux catégories : les uns résidaient toujours au Saint-Sépulcre, église de Milan qu'il leur avait assignée avec les maisons adjacentes; là, sans être attachés à aucun bénéfice, ils menaient en commun une vie sacerdotale exemplaire. Les autres furent disséminés dans le diocèse pour y remplir chacun leur mandat. Six groupes ou communautés de prêtres, dont deux à Milan même, composaient la Congrégation; saint Charles donna à chacun un supérieur et un directeur spirituel, et ordonna une réunion mensuelle pour tous les Oblats de chaque groupe. Ainsi, quoique dispersés en divers lieux, ils demeuraient étroitement unis dans un même esprit et dans la charité fraternelle, toujours prêts à recevoir de leur Archevêque les lumières pour leur conduite personnelle et pour celle des âmes qu'ils avaient en charge. (D'après Moroni, Dizionario di erudizione storico-ecclesiastica, Venezia, vol. XLVIII (1848), p. 206. On peut voir les Constitutions des Oblats de Saint Ambroise, dans les Acta Ecclesiœ Mediolanensis, a Carola, Card. S. Praxedis, Archiepiscopo condita, Federici Card. Borromœi... iussu undique diligentius collecta et edita ; Mediolani, MDXCIX, tom. II, pp. 826-844.) C'est donc sur ce modèle, que le prieur de Blonay, encouragé par saint François de Sales, avait établi à Saint-Paul la " Congrégation des prêtres ". Quels en furent les débuts et à quelle date remontent-ils ? Nous l'ignorons, mais il nous parait à peu près sûr qu'ils ne doivent pas être antérieurs à 1617. Le 10 août de cette année, Jean-François de Blonay commence à visiter au nom de l'Evêque la plupart des paroisses situées sur la rive droite de la Dranse ; il est accompagné d'un secrétaire, Claude Orset, curé de Lugrin. De ce fait il faut conclure que la " Congrégation " existait à cette époque, du moins dans ses grandes lignes ; le Prieur de Saint-Paul en était le Préfet et le curé d'Abondance, Jean Moccand, le " Vice-prefect, " titre qu'il ajoute toujours à sa signature dans les procès-verbaux des visites faites par lui en 1620. Ces visites se renouvellent en 1619-1622 ; les noms de quelques autres ecclésiastiques, membres sans doute de la communauté naissante, figurent sur les feuillets retrouvés de l'ancien Registre. - Pour plus de détails sur le Manuscrit et les visites en question, voir Mgr Rebord, Visites Pastorales du Diocèse de Genève-Annecy, tome 1er (1921), notamment les pages 81-85 et la troisième Partie, n° I. L'auteur se demande (p. 82) si la " Congrégation " établie à Saint-Paul fut l'unique dans le diocèse ? La réponse affirmative ne semble pas douteuse, car à Thonon, les Prêtres de la Sainte-Maison formaient déjà une petite communauté ; d'autre part, la mort prématurée de saint François de Sales, précédée de longs séjours en France et en Piémont, ne lui permit pas de seconder comme il l'aurait voulu la pieuse initiative du prieur de Blonay et de lui donner, avec des bases plus solides, une plus grande extension.
[315] - Sur le cardinal Scipion Caffarelli-Borghese, voir L6, note 342 ; L10, notes 700,701).
[316] - Les recherches faites à Pignerol pour retrouver la trace du jeune tonsuré n'ont donné aucun résultat. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la famille Scozia était une des principales de la ville ; l'un de ses membres fut procureur général du Roi très-chrétien, un autre exerça la judicature, etc.
[317] - Des actes capitulaires nous apprennent seulement qu'en 1648, D. Christophe Bersatore était chapelain du Chapitre.
[318] - En 1620, le diacre Jean-François Gay demeurait dans la maison paternelle, sous la juridiction de l'abbaye Sainte-Marie de Pignerol. Il faut sans doute l'identifier avec le fils d'Etienne et de Jeanne Gay, baptisé le 5 mars 1600 sous le nom de Jean-François. (Archives paroissiales de Saint-Donat, de Pignerol, Reg. baptismaux.)
[319] - François-Antoine Calusio-Maneria, châtelain abbatial de Pignerol pour le .cardinal Borghese, abbé commendataire. Il fonda, en 1620, en la collégiale Saint Maurice de la même ville, le canonicat qui porta son nom et auquel fut promu, en 1626, son fils Jean-Barthélemy.
[320] - Cf L4, note 47. et ci-après,.note 347, le procès-verbal de la seconde abjuration du malheureux apostat.
[321] - Comme on l'a dit note 58, c'était l'église paroissiale, anciennement annexée au prieuré de Saint-Hippolyte dont elle porta le nom jusqu'en 1602.
[322] - Sur Mgr Pierre-François Costa, voir L3, note 315)
[323] - Sans doute Georges Rolland, que le saint Evêque employait d'ordinaire en de semblables occasions. (L1, note 134). Les deux signatures manquent sur la copie que nous reproduisons.
[324] - Var- De même que la subtilité du rayon du soleil est telle qu'elle atteint les plus grandes profondeurs de la terre, et que rien dans l'immensité du globe n'est soustrait à sa chaleur ; de même [l'immensité], la puissance de la divine miséricorde, qu'aucune loi ni limite ne circonscrit, pénètre les secrets les plus intimes de ce petit monde qu'est l'homme, et les attire à soi, d'un très suave attrait, lorsque... Nous attestons par les présentes que Notre cher Claude Boucard, [touché] par l'inspiration divine et par la très suave...
[325] - Cette pièce doit être de la même date que la précédente, puisque Pierre Gillette fit son abjuration à Thonon avec Claude Boucard. (L4, note 46). Selon toute vraisemblance, nous avons ici le projet de modifications à faire à une première minute qu'un secrétaire devait ensuite mettre au net. Les signes de renvoi placés par le Saint après les notes 3, 4, et qu'on ne retrouve pas dans la première partie de notre texte, favorisent l'hypothèse. Le nom du converti écrit en tête de ce fragment est d'une autre main.
[326] - D'après Charles-Auguste (Histoire, etc.,liv. VII, p. 386), saint François de Sales aurait été choisi pour arbitre par le Carmel de Dijon, lors de son très court passage en cette ville au commencement de septembre 1608 ; mais c'est une erreur, comme le prouvent les faits relatés dans la note (2), p. 179. La consultation eut certainement lieu en 1609, au mois d'octobre, et très probablement entre les dates que nous indiquons ; en effet, le Saint quitta Monthelon le 19, alla ensuite à Beaune, où il célébra la Messe à l'Hôtel-Dieu le 21, et de là, sans doute, se rendit à Dijon ; le 1er novembre il était à Dole.
[327] - La Mère Louise de Jésus (Mme Jourdain), Prieure depuis 1607. (L4, note 51).
[328] - Ces points de suspension ont été mis par le Saint.
[329] - Var-" en iceluy vivre le reste de ses jours selon sa dévotion..."
[330] - .Arrivées à Dijon le 20 septembre 1605, les Carmélites furent reçues par Jeanne Chevrier, pieuse veuve qui demeurait rue de la Charbonnière. (L3, note 156) Elle était fille de Geoffroy Chevrier, avocat au Parlement, et de Marguerite Colard, alliée aux premiers parlementaires de la ville, mais " plus riche en vertus qu'en biens temporels. Un revenu des plus modiques, une maison très petite, étroite et mal aérée, espèce de bouge : " voilà tout son patrimoine. Elle l'offrit néanmoins, avec sa personne, à la vénérable Mère Anne de Jésus, la suppliant de l'employer pour la nouvelle fondation. Admise au noviciat quelque temps après, elle y reçut le voile des mains de la fondatrice ; mais vers la fin de sa probation, la Communauté dut se convaincre que cette veuve, " d'un âge déjà avancé, ne pouvait ni se faire aux pratiques de la vie religieuse, ni quitter ses dévotions ordinaires. Son caractère et son humeur " s'accordaient mal avec la règle du Carmel et l'obéissance, et, malgré sa piété, on n'avait guère l'espoir de la voir changer ; aussi, les voix du Chapitre furent-elles contraires à sa réception. On tint cependant la chose secrète jusqu'à ce qu'on eût trouvé et un peu aménagé une autre maison, car le transfert s'imposait. Dès le 2 juin 1606, Henri IV avait accordé par brevet au Carmel de Dijon " J'église du Petit Val des Choux, avec tous ses bâtimens, enclos et jardins, pour en jouir après la mort du titulaire. " Opposition fut faite par le Grand Prieur qui sollicita le clergé d'obtenir la révocation du brevet royal ; la Chambre ecclésiastique, assemblée aux Etats de Bourgogne en septembre 1608, prit en effet le parti des opposants et délibéra que " les agens généraux du Clergé seroient priés d'assister l'Ordre du Val des Choux, pour empécher " que la donation aux Carmélites fût de fait réalisée. C'est alors, sans doute, que la Prieure, Louise de Jésus, se mit en quête d'un autre local; son choix se fixa sur un emplacement situé sur la paroisse Saint-Jean, appelé le Jardin d'Ogny, qui appartenait au président Jeannin. (Mémoire sur les Carmélites de Dijon, Bibliothèque publique de cette ville, Ms. 1616, fol. 173 seq.). Jeanne Chevrier, instruite de la décision prise à son égard, " n'avait encore pu se résoudre à prendre un habit séculier. " A peine s'aperçoit-elle que les Religieuses déménagent, sa douleur éclate ; elle proteste que si les Sœurs " ne l'emmènent de bon gré, elle saura bien les suivre de force. " La Communauté doit prendre le parti de sortir secrètement ; la veille, pendant la nuit, on emporte le costume religieux de la veuve et on le remplace par un autre, convenable à sa naissance. A son réveil, "piquée jusqu'au vif " de cette façon d'agir, elle va s'enfermer dans une chambre qui donne sur la rue et en garde la clef. En vain l'engage-t-on à sortir, ses clameurs sont entendues des voisins qui, croyant qu'on la maltraite, vont en avertir messieurs du Parlement. Ceux-ci envoient des députés au monastère ; " une multitude de peuple, dans une rumeur effroyable, " les suit. On demande la Prieure, alors, malade ; Sœur Thérèse de Jésus (Mercier) est chargée par elle de l'épineuse affaire. La veuve sort-elle par sa propre volonté, et qu'est-ce que la Communauté prétend en faire ? c'est ce qu'on veut savoir. La Carmélite répond que ses Sœurs sont disposées " à faire pour cette dame ce que permettent les Règles et Constitutions, mais rien de plus. " Les délégués, admirant " son esprit, sa prudence et sa fermeté, " rapportent aux magistrats la réponse reçue ; ils en sont frappés, mais persistent à vouloir entendre aussi Mme Chevrier qui refuse de paraître. " Elle s'était remise au lit, protestant qu'elle ne se relèverait pas, ni ne prendrait aucune nourriture. M. le Grand Prieur» dut aller lui-même l'interroger ; il " parvint à lui faire signer un acte par lequel elle reconnut n'avoir reçu aucun mauvais traitement des Religieuses et se déclara satisfaite de les voir« quitter sa maison. " (Chroniques de l'Ordre des Carmélites, Troyes, 1850, tome Ill, pp. 237-252 et 516.) En 1611, elle donna celle-ci, avec son modeste avoir, aux Dominicaines venues du monastère de Sainte-Praxède d'Avignon, qui s'y établirent le 1er décembre 1612. (Fyot, Hist. de l'eglise abbatiale de Saint Estienne de Dijon, 1696, Part. Ill, chap. I, pp. 226, 229, 230.) Jeanne Chevrier, disent les Chroniques citées, " finit sa vie dans la pratique des bonnes œuvres et avec les sentiments de piété dont elle avait toujours fait profession. "
[331] - Les Carmélites laissèrent la maison de Mme Chevrier en meilleur état qu'elles ne l'avaient reçue, " lui rendirent même le peu de bien, et plus qu'elle ne leur avait donné, " et en toute occasion lui témoignèrent leur reconnaissance. L'ex-novice proposa d'abord " d'adresser aux Supérieurs de l'Ordre un exposé de l'affaire, pour qu'ils prononçassent en connaissance de cause ; mais le Parlement rejeta " la proposition et décida que cette "affaire serait abandonnée. " Les Chroniques, auxquelles nous empruntons ces détails (pp. 251, 516), ne font aucune mention de l'intervention du saint Evêque de Genève.
[332] - Les Supérieurs ecclésiastiques du Carmel français étaient MM. de Bérulle, du Val et Gallemand. (L2, notes 165,198,138)
[333] - Saint François de Sales a laissé inachevée cette minute.
[334] - Sur le couvent des Cordeliers de Cluses, voir Op2, note 171. Quant à son Gardien, nous savons seulement qu'en 1612, après juin, il eut pour successeur dans sa charge le P. Anselme Marchand, intime ami de saint François de Sales.
[335] - Lorsqu'un Religieux voulait réclamer contre la validité de sa Profession, il devait le faire judiciairement dans les cinq ans qui suivaient l'émission des vœux. Passé ce laps de temps, la déclaration de nullité d'une Profession comportait, pour le sujet, sa restitutio in integrum adversus quinquennii lapsum.
[336] - Les Lettres apostoliques mentionnées dans notre texte et adressées à l'Official de l'évêché de Genève, donnent les détails suivants sur François Bochatton, " cadet ". Il avait treize ans seulement lorsque son frère aîné, voulant s'emparer de la part des biens paternels qui revenait à son cadet, contraignit celui-ci à entrer au couvent de Saint-François de Cluses, et même d'y prendre l'habit religieux, puis d'y faire profession dans sa quatorzième année ; il paya pour cela au Père Gardien la somme de cent cinquante florins. Mais le jeune profès ne put se faire aux austérités et aux devoirs imposés par la Règle ; après un an environ, par conséquent avant d'avoir accompli sa seizième année, il quitta la Maison et l'habit. Il reprit ensuite celui-ci, avec l'intention toutefois de ne pas ratifier sa profession, mais uniquement pour pouvoir, avec plus de facilité, être promu aux saints Ordres. Les ayant reçus, il porta toujours depuis lors le costume clérical et remplit " de façon digne d'éloges les fonctions de vicaire en diverses paroisses du diocèse." (R. E.) Le Dictionnaire du Clergé ne nous apprend pas où Rd Bochatton exerça le ministère.
[337] - Sur Jacques-Maurice Dumont. voir L3, note 438 ; Op1, note 182).
[338] - Voir L5, note 413, quelles étaient en 1612, les Maisons des Capucins dans le diocèse de Genève.
[339] - Note 152, pièce 27 ; L5, note 80.
[340] - Cette date est suggérée par celle d'une lettre adressée par le président Crépin à saint François de Sales le 8 mars 1613 ; pour écrire la présente minute. le Saint a rempli l'espace laissé par son correspondant entre la fin de la lettre et la signature. L'année ne paraît pas douteuse ; les deux quantièmes extrêmes sont proposés sous toute réserve et supposant que ces testimoniales furent données par le saint Evêque avant son départ pour Milan, 15 avril.
[341] - Les Récollets avaient été établis à Grenoble en 1605. (L7, note 794)
[342] - Déjà Capucin lorsque, le 12 juin 1604, il reçut le sous-diaconat des mains de l'Evêque de Genève (R. E.), le P. Maximien devint l'un de ses meilleurs auxiliaires pour le rétablissement de la religion catholique dans le bailliage de Gex. Le Saint avait une entière confiance en lui et lui soumettait tous ses projets pour combattre l'hérésie. Supérieur de l'hospice de Gex (L5, notes 307,413) lorsqu'il lui adressa cette pièce, recommandé à Paris par le bienheureux Prélat, le Capucin s'occupa avec beaucoup de zèle des. graves intérêts qu'il avait à défendre. Ses travaux furent bénis de Dieu et couronnés de succès. Dans trois lettres écrites en 1615 au P. François de Bugey, Commissaire général de la province de la Mission, il se loue de l'accueil qu'il a reçu de l'Assemblée, notamment des cardinaux, archevêques et évêques ; Mgr Frémyot, archevêque de Bourges, promet cent écus annuels pour l'entretien des Capucins de Gex. (Voir ces lettres à l'Appendice.) Le P. Maximien mourut à Moulins le 8 décembre 1640. (D'après les Annales Franciscaines, août 1888, pp. 759, 760.)
[343] - Les Etats de Bourgogne se tinrent à Dijon du 18 au 23 septembre 1614 ; les Etats généraux se réunirent le 27 du mois suivant. (L6, notes 538,525,649). Dans toutes les assemblées du Clergé, se trouvaient des réguliers comme députés, à l'exception des Capucins qui, " n'étant point bénéficiers, ne furent pas acceptés. Un seul, " cependant, " fut agréé aux Etats généraux: le Frère Maximilian de Moulins, Supérieur de la Mission établie à Gex pour la conversion des hérétiques ; l'Assemblée l'accepta par considération pour l'Evêque de Genève qui l'avait recommandé. " (Bourbon, Les Assemblées du Clergé sous l'ancien Régime, Paris, Bloud et CIe, 1907, p. 19)
[344] - Michel Favre, aumônier du Saint
[345] - Sainte Elisabeth de Hongrie fut la première à émettre les vœux solennels, sauf celui de clôture, en faisant profession dans le Tiers-Ordre de Saint-François. Après elle, d'autres personnes de l'un et l'autre sexe l'imitèrent et, avec l'autorisation des Souverains Pontifes, formèrent des Communautés religieuses. Il en existait déjà sous Nicolas IV (1288) et Clément V (1305) ; Sixte IV (1471) confirmant tous les privilèges accordés par ses prédécesseurs aux Tertiaires réguliers, déclara que leurs vœux étaient semblables à ceux des autres Religieux. Le Tiers Ordre n'a subi aucune réforme, sauf en France, où elle date de 1594. A quel couvent appartenait le P. André de Constance ? serait-il un protestant converti ? Il nous est impossible de répondre à ces questions, les recherches n'ayant pas abouti.
[346] - La paroisse de Cusy était alors desservie par un curé dont " la residence. " au dire du saint Evêque lui-même, était " plus nuysible aux brebis que l'absence." Voilà pourquoi, sans doute, le P. André de Constance était dispensé de lui demander son consentement pour l'exercice du ministère dans la localité.
[347] - Comme on l'a dit L7, note 856, Claude Boucard, retourné au calvinisme après l'avoir abjuré en 1608 (note 320), y renonça de nouveau pendant le Carême de 1617, entre les mains de saint François de Sales qui prêchait la station à Grenoble et l'y avait commencée le 10 février ; la seconde abjuration du malheureux apostat doit donc se placer entre cette date et la fin de mars. (Voir à l'Appendice le récit que lui-même a fait de sa conversion, et L7, p.250, la lettre qu'il écrivit au Saint le 4 octobre 1616.)
[348] - C'est sans doute par distraction que saint François de Sales a écrit : "ac alia ecclesiastica, censuras et poenas ", et plus bas " eidem ", au lieu d' " ibidem. "
[349] - Par sa lettre du 21 décembre 1615, Mgr Pierre-François Costa, Nonce à la cour de Turin, avait transmis les pouvoirs au saint Evêque. (L7, note 978)
[350] - Voir à l'Appendice les Memoires d'interrogats a faire au sieur Boucard, écrits par M. Michel Favre, aumônier du Saint.
[351] - Tous renseignements sur ce P. Gardien de Thonon font défaut.
[352] - En 1617, Michel Moccand, curé de Tourerg, est nommé quêteur pour l'Allemagne, et en 1620, c'est un certain M. Brigay, dont on n'indique ni le lieu d'origine ni la situation, qui obtient la même charge. Il est à présumer qu'un même quêteur parcourait la Belgique et l'Allemagne. (Note du R. Ch. Bourgeois, Prévôt de l'Hospice du Grand Saint-Bernard.) A défaut d'autres renseignements, nous proposons les deux dates, bien que, d'après l'écriture, il semble que cette pièce soit antérieure à 1620. Le texte latin est inédit; Migne n'a donné que sa traduction au tome VI, col. 1062.
[353] - Le chanoine Roland Viot avait succédé au Prévôt André Tillier (ou de Tillier), mort le 19 septembre 1611. (L7, note 645 ; L2, note 76)
[354] - Les mêmes pouvoirs lui avaient été onférés le 13 octobre 1615 (note345).
[355] - Novœ opiniones physicœ, seu tomus primus secundœ partis Summœ Philosophicœ Anneciensis ; Lugduni, sumptibus Johannis Pillehotte, MDCXIX. cum Privilegio Regis. (ln-8°). Sur le Père Baranzano, voir L8, notes 222,223)
[356] - Don Juste Guérin (L7, note 461) partit de Turin dans la seconde quinzaine de janvier 1618, et arriva à Rome vers le 14 février. (Voir L8, note 295 et les lettres adressées par saint François de Sales à son délégué pendant qu'il remplissait son mandat.)
[357] - Var.(a) "Michaeli Fabro, hujus diocesis presbitero, domestico nostro " - Cette variante est de la main de Mgr Jean-François de SaIes. Sans doute, le Saint la fit écrire par son frère et coadjuteur lorsque, en 1621, il délégua à Rome Michel Favre pour la visite ad limina. (Voir L10, note 78 et à la même page, la lettre dont il est destinataire.)
[358] - Allusion à la guerre entre la Savoie et l'Espagne pour la succession du Montferrat. Commencée en 1613, elle ne prit fin qu'avec le traité de paix de Pavie (9 octobre 1617), dont la dernière clause fut exécutée seulement le 10 juillet 1618. (Op2, note 236).
[359] - L'original est de la main de M. Michel Favre et signé par le Saint.
[360] - Les documents relatifs aux Dominicains d'Annecy conservés aux Archives départementales de la Haute-Savoie ne remontent qu'au XVIIIe siècle ; les recherches pour identifier le Frère Jacques Chappaz ont été infructueuses.
[361] - Frère Bernardin de Charpenne (L6, note 580)
[362] - Le 28 février 1624 Mgr Jean-François de Sales, requis à son tour de recommander le quêteur, écrivit au bas de la présente pièce : Prœsentes litteras commendatitias approbamus. - J. FRANCs, Eps Geben.
[363] - Le :2 novembre 1617, saint François de Sales avait donné au même Religieux une autorisation analogue. (Voir pièce 12, note 351)
[364] - De la main du signataire, Thomas de Meschatin La Faye, vicaire général de l'Archevêque de Lyon. (L7, note.535)
[365] - Au verso de ce fragment, saint François de Sales a écrit les notes pour un Sermon (S1, serm 46, non numérisé) placées, d'après l'écriture, entre 1598 et 1601. Les présentes lignes remontent sans doute à la même époque et plus probablement aux années 1597,1598, pendant lesquelles l'Apôtre fit d'assez longs séjours à Thonon, jusqu'à son départ pour Rome, fin octobre 1598. (Op1, note 259). L'année précédente il quitta la ville le :20 octobre, pour n'y retourner que le 10 avril suivant. Le destinataire de ces testimoniales est-il un prêtre ou un laïque ? Impossible de le dire, mais il est évident qu'il ne s'agit pas d'un nouveau converti. Au mois de mars 1597, Claude de Blonay, coseigneur de Saint-Paul (il n'était pas encore dans les Ordres), devait se rendre à Turin ; son voyage fut différé d'un mois, mais à cette occasion le Saint aurait pu lui remettre, pour la présenter au Nonce Riccardi, l'attestation dont il ne nous reste qu'un fragment. (L2, note 148 ; L1, lettres 89 et 92 du 16 mars et du 11 avril 1597 au Nonce.
[366] - L'Autographe de cette pièce devait être en latin comme les deux autres qui se rapportent à la même affaire et qu'on trouvera ci-après ; quelques tournures de phrase, et surtout le nom de Fabricar, pour Faverges, ne laissent aucun doute à ce sujet. A défaut du texte original, nous en donnons une .ancienne traduction dont nous maintenons l'orthographe.
[367] - Le chef des troupes espagnoles alors en Savoie, par les ordres de Philippe II, était Sancho de Luna et Roxas, commandeur de Villa-Escusa, fils d'Antoine de Luna et de Françoise Henriques de Roxas. Le 21 août 1602, il arrivait de Piémont à Aiguebelle, à la tête de quinze compagnies qui se dirigeaient vers Conflans pour en rejoindre huit autres et y attendre le reste du régiment demeuré à Carmagnole. " Bientost il se verra, " écrit Lesdiguières à Henri IV, " que deviendra toute ceste infanterie quy est logee a Conflans, a Roumilly et a Anissy. " (Lettre du 24 août 1602 ; Douglas et Roman, Actes et correspondance du connétable de Lesdiguières, Grenoble, 1878, tome I, pp. 571,431 et 432.) Les anciens Registres nous dépeignent le " maistre de camp de Sa Majesté Catholique " comme un homme violent, dur, exigeant, qui se vengeait des retards mis à payer les contributions pour l'entretien de ses troupes, en laissant impunis les excès de la soldatesque. A Annecy, où D. Sancho demeura jusqu'au 20 mai 1607, il eut même le titre de " gouverneur " et agit en conséquence, sans aucun égard pour les autorités de la ville ; à son départ, qui fut un vrai soulagement, on porta au duc de Savoie beaucoup de plaintes contre lui pour " injures, meubles non payés et autres dettes." (Reg. des Délibérations du Conseil de Ville, vol. 31, 20 mai 1607.) Le 13 juin 1609, le Nonce de Turin écrit au cardinal Borghese que " Don Sancio di Luna ", qui avait été en Savoie, est mort. (Archives Vaticanes, Borghese, Série II, vol. 291.) D'autre part, un personnage, du même nom, gouverneur du château de Milan et envoyé à la fin de janvier 1617 à Crevacore, assiégé par les troupes du prince de Piémont, aurait été tué le 31 du même mois, quand il approchait pour se rendre compte du camp. (Guichenon, Hist. généal. de la Maison de Savoie, Turin, 1778, tome II, p. 394.) Enfin, d'après Bellati (Serie dei governatori di Milano, Milan, 1776, note (24), p. 10), D. Sancho de Luna et Roxas vivait encore en 1618 et suppléait le gouverneur du Milanais, alors absent ; l'auteur ajoute qu'il partit pour l'Espagne au mois de juillet de cette année. La nouvelle donnée par le Nonce pouvait être un faux bruit ; quant au gouverneur du château de Milan, si Guichenon ne fait pas erreur, il faut croire que deux personnages du même nom se succédèrent dans la charge.
[368] - L'une des clauses du traité de paix de Lyon (17 janvier 1601) portait que le passage serait laissé libre aux espagnols pour entrer dans le comté de Bourgogne par le Pont de Gresin ; le duc de Savoie se l'était réservé dans ce but lorsqu'il céda au roi de France " les pays de Bresse, Bugey, Valromey et Gex, avec la rivière du Rhône depuis Genève jusqu'à Lyon. " La moitié de la grande armée espagnole, qui avait pris part à la guerre pour le marquisat de Saluces, " était destinée pour la Flandre, et l'autre pour une entreprise en Barbarie. Et parce qu'en hiver ils ne s'en pouvaient pas servir, " dit Guichenon (ouvrage cité, p. 354), " ils s'en firent honneur envers le duc et lui persuadaient que cette levée n'avait été faite que pour son service. " Dès le 4 juin 1601 on annonce que les " espagnolz allant en Flandre, doivent faire estape a Annecy ; " une lettre du souverain, datée du 27 mai, ordonne de leur fournir munitions et vivres. Les étapes sont : Conflans, Faverges, Annecy, Marlioz et Contamine, Confort et Ballon. (Reg. des Délib. du Conseil de Ville, vol. 28, 4 juin.) En octobre et novembre 1602, Annecy eut à supporter les troupes espagnoles destinées à la fameuse entreprise contre Genève, connue sous le nom d'Escalade ; on sait que l'issue de cette expédition futun désastre. Craignant une réaction armée de la République, d'Albigny, gouverneur de Savoie, forma un cordon de troupes dans la banlieue et yrappela la garnison espagnole répandue dans la vallée de Beaufort. Celle-ci et d'autres qui lui succédèrent étaient composées en grande partie de soldats mercenaires et indisciplinés ; à leur passage, ils " pillaient les voitures, les maisons, battaient et estropiaient les gens, attaquaient même les dépositaires de l'autorité qui voulaient ymettre ordre. " Pendant plus de six ans, les espagnols tinrent garnison à Annecy " en qualité d'amis et d'alliés ; " le Registre des Délibérations note la date de leur départ définitif : 28 janvier 1609. (Cf. Ducis, Annecy et les ducs de Genevois et de Nemours, Partie II, Annecy, 1883, passim.)
[369] - Le soldat qui avait cherché un refuge dans l'église de Faverges se nommait Antoine Garcia. (Voir ci-après, p. 213, la Sentence du 1er janvier 1603.)
[370] - Au bas de la copie du Mandement épiscopal, se trouve la déclaration suivante du vicaire de Faverges, qui devait être aussi en latin, comme la note ajoutée par lui au bas de la lettre de Carrillo au Saint, 22 décembre 1602. (Voir cette lettre à l'Appendice.) " L'année cy dessus et le vingtiesme décembre, jay (sic), Claude Excofferius. vicquaire de Fabricard, certiffie et atteste avoir signiffié ces présentes audict officier des soldats du Roy Catolique etans presentement a Fabricard en quartier d'hyver, lequel m'en a demandé copie. Ce qu'ayant fait, ils ont pris le dit soldat et l'ont fait sortir par violance, et l'ont tiré hors de l'eglise, et aussitost l'ont mis dans leur corps de garde en prison, en présence des dénommés cy apres : Aymarus, La Motte et François de Glerod, tesmoins. - EXCOFFERIUS. " Le signataire, né à Faverges et tonsuré le 17 décembre 1575, était peut-être fils de ce Claude Excoffier, du même mandement, que Bernard Massot." roy des merciers et portier de Charlotte d'Orleans, duchesse de Nemours, depute " le 8 mars 1544, " mercier et marchiand en toute mercerie et marchandise, " lui donnant " plain pouvoir de lever et maintenir buttique par luy et les siens. " (Bru chet, Invent. somm. des Archiv. dép. de la Hte-Savoie, p. 147, E 429.) Le 1er décembre 1587 notre ecclésiastique devient recteur d'une chapelle de l'église de Faverges, et le 14, d'une autre de l'hôpital de la même localité ;en 1593, il résigne une chapellenie d'Ugines, et le 6 juin 1595 il obtient celle de la Sainte Vierge à Combes, paroisse de Seythenex. Claude Excoffier mourut au mois de mars 1606. (R. E.)
[371] - Le lendemain, Antoine Carrillo, auditeur des troupes espagnoles demeurant dans la région, répondit au saint Evêque une lettre qu'on trouvera à l'Appendice. Quelques heures auparavant, il lui en avait envoyé une autre par exprès, en laquelle il donnait les raisons, très justes à son avis, qui l'avaient contraint à arracher de l'église le coupable. Cette première lettre ne nous est pas parvenue ; la seconde est écrite au verso du présent Mandement.
[372] - La signature a été coupée; nous la rétablissons telle qu'elle se trouve dans les documents de cette époque, c'est-à-dire, avec le nom De Sales, qui ne paraîtra plus dans la suite.
[373] - Dans le Registre 1602-1607 de l'ancien Evêché de Genève, cette pièce porte la date du 1er janvier, sans indication de l'année ; mais elle est évidemment de 1603. Dans ce Registre, il y a quelques variantes du texte : celles-ci sont-elles imputables au greffier, ou représentent-elles la leçon définitive d'après des modifications faites par le Saint lui-même ?
[374] - Var : Antonius [Le prénom de Carrillo était, en effet, Antoine]
[375] - Tous renseignements sur don Antoine Carrillo font défaut.
[376] - [Date et signature sont ajoutées à notre texte d'après le Registre d'où sont tirées les variantes. Voir la note 373]
[377] - Ces testimoniales sont écrites au verso d'une pièce du mois de septembre 1603, qu'on trouvera dans la cinquième Série des Opuscules, parmi les documents relatifs à la Sainte-Maison de Thonon. Lorsque saint François de Sales la rédigea, il était à Thonon ; ce n'est pas invraisemblable de penser que la pauvre transfuge de Genève, qu'il n'a pas été possible d'identifier, l'y rencontra et qu'elle en obtint le précieux témoignage qu'on va lire. L'apparence de l'Autographe ne permet pas de lui assigner une date antérieure à celle que nous proposons, ni l'écriture, de le reculer au-delà de 1604.
[378] - [En tête du texte, saint François de Sales a écrit cette note :] " Martha. Squegia Coragiosa ; 2 filz et 4 ftlle " (sic).
[379] - Antoine Mugnier et Jeanne de Vimouz, sa femme, ne figurent pas dans l'Armorial de Savoie, et les Registres du Châtelard-en-Bauges sont de beaucoup postérieurs à la date de cet acte.
[380] - Le curé de Rumilly était Jean Viret. (notes 248,250)
[381] - Fils de Louis de Mareste, seigneur de Montaigre, et de Victoire de Mornieu. Il n'eut pas d'enfants mâ1es de Georgette Blanc, qu'il laissa veuve à une date inconnue des éditeurs de l'Armorial et Nobiliaire de Savoie.
[382] - Migne qui, le premier, a publié cette pièce au tome VI, col. 1102, a écrit Blaud ; mais, d'après l'Armorial, il faut lire Blanc. Cette Georgette Blanc, serait-elle fille de Jacques Blanc, notaire ? Nous indiquons à tout hasard cette filiation, sans prétendre rien affirmer.
[383] - Sur Louis Galley, voir note 249. Cet ecclésiastique, en transcrivant la " Commission " dans le Registre paroissial, affirmait qu'elle était écrite et signée pax son Evêque : " Ainsy je certifie, " ajoute-t-il, "l'avoir tiré comme dessus de son original levé de ma propre main, ce douziesme aoust mil six cens et six. Et au dessus et dos de laquelle permisse il y a comme s'ensuit : R. D. ecclesiœ parrochialis " etc.; il donne en entier l'adresse telle que nous la reproduisons ici.
[384] - Recteur d'une chapelle de l'église Notre-Dame d'Annecy (28 avril 1594), Rd Guillaume Josserand devient titulaire de celle de Saint-Antoine en l'église Saint-Maurice le 7 août 1607, sur la présentation du Chapitre de Notre-Dame et de la Ville. L'une des raisons qui motivèrent de la part de celle-ci la nomination du candidat à ce bénéfice, fut qu'il était depuis " si long temps dans l'administration de l'hospital. " A la mort de François Bouchard, prêtre d'honneur de la collégiale (2 avril 1612), la Ville nomme, voire " institue " M. Josserand pour lui succéder ; c'était usurper les droits de l'Evêque, à qui seul appartenait l' " institution ". Saint François de Sales réclama sans doute, car lorsqu'il s'agit, quatre ans plus tard, de donner un remplaçant à notre ecclésiastique, on se borna à le présenter au "Reverendissime ", avec prière de l'instituer. Au mois d'octobre. 1615, une stalle de chanoine étant vacante à la collégiale, les syndics et le Conseil veulent l'attribuer à M. Josserand et la lui promettent, mais le Chapitre la lui refuse, au grand mécontentement des présentateurs. Il ne l'aurait, d'ailleurs, pas gardée longtemps, car " le premier jour de febvrier 1616 " fut inhumé " a Nostre Dame, Rd Mre Guillaume Josserand, prebstre d'honneur en ladicte eglise et recteur de l'hospital des pauvres de ladicte cité. " (R. E. ; Reg. des Délib. Du Conseil de Ville, vol. 33, et Reg. paroissiaux, Sépultures.)
[385] - Sans doute le " patticier " qui, en 1608, fournissait pas mal de pâtés à M. de Charmoisy ; il signe ainsi une quittance : " Jaqus Truitta ". (Archives de la Visitation d'Annecy, Collection Vuÿ.) Il figure, avec le nom de Truitard et le qualificatif de " patticier ", dans le Registre des sépultures, à l'occasion de la mort de Guillermine et de François, ses enfants, 10 octobre 1609 et 28 décembre 1611. Le nom de la mère ne s'y trouve pas.
[386] - L'opposante était fille de Michaud de Bieux, des environs de Cluses, et de Françoise du Clos; avant 1623, elle épousa Annibal de Boëge, seigneur de Chedal. Avec sa sœur Louise, elle fit en 1623 une vente à Antoine d'Arnidoux, oncle maternel de la fiancée de M. Grandat.
[387] - Fille de Claude de Bellegarde, coseigneur de Magland, et de Françoise d'Amidoux. Déjà le 9 décembre de l'année précédente, le contrat dotal avait été passé avec le notaire Antoine Grandat, châtelain de Cluses de 1606 à 1609.
[388] - Jean Favre (L2, note 325
[389] - Claude de Bellegarde, nommé à la note 387, s'était marié le 17 janvier 1583 ; il n'eut que trois enfants: Claude qui continua la descendance, Louis qui fut Religieux, et Louise.
[390] - De la main du Saint.
[391] - La Vie du B. Sainct Bernard de Menton en Savoye, tiree de divers auteurs, particulierement du devot seigneur messire Richard de la Val d'Isere, successeur de Sainct Bernard en l'archidiaconat. Par Nicolas Farnex, bourgeoy de Bonne et de Tonon, dediee a tres haut et tres illustre Prince Victor Amedee de Savoye, Prince de Piemont, etc. Imprimé a Thonon, par Marc de la Rue, imprimeur ordinaire de la Saincte Maison Nostre Dame de Compassion, MDCXII. (Petit in-I2, de 94 pp.). Dès le commencement du XVIIe siècle, la famille de Farnex ou Fernex jouissait de la bourgeoisie de Thonon. Nicolas était notaire et s'occupait des affaires des Religieux du Mont-Joux (Grand Saint-Bernard); dans un document du 20 octobre 1610, le Prévôt André Tillier l'appelle " nostre agent et commissaire de ladicte Prevosté. " (Archives du château de Menthon.) Il se maria avant 1610 avec noble Du. Péronne Tournier.
[392] - La filiation de Jeanne de Gavens n'a pu être découverte par les savants éditeurs de l'Armorial de Savoie ; ils nous apprennent seulement qu'au mois de mars 1628, la femme de " noble Jacques Chaussat, de Bourg-en-Bresse, plaidait contre Jean-Jacques Gavens. " (L7, note 26). Le mari de Jeanne serait-il un Chossat de Montburon ou un Chossat de Montessuy ?
[393] - L'Autographe est coupé ici.
[394] - Guy et Christophe de Rabutin, baron de Chantal (L3, note 443 ; L2, note 373).
[395] - La présidente Liotard était Marguerite du Solier (L8, note 547)
[396] - Le contrat de mariage de " damoyselle Jeanne Fremyot " avec " messire Christophe de Rabutin " fut passé à Bourbilly le 28 décembre 1592.
[397] - Ce projet de mariage, auquel saint François de Sales s'était si paternellement intéressé, échoua, comme on l'a vu L8, note 493. Celse-Bénigne de Rabutin-Chantal devait épouser six ans plus tard Marie de Coulanges. (L2, note 347).
[398] - Très probablement Henri de Saint-André, seigneur de Cervières en Dauphiné. (L5, note 330)
[399] - L4, note 465 ; L8, note 571 ; Op1, note 181, où nous avons rectifié la note de L8..
[400] - Cette pièce est écrite par M. Michel Favre et signée par le saint Evêque.
[401] - Il a été impossible d'identifier ce personnage pour lequel de nombreuses recherches n'ont donné aucun résultat.
[402] - Henri de Gondi (L8, note 874).
[403] - Depuis la fin de juin 1614 jusque vers la fin d'août 1616. (L6, note 456 ; L7, note 699)
[404] - François de Bernard de Foras, né le 27 mai 1556, écuyer, seigneur de Foras, Bernières, etc., gentilhomme de M. le duc de Nemours ; nommé par le Roi, sur la présentation du duc, pour les gouvernements des villes et château de Nogent-sur-Seine et Pont-sur-Seine. Le 26 septembre et le 22 octobre 1613, il prêta serment entre les mains du garde des sceaux de Montholon. Par contrat du 15 janvier 1588, il épousa Valentine, fille de Guillaume de Baillion et de Marie Séguier, qui le laissa veuf le 25 décembre 1602 ; elle n'était âgée que de trente-quatre ans. Elle fut inhumée dans la chapelle Saint-Crespin, en l'église Saint-Laurent, de Nogent-sur-Seine. François de Bernard de Foras vivait encore le 6 avril 1614. (Bibl. Nationale, Dossiers bleus 88; Cherin 23 ; Archiv. Nat.. 4, 716.)
[405] - Hérissant. qui a publié pour la première fois ces testimoniales, a mis ici des points de suspension. Les mots que nous rétablissons d'après Migne et la formule ordinaire employée par saint François de Sales, avaient sans doute disparu de l'Autographe par suite de l'usure du papier.
[406] - Quand l'Autographe de cette Requête fut communiqué à l'éditeur des Opuscules et Lettres de S. François de Sales (Paris, Hérissant, 1767), il était joint à la lettre du 6 novembre 1614 au duc de Nemours (L6, note 619) ; ce qui fit croire que la présente pièce datait de la même année. C'est une erreur ; la mention du " feu sieur Berthelot ", assassiné le 3 septembre 1615, et du " feu sieur de Charmoysi ", mort le 28 octobre 1618, le prouve. De plus, dans une lettre du 28 mai 1619, écrite de Paris à Mme de Charmoisy, saint François de Sales dit : " Pour Villy, je croy que nous obtiendrons ce que nous demandons ; " et il ajoute en post-scriptum : " Je n'oublie point le desir de M. de Vallon... et m'essayeray de le faire reuscir ; mais j'attens l'occasion plus propre. " (L8, notes 903,906). Ici et là, il s'agit évidemment des mêmes faveurs qui, accordées lorsque le Saint rédigea sa Requête au prince, ne l'étaient pas encore quand il écrivait à sa cousine en 1619 ; notre pièce est donc postérieure à cette année. Il faut sans doute la rapprocher de la lettre du 11 avril 1620 à la duchesse de Nemours, en laquelle le saint Evêque renouvelle ses instances et demande qu'on expédie les " depesches " puisque les grâces qu'il implorait lui ont été octroyées. (L9, note 415). On verra dans le document suivant, qu'il recommande les mêmes affaires à M. de la Pierre ; or, celui-ci, se rendant à Paris, dut passer à Grenoble vers la fin de mars, comme l'indique une lettre datée de cette ville et envoyée par M. Le Poyvre à Henri de Nemours le 6 avril 1620 : " Par cette lettre. cy, " dit-il, " Vostre Grandeur sçaura ce que j'ay fait depuis la derniere que je luy ay escritte par M. de la, Pierre." (Bibl. Nat., fr. 3809, fol. ro6.) Très probablement, saint François de Sales employa ce même porteur pour faire parvenir au duc sa Requête.
[407] - Le " sieur de Charmoysi " est Henri, fils de Claude Vidomne de Chaumont, seigneur de Channoisy. (L9, note 209 ; L2, note 239 ; L4, note 250). - Pour l'affaire de Villy, voir L8, note 903).
[408] - Henri de Nemours lui-même.
[409]-Voir L6, note 237,238,239, la lettre du Saint-à Jacques de Gex, seigneur de Vallon, touchant "le razement " de ses armoiries.
[410] - Pierre Berthelot, favori du prince (L5, note 613).
[411] - Aimée-Philiberte et Françoise, filles de Henri de Cerisier (L9, note 418). Celui-ci était " des seigneurs de Comillon et Marthod d'Ugines, " et c'est en sa maison d'Ugines que son contrat de mariage avait été passé. (Mss. Besson, tome l, p. 133.}
[412] - Ces oncles des orphelines, Antoine et Emmanuel de Cerisier, furent, au dire de Besson (Ms. cité, p. 245), " tous deux absents du pays. " Dans son testament, Claudine de Menthon, leur grand'mère, les avait substitués avec leur frère Henri à son fils Antoine, père des trois jeunes gens. S'il faut en croire le même généalogiste, " ledit Henri " aurait été " chevalier de Malthe " et serait mort " captif en Afrique en 1620 " (ibid., p. 133) ; mais c'est là une double erreur. La profession dans l'Ordre Hiérosolymitain interdisait le mariage au gentilhomme ; pour ce qui est de son décès, la date des secondes noces de sa veuve (17 septembre 1619} et la présente Requête prouvent qu'il dut arriver même avant 1619. Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. IX, p. 543) raconte que notre Saint ayant su " qu'un chevallier de l'Ordre de Malte, de la maison de Ceresier, avoit esté pris par les Turcs, il presenta promptement et volontairement à son frere toute sa vaisselle d'argent, à fin qu'il eust dequoy le rachepter plus facilement ; et l'eust infalliblement baillée si presque à mesme temps la nouvelle ne fust venue que ce chevallier avoit changé ceste vie à une meilleure. " L'historien place ce fait entre Pâque et Pentecôte de l'année 1620, soit entre le 19 avril et le 7 juin. Sainte Jeanne de Chantal et Georges Rolland, qui le relatent dans leurs dépositions (Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 27), ne disent pas que l'offre de la vaisselle fut faite par le Bienheureux au frère du captif ; mais si le récit de Charles-Auguste est exact, il faut admettre que, peu après avoir écrit sa Requête au duc de Nemours, le saint Evêque apprit que l'un des oncles dont il parle vivait encore. Est-ce Antoine, ou Emmanuel ? Nous n'avons pu le découvrir.
[413] - Lors de son séjour à Paris, fin 1618-1619.
[414] - Le destinataire est-il François de Macognin, seigneur de la Pierre, à qui une note a été consacrée (L8, note 73 ; L9, notes 920,960) Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey (Partie III, p. 99), le dit "escuyer" , sans indiquer, toutefois, s'il était au service de Henri de Nemours ou du duc de Savoie. En 1611, un " sieur de la Pierre, mareschal des logis du sieur de Montarey, " ne témoignait pas " d'avoir grande affection de continuer longtemps» à servir Charles-Emmanuel ; aussi, le président Favre proposait-il à Son Altesse de le congédier avec la plupart des autres soldats qui partageaient ses sentiments. (Mugnier, Hist. et Correspondance du Président Favre, tome II, Paris, Champion, 1903, p. 416.) S'agit-il ici du même personnage ? (Voir ci-dessus, note 406) Les nombreuses recherches faites pour résoudre la question n'ont donné aucun résultat.
[415] - Louise du Chastel, veuve de Claude, seigneur de Charmoisy (L3, note 231). Le Saint a laissé cette pièce inachevée.
[416] - Voir L9, note 916, la lettre de saint François de Sales à M. Berchat, curé de Notre-Dame du Chastel.
[417] - De la main du Saint.
[418] - C'était Claude Favre, dont on trouve déjà la signature comme procureur fiscal le 20 février 1618. " Je suis né, " dit-il dans sa déposition latine, au 1er Procès de Genève (ad 2um interrog.), " dans le bourg de Villeneuve, dont le nom est Grand-Bornand ; je suis citoyen d'Annecy, âgé de quarante-trois ans, fils de François Favre, notaire, et de noble Amédée Marchand; chanoine de Saint Pierre de Genève et recteur de Saint-Laurent. " Diacre le 20 décembre 1608, docteur en théologie, curé de Saint-Sigismond le 4 novembre 1611 , il permute le 16 février 1619 avec un canonicat à la collégiale de Sallanches. Dès le 26 avril 1612, il avait obtenu la cure du Grand-Bornand, qu'il échangea contre une chapelle à Bonvillard (Maurienne) le 2 décembre 1626 ; le 24 avril 1641 il résigna la cure de Saint-Laurent, dont il était titulaire depuis le 13 décembre 1630, et mourut en novembre 1651, "après avoir été official substitué de Mgr Jean-François de Sales et vicaire général et official de son successeur, D. Juste Guérin. (R. E., et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 326.) Notons que Rd Claude Favre ne posséda la plupart des cures qui lui furent attribuées qu'à titre de bénéfice, sans y exercer le ministère paroissial ; les Registres du Conseil d'Annecy, nous apprennent en effet que lui et ses frères François et Antoine demandent en 1618, puis le 18 août 1621, " une attestation d'avoir esté en villedespuis 1616. "
[419] - La sentence suivante est écrite par le saint Evêque.
[420] - Ce curé était alors Amédée Berchat (L9, note 916). Lors de la visite pastorale faite le 26 juillet 1606, Rd Pierre Breysaz ou Braisaz remplissait les fonctions de vicaire ; nous ignorons s'il les exerçait encore en 1621. Originaire du diocèse de Tarentaise et né à Hauteluce, il avait été ordonné prêtre en septembre 1599. (Mgr Rebord, ouvrage cité, p. 115, et Visites Pastorales, etc., tome II, p. 219.)
[421] - Sans doute Pierre-François (L6, note 550)
[422] - Ils dataient du 27 mai, comme l'indique un fragment de minutes du notaire Penlouz, conservé aux Archives départementales de la Haute-Savoie (E 604) : " Mariage entre spectable Humbert Guyrod,... et Antonie, fille de feu noble Amé Guyrod. " Les parents de l'époux ne sont pas nommés dans la pièce que nous citons : seraient-ils " Philibert Guirod et Pernette Comtat ", dont un enfant fut baptisé à La Roche, avec le nom d'Humbert, le 7 février 1597 ? (Reg. par. de La Roche.) Notre avocat au Conseil de Genevois mourut subitement à Annecy-le-Vieux le 15 mars 1626 ; d'après Mugnier (L'Etat civil de Rumilly-l'Albanais, Chambéry, 1899, p. 165), il était alors âgé de trente quatre ans. C'est ce qui nous fait hésiter à l'identifier avec le fils de Philibert, né en 1597, qui n'aurait eu que vingt-neuf ans en 1626. - Si, malgré les oppositions, le mariage fut célébré, Antonie Guyrod passa ensuite à de secondes noces ; elle épousa noble Claude Arpeaud, conseiller de Son Altesse, maître auditeur en la Chambre des Comptes de Genevois, qui la laissa veuve avant le 27 août 1671. (Archiv. du Sénat de Savoie.)
[423] - Nicolas Garnier, simple clerc lorsqu'il obtint la cure de Montagny le 29 octobre 1596, fut institué curé de Chapéry le 14 avril 1606, étant alors professeur au collège d'Annecy. Le 23 octobre 1617, à l'ouverture des basses classes, M. Garnier, chanoine de Notre-Dame, est élu professeur des humanités (Acta Collegii, Archiv. comm. d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisien) ; il permute Chapéry contre Saint-Eustache et La Chapelle Blanche son annexe, le 1er octobre 1620, puis les échange contre une chapellenie le 9 juillet 1622 ; il était alors sacristain de Notre-Dame. En qualité de recteur de l'église paroissiale de Saint-Maurice, le chanoine Garnier consigna dans le Registre des décès, la mort, la translation et l'inhumation de saint François de Sales. (Mgr Rebord. Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 368.)
[424] - La veuve de noble Amé Guyrod, seigneur de La Motte, en Genevois, se nommait Anne-Michelle ; elle était fille de Claudine Vectier et " d'honorable Jean Puthod, bourgeois de Rumilly, " qui reçut des patentes de noblesse en 1584.
[425] - Les recherches faites pour identifier ce " noble Claude Estienne de Thyolla " ont échoué.
[426] - Le 14 juin, Marin, sergent, déclare " havoir adjourné Me Guillaume Pilliod... a comparoyr sommayrement pardevant le sieur Decombaz, a ce commis, a ce jourdhuy, a trois heures appres midy, pour respondre sur les fins de ladite requeste. " Un Guillaume Pilliod, neveu de Germain Pilliod, second valet de chambre du saint Evêque (Op1, note 149), est mentionné avec Guicharde sa sœur dans la délibération du Conseil de Ville du 12 janvier 1621 ; leur maison, située rue Filaterie et propriété de leur oncle, venait de tomber en ruines et leurs voisins portaient plaintes contre eux. Est-ce ce Guillaume qui faisait, au nom de noble de Thiollaz, opposition au mariage des Guyrod ? On ne saurait l'affirmer, vu qu'à la même époque il y avait aussi des Pilliod à La Roche.
[427] - M. Philibert Roget (L1, note 230 ; L6, note 838).
[428] - Les deux décrets qui suivent sont de la main du Saint ; le troisième est écrit par le commis du greffier épiscopal, Georges Besson ou Bessonis (voir ci dessus, note 230)
[429] - Le chanoine Pierre-François, déjà nommé dans la pièce précédente.
[430] - Etienne de la Combe (Op1, note 181).
[431] - Ce mot et celui que nous laissons en blanc ont disparu dans une déchirure.
[432] - Deux mots illisibles.
[433] - Suit l'exploit du sergent dont nous avons cité une phrase à la note 426 ; le reste n'a pas d'intérêt.
[434] - " Jem'appelle Claude, fils de feu Mr. Claude Chaffarod, de la paroesse de Faverges, province de Genevois, diocese de Genefve. Jesuis aagé d'environ quarante cinq ans ; je suis docteur iuris utriusque, advocat au souverain Senat de Savoye et Conseil de Genevois, bourgeois et habitant d'Annessy, et ma mere s'appelloit Jeanne du Mont. " Ainsi répond le mari de Jeanne Berger, déposant au 1er Procès de Canonisation de son Evêque, le 23 juillet 1632 (ad 2um interrog.). De 1604 à 1610, il avait fait ses "estudes de grande mere (sic), humanitez, rhetorique et philosophie au college d'Annessy ; " où le Bienheureux " se treuvoit des la mattinee " pour assister " es actions publiques, disputes, representations d'istoire (sic) et aultres exercices, pour donner courage a la jeunesse, et notamment aux disputes publiques de philosophie a la fin des cours. Jel'ay veu souvent disputer luy mesme, " ajoute le témoin. En 1610, celui-ci alla étudier le Droit à l'Université de Toulouse, où il demeura " de huict a nœufz ans" (cf. préfaces IVD et TAD) ; à la rentrée du Sénat de Savoie, 14 novembre 1619, Chaffarod figure parmi les nouveaux avocats, et il devient bourgeois d'Annecy le 30 mai 1620. Il vivait encore en novembre 1641. (Mugnier, Les Registres des entrées à l'audience du Sénat de Savoie, Chambéry, 1898, Ire Partie, p. 97, et Ild. Partie, p. 16; Reg. des Délib. du Conseil de Ville d'Annecy, vol. 34.). La déposition de Claude Chaffarod est pleine d'intérét ; il a " tous jours ouy parler de ce grand Serviteur de Dieu non seullement comme d'un homme parfaict, mais comme d'un homme tout du Ciel. Toutes heures, " dit-il, " luy estoient esgallement bonnes pour les employer a la charité, au choix d'aultruy." Le déposant semble avoir surtout admiré la condescendance du saint Prélat, qu'il appelle " pere " de cette vertu, " moins pratiquee jusqu'au temps ou ce grand homme de Dieu l'a faict vivre, revivre et, pour luy donner vogue, l'a excellemment pratiquee " lui-même. (Ad art. 26, 27.) - Sur Jeanne Berger, nous n'avons rien pu apprendre. Plusieurs familles de ce nom existaient dans le Viennois au XVIIe siècle ; une autre, dont les membres devinrent plus tard seigneurs de Cerisier, demeurait dans la paroisse de Saint Genis, frontière de Savoie et Dauphiné. L'Armorial, dans quelques fragments de généalogie de celle-ci (tome 1, pp. 182, 183), mentionne François de Berger ou Bergier, mort avant 1620, qui, " peut-être, avait épousé Gasparde de Bienvenu " : seraient-ils les parents de Mme Chaffarod, ou bien cette dernière aurait elle eu pour père, Guignes, frère du susdit François et dont on ignore l'alliance ? Ce ne sont là que des conjectures.
[435] - Saint François de Sales rédigea sans doute lui-même cette pièce; pour cette raison, nous substituons son orthographe à celle du greffier de l'évêché qui transcrivit le document dans le Registre de 1622-1627.
[436] - Cet ecclésiastique, né à Desingy et déjà " prêtre d'honneur " de la Collégiale à son sous-diaconat, 19 février 1622, avait reçu l'ordination sacerdotale le 26 mars. Curé d'Héry-sur-Ugine (23 avril 1627-avril 1633), chanoine de Notre-Dame, où il fit des fondations pieuses, ainsi qu'en l'église de sa paroisse natale, M.de la Place (ou Laplace) mourut le 7 Janvier 1671. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II. p. 470.)
[437] -La Bulle portant dispense était du 7 octobre 1619. Au sujet de ce mariage et de sa célébration, voir L9, notes 148,149,262.
[438] - De ces Statuts, qui furent sans doute écrits en latin, nous n'avons que le texte publié par Charles-Auguste de Sales en 1634, dans la Vie de son saint oncle (lib. VII, pp. 304-306) ; le biographe en donna ensuite une traduction dans l'édition française de son ouvrage, parue la même année (liv. VII, pp. 368, 369). Cette traduction est reproduite au bas de notre texte ; on eût pu en présenter une plus exacte, mais les éditeurs ont estimé qu'il y aurait quelque intérêt à conserver celle de l'historien. - On sait que l'Académie Florimontane fut l'œuvre commune de François de Sales et d'Antoine Favre; suivant la remarque très juste de M. Gaston Letonnelier (Notice sur l'Académie Florimontane, fondée à Annecy par saint François de Sales et le Président Antoine Favre, Annecy, Abry, 1915, p. 34). elle " doit être considérée comme le fruit de l'amitié spirituelle qui unissait l'Evêque et le jurisconsulte ; ses Statuts sont le résultat de leur intime collaboration. " Dans son intéressante étude, l'ex-Archiviste de la Haute-Savoie (aujourd'hui Archiviste de l'Isère) a recherché avec soin la part qui revient à chacun des fondateurs ; d'ingénieux rapprochements entre les Statuts et divers écrits du Saint l'ont amené à conclure qu'une bonne partie des premiers est comme. le pendant des maximes salésiennes, " et que " la morale, la doctrine et l'esprit de l'Evêque " de Genève s'y " manifestent presque à chaque ligne. " (Pages 29-33.) Cette conclusion nous parait incontestable. - Quelle fut la part du président Favre ? Avec l'auteur cité, nous croyons qu'il faut lui attribuer la rédaction latine des Statuts. Leur caractère archaïque frappe à la première lecture et l'on n'y retrouve nullement le style de saint François de Sales. Par contre, l'on n'est point surpris qu'un magistrat aussi versé dans le Droit romain que l'était Antoine Favre, ait employé pour écrire les règlements d'une compagnie savante, la langue des anciennes lois romaines; il affectionnait d'ailleurs les formes archaïques, comme on peut le voir dans ses lettres et autres pièces latines sorties de sa plume. Le saint Evêque dut donc charger son ami de rédiger les Statuts ; en lui donnant cette nouvelle preuve de confiance, il s'en rapportait aussi " à son expérience d'académicien, " car " Favre avait déjà fait partie à Turin de l'Académie Papinienne qui présente. avec l'Académie FIorimontane une curieuse analogie." (Notice citée, pp. 20, 33, 34, et voir le chapitre IV.) - Nous avons dit L4, note 60, que l'Académie annécienne fut fondée dans l'hiver de 1606-1607 ; il n'est cependant pas invraisemblable de préciser davantage, et de placer en novembre-décembre 1606 l'élaboration et la rédaction des Statuts avec l'établissement du programme, et l'ouverture des séances en janvier 1607. (Cf. Letonnelier, pp. 44,45.) - Le titre : Constitutiones Academiœ Florimontanœ, etc., est donné par Charles-Auguste à la sixième page de l'Index des documents qu'il a mis à la fin de la Vie du Saint ; dans la Table des Preuves de la version française, les Constitutions de l'Academie Florimontaine sont indiquées sous le n° 23.
[439] - Une lettre de Claude de Quoex, collatéral au Conseil de Genevois (L2, note 95), écrite à saint François de Sales le 20 décembre 1608, nous fournit un exemple de ces noms académiques :"…….il me suffira, " lui dit-il, " les admirer seulement (vos actions), puis qu'aussy bien je porte le nom académique : Admirant. " (Archives de la Visitation d'Annecy; voir dans la Notice déjà citée, p. 12, le texte complet de cette lettre et le fac-similé qui l'accompagne.). - Les Statuts de l'Académie ne font aucune mention de sa devise ni de son emblème, mais Charles-Auguste nous en a gardé le souvenir : un oranger, avec ces mots : Flores fructusque perennes. (Ubi supra, p. 304.) L'un et l'autre sont assurément de l'inspiration de notre Saint qui aimait la comparaison de cet arbre, " presque toute l'annee " chargé " de fruitz, de fleurs et de feuilles tout ensemble. " (Lettre à la baronne de Chantal, 3 mai 1604, L2, note 290 ; S4, p.401)
[440] - Henri de Savoie, duc de Nemours, fut prié de " vouloir prendre le tiltre de Prince et protecteur ; " mais comme il ne résidait pas à Annecy, " le bien-heureux François, " après avoir donné " commencement à l'Académie par une tres belle harangue, des lors tint la place du Prince. " (Charles-Auguste, ubi supra, pp. 367 et 369.)
[441] - Les " Assesseurs furent : François de Sales,... pour ce qui regarderait la philosophie et theologie, et Antoine Favre pour ce qui regarderait la jurisprudence, et tous deux ensemble indifferemment pour les sciences et lettres humaines. " (Ibid., p. 367.)
[442] - Sur ce Collège et son fondateur, voir L4, note 446..
[443] - On lit dans les Registres du Conseil d'Annecy, sous la date du 21 septembre 1617 : " Thomas Jean, long temps procureur de Ville au Conseil de Genevois, mort des quelques jours. " Il avait rempli cet office depuis le 1er mai 1600, après avoir été auditeur au même Conseil (11 janvier 1596) et son procureur. Très zélé pour la tranquillité et le bon ordre, il déclare, avant les élections du 23 avril et du 1er mai 1609, " qu'il faut eslire scindics pour la republique, le College, l'hospital. Depuis le despart des espagnolz, " ajoute-t-il (note 368), " on n'a fait que de danser et commettre plusieurs insolences, dont advis a esté donné au Prince par estrangers passant. Si on ne se quiete pas, garnison plus forte que l'ancienne sera imposee. " Notre procureur fut sépulturé à Saint-François, le 5 septembre 1617. (note 173).
[444]- Ces administrateurs étaient : François de Menthon-Lornay, doyen de Notre-Dame ; le Prieur de Saint-Dominique, Frère Bernardin de Charpenne ; Antoine de Boëge, seigneur de Conflans ; Jean-Baptiste Garbillon et Aimé Curlet, syndics d'Annecy. (L6, note 545).
[445] - A la fin du contrat mentionné, nous lisons : " Et moy, Antoine Vassal, notaire ducal et secretaire ordinaire de la susdite ville et cité d'Annessy, comme aussy dudict College. " Celui-ci lui donnait " annuellement trente florins pour son gaige ; moyennant ce, " il était " tenu recevoir et expedicr tous contractz en sa faveur, sans espoir d'aulcun aultre emolument ny sallairc. " (Archiv. commun. d'Annecy, Série GG, Fonds du Collège Chappuisien.) Secrétaire de la Ville depuis 1586, Vassal paraît infatigable à inscrire dans les Registres du Conseil non seulement les délibérations, mais les plus petits détails, les moindres incidents ; son écriture, très nette et régulière, accuse un homme soigneux. Le 8 novembre 1614, il est reçu bourgeois d'Annecy et prête serment ; cinq ans plus tard, à la date du 5 mai, on note au Registre 34 que " Vassal envieillit " et on nomme pour second secrétaire André Démolis.
[446] - Il l'était aussi au Conseil de Genevois; après la mort de Jean Thomas, il fut désigné pour lui succéder en sa charge de procureur de Ville (21 septembre 1617), à cause de sa " longue experience " et des services rendus, notamment comme syndic, élu à trois différentes reprises: en 1603, 1611, 1617. " Talonné de maladie des quatre ans, " (Délib. du 1er mai 1622) Noël Ruffier avait reçu en 1619 un substitut ; nous ignorons la date de sa mort. (D'après les Reg. des Délib., du Conseil de Ville.)
[447] - La seule signature est autographe.
[448] - Des écoles existèrent à Cluses dès le milieu du XVe siècle; certains documents permettent même de supposer que leur origine est antérieure à 1462. En 1588, Louis Nicodesy en est recteur, et il a pour successeur, en 1604, Jean Ménenc, le plus célèbre des régents de la petite ville. (L1, note 47). Deux prêtres, Pierre .Pernet et Antoine Guillermin, avec le bachelier Claude Girod comme " pédagogue ", y enseignèrent à leur tour, et simultanément dès 1610. Cependant, faute de ressources et d'un personnel attitré, l'institution restait plus ou moins précaire; Rd François Bochut, originaire de Cluses (L1, note 219), songea alors à doter sa ville natale d'un collège régulièrement établi. Son projet ne s'effectua pas sans difficulté, les pourparlers avec le Conseil se prolongèrent, et ce fut seulement au commencement de 1617 que M. Bochut, voulant " donner a Dieu le surplus de ses espargnes, " rédigea l'acte de fondation. Il offre le capital de 16.000 florins pour l'entretien de quatre prêtres qui seront régents du collège, et devront observer les Statuts approuvés par le Rme Evêque de Genève. Ces ecclésiastiques célèbreront tous les jours une " Messe matiniere " à l'église paroissiale, mais ne serviront pas de vicaires à la paroisse ; les dimanches et fêtes ils assisteront aux Offices à partir de Matines jusqu'à la fin des Complies, et aux autres cérémonies, processions, etc., non pas toutefois aux funérailles et services pour les défunts, à moins d'y être invités. Leurs honoraires seront de 300 florins annuels ; les enfants de la ville ne payeront rien, mais des écoliers étrangers pourront être admis, " a rayson d'un florin par tenue " de trois mois "pour chacun d'iceux. " Le régent " qui enseignera la derniere classe sera tenu de faire le catechisme en l'eglise parrochiale tous les dimanches de l'annee a l'heure de midy, a perpetuité. " Telles sont quelques-unes des clauses de l'acte de fondation, dont l'original se conserve aux Archives municipales de Cluses (Série R1, n° 3) ; on en peut voir le résumé dans le tome XI des Mémoires de l'Académie Salésienne (Annecy, 1888), au chap. XIII de l'Etude historique de M. Lavorel : Cluses et le Faucigny. Le 27 mars 1617, " apres l'issue de la Messe matiniere, " le Conseil général de Cluses, acceptant avec reconnaissance les offres du fondateur, souscrivit aux conditions par lui stipulées. En même temps, on demandait l'approbation de " Monseigneur le Rme Evesque et Prince de Genève, ou du sieur son Official. " (Archives municip. de Cluses.) Saint François de Sales ne pouvait refuser cette approbation ; mais les clauses et les charges de la fondation exigeant un examen très approfondi, il se borna à donner, le 2 juin, les règles fondamentales prescrites aux régents. Nous les reproduisons dans notre texte, grâce à l'obligeance de M. Marc Le Roux, conservateur de la Bibliothèque d'Annecy, à qui nous en devons une copie faite à Cluses même. Elles portent ce titre : Fidèle version des Règles que doivent observer les Rds sieurs Régents du Collège de la Ville de Cluses, fondé par Rd Sr François Bochut, curé d'Ayse, signées par saint François de Sales, approuvées et confirmées A nnessy le second juin mit six cent dix-sept, signé au bas : FRANç., Eps GEBENNENSIS, sur l'original qu'on conserve religieusement dans les Archives audit Collège. M.. Bochut garda, dès le début, la direction de la maison, avec trois prêtres pour régents ; mais après dix ans d'expérience, il jugea utile de modifier ses premières dispositions. Il le fit, en 1628, par un acte " qui portait annexion perpétuelle et irrévocable du collège, avec tous ses revenus, à l'église paroissiale de Cluses. " Le curé, "désigné comme principal " de l'établissement, son vicaire et les prêtres régents ne devaient former qu'un corps et vivre en une sorte de communauté. (Ouvrage et chapitre cités, où l'on trouvera d'autres détails sur la réforme de la fondation primitive.)
[449] - C'est-à.dire : si un régent a reçu de son Evêque le pouvoir d'entendre les confessions au tribunal de la Pénitence.
[450] - Cette approbation et le décret qui la suit, insérés dans l'ancien Registre de l'Evêché de Genève 1616-1617, sont écrits de la main du greffier épiscopal. Les " Statutz " que le saint Evêque approuve sont ceux dont nous avons parle dans la note 448..
[451] - Voir la note de la pièce suivante.
[452] - L'une des clauses de la fondation Bochut était celle-ci : " Plaira aux nobles scindics et Ville consentir a l'union de la chapelle de la Maladiere et celle de Nostre Dame de Pitié a ladite fondation, afin que lesdits recteurs faisant service a la Ville ayent un autel d'icelle en l'eglise de Saint Nicolas, avec tous droits, tiltres ; et, en contreschange, je leur donne la nomination des susdits recteurs... Et seront baillés aux susdits prestres et recteurs, les habitz convenables au tems, selon l'ordonnance de nostre sainte Mere l'Eglise, ne demandant pas les plus beaux, ny aussi les moindres, ains les mediocres. " (Archives municipales de Cluses.) Les syndics et conseillers ayant accepté cette clause avec toutes les autres, restait au saint Evêque à la ratifier par l'union et incorporation des deux chapelles au clergé et au collège de Cluses; il Ie fit par l'acte qu'on va lire.
[453] - L'extrait des " Registres des communs negoces de la Ville de Cluses " du 27 mars 1617, porte: " honorable Pierre Mogenaz "; dans le Registre épiscopal de 1616-1617, où le même extrait a été transcrit, on lit Megeve, sans la particule.
[454] - Voici l'article auquel il est fait allusion : " Nous entendons que si par cyapres se faisoit quelque fondation en faveur dudit College " les recteurs " l'acceptent, pourveu qu'elle ne soit point trop onereuse ; et lorsqu'ils en auront en suffisance pour faire un autre prestre, nous desirons qu'il soit creé de nouveau pour le plus grand service de J'Eglise et du College. Et quand plus souvent ce bien arriveroit, nous voulons que tous jours soyent faits nouveaux prestres et recteurs ; et en estant complet le nombre de cinq, les autres qui surviendront pour l'accroissement de la fondation y seront adjoustés pour le soulas des plus vieux " et des malades, mais ne feront pas partie " du corps des autres jusques apres la mort d'un. "
[455] - Cette église ne put être construite qu'en 1645. Voir à son sujet, la lettre de saint François de Sales au duc de Nemours, 8 janvier 16l7 (L7, note 826), et celle à D. Juste Guérin, 23 avril 162l (L10, note 98)
[456] - Sur l'infante François-Catherine, voir L7, note 942.
[457] - Les patentes de Charles-Emmanuel sont datées du 1er mars 1619; on en trouvera un extrait à l'Appendice.
[458] - Don Juste Guérin, confesseur et directeur spirituel de l'Infante. (L7, note 461)
[459] - En 1616, après la lettre adressée par le saint Evêque au duc de Savoie, le 29 février, pour lui représenter la pauvreté du Collège et lui suggérer les moyens de pourvoir à l'."accommodement " des Pères. (L7, note 425).
[460] - L7, note 427. La fin de cette note est inexacte ; elle se trouve rectifiée au L10, note 100).
[461] - Voir à l'Appendice de L10, note 878, la lettre du cardinal Maurice de Savoie au Saint, 28 août 1621.
[462] - De la main du Saint.
[463] - C'était François Viallon de la Pesse (L10, notes214,215).
[464] - Le duc de Nemours, Henri de Savoie.
[465] - Le chanoine Claude Favre (note 418).
[466] - Jacques-Maurice Dumont.
[467] - Suit un mémoire de dix-neuf feuillets, contenant les informations prises par le greffier épiscopal; la dernière pièce est datée du 19 novembre 1621.
[468] - Louis de Sales cousin du Saint ( L2, note 14).
[469] - Noêl Ruffier, simultanément procureur de Ville et des Pères Barnabites.(note 446)
[470] - Le lendemain, le Chapitre de la cathédrale donnait le consentement désiré, par l'entremise de son secrétaire, le chanoine Pierre-François Jay. (L6, note 550)
[471] - Autographe du Saint.
[472] - Rd Jean Sonnerat (L10, note 148, et cf. le Décret qui va suivre).
[473] - C'est une fort belle pièce, écrite par le greffier Dumont sur un grand parchemin et en caractères très soignés; la signature du Saint est autographe, et le sceau de l'évêché de Genève, en cire d'Espagne brune, est suspendu à un ruban vert.
[474] - Le prince Victor-Amédée (L7, note 129). Voir à l'Appendice de L10, notes 878,883, la lettre du cardinal Maurice de Savoie au saint Evêque, et celle du prince de Piémont au prince de Carignan, son frère..
[475] - L1, note 134 ; L6, note 328 ; L7, note 532
[476] - Bernard de Menthon (L3, note 411).
[477] - Saint François de Sales visita Dingy et le prieuré de Saint-Clair le 16 octobre 1607.
[478] - Maurice qui, en effet, a écrit les procès-verbaux des Visites pastorales de 1606-1610. (Op2, note 113).
[479]-Ce décret est de la main du Saint, quï a aussi daté et signé la déclaration qui le suit, laquelle est écrite par M. Michel Favre
[480] - Voici l'extrait du Registre: " SA1NCT CLAIR. Dudict jour, 16 8bre 1607 : A visité le prioré de Sainct Clair" (ici un signe qui renvoie à l'apostille citée dans notre texte), " duquel est prieur ven. Mre Jehan Sonnerat, prebstre deuement d'icelluy institué et resident ; de l'Ordre de Sainct Benoict. " (Archiv. dép. de la Hte Savoie ; cf. Mgr Rebord, Visites Pastorales du Diocèse de Genève-Annecy, tome II, 1922, p. 246, où il faut lire Menthon, au lieu de Monthoux.)
[481] - Sans doute le même qui transcrit la déclaration épiscopale.
[482] - Format du papier et caractères de ce Mémoire sont exactement les mêmes que ceux de la Requête à Henri IV donnée Op1, note 343, avec la date: 20-25 décembre 1601 ; il faut donc le placer vers cette époque. Toutefois, il ne semble pas que saint François de Sales l'ait rédigé en vue des affaires qu'il avait à traiter a la cour de France ; ne le destina-t-il pas plutôt au personnage qui désirait connaître " les particularités de la revolte de Geneve " et auquel il écrivit en novembre 1601 ? (L2, note 99). A la fin de sa lettre, il s'excuse de ne pas envoyer tout de suite les " memoires " souhaités, parce qu'étant en voyage, " je ne puis, " dit-il, " obtenir de ma souvenance tout ce que je luy en demande, avec l'asseurance des particulieres circonstances qui sont requises pour s'en bien servir. " En effet, il n'eût été guère possible au Saint de se rappeler tous les détails, faits et dates consignés dans ces pages. Si nos conjectures ne nous trompent pas, celles-ci auraient été écrites avant son départ pour Dijon-Paris, 27 décembre 1601 (L2, note 333).
[483] - L'acte de fondation de l'abbaye de Saint-Victor de Genève par l'évêque Hugues II (environ l'an 1019) permet de croire que déjà il était investi d'un double pouvoir, spirituel et temporel. " D'après Béranger, Bernard II, " troisième successeur d'Hugues, " aurait reçu de l'empereur Conrad l'investiture du comté de Genève ; " mais, quoi qu'il en soit, l'Evêque, avant même cette époque, était prince véritable, maître de la ville, des faubourgs, du territoire adjacent et des confins du voisinage. En 1420, la communauté de Genève le déclara (note 493), en faisant remonter à quatre cents ans et plus les droits de son souverain, alors incontestés. (Fleury, Hist. de l'Eglise de Genève depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1802 (Genève, Grosset et Trembley, 1880), tome Ier, pp. 46-59. Sauf indication contraire, les notes qui suivent sont tirées de cet ouvrage et du même volume.)
[484] - Dans le principe, les comtes furent, ainsi que les autres titulaires de l'empire, des officiers chargés de rendre la justice au nom des empereurs ; mais le pouvoir de ceux-ci commençant à perdre son prestige, ducs, marquis et comtes s'adjugèrent le gouvernement des pays soumis à leur autorité qui, passant de père en fils, devint comme un héritage de famille. La promesse de défendre le pays en cas d'attaque et l'hommage rendu au souverain furent les seuls liens qu'ils gardèrent vis-à-vis de lui. - L'histoire du diocèse ne fait aucune mention des comtes de Genève avant le neuvième siècle, sous Charlemagne. En 1020, sous le règne de Rodolphe-le-Fainéant, l'un d'eux ** formule des prétentions à l'indépendance, et Gérold devient son héritier, avec le titre de Comes Genevensis. Dans la suite, obligés de se défendre contre leurs rivaux, les comtes de Genève s'environnèrent d'hommes d'armes et se retranchèrent en des châteaux transformés en places fortes, empiétant ainsi sur le domaine des évêques dont ils devinrent bientôt jaloux. Des membres de leurs familles, montés parfois sur le siège épiscopal, tendirent la main à leurs frères ; mais il y en eut aussi d'intrépides qui furent les défenseurs des droits de l'Eglise. En 1124, à la suite des empiètements commis sur ceux-ci par Aymon 1er (1080-1128) et des violences faites au pouvoir temporel, un Concile provincial tenu à Vienne en Dauphiné, par l'ordre du Pape, déclare sacrilège toute usurpation des biens et propriétés ecclésiastiques. Le comte, excommunié par l'évêque de Genève, Humbert de Grammont, en réfère au Souverain Pontife qui remet la cause au métropolitain de Vienne, Pierre 1er. Dans une assemblée que celui-ci préside à Seyssel en qualité de Légat du Saint-Siège, Humbert de Grammont affirme ses droits ; quatre témoins choisis par les deux parties proclament avec serment que " l'Evêque est le seul Prince de Genève et que la justice s'y rend en son nom ; " ils indiquent l'étendue de sa juridiction temporelle et démontrent que les droits du comte sont tellement subordonnés à ceux du Prélat, que son séjour dans la ville est seulement toléré, à la condition qu'il respectera ceux d'un chacun et qu'il ne nuira ni à l'Eglise, ni aux ecclésiastiques, ni aux citoyens. Aymon avoua loyalement ses torts, restitua tout ce qu'il avait usurpé, reconnut l'Evêque pour son seigneur et maître et lui jura fidélité, s'engageant à le soutenir et défendre ; relevé aussitôt de son excommunication, il fut déclaré feudataire et remis en possession de ses droits laïques. L'acte de cet accord solennel, dressé et signé par les assistants, porte le nom de " traité de Seyssel " et la date de 1124 ; il devint comme le pacte fondamental de l'Eglise de Genève, et les évêques en rappelèrent les clauses à chaque tentative d'empiètement de la part des comtes. (Fleury, pp. 45, 55-58., 61-63.)
** Quel était sou nom? Fleury l'appelle Guillaume, mais il ne figure pas au début du tableau généalogique donné dans l'Armorial et Nobiliaire de Savoie, tome III, p. 69. Nous y trouvons: Conrad Ier, père de Robert, " comte dans la région de Genève, " puis Conrad II, et enfin Gérold, . princeps regionis, soumis en 1034 par Conrad le Salique, empereur. " Le comte Guillaume, dont parle le chanoine Fleury, serait-il le Conrad II qu'indique l'Armorial ? On remarquera ci-après, note 489, que l'historien cité raconte la rébellion du comte Guillaume Ier, qui signe un traité en 1187; puisqu'il est dit premier, il n'y avait donc pas eu un comte du même nom en l'année 1020.
[485] - Frédéric, premier de ce nom, élu à Francfort en 1152 et couronné à Rome trois ans plus tard par le Pape Adrien IV. Avec plusieurs autres princes chrétiens, il s'enrôla dans la croisade contre les Turcs et les battit ; il trouva la mort en se baignant dans une rivière qui passe par la ville de Tarse, le 10 juin 1190 (D'après Moreri, 1740, tome IV, p. 187.)
[486] - Kheringhen, soit Zœhringen, était un château situé au nord et à une lieue de Fribourg en Brisgau ; il a donné son nom à la famille des ducs d'où Berchtolde ou Berthold IV était issu. Ce prince eut pour mère Clémence, fille de Godefroy, duc de Namur ; il succéda à son père Conrad, décédé en 1152, et mourut lui-même en 1185. (Moreri, tome VIII, p. 90.)
[487] - Ce comte était Aymon 1er, celui-là même qui signa en 1124 le traité de Seyssel (note 484). Oublieux de ses engagements, il avait construit des forts sur le territoire épiscopal et recommençait à s'arroger une autorité princière ; le saint évêque Arducius réclama alors l'appui de Barberousse contre tous ceux qui tenteraient d'envahir ses terres ou qui porteraient atteinte aux droits de son Eglise. L'empereur les reconnut, et, traitant le Prélat en prince, menaça de sa colère quiconque oserait les lui contester. L'issue d'une conférence tenue ensuite â Saint-Sigismond, près de Grésy, où les archevêques de Vienne, de Lyon et de Tarentaise convoquèrent l'Evêque et le comte, fut, comme à Seyssel, la confirmation des droits du Prince-Evêque de Genève ; les forts élevés par Aymon durent être rasés. Adrien IV ratifia ce traité et le diplôme de l'empereur par deux Bulles de même date (21 mai 1157) ; il y déclare frappé d'excommunication celui qui troublera l'Eglise de Genève dans ses libertés. (Fleury, pp. 71-73.) Ainsi, cinq ans avant la date indiquée par notre Saint, Frédéric 1er avait " deboutté " les prétentions du comte.
[488] - Donné le 7 septembre 1162, ce nouveau diplôme impérial porte communément le nom de " Bulle d'Or ". Saint François de Sales nous apprend ce qui le provoqua ; mais ce qu'il ne dit pas, c'est qu'Aymon, en dépit des traités conclus précédemment, continua ses usurpations et contraignit le Pape Victor IV à lui lancer l'excommunication. Le comte, recourant alors à la ruse, fit un accord avec le duc de Zœhringen pour qu'il s'engageât vis-à-vis de l'empereur à renoncer à tous les droits qu'il prétendait avoir sur la Bourgogne, à condition qu'il lui accorderait le vicariat de l'empire sur les villes et le territoire de Lausanne, Sion et Genève. Frédéric, heureux d'écarter â ce prix un concurrent, s'empressa de souscrire à sa demande ; aussitôt, Berthold retourna le vicariat de Genève au comte Aymon qui " se mit, comme prince, à retirer les revenus ecclésiastiques. " Cette fois encore, l'évêque Arducius se rendit auprès de l'empereur, alors à Pont-de-Laon sur Saône, lui parla avec une sainte liberté et plaida si bien la cause de son Eglise que le souverain dut reconnaître avoir cédé au duc de Zœhringen ce qui ne lui appartenait pas. Dans la " pragmatique sanction. mentionnée par notre Saint, il prononce cette sentence : Ni lui ni ses successeurs ne pourront à l'avenir disposer de la souveraineté de Genève, et l'Evêque demeurera à jamais seigneur souverain et prince de la ville, de ses faubourgs, du territoire et de ses châteaux, sans autre supérieur que saint Pierre. " (Fleury, pp. 73. 74.)
[489] - Successeur d'Arducius, l'Evêque nommé ici " Nancellinus " est " Frère Nanthelme, " ou Nantelin, qui avait été prieur de la chartreuse de Vallon en Faucigny. Le comte Guillaume 1er, son compétiteur, après avoir été condamné à la perte de ses fiefs et à une indemnité, feignit de se soumettre ; mais, vu sa persistance dans la rébellion, l'empereur dut en venir à une nouvelle condamnation. Elle fut énergique : " A cause de ses crimes et de ses excès contre l'Eglise de Genève, " le comte est " mis au ban de l'empire comme étant l'un de ses ennemis notoires ; " l'Evêque est autorisé " à reprendre tous les fiefs et à en conférer une partie à des vassaux fidèles, " propres à défendre son Eglise et à " faire la guerre à cet ennemi. " Guillaume finit par se rendre ; l'époque où il signa un accord en forme de traité de paix fut celle de la chute de Jérusalem aux mains des musulmans, 3 octobre 1187. (Fleury, pp. 75, 76.)
[490] - L'empereur Charles IV, fils de Jean, roi de Bohême, avait été élu en 1346 et couronné à Rome en 1355 ; il mourut à Prague le 29 novembre 1378. (Moreri, tome II, p. 296.) Ce fut à l'occasion de son passage à Genève et à Chambéry pour se rendre à Avignon (1363), que le comte Amédée VI de Savoie (L4, note 460) mit d'abord tout en œuvre pour gagner ses bonnes grâces et finit par lui demander " le simple titre de vicaire de l'empire, " faveur qui lui fut concédée. Bientôt, cependant, il voulut s'en prévaloir et gouverner même Genève; l'évêque Alamand de Saint-Jeoire, très avancé en âge, ne put que protester, mais Guillaume de Marcossay, son successeur, présenta des réclamations à l'empereur contre la violation de ses droits faite par lui-même et par le comte. Charles IV révoqua la concession du vicariat impérial accordée à celui-ci, constatant qu'elle causait un grand détriment à l'Eglise de Genève. En vain Amédée protesta-t-il de n'avoir jamais eu l'intention de nuire à ses droits ; l'empereur maintint sa sentence et, dans une diète tenue à Prague, déclara qu'il cassait et annulait toutes les concessions qui pouvaient porter préjudice aux prérogatives de l'Evêque et de son peuple. (Fleury, pp. 126-130.)
[491] - Malgré la déclaration de Charles IV et les paternelles remontrances du Pape Urbain IV, Amédée VI ne se soumit pas. Guillaume de Marcossay le menace d'excommunication, l'avertissant que si le 4 avril 1370 il n'a pas rendu tout ce qu'il lui a enlevé de vive force, la sentence sera proclamée dans toutes les églises. L'Evêque accorde même un nouveau délai, mais enfin il est obligé de lancer un interdit sur toute la ville ; toutefois, à la suite d'une lettre du comte qui ne veut pas rester sous ce coup, il consent à entrer en accommodement avec lui. De son côté, celui-ci, ému par une seconde missive du Souverain Pontife qui le conjurait de réfléchir à l'effrayante responsabilité qu'il assumait, finit par se rendre ; il s'engagea à restituer au Prélat tout ce qu'il s'était approprié et en passa un acte solennel dont il envoya la copie à ses châtelains. Le Pape lui fit parvenir ses félicitations ; l'Evêque retira tous les interdits, revint prendre possession de son siège, et le jour de la Toussaint 1371, il officia pontificalement à Saint-Pierre de Genève, où les délégués du comte Amédée lui présentèrent une copie de l'acte signé par leur maître à Thonon, le 25 juin précédent. (Fleury, pp. 130, 131) - Par un lapsus calami, saint François de Sales écrit " Gregoire XII ", mais en 1371 c'était Grégoire XI (Pierre Roger) qui gouvernait l'Eglise ; il portait la tiare depuis le 29 décembre 1370, et décéda le 27 mars 1378.
[492] - Fils de Charles IV, élu roi des Romains en 1376, empereur d'Allemagne et roi de Bohême en 1378, déposé de l'empire environ dix-neuf ans avant sa mort (1419), Wenceslas en céda le gouvernement à son frère Sigismond, roi de Hongrie et de Bohême, décédé en 1436. (Moreri, tome VIII, pp. 59 et 276.) Le chanoine Fleury ne parle pas de la déclaration de l'empereur Wenceslas, ni de celle faite en 1412 par son successeur ; mais il donne des détails sur les faits qui motivèrent celle de 1420. A la mort de Robert, comte de Genève (16 septembre 1394) et antipape sous le nom de Clément VII, le comté passa à son neveu Humbert de Thoyre-Villars qui, mourant sans postérité six ans après, le légua à son oncle Odon, et celui-ci, à son tour, le vendit, le 5 août 1401,à Amédée VIII, comte de Savoie (L3, note 453), qui devint dès lors comte de Genève, ou plutôt de Genevois. Lui aussi éleva des prétentions vis-à-vis desquelles l'évêque Jean de Bertrand, nommé en 1408, se montra assez coulant, jusqu'à permettre au comte de rendre justice à ses sujets dans sa ville même. Enhardi par cette condescendance, il crut pouvoir obtenir davantage encore du successeur du Prélat, Jean III de Rochetaillée : il lui demanda la cession du souverain domaine et de la juridiction de Genève, moyennant une compensation; en même temps, il invoquait l'autorité du Pape Martin V, lui dépeignant la situation de la ville sous les couleurs les plus sombres. L'Evêque ne voulut pas séparer sa propre cause de celle de la communauté toute entière ; les procureurs de celle-ci et les syndics furent unanimes dans leur réponse : " Attendu que de temps immémorial, en remontant à quatre cents ans en arrière, la ville de Genève, avec ses faubourgs, le territoire adjacent et ses revenus, a toujours fait partie du souverain domaine de l'Eglise ; attendu que les évêques ont toujours traité avec bienveillance les habitants et gouverné avec paternité, le peuple ne désire aucun changement : bien loin de là, il estime qu'il serait dangereux pour l'Eglise et la cité d'opérer une commutation, même avec dédommagement. " (note 484). Cette protestation fut suivie de la promesse faite par les citoyens de soutenir les droits de l'Evêque et de payer de leurs biens et de leurs personnes. Apprenant le vote émis, l'empereur Sigismond signa en 1420 une déclaration " portant défense aux nobles, princes et barons, et surtout au comte Amédée de Savoie, de toucher à l'Eglise de Genève et à ses droits, sous peine d'encourir son indignation. " (Fleury, pp. 149-152.)
[493] - En 1219, le comte de Savoie était Thomas 1er, fils d'Humbert III ; il gouverna de 1189 à 1233. Lorsque Aymon de Grandson prit possession de son siège (fin 1214 ou 1215), il trouva les principaux droits de sa cathédrale aliénés entre les mains du comte et se mit aussitôt en devoir de les revendiquer. L'usurpateur semblait peu disposé à céder, mais bientôt on en vint à un accommodement ; l'accord passé à Desingy, près de Seyssel, eut force de loi. C'est sans doute celui de 1219 mentionné par notre Saint. (Fleury, p. 82.) - Le traité de 1290 fut bien plus difficile à conclure. Pendant la vacance du siège par la mort de Robert de Genève (14 janvier 1287), Amédée V de Savoie, entre plusieurs actes d'empiètement, s'était emparé du château de l'Ile, rempart opposé par Aymon de Grandson à l'autorité des comtes de Genevois ; il avait ainsi acquis une grande prépondérance dans Genève. Sommé de rendre ce château au nouvel Evêque, Guillaume de Duyn-Conflans, Amédée fait le sourd et, en conséquence, est frappé d'excommunication ; mais il en appelle à Rome qui délègue l'Evêque de Mâcon, en vue de préparer un arbitrage, et le traité est conclu à Asti en 1290. Par l'une de ses clauses, le prince-évêque remettait en fief le vidomnat de Genève au comte qui, pour cela, devait lui jurer fidélité. (Fleury, pp. 94-97.). Le vidomne faisait la police de la ville jusqu'au coucher du soleil; il ne pouvait appréhender que les coupables de délits civils, avait l'intendance des prisons et le droit de confirmer les sentences de mort prononcées par les syndics en matière criminelle. - En ce qui concerne les comtes de Genève, nous savons que le 10 octobre 1219. aussi à Desingy, Aymon de Grandson reçut Guillaume II " comme son homme liege " et prit sous sa protection le château qu'il avait dans la ville, tandis que le comte, reconnaissant l'Evêque pour son seigneur, en fit de même pour la forteresse de l'Ile qui appartenait à celui-ci. Ayant ensuite reçu le serment de fidélité de son vassal, le Prélat lui donna, avec l'anneau, l'investiture du comté de Genève, et tous deux oublièrent ainsi leurs démêlés précédents. (D'après Besson, Mem. pour l'hist. eccl. des dioc. de Geneve, etc., Moutiers, 1871, pp. 26, 27 ; cf. l'Armorial de Savoie, tome III, pp. 70, 71.) - Besson et Fleury ne nous apprennent rien au sujet d'un accord fait en 1290 avec Amédée II, comte de Genève (1280-1308). Cependant, le second raconte (p. 98) que, pour tenir en échec l'Evêque, le comte de Genevois investit. la ville épiscopale et en commença le siège ; Humbert, dauphin du Viennois, vint joindre ses troupes à celles des assaillants pour battre en brèche les murailles ; on lança même des matières inflammables sur la cathédrale. Guillaume de Duyn-Conflans eut beau supplier, il dut fulminer l'excommunication contre ses agresseurs. (Cf. Besson, p. 32, qui mentionne d'autres actes attentatoires commis par le comte de Genevois en 1291)
[494] - Dans la note précédente il est question de l'hommage de 1219 ; celui de 1346 (17 août) fut prêté à l'évêque Alamand de Saint-Jeoire, au château de Clermont, par Louis de Savoie, seigneur de Vaud. Il reconnut le Prélat comme son prince, en présence d'Amédée III, onzième comte de Genève (1320-1367) ; à son tour, celui-ci promit de se conduire en fidèle et bon vassal, affirmant. tenir de l'Evêque toutes les prérogatives octroyées à ses prédécesseurs. " (Fleury, pp. 122, 123.) - On a vu ci-dessus (note 492) comment, la lignée des comtes de Genève s'étant éteinte, Amédée VIII de Savoie acquit en 1401 le comté dont il porta ensuite le titre. En cette qualité, le 22 juillet 1404 il fait hommage pour la première fois à l'évêque Guillaume de Lornay pour les mandements de Rumilly, Ternier et quelques autres ; l'année suivante, après une transaction par laquelle celui de Ternier est dévolu à l'Evêque et à l'Eglise de Genève, le Prélat et son Chapitre le cèdent à Girard de Ternier, à condition qu'il le tiendra en fief du comte Amédée et que celui-ci en fera hommage à l'Evêque et à son Eglise. (Besson, p. 41.)
[495] - Blanche, que saint François de Sales qualifie ici de " comtesse de Geneve ", était une des six filles d'Amédée III, comte de Genève, et sœur de Robert, le dernier descendant de la famille qui porta ce titre. Elle épousa, le 21 juin 1363, Hugues, fils de son beau-frère Jean de Châlons d'Arlay, que celui-ci avait eu de sa première femme, Marguerite de Mello, dame de Sainte-Hermine. En 1367, Marie de Genève, sœur de Blanche et veuve de Jean de Châlons, passa à de secondes noces avec Humbert VII, sire de Thoyre-Villars, et de cette alliance naquit Humbert VIII qui posséda le comté de Genevois avec le titre, de 1394 à 1400. (Armorial de Savoie, tome III, pp. 70, 71 ; Moreri, tome II, p. 266 et ci-dessus, note 492). Comme fille et sœur des derniers comtes de Genève et par le fait des alliances rappelées ici, la " comtesse Blanche " pouvait avoir des droits à faire valoir lorsque Amédée VIII de Savoie entreprit de mettre en avant les siens contre plusieurs concurrents, entre autres contre les sires de Joinville et les princes d'Orange, mariés avec des sœurs de notre comtesse. (Cf. Frézet, Hist. de la Maison de Savoie, tome'!I, Turin, 1827, p. 21.} Besson et Fleury passent sous silence le différend auquel notre Saint fait allusion.
[496] - Aymon du Quart régit le diocèse de Genève de 1304 à 1311 ; le comte de Savoie était alors Amédée V (note 493), et, en 1343, Amédée VI, mais encore sous la tutelle. L'Evêque, de 1342 à 1366, fut Alamand de Saint-Jeoire.
[497] - Louis de Savoie (1250-1302), troisième fils de Thomas II et de Béatrix de Fiesque, avait reçu de son oncle Philippe 1er, comte de Savoie, la baronnie de Vaud pour son apanage. Il fut aussi seigneur de Bugey, Valromey, etc., et forma une troisième branche de la Maison de Savoie. (Frézet, ouvrage cité, tome 1er, 1826, p. 268.) - Martin de Saint-Germain (1295-1303), voulant "combler les vides du trésor, " proclame " le droit antique dont jouissait le Prince-Evêque de battre monnaie, " et interdit " dans Genève la circulation des pièces frappées à Nyon par Louis de Savoie, " parce que cette localité faisait partie de son diocèse. Mais Aymon du Quart, son successeur, transigea le 6 avril 1308 avec le fils aîné du baron de Vaud, nommé aussi Louis, au sujet du droit qu'il s'arrogeait comme son père et dont il fit ensuite hommage à l'Evêque. Le 15 août 1343, il renouvela cet hommage à Alamand de Saint-Jeoire, par acte passé à Genève, dans le palais épiscopal, en présence du comte Amédée III. (D'après Fleury, pp. 101, 102, et BResson, pp. 34, 39 ; et. ci-dessus, note 494).
[498] - La date qu'indique saint François de Sales ne concorde pas avec le nom de l'Evêque mentionné : " Ademarus ", soit Adhémar Fabri ; il occupa le siège de Genève de 1385 à 1388, tandis qu'en 1356 nous y trouvons encore Alamand de Saint- Jeoire. Est-ce celui-ci que le Saint a voulu désigner, ou l'erreur portet-elle sur la date ? Dans la seconde hypothèse, il faudrait lire 1386, au lieu de 1356.
[499] - Lorsque l'antipape Félix V (Amédée VIII de Savoie), après avoir renoncé à la tiare, résigna les deux évêchés dont il avait été déclaré administrateur, il mit pour condition que Pierre III de Savoie, son petit-fils, âgé de onze ans, en serait titulaire. Il vivait alors à Turin où il continuait ses études, et n'exerça jamais les fonctions comportées par les titres accumulés sur sa tête. Le 4 février 1451, le Pape Callixte III confia l'administration du diocèse de Genève à Frère Thomas de Sur, originaire de Chypre, Religieux conventuel de Saint-François et archevêque de Tarse ; il fut aussi abbé de Caramagne et de Sainte-Marie de Pignerol. En cette même année 1451, il accompagna à Genève le jeune prince qui venait d'être pourvu du siège épiscopal et, après avoir demandé qu'il fût reconnu pour évêque, il jura de sauvegarder les droits de son Eglise, de respecter les libertés de la cité et de les défendre. A la mort de Pierre de Savoie (31 octobre 1458), " Frère Thomas " continua d'administrer le diocèse jusqu'à ce que Jean-Louis de Savoie, nommé au siège à l'âge de dix-sept ans, prît lui-même la direction des affaires en 1464. (Fleury, pp. 280, 282-290.) - Voici le fait auquel saint François de Sales fait allusion. Antoine Hermann, fribourgeois, fut accusé de vol et, en conséquence, jeté dans les prisons du château épiscopal de l'Ile. De là, il écrivit une lettre à la duchesse de Savoie, Anne de Chypre, mère du jeune évêque Pierre, pour obtenir d'être gracié par son intervention. L'administrateur du diocèse, Thomas de Sur, en réfère aussitôt aux syndics et au vidomne pour que, vu le repentir du coupable, il soit mis en liberté; ce qui fut fait le 6 mai 1453. (Fleury, p. 285, et Besson, p.52.)
[500] - Besson et Fleury ne signalent pas la permission accordée par Jean VII de Savoie, fils naturel de François de Savoie, qui avait pris possession du siège de Genève le 17 août 1513. A la fin de sa vie, il demanda pour coadjuteur Pierre de la Baume (Op2, note 158) et mourut à l'abbaye de Pignerol, dont Charles III le pourvut pour le récompenser de la cession de son domaine temporel que, sur ses persuasions, l'Evêque lui avait faite et qui fut confirmée par Léon X. (Besson, pp. 60, 61, et. Fleury, pp. 339-355.) - Le duc Charles de Savoie, dit le Bon, second fils de Philippe II, succéda à son aîné Philibert II en 1504 et décéda le 16 septembre 1553.
[501] - Adhémar Fabri, déjà nommé ci-dessus (note 498), prieur des Dominicains de Plainpalais (Genève) de 1353 à 1357, vicaire général du diocèse et évêque de Bethléem par Bulle du 13 novembre 1363, est pourvu par l'antipape Clément VII (10 novembre 1378) de l'évêché de Saint-Paul-Trois-Châteaux et enfin transféré à Genève le 12 juillet 1385. Il occupait ce siège depuis trois ans seulement lorsque la mort le surprit le 8 octobre 1388, pendant que l'antipape Robert de Genève songeait à lui conférer la pourpre. Adhémar a laissé de son court passage un monument qui fera à jamais bénir sa mémoire ; dans l'intérêt des Genevois, il rédigea le Code des Franchises qui prouve combien grande était la liberté des citoyens et combien paternelle l'autorité des évêques. (Fleury, pp. 137-142.)
[502] - L'alliance des Genevois, partisans de la liberté, avec Berne et Fribourg, suggérée d'abord par un capitaine général, Philibert Berthelier, fut ensuite poursuivie et négociée par un riche commerçant, Hugues Besançon. Leurs adhérents, décidés à secouer le joug de la Maison de Savoie, s'unirent par un traité aux cantons suisses ; le Conseil général de Genève signa celui avec Fribourg le 6 février 1519, lequel ensuite fut dissous, grâce aux réclamations de Charles III, duc de Savoie : l'alliance était contraire à celui-ci et aux droits du prince-évêque à qui seul il appartenait d'en contracter. Mais avant la dissolution du traité, les partisans de la révolte n'hésitèrent pas à mettre leur ville en état de défense, appelant leurs alliés à leur secours ; le duc vit son territoire envahi et dut recourir aux députés des cantons, qui enjoignirent aux troupes fribourgeoises de rebrousser chemin. Le 10 décembre 1525, les citoyens de Genève assemblés en Conseil général protestent à l'unanimité : " Nous voulons vivre sous l'obéissance de notre Prince-Evêque. " Mais les fauteurs de la révolte continuent à travailler dans l'ombre et réunissent bientôt plus de cent signatures pour demander le traité de combourgeoisie avec Fribourg et Berne ; à l'élection des syndics, survenue peu après, leur parti triomphe. On députe vers les deux villes pour négocier de nouveau l'alliance ; les seigneurs de Berne apposent leur sceau à la rédaction du projet le 8 février 1526. C'est alors que le trop faible évêque Pierre de la Baume, au lieu de se fixer à Genève pour défendre les droits de son Eglise, se retire à Saint-Claude et finit même par consentir à la combourgeoisie, bien qu'il eût précédemment protesté contre l'alliance. En 1530, les troupes bernoises viennent au secours de Genève, où elles laissent des traces lamentables sous le rapport de la foi. Deux ans après, les partisans des nouvelles doctrines, forts de l'appui de Berne, se montrent en public ; Fribourg, resté ferme dans ses croyances, proteste, réclame et menace de retirer ses lettres de combourgeoisie, mais les délégués genevois assurent que leur gouvernement et les citoyens veulent vivre dans la religion catholique. (Reg. du Conseil de Genève, 16 juillet 1532.) Plus que deux mois, et Farel, Saunier, les prédicants de la Réforme, arriveront à Genève !... Le 15 mai 1534, les autorités fribourgeoises déclarèrent que leur alliance était rompue. (Fleury, pp. 350-352, 357-359, 370-373 et 401.) - L'historien que nous citons ne dit rien de l'intervention, en 1530, de l'empereur Charles-Quint. Né en 1500 de Philippe 1er, archiduc d'Autriche et de Jeanne, reine de Castille; roi d'Espagne en 1517, empereur en 1519, il reçoit en 1530, du Pape Clément VII, la couronne de fer en qualité de roi d'Italie, et celle d'or en qualité d'empereur ; il meurt en 1558, trois ans après s'être retiré en Espagne au couvent de Saint-Just, de l'Ordre des Jéronymites.
[503] - Cette conférence eut lieu entre le 17 et le 30 octobre (anc. style). Au mois de septembre, à Thonon, sur les plaintes des députés de Genève au sujet de certaines vexations à l'égard des tailles et des péages, Charles-Emmanuel leur avait fait insinuer qu'il serait à propos, avant son départ pour Turin, d'ouvrir une conférence où l'on examinerait ses prétentions sur leur ville ; lui-même indiqua le lieu de la réunion et y députa le président Charles de Rochette et le comte Marin de Viry (L3, note 407 ; L1, note 254). Il s'agissait surtout de trancher " la délicate question de souveraineté à laquelle " le duc de Savoie " venait de faire allusion " à Tbonon, et celle " de l'inclusion de Genève au traité de Vervins. " Jean Maillet, François Cbapeaurouge Dauphin (Op1, note 393) et Jean Sarasin (L4, note 271) avaient été délégués au prince dans la capitale du Chablais ; mais la conférence d'Hermance parut si importante, qu'on leur adjoignit " deux conseillers éminents, Jacques Lect et Michel Roset, " avec " une suite respectable de guets et de domestiques. " On rédigea la liste des prétentions du duc et les réponses de Genève. Le premier s'appuyait " sur sa qualité de vicaire de l'empire et d'héritier des comtes de Genève, " aussi bien que " sur des droits concédés à sa Maison et confirmés par les empereurs et les Papes. A chacun de ces articles, les genevois répondirent en insistant sur l'hommage que les comtes de Genevois et de Savoie, comme simples vassaux, n'avaient cessé de rendre à leur suzerain, le Prince-Evêque, auquel la Seigneurie, " disaient-ils, " avait succédé ; " et ils mirent " en avant autant de pragmatiques impériales et de privilèges pontificaux que leurs antagonistes." (Rapport des députés, 24 octobre (a. s.), R. C., vol. 93, folios 163, 164, cité par De Crue, Henri IV et les députés de Genève, Chevalier et Chapeaurouge, Genève, 1901, chap. IV; voir surtout les pages 184-187.)
[504]- Par ses lettres, l'empereur avait invité le Prince-Evêque de Genève à la diète qui s'ouvrit le 13 août 1613. (Voir sa réponse L6, note 12, et les notes qui l'accompagnent.)
[505] - Cette pièce et la suivante sont écrites de la main de M. Michel Favre. aumônier du Saint, et signées par celui-ci.
[506] - Le messager était natif d'Augsbourg et notaire impérial, ainsi que nous l'apprend la pièce du 3 juillet 1614. Avant de se rendre à Annecy, il dut s'arrêter à Genève : " Certes, " écrit Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. VIII, p. 443), " les augustes Empereurs romains ne manquent jamais d'advertir par lettres et par messagers expres l'Evesque de Geneve, comme un Prince de leur sainct Empire, toutefois et quantes qu'il s'agit de quelque chose de grande importance. Et le messager, estant tres-bien instruict, s'en vient tout premierement a Geneve et droict frapper à l'evesché. On luy respond que l'Evesque ny est pas, mais qu'il demeure à Aniey; alors, après avoir pris acte de l'office de son message, il s'en vient à Anicy. Et les Empereurs veulent que tout cela soit faict ainsi, afin de faire cognoistre à tout le monde qu'ils entendent de conserver à l' Evesque le droict qu'il a et qu'ils luy ont baillé irrevocablement sur ceste miserable cité "
[507] - Bien que son nom soit écrit ici d'une manière différente, le porteur des lettres impériales est évidemment le même que celui que mentionne le document précédent.
[508] - Voir à l'Appendice de L6, note 967, la lettre de l'empereur Mathias et la note 12 du même volume.
[509] - Le 6 mars 1606, Charles de Simiane, seigneur d'Albigny (L2, note 187), écrivait au duc de Savoie : " Despuys peu de jours il est mort un frere du sieur de Vile, lequel tenoit une pension sur l'abaye de Fily, come V. A. pourra, s'il luy plait, faire voyr par le Memoyre qui va avec ceste cy, escrit de la main de Mr de Geneve. S'il plaisoit a V. A. de l'acorder a un gentilhomme de ce pays, qui est chanoyne de St Pierre et lequel a esté avec moy despuys que je suys en ce pays, j'en recevrois une bien particuliere grace. " (Turin, Archives de l'Etat, Lettere particolari, n° 7.) A cette lettre du gouverneur de Savoie est joint, en effet, le petit Mémoire que nous reproduisons ; il dut être rédigé vers le 6 mars, à Chambéry, ou saint François de Sales prêchait le Carême et où M. d'Albigny se trouvait aussi alors.
[510] - Sur l'abbaye de Filly, voir L1, note 231 ; Op1, note 212. - Après la restitution du Chablais au duc Emmanuel-Philibert (1567), le titre d' " Abbé de Filly " fut encore porté par divers personnages qui perçurent ainsi les revenus de l'ancien monastère non aliénés par les Bernois. Pierre Goyet, prieur commendataire de Nantua, est le premier connu ; le 2 mars 1604, il fait une cession au curé de Burdignin et en cette même année, peut-être, Jean-Gaspard de Grailly lui succède. (Mém. de l'Acad. Salés., tome XXIII, Annecy, 1900, p. 230.)
[511] - Bien que le Saint ait écrit Grilly, ainsi que son greffier dans les Registres épiscopaux, il est certain que le commendataire décédé appartenait non pas à la famille du Nant, seigneurs de Grilly, mais à celle des Grailly, seigneurs de Villagrand. (L1, note 78). Né dans cette localité et tonsuré le 10 septembre 1580, Jean-Gaspard fut pourvu la même année du bénéfice d'Ayse. Nous ignorons la date de son admission à l'abbaye de Saint-Claude (L5, note 110) ; au Chapitre général de 1593, il figure déjà avec le titre de "chantre ", parmi les " définiteurs ". (D. Benoit, Hist. de l'abbaye et de la terre de Saint-Claude, Montreuil-sur-Mer, 1892, note (2), p. 306.) Prieur de SainteAgathe de Rumilly (L6, note 632), il résigna le 22 octobre 1603, et devint ensuite prieur de Burdignin et abbé de Filly. On lit dans un " accord " passé le 3 août 1605, avec Aimé Cottet, curé de Burdignin : " A present ladicte abbaye ou tiltre d'icelle, et notamment ledict membre de Burdignin, est canoniquement possedé par Rd seigneur Jean Gaspard de Grilly (sic), Religieux et chantre en l'abbaye de Saint Claude en Bourgougne. " (R. E.) Il mourut en 1606. (Cf. Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 406.) Ce membre de la famille de Grailly n'a pas été connu des savants éditeurs de l'Armorial et Nobiliaire de Savoie ; mais le Registre épiscopal où fut inscrite sa tonsure indique le nom de son père et supplée ainsi à cette lacune. Les parents de Jean-Gaspard furent Louis de Grailly, seigneur de Villagrand, et Péronne de Menthon; de ses deux frères, l'un appelé Gaspard, fut tué par les Genevois en 1582 ; l'ainé, Pierre, est celui que M. d'Albigny désigne sous le titre de " sieur de Vile ". (note 509).
[512] - Par la mort de Philippe-Emmanuel son frère aîné, Victor-Amédée était devenu prince de Piémont et l'héritier présomptif de la couronne. (L7, note 129).
[513] - Le jeune prince était mort à Madrid en février 1605, à l'âge de dix-huit ans. La prestation du serment à lui et à son père par l'Evêque de Genève se fit à Mondovi. (L3, p.25 note 4 ; L2, note 189 ; Op2, note 103)
[514] - Jacob ou Jacques de Chambouz fut élu deuxième syndic d'Annecy le 1er mai 1615 ; en cette qualité, il signa la même année quelques actes concernant le Collège des Barnabites.
[515] - Philibert Dumont, père de Jacques-Maurice. (L3, note 438 ; Op1, note 181)
[516] - Voir L3, note 97, la note du destinataire. - Dès les premiers siècles de l'Eglise, Chambéry dépendit, pour le spirituel, de l'Evêque de Grenoble. Les ducs de Savoie ne cessèrent de faire démarches et réclamations à Rome pour soustraire le clergé du décanat à la juridiction d'un Prélat étranger à leur gouvernement politique. En 1515, on put croire à leur succès : à la prière de Charles III, le Pape Léon X, par Bulle du 21 mai, avait érigé Chambéry en évêché et nommé pour premier évêque Urbain de Miolans ; mais bientôt, par suite des oppositions formées par François 1er, roi de France, cette Bulle dut être révoquée. Victor-Amédée III, plus avisé que ses prédécesseurs, obtint d'abord le consentement de Louis XVI et de l'Evêque de Grenoble, et enfin, de Pie VI (18 août 1779), l'érection tant désirée. (D'après Grillet, Dictionnaire historique, etc., Chambéry, 1807, tome II, p. 54 ; cf. L9, note 375).
[517] - Ce Mémoire, extrait de la Vie latine du Saint par Charles-Auguste (Liv. VII, p. 349), fut inséré pour la première fois parmi ses Lettres dans l'édition Hérissant, 1758 (tome II, p. 378), avec cette date, adoptée par les éditeurs qui suivirent : " Avant le 7 mars 1612. " On a supposé qu'il fut joint à la lettre du 7 mars adressée à Paul V (L5, note 321) ; mais, d'après le biographe (p. 425), cette lettre " avoit des-ja " été " escrite à Anicy, " tandis que le saint Evêque rédigea la présente pièce " à la priere des Syndiques et citoyens " de Chambéry, pendant qu'il prêchait le Carême en leur ville (p. 423). Or, en 1612, le mercredi des Cendres tombait le 7 mars ; il faut donc assigner à ce Mémoire une date postérieure qu'il n'est guère possible de préciser. Aurait-il été remis à Mgr Germonio, archevêque de Tarentaise, alors à Chambéry, pour qu'il l'envoyât à Rome avec sa lettre du 25 mars au cardinal Borghese ? (L5, note 333). L'éditeur de 1758 a fait plusieurs retouches au texte de Charles-Auguste ; nous rétablissons celui-ci en ajoutant au début, entre [] et en italiques, le membre de phrase auquel l'historien rattache le commencement du Mémoire. Dans les éditions antérieures à la nôtre, la première ligne est modifiée ainsi : " Cum Camberium semper Sabaudiae fuerit metropolis, . etc.
[518] - C'était le Collège des Jésuites, fondé en 1564 par lettres patentes d'Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, datées du 3 octobre. Les Pères, installés l'année suivante dans une maison louée aux Cordeliers et proche de leur couvent, ouvrirent les classes le 3 mai 1566. En 1571 (23 juin), ils s'établirent dans l'hôtel du marquis de la Pierre (issu du président Pobel), à qui la Ville payait pour leur location 3.000 florins par an. Mais grâce à des legs généreux ils purent, en 1577, acheter un emplacement qui appartenait à la famille de Challant, près la porte du Reclus. Le 25 novembre 1599 (d'après Grillet), le duc Charles-Emmanuel, suivi de toute sa cour, du Sénat, de la Chambre des Comptes et du Conseil de Ville, posa la première pierre du nouveau Collège, léguant 2.000 écus pour sa construction, achevée en 1608. Celle de l'église dut être terminée peu après, car le 8 décembre 1611 la " Grande Congrégation de Notre-Dame de l'Assomption " y fut fondée. Les travaux, cependant, se poursuivirent encore de longues années ; ceux de la façade ne prirent fin qu'en 1646. - Dès les débuts de leur établissement à Chambéry, les Jésuites y enseignèrent les mathématiques, les humanités, la rhétorique et, à partir de 1604, la philosophie ; enfin, en 1664, Louis de Chevron-Villette, préfet de la Sainte-Maison de Thonon. douna les fonds pour une chaire de théologie. En 1729, le Collège, passé sous la direction de prêtres séculiers, fut transféré dans la maison située en face de l'église des Cordeliers (actuellement la cathédrale). Ramené dans celle des Jésuites en 1768, il y resta jusqu'à l'arrivée de Montesquiou (1792) ; alors il dut céder la place à un hôpital militaire et se réfugier dans l'ancien couvent des Dominicains où bientôt il acheva sa carrière. (Voir Grillet, Dictionnaire historique, etc., Chambéry, 1807, tome 1er, p. 182 ; Grenier, Le Lycée de Chambéry, Chambéry, 1913 ; Pérouse, Le Vieux Chambéry.)
[519] - L'expression " in diversas diffusum provincias " employée par le Saint doit être prise ici dans le sens géographique de pays. Dans sa pensée, elle doit désigner à la fois les diverses contrées qui formaient jadis le diocèse de Grenoble, et montrer aussi que cette circonscription ecclésiastique n'était pas limitée à la seule province civile du Dauphiné. Ces pays, ou provinciœ, de nos jours encore gardent leur ancienne appellation, ou sont connus comme tels, c'est-à.dire ; Grésivaudan, Oisans, Valbonnais, Mateysine, Vercors, Chartreuse et décanat de Savoie. Le diocèse de Grenoble portait sur les Etats du duc de Savoie, .œ qui le faisait sortir de sa province naturelle et des frontières du royaume de .France.
[520] - Chambéry était sous l'autorité des princes de Savoie, et Grenoble sous celle des rois de France.
[521] - Au lieu de cette leçon, l'édition Vivès (tome VI, p. 282) donne la suivante : " per iter plurium dierum et difficillimum, praesertim hieme, ratione torrentum, itur "
[522] - L'Evêque de Grenoble était alors Jean de la Croix de Chevrières (L7, note 893), président à mortier du Parlement du Dauphiné depuis 1605 ; on sait qu'il fut un célèbre diplomate.
[523] - Ce mot de Charles-Auguste autorise à croire qu'il n'a pas reproduit le texte complet de l'original et qu'il y a même fait quelques changements. A partir de 1758, cet alinéa commence ainsi : " Quae rationes tanti sunt momenti…."
[524] - Lorsque saint François de Sales « apprit qu'on entreprenait à Rome le Procès sur la vie du Serviteur de Dieu Juvénal, il contribua à la glorification de son ami en envoyant un noble témoignage sur ses vertus. . (Bacci, Vita dei Beato Giovanni Giovenale Ancina, 2da. Ed.., Roma, 1890, lib. l, cap. v, p. 37.) Dès 1619, on fit les Procès de l'Ordinaire à Saluces, Fossano, Gênes, Acqui ; mais évidemment, les premières démarches pour l'introduction de la Cause commencèrent les années précédentes, et notre Saint en fut sans doute informé par le P. Matthieu Ancina, Oratorien, frère du futur Bienheureux. (L3, note 295). Le 23 février 1618, l'Evêque de Genève lui écrivait : " Je regrette infiniment que Votre Paternité n'ait pas encore reçu l'éloge que j'ai fait en témoignage de l'estime en laquelle j'ai toujours tenu notre Révérendissime Monseigneur de Saluces... Voici donc que j'en envoie un double. " (L8, note 418). Ces lignes permettent de rectifier l'erreur des éditions antérieures à la nôtre, où la présente pièce est donnée comme une lettre adressée au Pape Paul V ; elles indiquent aussi approximativement la date de sa composition : novembre 1617. Il paraît en effet assez probable que le Saint dut rédiger cet " éloge " avant de partir pour Grenoble (29 novembre) où il allait prêcher l'Avent. - Notre texte reproduit une copie faite par M. Michel Favre, aumônier de saint François de Sales, et publiée pour la première fois par Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. IX, éd. lat., p. 411, et franç., p. 503), avec quelques variantes dont il faut, croyons-nous, lui laisser la responsabilité et ne pas en tenir compte. Le biographe dit qu'il rapporte " le sentiment " de son saint oncle " tel qu'il fut envoyé ; " toutefois, on peut se demander si le manuscrit qu'il eut entre les mains représentait vraiment le texte complet du témoignage expédié au P. Ancina.
[525] - Sur Mgr Jean-Juvénal Ancina, voir L2, note 16. - Dans une liasse de documents pour la béatification de l'Evêque de Saluces, conservée à Rome (Biblioteca Vallicelliana, O.41, n. 13), se trouve une note concernant la Vie du Serviteur de Dieu par Pierre-François Tronsarelli, " prêtre romain et son Vicaire " et des "Annotations marginales " à la " présente Vie, " y est-il dit, " écrite de la main du P. Jean-Matthieu Ancina..., vue par Mgr l'Eveque de Genève et renvoyée par l'entremise des RR. PP. Barnabites. " Par la lettre du 16 octobre 1618 au pieux Oratorien (L8, note 712), on voit que celui-ci avait demandé à saint François de Sales de composer lui-même la Vie de MgrJuvénal ; en s'excusant de ne pouvoir entreprendre ce travail, notre Saint ajoute : " Toutefois, je ne manquerai pas de vous envoyer en leur temps quelques remarques touchant cette histoire... " Les "remarques " promises seraient-elles les " Annotations " que mentionne la note citée, mais qui n'ont pu être retrouvées ?
[526] - Saint François de Sales, arrivé à Rome dans le courant de novembre 1598, y séjourna jusque vers la mi-avril de l'année suivante. (Op1, note 273 ; L2, note 16)
[527] - Dans une petite vallée près du mont Giordano, avait été bâtie une modeste église paroissiale, dédiée à la Sainte Vierge ; on l'appelait communément Santa Maria in Vallicella. En 1575, le Pape Grégoire XIII la donna à saint Philippe Neri pour sa Congrégation ; démolie aussitôt parce qu'elle menaçait ruine, on commença la même année (17 septembre) la construction de celle qu'on admire encore aujourd'hui et qui est toujqurs désignée sous le nom de Chiesa Nuova, bien que son vrai vocable soit Santa Maria in Vallicella. Les. travaux furent entrepris et poursuivis grâce aux libéralités du Souverain Pontife, du cardinal.Fierre-Donat Cesi et de l'Evêque de Todi, son frère. Dès 1577, les Prêtres de l'Oratoire purent célébrer les offices divins dans le nouveau et vaste temple, mais celui-ci ne fut consacré par le cardinal Alexandre de Médicis que le 23 mai 1599. (D'après Moroni, Dizionario di erudizione storicoecclesiastica, Venezia, vol. XXIV, pp. 288 seq.)
[528] - Celui de Milan, où était la Maison-mère de la Congrégation. (L6, note 338)
[529] - Préconisé évêque de Saluces le 26 août 1602, le Bienheureux Juvénal fut sacré le 1er septembre suivant.
[530] - Saint François de Sales avait dû se rendre en Piémont pour prêter au duc de Savoie et à Philippe, son fils aîné, le serment de fidélité; son voyage dura du 31 mars au 14 mai. (L2, notes 188,187,193 pour les lettres 180 et 182). Le 2 mai il était à Carmagnole où il prêcha le lendemain " inter Missarum solemnia, sans qu'il l'eust premedité, applicquant tres excellemment les mistaires de la saincte Croix au Sainct Sacrement, " parce que, à l'occasion de la Visite pastorale, Mgr Ancina faisait célébrer les QuaranteHeures. (Déposition de Philibert Buzat, Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 24 ; Bacci, -ouvrage cité à la note 524- lib. l, cap. v, p. 36. Sur la rencontre des deux Evêques, on peut voir Charles-Auguste, Histoire, etc., liv. V, p. 287.)
[531] - [Ici commence le fragment autographe d'une première minute, conservé à la Visitation d'Annecy ; nous en reproduisons les variantes et les ratures qui offrent quelqu'intérét.]
[532] - Var -[Sans le biffer, saint François de Sales a inséré le passage suivant entre crochets, pour y substituer la leçon qui se lit au texte :] En effet_ dès qu'elles surent que j'étais entré à l'auberge dans les faubourgs (étant arrivé un peu tard et après la fermeture des portes de la ville), aussitôt, m'envoyant quelques notables (ce qui indique bien l'urbanité de ces gens), ils m'entraînent par une douce violence, jusque dans la ville et...)
[533] - Var - [Les lignes qui suivent sont également insérées entre crochets, sans être biffées:] …(Heureux sommes-nous, disaient la plupart, tous hommes nobles, nous qui jouissons de la présence d'un si grand ,Evêque! S'il voulait chaque année passer au milieu de nous quatre mois, nous nous chargerions des dépenses de sa famille épiscopale...)
[534] - Ecrite par secrétaire au verso du Mandement du Saint, du 21 décembre 1602 (note 369) ; la signature de Carrillo est autographe.
[535] - Mgr François Bachod, originaire du Bugey, abbé d'Ambronay et de Saint Rambert, nommé évêque de Genève en 1556, Nonce apostolique en Savoie, mort à Turin le 1er juin 1568. Il ne résida pas à Annecy, mais il y vint au moins une fois, en septembre 1567.
[536] - Henri de Savoie, duc de Genevois et de Nemours (L2, notes 234,235).
[537] - Au duc de Nemours.
[538] - Les syndics, élus le 1er mai, étaient : " noble et spectable Jacques Battandier, docteur es droits ; noble Jean Paquellet, seigneur de Moyron Me Aymé Communal et Me Noel Ruffier, procureurs au Conseil» de Genevois.
[539] - L'un des nouveaux syndics, élus le 1er mai.
[540] - C'étaient, avec noble Henri Suchet, " le seigneur advocat de Boege et les sieurs du Puys et Jean Ducrest."
[541] - Nous donnons seulement un résumé de l'alinéa qui suit.
[542] - Mgr Jérôme de Villars (L7, note 619)
[543] - Le saint Evêque allait passer quelques jours au château de Sales, où il était encore le 11. (L2, notes 317,318 pour lettres 225,226).
[544] - Ce fut en 1559 que le duc Emmanuel-Philibert rentra en possession de ses Etats. (Op1, note 277)
[545] - Nous devons cette copie à la parfaite obligeance de MM. Marc Le Roux, conservateur de la Bibliothèque publique d'Annecy, et Claude Favre, ancien archiviste de la Haute-Savoie.
[546] - Voir : L2, note 14 ; L6, note 212 ; ce volume, note 29 ; Op1, note 181
[547] - Sur ce chanoine et Rd Antoine Bochut voir ci-après la note de la page 346. Pour les autres membres du Chapitre ici nommés, voir : Op1, note 181 ; L1, note 30 ; Op1, note 121 ; L1, note 230 ; L6, note 838 ; L2, notes 325,58 ; L7, notes 136,810.
[548] - Le Dictionnaire du Clergé ne nous fournit aucun renseignement sur le chanoine Jean Bernard ; il nous apprend (l, p. 298) que Pierre Dunand desservait la paroisse de Scientrier en 1592, celle de Ferrières en 1584, qu'il devint curé de La Compôte le 31 août 1604 et mourut en 1613.
[549] - Les points de suspension indiquent la suppression de passages qui n'offrent aucun intérêt.
[550] - Le duc de Nemours.
[551] - Nous omettons les conventions faites entre les deux Chapitres au sujet des sépultures.
[552] - Ordonné prêtre le 20 septembre 1597, curé de Ferrières, le 4 octobre 1609, décédé en 1624. (Mgr Rebord, ouvrage et volume cités, p. 78.) Sur Rd Jean Brunet, les renseignements font défaut.
[553] - Ce titre est celui qui figure dans le Registre d'où nous tirons notre texte, en maintenant l'orthographe du copiste, Rd Philibert Udry, secrétaire de la Confrérie érigée en l'église de Saint-Félix. (notes129,131).
[554] - Erreur du copiste, pour décembre. (Voir Magnum Bullarium romanum, tom. III, p. 182 de l'édition de Luxembourg, in-fol. 1742.)
[555] - note 137 pour document C24
[556] - La commission de saint François de Sales, donnée note 143, n'étant pas contresignée par Jacques-Maurice Dumont, l'un des greffiers de l'évêché de Genève (L3, note 438 ; Op1, note 182), il faut croire qu'une pièce plus étendue, chargeant M. de la Ravoire de visiter la chapelle de Vorsiers, manque au dossier que nous possédons.
[557] - C'est lui qui écrit le présent Procès-verbal et contresigne les dépositions de chaque témoin.
[558] - Les points de suspension remplacent des mots rongés par les rats.
[559] - Nom rongé, ainsi que le mot "venir" et ceux qu'on trouvera plus loin entre [ ].
[560] - Diacre le 23 mai 1592, recteur d'une chapelle à Passy, près de Sallanches, le 1er février 1601, curé de Saint-Nicolas de Véroce, le 24 décembre 1611, il obtient le 13 janvier 1615 la moitié d'une prébende au Chapitre de Sallanches, comme diacre d'office. (R. E., et Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., II, p. 577.)
[561] - Il était fils de Jean Viollat, le Jeune, et vint s'établir à Sallanches comme châtelain du mandement. Il y fit bâtir une maison dont la façade portait son nom avec la devise : Deus adjutor et custos, que l'on voyait encore en 1875. Les patentes de confirmation de noblesse datent du 26 novembre 1599. Par acte du 13 avril 1611, il dota la chapelle de l'Eucharistie, érigée en l'église de Sallanches, d'une rente de 42 florins, et le Chapitre lui en accorda le patronage sa vie durant. Il épousa Françoise, fille de noble Jean du Chesney et de Dlle Guillauma de la Rivaz ; elle teste le 24 janvier 1612, et lui meurt peu après le mois d'octobre 1617. (Notes de M. le comte Pierre de Viry, continuateur de l'Armorial de Savoie) .
[562] - Jean Viollat, chanoine de la Collégiale depuis le 9 mai 1590, avant même d'avoir reçu l'ordre de prêtrise qui lui fut conféré le 22 septembre suivant. Le 4 mars de cette année 1610 il avait été institué économe de Vallorcine. (Mgr Rebord, ouvrage et volume cités, p. 777.)
[563] - François de Boyvin, baron du Villars-sous-Salève, bailli de Gex. (L2, note 409)
[564] - Voir note 350 ci-dessus. Sur Claude Boucard, voir note 347 et L4, note 47.
[565] - Cette Relation, un seul passage excepté (note 567), se trouve dans la Vie de saint François de Sales par Charles-Auguste, livre IX (éd. latine, p. 399, éd. française, p. 489) ; mais, selon son habitude, le biographe en a fait un discours adressé au saint Evêque par le converti avant sa seconde abjuration et, par suite, il en a modifié le texte original à partir de la note 567..
[566] - Il s'agit de l'Ecclesiastica Historia... per aliquot... viros in urbe Magdeburgica (Basileœ, 1559-1574), divisée par centuries ou siècles, et publiée par une société de luthériens nommés pour cela " Centuriatenrs de Magdebourg ". Le plan de l'ouvrage fut tracé par Francowitz Mathias Flach, dit "Illyricus " parce qu'il était né en Illyrie. (Cf. Défense Estendart Ste Croix).
[567] - La suite de cet alinéa est inédite.
[568] - Boucard a biffé les quatre lignes suivantes; elles ne figurent pas dans le texte de Charies-Auguste.
[569] - La Confrérie du saint Nom de Jésus date du XIIIe siècle, au moins dans ses origines. A la fin des sessions du Concile de Lyon (1274), le Pape Grégoire X adresse à Jean de Verceil, Maître général des Frères Prêcheurs, une Bulle où il demande que, dans leurs prédications, les fils de saint Dominique engagent les fidèles à témoigner leur vénération pour le Nom de Jésus en inclinant la tête chaque fois qu'on le prononce, surtout pendant les saints mystères. On se groupa dans les églises de l'Ordre pour honorer ce Nom sacré, de sorte que les Frères Prêcheurs devinrent officiellement les directeurs de la nouvelle Confrérie. Saint Pie V, par son Motu proprio du 21 juin 1571, en réserva l'érection canonique aux Religieux de l'Ordre, et dès lors son développement se fit plus universel.
[570] - Le P. Adrien Béchu prit l'habit des Dominicains à treize ans dans le couvent de Saint-Malo, en 1595. Après sa profession il alla étudier à Paris, où il reçut le bonnet de docteur en 1612, et où il fut élu prieur en 1615, à Saint-Jacques. Nommé vicaire général de la Congrégation Gallicane en 1618, il mit la réforme dans les couvents de Rennes et de Morlaix. Trois fois après son vicariat, il fut prieur à Dinan, et c'est là qu'il mourut, âgé de cinquante-six ans. Il avait fait en 1620, la visite canonique de la Savoie. (P. Le Texier, O. P., Mémoires historiques, Rome, Archives généralices de l'Ordre de S. Dominique.)
[571] - Dans son sermon du dimanche 28 août 1593, saint François de Sales, alors. simple sous-diacre, avait invité son auditoire à se " ranger a une devote et vertueuse Confraternité " de la sainte Croix, " dressëe," disait-il, " par plusieurs ecclesiastiques et personnes d'honneur, pour vostre edification et reformation de vos consciences. " (S1, note 18). Bien qu'il semble vouloir ainsi se dérober lui-même, on sait qu'Annecy lui doit la fondation de la Confrérie et la rédaction de ses Statuts. Erigée le 1er septembre, elle commença à fonctionner le 14 suivant, " jour de l'Exaltation de la saincte Croix, avec une solemnité et magnificence nompareille, tant à cause de l'excellente musique qui s'y fit, que de la presence " de l'Evêque " qui donna la benediction avec le Sainct Sacrement, à l'applaudissement et resjouyssance de tout le peuple qui eut le bonheur d'y assister. " (Charles-Auguste, Histoire, etc., liv. l, p. 61.) On peut voir dans S1, note 21 le plan du sermon prêché à cette occasion par notre Saint. En publiant ces Statuts dans la Vie de son saint oncle (lat., pp. 46-52, et franç., pp. 54-61), Char1es-Auguste les a considérablement .abrégés et modifiés ; la plupart des entrées en matière de chaque article, plusieurs autres passages et certaines pages de notre texte ne se trouvent pas dans celui de l'historien. Si l'on tient compte de ces suppressions et des retouches qu'il a fait subir à la leçon authentique donnée ici pour la première fois, on peut presque regarder cette dernière comme inédite.
[572] - Pierre de la Baume (Op2, note 158).
[573] - Allusion à la guerre entre la France et la Savoie pour le marquisat de Saluces, et aux irruptions, en Chablais, des Bernois et Genevois. Le jour même de l'érection de la Confrérie, 10. septembre, le duc Charles-Emmanuel signait une trêve avec Henri IV, et à la fin de l'année il en conclut une série avec Berne et Genève. (Op1, notes 192,193,199)
[574] - Cette église d'emprunt était celle de Saint-François, appartenant aux Cordeliers ; le Chapitre de Saint-Pierre de Genève y faisait les Offices depuis 1538. (L6, note 210)
[575] - Sur plusieurs de ces chanoines, des notes ont été données dans les tomes précédents; nous y renvoyons, en ajoutant quelques détails sur ceux qui n'y figurent pas. - Jean Tissot (L1, note 103). - Jean Coppier, curé de Thairy le 15 février 1570, chanoine de la collégiale de Sallanches le 22 août 1571 et de la cathédrale le 15 novembre 1576. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc'Il, p. 204.) - Lorsque, le 25 février 1572, Louis Reydet, natif de Saint-Sigismond, reçut des dimissoires pour être ordonné diacre à Paris, il était déjà curé de sa paroisse natale. Le 20 juillet 1577, encore dans la capitale, il obtient des dimissoires pour la prêtrise, devient chanoine de Saint-Pierre de Genève le 22 juillet 1578 et permute son canonicat avec la cure d'Arthaz, le 1er octobre 1596 ; plus tard (23 avril 1624), il l'échange avec Fillinges, et deux mois après, celle-ci avec des chapellenies. (Mgr Rebord, ibid., II, p. 675.) - Louis de Sales, cousin du Saint (L2, note 14), et François de Chissé (note 29). - Né à Fleyrier et prêtre le 19 mars 1565, François de Ronis fut institué curé de Mésigny le 15 février 1572, et de Lovagny avec son annexe de Chavanod le 2 août 1576 ; il résigna cette cure le 20 novembre suivant et obtint, le 15 mai 1578, celle de Saint-Germain-en-Chautagne. Chanoine de la collégiale de Samoens en 1582, il est mentionné parmi les membres du Chapitre de la cathédrale dans le procès-verbal de la Visite pastorale du 9 février 1586 ; en 1597 la cure de Copponex lui est confiée et il meurt en avril 1598. (Mgr Rebord, ouvrage cité,. l, p. 253. Cf. L1, note 157). - Le chanoine que notre texte appelle Jacqu.es Ballus est désigné sous ce même nom aux Registres épiscopaux, dans les actes qui le concernent, et, avec la date de 1583, dans la liste des chanoines de Saint-Pierre de Genève publiée par l'Académie Salésienne (Mémoires, tome XIV, 1891, p. 317). Son vrai nom est-il Bal, ou Bally ? Le Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 30, lui donne le second, ainsi que L1, note 305. Cet ecclésiastique, tonsuré le 13 décembre 1554 à La Roche, sa ville natale, fut recteur des écoles de celle-ci, puis curé du Petit-Bornand le 11 novembre 1588, et, l'année suivante, député à Rome par Mgr de Granier, pour la visite ad limina ; il décéda le 26 mai 1597. - Jean Portier est mentionné plusieurs fois dans les lettres de saint François de Sales, de 1593-1595 (L1, note 65). Il avait obtenu un canonicat à la cathédrale le 10 juin 1577, deux mois après avoir reçu la tonsure (19 avril) ; la cure de Chevry lui ayant été attribuée, il la permuta avec celle d'Etaux le 14 août 1578, et devint, le 4 septembre suivant, curé de Tougin. (Mgr Rebord, ouvrage cité, II, p. 646.) - Sur Etienne de la Combe, Janus Regard et Jacques Brunet, voir : note 29 ; Op1, note 181 ; L6, note 4 p.83. - Jean d'Eloise est porté avec la date de 1587 sur la liste des chanoines déjà indiquée. Prêtre le 16 juin 1590, curé de Minzier le 16 décembre 1612, mort en -ctobre 1615. (Mgr Rebord, ouvrage cité, l, p. 314. ; L2, note 173). - Chanoine le 25 août 1589, quatre ans avant sa prêtrise (12 juin 1593), Charles-Louis Pernet est institué économe de Saint-Eusèbe le 18 juin 1598 ; au sacre du Saint, 8 décembre 1602, il est l'un des représentants du Chapitre, et il meurt en février 1609. (Mgr Rebord, ibid., II, p. 612.) - Sur le chanoine Grosset, voir Op1, note 181). - Antoine Bochut obtint des dimissoires pour la prêtrise le 19 février 1575, la cure de Challonges le 12 juillet 1578, celle de Saint-Sixt le 3 novembre suivant et celle de Chapéry le 29 octobre 1596. Dès 1591 il était chanoine de la cathédrale ; le 17 janvier 1600, l'Apôtre du Chablais le mentionne parmi les ecclésiastiques, " docteurs et très savants ", qui travaillent dans la province (L2, note 57), et en décembre 1601, Mgr' de Granier lui confie la paroisse d'Asserens, dans le bailliage de Gex (L2, notes101,115). Le chanoine Bochut mourut au mois de février 1606. (Mgr Rebord, ouvrage cité, l, p. 88.) - Claude d'Angeville (L1, note 158 ; L7, note 164). - Prêtre du diocèse de Grenoble, Eustache Mugnier était chanoine de la cathédrale seulement depuis le 10 juillet ; le 27 avril 1609 il échangea son canonicat contre deux chapelles à Boëge, avec noble Pierre de Montfalcon. (R. E.) - Sur Jean Déage, voir : L1, note 30 ; Op1, note 121).
[576] - L'érection de la Confrérie de la sainte Croix " a tant apporté de fruict en c:ette ville, " dépose M. Michel Favre (Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 38), " qu'a present il y a un grand nombre de personnes, tant hommes que femmes de toutes sortes de conditions, enroollés en icelle, qui tous rendent un grand debvoir tant auxdits exercices qu'aultres particullieres devotions, avec un honneur de grandissime pieté." M. et Mme de Boisy furent " des premiers a embrasser les exercices d'une Confrerie alors inconnue deça les monts " et à " endosser le sac de penitence. " (Ancien Ms. de l'Année Sainte de la Visitation.) Georges Rolland dit à son tour : Le Serviteur de Dieu " feit assembler plusieurs fois les gentz enrollés en cette Confrerie, pour bien establir et faire observer les reigles d'icelle, laquelle despuis a tous jours fleury en devotion et par le moyen de laquelle on a veu des grandes conversions de pecheurs. Et mesmes despuis quil feut Evesque, je l'ay veu assister aux saincts exercices et offices qui se font en icelle, revestu de l'habit des confreres, qui est un sac noir avec le cappuce ; ce qui ediffioit et animoit grandement lesditz confreres. " (Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 10.) Le duc de Savoie fit tant de cas de cette Confrérie, érigée à Chambéry le 9 mai 1594, qu'il lui accorda le privilège de délivrer chaque année, le Jeudi-Saint, un criminel condamné à mort ou aux galères.
[577] - Cette chapelle, bâtie en 1290 pour les Chevaliers Templiers, fut consacrée la même année par Guillaume de Conflans, évêque de Genève, sous le vocable de la Décollation de saint Jean. Elle s'élevait au point d'intersection des rues actuelles Royale, de Notre-Dame, du Pâquier et Carnot. Les Templiers ayant été supprimés au commencement du XIV' siècle, l'oratoire fut donné aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ou de Malte, qui creusèrent à côté un puits en souvenir du baptême que Notre-Seigneur reçut de saint Jean-Baptiste, titulaire de leur Ordre. Ce puits, qui n'existe plus, a donné son nom usuellement au carrefour. Après l'introduction des Barnabites à Annecy (1614), la chapelle groupa les hommes chaque dimanche pour l'un des quatre catéchismes qui, suivant l'ordonnance de saint François de Sales, devaient avoir lieu à Annecy. A l'époque de la Révolution elle tombait de vétusté et fut complètement détruite. (D'après le chanoine Mercier, Souvenirs historiques d'Annecy. Annecy, 1878, chap. VII, ..p.120.)
[578] - Denis, fils aîné de Jean de Saconay, seigneur d'Esery, de Truaz, de Prat et du Roux, et d'Aimée des Clets, était frère de Louis, chanoine-comte de la métropole de Lyon, que nous avons rencontré dans la correspondance de notre Saint. (L1, note 279).Il épousa Charlotte de Chissé, fille de Jean, seigneur de Pollinge. En octobre 1597, il présente Jean des Clets pour titulaire d'une chapelle de l'église de Thônes dont il était patron ; l'acte d'institution de cet ecclésiastique, du 21 du même mois, qualifie le présentateur : " noble et puissant Denis de Sacconay, seigneur du dit lieu, Lorsier, Truaz et coseigneur de la Val-des-Clets. " (R. E.) L'Armorial de Savoie, vol. V, p. 330, n'indique pas la date de sa mort.
[579] - Le 15 janvier 1580, Pierre de Saconay, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, reçut à la Valette (Malte) la profession d'Antoine de Riddes. Il fut grand croix de l'Ordre, commandeur de Genevois, Compésières, Bellecombe et Montferrand, puis grand-prieur d'Auvergne ; on voit par notre texte qu'il possédait déjà cette dignité en 1593. Jouvencel (L'Assemblée de la Noblesse de la Sénéchaussée de Lyon en 1789, Lyon, 1907, p. 875)dit qu'il mourut en 1610 ; mais d'après l'Armorial de Savoie, il était présent au contrat dotal de son neveu Claude-François le 13 juin de cette année, et habitait en 1613 la maison-forte de Saconay à Esery.
[580] - Leçon fautive du Procès; il faut celebrabit.
[581] - Ajouté d'après Charles-Auguste ; addition qui concorde avec le titre de cet article où quatre fêtes sont annoncées.
[582] - L'église Saint-Marcel est une des plus anciennes de Rome et des premières qui aient été accordées au Clergé régulier mendiant. Le Pape saint Marcel 1er la fonda dans la maison même de sainte Lucine, matrone romaine, et après l'avoir consacrée et largement dotée, y exerça les fonctions de son pontificat ; il y mourut le 16 janvier 309, alors qu'elle avait été transformée en étable par Maxence, et lui-même condamné par le tyran à servir dans les écuries impériales. Rendue au culte avec splendeur vers 320 par saint Sylvestre 1er, l'église fut dédiée au Sauveur ; mais ensuite, le même Pontife, qui lui assigna un titre cardinalice, la plaça sous le vocable de Saint-Marcel, dont le corps y avait été transféré par saint Pascal 1er. Si grande était la vénération du peuple romain pour cette église, que, à l'occasion de la peste qui sévit pendant l'interrègne de Pélage II, elle fut désignée par Grégoire 1er pour but des processions ordonnées par lui afin d'obtenir la cessation du fléau. Collégiale avec un archiprêtre et dix chanoines jusqu'en 1369, elle fut à cette époque accordée aux Servites, sur le consentement du cardinal titulaire. Un incendie la réduisit en ruines au mois de. mai 1519 ; les Religieux, avec le concours des aumônes des fidèles, la firent rebâtir d'après les plans de Sansovino. (Moroni, Dizionario di erudizione storicoecclesiastica, Venezia, vol. XII, 18._2, pp. 80-88.) - Quant à l'Archiconfrérie mentionnée par saint François de Sales et érigée en l'église Saint-Marcel, elle doit son origine à la vénération dont un Crucifix qui s'y trouvait fut entouré, surtout depuis sa préservation miraculeuse lors de l'incendie de 1519. Non seulement il demeura intact au milieu des flammes, mais même la lampe qui brûlait toujours devant lui resta allumée. Pendant la peste de 1522, de pieux fidèles se réunirent en une association pour implorer la miséricorde divine ; ils portaient en procession la sainte image jusqu'à la basilique de Saint-Pierre, demandant avec larmes le pardon de leurs péchés. Les statuts de cette association, appelée dans la suite Archiconjrérie du très saint Crucifix, furent approuvés en 1523 par le Pape Clément VII. Une église bâtie non loin de Saint-Marcel, par les soins des cardinaux Alexandre et Ranuccio Farnese, est actuellement le siège de l'Archiconfrérie ; mais le Crucifix miraculeux se vénère encore dans l'ancien sanctuaire, où une riche chapelle lui fut élevée en 1613. (Moroni, ibid., vol. Il, J840, p. 302.)
[583] - Le formulaire de la réception des confrères manque dans le Procès.
[584] - Saint François de Sales, Prévôt du Chapitre, fut le premier Prieur de la Confrérie. On se rappelle que le 31 mai 1594, mardi de la Pentecôte, il conduisit les confrères en pèlerinage à Aix, où se conservait une parcelle insigne de la vraie Croix. Voir L1, note 89, la lettre qu'il écrivit à ce sujet au sénateur Favre trois jours auparavant, et Charles-Auguste, Histoire, etc., liv. II, p.72.
[585] - Ces Statuts furent-ils soumis alors à l'approbation du Saint-Siège et demanda-t-on à Clément VIIIdes Indulgences en faveur de la Confrérie ? Aucun document ne nous en fournit la preuve ; il semble même, d'après le fragment de 1603 donné à la p. 384, qu'on dut se contenter de l'approbation épiscopale : Ces "Statutz ", y est-il dit, " sont legitimes,... approuvés par l'Ordinayre.. Quant aux Indulgences, nous n'avons que celles accordées par Paul V le 10 avril 1607. {note 594)
[586] - Le 3 novembre 1632, Jean Choppel (al. Choppet) dépose au 1er Procès de Béatification de son Evêque ; il se dit âgé de soixante-douze ans, fils " d'honnorable Jacques Urbain Choppel, en son vivant bourgeois et marchand d'Aiguebelle. Je suis prebstre, " ajoute-t-il, " chanoine et chantre de Nostre Dame." (Ad 2um interrog.) Prêtre le 17 décembre 1588, curé deChanay le 29 janvier 1590, il permuta sa cure contre celle de Quintal le 10 décembre de l'année suivante. Est-ce par erreur que notre texte le qualifie de " recteur de l'église paroissiale de Ghanay, au lieu de Quintal, ou bien Jean Choppel était-il redevenu titulaire de la première avant septembre 1593 ? Le 1er mars 1633 on le trouve célérier du. Chapitre de Notre-Dame, et il vivait encore en septembre de la même année.. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 160, sous le nom de Ghappet ; R. E. et Registre capitulaire de Notre-Dame de Liesse d'Annecy, 1633-1637.)
[587] - Un " sieur Servand " est mentionné dans les Registres capitulaires de Notre-Dame, parmi les " prestres d'honneur " de la Collégiale, les 15 décembre 1621, 6 avril 1633 et 8 novembre 1634 ; c'est sans doute Michel, et c'est tout ce que nous savons sur lui.
[588] - Charles-Auguste l'appelle Chappaz, mais à tort, à moins que ce soit là un surnom sous lequel notre ecclésiastique fut parfois désigné, comme cela arrivait fréquemment à cette époque. Jacques de Capre ne se trouve pas dans le Dictionnaire du Clergé, où figurent plusieurs prêtres portant le nom de Capré {vol. I, p. 141) ; mais nous savons par les Registres épiscopaux qu'il fut appelé comme témoin à des actes du 14 et du 25 juillet 1600 et à deux autres du 29 août 1601. Peut-être appartenait-il à la famille de "Jacques de Capris, chapelain, " lequel vivait en 1518. (Armorial de Savoie, vol. I, p. 305.)
[589] - Sa patente de vicaire est du 2 février 1588 et son acte d'institution comme curé de Ballaison, du 1er juin 1590. Il desservit ensuite la paroisse de Saint Alban, près Chambéry, qu'il permuta avec Saint-Offenge-Dessous le 9 décembre 1627. Parmi les témoins qui, le 27 février 1624, entouraient le lit de mort du président Favre qui remettait au notaire son testament, se trouvait " Loys Guichon, prebstre ; " lui-même mourut en septembre 1630. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., I, p. 415, et Mugnier, Hist. du Président Favre, Paris, Champion 1902, p. 503.)
[590] - Le 27 janvier 1620, un " Me Guichon ", notaire à Chambéry, reçoit un acte du président Favre (Mugnier, ibid., note (1), p. 462) : ne serait-ce pas le nôtre ?
[591] - Ajouté d'après Charles-Auguste, ainsi que le nom du chanoine Mugnier ; plus bas. La double omission est due sans doute au copiste du Procès d'où nous avons tiré notre texte.
[592] - Le même chanoine Etienne de la Combe qui a signé plus haut ; il contresigne ici en qualité de secrétaire du Chapitre cathédral.
[593] - Jacques Dufour succéda au greffe de l'évêché à son frère Jean, mort en 1587. Il commence le 28 août à inscrire les actes dans un nouveau Registre (1587-1596), et continue jusqu'au 4 juillet 1601. Le 10 septembre 1587 il avait prêté serment entre les mains de Mgr de Granier, comme il le note au bas du fol. 5, verso, de son premier Registre, où il se dit aussi natif de Cluses. Il fut inhumé à Saint-Dominique d'Annecy, le 21 septembre 1601. (R. E., 1601-1602.)
[594] - Ce fragment est écrit au recto du feuillet employé par saint François de Sales pour rédiger la minute de sa lettre à la duchesse de Nemours au retour de son voyage en Piémont, vers le 18 mai 1603. (L2, note 193). Comme il quitta Annecy le lundi de Pâques, 31 mars, et n'y revint que vers le 14 mai (L2, note 188), la date approximative attribuée à ces lignes paraît vraisemblable.
[595] - On conserve à la Visitation d'Annecy un ancien Registre de la Confrérie (grand in-4°), de 1662-1810. La première page est occupée par l'inscription suivante, écrite en beaux et gros caractères romains, disposée en forme de cœur et surmonté d'une croix : CE LIVRE A ESTÉ DONNÉ A LA CONFRERIE DE LA Ste CROIX, PAR Me JEAN-FRANÇOIS CONTE, SECRETAIRE DE S. A. R., GREFFIER CRIMINEL EN LA JUGERIE MAGE DE GENEVOIS, PROCUREUR ET SOLLICITEUR DES INTEREST5 DE LADITE CONFRERIE. ANNECY, LE 4e MARS 1652. Les deux derniers chiffres ont été corrigés ; la date actuelle est 1661, bien qu'une main moderne ait ajouté à gauche, dans le blanc, en petite cursive : 16 mars 1652, jusq. 17 mars 1764. La première de ces dates ne concorde pas cependant avec celle de la première délibération inscrite au folio 4 du Registre, qui porte : " Du vingt sept febvrier mil six centz soixante deux. - Lorsque ce Manuscrit fut offert au Monastère, les rats et l'humidité avaient fait depuis longtemps leur œuvre ; plusieurs cahiers tombaient en poussière et de bon nombre de feuillets il ne restait que des lambeaux. Une partie seulement a pu être réparée, c'est la plus ancienne : elle va de 1662 à 1763, mais avec bien des lacunes. Les feuillets sont chiffrés seulement au recto ; sur les trois premiers a été copié l'Abbregé des exercices spirituelz et Indulgences, etc., et sur la page qui précède le fol. l, la Note concernant la Confrérie : nous reproduisons ici l'un et l'autre. - L'écriture de ces pièces n'est pas la même que celle des folios 4 et suivants ; elles durent être transcrites dans le nouveau Registre ou en 1652 ou au début de 1662. Mais leur rédaction remonte à 1607, comme le prouve cette note écrite de la même main à la fin des " Indulgences " (fol. 3, verso) : " L'extraict des dittes Constitutions et Indulgences a esté tiré sur une feuille imprimee a Thonon par Marc de la Rue, imprimeur ordinaire de la Ste Maison de Nostre Dame de Compassion, l'annee 1607. " Bien que ces lignes ne fassent pas mention de la Note relative à la Confrérie, il est très probable qu'elle fut imprimée en tête de la même feuille, pour l'instruction des confrères et des personnes qui, à leur exemple, voudraient s'enrôler sous l'étendard de la Sainte Croix. On y reconnaîtra le style de saint François de Sales qui la rédigea peut-être pendant le séjour qu'il fit à Thonon en 1607 à l'occasion du Jubilé ; il y passa tout le mois de mai et une partie de juillet. (Op2, notes 193,196,197,199. Le Saint dut en même temps réviser l' " Abbregé " des Statuts et des Indulgences avant de les livrer à l'impression. Nous avons, en effet, un autre texte de ce double document ; il est inséré dans le IId Procès de Canonisation, tome V, et a été publié par Migne, tome VI, col. 1113, 1114 ; nous le donnons ci-après en seconde leçon. - Selon toute vraisemblance, l'une des rédactions du n° 2 fut présentée au Pape Paul V pour obtenir l'approbation des Statuts et les Indulgences ; la mention de ces dernières dans le Sommaire imprimé en 1607 autorise à .croire que c'est plutôt l'autre qu'on soumit au Pape.
[596] - Sur cette église, cf L4, note 64.. - Le chanoine Mercier qui, dans ses Souvenirs historiques d'Annecy, a consacré un chapitre très intéressant à l'église et au couvent de Saint -Dominique (chap. IX), semble avoir ignoré que l'une des chapelles fut affectée en 1607 aux exercices de la Confrérie de la Sainte Croix ; car il ne mentionne pas le fait aux pp. 150-151 où il parle des autres Confréries et corporations qui se groupaient jadis dans l'église des Dominicains.
[597] - Les biographes de saint François de Sales et les témoins qui déposèrent pour sa béatification ne nous apprennent rien touchant les critiques auxquelles la Confrérie fut en butte et les obstacles qu'elle eut à surmonter ; mais on voit par ces lignes et par la pièce précédente que les unes et les autres ne lui manquèrent pas. Elle en triompha néanmoins et fut très florissante jusqu'à la Révolution. Reconstituée immédiatement après la tourmente, elle eut son siège en l'église paroissiale de Saint-Pierre (la cathédrale actuelle), pour être plus tard transférée en celle de Notre-Dame de Liesse. Vers 1840 elle comptait un grand nombre de confrères, ayant pour prieur l'avocat Favre, dit " le Législateur " ; actuellement, elle réunit encore un certain nombre de membres.
[598] - Cet acte était du P. Chérubin de Maurienne et daté de Turin, 25 novembre 1602. En qualité de "commissaire et délégué apostolique, et de député de Son Altesse pour l'érection, fondation et avancement de la Sainte-Maison, " il acceptait les modifications de la Bulle fondamentale (13 septembre 1599) proposées soit par le Sénat et la Chambre des Comptes, soit par les représentants de la Sainte-Maison envoyés exprès à Turin. Toutefois il demandait que les déclarations de ces représentants fussent approuvées et légalisées par le Saint. Jean d'Eloise, prêtre, et Ferdinand Bouvier, laïque, furent les délégués choisis par le corps ecclésiastique et laïque de l'établissement pour passer un accord touchant les modifications à faire à la Bulle de fondation, lesquelles d'ailleurs étaient désirées par fa Sainte-Maison même. Elles sont signées par le duc de Savoie le 2 décembre.
[599] - Plusieurs auteurs donnent à ce Mandement la date du mois d'août, sans quantième ; une déchirure en a fait disparaître toute trace sur le placard imprimé de l'époque et inséré dans le Registre de la Confrérie qui se conserve aux archives du presbytère de Thonon. Nous croyons qu'il a été écrit entre le 1er et le 11, car le lendemain le Saint partait pour Gex d'où il était certainement de retour le 22 ; mais cette dernière date nous semble un peu tardive pour annoncer des Indulgences à gagner le 8 septembre.
[600] - Il avait été publié par Mgr de Granier le 31 juillet 1602. Saint François de Sales en donnant son Mandement, l'avait fait précéder de celui de son prédécesseur, dont on trouvera le texte à l'Appendice.
[601] - Lorsque dans les premiers mois de 1599 commencèrent à Rome les pourparlers pour la fondation de la "Maison de misericorde ou hospice de vertu " pour les convertis, Mgr de Granier adressa au Pape un Mémoire qui fut bientôt suivi d'un autre plus ample du P. Chérubin, où celui-ci dit entre autres choses que la Congrégation se nommera " Maison de Notre-Dame des Sept Douleurs ". Clément VIII, dans sa Bulle de fondation de la Sainte-Maison, la désigne ainsi : una domus Albergamentum nuncupanda omnium scientiarum et artium, sub invocatione Beatœ Mariœ Compassionis, seu Septem Dolorum ; titre qui lui fut donné pour renouveler une dévotion que les peuples voisins de Genève avaient eue pour la Sainte Vierge sous cette dénomination. Pendant l'Année sainte (1600), de nombreux convertis affluèrent à Rome ; le Bienheureux Juvénal Ancina, secondé par le P. Chérubin, jeta alors les fondements de la Congrégation des hérétiques convertis, qui eut des rapports avec la Sainte-Maison. {L4, note 421). Le Souverain Pontife, voulant encourager celle-ci dans ses débuts, permit que son intention fût connue à Rome même ; presque aussitôt, il s'établit dans la ville une Société ou Confrérie de Notre-Dame de Compassion, liée à l'œuvre de Thonon, dans laquelle entrèrent un grand nombre de Cardinaux et de Prélats. Charles-Emmanuel, de son côté, fit imprimer des lettres où il recommandait la Confrérie et engageait ses sujets à s'y enrôler ; les Evêques de Savoie et de Piémont souscrivirent à ses pieux désirs, et l'on voit notre Saint figurer parmi les signataires. Plus tard (18 octobre 1605), le Nonce à la cour de Turin demande au cardinal Borghese l'autorisation, pour les administrateurs de la Sainte-Maison, de quêter dans toute l'Italie, afin de subvenir aux besoins si nombreux de l'œuvre des convertis. Le Pape Paul V hésite d'abord ; puis, non seulement il accorde cette autorisation, mais par Bref du 4 septembre 1606 il recommande les confrères de Notre-Dame de Compassion de Thonon, auxquels il permet de quêter partout où la religion catholique est en honneur. Enfin, au mois de décembre de la même année, Sa Sainteté ratifie par un autre Bref l'approbation donnée de vive voix par Clément VIII, confirme à perpétuité la Confrérie et ses Statuts, et saint François de Sales publie, le 1er mai 1607, les Indulgences obtenues. (Voir ci-après la pièce nO v, P.400.) - Vers la fin du XVIIe siècle, la pieuse Association était encore florissante ; alors elle commença à ne plus guère compter parmi ses membres des étrangers au pays. Les noms les plus considérés de Thonon et des environs se lisent dans le Registre, et après la tourmente révolutionnaire, la série des inscriptions, qui avait été interrompue, est reprise jusqu'à nos jours. Le siège de la Confrérie fut, jus qu'en 1793, une chapelle toute proche de l'église paroissiale; l'habit, dans les réunions et processions, consistait pour les hommes en un froc de toile gros bleu, serré à la ceinture par un cordon de même couleur, avec un capuchon de même étoffe couvrant la tête et pouvant se rabattre sur les yeux ; les femmes portaient la robe et le grand voile, bleu aussi. Tous devaient être revêtus de cet habit sur leur lit de mort et dans le tombeau. En 1809, M. Neyre, curé de Thonon, obtint l'union des Confréries de Notre-Dame de Compassion et du Saint-Sacrement; en signe de cette union, l'Evêque prescrivit que les confrères porteraient le cingule blanc sur le froc bleu. De nos jours, la couleur de ce dernier a disparu ; pour conserver sous un autre insigne l'institution elle-même, on a cru nécessaire de supprimer l'habit, et ainsi les confrères de Notre-Dame de Compassion ont cessé d'être les " Bleus" légendaires du temps de saint François de Sales.
[602] - On pouvait en effet la mettre en doute, puisque plus d'un mois après, le 20 septembre 1603, parut à Lyon une proclamation de M. de Chevrières, Myolans, Saint.Chamond. etc., lieutenant général pour Sa Majesté, interdisant de s'inscrire dans la Confrérie de Thonon. " Plusieurs grandes sommes de deniers auroient esté levees par forme d'aumosne sur les subjets " du Roi, disait-il, " contre tout ordre de charité qui nous commande de preferer aux estrangers... les pauvres qui sont entre nous et a nos portes. " Il y a même " en ce royaume, par le bienfaict de nostre Sainct Pere le Pape et du Sainct Siege, assez d'autres devotions pour faire nostre salut. " En conséquence, " defences a tous subjets de Sa Majesté residens en ce gouvernement, soit ecclesiastiques, gentilshommes et autres..., de se souscrire ou enrooller en ladite Confrerie, ni de passer audit lieu de Thonon pour cet effect. Mesmes aux ecclesiastiques de ne convier aucun, en public ou en particulier, de s'obliger a icelle, sur peine de crime de leze majesté... Aux desja enroolez, nous faisons commandement sous pareilles peynes de s'en despartir incontinent. " Les "derniers troubles des guerres " étaient les représailles des Genevois, dont nous avons parlé Op2, note 109..
[603] - II y a ici une déchirure dans l'original; nous maintenons la leçon de Migne, quoiqu'elle nous semble fautive.
[604] - " Ce grand Pontife; " dit Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. V, p. 298), " disant adieu à ses chers Prestres de Tonon, leur laissa par escrit ce beau tesmoignage. " Il y était encore le 21 septembre; le 23 on le trouve à Viuz-en- Sallaz.
[605] - La Bulle de fondation de la Sainte-Maison, 13 septembre 1599.
[606] - Cette note, écrite sur une petite bande de papier de 19 cm. 1/2 de longueur sur 8 cm. 1/2 de largeur, n'est pas tout entière de saint François de Sales ; à partir de " Messire Maniglier ", elle est d'une autre main. Cependant la couleur de l'encre est absolument la même ; on peut donc croire qu'elle a été toute tracée le même jour. Au mois d'août 1605 le Saint fit une course en Chablais; le 25, à Thonon, il passe une convention avec dom Bergera, relativement aux cures du pays : il n'est pas invraisemblable de placer cette note vers cette époque, d'autant que plusieurs autres raisons sont en sa faveur.
[607] - Les lettres patentes de Charles-Emmanuel qui assignaient à la Sainte Maison 2000 écus d'or sont du 13 avril 1604.
[608] - C'est-à-dire de Saint-Hippolyte (L8, note 160).
[609] - Bernardin II, fils de Philippe de Savoie-Racconigi et de Paule Costa, des comtes de Bene. A la mort de son père, il avait pris les titres de comte de Racconigi et Pancalieri, et dans les partages avec ses frères il reçut les seigneuries de Cavour et Villefranche. Il suivit la carrière des armes et en 1566 il fut au nombre des chefs envoyés en Hongrie contre les Turcs. Gouverneur de Charles-Emmanuel, chevalier de l'Ordre de l'Annonciade, capitaine des archers des gardes du corps, M. de Racconigi, très puissant dans les affaires d'Etat, est souvent chargé de missions importantes. En 1582, il tente au nom de son prince une entreprise contre Genève, mais elle échoue. Il épousa en premières noces Isabelle Grillet, et en secondes noces Marie Gondi, sa tante ; il mourut en 1605. (D'après Litta, Tavole gettealogiche : Duchi di Savoia, tavola VIII ; Cibrario, Genealogia dei Reali di Savoia e d'Italia, etc.)
[610] - Le prieuré de Bellentre, en Tarentaise, de l'Ordre de Saint-Augustin, uni à la Sainte-Maison par Bulle du 12 avril 1602, union qui fut confirmée la même année par une autre Bulle du 11 décembre.
[611] - Saint-Jeoire ou Saint-Georges près de Chambéry, mentionné L10, note 157. Le possesseur de ce bénéfice était Grégoire Petrocchini, des Ermites de Saint-Augustin, né à Montelparo (Marches). Entré de bonne heure dans l'Ordre, il en exerça toutes les charges et devint célèbre par son éloquence. En 1587 il fut élu Général, rétablit la Règle primitive dans les Monastères d'Italie, se concilia l'affection de tous par sa justice, sa sagesse, sa douceur. Sixte V lui conseilla de se rendre en Espagne, où il pourvut heureusement aux affaires de son Ordre, et, à son retour à Rome, il fut créé cardinal-prêtre de SaintAugustin, le 14 décembre 1589, avec applaudissement universel. Sa doctrine, sa candeur, sa franchise le rendirent très cher aux, Souverains Pontifes qui s'en prévalurent dans les affaires les plus délicates. En 1611, Paul V le nomma à l'évêché de Palestrine, mais au mois de juin de l'année suivante le pieux Prélat mourut à Rome, à l'âge de soixante-dix-sept ans. (Ciaconius, Hist. Ponti/. et Gard., tome IV, 1677, p. 197.)
[612] - Sur le prieuré de Bonneguête, note 105. Le curé de Versonnex était Jean Delavenay (note 104).
[613] - Nous n'avons pas réussi à découvrir qui était économe de la SainteMaison en 1605 ; peut-être Jean Petitjean, dit Pirasset, que nous proposons sous toutes réserves. Le sacristain était Pierre Bojat ou Bojact, ou encore Boëjat, né à Chessenaz, et prêtre le 27 mai 1600. Déjà en 1603, il signe : "Sacristain de l'eglise de Notre Dame de Compassion, " où il demeura quarante-neuf ans. Il mourut à Thonon le 31 mars 1652. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 91). Félix de la Balme reçoit la prêtrise le 26 mars 1605 et ne fait qu'un court séjour à Thonon. En 1608 il est archiprêtre des Machabées ; en cette qualité il signe, comme témoin, le 9 juin 1627, la lettre du Chapitre de la Cathédrale à don Juste Guérin, procureur de la cause de Béatification de François de Sales. (Mgr Rebord, ouvrage et volume cités, p. 31). Ordonné prêtre le 22 février 1592, Louis Randollet resta peu de temps à la Sainte-Maison ; on l'y trouve encore en 1606. Le 13 décembre 1590 il est économe de Boussy, qu'il permute le 5 juin 1611 avec Motz en Chautagne, et meurt en mai 1626. (Ibid., II, p. 657.)
[614] - Claude Marin (L1, note 287).
[615] - Pierre, une des premières conquêtes de l'Apôtre du Chablais. (L1, note 136 ; Op1, note 197)
[616] - Guérin Mugnier ou Muneri, châtelain d'Allinges ct de Thonon. (L2, note 151)
[617] - Lorsque le 25 mai 1602, Mgr de Granier mit à exécution la Bulle du 13 septembre 1599 à l'occasion du grand Jubilé de Thonon, ouvert le même jour.
[618] - Ces Indulgences furent publiées lors du Jubilé accordé par le Pape Paul V à la ville de Thonon. (Op2, notes 193,195)
[619] - Voici ce que dépose Etienne Mouthon (Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 2) : " Aiant esté esleu prieur de la Confrerie des penitentz revestus de bleu, de Nostre Dame de Compassion, ces annees mil six centz dixsept et mil six centz dixhuict, il s'adressa audict Bienheureux Evesque pour luy faire sçavoir le progres de ladicte Confrerie, lequel estoit pourté d'un zelle indicible. Encourageant les confreres, leur disoit a tous ensemblement quilz prissent courage, car avec le temps, par l'ayde de Dieu et intercession de sa Bienheureuse Mere, l'on la verroit fleurir. Ce qu'a esté faict des lhors, veu que tous les desbouchés ou plus part d'iceux, qui lhors se mocquoient des confreres, s'en sont enrollés et y ont faict un tel fruict, quilz servent de tres bon exemple au reste du peuple. Et est ladicte Confrerie de present tres peuplee, tant de la principalle noblesse de la ville, praticiens, que gens du tiers estat. " On y observe " fort estroictement les regles que feu Monseigneur leur a laissé, lesquelles ledict Mouthon nous a monstré en douze articles, enfin signees : FRANÇOIS, Evesque de Geneve. " - Ces règles données par le Saint n'ont pas été retrouvées ; on croit qu'elles faisaient corps avec les Indulgences ci-jointes, accordées par Paul V. A leur défaut, on trouvera, à l'Appendice un vieux règlement fait d'après le Sommaire des avis primitifs; il est tiré d'un opuscule imprimé au XVIIIe siècle et " réimprimé fidèlement en 1857, sur l'ancienne édition, par Marc Mehling. " Il porte ce titre : Sommaire des Statuts et regles de la Confrerie de Notre Dame de Compassion, fondée a Thonon et instituée par le glorieux saint François de Sales.
[620] - Var- DE THONON -- FAITZ AU CONSEIL D'ICELE, AUQUEL SONT INTERVENEUX LE Rme Sgr EVESQUE DE GENEVE, LE Sgr ABBÉ D'ABONDANCE, LE Sr PREVOT DE St PIERE, LES Rdz PP.CAPUCINS, LE Sr CHEVALIER BERGIERA ET PLUSIEURS TEOLOGIENS, ECLESIASTIQUES [PRESTRES DE LADITE Ste MAISON] ET LE Sr PROCUREUR FISCAL DE CHABLAIS.
[621] - Cet Autographe se compose de huit pages in-4°, corrigées et annotées par deux autres mains que nous n'avons pu identifier. L'orthographe de l'un de ces correcteurs fait supposer qu'il est italien : serait-ce le chevalier Bergera ? La rédaction du Saint est certainement de 1607 ; la date du mois de mai ou de la première quinzaine de juillet est probable, car alors il était à Thonon pour le Jubilé. (Op2, note 196). Quant aux corrections et additions, elles ont dû être faites peu de jours avant le procès-verbal du 18 juillet de la même année; nous les donnons en variantes, et, dans le texte même, les quelques ratures de saint François de Sales, les insérant entre [ ].
[622] - Sur l'église Saint-Augustin, voir L7, note 133. - Dans les " Constitutions " pour la Sainte-Maison, signées par le Nonce et le duc de Savoie le 30 décembre 1603, le souverain exprime le désir que le Pape change " le titre Saint Augnstin a celui de Nostre Dame de Compassion et de Saint Maurice "et qu'il l'érige " en l'eglise magistrale du couvent de ladite Milice Saint Maurice. " (Mémoires de l'Acad. Salés., tome V, 1882, p. LXVII.) Le Rapport sur l'œuvre de Thonon envoyé au cardinal Aldobrandini ayant été égaré, tout resta en suspens; puis survint la mort de Clément VIII, qui interrompit les négociations. Ce fut seulement le 3 janvier 1606 qu'une nouvelle copie du même Rapport fut adressée au cardinal Borghese ; le 1er août de la même année, Paul V approuva les Constitutions et règlements de 1603. Toutefois, les documents nous manquent pour affirmer que l'église Saint-Augustin ait porté le titre de Nostre Dame de Compassion et de Saint Maurice, tandis que lors du contrat d'introduction des Barnabites au collège de la Sainte-Maison (12 avril 1616), Son Altesse " remet aux dits Peres l'eglise de Saint Augustin, appellee des SS. Maurice et Lazare."
[623] - Voir ci-dessus, note 58. Dans l'acte d'institution de Jean de Châtillon comme plébain de Thonon (4 juillet 1609), l'église paroissiale, c'est-à-dire celle de l'ancien prieuré, est désignée sous le vocable de la "Bienheureuse Marie de Compassion et Saint Hippolyte ". (R. E.)
[624] - Var- de Nostre Dame de Compassion, - demorera (sic) sous ledit tiltre de Nostre Dame et sera unie et conjoncte a l'aultre, et en icele sera fait l'Ofice solenel toutes les faistes et vellies de Nostre Dame.
[625] - Soit le prêtre qui remplissait les fonctions de curé.
[626] - Var- et absenter plus de 15 jours une foys en l'année.
[627] - Var - a leur entree demeureront un'annee de probation; - (l'autre main a écrit en marge: Deux années de probation) - la quele expiré, seront tenus de s'obliger audit service [ pour trois annees ; et ainsi, de trois annés en trois annés, refreschiront lesdites promesses.] - (L'autre main a écrit en marge, vis-à-vis de cette rature : Jurer les Regles de la Mayson.)
[628] - Dans les " Constitutions " de 1603, il est ordonné au chevalier qui représentera la sacrée Milice à la Sainte-Maison et qui sera le Conservateur de celle-ci, de porter. une croix des Saints Maurice et Lazare, selon la coutume ordinaire, un peu grande, et au dedans, une petite Nostre Dame de Compassion, avec sept espees comme sept raions. " Quant aux " ecclesiastiques d'icelle Maison, " ils " en porteront quelque devote marque avec celle de N. D. de Compassion. " (Mém. de l'Acad. Salés., tome V, pp. LXVI, LXVII.) Voici en outre ce qu'on lit dans la séance du Conseil de la Milice, du 12 septembre 1607 : " Touchant la croix que doivent porter les prêtres de la Sainte-Maison de Thonon, il faut leur écrire qu'elle doit être de giambellotto et de la même forme que celle des Chevaliers ; s'ils veulent qu'on y ajoute l'image de la Sainte Vierge, qu'ils envoient de là-bas un modèle... " (Turin, Archives de la Grande Maîtrise de l'Ordre des Saints Maurice et Lazare, Mazzo 3, n° 5.)
[629] -Var- 14 muys - qui soit bon et recevable. (On a adjouxté d'autre bled, et sont chargés de faire toutes les aumosnes.)
[630] - Var- (Autre main :) Ilz logeront et recevront avec eux les personnes...
[631] - Var- medicamens. - Les aulmones faites a l'eglise demeureront au corps de la Maison, corne ausi toutes ofrandes d'argent ou cire.
[632] - Var- a la prim'aube. – Et les aultres se diront a St Maurice, dit S. Augustin, au moins une la sepmaine.
[633] - entre 9 et 10. - Les vellies e (sic) faistes de Nostre Dame se faira l'Ofice alla (sic) susdite eglise de Nostre Dame. - (Autre main :) Diront Messe tous les jours, excepté quils soient detenus pour cause raysonnable.
[634] - Claude Grandis (L1, note 270 ; L3, note 250) fut en effet Préfet de 1608 à 1613. M. Lavanchy, La Sainte-Maison de Thonon, note (1), p. 77, et Mgr Piccard, L'Université Chablaisienne ou la Sainte-Maison de Thonon, p. 71, affirment que Rd Balthazard Maniglier (L1, note 284) ne fut jamais plébain, ou curé, mais seulement vice-préfet. D'autre part, Jean de Châtillon ne fut institué plébain que 4 juillet 1609, et le 3 février 1607 le cardinal Borghese écrit au saint Evêque : " On présuppose que M. Balthazard Maniglier soit tellement nécessaire au gouvernement de la Maison de Thonon, que S. Sté n'est pas d'avis qu'on l'en retire pour le moment. Aussi je dis de sa part à V. S. que, pourvu que l'église paroissiale dont il est titulaire " - c'était Serraval – " soit bien pourvue, elle ne se mette pas en peine pour la résidence dont, en ce cas, le Saint Père veut qu'il soit dispensé pour six mois; à partir de la date de la présente lettre. " (Rome, Archives Vaticanes, Borghese II, 407.) - Sur M. Jean Petitjean, dit Pirasset, voir ci-dessus, note 268 ; Pierre Bouverat, L11, note 729) ; Claude Magnin, L7, note 219) ; Félix de la Balme et Pierre Bojat, voir ci-dessus, note 613. - M. Maurice serait-il Rd Avrillon ? Mais d'après les listes données par Mgr Piccard et M. Lavanchy (ubi supra, pp. 274 et 132), il ne figure à la Sainte-Maison que depuis 1613, et il est prêtre seulement en 1611 ; de plus, est-il le seul à être désigné par son prénom ? Dans le Dictionnaire du Clergé nous ne trouvons que Laurent Maurice, qui reçut la prêtrise le 27 mars 1610 et entra en 1628 dans la Compagnie de Jésus ; la date de son ordination sacerdotale suffit, nous semble-t-il, pour l'exclure du groupe des prêtres proposés. - " M. Ste Catherine " est Philippe de Quoex (L2, note 41), envoyé à Thonon en 1608.
[635] - Le chevalier Thomas Bergera fut élu pour remplir cette charge, comme on le voit L1, note 221.
[636] - Var- determinera. - Et les aultres seront faitz par advis du Conseil, et seront signés par le sr Conservateur, Perfait (sic) et un dudit Conseil.
[637] - Var-450 florins - surquoy se nourriront en commun.
[638] - Donc à cette date on espérait encore les PP. Jésuites pour le Collège, mais ils ne revinrent jamais. (Op1, note 238)
[639] - Déjà dans les " Constitutions " de 1603, le Séminaire de la Sainte-Maison avait un article spécial où il était dit que seraient " admis les pauvres enfants, mais doüez de capacité et d'habileté d'esprit, " et même " quelques uns de la province du Valay. Selon les aumosnes des fidèles " on pourra " accroistre le nombre des dits jeunes enfants, lesquels au moins devront estre sept, destinez au nom et reverence des sept Douleurs de Nostre Dame. " (Mém. de l'Acad. Salés., tome V, p. LXXVIII) Faute de ressources, ce projet avorta.
[640] - Var- Sera eleuu (sic) et deputé un assistant au dit sr Conservateur
[641] - Var- auquel ledit sieur Conservateur fera payer 240 ff.
[642]- Var- d'un prœstre - pour estre les prestres paiés d'alieurs par la Ste Maison, come desus.
[643] - Var- au supplement. - Et a ce (sic) fins a esté eleu N. C. Marin, Procureur fiscal pour S. A. en Chablais.
[644] - Du même format que la précédente, cette pièce semble en être le résumé. Tous les articles sont barrés par un ou deux traits verticaux, sauf le n° 7 qui répète, à quelques mots près, la leçon de l'article précédent.: Des autres despenses de la Sainte Mayson a la gloire de Dieu. La couleur de l'encre n'est pas la même que celle du document VI ; si nous lui assignons la même date, ce n'est pas sans faire quelques réserves.
[645] - Ce Procès-verbal, inséré dans le 1er Procès de Béatification de saint François de Sales (Script. compuls., p. 384), n'y porte pas de date. Elle nous est fournie par M. Lavanchy, La Sainte-Maison de Thonon, p. 37, et par des notes copiées à Turin, Archives de la Grande Maîtrise de l'Ordre des saints Maurice et Lazare. Le saint Evêque partit de Thonon le jour même.
[646] - Depuis 1602, l'ancien précepteur du Saint, Jean Déage, remplissait cette charge. (L1, note 30 ; Op1, note 121).
[647] - Elles furent signées " le penultieme de decembre 1603 " par Mgr Tolosa, évêque de Bovino, Nonce à Turin (L2,note 258). On les trouve in-extenso dans le tome V des Mémoires de l'Académie Salésienne, pp. LXVLXXXV.
[648] - Le 25 mai 1602, lors de l'ouverture du grand Jubilé de. Thonon.
[649] - Sur le prieuré de Saint-Hippolyte, voir L8, note 160 ; sur la " Sainte Mayson d'heberge " voir L5, note 745 ; sur le Séminaire, voir ci-dessus, note 639.
[650] - Le P. Abonde (L1, note 256), nommé Custode de Savoie en 1602 et confirmé en cette charge l'année suivante au Chapitre de Lyon, l'exerça jusqu'au mois d'octobre 1609; il devint alors Custode de la province de Bourgogne. Après avoir été Provincial de Lyon, il le fut en Provence deux années. La date de sa mort nous est inconnue. (Nécrologe et Annales biogr. des Frères Mineurs Capucins de la Province de Savoie, 1611-1902, par le P. Eugène de Bellevaux, p. 301.)
[651] - Sur Claude Grandis voir L1, note 270 ; L3, note 250. – Quelques renseignements supplémentaires complèteront la note donnée L2, note 66 sur Nicolas Gottry. Il reçut la prêtrise le 23 décembre 1589 ; après avoir été curé de Combloux et de Cholex, il échangea cette dernière cure avec celle de Passy le 6 février 1623, et renonça à son canonicat non pas le 16 février 1633 (comme il a été dit L2), mais le 20 février 1630. Sa mort arriva au mois de mai de l'année suivante. (Mgr Rebord, Dictionnaire du Clergé, etc., l, p. 395.)
[652] - Ces " articles " sont évidemment les Advis sur l'establissement de la Sainte Mayson contenus dans la pièce VI.
[653] - On remarquera facilement comme le saint Evêque insiste sur l'indépendance que la Sainte-Maison doit garder vis-à-vis de la Milice des Saints Maurice et Lazare. II savait par expérience que MM. les Chevaliers tendaient souvent à accaparer, cherchant leurs propres intérêts au détriment de la religion catholique qu'ils avaient cependant mission de protéger et maintenir.
[654] - En 1613, M. Claude de Blonay (L2, note 148) accompagna saint François de Sales à Turin et à Milan, et lorsque celui-ci quitta la première de ces villes le 18 mai, il l'y laissa pour solliciter les " despeches " (L6, notes 15,18). Ce Mémoire, qui d'après l'écriture ne doit pas être postérieur à l'année 1616, serait-il de 1613 ? Le Nonce de Savoie, écrivant au cardinal Borghese le 12 février 1612, lui confie ce qu'il prévoit : la Sainte-Maison de Thonon, dit-il, " deviendra une commanderie des Chevaliers " des Saints Maurice et Lazare. D'autre part, on lit dans les Actes de la Grande Maîtrise de l'Ordre, sous la date du 28 juin 1614, cette proposition du chevalier Bergera : " Pour maintenir la possession de la Sainte-Maison à la Religion, il faut avoir deux lettres de Son Altesse : l'une à l'Archevêque de Vienne, l'autre au Conseil de la Sainte-Maison, en recommandation des droits et de la possession. de l'Ordre. (Turin, Archives de la Grande Maîtrise, Atti delle Sessioni, vol. 3, fol. 73.) Ces documents semblent concorder avec notre texte dont nous les rapprochons. Il est peu probable que M. de Blonay soit allé de nouveau à Turin en 1614 ; c'est pourquoi la date indiquée ci-dessus est proposée, mais sous toutes réserves.
[655] - L'archevêque de Turin, Mgr Charles Broglia, qui eut toujours fort à cœur les intérêts de la Sainte-Maison. (L2, note 250)
[656] - Mgr Pierre-François Costa, évêque de Savone, Nonce à la cour de Turin depuis l'été de 1606. (L3, note 315)
[657] - Le Saint adresse son Mémoire à « Messieurs du Conseil. pour qu'ils en prennent connaissance et le fassent ensuite parvenir au destinataire.
[658] - Le manuscrit de ces Constitutions, conservé aux Archives de l'Académie Salésienne et coté n° 14, est une copie du XVIIIe siècle, faite non pas sur l'original, mais sur une autre copie provenant de " Thomas Maupau, jadis secretaire de la Congregation de N. D. de Compassion " de Thonon. Il atteste, le 24 juillet 1637, avoir " copié les susdites Constitutions sur leur original, qui est demeuré en ladite Sainte Maison, sans rien ajouter, diminuer ou changer du sens d'icelles, pas seulement une sillabe... " Signé : "THOMAS MAUPEAU, curé de Larringe. " Son attestation est suivie de celle de Pierre-François Jay, vicaire général et Official de l'évêché de Genève pendant la vacance du siège, qui dit avoir collationné mot à mot avec l'original la copie de Maupeau, et l'avoir munie du sceau de l'évêché. Elle fut déposée aux Archives épiscopales, mais ne s'y trouve plus actuellement. - Le manuscrit des " Constitutions et régies de l'Oratoire de Tonon " que l'on garde aux Archives de l'Académie Salésienne, doit dater de 1751 ou 1752, car l'enquête à la suite de laquelle elles furent transcrites suivit de près la mort de Rd Fignier, Préfet de la Sainte-Maison, arrivée le 14 mai 1751. Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. IV, p. 235) dit en parlant des Constitutions données au Presbytère : " Les Reigles et Constitutions " que le Bienheureux " escrivit de sa main propre, estoyent'telles : Le Prefect et les Prestres... " etc. Et après avoir cité le texte il ajoute : " Telles sont les loix... que ce sainct et tressage Prevost bailla pour le commencement a ses Prestres de la Saincte Maison....ausquelles, depuis, l'experience et le temps lui ont faict adjouster quelques poincts. " A la Table des Preuves, le biographe indique sous le n° 20 les mêmes Constitutions, mais sans préciser la date. Quelques auteurs prétendent qu'elles furent rédigées avant la fin de 1599 ; ils se trompent. Nous en avons la preuve péremptoire dans la lettre du 8 janvier 1600, que Rd Clerc ou Clerici adresse de Rome au duc de Savoie : " Tout maintenant, " dit-il, " je viens de recevoir... le motu proprio de Sa Sainteté, et n'ay pu retarder une heure d'escrire a V. A. " Ce motu proprio n'est autre que la Bulle d'érection de la Sainte-Maison, comme on le voit par la suite de la lettre citée. Supposant que M. Clerici l'ait envoyée tout de suite au duc ou au Nonce, et que ce dernier l'ait expédiée aussitôt à Thonon ou à Annecy, il fallait cependant un peu de temps à saint François de Sales pour étudier les règles de l'Oratoire de Rome, s'entendre avec son Evêque et enfin préparer sa rédaction ; mi-février ou mars 1600 serait donc assez tôt. Mais il y a plus. Charles-Auguste mentionne, comme ayant été consultés, les mêmes personnages nommés dans le Procès-verbal du 18 juillet 1607 (note 645) ; ici, il fait certainement erreur. Les Constitutions qu'il donne ne concernent que les prêtres, le règlement de leur vie et des Offices divins ; le chevalier Bergera, par exemple, n'avait rien à y voir, c'était l'affaire de l'Evêque et du saint Prévôt. - Quant au Collège, il suffit de comparer la leçon qui figure dans le document VI, note 636, avec celle de l'historien, pour se convaincre que celui-ci a dû l'emprunter à ce même document. - Enfin, le texte qu'il cite correspond presque entièrement et article par article, à celui de 1615 qui est néanmoins parfois plus détaillé. - Pour toutes ces raisons et pour d'autres encore qu'il serait trop long d'énumérer, nous reproduisons in-extenso, en seconde leçon, la rédaction empruntée à Charles-Auguste, afin que le lecteur puisse se rendre compte par lui-même de la correspondance des deux textes, et de la difficulté que nous avons à proposer une date pour celui du biographe.
[659] - Elle était datée du 13 septembre 1599.
[660] - En 1607, le Chapitre de Saint. Pierre de Genève crut devoir remanier ses anciens Statuts approuvés par Innocent VIII en 1484. Ce travail fut rédigé en deux recueils : l'un contenait tout ce qui se référait à la constitution intérieure du Chapitre, et son titre était : Statuta ecclesiœ Gebennensis ; l'autre, intitulé: Cérémonial de l'église de Genève, renfermait tout ce qui avait trait au culte et à l'Office public. (Mémoires de l'Acad. Salés., tome XIV, 1891, pp. 29 et 275.) C'est sans doute le second de ces recueils qui est mentionné ici.
[661] - C'est-à-dire, l'Oratoire fondé à Rome par saint Philippe Neri.
[662] - Ce mot, laissé en blanc sur la copie que nous reproduisons, est rétabli d'après le texte de Charles-Auguste.
[663] - Mgr Vespasien Gribaldi, archevêque démissionnaire de Vienne. (L23, note 36)
[664] - Mort à La Roche le 3 mars 1621.
[665] - Il décéda à Belley le 27 mars 1624.
[666] - La minute autographe de ce Procès-verbal, reproduite dans le 1er Procès (Script. compuls.), est en grande partie inédite. Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. V, p. 248) ne donne in-extenso que le premier alinéa et le premier articlede notre texte; de la suite, il fait une simple analyse.
[667] - Voir tome L1 note 293. Deux chanoines réguliers, François Biord et Nicolas Desfayet, " desireux de la discipline reguliere que les injures du temps avoyent abbatuë, " étaient venus prier le Saint de visiter l'abbaye et de réformer leurs Constitutions. (Charles-Auguste, version française, liv- V, p. 299.)
[668] - Abbé commendataire déjà en 1569 (L3, note 219 ; L9, note 937). Son frère Charles, chanoine d'Aix et commendataire avant lui, serait mort à Paris en 1565. L'un et l'autre étaient fils de Philippe de Mouxy, seigneur de Saint-Hippolyte, et de Philiberte Oddinet, de Chambéry. Notre Abbé fut minoré le 5 décembre 1593 et reçut le sous-diaconat le 18. (R. E.) ; il n'a jamais été admis aux derniers Ordres.
[669] - Ces Religieux étaient : Jean Moccand, prieur, Bernard et Claude de Passier, un autre Jean Moccand, François Biord, Pierre Pugin, Nicolas Desfayet, Bernard de Lucinge, et deux autres dont on ignore le nom.
[670] - Tout ne se passa pas si doucement comme semble l'insinuer le patient Prélat. Humbert de Mouxy, neveu et successeur de l'Abbé, atteste qu'il l'a vu " trois diverses fois prendre la peyne d'ouyr et accommoder les differentz d'entre le seigneur Abbé deffunct et les Religieux ; et je sçay qu'en sa presence se faisoyent des disputes grandes et fort piquantes, avec des paroles peu respectueuses et bruit excessif. Mais ce Bien-Heureux, avec une patience admirable, escoutoit et accommodoit tout, sans que jamais on recogneut en luy aucun acte ny signe d'impatience. " (Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 31.)
[671] - Aymon 1er, cinquième sire de Faucigny (1138-1168), était fils de Rodolphe 1er, et eut entre autres frères Arducius, évêque et prince de Genève. Trois faits mémorables rendent illustre son nom : il concède au bienheureux Ponce, qu'on croit généralement, mais sans preuves, être son frère, la vallée de Sixt pour fonder un monastère (1144) ; il accompagne à la deuxième croisade Amédée III de Savoie ; enfin, par une charte du 22 janvier 1551, il donne à saint Jean d'Espagne tout le territoire formant les gorges du Béol, pour qu'une chartreuse y soit établie : c'était la chartreuse du Reposoir. (Mém. de l'Acad. Salés., tome XI, 1888, pp. 14, 15.)
[672] - Déjà mentionné à la note 662, et avec plus de détails L8, note 199).
[673] - Pierre Pugin, nommé Puget à L8, note 199, d'après le Registre épiscopal des Visites, 1606-1610. Ce chanoine ne paraît pas dans un acte du 27 avril 1615 et l'Obituaire de Sixt n'en fait pas mention. Il passa, nous ne savons à quelle date, au prieuré de Saint-Jeoire, près Chambéry, où il se trouvait en 1636 ; il en fut renvoyé le 10 septembre de cette année par le Conseil de la Sainte-Maison de Thonon, à laquelle le prieuré avait été uni. Mgr Piccard. qui nous donne ce détail (L'Université Chablaisienne ou la Ste Maison de Thonon, 19I5, p. 101), ne dit pas la raison de ce renvoi.
[674] - L'abbaye de Sixt avait le patronage de l'église de Samoëns.
[675] - [Le Saint avait écrit duo ; une autre main a biffé ce mot et ajouté tres en surcbarge, ainsi que le mot decimum à la troisième ligne de l'alinéa.]
[676] - Allusion au terrible éboulement de la Tête-Noire, arrivé le 21 février de l'année précédente, et qui, ensevelissant une trentaine de personnes, hameaux et bestiaux, avait causé des pertes considérables. (L5, note 186, lettre du 16 septembre 1611 au duc de Savoie).
[677] - Geoffroy de Feys, que M. l'abbé Rannaud appelle de Foys, était à cette époque chanoine de Sixt, procureur et vicaire général de l'Abbé commendataire François de la Rovere (1515-1551), d'une ancienne famille d'Asti en Piémont. Le 21 mai 1550, Rd Dominique Ciclat, curé de Samoëns, étant mort, Geoffroy de Feys fut nommé pour lui succéder, la paroisse étant desservie depuis quatre siècles par les Chanoines de Sixt. Il ne la garda pas longtemps, car il mourut en 1555 à la suite de graves démêlés aveç Louis Reydet, curé séculier qui tenait ses provisions de Rome. (Rannaud, Histoire de Sixt, Annecy, Abry, 1916, chap. II, pp. 150, 151.)
[678] - Sans doute François Cornut, qui contresigne plusieurs actes de cette époque.
[679] - En réalité le Concile de Trente ne publia aucun Bréviaire. Les Pères examinèrent la question de la réforme des livres liturgiques dès la première période du Concile (1545-1547) et au cours de la deuxième (1547, 1551, 1552) ; on y revint avec plus d'attention pendant la troisième, grâce aux efforts de saint Charles Borromée (1562-1563). Ce fut à la 25e Session (automne 1563) que les Pères, pour ne pas différer la clôture de ces grandes assises, décidèrent de laisser au Pape Pie IV le soin de donner une édition nouvelle et authentique du Missel et du Bréviaire Romains. Le Souverain Pontife nomma une commission, confirmée par son successeur saint Pie V (1565) ; celui-ci promulgua le nouveau Bréviaire en 1568, sous ce titre : Breviarum Romanum, ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restitutum, Pii V, Pont. Max. jussu editum. (Voir Dom Baümer, Hist. du Bréviaire Romain, traduite par Dom R. Biron, Paris, 1905, tome II, pp. 151-192.)
[680] - Le Missel Romain fut donné par saint Pie V en 1570. (Voir Dom Guéranger, Institutions liturgiques, Paris, 2e éd., 1885, tome ler p. 423.). Pour " Manuel " on doit entendre le Rituel. Saint François de Sales veut probablement indiquer le Sacerdotale, sive Sacerdotum thesaurus ad consuetudinem S. R. E. aliarumque Ecclesiarum collectus juxta Tridentini Concilii Sanctiones, publié par François Samarini (Venise, 1579), ou peut-être l'une des rééditions du savant liturgiste Angelo Rocca, 1583, 1587, 1597. (Voir Zaccaria, Bibliotheca Ritualis, Romae, 1776, tome 1er, pp. 144-147.)
[681] - Les Chanoines de Sixt qui déposèrent au Procès de Béatification de leur Evêque disent tous qu'ils ont " faict la Profession solemnelle et expresse, " mais sans en indiquer la date. Elle n'était pas encore faite le 23- septembre 1621. (L10, note 319).
[682] - Saint François de Sales, par diverses lettres, avait averti les Religieux de Sixt, " de se ranger tous en commun et d'obeyr au Prieur claustral.. Ils le firent enfin, " et ce Bien-heureux Evesque ayant veu l'acte solemnel de leur promesse, la ratifia en ceste sorte. " (Charles-Auguste, Histoire, etc., liv. IX, p. 415,latine, et p. 509, française; voirL8, note 200).)
[683] - Ces Décrets, gardés aux Archives de la cure de Samoëns, sont écrits par M. Michel Favre et signés par saint François de Sales le 15 septembre 1618. Charles-Auguste, en les reproduisant avec de légères variantes, a seulement omis une partie du dernier article, De œdificiis, et quelques lignes de la conclusion. (Voir Histoire, etc., liv. IX, p. 418, latine.) Migne, au tome IX, col. 94, donne le texte latin d'après l'original, et au tome V, col. 7, la traduction de Charles-Auguste. Dans La Vie du Vble Serviteur de Dieu, François de Sales (1657), Partie IV, cbap. IX, p. 237, Mgr de Maupas résume ces Décrets et leur assigne implicitement la date de 1618. Or, Hérissant, tome II des Opuscules, p. 76, leur attribue celle de 1604, " vers le mois d'août ", ajoutant qu'environ ce temps-là, le saint Evêque " mit la dernière main à sa réforme. " Cette erreur a été répétée par Vivès, tome VI, p. 194, et Migne, tome V, col. 3-6. Notons aussi que Hérissant, au même volume, p. 263, insère le texte français de Charles-Auguste, Décrets de septembre 1618, sous ce titre : Constitutions de l'abbaye de Six, plus étendues que celles qui furent faites en l'année 1604, titre copié servilement par Vivès, tome VI, p. 434, et par Migne, tome V, col. 7.
[684] - Il arriva le mardi, 12 septembre, " par des chemins aspres et rudes, et demeurat ceans trois jours entiers," dépose le chanoine Desfayet. " Pendant son sejour un bon nombre de curés et autres ecclesiastiques, tant natifz de cette parroysse qu'autres residens au duché de Chablays, au balliage de Gex, en cette province de Foucigny et ailleurs, vindrent en cette abbaye, les uns pour le voir, les autres pour luy proposer leurs doutes, difficultés et necessités, afin d'en recevoir l'eclaircissement et les remedes. Or, toutes ces personnes venantz de dehors avec leur suitte, furent nourris, receus, defrayés et le mieux quil nous fut possible traités aux despens de nostre Communauté... Deux centz repas environ furent donnés. a des hommes de qualité, et quarante a des personnes de moindre condition ; " cependant, " il se trouva du pain de reste et du vin tout de mesme. " Miracle que tous les Religieux attribuèrent au Serviteur de Dieu. (Process. remiss. Gebenn. (1), ad art. 43 et 50. Cf. L8, note 200).
[685] - En la Visite du 24 septembre 1603, dont nous avons donné le Procès verbal ci-dessus, note 666.
[686] - Cette prescription ne se trouve pas dans la Regula ad servos Dei qui fut adaptée, après saint Augustin, à des monastères d'hommes. Saint François de Sales a dû l'emprunter à la lettre 211 du saint Docteur, adressée à des Religieuses, § 18..
[687] - Mgr de Maupas, dans La Vie du Venerable Serviteur de Dieu François de Sales (Paris, 1657), Partie IV, chap. IX, pp. 237-239, résume les Décrets précédents et les fait suivre du présent fragment. Il est très possible qu'après avoir rédigé à Sixt même les règles que les Chanoines devaient observer, le saint Evêque les ait fait transcrire par M. Michel Favre, son aumônier, et qu'en les leur envoyant il y ait ajouté, sur une feuille à part, en latin ou en français, les vœux que seul Mgr de Maupas nous a conservés.
[688] - A défaut de l'Autographe, nous donnons la présente pièce d'après le Registre épiscopal de 1602-1607, substituant l'orthographe de saint François de Sales à celle du greffier.
[689] - Scipion Cobelluzzi, alors secrétaire des lettres latines, qui devint ensuite cardinal de Sainte-Suzanne. (L10, note 711).
[690] - Parmi ces " divers negoces ", le principal était le Jubilé de Thonon que le saint Evêque venait d'ouvrir la veille. (Op2, note 196).
[691] - Maurice de la Combe (Op2, note 113).
[692] - Vespasien Aiazza, abbé commendataire d'Abondance (L3, note 69).
[693] - Ici et ailleurs on peut remarquer le sans gêne du greffier Decomba et son ignorance de la langue latine. Au lieu de exhibitarum et receptarum, il faut lire exhibitionem et receptionem.
[694] - Présinges, aujourd'hui dans le canton de Genève, était au XVII" dans le dans le bailliage de Gaillard et dans le décanat d'Annemasse.
[695] - Noble vénitien (Pierre Barbo), né en 1418, cardinal sous Eugène IV son oncle, archiprêtre de la Basilique Vaticane, puis évêque de Padoue. Il fit bâtir à Venise le palais de Saint-Marc et entreprit la construction du temple magnifique de Lorette. En 1464, dès le premier scrutin, il futélu Pape, n'étant âgé que de quarante-six ans, et mourut subitement dans la nuit du 25 au 26 juillet 1471. (Moroni, Dizionario di erudizione storico-ecclesiastica, Venezia, vol. LI, 1851, p. 119). La Constitution Ambitiosœ cupiditati, dont il est parlé ici, est du ler mars 1467 : Prohibitio alienandi bona ecclesiastica, aut illa ultra terminis locandi. (Bullarum privilegiorum... amplissima collectio, tom. III, Pars III, p. 125 ; Romae, 1743, in-folio.)
[696] - Prêtre de la chapelle des Machabées, Louis de la Pallud obtient une chapellenie à Annecy-le-Vieux le 8 août 1592 ; le 23 août 1610 il en résigne deux autres, l'une en la paroisse de Groseilles et la seconde à Saint-Maurice d'Annecy. Il signe comme témoin dans les Registres épiscopaux, de 1604 à 1610 inclusivement, devient curé de Meythet le 13 décembre 1612, et à sa mort, 26 ou 27 septembre 1615, a pour successeur Michel Favre, aumônier de saint François de Sales. (R. E.)
[697] - François Favre, valet de chambre du Saint. (L6, note 329).
[698] - Ce texte, inséré dans le 1er Procès de Canonisation (Script. compuls.). n'est pas de saint François de Sales ; il a été seulement approuvé par lui, comme on le verra ci-après. L'auteur en est Frère Jean-Antoine Rigau1t ; reçu à l'hermitage le 11 juillet 1619 et admis définitivement l'année suivante. D'après Charles-Auguste, le saint Evêque aurait donné leurs Règles aux Ermites lors du Synode de 1620, " le mercredy apres le second Dimanche qui suit la solemnité de Pasques ", qui tombait le 6 mai (Histoire, etc liv. IX, p. 539) ; il put les faire lire dans cette assemblée, mais les revêtit de son approbation le 9. (note 712)
[699] - En 1536 (L9, note 474)..
[700] - Jean du Vernay, déjà ermite, reçut le sous-diaconat le 20 mai 1617 et le diaconat le 23 septembre. Il entreprit le voyage de Rome pour obtenir du Saint Père des Indulgences en faveur de ceux qui visiteraient la chapelle de l'ermitage. Avec des lettres de recommandation de saint François de Sales, il partit, " habillé d'une soutane grise et d'un mantelet de cuir noir. " Le Frère Grillet, resté seul, eut beaucoup à souffrir des embuches du démon et de l'hiver très rigoureux. Presque tout le Carême les neiges très hautes l'empêchèrent de sortir pour demander du secours ; il n'avait ni pain, ni feu. Le malin esprit " tascha souvent de le faire tomber en desespoir, jusques à lui faire presque les mesmes insolences qu'il faisoit à sainct Antoine... ; jamais pourtant il ne peut esbranler le devot hermite " qui avait mis toute sa confiance en Dieu. Enfin le Père du Vernay revint de Rome, muni de tout ce qu'il avait désiré ; les attaques du démon redoublèrent, " jusques à les battre " tous deux, " s'escoüer, tirer par les pieds, les mettre à terre, " et à leur faire mille sortes de niches. Cela dura assez longtemps, au grand étonnement " d'un chascun, mesmes des prestres voisins qui alloient par intervalles les visiter. " - L'un et l'autre persévérèrent dans leur vie de pénitence, et décédèrent au Mont-Voiron avant le 9 août 1643. (Charles-Auguste, Histoire, etc liv. IX, pp. 537, 538.)
[701] - La localité de Bons, au pied des Voirons, a donné naissance à une famille de ce nom, dont le chef à cette époque se nommait Jacques de Bons, fils de noble Claude, et de Catherine de Pougnier, marié en 1604, à Antonie du Crest. Il mourut avant 1621 ; son fils uuique, Guérin, fut baptisé en 1608. Les Montvuagnard étaient seigneurs de Boëge. Ce fut l'un d'eux, Alexandre (mort avant 1588) qui céda à François Monod, le pieux ermite qui avait retrouvé la statue miraculeuse de la Sainte Vierge, une parcelle de terrain proche de la chapelle abandonnée, où il bâtit un petit édifice moitié de pierre, moitié de bois. En 1620, le seigneur de Boëge était Prosper de Montvuagnard. (L9, note 440)
[702] - Jean Mangier fut curé de Bons de 1601 à 1618 ; Claude Cheynel lui succéda, d'abord comme économe (29 août), puis comme curé le 11 avril 1619. (L4, note 48 ; L6, note 533). - Lors de la rédaction de ce "Premier project ", Claude Dumont était curé de Boëge. (L11, note 745)
[703] - Lire : Barjols (Var).
[704] - Probablement, Mgr François-Côme Morelles, théologien très profond. Il était Inquisiteur depuis 1613. En cette même année, il eut avec les principaux partisans du luthéranisme une conférence publique : par sa parole et ses écrits il fit une magnifique défense de la foi orthodoxe et renversa les fondements de l'hérésie ; le jugement des arbitres choisis de part et d'autre lui accorda la palme de la victoire. Aussi l'autorité apostolique le constitua-t-elle Inquisiteur général des trois archidiocèses de Mayence, Trèves et Cologne. Mgr Morelles laissa à sa mort (18 février 1636) nombre d'ouvrages remarquables.
[705] - Ce Légat était Antoine Albergati, né à Bologne le 16 septembre 1566. Vicaire général et archidiacre de Milan (1602-1607), référendaire de la Signature, Nonce apostolique à Cologne de 1610 à 1620. En 1612 il assiste à la Diète où fut élu l'empereur Mathias, et en 1619 à celle où eut lieu l'élection de Ferdinand II, en faveur duquel il chercha à unir les princes catholiques contre les protestants. Il érigea à Cologne, en cette même année, une Confrérie destinée à secourir les convertis, ainsi qu'un Séminaire et un couvent qui disparurent après lui. Entre temps il fut préconisé et sacré évêque de Bisceglie (août 1609), où il résida peu. Nonce à Lisbonne en 1621 ou 1622, il défendit énergiquement l'immunité ecclésiastique, puis devint auxiliaire du cardinal Ludovisi, archevêque de Bologne, et, après la mort de celui-ci (1632), il se retira à Rome, où il mourut le 4 janvier 1634. (Letouzey, Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, Paris, tome 1er, col. 1395.)
[706] - Philibert Roget (L1, note 230 ; L6, note 838)
[707] - On sait que saint François de Sales ne fut de retour à Annecy que le 31 octobre 1619.
[708] - Les points de suspension indiquent ici et plus loin la suppression de passages sans intérêt.
[709] - C'est-à-dire depuis le 16 août jusqu'au 8 septembre exclusivement.
[710] - Il s'agit des Ursulines de France. Voici ce qu'on lit dans le chapitre XVI de leurs Constitutions réimprimées en 1653 sur l'ordre du cardinal de Richelieu : " Elles diront le Chapelet, pour tenir lieu du Rosaire qu'elles êtaient obligêes de dire par leur Bulle, duquel elles sont dispensées de vive voix par Sa Sainteté. " La première êdition des Constitutions est aujourd'hui introuvable.
[711] - André du Saussay, Panopliœ sacerdotalis, Pars II, 1. 1 De munere offerendi, art. III (Paris, 1653, in-fol.), écrit : " Sententia celebris est venerabilis Bedaae : Sacerdos non legitime impeditus celebrare omittens, quantum in se est, privat Sanctam Trinitatem laude et gloria, Angelos laetitia, peccatores venia, justos subsidio et gratia, in Purgatorio existentes refrigerio, Ecclesiam Christi speciali beneficio, et seipsum medicina et remedio. " Voir encore le P. Philippe d'Outreman, S. J., Le Pédagogue chrestien (Paris, 1653), p. 247.
[712] - " Telles en abbregé furent les Constitutions que ce grand Patriarche bailla à ces trois devots anachoretes" du Mont-Voiron, dit Char1es-Auguste de Sales (Histoire, etc., liv. IX, p. 539). " En abbregé, " donc il y en avait de plus étendues que l'historien a résumées : vraisemblablement, c'est le " Project " qu'on a lu ci-dessus (note 698), et c'est celui-là qui fut présenté au Synode de 1620. - Le Saint a-t-il écrit ensuite des règlements pour les Ermites ? Il est permis d'en douter, si on se reporte à ce qu'en disent les déposants au Procès de Canonisation et notamment le Frère Henri Raffy : " Il a restably l'ancienne devotion que les heresies avoient abolie en nostre hermitage,... y establissant de pieux hermites, avec des Reigles contenantz cinq grands feuilletz et demy, appreuveesi par ledict Bienheureux par escrit de sa main propre, le neufviesme may 1620 ; comme aussy la forme de la Profession faicte par lesdictz Freres hermites, confirmée par ledict Bienheureux le septiesme juin, audict an." Evidemment, il s'agit ici du "premier Project " de ces Regles, qui reçut en effet l'approbation du saint Evêque le 9 mai. Toutefois, comme il y a certaines différences entre le texte du Procès et celui du biographe, il est probable que le Saint aura apporté quelques modifications à celui du Frère Rigault. Ces modifications semblent avoir été faites entre le 9 mai et le 7 juin 1620, puisque la " Commission de Monseigneur Reverendissime " pour recevoir les Ermites à la Profession est de cette dernière date. - C'est donc en faisant les dues réserves que nous reproduisons le texte de Charles-Auguste.
[713] - Dans les livres d'heures du moyen-âge et aussi dans certains Missels, on trouve l'hymne des sept joies de Marie :
Gaude Virgo, Mater Christi
Qua per aurem concepisti
Gabriele nuntio.
Suivent six strophes de la même facture, commençant toutes par Gaude. (Cf. Missel de Paris, 1585 ; de Noyon, 1506.) Souvent, il n'y a que cinq strophes ; c'est l'hymne des cinq joies. C'est ainsi qu'elle figure dans les Œuvres de saint Bonaventure, où on l'appelle : Corona Beatae Mariae Virginis. (S. Bonaventurae opera omnia, Paris, Vivès, 1868, tome XIV, p. 179.)
[714] - L'Autographe de cette pièce n'ayant pas été retrouvé, nous en donnons le texte d'après le Registre épiscopal, substituant l'orthographe du Saint à celle du scribe.
[715] - Plusieurs témoins au Procès de Canonisation parlent de ce grand concours de peuple. Michel Favre dépose que les Ermites " ont la course des devotions publicques de tout le voisinage et encores des estrangers, mesme de ceux de Geneve,... qui y vont pour impétrer des graces temporelles, ainsi que j'ay appris par un seigneur digne de foy, et qui y font mesmes des aumosnes. " (Process r,emiss. Gebenn. (1), ad art. 43.) – " J'ay encores appris du Frere Rigaud et du Pere Henry Raffy, que plusieurs de la ville de Geneve les vont visiter et reçoivent d'eux quantité de bienfaicts et charités, " témoigne Georges Rolland (ibid.). - Et François Favre : " Le peuple y va en affluence, et bien souvent processionnellement en devotion ; et leur a on faict tant de charités quils ont faict bastir une belle eglise despuis peu de temps en ça. " Il dépose en 1632. " Quelques uns mesmes de ceux de Geneve y vont pour voir le lieu, par curiosité, d'aultres par devotion, et y donnent» des aumônes " (Ibid.) – " Excepté le gros de l'hyver, " affirme à son tour Germain Pilliod, domestique du saint Evêque, " a cause que c'est en une tres haulte et tres aspre montagne ou la grande quantité de neige ferme les chemins, le reste de l'annee les peuples vont la en devotion, tant processionellemént qu'autrement. Et cecy je le sçay. de certaine science, car moy mesme j'ay long temps gardé riesre moy les patentes des Reigles et statutz prescriptz ausdictz Hermites par le Bien-Heureux. " - Enfin le chanoine Questan nous apprend qu'un jeune homme genevois et hérétique, attiré par la vertu des Religieux, abjura l'erreur et prit l'habit dans l'hermitage. (Ibid.)
[716] - Le chanoine Jean-Louis Questan remplissait alors cette charge. (L7, note 817).
[717] - Le titre donné ci-dessus se trouve dans le 1er Procès de Canonisation du Saint (Script. compuls.) et, avec très peu de différence, à la Table des Preuves de Charles-Auguste, Preuve 3. - Le Bienheureux " receut un commandement de Sa Saincteté, " raconte ce biographe, " de se transporter au monastere des Religieuses Benedictines du Puits d'Orbe pour leur reformation : c'est pourquoy ... il retourna derechef en Bourgogne. " (Histoire, etc., liv. VII, p. 383.) Ce fut en 1608 et à la fin d'août qu'il visita le monastère, comme le prouve le texte de sa lettre du 1er septembre à Rose Bourgeois, qu'il termine ainsi : " Je vous escriray, Dieu aydant, avant mon depart d'icy, et, a mon premier loysir, je vous mettray par ordre tout ce qui me semble propre a la reprise de nos bons propos. " (L4, note 76). Il est presque sûr qu'il ne put le faire avant le mois d'octobre au plus tôt, car c'est seulement le 29 septembre qu'il envoie une longue missive à la baronne de Chantal, lui donnant les détails de son voyage. (Ibid., note 85). Enfin, le 16 novembre il dit à Mlle de Bréchard : " Je vous escrivis l'autre jour par l'homme de Mme du Puy d'Orbe... " (ibid., note 116) ; le Saint aurait-il profité de celui-ci pour envoyer à l'Abbesse les avis promis ? Ces diverses considérations suggèrent la date approximative donnée ci-dessus. Sur Rose Bourgeois et le monastère du Puits-d'Orbe, voir L2, note 296 ; L4, note 579).
[718] - Ce fut Françoise Bourgeois, sœur de l'Abbesse. (L5, note 278).
[719] - Il n'est pas inutile de noter que Charles-Auguste, à la Table des Preuves, donne sous le n° 24 le titre suivant : " Constitutions pour la reformation et restitution de la discipline reguliere au Monastere des Religieuses du Puits d'Orbe, du diocese de Langres, par François de Sales, Evesque de Geneve, l'an mille six cents et neuf. Nous en avons une copie en papier, escrite de la main d'une Religieuse. " Ces Constitutions ne sont pas les Advis ci-dessus; le titre différent indiqué par l'historien lui-même à la Preuve 3 le témoigne. Elles n'ont pas été retrouvées.
[720] - Ecrivant au cardinal Borghese sur le même sujet que celui dont traite cette pièce, et la lui envoyant, le Nonce de Savoie disait, le 26 mai 1613, l'avoir reçue " de Mgr de Genève qui, pour plusieurs raisons, désire demeurer inconnu. " (Archiv. Vaticanes, Nunz. di Savoia, vol. 162.) Le saint Prélat, revenu de son pèlerinage à Milan (L5, note 731 ; L6, note 750 sq), quitta Turin le 18 mai (L6, note 15). Il est donc fort probable que ce fut dans la première quinzaine de mai qu'il présenta son Mémoire à Mgr Pierre-François Costa (L3, note 315).
[721] - On se souvient que le décanat de Chambéry, terre de Savoie, faisait partie du diocèse de Grenoble.
[722] - La Savoie comptait trois Monastères de Clarisses : Annecy (L3, note 101), Evian (L1, note 264), Chambéry (L10, note 157). C'étaient ces Religieuses qui avaient le plus à souffrir de l'inobservance des décrets du Concile. (L6, note 506 ; L7, note 167 ; L8, note 221 ; Op2, notes 182,232).
[723] - Bien que cette pièce ne soit probablement pas l'original, car elle ne porte ni signature ni cachets, on ne peut douter de son authenticité. Elle est écrite d'une manière très soignée par M. Michel Favre, aumônier de saint François de Sales, sur une grande feuille de format rectangulaire, ayant 420 mill. de largeur sur 325 de hauteur ; le recto contient 46 lignes de texte et le verso 9.
[724] - Vers 1613, une chanoinesse nommée Doyenne, bien qu'elle fût loin d'être 1a plus âgée, Anne de Stainville, gouvernait l'abbaye. C'était une femme d'esprit, très instruite, ayant toutes les habitudes du monde élégant. Elle fut la première à donner l'exemple de la résistance lorsque l'Abbesse voulut réformer le Chapitre ; ce fut elle qui protesta contre la visite des commissaires apostoliques. Pour prouver qu'elle ne reconnaissait pas le droit de visite à l'Evêque de Toul, elle fit, la veille de son arrivée, enlever de l'église tableaux et ornements ; le Nonce Sarregi, évêque d'Adri, fut traité avec plus de mépris encore. On trouvera dans Dom Calmet (Histoire de Lorraine, tome VII, pp. 174-190), la longue discussion, compliquée et acharnée, qu'elle soutint contre l'Abbesse devant la Sorbonne, la Cour de Rome et les Etats de Bourgogne.
[725] - Située dans les Vosges, cette célèbre abbaye fut fondée en 620 par saint Romaric, seigneur de la cour de Clotaire II. Il y avait deux monastères séparés, 1'un pour les hommes, l'autre pour les Religieuses. Celles-ci étaient réparties en sept groupes distincts qui se succédaient au chœur pour l'Office divin qui y était perpétuel. Détruite par les Hongrois en 920, l'abbaye fut reconstruite par 1'empereur Louis IV, mais dans la plaine, sur les bords de la Moselle, tandis que la montagne devenait l'apanage d'un Chapitre de Chanoines réguliers. Les moniales suivirent d'abord la Règle de saint Colomban, mais lors de leur translation elles adoptèrent celle de saint Benoît. Après plusieurs siècles de ferveur, 1'esprit du monde envahit le monastère ; le genre de vie des Religieuses étant désormais une contradiction avec leur nom, elles prirent en 1515 le titre de Chanoinesses séculières. Une prébende était assignée à chaque chanoinesse, dont le nombre approchait la centaine. Par un double abus, réprouvé par l'Eglise, il fallait pour être prébendée que chaque aspirante justifiât de deux cents ans de noblesse ; de plus, la chanoinesse adoptait, sous le titre de nièce, une jeune personne ayant la noblesse requise pour lui céder sa prébende quand elle viendrait à mourir ou à rentrer dans le monde, et même à se marier, car 1'Abbesse seule faisait les vœux de Religion. Pour remédier à de tels abus, le Pape Paul V nomma, en 1613, comme commissaires apostoliques, trois évêques ; mais la Doyenne et quelques chanoinesses en récusèrent deux. Alors il désigna saint François de Sales et Mgr Camus, qui furent également refusés. Le Souverain Pontife, voulant en finir, donna à son Nonce en Suisse, Mgr Sarregi, ses pleins pouvoirs pour faire la visite du Monastère et corriger les abus ; ce qu'il fit le 10 juillet 1614, promulguant dans l'église le nouveau règlement. L'Abbesse l'accepta pleinement, les mêmes chanoinesses interjetèrent un appel à Rome ; une nouvelle commission et de nouvelles difficultés s'ensuivirent, de sorte que cette pénible affaire ne fut terminée qu'à la fin du XVIIe siècle. (Gallia Christiana, etc.)
[726] - Dans aucun document il n'est question de l'Evêque de Crysopolis :. Serait-ce une erreur de lecture du Bref original, pour Gratianopolitanus ? En effet, l'Archevêque de Corinthe et l'Evêque de Toul ayant été refusés, le Pape nomma saint François de Sales et l'Evêque de Grenoble pour visiter Remiremont. Le second était alors Jean de la Croix de Chevrières (L7, note 893).
[727] - Né dans le pays de Luxembourg, curé de Thionville, amené en Alsace par le cardinal Charles ,de Lorraine, Adam Pertz ou Perez était évêque de Metz et de Strasbourg (1605). Avec les fonctions de suffragant, il cumulait celles de vicaire général et résidait à Molsheim, Strasbourg étant alors aux protestants. Il releva de ses ruines le sanctuaire du Mont Sainte-Odile, reçut dans l'Eglise catholique plusieurs villages, favorisa les Jésuites, visita les paroisses et les couvents du diocèse, y réforma et fonda la Congrégation bénédictine, et mourut le 26 novembre 1626. (Voir Bulletin ecclésiastique de Strasbourg, 1889, Supplément, p. 4; Nouvelles Œuvres inédites de Grandidier, publiées par l'abbé Ingold, 1899, tome III, p. 22.)
[728] - Le 3 novembre 1575, Claude de Valois, femme de Charles III, duc de Lorraine, mit au monde au palais ducal de Nancy une fille à qui fut donné le nom de Catherine. D'un courage mâle, d'une grandeur d'âme et d'une intrépidité au-dessus de son sexe, elle avait dès son adolescence, manifesté l'intention d'embrasser l'état religieux. Après avoir renoncé à une brillante alliance, elle songeait en 1608 à fonder un couvent dans la ville-neuve de Nancy, lorsque son frère aîné, le duc Henri II, obtint pour elle, à son insu, le titre de coadjutrice de l'Abbesse de Remiremont qui ne tarda pas à résigner. Catherine fut donc élue à sa place en 1611. Elle se crut appelée par la Providence à réformer le Monastère et sollicita J'appui du Souverain Pontife ; mais devant l'opiniâtreté du Chapitre à la résistance, elle dut se convaincre que toute réforme directe était impossible. Espérant le toucher par l'exemple d'une vie religieuse régulière, elle entreprit à Remiremont la création d'une annexe de la Congrégation bénédictine de Saint-Maur ; cette création parut un défi aux Chanoinesses qui firent une vive opposition. Sur le conseil de son frère Henri II, Catherine renonça à son dessein et transféra à Nancy le projet de sa fondation. Malgré ses dissentiments avec le Chapitre, elle resta Abbesse; en 1633, elle eut J'honneur de participer à une action de guerre, bouchant une brêche dangereuse faite au monastère par Turenne, qui, après cinq jours, leva le siège. Catherine de Lorraine mourut le 7 mars 1648. (D'après un article de P. de Boureulle, Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, 1883-1884.)
[729] - Guillaume Simonin naquit à Poligny, étudia chez les Dominicains et prit l'habit de saint Benoît à l'abbaye de Saint-Vincent de Besançon. Ses talents et sa piété lui méritèrent de devenir bientôt vicaire général et ensuite Abbé de ce Monastère, où il établit en 1611 la réforme de Saint-Vannes. Pendant toute sa vie, il fut J'oracle du diocèse de Besançon auquel il donna de nombreuses preuves de son zèle et de sa vigilance. Plein de mérites et de vertus, Mgr Simonin mourut au château de Villers-Pater, en août 1630. (D'après Richard, Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude, Besançon 1851.)
[730] - C'était Jean Porcelet (ou des Porcelets) de Maillane, évêque de Toul de 1608 à 1624. Il fit à Rome ses études ecclésiastiques et remplit les fonctions de camérier sous Clément VIII, Léon XI et Paul V. Au retour d'une mission à Londres auprès de Jacques 1er, roi d'Angleterre, il est préconisé évêque de Toul, malgré les réclamations de Philippe de Ligneville élu par le Chapitre. Sacré à Rome par le Bienheureux Bellarmin, à peine arrivé en son diocèse il en commence la visite. Grande fut sa douleur en constatant l'ignorance profonde et les graves désordres produits par le protestantisme et par les guerres. Pour y porter remède, l'Evêque fit appel à divers Ordres religieux : il établit les Jésuites à Nancy et les Capucins à Toul, et réforma. plusieurs anciens Monastères, mais ses efforts pour Remiremont demeurèrent stériles. Il décéda à Nancy, le 14 septembre 1624. (Gallia Christiana, tome XIII, 1050, 1414.)
[731] - Scipion Cobelluzzi qui, trois ans après, fut créé cardinal de Sainte-Suzanne. (L10, note 711).
[732] - Le prince de Piémont vint à Annecy en 1616 et y séjourna du 12 août au 6 octobre (L7, notes 657,701, et la lettre du 6 octobre à Mme de la Fléchère). Comme nous l'avons dit au même volume (id, note 717), le saint Evêque en profita pour lui présenter des Mémoires sur la réforme des Monastères; ce fut vraisemblablement en septembre qu'il traita de cette grave affaire. On a dit (L9, note 191) que le " projet... pour la reformation des Monasteres " rédigé en 1619, serait donné avec les Opuscules ; en réalité, c'est celui de 1616. Le Mémoire de 1619 n'a pas été retrouvé.
[733] - Cette abbaye, placée sous le vocable de saint Victor, martyrisé à Marseille en 290, fut fondée vers 1113 par les libéralités du roi de France, Louis-le-Gros, près des murs de Paris, au pied de la montagne de Sainte-Geneviève. Les Chanoines réguliers de Saint-Augustin qui l'occupaient se distinguèrent pendant plusieurs siècles par la parfaite régularité, la science et la sainteté. Dans son Histoire de l'Abbaye,le P. Jean de Toulouse, Prieur-Vicaire, cite les quarante-quatre abbayes de France relevant de celle-ci. (Hist. de l'Abbaye de S. Victor, Paris, 1640, BibI. Nationale, F. 592.) Après les Abbés réguliers vinrent les commendataires à partir de 1550, et par suite la décadence. La direction immédiate des Religieux était confiée à un Prieur-Vicaire élu à vie par les profès de la Congrégation.
[734] - C'est ce qui fut fait, mais après la mort du Saint, par Urbain VIII, qui détacha de Savigny l'abbaye de Talloires et l'institua chef d'Ordre des Bénédictins de Savoie ou des Allobroges. On peut voir L10, note 880, les Lettres, patentes du 20octobre 1621, par lesquelles Charles-Emmanuel, duc de Savoie, choisit saint François de Sales pour chef de tous les Bénédictins de la province, avec pouvoir de visiter leurs Monastères et d'y introduire la réforme.
[735] - Monastère où le saint Evêque tomba gravement malade en 1622, à son retour de Pignerol. - La tradition constante est que saint Maxime, évêque de Turin, ayant reçu de saint Eusèbe, évêque de Verceil, une belle image de la Sainte Vierge qu'il avait apportée de Palestine, fit construire pour la recevoir une petite chapelle qu'il dédia à saint André. Le modeste sanctuaire fut-il dès lors confié à la garde de quelques moines ? On le suppose. Ce qui est plus certain, c'est qu'à l'époque de l'hérésie des iconoclastes, les moines (très probablement des Bénédictins) cachèrent la sainte Madone, et si soigneusement,. qu'en peu de temps on finit par en perdre sinon le souvenir, du moins le culte. Vers la fin du IX' siècle, lorsque les Sarasins envahirent l'abbaye de la Novalesa, les fils de saint Benoît vinrent se réfugier près de la petite église de Saint André. Grâce aux secours et à la protection du marquis Adalbert, comte de Turin, ils construisirent un monastère et une nouvelle église, plus vaste et plus belle, dédiée au même Apôtre ; cependant, ce monastère ne fut pas une abbaye ou un prieuré, mais une cella sancti Andreœ, dénomination qui signifiait un petit couvent de huit ou dix Religieux. Plus tard ce nombre fut bien dépassé ; l'histoire parle du prieuré devenu très florissant, surtout depuis le recouvrement de la sainte image. Aux Bénédictins, qui desservirent le sanctuaire de 924 à 1589, succédèrent les Feuillants. La Communauté, à cause de la peste, était réduite à six moines ; Dom Camille Gaetani ne pouvant en augmenter le nombre, fit venir de France les moines réformés de Cîteaux, et le 25 octobre 1589 le Nonce remit solennellement l'église et le prieuré au Frère Philibert et à ses compagnons, qui déployèrent beaucoup de zèle pour le culte de la Mère de Dieu. La grande Révolution les dispersa; deux toutefois restèrent près du sanctuaire, et se réunirent en 1802 aux Cisterciens de la primitive observance, auxquels le prieuré fut donné en 1819. Les Oblats de la Sainte Vierge et les Frères Mineurs le possédèrent successivement à leur tour ; enfin, après la suppression des Ordres religieux, l'Archevêque de Turin y étàblit un Convitto, où les jeunes prêtres perfectionnent leurs études avant de se livrer au ministère sacerdotal. C'est à l'ombre de Notre-Dame de la Consolata que se recrute encore aujourd'hui le clergé piémontais.
[736] - A Pignerol, à l'abbaye de Sainte-Marie, où les Feuillants avaient remplacé les Bénédictins en 1590. On sait que saint François de Sales y présida, en 1622, le Chapitre général en qualité de délégué du Saint-Siège. (L10, notes 686,387). Les Feuillants avaient été introduits à Abondance en 1607. (L1, note 243 ; L2, note 376).
[737] - La collégiale de La Roche se composait de quinze chanoines, outre le primicier, l'archidiacre et le custode. (L3, note 171). Déjà en 1599 saint François de Sales avait exprimé au Nonce Riccardi le désir d'y voir établi un théologal. (Op1, note 314)
[738] - L2, note 266 ; L6, note 211). Le projet du Saint pour l'introduction des Oratoriens au prieuré n'eut pas de suite.
[739] - Le collège Chappuisien (L4, note 446 ; L6, notes 547,565)..
[740] - Philibert-Alexandre Scaglia, ambassadeur de la cour de Savoie à Rome depuis 1614. (L7, note 514)
[741] - Anastase Gennonio (L5, note 333).
[742] - Mgr Philibert-François Milliet de Faverges (L2, note 217).
[743] - Le premier était Jean-Antoine Bay (L9, note 437), le second, Jean d'Ivoley (Op1, note 476).
[744] - Ces Monastères étaient: Sainte-Catherine, près d'Annecy (L3, note 151), Bonlieu (L5, note 544) et Le Beton (L10, note 158)
[745] - Les Cisterciennes de Sainte-Catherine restèrent dans leur abbaye jusqu'en 1772 ; en cette année elles furent réunies à celles de Bonlieu, qui s'étaient fixées à Annecy depuis 1648. Quant au monastère du Beton, il subsista jusqu'à la Révolution.
[746] - Nicolas Boucherat, né en 1562, moine, puis prieur de Cîteaux, docteur de l'Université de Paris, coadjuteur de l'Abbé Edmond de la Croix, lui succède en 1604. Il visite et réforme presque toutes les abbayes de l'Ordre, réunit cinq Chapitres généraux entre 1605 et 1623, assiste à l'Assemblée du Clergé de France tenue à Paris en 1615, et préside au nom de Henri IV, puis de Louis XIII, celles du Clergé de la province de Bourgogne ; il meurt le 8 mai 1625. (Gallia Christiana, tom. IV, col. 1013.) Le premier à qui ce vertueux Abbé s'ouvrit sur le dessein de réformer l'abbaye de Sainte-Catherine fut saint François de Sales ; " il en prit l'ocasion dans une visite qu'il lui fit à Dijon en mil six-cens huit. J'aprens de mes Manuscrits, " dit le P. Grossi (La Vie de la Vble Mere de Ballon, Annecy, Fontaine, 1695, liv. II, chap. l, p. 104), " qu'alors il le suplia même avec instance, " d'étendre " sur elle sa charité et sa solicitude episcopale, et qu'il emploïat autant ses soins que son autorité à la réformer. " Il lui donna aussi plein pouvoir " de faire tout ce qu'il trouveroit bon pour le rétablissement de la régularité. " (Ibid., chap. VIII, p. 144 bis.)
[747] - On sait que cette Bulle fut donnée le 13 septembre et non pas le 11, comme le porte le placard imprimé que nous reproduisons. Il est inséré dans le Registre de Notre-Dame de Compassion de Thonon.
[748] - Il s'ouvrit le 25 mai 1602, veille de la Pentecôte, et dura deux mois. Le succès de ce Jubilé tint du prodige : on y compta 106 processions, dont quelques-unes de la Bresse, du Lyonnais et de la Maurienne, et dans la ville on n'entendit presque autre chose que le chant des peuples accourus par milliers. Les offrandes qui s'y firent montèrent à plus de 20.000 écus d'or.
[749] - Jean-François qui accompagna son saint frère en Piémont en 1603 ; ils étaient à Carmagnole le 2 mai. (note 530)
[750] - On avait eu quelque espérance de voir venir à Thonon Mgr Ancina ; sa mort prématurée (31 août 1604) empêcha la réalisation de ce beau projet.
[751] - A Carmagnole, raconte Charles-Auguste (Histoire, etc., liv. V, p. 287), comme les deux " Prelats sortoyent de l'eglise et disputoyent de la sortie, l'Evesque de Salluce dict au Sieur Evesque de Geneve : Tu vere sal es, faisant allusion à son nom. Le Saint respondit tres-modestement, faisant allusion au nom de Salluce : Imo tu sal et lux es, ego vero neque sal, neque lux. Lesquelles parolles. leur servirent depuis de devise, quand ils s'escrivoyent l'un à l'autre. "
[752] - Les caractères et les chiffres gras désignent les noms des correspondants avec notes biographiques. Les noms suivis d'un astérisque * indiquent les auteurs ou les destinataires des pièces qui figurent à l'Appendice. Les chiffres en italique renvoient aux numéros des lettres (ou à la page du volume où se trouve la lettre) ; les chiffres ordinaires renvoient aux numéros des notes de bas de page , exemples :
376 = note de bas de page n° 376
190, 721 = note de bas de page n° 190 , et lettre n°721
1017, I J = lettres n° 1017 et appendice I, lettre J